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Mondialisation et libéralisme késako.


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8 réponses dans ce topic

#1 YAmA

YAmA

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Posté 25 janvier 2006 à 06:50

Liberalisme

Quelques réponses....
Tout ce qui est authentique porte le sceau du Silence.
Tout est révélé dans le Silence de ton Coeur-Corps.

#2 morpho

morpho

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Posté 25 janvier 2006 à 13:32

J'ai donc lu cette page web......
Même si il y a des choses que je trouve fausses ou trop simples, deux phrases me semblent extrêmement importantes :

Citation

"Le libéralisme, c'est plus de choix et des meilleurs prix pour le consommateur"
FAUX: Selon le dogme libéral lui-même, le libéralisme ne peut fonctionner que si il existe une concurrence suffisante de l'offre. Or dans les faits, le capitalisme libéral tend vers la concentration et la formation de monopoles qui éliminent toute concurrence, réduisent le choix du consommateur et font monter les prix (ou baisser la qualité).

"Le libéralisme, c'est le libre-jeu du marché"
FAUX: Toujours selon le dogme libéral, le libre-jeu du marché nécessite la transparence du marché et de l'information.
En réalité, à cause des pratiques d'opacité et de l'inégalité dans l'accès à l'information, le consommateur ne peut choisir en connaissance de cause.

Voilà, tout simplement......

Donc, le liberalisme est vraiment une  bonne solution.....

Seulement, il n'est pas correctement appliqué......Parceque les politiciens pensent que liberalisme, ça veut dire liberté.........

A quand un vrai libéral......qui interdira les monopoles (donc les multinationales) et qui obligera les entreprises à une transparence totale..........

Mais, ça ça n'est pas possible....Et pourquoi???? parceque le système tel qu'il existe s'effondrerai.........parceque tout simplement, nous ne vivons pas dans un système libéral.....mais un système d'opacité et de puissance.

Ce message a été modifié par morpho - 25 janvier 2006 à 13:33.


#3 John Connor

John Connor

    Chercheur

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Posté 25 janvier 2006 à 20:34

merci YAmA pour ces informations, c'est tout simplement instructif et terrifiant.
J'ai cliqué sur tous les sous-liens et appris beaucoup de choses.

Ce message a été modifié par John Connor - 25 janvier 2006 à 20:35.


#4 doutoïd

doutoïd

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Posté 10 février 2006 à 06:23

Bonjour,

Voici une lettre qui en dit long sur le problème.


    par Jean Dornac

jeudi 24 juin 2004,

Cette lettre ouverte est destinée à :

Monsieur le Président de la République : Jacques Chirac,

Monsieur le Premier Ministre : Jean-Pierre Raffarin,

Monsieur le ministre de la Santé : M. Douste-Blazy,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Monsieur Ernest Antoine Seillière,

Mesdames et Messieurs du Medef...

Sans doute, aucun de vous, ne lira jamais cette lettre... Si elle s’adresse à vous, elle s’adresse aussi à la postérité, surtout à la postérité. Les prochaines générations doivent connaître vos crimes ; elle doivent savoir pourquoi nous sommes morts, pourquoi nous allons mourir...

Il faut qu’elles sachent comment vous avez programmé notre servitude ; _ il faut qu’elles sachent comment vous avez préparé notre disparition ; _ il faut qu’elles sachent comment vous avez détruit l’œuvre des résistants de la dernière guerre mondiale ;

Il faut qu’elles sachent comment vous avez vendu le pays à une idéologie étrangère...

Oui, je vous accuse de programmer notre servitude aux puissances d’argent en détruisant des pans entiers de nos droits sociaux et en nous livrant aux idéologues d’outre atlantique ;

Oui, je vous accuse de provoquer, voire de chercher, la mort d’un grand nombre d’entre nous, en détruisant l’essence de la sécurité sociale pour n’en garder que les apparences trompeuses ;

Oui, je vous accuse de vouloir l’appauvrissement d’au moins trente pour cent de la population française pour être conforme aux intérêts et volontés de vos maîtres en entretenant le chômage tout en accusant les chômeur de ne pas vouloir travailler ;

Oui, je vous accuse de chercher et soutenir l’abêtissement du peuple français en imposant et en accentuant la société de consommation, au travers de la publicité de la pensée unique, tant commerciale que politicienne, et au travers de l’incitation quasi débile aux achats inutiles ;

