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Raspoutine


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6 réponses à ce sujet

#1 zeh

zeh

Posté 11 novembre 2002 à 15:49

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Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n'aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable.

Raspoutine



Grigori Efimovitch Raspoutine

Raspoutine demeure l'un des personnages les plus mystérieux et les plus controversés de l'histoire du XXe siècle. Il bénéficie cependant d'une notoriété d'autant plus étonnante qu'elle est inversement proportionnelle au peu de chose que le public connaît réellement de lui.

Après 1917, son image a été largement utilisée par la propagande bolchevique pour symboliser la déchéance morale de l'ancien régime honni. Au cours du temps, Raspoutine est devenu un mythe, ou plutôt l'opportun raccourci historique, permettant d'expliquer sommairement la chute du régime impérial ; mais avant tout, il a servi de prétexte à beaucoup de dirigeants politiques russes et européens de l'époque qui désiraient s'exonérer de leurs propres responsabilités dans les événements tragiques survenus en Russie. Ainsi, l'ombre de Raspoutine a occulté bien des trahisons et des iniquités.


Le 16 décembre 1916, le prince Youssoupoff et quelques autres aristocrates décident de mettre fin à la vie de Grégory Raspoutine, moine débauché, moujik ivrogne, entré dans les faveurs de la famille impériale en raison de ses pouvoirs de guérisseur. Mais la tâche, ce soir-là, s'avère beaucoup plus difficile que prévu.


Grégory vient d'un petit village sibérien qu'il a abandonné un jour pour se consacrer à la religion, la méditation et l'errance. Après quelques années de ces vagabondages mystiques, il acquiert dans sa région natale la réputation d'un starets, c'est-à-dire saint homme. En 1904, il quitte la Sibérie pour se rendre à Saint-Pétersbourg et vient demander 1'hospitalité à l'Académie théologie, où il est présenté à l'évêque Hermogène et au grand prédicateur Iliodor. Ceux-ci, aussitôt séduits par sa foi, l'adoptent et favorisent son entrée dans la société de la capitale. Dès lors, il commence à faire parler de lui, tant par les miracles qu'il accomplit que par les débauches dont il est l'initiateur.
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Raspoutine aux côtés de l'évêque Hermogène et du moine Iliodore.
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Le moujik Raspoutine avec ses enfants à Pokrovskoïe.
De gauche à droite :
Matrona ; Raspoutine ; Maria ; Mitia




À la conquête de la Cour
La cour du tsar Nicolas II vit un drame. Le tsarévitch Alexis, unique héritier de la couronne, est atteint d'une maladie incurable l'hémophilie, qui le fait atrocement souffrir. La réputation de Raspoutine étant arrivée aux oreilles de la tsarine Alexandra, on convoque à la Cour le "faiseur de miracles". A plusieurs reprises, il atténue les souffrances du jeune malade ou arrive à stopper des hémorragies normalement fatales. Peut-on parier de pures coïncidences entre les visites de Raspoutine et l'évidente amélioration de la santé de l'enfant ? Il est impossible de répondre avec certitude. Pourtant l'influence apparemment positive que l'homme exerce sur la maladie du petit Alexis explique la source de son emprise sur la tsarine, sur la Cour et dans le monde aristocratique de Saint-Pétersbourg.
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Le tsar et le tsarévitch Alexis au grand-quartier général.

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La famille impériale russe

Guérisseur
"Vers la fin du mois d'octobre 1907, alors que la famille impériale s'est installée pour l'automne à Tsarskoïe Selo, Alexis tombe en jouant dans le jardin et se plaint de violentes douleurs à une jambe. En constatant que l'oedème distend la peau, la tsarine Alexandra Fedorovna est prise de panique. Les médecins, aussitôt appelés, prescrivent des bains de boue chaude et mettent le garçon au lit. Peine perdue. En désespoir de cause, l'impératrice convoque Raspoutine. C'est la première fois qu'on fait appel à lui pour guérir un membre de la famille impériale, mais il a déjà une réputation de guérisseur. Il arrive au palais à minuit, pas impressionné apparemment par l'importance de l'intervention qu'on attend de lui. Conformément à son habitude, il écarte les médicaments recommandés par les praticiens, s'assois au chevet du lit et prie. Pas une fois, il n'effleure l'enfant de ses mains. Mais il le regarde intensément. Sa méditation est longue, profonde, silencieuse. L'impératrice, les nerfs crispés, se retient de l'interrompre. Peu à peu, Alexis cesse de gémir et se détend. Quand Raspoutine le quitte, le garçon est redevenu tranquille. Le lendemain matin, il sourit à sa mère. L'oedème s'est résorbé de lui-même. Autour du petit lit, les proches crient au miracle."

Guérison à distance
Le 2 octobre 1912, l'état du petit Alexis empire soudain. Une hémorragie interne se déclare, à gauche, dans les régions iliaques et lombaire. La température grimpe à 39°4 et le pouls à 144. Les douleurs provoquées par l'épanchement sont atroces. Cherchant la meilleure position dans son lit, l'enfant se tourne sur le ventre et se recroqueville en chien de fusil. Le teint livide, les yeux exorbités, la mâchoire tremblante, il gémit jusqu'à l'éraillement de sa voix. Les médecins se déclarent impuissants : ils ne peuvent intervenir sans risquer une hémorragie fatale. 10 octobre, il reçoit les derniers sacrements. "Quand je mourrai, élevez pour moi un petit monument dans le parc !" 12 octobre : télégramme de la tsarine à Raspoutine (à Prokovskoie, à plus de mille kilomètres).

Sa fille aînée Maria lui lit le message. Aussitôt il se lève, passe dans le salon où sont exposées les plus vénérables icônes de la maison et dit à Maria qui l'a accompagné : "Ma colombe, je vais tenter d'accomplir le plus difficile et le plus mystérieux de tous les rites. Il me faut réussir. N'aie pas peur et ne laisse entrer personne... Tu peux rester si tu veux, mais ne me parle pas, ne me touche pas. Ne fais aucun bruit. Prie seulement." Puis, se jetant à genoux devant les saintes images, il s'exclame : "Guéris ton fils, Alexis, si telle est ta volonté ! Donne-lui ma force, ô Dieu, qu'il l'utilise pour sa guérison !" Tandis qu'il parle, son visage est illuminé par l'extase, une sueur abondante ruisselle sur son front et ses joues. Il halète, en proie à une souffrance surnaturelle, et tombe à la renverse sur le parquet, une jambe repliée, l'autre raide. "Il semblait se débattre contre une épouvantable agonie, écrira Maria. J'étais certaine qu'il allait mourir. Après une éternité, il ouvrit les yeux et sourit. Je lui présentai une tasse de thé refroidi qu'il but avec avidité. Quelques instants plus tard, il était redevenu lui-même."

Il télégraphie à la tsarine : "La maladie n'est pas aussi grave qu'il semble. Que les médecins ne le fassent pas souffrir." Le lendemain, la fièvre tombe, l'hématome commence à se résorber.

(Henri Troyat, Raspoutine, Flammarion, 1996).



Influence
La famille impériale lui voue une amitié telle qu'on commence à le désigner comme le "tsar au-dessus des tsars". Raspoutine profite largement de la fascination qu'il exerce, notamment sur les femmes. Lorsqu'une jeune fille, de préférence jolie, vient lui demander conseil, il n'hésite pas à abuser d'elle tout en lui parlant de Dieu et de la rédemption. Sa vie de débauches réputées sans bornes ne l'empêche pas d'avoir une cour féminine à sa dévotion, prête à tout pour lui. L'appartement de Raspoutine devient bientôt le lieu de passage obligé de tous les solliciteurs possibles et de personnages importants. En 1916, le président du conseil Sturmer et le ministre de l'intérieur Protopopov participent aux séances de table tournante qu'il organise chez lui. Ce rôle démesuré suscite tant de haines et de jalousies dans les milieux influents qu'on finit par lui prêter une activité et une responsabilité politique qu'il n'a peut-être pas en réalité, même si la tsarine est à ses ordres.
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Raspoutine et sa cour de femmes




Un assassinat programmé


En 1916, les défaites de la Russie au front et la décomposition de l'état suscitent une vague d'indignation dans tout le pays. Si tout va mal, c'est nécessairement à cause de la mauvaise influence que Raspoutine exerce sur le tsar, et les déconvenues de l'armée s'expliquent, selon l'opinion publique, parce que le starets est vendu à l'espionnage allemand.

Dans cette atmosphère de déliquescence, un certain nombre d'aristocrates, dont le grand duc Dimitri Pavlovitch, apparenté au tsar, pensent que l'unique moyen d'aider le pays est de le débarrasser du monstre qu'est Raspoutine. Un jeune prince de dix-neuf ans, Félix Youssoupoff, de sent investit de cette mission. Le 29 décembre 1916, il invite Raspoutine chez lui, au palais de la Moika, sous prétexte de lui présenter sa femme. Avec ses complices, le prince fait préparer des gâteaux imprégnés de cyanure capable de tuer vingt personnes et verse ce poison dans le verre destiné à Raspoutine. Arrivé chez Youssoupoff, le starets s'installe, mange les différents mets qui lui sont offerts et, alors que le cyanure agit normalement en quelques minutes, il continue à se porter à merveille pendant deux heures.

