Choisir: voyage astral ou télépathie?
#1
Posté 28 janvier 2006 à 07:30
Un fait qui m'a étonné: je m'étais toujours dit que si je ressentais un jour de l'amour pour quelqu'un, cette personne aurait des réponses à certaines questions que je me poserais, ou pourrait m'aider dans ma quête. Mais cette fille-là n'est pas réveillée. Elle est très gentille, mais elle ne s'est jamais posé de questions existentielles. Apparemment, ç'aura été l'inverse qui se sera produit: au lieu de recevoir plus d'informations, c'est moi qui en donnerai. Mais bon. Je ne me fais pas d'illusions. Si, à la lumière de ce que j'aurai appris, je ne peux moralement pas être avec cette personne (même si elle m'aime), alors... Ce sera ça. J'imagine qu'une personne que j'aime bien de plus ou de moins, ça ne changera pas grand chose, même si ce coup-là je crois que je l'aime. Et pour ceux qui m'avaient déconseillé d'aimer une personne, ne vous en faîtes pas: comme je contrôle ce sentiment-là aussi, je ne serai pas manipulé, et je resterai froid. Mais j'aimerais beaucoup savoir ce que ça fait, d'aimer une personne plus qu'une autre.
Alors selon vous: voyage astral ou télépathie? Je penche pour le voyage astral. Je pourrais lui dire une phrase particulière, lui expliquer que quand je lui dirai elle devra me répondre une autre phrase. Ainsi, en même temps, ça me servira de validitation de l'efficacité du VA. En même temps, je pourrai utiliser l'effet pour commencer à lui ouvrir les yeux, lui conseiller (Pas l'inciter, ni la pousser. Je veux être honnête.) de chercher la vérité. Qu'est-ce que vous en pensez? C'est une bonne chose d'aimer quelqu'un, ou pas? Quels sont les pours et contre du VA et de la télépathie? Et les pours et contre d'aimer quelqu'un de manière très raisonnable?
#2
Posté 28 janvier 2006 à 10:30
#3
Posté 28 janvier 2006 à 11:30
Ta manière d'aborder l'amour et le couple est egoiste, tu ne cherche finalement que quelqu'un qui TE comprennes, et qui pourrait T'aider dans ta quête de spiritualité.
Pour quelqu'un qui se veut lumineux, c'est plutôt l'inverse qui en ressort
Le fait que tu ai rencontré cette fille signifie que déjà vos âmes se sont rencontrées sur un plan subtil.
Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas aussi intelligente que toi qu'elle ne peut rien t'apporter, je pense même qu'elle te ramenera sur terre.
Tout est révélé dans le Silence de ton Coeur-Corps.
#4
Posté 28 janvier 2006 à 11:50
YAmA, le Samedi 28 Janvier 2006, 13:35, dit :
Ta manière d'aborder l'amour et le couple est egoiste, tu ne cherche finalement que quelqu'un qui TE comprennes, et qui pourrait T'aider dans ta quête de spiritualité.
Pour quelqu'un qui se veut lumineux, c'est plutôt l'inverse qui en ressort
Le fait que tu ai rencontré cette fille signifie que déjà vos âmes se sont rencontrées sur un plan subtil.
Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas aussi intelligente que toi qu'elle ne peut rien t'apporter, je pense même qu'elle te ramenera sur terre.
En effet, yama tu as bien cerner le phénomène the killer.
tout en se persuadant lui-même d'être plus ouvert que les autres, il n'écoute personne.
Tous les conseils et les aides que certains d'entre nous on pu lui amené n'ont servit à rien.
Il est plongé, plus que jamais dans le monde de l'illusion.
The killer,si tu souhaite vraiment rencontrer des êtres éveillés ou des maîtres, il faudra que tu commences par t'ouvrir sur les autres et les écouter avec le coeur.
Mais au préalable il faudra changer ton coeur de pierre en coeur d'amour.
Il y a encore du boulot.
A bientôt
#5
Posté 28 janvier 2006 à 13:05
TheKiller, le Samedi 28 Janvier 2006, 07:35, dit :
Reprend tes esprits.
#6
Posté 28 janvier 2006 à 13:12
L'amour c'est comme la mer, lorsqu'on aime on ne se tient au bord, on plonge tout entier, on fait un avec elle.
