Il y a un moment que je veux lancer ce sujet dont l'idée m'est venue après quelques lectures, dont la dernière en date était "Les insoumis" de Marc San, qu'on peut télécharger sur le présent site.
Bien sûr l'idée n'est pas nouvelle, celle de tout balancer et d'aller vivre dans un pays exotique, quitte à sacrifier beaucoup des "conforts" de notre pays d'origine.
Par exemple, avec mes amis, je blague souvent en disant: "Je me pousse au Mexique pour vendre des bananes sur la plage!"
Derrière cette boutade, il se cache un peu de vrai, ou un désir secret.
J'ai souvent médité sur le fait que j'ai du mal à pleinement "intégrer" le système en vigueur sur notre planète, ou du moins dans nos sociétés occidentales "avancées". Deux des facettes les plus ignominieuses de ce système, en particulier, me causent un sérieux problème: la compétition et la consommation.
En effet, je ne suis pas un battant (fighter) et je suis étourdi par la vacuité de notre système de consommation, de même que notre individualisme (la philosophie "self-made man": je suis le principal sinon unique artisan de mon "succès").
C'est l'une des raisons pourquoi j'ai été tenté par l'étranger, l'Afrique notamment. J'y ai séjourné 6 mois en 1998 puis encore une année en 2005. J'avais vu ces reportages qui ont cette façon - de mauvaise foi ou maladroite - de nous montrer l'Afrique (ou d'autres régions du Tiers-monde) sous un jour enchanteur. Je peux vous assurer que la plupart de ces reportages ne traduisent que très mal la réalité. Et bien sûr, j'ai déchanté.
Je suis arrivé à la conclusion que fuir mon pays (le Canada) pour un contrée exotique quelconque n'est PAS la solution.J'ai aussi dû admettre que dans nos pays, malgré toutes leurs absurdités et malgré le coût de la vie débile, il reste que ON A DES SERVICES. C'est indéniable. Ma question, évidemment: jusqu'à quel point suis-je esclave de ces "conforts"?
Et c'est là que je réalise que j'aurais peut-être du mal à vivre comme Marc San et ses copains, même en étant sur une île paradisiaque de a région de la Thaïlande. Et c'est là que j'aimerais avoir vos réactions.
Quand même... Je continue de "chercher un moyen", parce que je continue de ne pas me sentir à ma place dans ce système (je dis "système" au lieu de "pays").
J'ai aussi été tenté de joindre une confrérie religieuse.
Pour avoir la PAIX et aussi pour les avantages d'être pris en charge par une communauté. Non pas que je sois paresseux et parasite - au contraire l'oisiveté m'est nocive, mais je crois à la communauté des biens et des efforts.
Ainsi j'ai approché les frères dont j'oublie le nom, et aussi les Pères Blancs qui, incidemment, envoient des missionaires à l'étranger, ce qui m'intéressait. Encore une fois, je n'ai pas été convaincu que c'était la solution, MA solution. Mais j'ai recommencé à y penser récemment.
J'ai examiné d'autres possibilités. Par exemple, avec un ami, j'ai discuté de la possibilité d'aller m'installer à N'Gor, près de Dakar, au Sénégal (une région où j'ai déjà séjourné) et tout bonnement lancer un commerce de loisirs nautiques à l'attention des touristes de cette région ou, mieux encore, en Casamance, au sud du Sénégal, une région magnifique. Mais, encore une fois, je doute que ce soit une solution viable et surtout je crains de déchanter, je crains les lendemains moins magiques.
J'ai une amie qui à 35 ans a un emploi dit "saisonnier" (au chômage durant l'hiver). Elle habite avec son homme dans une petite maison située dans une région tranquille, un peu dans la forêt, entre Montréal et Québec. Elle peint, elle élève son cheval. Elle n'est pas riche, mais ne dépense pas beaucoup. Parfois, je l'envie. Mais en même temps je ne crois pas que ce serait pour moi, en tout cas pas tout de suite: j'ai encore besoin d'aventures.
J'ai un autre ami qui, à 40 ans, vit de la maigre assistance sociale et d'autres petits revenus, depuis plusieurs années. Il faut dire qu'il a eu des problèmes avec la justice et qu'il souffre d'obésité morbide qui réduit beaucoup sa mobilité et qui suscite aussi des réactions négatives d'autrui (préjugés etc). Donc en attendant que ces aspects changent, il vit de bien peu de choses. Sans être paresseux, il dit ne pas vouloir "travailler" dans le sens que notre SYSTÈME l'entend. Je mentirais en disant qu'il est heureux en se foutant de tout, mais en même temps, il ne vit pas un enfer, et j'avoue que, parfois, je suis en quelque sorte séduit par cette façon de se débrouiller.
Il reste que je souhaite - au moins en vue de mes vieux jours - trouver un projet, une solution, une voie qui me permettrait de couper la poire en deux: sans quitter mon pays à jamais, trouver quand même un mode de vie qui me permette de réduire mon degré d'esclavage à ce que j'appelle ses tares. Je précise que je suis déjà versé dans la simplicité volontaire et que j'ai toujours vécu avec un très petit revenu.
C'est d'ailleurs là mon "tournant" personnel: est-ce que je veux continuer dans cette voie, ou bien je veux prendre un "vrai" boulot qui "rapporte" vraiment?
Incidemment, je suis en train de terminer des études de maîtrise (masters) qui symbolisent aussi ce tournant: qu'en ferai-je de ces études?
Dans tous les cas, et surtout dans mes moments plus sombres ou de découragement (rares heureusement), je me dis souvent, et sans morbidité (simplement par réalisme), que ma mort sera mon plus grand triomphe, et que j'aurai ainsi le dernier mot.
J'ai bien hâte de vous lire.
Ce message a été modifié par galileo - 30 janvier 2006 à 05:20.