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Le prince est à bout et Raspoutine redemande à boire. Décidé d'en finir, Youssoupoff prend son revolver et tire à bout portant. A ce bruit les complices surgissent de leur cachette ; un médecin, qui examine Raspoutine conclut qu'il est encore vivant. Bientôt, la respiration cesse et ses assassins descendent le corps au sous-sol du palais. Quelques minutes après, Raspoutine se relève, tente d'étrangler Youssoupoff, se précipite à l'extérieur: il faut quatre balles pour qu'il tombe et des coups de matraque pour défoncer son crâne. Les conjurés enveloppent alors le corps et le jettent dans la Neva. Lorsqu'on retrouve le cadavre dans l'eau, on constate qu'il était encore vivant lorsqu'il avait été jeté dans le fleuve: Raspoutine est mort noyé! Cette endurance proprement exceptionnelle contribue à la légende de Raspoutine comme "surhomme". Etait-il insensible au poison ? Cela reste un mystère. C'était, en tout cas, ce que l'on appelle une force de la nature et un tempérament hors du commun.


Youssoupoff raconte
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"...Raspoutine était mort. Des gouttelettes de sang coulaient de la blessure et tombaient sur les dalles de granite, Brusquement son oeil gauche s'entrouvrit ... et les deux yeux de Raspoutine, devenus étrangement verts et fixes comme ceux d'un serpent, me transpercèrent d'un de haine... Comme s'il regard diabolique plein avait brusquement été pris de frénésie, il bondit d'une détente sur ses pieds; de l'écume coulait de sa bouche. Il était effrayant. Un hurlement sauvage emplit la salle et je vis arriver sur moi une main aux doigts tordus... Raspoutine ressuscité répétait sans arrêt mon prénom d'une voix sifflante et étouffée... Dans cet homme mourant, empoisonné et transpercé d'un coup de feu, dans ce cadavre que des forces obscures avaient remis debout pour venger sa mort, il y avait quelque chose de si terrifiant, de si monstrueux que, jusqu'à aujourd'hui, quand je repense à ce moment, je suis saisi d'une terreur indicible... Il me semblait que le diable lui-même s'était incarné dans ce moujik... et que ses doigts crochus me tenaient pour ne plus jamais me lâcher.. Mais quel ne fut pas mon étonnement et mon horreur lorsque je vis la porte d'entrée s'ouvrir et Raspoutine disparaître dans l'obscurité... Pourichkevitch s'élança à sa suite, trois coups de feu retentirent puis un quatrième... Je vis Raspoutine tituber puis s'effondrer dans la neige".






Réhabiliter RASPOUTINE?
A l'instar de certains pacifistes notoires, et qui n'ont forcément pas subi le même sort, il aurait été assassiné parce qu'il s'opposait à la guerre! Martyr de la paix, le staretz Grigori Iefimovich Raspoutine? Sacrifié à l'autre bout de l'Europe - comme Jean Jaurès l'a été en plein centre de Paris, par cette fraction de bellicistes qui à certaines heures de l'Histoire, apparaissent et l'emportent sur toutes les logiques du dialogue et de la paix? Le prince Youssoupov, qui avec la complicité de quelques hauts dignitaires de la cour a été le maître d'œuvre de l'exécution du staretz a publié un livre intitulé "Comment j'ai assassiné Raspoutine" - et que corrobera avec force détails un autre ouvrage de Joseph Kessel "Les Rois aveugles". Avec le recul du temps, le personnage de Raspoutine est discutable, voire repoussant - on en convient. Avec ses ongles noirs, et sa malpropreté, il se saoulait à la vodka à longueur de journée, quand il ne pinçait pas les fesses de toutes les femmes passant à sa portée - voire des grandes-duchesses dans les couloirs du Palais d'Hiver de Saint-Petersbourg. Mais ce ne sont pas là les véritables raisons de son assassinat. Celui-ci a eu des raisons beaucoup plus sérieuses.



Malgré la lubricité et l'aspect sordide du personnage, la guerre lui faisait horreur. Issu du petit peuple, il savait que celui-ci en ferait les frais, et aussi parce qu'il prévoyait - avec ce don de voyance qu'aucun historien ne lui conteste - que cette guerre serait fatale à la dynastie des Romanov. Ses mains miraculeuses, ayant le pouvoir de soulager l'hémophilie du tsarévitch Alexis, il avait conquis la confiance de la tsarine Alexandra Feodorovna, d'origine allemande. De ce fait, elle redoutait une guerre germano-russe... Cela avait suffi a intégrer Raspoutine au parti pacifiste, donc germanophile, et à le rendre détestable à tous les Français qui comptaient sur l'amitié indéfectible du puissant allié russe contre l'Allemagne. Il ne faut pas chercher une autre cause à l'image caricaturale qu'on donne de Raspoutine. Mais à Saint-Petersbourg, aux yeux du parti de la guerre qui misait sur un conflit - supposé victorieux - pour redorer le blason de la monarchie russe - le staretz était devenu l'homme à abattre! Quand le 28 juin l'archiduc autrichien François Ferdinand est assassiné à Sarajevo, assassinat sur lequel on s'accorde à voir qu'il constitue l'origine de la Première Guerre Mondiale - ne peut-on pas supposer que le cours des événements aurait été différent si, le même jour, Gregori Iefimovich Raspoutine, dans un bordel sibérien n'avait pas été poignardé par une prostituée à la solde peut-être des nationalistes? C'est alors que du fond de son lit d'hôpital, il envoie ses objurgations au tsar et à la tsarine, de ne pas appuyer sur le bouton rouge de la guerre! En vain... Le 30 juillet Nicolas décrète la mobilisation générale et met le feu aux poudres. Dès lors, aidé par les nouvelles désastreuses qui proviennent du front, Raspoutine va tenter de lutter à contre-courant, pour que la Russie se retire du conflit et signe un paix séparée avec l'Allemagne... Considérant cette conduite comme défaitiste et hautement déloyale vis-à-vis de la patrie, le prince Youssoupov, le grand-duc Dimitri et le représentant d'extrême-droite de la Douma Pourichkevich organisent un guet-apens à Saint-Petersbourg, dans le but de se débarrasser du staretz. Son corps cariblé de coups de revolver est alors jeté dans les eaux glacées de la Neva. Quelques heures après, inquiets sur son absence, ses amis et les autorités repêchent le corps, dont le cœur bat encore... mais pas pour longtemps. Avec sa disparition, ses plus sinistres prophéties concernant la famille impériale et la Sainte Russie ne devaient pas tarder à se confirmer. Et l'Histoire témoigne. Alors?... Alors toutes les questions qu'on est en droit de se poser demeurent sans de concluantes réponses!

"LES PROPHÉTIES DE RASPOUTINE"
de Renzo Baschera
Tiré du livre: "Humanité ou vas-tu?" - de Orazio Valenti



1.
"...Je sens que je dois mourir avant le nouvel an. Je veux cependant faire présent au peuple russe, au Papa, à la Mère de la Russie et aux jeunes gens, que, si je suis tué par de communs assassins, particulièrement par mes frères paysans russes, toi, Tsar de Russie, n'aie pas peur, reste sur ton trône et gouverne et n'aie pas peur pour tes Enfants car ils régneront encore pendant cent ans et plus. Mais si je suis tué par des nobles, leurs mains resteront tachées de mon sang et, pendant vingt-cinq ans, ils ne pourront pas enlever ce sang de leur peau. Ils devront quitter la Russie. Les frères tueront les frères, ils s'entre-tueront. Et pendant vingt-cinq ans il n'y aura pas de nobles dans le Pays. Tsar de la Terre de Russie, si tu entends le son du glas qui te dit que Grigory a été tué, tu dois savoir ceci. Si ce sont tes parents qui ont provoqué ma mort, alors personne de ta famille, c'est-à-dire aucun de tes enfants ou de tes parents resteront en vie pendant plus de deux ans. Ils seront tués par le peuple russe... Priez, priez, soyez forts, pensez à vôtre famille bénie."


2.
"...De la même façon que la Sainte Maison de Rome ira de Pierre à Pierre, la Sainte Maison de Petersbourg ira de Michel à Michel. Le premier Michel a construit le trône et le dernier Michel n'aura pas le temps de l'employer car tout passera en vitesse, la vie comme la mort."


3.
"...Je me suis penché à la fenêtre et j'ai vu des gouttes de sang qui battaient contre la vitre tandis que par terre se formaient des flaques de sang et de boue, dans lesquelles pataugeaient des porcs, des loups et d'autres bêtes immondes."