L'homme voudrait toujours que l'amour le prenne, le cajole, mais il doit lui aussi être l'amour et aimer et cajoler, si il ne comprends pas cela, il n'y a que lui et l'amour, et ils sont séparés.
Tu ne doit pas la posséder non plus, l'amour doit rester libre.
Tout est révélé dans le Silence de ton Coeur-Corps.
#7
Posté 29 janvier 2006 à 05:41
Et je ne veux pas la posséder, loin de là! Je ne veux pas la convaincre non plus. Je l'ai dit: je veux être honnête. Je ne veux pas du tout utiliser quelque manipulation que ce soit. Mais j'avoue que je ne connais rien à l'amour. Oui, pour l'instant mon coeur est plutôt dur. Peut-être qu'elle le fera fondre. Je n'en sais rien. Mais néanmoins, je veux garder le contrôle de moi-même. Et je ne veux pas être cajolé. J'ai toujours détesté ça, quand des gens entraient dans ma bulle pour me toucher. D'ailleurs, j'ai toujours repoussé tous ceux qui m'approchaient trop, même ma mère. Je n'aime pas ça, je les sens, et je suis à portée de frappe. Les autres aussi sentent ma bulle, ils disent toujours que je suis dans une espèce d'enveloppe de chaleur, ils n'arrêtent pas de passer leur mains près de moi parce qu'ils trouvent ça étrange, et ça m'énerve. Mais elle, je la laisserai approcher. Comme je laisse s'approcher les jeunes enfants et certains animaux, dont la bulle est si petite, et qui ont souvent besoin de protection. Mais ça va me faire très bizarre. Oui, j'appréhende le contact des autres. Depuis assez longtemps, d'ailleurs. Je me souviens qu'une fois, mon père avait été triste parce que je m'étais mis en position de défense quand il s'était approché. Mais je ne lui avais pas expliqué que c'était parce qu'à l'entraînement, chaque fois qu'on s'approchait de moi c'était pour me frapper, me saisir, me pincer, me gifler, me crier après ou me tordre.
Qu'est-ce que je pourrais faire pour ne pas avoir un coeur de pierre? Pour commencer, je devrais laisser d'autres m'approcher que les jeunes enfants. Mais je déteste ça. Et je déteste aussi ne pas avoir le contrôle sur moi-même. L'extérieur, je m'en fous, je m'en accomoderai. Mais je veux demeurer maître de moi-même. Ne plus me contrôler, c'est ma pire crainte. Et ce sont les mouvements que je ne contrôle pas qui me font le plus peur. Parce que si je ne me contrôle pas, je me fais mal. C'est aussi simple que ça. Et si je laissais l'amour me diriger aussi, je perdrais le contrôle de moi. Ma raison doit accepter de laisser passer l'amour, ce n'est pas l'amour qui doit accepter de me laisser penser! Et d'ailleurs, l'amour aussi est un levier de manipulation. C'est pourquoi on doit aimer, mais sans perdre son contrôle de soi. Par exemple, s'il fallait que je choisisse entre laisser vivre la personne que j'aime le plus au monde et laisser vivre tous les autres, il est clair pour moi que je choisirais tous les autres. Ça me ferait un mal énorme, mais chaque vie étant égale, je ne dois absolument pas accorder plus de valeur à une vie juste par amour. Non? Si on vous jugeait, est-ce que vous préféreriez être jugé de manière froide et impartiale? Moi oui. Alors j'agis comme tel, c'est tout.
Mais je dois avouer... que j'aimerais aussi énormément connaître l'amour. Sans toutefois nier mes responsabilités. Si vous étiez à la place du président, trouveriez-vous juste de gouverner avec l'amour? Ce serait bien trop arbitraire, ne trouvez-vous pas? Alors j'essaie de prendre mes décisions de la manière la plus impartiale possible, c'est tout. Et je sais que pour y arriver, je dois lui parler. Alors maintenant, je me retrouve face à un autre choix: passer par l'invisible afin de ne pas nous exposer tous les deux à certains inconvéniants assez importants si ça se sait, ou courir le risque de nous donner des ennuis à tous deux en donnant la possibilité à d'autres d'entendre? Remarquez, je ne souhaite absolument pas agir de manière subliminale. Ce que je veux, c'est que nous demeurions tous deux conscients de ce qui se sera passé, pour que nous puissions tous deux comprendre les choses de manière équitable et ainsi ne pas nous exposer à certains désagréments plus ou moins graves.
