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EDF n'est pas un casino


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3 réponses dans ce topic

#1 illusion

illusion

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Posté 22 novembre 2005 à 17:25

Est ce que les petits actionnaires "complices"  avec l'état de la privatisation d'EDF vont payer la facture?

EDF n'est pas un casino


Le gouvernement a évité un fiasco lourd de conséquences. Se réjouissant en fanfare d'avoir séduit cinq millions de Français qui s'étaient portés acquéreurs d'actions EDF à 32 euros, et d'avoir ainsi reconstruit un "actionnariat populaire", il a failli voir le cours du titre s'effondrer, lundi 21 novembre, au premier jour de la cotation en Bourse. Le prix menaçait de partir à la baisse sous l'avalanche de préordres de vente de petits porteurs qui voulaient réaliser une plus-value d'entrée de jeu, et il n'a été maintenu que grâce à l'achat massif de titres par les banques émettrices. L'action EDF a été cotée 32 euros à la fermeture. Gain nul.

Les banques n'ont fait que jouer leur rôle. Elles ont vendu l'action EDF à leurs clients en s'appuyant sur le succès précédent de Gaz de France, dont l'action avait bondi de 23 % le jour de l'ouverture, faisant miroiter des gains faciles. D'où la forte demande des particuliers qui a conduit le gouvernement à augmenter la part du capital qui leur était réservée à 60 % contre les 50 % prévus. Ayant donc survendu les gains possibles, les banques ont dû, lundi, racheter beaucoup de titres, on parle de 20 %, quitte à se retrouver "collées" avec une action sans grande perspective, du moins dans l'immédiat.

Nombre de professionnels et de journaux avaient pourtant prévenu que l'avenir financier d'EDF n'était pas sans nuages. L'Autorité des marchés financiers (AMF), elle-même, avait cru devoir avertir le public que le coût du démantèlement des centrales nucléaires, entre 2020 et 2050, faisait l'objet d'évaluations très incertaines. EDF estime le montant de ces opérations obligatoires à 27 milliards d'euros mais n'y a dédié encore que 3 milliards. Ce flou a refroidi les acquéreurs institutionnels, qui, contrairement au grand public, ont eu tendance à se méfier. Ils n'ont pas eu tort puisque ayant, eux, acquis le titre à 33 euros, ils ont enregistré une moins-value immédiate.

Devant le succès populaire de la mise en Bourse, le gouvernement a fixé un prix en haut de la fourchette (qui était de 28,50 à 33,10 euros). Le ministère des finances, qui regrettait de n'avoir pas vendu GDF à un cours supérieur, a eu peur d'être accusé de brader l'opérateur électrique.

Pour EDF, l'opération est bonne. La cotation à 32 euros capitalise l'opérateur à 55 milliards. L'entreprise nationale a augmenté son capital de 15 % et empoche 7 milliards qui lui seront bien utiles pour financer son plan d'investissements de 40 milliards sur les années 2006 à 2010.

Pour les particuliers, le gain nul, voire négatif, si le cours baisse dans les jours à venir, est un salutaire rappel aux réalités : la Bourse n'est pas un casino aux gains systématiques. Même si les privatisations ont souvent offert des plus-values immédiates : 23 % pour GDF, 18 % pour Paribas en 1993, 13 % pour le Crédit lyonnais en 1999 ou France-Télécom en 1997, 5,6 % pour le Crédit agricole en 2001. Mais il n'y a là rien d'automatique : l'action de l'opérateur de téléphonie mobile Orange a perdu 1 % le jour de sa cotation. EDF s'inscrit parmi les espoirs déçus alors que cette mise en Bourse était la plus importante jamais réalisée.

La déception EDF risque de ralentir la renaissance espérée en France du "capitalisme populaire", qui ne s'est jamais remis de l'échec d'Eurotunnel et qui est une nouvelle fois douché. Pour le gouvernement, leçon doit être tirée pour la suite des privatisations, notamment des autoroutes. Il n'est jamais facile de fixer un prix de vente. Mais il lui faudra agir avec plus de prudence et, surtout, répondre dans la transparence aux questions que soulèvent les professionnels.


http://www.lemonde.f...6-712869,0.html

#2 Mike

Mike

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Posté 22 novembre 2005 à 21:48

Même venant du journal LE MONDE  cet article est vraiment du remplissage de papier....