4.
"...Encore une fois je l'ai sauvé, et je ne sais pas combien de fois je le sauverai encore... mais je le sauverai pour les bourreaux. A chaque fois que j'embrasse le tsar, la Maman, les filles et le tsarévitch, mon dos est parcouru par un frisson de terreur. C'est comme si dans mes bras je serrais des cadavres... Et alors je prie pour ces gens car je sens que, dans cette Russie, ce sont ceux qui en ont le plus besoin. Et je prie pour toute la famille Romanov car sur elle descend l'ombre d'une longue éclipse."


5.
"...Avant que mon corps ne devienne cendres, tombera l'Aigle Saint. Et il sera suivi par l'aigle orgueilleux. Tomberont ensuite les autres aigles, un à un, et on leur coupera la tête. Le dernier à tomber sera l'aigle de la mer. Leur sang sera bu par la terre. Et de la terre surgiront trois bourgeons, qui sécheront avant de donner une fleur."


6.
"...Je vois beaucoup, beaucoup d'hommes, des masses entières de peuples et des montagnes de cadavres. Parmi ceux-ci il y a beaucoup de grands-ducs et de comtes. Et leur sang colorera de rouge les eaux de la Néva... Les vivants, et même les morts n'auront pas de paix. Trois lunes après ma mort, je reverrai la lumière et la lumière deviendra du feu. Ce sera alors que la mort volera libre dans le ciel et se posera aussi sur la famille impériale. Vingt-cinq ans passeront et la mort recommencera à voler. Le premier vol sera pour ramasser l'or. Le deuxième vol sera pour ramasser le plomb. Le troisième vol sera pour ramasser le blé."


7.
"...Quinze années après ma mort, la Sainte Mère sera ôtée des autels et un choeur de sept cents démons chanteront une nouvelle musique sur un marécage de sang. Il ne coulera pas beaucoup d'eau sous les ponts avant qu'en famille se déchaîne une furieuse rixe. La croix sera mise aux oubliettes. Les marteaux frapperont les autels et les flammes dévoreront les églises... Ainsi commencera la chasse au serpent. Mais le vautour confiera l'épée à un nuage qui tuera le serpent à la troisième lune. Le vautour s'acharnera ensuite contre ses vers, jusqu’à ce qu'il périsse... Quand l'étable sera pleine de boeufs, les portes s'ouvriront et alors adieu, ma Sainte: adieu Sainte parmi les Saintes. Ceci se passera dans le temps du soleil... De la croix on fera un blasphème et le jour viendra où la terre ne sera plus suffisante pour ensevelir les morts... Mais l'empire durera peu. Lorsque le soleil se déchaînera, plus un brin d'herbe ne poussera sur les hauteurs de la Volga. Ce n'est qu'après une grande désolation et un grand égarement que la croix de la Sainte retournera sur les autels. Et l'on n'aura plus peur du serpent et du vautour, pour l'éternité; il en sera ainsi dans la Sainte, de même que dans la Sainte parmi les Saintes, où un grand homme viendra rendre justice."


8.
"...Trois serpents affamés ramperont le long des routes d'Europe. Et sur les routes où ils passeront il ne restera que cendres et fumée. Leur maison sera l'épée et leur loi sera la violence. Et par l'épée ils périront, en entraînant dans la poussière et dans le sang toute une civilisation. Lorsque l'épée sera remise dans le fourreau, il y aura de nouvelles lois et de nouveaux drapeaux. Mais les lois auront encore le germe de la violence. Et lorsque les temps longs seront terminés, trois nouveaux serpents retourneront ramper sur les routes d'Europe, mais cette fois-ci sur la terre marquée il ne poussera plus un brin d'herbe."


9.
"...Des terres fertiles seront transformées en prisons. Et la souffrance humaine sera comme une pluie sans fin. Dans la terre entre les deux fleuves la mort sera invoquée continuellement, mais les pleurs n'arrêteront pas la troïka. Le grand feu ne consommera pas la méchanceté humaine et les prisons continueront d'engendrer des souffrances sous un ciel étoilé. L'homme prisonnier de la prison deviendra prisonnier de la liberté. Juge et seigneur sera le petit tsar qui aura la mort pour tsarine. Et celle-ci soufflera son haleine fétide sur le cou des dignitaires de la cour, même après la résurrection..."


10.
"...Les hommes sont en train d'aller vers la catastrophe. Ce seront les moins capables qui conduiront le char. En Russie, comme en France, en Italie et ailleurs... L'humanité sera écrasée par le fracas des fous et des malfaiteurs. La sagesse sera enchaînée. Ce seront l'ignorant et le tyran à dicter les lois au sage et aussi à l'humble. Et ensuite la plupart des hommes croiront aux puissants et ne croiront plus en Dieu... La punition de Dieu arrivera tard mais elle sera terrible. Et cela se passera avant que notre siècle n'atteigne sa fin. Puis, enfin la sagesse sera déliée des chaînes et l'homme se confiera à nouveau et entièrement à Dieu, comme l'enfant se confie à sa mère. Sur ce chemin l'homme arrivera au paradis terrestre."


11.
"...Sur Pétersbourg tomberont les ténèbres. Lorsque son nom sera changé l'empire sera fini. Et lorsque son nom sera encore changé, sur l'Europe entière la colère de Dieu sera sur le point de se déchaîner. Reviendra Pétersbourg lorsque le soleil aura cessé de pleurer et que la Vierge de Kazan ne sera plus là.
Pétersbourg sera la capitale de le nouvelle Russie et de ses entrailles sera enlevé un trésor qui sera porté sur toutes les terres de la Sainte Mère."


12.
"...Grandira une plante en Europe qui s'appellera sang. Son premier fruit mûrira dans l'an du mystère. Et les semences, lorsque le fruit éclatera, arriveront jusqu'aux portes de Pétersbourg. Mais Pétersbourg sera sauve... Le second fruit - et il sera le plus gros - éclatera dans l'an du mystère solaire. Et ses semences arriveront au-delà de Pétersbourg et jusqu'à Paris et jusqu'à Rome et au-delà des mers. Le troisième fruit sera plus petit que les autres et éclatera dans le nouvel an du mystère solaire. Mais les semences ne tomberont plus sur terre car elles seront brûlées par le vent."


13.
"...L'on recueillera les oeufs et on les déposera dans un seul panier et lorsque le vent alimentera le feu, les oeufs seront teints de sang. Ceci sera le temps de la couronne de pierre, qui deviendra de cendre et puis la cendre deviendra à nouveau de la pierre car les oeufs seront couvés et des oeufs naîtra un groupe de poussins et chaque poussin sera un tsar."


14.
"...Ils seront martyrisés comme il y a deux mille ans. Et même les guides seront mis à mort, mais l'ombre de la croix continuera de marquer la terre. Et sur cette terre le sang des martyrs germera comme une bonne semence, en donnant de copieux fruits qui seront recueillis lorsque tout espoir semblera éteint. Un signe apparaîtra dans le ciel et un signe apparaîtra sur terre, lorsque le bourreau aura payé sa dette. Et ce sera une dette lourde car tout l'or ne sera pas suffisant pour payer le sang. Un jour la Sainte Maison se brisera en plusieurs parties; et un jour encore la Sainte Maison s’unira. Ceux-ci seront les temps mûrs pour parler la nouvelle langue. Mais beaucoup parleront plusieurs langues et s'habilleront de plusieurs habits. Et lorsque le jugement sera proche, tout habit sera brûlé. Alors reviendront les Martyrs. Et ils reviendront en vainqueurs."


15.
"...Lorsque le monde aura retrouvé son équilibre, vous verrez apparaître la première soeur. Sa robe aura la couleur de la paix, mais cette paix ne donnera pas de fruits. Et lorsque le monde n'aura plus de paix, vous verrez apparaître la deuxième soeur. Sa robe aussi aura la couleur de la paix. Mais elle n'apportera pas la paix. Les deux soeurs erreront dans les déserts, nues et égarées. Et quand la balance du temps sera arrêtée, des deux soeurs il ne restera même plus l'ombre. Leur temps sera passé et leurs habits seront déchirés et dispersés car la paix en ce temps-là sera un fantôme."


(Sur les eaux polluées):
16.
"...Les poisons embrasseront la Terre comme un amant fougueux. Et dans l'étreinte mortelle, les cieux auront l'haleine de la mort et les sources ne donneront plus que des eaux amères et beaucoup de ces eaux seront plus toxiques que le sang pourri du serpent. Les hommes mourront d'eau et d'air, mais l'on dira qu'ils sont morts du coeur et des reins... Et les eaux amères infesteront les temps comme la ciguë, car les eaux amères enfanteront des temps amers."