#8
Posté 29 janvier 2006 à 05:53
Voilà, c'était juste ça, mais il fallait que je le dise, même si c'est difficile à formuler clairement.
#9
Posté 29 janvier 2006 à 12:33
Peut-être aussi que tu ne devrais pas luis en parler, des fois il faut savoir caher la vérité pour préserver les personnes, jusqu'à ce que celles-ci ai des doutes, posent des quéstions, ce qui serait l'occasion de lui en parler.
De toutes façons si tu pense que garder le contrôle de soi toujours est une bonne chose, je ne suis pas d'accord, un tel comportement attire forcément l'attention et des quéstions....juste sur le plan morphologique, tu es repérable à 100Metres, une attitude anxieuse, couplée avec une allure sportive ne peut qu'attirer le regard.
Il faut savoir mettre de côté sa fierté et "passer pour un canard" pour se fondre dans la masse.
Le simple fait que tu soit constamment sur tes gardes ne signifie qu'une chose: tu manques de confiance et de maitrîse de toi.
Tu doit pouvoir être capable de dissociation entre l'entrainement et la vie sociale, cela passe nécéssairement par l'oubli, la mise en veille.
Si j'avais la possibilité d'être télépathe, je choisirais cette solution pour lui parler.
Ce message a été modifié par YAmA - 29 janvier 2006 à 12:36.
Tout est révélé dans le Silence de ton Coeur-Corps.
#10
Posté 29 janvier 2006 à 12:42
On apprend beaucoup en enseignant, car grâce aux questions de l'autre, on a la possibilité de voir les choses sous differents angles.
A part ce point précis... une conversation physique et sensible ne peut pas être honnête? Un peu biaisée, mais c'est la vie quotidienne qui est comme ça...
Je suis la seule à voir l'amour comme une réaction au départ purement hormonale?
C'est moche comme vision des choses je dois avouer... (ma vision hein, qui n'est pas exactement celle là heureusement)
Ce message a été modifié par Barbie ridule - 29 janvier 2006 à 12:48.
#11
Posté 30 janvier 2006 à 06:44
Pour me fondre dans la foule, habituellement je m'y prends pas trop mal. Je n'ai pas tant l'air sur mes gardes que ça, et je porte habituellement des vêtements longs, alors mon allure ne paraît pas trop. Tant que personne ne m'approche de trop près, à moins que ce soit obligatoire, comme par exemple dans un métro bondé. Je déteste ça, mais exceptionnellement je ne fais rien, puisque de toute façon c'est pas vraiment la faute à qui que ce soit. Et pour le contrôle... Le seule moment où ça paraît vraiment, c'est si je dois danser. Puisque je trouve ça complètement inutile, je ne danse pas. Si on me demandait de faire un mouvement de danse particulier, ou un enchaînements, il n'y aurait pas de problème. Mais danser juste pour danser, alors ça, oubliez ça!
Télépathie, que vous choisiriez? J'avoue que c'est sans doute le meilleur choix. Ainsi, elle sera en état d'éveil, et pourra aisément s'en rappeler. Mais par contre, y croira-t-elle? Je veux dire, en rêve elle pourrait plus facilement l'accepter, puisqu'elle se dirait que c'est un rêve. Mais en effet... malgré tout, la télépathie est sans doute un meilleur choix, puisque justement elle aura entièrement le choix de douter des pensées en émanant ou de les accepter.
#12
Posté 02 février 2006 à 04:51
J’eus une toux qui ébranla mon corps. Mais ça ne me fit pas trop mal. Je repris une grande inspiration, pour chasser la désagréable impression que j’avais eue de m’étouffer. Une bonne bouffée d’air m’avait d’ailleurs toujours revigoré. Enfin, je me sens mieux.
Ce n’est pas que l’inspiration qui fit que je me sentis mieux, mais aussi l’idée réconfortante qu’elle arrivait. Chaque fois, cette pensée me réchauffait le coeur et me mettait dans un état que je ne pourrais qualifier autrement qu’exceptionnel. Depuis la toute première fois, dès que je la voyais je me sentais bien. Tous mes petits inconforts humains, toutes mes faiblesses s’évanouissaient pour laisser placer à une exaltation qui me faisait voltiger.
Je l’aimais plus que tout dans tous les Univers. Même en imagination, je ne pouvais imaginer que quelqu’un puisse ressentir autant d’amour envers quelque créature que ce soit que moi envers elle.