Oui, je vous accuse de n’avoir que faire de la survie planétaire en voulant nous imposer de nouvelles centrales nucléaires, aberration majeure pour tout esprit sain ;

Oui, je vous accuse d’empoisonner le peuple français et, au-delà, tous les humains, en imposant la poursuite du développement et des productions mortelles des industries chimiques de même qu’en ouvrant la porte aux fabricants d’OGM au travers des essais "en plein champs" ;

Oui, je vous accuse de semer et entretenir la peur au sein du peuple français dans l’unique dessein d’accroître votre pouvoir ;

Oui, je vous accuse d’installer l’insécurité au travers des exactions de certains policiers et en permettant, voire en incitant, à l’abus de l’utilisation des termes de "rebellions et outrages à policiers" ;

Oui, je vous accuse d’installer une dictature qui ne dit pas son nom en imposant vos volontés et intérêts alors que vous ne représentez même pas 7 % des inscrits du corps électoral. Vous n’avez plus de légitimité pour poursuivre vos destructions, mais vous n’en avez cure !

Si je parle en mon nom, je le fais aussi au nom de tous ceux qui n’ont plus les moyens ou la force de s’exprimer. C’est une grande famille, que cette famille des pauvres de France... Les destructions que vous programmez, et que vous nommez de façon fort humoristique des « réformes », ont le don d’agrandir considérablement cette vaste famille. Cela ne vous gêne pas, tout au contraire, puisque vous poursuivez dans la voie de la destruction sociale, et ceci sur un rythme toujours accéléré, comme si vous aviez peur des conséquences prochaines de vos actes monstrueux ou comme si vous craigniez de ne pas avoir le temps d’achever l’œuvre imposée par vos commanditaires.

Les raisons que vous invoquez pour pratiquer vos destructions sociales ne trompent que ceux qui veulent bien être trompés. A l’évidence, ces raisons ne sont que vastes manipulation de nos esprits, vastes mensonges accumulés. Raymond Aubrac, avec beaucoup d’autres, rappelle que lors de l’installation des lois sociales du CNR, la France était ruinée ! Le CNR l’a tout de même réalisé ! Aujourd’hui, le pays est immensément plus riche et vous affirmez que nous ne pourrions plus bénéficier, que nous ne pourrions plus financer, ces mêmes lois sociales ! Vous nous prenez vraiment pour des demeurés ! Vous êtes petits et lamentables !

Mais, par-dessus tout, vos actes présents sont criminels ! Appauvrir les gens au point de les acculer à la rue ou à la mort, oui, c’est criminel et monstrueux ! Ainsi, vous avez décidé de « réformer » la sécurité sociale, cette œuvre extraordinaire, lorsqu’on y songe sérieusement, du C.N.R. Tel que vos destructions sont programmées, nombre d’entre nous mourront dans peu d’années. Et cela, je veux que les lecteurs de cette lettre ouverte puissent le réaliser dès à présent !

En effet, vous augmentez fortement la part à payer par les malades et diminuez, tout aussi fortement, la part remboursée. Par vice ou perversité, vous interdisez aux assurances et mutuelles de nous rembourser la part perdue ! Vous voulez vous assurer que les pauvres ne s’en sortiront pas et ceci sous le prétexte hilarant de la « responsabilisation » ! De plus, dans une logique libérale, aberrante comme tous le reste de cette idéologie, vous voulez nous obliger à choisir un médecin, que nous traînerons toute notre vie s’il est incompétent, sous peine de n’être plus ou beaucoup moins remboursés !

Où donc passe notre liberté de choix ?! Peu sûrs d’être suivis par le peuple, voulant posséder le plus grand pouvoir possible sur nos personnes, vous instituez un contrôle accru de toutes les données médicales qui nous concernent, ceci sur internet et, selon vous, sur un serveur sécurisé ! Vaste blague et vous le savez ! Aucune dictature, pour l’instant, n’est parvenue à établir ce type de sécurité ; vous n’y réussirez pas plus ! Notre vie privée est donc jetée en pâture aux curieux, aux informaticiens malins et aux voraces qu’habituellement vous servez. Si nous refusons d’être encartés, nouvelle sanction sur le remboursement !

