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L'école des assassins


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#1 Gintonik

Gintonik

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Posté 13 janvier 2006 à 08:19

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Débat d’amnésiques sur la torture

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''Il y a eu le « Mission accomplie » du second mandat de George Bush et, en même temps, le fait qu’une déclaration de cette importance requérait d’être prononcée dans un endroit passablement symbolique. Mais quelle est la toile de fond précise de son affirmation disant «  Nous ne pratiquons pas la torture » ? Avec son sens caractéristique de l’audace, l’équipe de Bush s’était installée dans les faubourgs de Panama City.

Audacieux, ce l’était, certes. À une heure et demie de route de l’endroit où se trouvait Bush, l’armée américaine a dirigé la tristement célèbre Ecole des Amériques (SOA) entre 1946 et 1984, une sinistre institution de formation dont la devise, pour autant qu’elle en ait eu une, aurait été à coup sûr : « Nous pratiquons la torture ». C’est ici précisément, à Panama, et, plus tard, sur le nouveau site de l’école, à Fort Banning, en Géorgie, que l’on peut retrouver les racines des actuels scandales de la torture.

Selon les manuels de formation aujourd’hui déclassés, les étudiants de la SOA - des officiers de l’armée et des policiers de tout l’hémisphère - étaient formés dans des « techniques coercitives d’interrogatoire » très similaires à celles qui ont été pratiquées depuis à Guantánamo Bay ou Abou Ghraïb : très tôt le matin, on sort le « sujet » de sa cellule afin de maximaliser le choc, on lui couvre aussitôt la tête pour l’empêcher de voir, on l’oblige à se dévêtir, on le prive de toutes ses perceptions sensorielles, à moins qu’au contraire, on ne les exacerbe, on « manipule » son sommeil, sa nourriture, on l’humilie, ou le soumet à des écarts extrêmes de température, on le confine dans l’isolement, on lui fait adopter des positions contraignantes - et j’en passe, et de bien pires. En 1996, la Commission de contrôle des renseignements du président Clinton avait admis que les manuels de formation des États-Unis toléraient «  l’exécution de guérilleros, l’extorsion de renseignements, les sévices physiques, la coercition et les faux emprisonnements ».''


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L’Ecole des Amériques


Etabli en 1946 dans la zone américaine du canal de Panama, le centre de formation militaire le plus important d’Amérique latine a permis aux Etats-Unis d’entraîner et de former idéologiquement plus de 60000 militaires. Depuis 1984, et en vertu des accords Carter-Torrijos, l’Ecole des Amériques a été transférée à Fort Benning (Géorgie). Parmi ses élèves, quelques noms tristement célèbres  : les généraux putschistes argentins Viola, Videla et Galtieri, des dictateurs Pinochet (Chili), Somoza (Nicaragua), Manuel Noriega (Panama), Stroessner (Paraguay), Hugo Banzer (Bolivie), Juan Melgar Castro et Policarpio Paz Garcia (Honduras), Carlos Humberto Romero (Salvador)…. Produit de la guerre froide, instrument de la Doctrine de sécurité nationale, l’Ecole a toujours eu pour but clairement affiché de permettre la résistance des armées latino-américaines face au « communisme » et aux poussées révolutionnaires du continent. L’action anti-insurrectionnelle y passe par l’endoctrinement idéologique, les liens personnels, l’apprentissage de l’American way of life. La déclassification par l’administration Clinton de nombreux documents a permis de découvrir les méthodes préconisées dans ses manuels d’enseignement : torture, exécutions, chantage, détention des proches des suspects comme méthodes d’interrogatoire, emploi de méthodes clandestines comme la « disparition » ; autant de violations de droits humains qui ont affecté le continent. Très vivement contestée aux Etats-Unis même, l’Ecole des Amériques a été fermée en l’an 2000 par le président Clinton qui l’a réouverte aussitôt sous une nouvelle appellation : Institut de défense pour la coopération de la sécurité hémisphérique.

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L’école des Amériques, école de l’impunité ?

1. CONSERVER LE POUVOIR EN AMÉRIQUE LATINE : LES ÉLITES, LES MILITAIRES ET « L’ÉCOLE DES AMÉRIQUES »

''Depuis la découverte des Amériques, les Indiens ainsi que les « masses » de créoles1, et leurs descendants, des métis, sont pris en tenaille. Ils représentent plus de 90 % de la population de ces pays hispaniques, mais le gros de la richesse nationale leur échappe.

La première mâchoire de cette tenaille est connue : ce sont les élites, frange oligarchique de la population (2 à 3 % ). Elle se réserve l’éducation, l’instruction de qualité et la richesse traditionnelle (les grandes cultures agricoles, l’élevage, les banques). Elle s’allie au grand capital étranger dans l’extraction minière et les industries de montage (maquiladoras).