Je regardai l’heure sur l’horloge. Il était trois heures, six minutes et bientôt la grande aiguille ferait débuter la septième minute. Si j’étais toujours aussi précis quand je savais qu’elle venait, c’est que chaque instant d’attente m’était insupportablement long.
Mon coeur fit un bond avant même que mon cerveau ne reconnaisse ce bruit. Le bruit léger de ses pas dans le couloir. Le bruissement léger de ses vêtements lorsqu’elle marchait. Puis je sentis son odeur, celle qui me mettait toujours en émoi. De nouveau, j’eus une quinte de toux qui faillit me renverser. Mais ça n’était pas plus douloureux que ça l’avait déjà été.
- Bonjour!
Elle avait passé le cadre de la porte. Elle me souriait, mais ses yeux exprimaient l’inquiétude. Je lui souris en retour. J’étais si reconnaissant qu’elle fut venue me voir, surtout en ce jour où j’avais besoin d’elle plus que tout au monde. Ma gratitude était si grande que je dus retenir les larmes de me monter aux yeux.
Alors qu’elle se tenait debout près de moi, je remarquai qu’elle avait maigri.
- Comment vas-tu, aujourd’hui?
- Ça progresse toujours. J’ai moins mal qu’hier, et encore moins qu’avant hier.
Paroles polies, questions futiles. À ce moment, je me rendis compte que nous perdions du temps. Je n’avais pas hâte d’en finir, loin de là. Tout au contraire, j’aurais voulu suspendre ce moment, afin que je puisse toujours sentir sa présence auprès de moi.
J’ignore comment j’aurais pu l’expliquer avec convenance, mais il m’avait toujours semblé qu’elle dégageait une sorte de tiédeur accueillante, d’un réconfort certain. Quand les choses allaient mal, la seule personne à qui j’aurais voulu me confier, c’était elle. Mais pas maintenant. À présent, je devais être brave. Je savais parfaitement pourquoi elle était venue.
- Te souviens-tu la première fois où nous nous sommes vus? me demanda-t-elle.
- Au Mexique?
- Non, avant.
C’est vrai. À chaque fois que nous en parlions, nous étions en désaccord sur ce point.
- Tu sais bien, chérie, que tu m’as vu la première.
- Tu devais m’avoir remarquée, non?
- Non. Tu avais beau être ma voisine, je ne t’avais pas vue. Mais je me sentais seul, il me semblait que ma vie était si terne, qu’il lui manquait quelque chose.
- Et ensuite, au Mexique... Je t’avais déjà remarqué, mais je t’ai aimé dès le moment où tu t’es interposé.
- Ces gars-là, ils voulaient te voler ton sac à main. Et finalement, ils m’ont tout simplement démoli.
À cette pensée, j’eus envie de rire, mais une nouvelle quinte de toux indolore me rappela à l’ordre. Quand mon regard remonta vers ses yeux, je pus y lire à nouveau de l’inquiétude.
- Et ils ont pris mon sac à main de toute façon.
Elle sourit. Ce sourire me rappela à quel point j’aimais tout d’elle, de la manière dont elle se déplaçait au pétillement coquin de ses yeux, en passant par sa jolie manière de soupirer et de parler.
- Une chance qu’ils l’ont fait!
Elle prit un air faussement outré. Je corrigeai le tir.
- Si je les avais empêchés de prendre ton sac à main, je n’aurais pas pu t’emmener à l’ambassade pour t’aider à tout arranger.
- Et si ils ne t’avaient pas fait de mal, je ne t’aurais pas accompagné à l’hôpital pour te faire faire des points de suture! compléta-t-elle.
Ses yeux se perdirent au loin, puis elle soupira. Comme la première fois, mon coeur fut ému, et à nouveau je dus empêcher les larmes de me monter aux yeux. Elle secoua la tête, me regarda de nouveau, et fit d’une voix blanche:
- Je t’aime tant, tu sais. Tes yeux sont toujours aussi beaux, mais maintenant, leur éclat est un peu plus... amer.
Je vis ses yeux se remplir d’eau. Elle avait pleuré la première, maintenant je pus cesser de me retenir pour rester froid. Elle détourna la tête, faisant comme si elle regardait ailleurs. Entre nous, ça avait toujours été une sorte de concours. Depuis qu’elle avait ri de moi parce que j’avais pleuré en regardant le bulletin télévisé, nous nous efforcions tous deux de pleurer en dernier.