Les mutuelles, d’ores et déjà, ont prévenu qu’elles devraient augmenter leurs tarifs. En conséquence, un grand nombre d’actuels bénéficiaires de ces mutuelles rejoindront très vite les foules pauvres n’ayant pas les moyens de se payer un tel luxe, même pour leur santé. Ah, j’allais oublier : vous faites preuve d’une grande générosité puisque vous allouez une petite somme à ces mêmes pauvres en leur laissant croire qu’ils pourront ainsi entrer dans le monde des mutualisés ! Triste tromperie ! Une de plus ! Rien que sur ces quelques analyses, oui, je sais que vous allez nous tuer, je sais que vous allez me tuer ! Crime prémédité et parfait, en somme !

Je n’aurais plus les moyens de me payer ma mutuelle actuelle. Et comme j’ai un esprit de résistance, il n’est pas question d’accepter le dossier sur internet, comme il n’est pas question de me laisser enfermer dans le choix d’un médecin unique ! En conséquence, plus moyen d’acquérir les médicaments qui sont nécessaires à ma survie. Il est donc fondé de vous accuser d’avoir programmé mon assassinat et celui de toute personne vivant une situation similaire. L’histoire, je l’espère, je le crois, vous jugera ! Elle vous jugera sévèrement ! De cela, vous n’avez rien à faire ; nous, si !

Et si, nous parvenons à renverser votre régime, pour le remplacer enfin par des gens sérieux, des gens qui veulent sincèrement "un nouveau monde possible", autrement dit surtout pas vous ou vos prédécesseurs, j’espère que la Justice sera amenée à vous juger !

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, nos cœurs, ceux de toutes vos innombrables victimes, vous ont déjà jugés et rejetés !

http://pagesperso.la...es/article.php3 ?id_article=960


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NDLR : Ce texte du 24 juin 2004 n’a fait que devenir plus juste mois après mois. Aujourd’hui on est bien en dictature maquillée.

A bientôt :D

#5 John Connor

John Connor

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Posté 10 février 2006 à 17:09

hélas oui, il ne dramatise meme pas le pire.

Pour l'histoire de choisir son médecin évidement c'est une vaste fumisterie, on va encore + couler la sécu avec deux visites au lieu d'une pour aller voir un spécialiste.
D'autant plus que les généralistes sont à la solde des industries pharmaceutique, j'ai découvers que j'étais mieux conseillé et soigné en me rendant directement à la pharmacie, hélas rien n'est remboursé ainsi.

p.s. le lien n'est plus disponible, est-ce normal ?

#6 céki

céki

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Posté 05 avril 2006 à 21:18

morpho, le Mercredi 25 Janvier 2006 à 13h15, dit :


Donc, le liberalisme est vraiment une  bonne solution.....



Il y avait autrefois la dictature du prolétariat. Il y a aujourd'hui la dictature de la classe financière. Alors une dictature peut-elle être une bonne chose ?
Je ne peux m'empêcher d'associer le terme libéralisme à l'image d'Ernest-Antoine Sellière. Et là j'ai comme un chatouillis très désagréable qui monte qui monte qui monte et qui fait pas guili du tout  :tresfache:

#7 LeBosonDeHiggs

LeBosonDeHiggs

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Posté 13 octobre 2010 à 10:28

Maurice Allais est mort à 99 ans samedi 9 octobre.
Voici son dernier texte publié sur Fakir.

Citation

Monsieur Maurice Allais, vous êtes rangé parmi les économistes libéraux. Vous vous réclamez je pense de ce courant. Votre nom est régulièrement associé – à tort ou à raison – à ceux de Friedrich Hayek ou de Milton Friedman. Et pourtant, depuis une quinzaine d’années maintenant, vous menez – je vous cite – « le combat passionné d’un homme de science contre la mondialisation »…

Maurice Allais : L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.

D’où vous vient cette conviction ?

Maurice Allais : Cette certitude naît d’une simple observation, ce que je nomme « la cassure de 1974 ».
Sur la période 1974-1997, le taux de chômage au sens du BIT est passé de 2,84 % à 12,45 %, soit un accroissement de 1 à 4,4. De même, le taux de sous-emploi est passé de 3,39 % à 23,6 %, soit un accroissement de 1 à 7. Or, à partir de graphiques, d’analyses statistiques, on doit relier cette crise de l’emploi à un changement brutal intervenu en 1974.
Entre 1955 à 1974, les effectifs dans l’industrie s’étaient accrus d’environ un million, soit 50 000 par an – avec un pourcentage d’emplois industriels dans la population active qui restait constant et stable, aux alentours de 28 %. Entre 1974 et 1993, en revanche, ces effectifs ont décru d’environ 1 700 000, soit 90 000 par an – et le taux d’emplois industriels a fortement diminué, de 28 % à 17 %.