17.
"...Lorsque les images voleront un fruit vénéneux mûrira et beaucoup seront ceux qui le mangeront. Et le fruit vénéneux transformera les hommes en animaux, incapables de lever la tête au ciel... Les images qui volent consommeront les forces de l'homme, mais le fruit vénéneux soûlera l'homme. Et lorsque tout sera fini l'homme se retrouvera fatigué et déchiré, plus affamé qu'auparavant."


18.
"...Chaque révolution veut briser les chaînes de l'esclavage, mais lorsque les chaînes sont brisées, d'autres chaînes sont déjà prêtes... Depuis le temps des cavernes rien n'a changé et jamais rien ne changera car ce sera toujours le plus malin, le plus rusé et souvent le plus corrompu à s'imposer. Et selon les humeurs du peuple il endossera la veste de la dictature ou de la démocratie. Mais l'homme sera toujours esclave, même s'il aura l'illusion d'être libre... Un jour cependant renaîtra l'homme libre, mais le peuple restera toujours esclave."


(Sur la pollution atmosphérique):
19.
"...L'air qui aujourd'hui descend dans nos poumons pour apporter la vie, apportera un jour la Mort. Et un jour viendra où il n'y aura pas de monts ni de collines; il n'y aura pas de mer ni de lac qui ne soient enveloppés par l'haleine fétide de la Mort. Et tous les hommes respireront la Mort; et tous les hommes mourront à cause des poisons suspendus dans l'air."


(Sur les pluies acides):
20.
"...Les plantes tomberont malades et mourront une à une. Les forêts deviendront un énorme cimetière et entre les arbres secs, des hommes étourdis et empoisonnés par Ies pluies vénéneuses erreront sans but."


21.
"...Les souris et les serpents prendront possession de la terre. Et les souris donneront la chasse aux souris; et les hommes désorganisés et étourdis devront abandonner des villes et des campagnes entières sous l'arrivée pressante de légions de souris géantes, qui détruiront chaque chose et infecteront la terre."


(Les produits toxiques et tout particulièrement la radioactivité
produisent des malformations génétiques, en agissant aussi dans le ventre maternel):
22.
"...Des monstres naîtront, qui ne seront ni homme ni animal. Et beaucoup d'hommes qui ne seront pas marqués dans la chair ni dans l'esprit, auront le signe dans l'âme. Lorsqu'ensuite les temps auront mûri, vous trouverez dans le berceau le monstre des monstres: l’homme sans âme.


23.
"...Les plantes, les animaux et les hommes, ont été créés pour rester divisés. Mais un jour viendra où il n’y aura plus de limites. Et alors I'homme sera mi-homme, mi-végétal. Et l'animal sera animal, plante et homme. Dans ces corps sans limites, vous verrez paître un monstre appelé kobaka."


(La prolifération épouvantable de maladies inguérissables comme le cancer et le SIDA
est produite par une vie folle tant matérielle que morale.
En effet la "grande médecine" est celle de l’âme, à travers
la mise en pratique des enseignements spirituels):
24.
"...Avec une fréquence toujours plus grande vous verrez les parties du corps devenir folles. Où la nature avait créé l'ordre, l'homme sèmera le désordre. Et beaucoup souffriront de ce désordre. Et beaucoup mourront de la peste noire. Et quand ce ne sera pas la peste qui tuera, ce seront les vautours qui déchireront les chairs... Chaque homme a en soi la grande médecine; mais l'homme-animal préférera se soigner avec les poisons."


25.
"...S'épanouira dans l'ancienne ville une fleur qui aura la couleur du sang. Elle grandira sur la plante de la paix, mais elle conduira à la guerre. Elle aura le nom de l'Amour, mais elle apportera seulement de la haine car elle sera une fleur vénéneuse... Fleur de paix et de bien-être, mais sous la fleur se cachera une génération de voleurs, de profanateurs, d'énergumènes et de profiteurs."


26.
"...Les insectes dociles deviendront des instruments de la mort parce que l'homme les aura empoisonnés. Et l'invasion des criquets sera une pluie de printemps par rapport à cet ouragan qui partira de la terre des fleurs pour s'étendre jusqu'à la terre de la feuille et de là il envahira le monde entier, en semant des maladies, la famine et la terreur... L'alchimie irresponsable de l'homme finira par transformer les fourmis en des monstres géants qui détruiront maisons et villages; et contre les fourmis géantes rien ne pourra y faire, ni le feu ni l'eau. A la fin vous verrez voler les grenouilles, les papillons deviendront des vautours et les abeilles ramperont par terre comme des serpents. Et les serpents prendront possession de beaucoup de villes."


27.
"...Lorsque l'on parlera beaucoup de l'homme, ce sera le temps où l'on négligera I'homme. Et lorsque l'on parlera tellement de bien-être, ce sera le temps où un malaise subtil serpentera parmi les gens. Des montagnes de paroles seront dépensées pour rien et les pièges faits de mots prendront possession des chemins du bon sens. Beaucoup d'hommes seront détruits par les épidémies, beaucoup d'hommes seront détruits par les armes, et encore plus nombreux seront ceux détruits par les paroles arides. Car lorsque les temps auront mûri, l'homme sera riche en langue mais pauvre dans le coeur."


(Le commerce des enfants et de l'utérus; les nouveaux-nés seront traités
comme des cobayes de laboratoires et comme des pièces de rechange pour les transplantations):
28.
"...L'utérus de la femme sera comme la terre des fleuves; les deux seront stériles. Et ce sera encore une grâce, car l'utérus qui n'est pas stérile et la terre qui n'est pas stérile, accoucheront de monstres. Jour de malheur sera celui où l'utérus de la mère sera commercialisé, comme on commercialise la viande des bovins. En ce temps-là, l'homme créature de Dieu, deviendra créature de la science."


(Effet de serre et trou dans la couche d'ozone):
29.
"...Viendra le temps où le soleil pleurera sur la terre et ses larmes tomberont comme des étincelles de feu, en brûlant les plantes et les hommes. Les déserts avanceront comme des chevaux devenus fous sans cavalier et les pâturages deviendront sable et les fleuves deviendront le nombril pourri de la terre. L'herbe tendre du pré disparaîtra ainsi que la feuille car régneront les deux déserts: le désert du sable et le désert de la nuit. Et sous le soleil embrasé et le froid glacial la vie s’éteindra."


30.
"...Lorsque le temps de la moisson approchera, on enverra à l'homme sept signes. Et chaque sage comprendra que le blé est mûr et qu'il ne manquera pas beaucoup de temps avant que la faux ne soit jetée sur la terre... Les tremblements de terre en ce temps augmenteront; les terres et les eaux s’ouvriront et dans leurs blessures elles engloutiront les hommes et les choses. La violence, vous la trouverez chaque matin à la porte de la maison car l'homme redeviendra animal et commune tout animal il agressera ou sera agressé. Et cet homme ne saura plus distinguer le bien du mal. L’homme honnête et l'homme doté de moralité deviendront amoraux. En ce temps-là vous verrez un âne à tête de chacal, à la queue de serpent et aux pattes d’un chat qui conduira le char; et dessus, il y aura d'autres ânes qui seront rassasiés par une armée de renards enchaînés les uns aux autres. La nourriture en ce temps-là, sera toujours plus rare car tout sera comme du poison. Les granges seront pleines, les fontaines donneront de l'eau fraîche, les plantes donneront des fruits; mais ceux qui mangeront de ce blé et boiront de cette eau en mourront; et ceux qui mangeront de ces fruits, mourront. Seule la nourriture recueillie par la génération précédente ne contiendra pas la mort... En ce temps l'angoisse s'unira à l'homme et de leur union naîtra le désespoir: un désespoir comme on n’avait jamais vu sur terre. Et en ce temps même les saisons seront angoissées car la rose fleurira en décembre et la neige tombera en juin."


31.
"...La vie est un don de Dieu, mais un jour elle deviendra un fardeau, une malédiction... Ils chercheront la mort les riches et ils chercheront la mort ceux qui ont encore sur les lèvres le lait maternel, car le chêne sera brisé en plusieurs parties et le fleuve sera divisé. Et il deviendra ruisseau puis rigole. Lorsque mon esprit sera encore sur la Sainte Mère, beaucoup de frères mourront par l'épée de frères; et lorsque mon temps sera passé, beaucoup d'hommes mourront par le feu et par l'absinthe. Mais la grande mort, sera la mort de la famille qui sera saignée à blanc, outragée, crucifiée. Et sur ses décombres grandira la rose du désespoir."


32.
"...Les mers entreront comme des voleurs dans les villes et les maisons et les terres deviendront salées. Et le sel entrera dans les eaux; il n'y aura pas d'eau qui ne soit salée. Les terres salées ne donneront plus de fruits et lorsqu'elles les donneront, ce seront des fruits amers. C'est pour cela que vous verrez des terrains fertiles se transformer en marécages salés. Et d'autres terres seront asséchées par une chaleur qui ira en augmentant. L'homme se trouvera sous les pluies salées et marchera sur les terres salées et errera entre sécheresses et alluvions."