L’autre mâchoire, ce sont les grandes puissances occidentales qui protègent cette élite et exploitent le pays. Durant la colonisation, c’étaient l’Espagne et le Portugal ; au 19ème siècle, l’Angleterre et ensuite les Etats-Unis avec leur doctrine Monroe 2.

L’influence « soft » des Etats-Unis imprègne totalement l’Amérique latine par la culture (cinéma, musique, littérature), via les diktats - en coulisse - du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale et de l’Organisation Mondiale du Commerce. A cela s’ajoutent l’implantation des multinationales et le mitage de la presse. L’influence culturelle européenne a progressivement disparu, surtout durant les 20 dernières années.

Les Etats-Unis s’imposent par l’exportation d’armes, des financements et l’implantation de bases militaires. Leur partenariat avec les forces militaires locales constitue le tranchant de l’outil (« cutting edge »), méthode d’alliances stratégiques qui comprend également – et surtout !- la formation de jeunes officiers latinos à fort potentiel à l’Ecole des Amériques (SOA : School of the Americas).

L’Ecole des Amériques et l’American Way of Life

L’Ecole des Amériques existe depuis 1946, d’abord dans la zone militaire du Canal de Panama, puis à Fort Benning près de Columbus en Géorgie (USA). Elle s’appelle, depuis 2001, la WHINSEC3, son nom initial étant trop lié à la torture et aux méthodes violentes de contre-terrorisme des dictatures militaires d’Amérique du Sud.

La SOA a formé des militaires provenant de tous les pays latino-américains à l’exception, à ce jour, de Cuba et de Haïti. Elle propose 35 cours pour officiers et sous-officiers ainsi que des stages de pilotage d’hélicoptères.

Ces cours ont une durée allant de 1 semaine à 4 mois et couvrent tous les aspects de la vie militaire y compris, depuis peu, les … droits de l’Homme. Les officiers à fort potentiel, au grade de capitaine, reçoivent une formation de 48 semaines dénommée Command and General Staff Officier Course (CGS). Ce n’est pourtant que la répétition, sous un autre angle, des cours que les officiers ont déjà suivi dans leur pays : on ne vient pas à la SOA pour apprendre mais pour participer et s’intégrer à une grande fraternité des militaires, multinationale et continentale. On estime à 60.000 le nombre de militaires latinos y ayant suivi des cours depuis 1946 ; plus de la moitié à la SOA et les autres dans des formations organisées dans leur pays d’origine.''

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Malgré les défilés, les révélations des ONG et la réprobation internationale, les rares procès n’ont guère condamné que quelques officiers supérieurs à des peines médiocres. Les militaires jouissent d’une impunité de fait.''
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School of the Americas: la torture est au programme

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''Le but de l'enseignement était le combat à mort contre les guérillas philo-communistes et les révoltes paysannes de l'Amérique du centre et du sud. Des matières "top secret" et très spécialisées y étaient enseignées: torture, assassinats, techniques de répression... Les "livres de classe", rédigés directement en espagnol, donnaient des instructions minutieuses pour instruire les apprentis tortionnaires. Joseph Blair, un ancien "professeur" de l'Ecole des Amériques, confirme l'existence de ces manuels où l'on apprenait à "briser la résistance" d'un subversif pour le faire avouer. Et si l'écrit n'était pas suffisant, des films "pédagogiques" étaient projetés pour parfaire la formation théorique''

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USA: FERMEZ L'ÉCOLE DES ASSASSINS !

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''Surnommée l'école des assassins, elle était établie au Panama en
1946. Désormais, ce pays ayant aboli son armée, elle se trouve à Fort Benning (Géorgie), où des centaines de soldats d'Amérique latine sont formés chaque année.

La plupart d'entre eux ont été reconnus coupables de viols, de torture, de meurtre et de massacres de milliers d'humains.

Leurs cibles principales sont des enseignants, des syndicalistes, des travail-leurs religieux, des dirigeants étudiants, des membres de tribus autochtones et tous ceux qui parlent pour les droits des pauvres.

Il y a dix ans, le mouvement pour fermer l'École des Amériques a débuté quand les preuves des crimes liés à ce programme sont devenues évidentes.

SOA Watch, profondément inspiré par l'esprit de la résistance non violente, a permis la prise de conscience, l'information et la mobilisation d'une grande partie de l'opinion publique.

Comme résultat des actions directes non violentes, dans la caserne de Fort Benning et ailleurs, soixante dix personnes de SOA Watch ont été emprisonnés.

Le total des peines (d'un à vingt quatre mois de prison ferme) représente collectivement cinquante ans de détention.''


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SOA WATCH
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Les manuels de torture de l’armée des Etats-Unis


Institut de l'Emisphère occidental pour la coopération de la sécurité


Liste des détenus de Guantanamo Bay

Ce message a été modifié par Gintonik - 13 janvier 2006 à 08:36.