Vous parlez de l’industrie. Mais on est passés, désormais, à une « économie de services »…

Maurice Allais : Qui envisagerait comme un objectif raisonnable pour la France une destruction progressive de son industrie, même compensée par un développement massif des activités du commerce et du tourisme ? Quand on examine l’histoire des civilisations, aucune d’entre elles n’a pu exister ou survivre que dans la mesure où elle s’appuyait sur une industrie.

Mais quel lien faites-vous entre cette cassure, cette casse de l’industrie et la mondialisation ?

Maurice Allais : Certains prétendent expliquer la cassure de 1974 par le choc pétrolier, ou par les incidences des Accords de Grenelle en mai 1968, ou par le remplacement du SMIG par le SMIC. Mais en fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et déterminant des différences constatées entre avant 1974 et après 1974 : la libéralisation des échanges extérieurs par l’Organisation de Bruxelles.
Dans un tel contexte, plus les minima de salaires sont élevés, et plus les importations en provenance des pays à bas salaires sont favorisées. Or, ces pays représentent aujourd’hui des milliards d’hommes. Leur compétition dans un monde de libre-échange ne peut qu’entraîner, inexorablement, dans les pays développés, un nivellement des salaires vers le bas et une explosion du sous-emploi.
Cette opinion relève du sens commun, et elle apparaîtra aux lecteurs comme une banalité. Mais il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et tel semble bien, aujourd’hui, le comportement des dirigeants – politiques, économiques, médiatiques : ils ne veulent ni voir ni entendre.

Que des secteurs industriels, hier la sidérurgie, le textile, la plasturgie, aujourd’hui la métallurgie, la chimie, disparaissent à cause des pays à bas coût de main d’œuvre, soit. Mais dans le même temps, on exporte davantage aussi...

Maurice Allais : Naturellement ces importations sont compensées en valeur par des exportations. Mais globalement, des emplois sont détruits à cause de la structure très différente des importations et des exportations : dans les produits qu’on importe se trouve beaucoup de travail peu qualifié, tandis que dans les produits qu’on exporte se trouve peu de travail très qualifié. La balance commerciale est indépendante de la balance sociale.

Vous dites : « Plus les minima de salaires sont élevés, et plus les importations en provenance des pays à bas salaires sont favorisées ». Pour conserver des emplois peu qualifiés, il faudrait, alors, diminuer le coût du travail ?

Maurice Allais : On nous le répète. On nous dit par exemple que tout est très simple : si l’on veut supprimer le chômage, il suffit d’abaisser les salaires. Mais personne ne nous dit quelle devrait être l’ampleur de cette baisse, ni si elle serait effectivement réalisable sans mettre en cause la paix sociale. Que depuis tant d’années de grandes organisations internationales comme l’OCDE, l’OMC, le FMI, ou la Banque Mondiale puissent préconiser une telle solution est tout simplement atterrant.
On aperçoit alors l’impasse. La mondialisation des échanges mène soit à un chômage accru s’il y a rigidité des salaires, soit à une inégalité accrue s’il y a flexibilité des salaires.

Cette mondialisation, en même temps, elle profite à tous. Il suffit de remplir son chariot au supermarché…

Maurice Allais : C’est vrai. Les partisans du libre-échange soulignent que grâce aux délocalisations et aux importations en provenance des pays à bas salaires, jamais les prix dans les hypermarchés n’ont été aussi bas. Mais c’est oublier que les consommateurs ne sont pas seulement des acheteurs. Ils sont également des producteurs qui gagnent leur vie et qui paient des impôts.
En tant que consommateurs, ils peuvent acheter des produits meilleur marché. Mais pour ces consommateurs, la contrepartie réelle de ces importations à bas prix est finalement la perte de leur emploi ou la baisse de leurs salaires, et des impôts accrus pour couvrir le coût social du chômage et de la politique de l’emploi.
C’est également oublier que les consommateurs sont aussi des citoyens habitant dans les agglomérations urbaines, et qu’au fur et à mesure que le chômage et la pauvreté générés par la mondialisation augmentent, l’insécurité et l’instabilité des banlieues s’accroissent.
On voit alors que les effets de cette idéologie libre-échangiste, aussi funeste qu’erronée, ne se bornent pas au développement massif du sous-emploi. Ils se sont traduits également par un accroissement des inégalités, par une destruction progressive du tissu industriel français, par un déséquilibre de toute la société.
Cette invocation du « consommateur », de son bénéfice supposé, sert à masquer d’autres intérêts. Car les groupes dirigeants de l’économie sont devenus de plus en plus riches alors que les pauvres sont devenus de plus en plus pauvres.