33.
"...Lorsque Sodome et Gomorrhe seront reportées sur terre et que les hommes s'habilleront en femmes et les femmes en hommes, vous verrez passer la Mort qui chevauche la peste blanche. Et les anciennes épidémies seront comme une goutte d'eau dans la mer par rapport à la peste blanche. Des montagnes de cadavres seront amassées dans les places et des millions d'hommes porteront la mort sur le visage. Des villes avec des millions d'habitants ne trouveront pas assez de bras pour ensevelir les morts et beaucoup de pays de campagne seront effacés avec une unique croix... Aucun médicament ne réussira à freiner la peste blanche car celle-ci est l'antichambre de la purification. Et lorsque neuf hommes sur dix auront le sang pourri, la faux sera jetée sur la terre car sera venu le temps de retourner à la maison."


34.
"...Vous entendrez les hommes invoquer la nuit, mais la nuit ne viendra pas. Vous entendrez les hommes invoquer le repos, mais peu goûteront a ce fruit... le monde deviendra une meule qui transformera la vie en une poudre empoisonnée. Et le bruit de la meule sera celui d'une chute d'eau, qui pénètre avec le vent dans chaque immeuble et dans chaque cabane. Le temps du double épi sera condamné à la lumière perpétuelle et à la chute."


(La pollution radioactive s'étend et entre partout,
dans l'air et dans les corps vivants qui se nourriront d'aliments contaminés):
35.
"...Sur la terre noire pleurera le Soleil et un fantôme errera à travers l'Europe durant toute une génération. Et avant qu'il ne se dissolve, tomberont d'autres foudres. Une de celles-ci brûlera les fleurs de lys et une deuxième foudre brûlera le jardin des palmiers, et une troisième foudre brûlera la terre entre les saints fleuves. L'homme deviendra fragile comme une feuille sèche et ses os se plieront et grinceront comme une branche cassée. En ce temps la terre produira uniquement des herbes empoisonnées, et les animaux ne donneront que de la viande empoisonnée. Empoisonné sera I'homme en ce temps, car ceci sera le commencement de l'ère de l'absinthe."


36.
"...Deux princes sanguinaires prendront possession de la Terre; Wioug viendra de l'orient et rendra l'homme esclave de la pauvreté; Graioug viendra de l'occident et rendra l'homme esclave de la richesse. Les princes se disputeront la terre et le ciel. Et le terrain de la grande bataille sera dans la terre des quatre démons. Les deux princes seront à la fois vainqueurs et vaincus. Mais Graioug entrera chez Wioug et sèmera ses anciennes paroles qui s'amplifieront et dévasteront la terre. Ainsi finira l'empire de Wioug... Mais viendra le jour où même l'empire de Graioug sera détruit parce que les deux lois de vie étaient erronées et que toutes deux produisaient la mort. Même pas leurs cendres ne pourront être utilisées pour cultiver le terrain sur lequel grandira la nouvelle plante de la troisième lumière."


37.
"...Lorsque les temps seront au bord du précipice, l'amour de l’homme pour I'homme sera une plante séchée. Dans le désert de ce temps-là fleuriront seulement deux plantes: la plante du profit et celle de I'égoÏsme. Mais les fleurs de ces plantes pourront être confondues avec les fleurs de la plante de l'amour. En ce temps maudit I'humanité entière sera absorbée par l'indifférence. Malheur alors aux souffrants, aux vieux, aux invalides, à ceux qui souffrent du coeur, car ils seront seuls au milieu d'une mer de gens. Et malheur aux purs de coeur, aux simples, aux hommes qui ont gardé leur coeur d'enfant, car ils seront outragés et tournés en dérision. Au crépuscule de ce triste jour de I'homo-sapiens il ne restera que le désert du néant car précisément la plante de l'amour fraternel sera morte depuis longtemps (et l’amour fraternel est la Grande Médecine. Les vérités de Dieu sont transformées par les hommes, mais la flamme est unique)."


38.
"...Ce sera un temps de paix, mais la paix sera écrite avec le sang. Et lorsque les deux feux seront éteints, un troisième feu brûlera les cendres. Peu d'hommes et peu de choses resteront; mais ce qui restera devra subir une nouvelle purification, avant d'entrer dans le nouveau paradis terrestre."


39.
"...Mahomet déplacera sa maison en parcourant la route des pères. Et les guerres éclateront comme des orages d'été en abattant des plantes et en dévastant des campagnes. Jusqu'au jour où l'on découvrira que la parole de Dieu est "une", même si elle est prononcée en différentes langues. Alors la table sera unique comme unique sera le pain."


(Sur les centrales nucléaires):
40.
"...Dans le monde entier seront construites des tours. Et l'on dira que dans ces tours habite la vie, alors qu'elles seront les châteaux de la mort. Certains de ces châteaux seront ébranlés et de leurs blessures sortira du sang pourri qui infectera la terre et le ciel. Parce que des grumeaux de sang infecté voleront sur nos têtes comme des rapaces. Et plus d'un rapace tombera sur la terre: et la terre où il tombera deviendra déserte pendant sept générations."


41.
"...Pendant trois jours le soleil disparaîtra du ciel et pendant trente jours un brouillard de fumée et de douleur fera de la terre un suaire grisâtre. L'homme errera comme un chien devenu fou dans cette mer de désespoir: sa vie sera une agonie et son seul espoir sera la mort."


42.
"...Au temps des neiges perpétuelles, trois animaux se dirigeront vers le coeur de l'ours. Ouvrira la marche le sanglier, qui sera suivi par le cerf et par le corbeau. Et lorsque les animaux seront près du coeur de l'ours, ils se transformeront en trois petits tsars. Ils chevaucheront trois chevaux de la couleur de la terre et brandiront des épées de la couleur du soleil. La façon de parler des petits tsars sera inconnue; mais connue sera la couronne qu'ils porteront sur leurs têtes. Et les couronnes seront disposées sur l’autel, tandis que les épées couperont le coeur de l'ours en des tas de petits morceaux qui seront mis dans un bassin et seront jetés par la grande fenêtre. Et le peuple, grognant comme une bande de porcs, se jettera sur les morceaux de coeur et les dévorera."


43.
"...Dans la nuit de l'homme brûlé, le sang coulera comme un fleuve dans la Rome des papes et des aigrefins. Le peuple sortira sur les places aveuglé par une haine couvée depuis très longtemps et sur les piques sales de sang vous verrez les têtes des politiciens, des nobles et du clergé. Le corps d'un homme vénérable sera traîné le long des rues de Rome par un cheval blanc et sur les rues restera l'empreinte de son sang et les lambeaux de sa peau. C'est alors seulement que l'on découvrira que l'homme vénérable était un serpent. Et il mourra comme meurent les serpents. En cette nuit de sang et de magie les étoiles changeront de lumière: ceux qui portaient l'habit de la délinquance porteront l'habit de la justice et ceux qui étaient justes deviendront injustes... Et lorsque surgira la Iumière du nouveau jour, les fontaines de Rome seront remplies par du sang humain, et beaucoup de corps de puissants seront déchiquetés et jetés aux quatre coins de la ville, afin qu'ils pourrissent séparés... Rome purifiée ne sera plus Rome. Et la nuit de l'homme brûlé restera pour rappeler la sainte insurrection du peuple contre le loup affamé habillé en agneau."


44.
"...Elles sont habillées de soie les trois soeurs, mais lorsque trois générations seront passées, elles seront habillées de torchons. A la fille de Pierre on arrachera les bijoux; et sur les bijoux, paîtront les brebis et chaque pierre sera broyée, réduite en cendres et dispersée, et de la gloire il ne restera que la cendre; à la fille de Louis on enlèvera les yeux et on arrachera les ongles et elle parcourra la même route que la fille de Pierre; à la fille d'Henri on enlèvera le sang des veines et toute sa beauté sera transformée en une boule de feu. D'autres seront les racines, et sur les racines vous verrez apparaître à nouveau les couronnes. Mais la splendeur sera différente. Et les soeurs ne s'habilleront plus de soie, mais de torchons. Mais elles seront toujours des reines. Mais lorsque la fille de Catherine rendra hommage à la grande semence des temps, levez la tête vers l'étoile polaire car ce sera de cette route-là qu'arrivera la vie et avec la vie le temps du bonheur."


45.
"...Dans les jours qui précéderont la grande affliction, le serpent sera tué et réduit en cendres. Et de lui il ne restera pas mémoire parce que l'ombre sera lavée par les frères qui se sont retrouvés en frères. Et la terre où rampait le serpent sera dédiée aux morts, en mémoire du sang répandu par le serpent..."


