Pour une fois j'ai déniché un article valable dans le journal le Monde. l'OMC joue un rôle capital dans l'économie mondiale et ceci sans aucune assise démocratique.
Il serait utile d'en discuter.
Point de vue
Commerce mondial et travail décent
LE MONDE | 15.12.05 | 14h02 • Mis à jour le 15.12.05 | 14h02
Quelle que soit l'issue de la Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hongkong, une chose est sûre, la confiance de la population envers les bienfaits de la mondialisation est aujourd'hui sérieusement altérée. L'enthousiasme des citoyens pour un commerce libéré de toute entrave est en perte de vitesse, et cet enthousiasme initial pour l'ouverture pourrait même se retourner en... appel au protectionnisme.
La plupart des gens ne suivent pas les négociations de l'OMC dans le détail. Leur sujet de préoccupation, c'est leur crainte de l'impact de cette libéralisation sauvage sur leur vie quotidienne. Une crainte qui risque de les conduire à rejeter le système commercial globalisé, ce qui constituerait un retour en arrière pour nous tous.
La grande promesse de la libéralisation du commerce est de créer de la prospérité et des emplois. Mais cette promesse est loin d'être remplie et semble même avoir complètement disparu de l'agenda de l'OMC. En attendant, des millions de travailleurs vivent dans l'insécurité découlant de cette dérégulation du marché international.
Partout dans le monde, les travailleurs ont peur de perdre leur emploi. Dans les pays développés, ils constatent le rétrécissement du nombre d'emplois industriels et l'insuffisance des programmes de formation ou de réinsertion mis en place pour ceux qui se retrouvent sur le carreau. Rien que dans l'Union européenne (UE), durant la dernière décennie, 1 million d'emplois ont disparu dans les secteurs du textile, de l'habillement, et on s'attend, dans les cinq ans à venir, à des pertes d'emplois tout aussi importantes.
Dans les pays en développement, beaucoup de travailleurs sont obligés d'accepter des salaires et des conditions de travail pires qu'avant. Cette situation est visible dans les zones franches d'exportation, où les femmes, qui constituent 80 % de la main-d'oeuvre, travaillent de longues heures sans avoir le droit de former des syndicats ou d'être représentées. Exemptes de toute obligation en matière de taxes ou de respect des normes du travail, ces zones constituent l'exemple le plus extrême des pressions que subissent ceux qui veulent avoir un emploi. En Chine, les travailleurs ne perçoivent pas ou quasiment pas le bénéfice du prétendu "miracle économique" de leur pays.
Avoir un emploi ne garantit pas toujours un revenu suffisant pour vivre, encore faut-il qu'il offre la possibilité de vivre décemment. Mais de nombreux travailleurs partout dans le monde sont sous-employés, à savoir qu'ils occupent plusieurs emplois sur une base irrégulière et occasionnelle, sans aucune sécurité d'emploi. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), rien qu'en Asie, 1 milliard de gens travaillent pour gagner moins de 2 dollars par jour, ce qui ne suffit pas pour s'en sortir. Selon l'OIT, plus de 2 millions de travailleurs meurent chaque année des suites de maladies ou d'accidents liés aux tâches qu'ils remplissent. Au moins 12,3 millions de personnes à travers le monde sont victimes de travail forcé, quand il ne s'agit pas d'esclavage pur et simple. On recense 250 millions d'enfants obligés de travailler, et ce chiffre n'englobe que ceux qui reçoivent un salaire.
Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que les gens ordinaires redoutent l'avancée de la libéralisation du commerce. Les pays engagés dans des négociations à l'OMC doivent impérativement acquérir le soutien de la population pour mettre en place un système commercial globalisé juste. Le travail décent doit être clairement identifié comme l'un des objectifs inhérents aux futures politiques commerciales. Le concept du travail décent inclut le respect des droits des travailleurs et des normes internationales du travail, aussi bien que l'égalité entre les femmes et les hommes, la protection sociale et le dialogue social.
L'OMC doit encourager ses membres à ratifier et à appliquer les normes internationales du travail. L'OIT définit les droits fondamentaux des travailleurs comme le minimum auquel chaque travailleur dans le monde doit pouvoir prétendre. Ces normes incluent l'abolition du travail forcé et du travail des enfants, le droit à la liberté d'association et de négociation collective et l'interdiction de toute discrimination. En toute logique, le système commercial globalisé devrait pouvoir au minimum respecter et soutenir ces droits fondamentaux. Tout comme on est en droit d'attendre que les accords commerciaux respectent les normes internationales dans le domaine de l'environnement et de la santé.
Un travail décent et des normes sociales ne sont pas les instruments protectionnistes voulus par le Nord contre un Sud pris à la gorge par la pauvreté : ce sont des revendications légitimes en faveur de la dignité humaine, du progrès social et de la justice.
La combinaison de pratiques commerciales et d'un véritable engagement à l'échelle mondiale en faveur d'un travail décent — donnant aux gens la possibilité de se former, de bénéficier d'une couverture sociale élémentaire et d'envoyer leurs enfants à l'école — est la voie qui conduira au développement durable pour tous.
Le commerce a le potentiel de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en s'appuyant sur des fondements solides : respect des droits élémentaires des travailleurs. Il est de la responsabilité de nos gouvernements de remplir cette tâche, sans quoi ils risquent de devoir affronter un rejet de la mondialisation partagé par de plus en plus de citoyens.
Article paru dans l'édition du 16.12.05
commentaire
Réclamer des normes internationales du travail est une intention louable;mais celle-ci ne tient pas compte d'une réalité très terre à terre :La loi du plus fort.
Dans un monde dominé par la compétition et par une rivalité sans merci qui placent le monde de la Finance et les grandes entreprises au-dessus des lois ,il n'y a pas de place pour une éthique du travail.
Il faut remettre les choses à leur place en-haut, le reste suivra tout naturellement.
La globalisation sera toujours porteuse d'hégémonie ,ça me parait inévitable ,elle camouflera toujours le rêve insensé des
dictateurs que nous ne savons jamais détecter à temps.
l'OMC
Commencé par
bip bip
, 17 déc 2005 à 11:30
1 réponse à ce topic