Comment expliquer, alors, que cette « idéologie libre-échangiste erronée » domine tant ? Que rares soient les intellectuels, et encore plus rares les économistes, à la dénoncer ?

Maurice Allais : Une citation de Wells pourrait suffire : « Cette coutume qu’ont les hommes de se refuser à émettre des jugements critiques sur les points fondamentaux est un des plus grands dangers qui menacent, d’une façon générale, les facultés humaines de compréhension. »
Toute la Construction européenne et tous les traités relatifs à l’économie internationale (l’Accord Général sur les Tarifs douaniers et le Commerce, la Convention relative à l’Organisation de Coopération et de Développement Economique, etc.) ont été viciés à leur base par une proposition enseignée et admise sans discussion dans toutes les universités américaines - et à leur suite dans toutes les universités du monde entier :
« Le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit à une allocation optimale des ressources. »
C’est là l’origine et le fondement de toute la doctrine libre-échangiste. Son application aveugle et sans réserve à l’échelle mondiale n’a fait qu’engendrer partout désordres et misères.
On pourrait conclure avec une autre citation, de Keynes cette fois : « Les idées exprimées ici sont extrêmement simples et devraient être évidentes. La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leurs ramifications dans tous les recoins de l’esprit des personnes ayant reçu la même formation que la plupart d’entre nous. »

Mais à quelles « idées nouvelles », par exemple, vous songez ?

Maurice Allais : Au protectionnisme, qui n’est pas une idée ancienne mais neuve.

Le protectionnisme est généralement associé à l’isolationnisme, au nationalisme, à l’autarcie…

Maurice Allais : D’abord, une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux ne me paraît possible, souhaitable, que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays au développement économique et social comparable.
Ensuite, pour toute organisation régionale – et je pense bien sûr ici à l’Europe –, le choix n’est pas entre l’absence de toute protection et un protectionnisme isolant totalement l’économie de l’extérieur. Il est dans la recherche d’un système qui permette de bénéficier d’une concurrence effective et des avantages de nombreux échanges avec l’extérieur, mais qui protège également l’économie communautaire contre tous les désordres et les dysfonctionnements qui caractérisent chaque jour l’économie mondiale.

Concrètement, comment vous imaginez cela ?

Maurice Allais : Un objectif raisonnable serait que par des mesures appropriées et pour chaque produit ou groupe de produits un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire. La valeur moyenne de ce pourcentage pourrait être de 80 %. C’est là, au regard de la situation actuelle, une disposition fondamentalement libérale.

On vous traitera d’utopiste, ou de fou, tellement vous allez a contrario du fonctionnement des institutions internationales !

Maurice Allais : Tôt ou tard, les faits finiront par l’emporter, mais probablement dans les plus mauvaises conditions. Plus on attendra, et plus les obstacles seront difficiles à surmonter.
Il faut, de toute nécessité, remettre en cause les politiques mises en œuvre par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Et il est nécessaire de réviser les traités fondateurs de l’Union Européenne tout particulièrement quant à l’instauration d’une préférence communautaire. La politique commerciale de Bruxelles a peu à peu dérivé vers une politique mondialiste libre-échangiste, contradictoire avec l’idée même de la constitution d’une véritable Communauté Européenne. Cette hâte pour réaliser une Europe mal définie, sans institutions appropriées, sans objectifs précis, est fondamentalement malsaine. Elle ne peut que mener à des situations économiquement et politiquement intenables.
Hayek lui-même l’énonçait, au sortir de la seconde guerre mondiale : « Rien n’a sans doute tant nui à la cause libérale que l’insistance butée de certains libéraux sur certains principes massifs, comme avant tout la règle du laissez-faire. »

Vous dénoncez le « libre-échangisme », ou le « mondialisme », et votre recours au « -isme » signale une idéologie, à la fois forgée par des intellectuels et qui devient réalité grâce à une volonté politique. En général, on parle plutôt de « mondialisation », et ça apparaît alors comme une fatalité. Comme la loi de la gravité, ou comme la pluie, on ne peut pas lutter contre « la mondialisation »…

Maurice Allais : L’histoire n’est pas écrite, et je ne vois dans ce processus aucune fatalité. C’est en fait de l’évolution des opinions publiques, c’est du poids relatif des forces politiques, que dépendent les changements de politique réalistes qui nous sauveront du désastre et détermineront notre avenir.
Et si j’insiste sur le « -isme », c’est que je dresse un parallèle. Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes mènent à l’effondrement des sociétés occidentales.
En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, « l’argent ». Elle n’a qu’un seul culte, « l’argent ». Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même.