46.
"...Sur le trône sera assis un berger fait de neige et de sang. Et ceci sera le temps où les brebis seront dispersées par l'orage. Et la foudre le frappera. Mais la foudre ne partira pas du ciel. Dans la nuit vous verrez d'autres pasteurs. Mais l'un d'eux s’éloignera. Et la foudre frappera encore... Pauvre troupeau dispersé, peu seront les pasteurs qui te guideront car le temps des loups sera proche. Et les loups seront assis sur le trône et dicteront les lois et dévoreront au nom des Saints. Lorsque le coeur se sera complètement transformé en lupanar, les brebis monteront dans le grand pré; mais là il n'y aura qu'herbe empoisonnée, terre salée et eau amère. Ici sera amené le dernier berger pour la dernière prière."


47.
"...L'histoire de Caïn et Abel se répétera dans le lieu entouré par les murs, avec sept tours et l'aigle. Cette fois-ci ce sera Abel le pacifique qui tuera Caïn le perfide et rien ne restera de cette histoire puisque même le nom de cette ville sera changé et la terre embrassera tendrement le bien et le mal. Mais dans la ville aux sept tours jaillira une étincelle qui enseignera une nouvelle parole et une nouvelle loi. Et la nouvelle loi enseignera à l'homme une nouvelle vie, car dans la nouvelle maison il ne sera pas permis de rentrer avec les vieux habits. Et lorsque le soleil se sera couché, on découvrira que la nouvelle loi est l'ancienne loi et que l'homme avait été créé pour cette loi."


48.
"...Lorsque les temps auront mûri pour la purification, nombreux seront les esprits qui retourneront sur terre et qui assumeront les formes qu'ils avaient déjà par le passé... Beaucoup de salons de Tsarskoe Sélo seront habités par ceux qui sont nés à nouveau, que seul les hommes en état de grâce pourront voir et entendre. C'est ici que l'on enregistrera des prodiges. Le grand évêque viendra à Pétersbourg et les cloches de toutes les églises le salueront et annonceront la paix... A Pétersbourg les trois tsars se rencontreront. Et une seule grange donnera à manger à l'Europe. En ces temps-là vous verrez des prodiges et des douleurs. Mais vous verrez aussi beaucoup d'ombres à l'aspect humain."


(Seule la fuite de l'axe terrestre peut changer
la coordination des saisons; Raspoutine l'avait prévu):
49.
"...Passeront les temps du vent, du feu et de l'eau; et ensuite l'Archange reviendra. Mais tout sera changé. En Sibérie poussera la vigne et beaucoup de palais de Pétersbourg seront embellis avec des citronniers.
La voix de la Sainte Mère arrivera sur la lune et au-delà. Mais n’arrivera pas dans l'intimité du coeur de chaque russe... Le tsar sera éloigné par le vent. Et il reviendra avec le vent. Et le même vent amènera un tsar qui ne sera plus tsar, mais qui aura davantage de pouvoir que le tsar. Le nouveau tsar passera avec son cheval blanc au travers des plantations d'agrumes et beaucoup de vieux l'arrêteront pour lui rappeler que là où il n'y avait que neige, maintenant germe l'olivier... Et dans les terres de l'olivier il n'y aura que la neige. Car tout en ce temps sera bouleversé. Et les montagnes vous les trouverez là où il y avait les mers; et les mers vous les trouverez là où il y avait les montagnes."


50.
"...Lorsqu'arrivera à Rome I'homme qui porte le signe sur le front, sonneront les cloches de la paix, mais vraiment peu seront ceux qui s'apercevront que c'est la mort qui tire les cordes. Une tromperie subtile se prépare pour le monde entier, car la souris échappera au chat et le chat sera mangé par la souris. En ce temps les gloires se répéteront rapidement. Et se répéteront les douleurs. Les Césars passeront comme l'eau du fleuve et les mots seront des nuages.
L'homme qui porte le signe sur le front sera mis sur l'autel, mais lorsque devra mûrir encore le cinquième épis, l'homme qui porte le signe sera déposé sur la terre nue et avec sa chair on fera un banquet.
Pauvre gloire du monde, toi qui passes comme une ombre furtive; ton temps est toujours marqué avant même que ton parfum ne se répande. Pauvre gloire du monde vêtue d'or et d'argent, mais faite de cendres.
Ne vous retournez pas pour regarder les routes marquées car sur celles-ci s'abattra le vent qui effacera chaque signe. Et le vent ouvrira les terres, déplacera les montagnes et effacera la ville avec le signe de la mer.
Ne vous retournez pas en ce temps pour demander si le vent souffle d'occident ou d'orient, parce que lorsque vous vous serez retournés, le vent sera déjà passé."


51.
"...Lorsque la femme sera sur le point d'accoucher, s'établira sur terre le septième empire. Et ce sera l'empire du mal. Le tsar noir régnera sur la tête et le tsar blanc régnera sur le nombril et le tsar rouge régnera sur les pieds. Et ce seront les pieds qui, en premier lieu, seront rongés par la lèpre. Et lorsque la tête tombera, on entendra une lamentation dans le monde entier. Et du sang tombera sur la pierre sainte. Les temps de la chute de l'empire commenceront avec l'assassinat du père, qui se passera pendant la pleine lune d'été. Lorsque les voleurs abandonneront la baie d'or pour s'enfuir dans la grotte, ce sera le temps où le dernier empire sera près de la fin. Et la fin se passera dans un tourbillon de sang."


52.
"...Lorsque l'ours aura perdu la dernière goutte de sang, il sera enseveli. Et cinq seront les croque-morts qui creuseront la fosse, sur laquelle sera apposé le nom de l’infamie. Alors vous verrez arriver le tsar sur son cheval blanc; et il sera un père de justice car son nom sera Juste. Ce sera le temps de la première rédemption. Et ce sera l'année où cinq rapaces auront déjà sillonné le ciel."


53.
"...Il poussera dans la vallée de la couleur du soleil un arbre aux feuilles d'or et aux branches d'argent. Et l'arbre donnera sept fruits qui sont les fruits des sept bonheurs. Le premier fruit est celui de la sérénité de l'esprit, et c'est celui qui mûrira sur la partie la plus élevée de l'arbre. Puis il y a le fruit de la joie de vivre, l'équilibre de l'esprit, la santé du corps, l'union avec la nature, l'humilité ressentie et la simplicité de vie. Tous les hommes pourront se nourrir de ces fruits, mais quiconque ne sentira pas le besoin de les goûter, sera exclus et ne trouvera pas de place sur le char du bonheur serein. En ce temps l'homme ne vivra pas de pain mais d'esprit. Et les richesses de l'homme ne seront plus sur terre, mais au ciel. Et l'homme sera fait de ciel et d'eau; et lorsqu'il rentrera à la maison, l'eau sera absorbée par la terre, et le ciel retournera au ciel. Parce que plus rien ne sera donné aux vers."


54.
"...Reviendront en ce temps les grands Semeurs pour jeter la semence. Une partie de la terre sera cependant fumante et un tiers de la semence sera brûlée. Une partie de la terre sera stérile et elle laissera mourir la semence. Mais la troisième partie donnera des récoltes si copieuses comme on n'en avait jamais vues sur terre.
Chaque terre, en ce temps, sera mise sous le signe d'un évangéliste. La grande île sera sous l'ombre du lion; mais le lion perdra ses griffes.
La Juste Terre et le coeur de l'Europe auront le signe de l'homme. Sous le signe du veau sera mise au contraire l'Europe occidentale. Et sous le signe de l'aigle sera mise la Sainte Russie, car sa tâche sera celle de surveiller et de défendre.
Lorsque la terre sera parcourue par un frémissement continu, ne détournez pas les yeux de l'orient car ce sera de ce côté-là qu'arriveront les nouveaux prophètes. Ce seront eux qui prépareront la voie du Seigneur qui, fulgurant, arrivera toujours d'orient."

#2 Ra

Posté 11 novembre 2002 à 19:27

Jésus et Raspoutine

Autre extrait d'un ouvrage qui cherche toujours un éditeur. On en pensera ce qu'on voudra.

Comparer Jésus-Christ et Grigori Efimovitch Raspoutine peut paraître une plaisanterie de très mauvais goût. Et pourtant, c'est ainsi, je n'y peux rien. J'attends qu'on me cite un seul autre exemple de deux personnages historiques aux histoires et surtout aux réputations aussi contrastées (ce n'est évidement pas le cas de Kennedy et Lincoln), qui auraient néanmoins autant de points communs, et pas seulement des facéties de noms ou de dates de naissance ou autres.

Tous deux ont été des guérisseurs, et ont utilisé ce don pour asseoir leur influence. Plus rare, tous deux ont, assure-t-on, guéri au moins une fois quelqu'un à distance.

Tous deux étaient pacifistes.

Tous deux ont choqué leurs contemporains en appréciant le vin.

Chacun d'eux aurait prophétisé, et en particulier prophétisé sa propre mort, ainsi que les tragédies terrifiantes qui allaient suivre.

Tous deux ont montré, dans des conditions certes fort contrastées, une résistance particulière à la mort qui a surpris leurs contemporains.