- Tu sais, j’ai pris ma décision.
Bien sûr, que je le savais. Je fis un signe de tête affirmatif. Comment aurais-je pu l’ignorer? Ça me faisait peur, mais étrangement, sa présence me calmait, malgré le terrible choix qu’elle avait fait.
Je me mis à pleurer ouvertement, et elle aussi. Elle s’assit sur le bord de mon lit, et me murmura à l’oreille:
- Je t’aime tellement. C’est dur de croire que nous devons en arriver jusque-là.
En guise de réponse, j’eus une nouvelle quinte de toux, plus violente que toutes celles lui précédant. Quelques gouttes de sang maculèrent mon drap auparavant d’un blanc éblouissant, mais ça ne me fit pas trop mal, grâce à la morphine.
Ma bien-aimée dut se reculer pour que je ne la frappe pas lors d’une convulsion, et son éloignement me fit mal. Elle s’approcha de nouveau, puis posa sa tête sur ma poitrine. Je fermai les yeux, humant son odeur, respirant le plus tranquillement possible pour me calmer. Mais il était dur de bien contrôler les soubresauts de mon souffle. La morphine m’empêchait d’avoir mal physiquement, mais j’avais tout de même mal, au plus profond de mon être.
Dure décision pour une si tendre, si belle femme, tant attentionnée. Elle me chuchota à l’oreille:
- Es-tu prêt?
En guise de réponse, je l’embrassai. Je sentis nos larmes se mélanger entre nos joues, et je retins un hoquet dû à la tristesse panique que je ressentais. Qu’elle devait ressentir elle aussi.
Elle se releva, et aussitôt qu’elle ne me toucha plus, je ressentis encore la pire des douleurs, celle de son absence.
Je fis encore de gros efforts pour contrôler ma respiration. À l’aide d’une manivelle, elle rabaissa le haut de mon lit, afin que je fusse couché plus confortablement. À présent, elle était en sanglots.
Au travers de mes larmes, je la vis dévisser mon soluté, et le remplacer par un autre sac de plastique. Je m’efforçai encore de contrôler mon souffle, et même si je tremblais à chaque inspiration, je parvins à garder un rythme relativement lent. Cela contribua à me clamer, mais pas autant que la douce caresse continue qu’elle me fit sur le front.
Ma respiration s’accéléra, et je pouvais sentir ses tendres mains sur moi, chaudes et réconfortantes. À présent, j’haletais lentement. Je savais que je ne devais pas lutter, que ce serait plus rapide ainsi, mais je voulais rester avec elle le plus longtemps possible. Je lui dit avec peine que je l’aimais, puis je fermai les yeux. Ma respiration se calma, de nouveau, et elle cessa de trembler. Puis c’est en cet instant que je fis une promesse insensée:
- Où que tu sois, je serai là, et nous nous reverrons, n’en doute jamais. Là-bas, nous serons heureux pour toujours.
Mon souffle devint plus faible, puis j’eus l’impression de m’endormir. Je me sentis m’élever, puis j’ouvris les yeux. Je la vis, serrant tendrement mon corps inanimé dans ses bras.
Oui, j’avais maigri, même que j’étais devenu particulièrement émiacé. Il y avait des semaines que je ne m’étais pas regardé dans le miroir. C’est l’effet du traitement contre le sida. Elle aussi en mourrait bientôt.
Depuis ce triste jour, je la regarde d’en haut. Elle passe par les mêmes étapes que moi. Les médecins s’étonnent qu’elle ne souffre pas, qu’elle n’ait pas demandé à avoir de la morphine. C’est que je vais souvent la voir, pour lui dire que je l’aime, et je la calme. Je ne crois pas qu’elle me voie, mais je sais que ça lui fait du bien.
Chaque instant passé sans elle me semble insupportablement long, mais je peux l’accepter parce que je sais qu’elle viendra. En attendant, tout ce que je peux faire, c’est l’aider à ne pas souffrir. C’est le moindre que je puisse faire, après tout elle a abrégé mes souffrances au moment où je serais devenu confus de peine et de douleur.
Tous deux, nous avions attrapé ensemble la maladie. Mais nous n’avions jamais cherché d’où elle venait. Peu importe, le mal était déjà fait, et je n’aurai jamais aucun regret de l’avoir aimée.










