La France en banqueroute ?
Sa dette est deux fois plus importante que prévue,
évaluée à 2000 milliards d’euros

Dette : la bombe Breton
PHOTO MARMARA/LE FIGARO.
GHISLAIN DE MONTALEMBERT
[03 décembre 2005]
En dévoilant avant l'heure les conclusions du rapport Pébereau (2 000 milliards d'euros de dette publique réelle !), le ministre de l'Economie veut faire oeuvre de pédagogie.
La France succombera-t-elle un jour sous le poids de ses dettes, en banqueroute, comme un vulgaire mauvais payeur ? Thierry Breton vient de jeter le trouble cette semaine en mettant l'accent sur un chiffre faramineux : la dette publique française atteindrait 2 000 milliards d'euros. Une vraie bombe à retardement ! On en restait jusqu'alors au chiffre déjà calamiteux de 1 167 milliards d'euros (18 700 euros par Français) à la fin 2005. Seulement voilà, ce montant ne correspond qu'à une partie de l'ardoise, comme le démontre le rapport qui sera prochainement remis à Bercy par Michel Pébereau. Le président du directoire de BNP-Paribas planche depuis le 19 juillet 2005 sur la question avec un panel de personnalités (Michel Camdessus, Jacques de Larosière, Patrick Artus, Alain Lambert...). Et ce club d'experts unanimement reconnus, se fondant sur les normes comptables internationales, estime légitime d'inclure dans la dette publique nationale les engagements hors bilan de l'Etat, constitués par les droits à la retraite des agents des trois fonctions publiques : 450 milliards d'euros pour les agents de l'Etat, et 450 autres milliards pour ceux des collectivités locales et des hôpitaux publics... Le compte y est : on arrive bien aux 2 000 milliards d'euros annoncés. Soit 32 000 euros par Français ! Dans ces conditions, la dette française ne représenterait plus 66% du PIB - ce qui situe déjà l'Hexagone parmi les plus dangereux débiteurs d'Europe - mais... 120%.
Thierry Breton a-t-il été imprudent en lâchant inconsidérément ce chiffre de 2 000 milliards d'euros, qui résulte, a-t-il précisé (mais faut-il s'en rassurer ?) de l'addition de «chiffres connus» ? Peut-être... Mais n'est-il pas légitime de comptabiliser clairement toutes les obligations futures de l'Etat, celles-ci devant être payées un jour ou l'autre avec l'argent public ? Et n'est-il pas courageux de vouloir dire la vérité, toute la vérité, à ceux qui devront régler la note : les contribuables. «Ce qui est un problème, ce n'est pas d'avoir une dette, mais de ne plus en faire un objet normal du débat politique», explique le ministre de l'Economie (dans La Tribune du 30 novembre), qui voudrait, à force de pédagogie économique, que chaque Français s'approprie cette dette afin de mieux la combattre.
Reste ce désagréable sentiment de fuite en avant, cette impression de plus en plus forte que la France vit à crédit, au-dessus de ses moyens. 1 000 ou 2 000 milliards d'euros, cela semble égal. A ce stade, chaque enfant qui naît en France croule déjà sous les dettes, condamné à payer pour le restant de ses jours la dangereuse folie de ses aînés, le confort d'un modèle social aveuglément généreux auquel il n'aura pas même droit.
Trois solutions possibles
Voilà vingt-cinq ans que les comptes de la France sont dans le rouge et que celle-ci consomme plus de richesses qu'elle n'en produit, que les réformes tardent ou sont ajournées, que le chômage flirte avec les 10% de la population active (9,7% en octobre, soit un léger mieux) et que la dette croît inexorablement : elle absorbe déjà mécaniquement, du seul fait des intérêts à payer, près de 15% du budget de l'Etat (le service de la dette est le deuxième poste de dépenses, après l'Education nationale) et la quasi-totalité des recettes procurées par l'impôt sur le revenu. De l'argent inutilement gaspillé au lieu d'être investi, et dont la seule vocation est de gonfler le portefeuille des créanciers de la France (la moitié sont des étrangers).
Une situation qui ne pourra qu'empirer alors que la période de l'argent bon marché semble révolue, la Banque centrale européenne (BCE) étant décidée à rehausser le niveau des taux d'intérêt. Face à la détermination de Jean-Claude Trichet, fervent partisan de l'orthodoxie financière, il ne faudra pas compter sur l'inflation pour alléger un tant soit peu le fardeau de la dette !
Que faire ? Michel Pébereau, dans son rapport, devrait esquisser quelques pistes pour sortir la France de cette spirale infernale. «Lorsqu'on a une dette, trois solutions sont envisageables pour la réduire, explique Thierry Breton : baisser les dépenses, augmenter la croissance et vendre des actifs non stratégiques. J'attends donc de la mission Pébereau qu'elle me décrive des orientations précises sur ces trois pistes.»
Oserait-on aussi suggérer à nos gouvernants d'aller observer ailleurs ce qui s'y passe ? Des exemples comme ceux de la Finlande, de l'Espagne, de l'Irlande, des Pays-Bas démontrent que le déficit public, comme la dette, ne sont pas des fatalités. Et que l'on peut avec succès - et pour le bien commun - réformer l'Etat, réduire ses dépenses et privatiser les services publics. L'heure n'est ni aux vaines promesses ni à la résurgence des vieilles lunes idéologiques... mais à l'action. Par respect pour les générations futures.
http://www.lefigaro....008.html?192719
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Le nombre de contrôles et de redressements fiscaux
a considérablement augmenté en France
Observabilis.com

Selon des sources concordantes à l'intérieur des services administratifs concernés et des témoignages obtenus, une augmentation nette des contrôles fiscaux "opportunistes" et des redressements en découlant n'a pas cessé d'augmenter ces derniers mois en France de manière inhabituelle. Les catégories les plus touchées sont naturellement les personnes les plus actives, les commerçants, les entrepreneurs, les PME, et même au sein des grands groupes.
Le sentiment général est que le Ministère de l'Économie cherche à recouvrer à tout prix et le plus rapidement possible des sommes qu'il considère comment étant dues, probablement pour réduire l'incompressible et insurmontable dette de la France.
Pour obtenir ce résultat, les services fiscaux frappent tout azimut directement contre la force vive du pays, les quelques millions de français qui en sont le moteur, une puissance déjà mise à mal par l'ambiance économique morose, les innombrables taxes et charges directes et indirectes et par les difficultés auxquelles il faut faire face quotidiennement, difficultés de plus en plus nombreuses.
Cette situation est jugée totalement contre-productive par les spécialistes. L'état peut certe parvenir à recouvrer quelques dizaines de milliards d'euros, mais le sentiment général devient malsain et suspicieux, et les entrepreneurs deviennent craintifs, ce qui aura des conséquences dramatiques pour le pays, déjà très sensible au moindre ralentissement.
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