Jésus

Pacifiste
Voir le sermon dit des Béatitudes (Matthieu, V) ainsi que le fameux "Tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée" (Matthieu, XXVI, 52).

Goût du vin
"... Car Jean-Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon. Le Fils de l'Homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : C'est un mangeur et un buveur..." (Luc, VII, 33-34). Le mot rendu ici (version Segond) par "buveur" est, dans la Vulgate (version latine de St Jérôme), "potator", généralement traduit par "ivrogne". Le contexte polémique relativise l'accusation, mais enfin c'est bien une accusation, fondée ou non, exagérée ou non.

Guérisseur
"Ils se rendirent à Bethsaïda ; et on amena vers Jésus un aveugle, qu'on le pria de toucher. Il prit l'aveugle par la main, et le conduisit hors du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s'il voyait quelque chose. Il regarda, et dit : J'aperçois les hommes, mais j'en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et quand l'aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement..." (Marc, VIII, 22-26)

Guérison à distance
"Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit : Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. L'officier du roi lui dit : Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle : Ton enfant vit. Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure. Le père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : Ton fils vit." (Jean, IV, 47-53).

Prophétie
L'Evangile insiste sur le fait que Jésus a prédit sa propre mort. "Voici, nous montons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme s'accomplira. Car il sera livré aux païens ; on se moquera de lui, on l'outragera, on crachera sur lui, et, après l'avoir battu de verges, on le fera mourir..." (Luc, XVIII, 31-32).

Mais il est aussi écrit que Jésus a prédit les terribles malheurs qui allaient frapper sa patrie quarante ans plus tard. "Comme Jésus s'en allait, au sortir du temple, ses disciples s'approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée." (Matthieu, XXIV, 1-2). Le temple de Jérusalem a été rasé par Titus en 70.

Trahison
"Comme il parlait encore, voici, Judas, l'un des douze, arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d'épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui que je baiserai, c'est lui ; saisissez-le. Aussitôt, s'approchant de Jésus, il dit : Salut, Rabbi, et il le baisa..." (Matthieu, XXVI, 47-50).

Résistance à la mort
D'après le dogme chrétien, cette résistance est absolue et éternelle.

Grigori Efimovitch Raspoutine

Pacifiste
Raspoutine a voulu s'opposer à la déclaration de la première guerre mondiale, alors qu'il était cloué sur son lit, chez lui, en Sibérie, par le coup de poignard récent d'une fanatique. Une de ses lettres au Tsar, à ce moment : "Cher ami, je dis encore une fois, une tempête terrifiante est sur la Russie ; malheur et chagrin immense, nuit sans éclaircie sur une mer de larmes sans bornes. Et bientôt de sang ! Que dirai-je ? Je ne trouve pas les mots. Horreur indescriptible. Je sais que tous veulent de toi la guerre, même les fidèles, ils ne savent pas que c'est pour la ruine. Dur est le châtiment de Dieu : lorsqu'il ôte l'intelligence, c'est le début de la fin. Tu es le Tsar et le père du peuple, ne permets pas aux déments de l'emporter et de perdre le peuple et eux-mêmes. Voilà, on vaincra l'Allemagne, mais la Russie ? Quand on y pense, il n'y a pas de martyre plus désolée dans tous les siècles. Elle est toute noyée de sang. Chagrin sans fin. Grigori."

Il a ensuite usé de son influence (moins forte qu'on a bien voulu le dire) pour tenter de réunir les conditions de la paix.

Il a aussi pris la défense des Juifs, et est notamment intervenu pour faire cesser les pogroms.

Goût du vin
Le goût immodéré de Raspoutine pour le vin est bien connu, et certains rapports très officiels montrent un comportement typique d'ivrogne. Ainsi, le 9 août 1915, notre héros s'embarque à Tioumen sur le vapeur qui doit le conduire, sur la rivière Tobol, jusqu'à son village de Prokovskoïé. Il s'enivre avec des soldats en permission, les convie à déjeuner au restaurant de deuxième classe, continue à boire, à chanter, à lancer des histoires salaces. Le capitaine vient leur signifier que les soldats ne sont pas admis en deuxième classe. Raspoutine s'emporte et provoque une véritable bagarre. Il arrivera à destination tellement saoul qu'on le débarquera sur une télègue (charrette russe très rustique). Ses deux filles, venues l'attendre, le ramèneront à la maison.

Là encore, si l'ivrognerie est par elle-même banale, elle n'en est pas moins exceptionnelle chez quelqu'un qui revendique aussi hautement un statut de maître ès spiritualité.

Guérisseur
"Vers la fin du mois d'octobre 1907, alors que la famille impériale s'est installée pour l'automne à Tsarskoïe Selo, Alexis tombe en jouant dans le jardin et se plaint de violentes douleurs à une jambe. En constatant que l'oedème distend la peau, la tsarine Alexandra Fedorovna est prise de panique. Les médecins, aussitôt appelés, prescrivent des bains de boue chaude et mettent le garçon au lit. Peine perdue. En désespoir de cause, l'impératrice convoque Raspoutine. C'est la première fois qu'on fait appel à lui pour guérir un membre de la famille impériale, mais il a déjà une réputation de guérisseur. Il arrive au palais à minuit, pas impressionné apparemment par l'importance de l'intervention qu'on attend de lui. Conformément à son habitude, il écarte les médicaments recommandés par les praticiens, s'assois au chevet du lit et prie. Pas une fois, il n'effleure l'enfant de ses mains. Mais il le regarde intensément. Sa méditation est longue, profonde, silencieuse. L'impératrice, les nerfs crispés, se retient de l'interrompre. Peu à peu, Alexis cesse de gémir et se détend. Quand Raspoutine le quitte, le garçon est redevenu tranquille. Le lendemain matin, il sourit à sa mère. L'oedème s'est résorbé de lui-même. Autour du petit lit, les proches crient au miracle."

Guérison à distance
Le 2 octobre 1912, l'état du petit Alexis empire soudain. Une hémorragie interne se déclare, à gauche, dans les régions iliaques et lombaire. La température grimpe à 39°4 et le pouls à 144. Les douleurs provoquées par l'épanchement sont atroces. Cherchant la meilleure position dans son lit, l'enfant se tourne sur le ventre et se recroqueville en chien de fusil. Le teint livide, les yeux exorbités, la mâchoire tremblante, il gémit jusqu'à l'éraillement de sa voix. Les médecins se déclarent impuissants : ils ne peuvent intervenir sans risquer une hémorragie fatale. 10 octobre, il reçoit les derniers sacrements. "Quand je mourrai, élevez pour moi un petit monument dans le parc !" 12 octobre : télégramme de la tsarine à Raspoutine (à Prokovskoie, à plus de mille kilomètres).

Sa fille aînée Maria lui lit le message. Aussitôt il se lève, passe dans le salon où sont exposées les plus vénérables icônes de la maison et dit à Maria qui l'a accompagné : "Ma colombe, je vais tenter d'accomplir le plus difficile et le plus mystérieux de tous les rites. Il me faut réussir. N'aie pas peur et ne laisse entrer personne... Tu peux rester si tu veux, mais ne me parle pas, ne me touche pas. Ne fais aucun bruit. Prie seulement." Puis, se jetant à genoux devant les saintes images, il s'exclame : "Guéris ton fils, Alexis, si telle est ta volonté ! Donne-lui ma force, ô Dieu, qu'il l'utilise pour sa guérison !" Tandis qu'il parle, son visage est illuminé par l'extase, une sueur abondante ruisselle sur son front et ses joues. Il halète, en proie à une souffrance surnaturelle, et tombe à la renverse sur le parquet, une jambe repliée, l'autre raide. "Il semblait se débattre contre une épouvantable agonie, écrira Maria. J'étais certaine qu'il allait mourir. Après une éternité, il ouvrit les yeux et sourit. Je lui présentai une tasse de thé refroidi qu'il but avec avidité. Quelques instants plus tard, il était redevenu lui-même."

Il télégraphie à la tsarine : "La maladie n'est pas aussi grave qu'il semble. Que les médecins ne le fassent pas souffrir." Le lendemain, la fièvre tombe, l'hématome commence à se résorber.

(Henri Troyat, Raspoutine, Flammarion, 1996).

Prophétie
Le 15 décembre 1916, Raspoutine aurait adressé au Tsar la lettre suivante : "Je pressens que je quitterai la vie avant le premier janvier. Je veux faire savoir au peuple russe, à Papa (le Tsar), à Maman (la Tsarine) et aux enfants, à la Terre russe ce qu'ils doivent entreprendre. Si je suis tué par de vulgaires assassins, et notamment par mes frères, les paysans russes, toi, tsar de Russie, tu n'auras rien à craindre pour tes enfants. Ils régneront pendant des siècles. Mais si je suis tué par des boyards, par des nobles, et s'ils versent mon sang, leurs mains resteront tachées par mon sang pendant vingt-cinq ans. Ils devront quitter la Russie. Les frères s'élèveront contre les frères, ils se tueront entre eux et se haïront, et pendant vingt-cinq ans, il n'y aura plus de noblesse dans ce pays. Tsar de la terre russe, si tu entends le son de la cloche qui t'apprendra qui Grigori a été tué, sache que, si c'est l'un des tiens, aucun de tes enfants ne vivra plus de deux ans. Ils seront tués par le peuple russe..."