Encadré : La fabrication de cet entretien
Maurice Allais ne donne pas d’entretien aux journalistes. Pour ne pas perdre de temps avec des Monsieur Jourdain qui font du « mondialisme » sans le savoir. Donc, quand j’ai envoyé un courriel à son secrétariat, quand je l’ai appelé chez lui, il a refusé. Ou alors, il fallait procéder autrement. Indirectement :
Primo, que je lise ses livres (j’avais commencé). Secundo, que je rédige mes questions, mais aussi ses réponses : en recopiant des passages de ses ouvrages. Tertio, que je lui adresse le texte et qu’il valide ou non. Ca réclamait plus de boulot que de tenir un micro…
Je me suis attelé à la tâche et des semaines plus tard il a validé. Il en était même très content, je crois. Je craignais qu’il chipote sur la moindre virgule, que le texte fasse cent allers-retours, qu’il se montre scientifiquement sourcilleux. Mais non. Au contraire. Du premier coup. Maurice Allais m’a appelé, ravi, enchanté, jamais on a respecté ainsi ses idées, etc. Il va envoyer le fichier à tous ses amis. Il m’a donné son quitus pour une publication. Mais où ? C’est ainsi que le seul entretien avec le seul prix Nobel d’économie français a terminé dans Fakir : voilà qui en dit long sur la censure dans le débat économique. Le libre-échange est élevé au rang de dogme, intouchable. Un symbole de la fermeture idéologique de médias qui, bien sûr, ne font pas d’idéologie…
Les propos cités dans l’entretien sont donc, pour l’essentiel, extraits de deux livres :
La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance (éd. Clément Juglar, 2007).
L’Europe en crise. Que faire ? (éd. Clément Juglar, 2005).

(article publié dans Fakir N°40, mars 2009)

#8 paladin33

paladin33

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Posté 15 septembre 2011 à 11:08

Voir le messagemorpho, le 25 janvier 2006 à 13:32, dit :

J'ai donc lu cette page web......
Même si il y a des choses que je trouve fausses ou trop simples, deux phrases me semblent extrêmement importantes :



Voilà, tout simplement......

Donc, le liberalisme est vraiment une  bonne solution.....

Seulement, il n'est pas correctement appliqué......Parceque les politiciens pensent que liberalisme, ça veut dire liberté.........

A quand un vrai libéral......qui interdira les monopoles (donc les multinationales) et qui obligera les entreprises à une transparence totale..........

Mais, ça ça n'est pas possible....Et pourquoi???? parceque le système tel qu'il existe s'effondrerai.........parceque tout simplement, nous ne vivons pas dans un système libéral.....mais un système d'opacité et de puissance.

Tu prends vraiment le politique pour un con. Excuses moi, mais les politiques déforment volontairement les mots pour manipuler la masse.

Si on explique au peuple ce que veut dire réellement libéralisme, il en voudrait pas!

C'est comme le mot "démocratie" qui utilisé comme synonyme de "liberté d'expression". Alors que le mot démocratie signifie "peuple qui gouverne".

Ce message a été modifié par paladin33 - 15 septembre 2011 à 11:08.


#9 paladin33

paladin33

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Posté 15 septembre 2011 à 11:10

Voir le messageJohn Connor, le 10 février 2006 à 17:09, dit :

hélas oui, il ne dramatise meme pas le pire.

Pour l'histoire de choisir son médecin évidement c'est une vaste fumisterie, on va encore + couler la sécu avec deux visites au lieu d'une pour aller voir un spécialiste.
D'autant plus que les généralistes sont à la solde des industries pharmaceutique, j'ai découvers que j'étais mieux conseillé et soigné en me rendant directement à la pharmacie, hélas rien n'est remboursé ainsi.

p.s. le lien n'est plus disponible, est-ce normal ?

si la secu était en faillite, il y a déjà longtemps qu'il n'y en aurait plus.