On ne peut pas préjuger le jour de l'émission de l'évolution du titre avec si peu d'éléments.....

C'est la bourse qui ne doit pas être abordée comme un casino et 2 ou 3 % d'écart sur une journée pour un titre comme EDF n'a rein d'extraordinaire.

Un monstre comme Total vient de prendre 5,1% sur trois cotations mais peut repartir à la baisse aussi vite.
FIN D'UN EMPIRE

#3 illusion

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Posté 09 décembre 2005 à 10:38

EDF, des suppressions de postes qui tombent à pic

La confirmation du plan d'économies, quinze jours après l'introduction en Bourse, provoque un tollé syndical.

Depuis l'introduction en Bourse d'EDF, le cours de l'action, déséspérement inférieur à la valeur d'introduction, nourrissait les critiques sur un mauvais tour réservé aux 5 millions d'actionnaires aguichés par l'opération. Hier, le titre a dépassé pour la première fois les 32 euros, atteignant 32,20 euros, mais au prix d'une nouvelle polémique.

Cette petite hausse (+ 2,02 %) intervient après la confirmation, mercredi soir, par la direction de l'entreprise d'un plan de suppression de 6 000 postes d'ici à 2007 (sur un effectif total de 161 000 employés dans le monde). Et voilà EDF accusée de verser dans le licenciement boursier pour secourir le cours de son titre. Laurent Fabius (qui a définitivement oublié qu'il fut un temps partisan de l'ouverture du capital d'EDF) a bondi sur l'occasion, assenant que, dans la logique de privatisation, «la manière de faire monter le cours, c'est de supprimer les emplois».

Plan de marche. Ce qui est un raccourci... les suppressions de postes évoquées ayant été prévues de longue date, même si elles n'avaient pas été chiffrées précisément. Le projet industriel d'EDF présenté en décembre 2004 tablait sur une baisse de coûts de 7,5 milliards d'euros d'ici à 2007 (Libération du 16 décembre 2004). Poétiquement nommé Altitude 7500, ce plan de marche ventilait les économies prévues, 20 % de celles-ci devant être réalisées sur les charges salariales. La CGT avait alors redouté la suppression de 12 000 à 15 000 emplois d'ici à 2007.

Le document de référence destiné au marché avant l'introduction en Bourse et publié en juillet reprenait ces grandes lignes en les affinant: «Le taux de remplacement de 9 000 départs en retraite sur la période 2005-2007 ne dépassera pas 1 pour 3 à 1 pour 4.» Enfin, l'entreprise a répété hier à l'envi que les syndicats «avaient été mis au courant depuis la mi-novembre des chiffres précis du plan». De quoi infirmer la thèse d'une coupe sauvage brutalement décidée pour secourir un cours mollasson de l'action... mais pas empêcher les syndicats de relancer de plus belle le débat sur la pertinence de cette réduction d'effectifs.

Dans un joli tir groupé, les organisations sont toutes sorties hier. FO a même lié ce plan à «l'augmentation de la part de bénéfice réservée aux actionnaires de 37 % à 50 %». Convaincue que l'entreprise a pris le virage de la rigueur en 2004 «pour se préparer à l'introduction en Bourse», la CGT a, elle, déclaré que «le gouvernement avait justifié l'augmentation de capital d'EDF par les nécessités d'investissement et de développements, on peut se demander comment cela est conciliable avec ces suppressions de postes».

Exigences. «Il y a un effort accru, convenait hier la direction de l'entreprise, mais nous y sommes contraints par la nouvelle donne concurrentielle du secteur.» Allusion à l'ouverture à la concurrence de l'énergie aux particuliers en juillet 2007. Credo repris par Dominique de Villepin, évoquant les «exigences du monde d'aujourd'hui : comment une grande entreprise comme EDF fait-elle pour être compétitive, [...] comment fait-elle pour rester une grande entreprise mondiale dans le domaine énergétique ?». La CGT a proposé aux autres syndicats de «déposer un préavis de grève pour la mi-janvier».

http://www.liberatio...?Article=343644

Pendant ce temps, GDF embauche

C'est toujours bon de faire la nique à son concurrent. Profitant de la polémique sur la réduction d'effectifs chez EDF (lire ci-dessus), Gaz de France a fièrement annoncé hier que le groupe allait embaucher 1 000 personnes sur les trois prochaines années, sans qu'aucune suppression de postes ne soit envisagée. L'entreprise justifie cette politique par l'«ouverture du marché de l'énergie», laquelle «conduit le groupe à avoir recours à l'embauche». Soit exactement l'argument que EDF invoque... pour expliquer la nécessité de tailler dans ses effectifs.

http://www.liberatio...?Article=343645

Ce message a été modifié par illusion - 09 décembre 2005 à 10:38.


#4 illusion

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Posté 13 janvier 2006 à 22:36

Des clients de banques devenus actionnaires d'EDF malgré eux
LE MONDE | 13.01.06 | 14h09  •  Mis à jour le 13.01.06 | 14h09

S'ils restent à ce jour circonscrits à quelques dizaines de clients, des dérapages dans la vente des actions EDF, lors de la privatisation de l'électricien en novembre 2005, mettent la profession bancaire dans l'embarras. Plusieurs banques sont accusées d'avoir pratiqué de la vente forcée de titres à des particuliers. Cinq millions d'actionnaires individuels ont été recrutés en à peine deux semaines.

Des questions ont commencé à se poser dans le Nord-Pas-de-Calais, lorsqu'un couple de retraités du Valenciennois a constaté que son compte courant était à découvert après l'achat d'actions EDF. Son agence BNP Paribas, à Valenciennes, avait passé un ordre d'achat de titres pour 4 608 euros, avant de les revendre à perte. Le couple assure n'avoir jamais rien demandé.

L'affaire aurait pu en rester là si elle n'avait été révélée par la presse régionale, le 5 janvier. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs clients de la BNP Paribas, eux aussi retraités, ont fait part de la même mésaventure à la Voix du Nord, mettant en cause cinq autres agences de la banque. D'autres établissements font l'objet des mêmes accusations de la part de leurs clients : quatre agences du Crédit du Nord, une du Crédit agricole et une de la Banque Scalbert-Dupont. Une quarantaine de clients se sont dits lésés, les dysfonctionnements révélés portant sur des achats de 192 à plus de 4 600 euros. Le député communiste du Nord Alain Bocquet a déposé, vendredi 13 janvier, un projet de résolution en vue de la création d'une commission d'enquête parlementaire.

L'affaire ne concerne pas seulement la région Nord. L'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse, a révélé qu'une trentaine de plaintes, émanant de toute la France, étaient parvenues à son service de médiation. "Ces plaintes sont en cours d'instruction, dans le cadre d'un processus de règlement à l'amiable", indique l'AMF.

Tout en reconnaissant que des dérapages ont pu avoir lieu, les banques en minimisent l'importance. "Nous ne sommes pas en présence d'un scandale, mais de dysfonctionnements locaux, de la part de conseillers zélés qui devaient placer beaucoup d'actions en temps record, confie un banquier parisien, dans ces cas-là, il n'y a pas de temps à perdre pour harponner le client, tout se passe très vite, au téléphone."

"De tels dérapages sont inévitables dans des opérations de cette ampleur, ils se produisent à chaque privatisation, mais cela ne se sait pas lorsque le cours de Bourse des sociétés privatisées grimpe", confie un concurrent. L'action EDF était passée sous son cours d'introduction en Bourse, quelques jours après sa cotation, le 21 novembre.

BNP Paribas affirme n'avoir reçu directement que quatre plaintes dans tout son réseau, qu'elle a traitées en remboursant les frais de courtage prélevés aux clients ainsi que la moins-value enregistrée. Le discours est semblable au Crédit agricole et à la Société générale. Pour la Fédération bancaire française (FBF) "s'il y a eu des pratiques douteuses, il appartient aux banques de prendre des mesures, pour réparer l'erreur".

"Si nous sommes mis en cause, glisse une grande banque, alors il convient de remonter toute la chaîne des responsabilités et notamment celle de l'Etat, qui, en ayant survalorisé l'action EDF, a sa responsabilité dans la baisse du cours de l'action".
Philippe Allienne (à Lille) et Anne Michel

http://www.lemonde.f...1-665146,0.html