Prophétie suspecte, inventée après coup comme tant d'autre ? Elle a été signalée entre autres par Aron Simanovitch, le secrétaire juif du staretz. Colin Wilson, qui la rapporte, se réfère à un historien britannique bien connu, Sir Bernard Pares, qui en avait vu un fac-similé et croyait la lettre authentique.

Raspoutine fut assassiné dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916, par le prince Felix Youssoupov.

Le Tsar dut abdiquer en février 1917.

Le Tsar et toute sa famille furent massacrés le 16 juillet 1918.

La guerre civile, puis la famine, puis le féroce régime stalinien et la deuxième guerre mondiale, allaient décimer le peuple russe.

Le délai annoncé de vingt-cinq ans, devant marquer apparemment la fin de l'épreuve, est plus difficile à interpréter comme prophétie : vingt-cinq ans après cette lettre, ce sera la bataille de Moscou, événement nettement positif et inespéré pour la Russie néanmoins.

Maria, la fille aînée de Raspoutine, qui allait défendre sa mémoire, devait raconter qu'elle l'avait aussi entendu prédire sa propre mort ("Mon heure est proche"). Que ce soit une prophétie stricto sensu ou une prévision réaliste compte tenu des ennemis qu'il s'était fait, le fait est bien attesté.

Trahison
Pour Raspoutine, le traître était donc le prince Félix Youssoupov, qui se disait son ami et l'a invité chez lui pour l'abattre.

Résistance à la mort
C'est en tout cas ce que rapporte la version la plus connue, celle de l'assassin.

Avec le prince, quatre homme dont un grand-duc, un député de la Douma et un médecin attendent celui qu'ils considèrent comme une menace pour le régime impérial et la Russie. Youssoupov, néanmoins, se montre seul à sa victime. Il lui fait d'abord absorber des pâtisseries et du madère contenant assez de cyanure pour foudroyer un bataillon. Seul effet, plusieurs minutes après, Raspoutine se plaint de brûlures d'estomac. Youssoupov, au bord de la crise de nerfs, le laisse, va en discuter avec ses complices dans une autre pièce, revient avec un revolver pour accomplir ce qu'il estime être son devoir. Il atteint le staretz dans la région du coeur, le voit s'écrouler. Lazovert, le médecin qui a fourni le poison, constate la mort. Les cinq laissent ce qu'ils croient être un cadavre pour mettre en oeuvre la suite de leur plan. A un moment, Youssoupov, pris d'un étrange pressentiment, retourne voir le corps, toujours étendu.

"Et soudain Raspoutine ouvre les yeux. Epouvanté, Félix veut fuir, mais ses jambes se dérobent sous lui. Déjà Raspoutine est debout, les prunelles phosphorescentes, l'écume aux lèvres, la gorge pleine de cris. Il hurle : "Félix ! Félix !" Et se ruant sur lui il le saisit à la gorge..."

Le prince parvient à s'échapper, rejoint ses amis. Ensemble ils retournent sur les lieux du crime, juste à temps pour voir leur victime sur le point de regagner la cour et l'extérieur. L'un d'eux tire trois balles, dont la dernière abat le fugitif. Définitivement cette fois, et pourtant ils croyent nécessaire de le bourrer de coups d'une lourde matraque plombée avant de le jeter dans la Néva, à travers un trou dans la glace. Le corps sera repêché quelques heures plus tard, avec paraît-il le coeur battant encore. Pour peu de temps il est vrai.


http://perso.wanadoo...ruc/mort/rj.htm

#3 ZeH

ZeH
  • Genre : Homme
  • Localisation : Qo'noS

Posté 12 juin 2004 à 08:56

A titre informatif :D




Les 28,5 cm de Raspoutine (12/06/2004)

Le pénis du moine fou conservé dans un bocal... exposé au public

SAINT-PETERSBOURG Vous hésitez sur la destination d'un city trip sympa et enrichissant? Ce qui suit vous aidera peut-être à trancher.


Saint-Petersbourg accueille en effet, depuis quelques jours, le premier musée russe de l'érotisme. Jusque-là, rien de bien particulier, si ce n'est que cet espace récréatif expose, précieusement conservé dans un bocal, l'impressionnant... pénis de Raspoutine, le légendaire moine débauché. Assassiné, dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916, dans la ville qui accueille aujourd'hui sa précieuse relique, Grigori Raspoutine se baladait avec un appendice mesuré, au repos, à... 28,5 cm. On peut imaginer ce que cela devait donner en ordre de bataille.

«Je l'ai acheté pour 8.000 dollars à un antiquaire français, avec des archives qui contiennent des lettres écrites de la main de Raspoutine», confie le Dr Igor Kniazkine, directeur de la clinique d'urologie qui abrite le musée. «En proposant cette visite, j'entends assouvir la curiosité des visiteurs, mais aussi mieux soigner mes patients». Juste retour des choses, lorsqu'on sait que Raspoutine s'était attiré les faveurs du tsar Nicolas II grâce à ses - supposés - talents de guérisseur mystique. Encore que l'on dit aussi que son potentiel et son appétit sexuels n'étaient pas pour rien dans l'intérêt que lui portaient les dames de la cour... et d'ailleurs.


Urologue et sexologue de 37 ans, le Dr Kniazkine considère son musée - et en particulier le fameux bocal rempli d'une solution d'alcool dans laquelle baigne l'engin - comme une véritable thérapie contre l'impuissance. D'autant que de jolies assistantes y déambulent en blouse blanche courte et talons hauts. Ça ne peut pas faire de tort.


John Nekmerson, un Américain descendant direct du moine fou, s'est rendu sur place. A la question de savoir si ce pénis était bien celui de son ancêtre, il a répondu, sans hésiter: «Oui, j'ai le même». Préparez le bocal...




J. M.

© La Dernière Heure 2004

Les 28,5 cm de Raspoutine


En ce qui me concerne, je n'ai pas à m'inquiéter d'être un jour traitre à mes idées, J'en ai jamais eu.

#4 psyduck

psyduck
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Posté 10 juillet 2004 à 22:21

Grigori Raspoutine se baladait avec un appendice mesuré, au repos, à... 28,5 cm. On peut imaginer ce que cela devait donner en ordre de bataille.


snif....


Image IPB

Modifié par psyduck, 10 juillet 2004 à 22:22.


#5 psyduck

psyduck
  • Intérêts : pizzas, chips, films de baston.

Posté 10 juillet 2004 à 23:01

plus serieusement, raspoutine avait il une connaissance de l'islam ? car quelques details me font pensser a certains hadiths, comme le passage sur l' "homme qui porte la marque sur le front", qui est annoncé comme l'antechrist ...

#6 Cagliostro

Cagliostro
  • Localisation : centre

Posté 09 juin 2005 à 22:27

Très interressant toute cette histoire et quelqu'un sait ce que sont devenus ces descendants ?

#7 Arianrodh

Arianrodh

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Posté 03 septembre 2005 à 10:06

Raspoutine n'avait aucune connaissance de l'islam, mais seulement des catholiques orthodoes qui je truove y sont proches.

Raspoutine etait illetré par exemple, c'etait sa fille ou sa femme qui lisait pour lui, c'etait un moine erant, c ainsi du moins qu'il se considérait, on sais que sa doctrine, decriée par les orthodoxes car se terminait en orgies, venait d'une secte religieuse qui pronait l'abaissement de l'homme, d'ou sa passion des femmes et de l'alcool, il le dit lui même : " Dieu ne veux pas de asceses, ils préfère l'homme qui s'est avillis au niveau de la terre et que la lumiere de Dieu relevera, c pourquoi je me soumet plus bas que terre".

Une des phrases qu'ils dit aussi concerne les femmes, " quelles soit de la bourgeoisie ou de la campagne, les même passion sont a eteindre " ( suite au fait d'une bourgeoise, qui devint sa plus fidele adepte, se trouvait souvent prise de langueur).


Mais le problème pour les russes fut surtout de voir un moudjik, un errant devenir plus puissant que bien des hommes, ce qui entraina la perte du tsar, sans parler de ses prise de decision stupide, beaucoup font une correlation entre raspoutine et Lenine, qui tout deux voulait le bonheur du peuple, mais chacun le firent a leurs manière, l'un le voulait par la royauté, l'autres par un etat du peuple.

Par contre, les circonstance de sa mort sont completement dingue!!

²salut :guerrier: