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La programmation neuro-linguistique ou l'art de manipuler.


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6 réponses dans ce topic

#1 Kibuko

Kibuko
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Posté 17 novembre 2002 à 02:33

( Un article de Christian Balicco, auteur de l'ouvrage : Les méthodes 'Evaluation en ressources humaines)

Citation

Christian Balicco est Docteur en psychologie et Consultant. en Ressources humaines. Il est membre de l'A.P.A (American Psychological Association)

Il nous paraît bien difficile de décrire en quelques pages, de manière exhaustive, quels sont les présupposés, les fondements et les objectifs de la PNL.

Notre approche sera, de ce fait, relativement synthétique et pour tous ceux qui souhaiteront aller plus loin dans la réflexion, une bibliographie sommaire sera proposée à la fin de cet article.

Le fait que la PNL soit une méthode très utilisée dans le domaine des ressources humaines - notamment dans le cadre de la formation continue et, dans une moindre mesure, dans le recrutement - ne doit pas faire croire au lecteur que sa fréquence d'utilisation serait une preuve de sa pertinence, bien au contraire.

Tentative de définition de la PNL.

Donner une définition de la PNL semble impossible tant la diversité de celles que nous avons consultées est grande. Pour certains, elle serait ainsi "une étude de l'expérience subjective", ou une "nouvelle approche de la communication et du changement". Pour d'autres, sautant allègrement le pas de la communication à la psychologie, elle serait une "nouvelle approche de la personnalité".

Quelles que soient les définitions proposées, la stratégie sera toujours la même : derrière un hermétisme pseudo-conceptuel, elles tenteront, par le biais d'un discours plus où moins obscur, de dissimuler un nombre incalculable de contre-vérités - parfois naïves, souvent grossières - comme nous le découvrirons dans cet article.

Ainsi, à titre d'illustration de cet hermétisme pseudo-conceptuel : "La PNL serait un processus et le modèle d'un processus", elle serait "un modèle de l'expérience subjective et la manière dont cette expérience influe sur notre comportement.

En tant que modèle la PNL peut être considérée comme une "épistémologie" de l'expérience . Les modèles épistémologiques tels que le modèle de la PNL sont des modèles uniques dans la mesure où l'acte de penser à de tels modèles les fait devenir une partie de notre expérience" (Dilts, 1995)

Fondements et origine de cette méthode.

Pour un de ses "spécialistes", la PNL a été conçue dans les années 1970 en "croisant les apports méthodologiques de la cybernétique, de l'informatique, de la linguistique avec, d'une part, les approches communicationnelles issues de l'École de Palo Alto et d'autre part l'apport des sciences cognitives" (Cayrol, 1990).

De telles origines pourraient immédiatement faire croire à une certaine légitimité de la méthode, ces différentes disciplines ne sont-elles pas, en effet, enseignées dans les universités les plus prestigieuses de la planète ? Ne constituent-elles pas, pour la plupart, les fondements de la plupart des disciplines scientifiques ? Mais qu'en est-il véritablement ?

Quand on connaît l'extrême complexité de disciplines comme la neurologie, la linguistique où les sciences cognitives (et la cybernétique), on pourrait légitimement s'attendre à une explication de la PNL relativement difficile d'accès notamment pour le néophyte.

C'est pourtant loin d'être le cas puisque pour Hevin et Turner, deux illustres praticiens de la méthode, la PNL s'intéresse à la "programmation créée par les interactions entre le cerveau (neuro), le langage (linguistique) et le corps qui produisent aussi bien des comportements efficaces qu'inefficaces".

Ces deux "génies" ont donc découvert que nous nous servions d'un langage pour communiquer et que nous utilisions notre cerveau et notre corps pour nous faire comprendre d'autrui.

Cette explication, qui n'est d'ailleurs pas tout à fait fausse, illustre parfaitement la complexité intellectuelle de cette discipline ! ! ! et, plus sérieusement, la stratégie sous-jacente qui est de rendre compliqué ce qui, pourtant, est simple'.

Bien évidemment, n'ayant pas encore suivi les différentes recettes préconisées par les "spécialistes de la PNL", nous ne pouvons, malheureusement, pas encore éviter les comportements inefficaces (par opposition aux comportements supposés efficaces ! ! !).

La simplicité intellectuelle de la PNL tant au niveau de ses fondements que de ses objectifs est d'ailleurs ce qui fait son succès. Acquise en quelques semaines dans des "Instituts" ou des "Centres de développement" et ouverte au "tout venant" sans autre obligation que de s'acquitter du prix - généralement prohibitif - de la formation, la PNL fascine un public peu formé à la démarche scientifique et surtout extrêmement naïf dès lors qu'il est question de "communication", de "développement personnel" ou de "psychologie".

La PNL est-elle une science ?

La PNL est présentée comme la synthèse d'un travail d'observation et de compréhension. Elle se fixe comme ambition de "mieux communiquer" avec autrui ou, pour être plus précis "d'atteindre l'excellence en matière de communication".

Même si l'objectif est louable en soi, les praticiens de cette méthode ont la fâcheuse tendance à négliger différents détails qu'il est important de rappeler au lecteur. Ces négligences concernent, d'une part, les fondements scientifiques et d'autre part, la dimension éthique.

Les fondements scientifiques

Comme le précise Yves Winkin, à la lecture de quelques ouvrages de PNL "l'univers scientifique est régulièrement évoqué à travers des noms et des titres célèbres, mais l'attitude générale n'est pas celle de la recherche, du questionnement, de l'évaluation critique.

C'est celle de l'application claire, concrète, rapide sur les bases "des découvertes de la science" (1990). Illustrons notre position par quelques exemples

La PNL se réfère à "l'école de Palo Alto" il est toujours intéressant de rencontrer des "maîtres praticiens en PNL" qui font référence à cette "institution" en oubliant - ou en ignorant - que cette "école" n'est pas un centre universitaire comme certains le supposent encore mais une communauté de chercheurs et de cliniciens regroupés autour de Grégory Bateson.

Inutile de préciser - hormis le fameux présupposé "Nous ne pouvons pas ne pas communiquer" - que la PNL ne se réfère aux travaux de cette école que de manière extrêmement superficielle et, disons le, tout à fait personnelle.

La grammaire transformationnelle de CHOMSKY Les praticiens de la PNL se réfèrent constamment à la théorie linguistique de cet auteur mais en oubliant de préciser que les expressions utilisées sont totalement détournées de leur sens.

Ainsi, à titre d'exemple, les PNL'istes n'hésitent pas à se servir de la "structure de surface" qui pour eux devrait "aider le sujet à retrouver son expérience sensorielle initiale et enrichir son modèle du monde".

Les PNL'istes se servent ainsi d'une théorie de nature linguistique pour légitimer un discours à objectif psychothérapeutique. Une telle dérive ne relève pas du simple hasard car certaines personnes après avoir suivi deux ou trois semaines de séminaires en PNL (dans le meilleur des cas) n'hésiteront pas à se présenter comme des "psychothérapeutes"', faisant croire à leurs patients, à travers des titres ronflants ("Maître praticien en PNL) qu'ils sont de véritables spécialistes du Soin.

L'interprétation abusive Comme tous "les marchands de certitude", les praticiens de la PNL n'hésiteront pas à interpréter le moindre de nos comportements - de la même façon que les "gestuologues" - et à leur donner une signification psychologique, obligatoirement univoque7.

Dans cette perspective ils attacheront une grande importance au regard ou, plus précisément, aux mouvements des yeux. Ainsi, pour les PNL'istes, il existerait 6 mouvements oculaires qui constitueraient une sorte de grille de lecture et l'observation des yeux permettrait de préciser si le sujet dit ou non la vérité.

A titre d'exemple, si on prend un "visuel" droitier et qu'on lui pose la question "Qu'as tu regardé à la télé hier soir ?", il devrait regarder en haut et à gauche : c'est ce que les PNL'istes appellent le "visuel souvenir". Si ce n'est pas le cas, c'est que vous ne dites pas la vérité (CQFD) et, tant pis, si ça ne marche pas à tous les coups ! ! !.

Malheureusement, aucune étude de validation (pourtant facile à réaliser) n'est venue à ce jour étayer ces déclarations qui demeurent, par conséquent, à l'image des praticiens de la PNL : tout à fait péremptoires et, faut-il le préciser, anti-scientifiques.

La notion de programmation II est incontestable que certains de nos comportements constituent des automatismes mais la question qui se pose est de savoir si on peut pour autant les généraliser à l'ensemble de nos comportements ? Cette notion de programmation empruntée à l'informatique présuppose donc une vision extrêmement déterministe et rigide de notre comportement.

Une fois programmé, l'être humain ne pourrait plus, en effet, le changer car celui-ci serait dicté par ses programmes. Or, contrairement aux pnlistes, personne n'a encore réussi à identifier quels sont les facteurs qui interviennent dans un comportement.

Comme le souligne d'ailleurs le psychiatre Édouard Zarifian : "Le changement existe dans les comportements psychologiques humains : cela s'appelle l'adaptation aux circonstances".

Cette notion d'adaptation - qui présuppose une souplesse à la fois intellectuelle et cognitive de notre action par rapport à notre environnement - va donc totalement l'encontre de cette notion de programmation qui suppose une rigidité de nos comportements.

Fort heureusement, cette mauvaise programmation qui nous conduit à des comportements forcément inefficaces possède sa solution et légitime l'action des PNL'istes grâce à l'installation de nouveaux programmes.

La distinction entre le fonctionnement d'un ordinateur (et ses logiciels) et celui d'un être humain est difficile à opérer pour un PNL'iste et il est certainement beaucoup plus facile pour lui de donner quelques "recettes" destinées à mieux communiquer que de décrire le fonctionnement complexe d'un cerveau sous ses aspects biochimiques et psychologiques, lui-même en interaction avec son environnement.

La dimension éthique.

Influencer pour mieux manipuler La PNL se fixe pour objectif de trouver des comportements qui puissent influencer autrui or cet ensemble de comportements trouve sa force non pas dans les techniques elles mêmes comme beaucoup de praticiens le supposent mais dans une relation de suggestion hypnotique qui ne dit pas son nom mais dont ou trouve les fondements dans "le processus de l'ancrage" ou "le modèle Milton".

Comme on sait que ce type de relation ne fonctionne que sur une population extrêmement limitée, il n'est donc pas étonnant que certains consultants - eux même praticiens en PNL et après l'avoir définitivement abandonnée - avouent à travers leur expérience que le miracle tant escompté en matière de communication n'a pas eu lieu (Le Mouel, 1991)

L'absence de preuves est un fait Beaucoup de postulats sont présentés comme des faits reconnus par la communauté scientifique, ce qui est loin d'être le cas. Il n'y a qu'à choisir, à titre d'exemple, "la théorie des deux cerveaux".

Ce paradigme a séduit depuis très longtemps l'entreprise et, en particulier, le management (La simplicité attire, la complexité fait fuir !!).

Or comme l'ont démontré certains chercheurs, cette hypothèse n'a jamais été validée et comme le soulignait d'ailleurs le neurologue H. Heacan la systématisation de cette théorie reste spéculative (in La recherche en neurobiologie, 1988, J.M Abgrall, "les charlatans de la santé", 1998, etc.).

L'affirmation péremptoire et la répétition de ce type de message constituent des stratégies destinées à convaincre ses interlocuteurs et à faire oublier

l'absence de fondements scientifiques.

La PNL comme méthode thérapeutique.


C'est, sans aucun doute, le constat le plus dramatique que l'on puisse faire puisque certaines personnes n'hésitent pas à se transformer après quelques (maigres) semaines de formation en "psychothérapeutes" (sans bien sûr, posséder, pour la majorité d'entre eux de formation clinique)'.

Devant une telle ambition ("celle de vouloir aider ou,même, soigner autrui"), ou peut s'interroger non seulement sur la santé et l'équilibre mental de ces "praticiens" mais aussi sur le danger qu'ils font courir aux clients qui auront la naïveté d'aller les consulter"'.

Il n'est pas impossible non plus que le fait de vouloir devenir "psychothérapeute" soit le résultat logique d'un processus de manipulation.

Faire croire, eu effet, au "tout venant" que la PNL est la "méthode miracle", la seule susceptible d'expliquer tous les comportements humains et de répéter ce type de message, sous des formes multiples et variées, constitue un renforcement que l'on retrouve dans n' 'importe quelle technique de conditionnement.

Cette façon de procéder est d'autant plus efficace que les sommes versées (et exigées par les fameux "maîtres praticiens") sont très élevées. Elles constituent, eu effet, un facteur susceptible de légitimer non seulement le contenu des formations et l'efficacité de la méthode ("Si c'est cher, c'est donc que c'est sérieux et que ça marche") mais aussi le statut des "spécialistes" qui délivrent le contenu de leur (pseudo)-savoir ("Si c'est aussi cher, c'est donc qu'on à faire à de véritables spécialistes").

En conclusion

Les fondements de cette discipline et l'absence systématique de vérification - au sens expérimental du terme - nous font conclure à une utilisation abusive et, surtout antiscientifique. Quant à l'emploi de cette méthode à des fins psychothérapeutiques, on ne peut qu'être inquiet quant au devenir des patients qui consulteront ces "pseudopraticiens".

La PNL a-t-elle du succès ? Sans aucun doute et le phénomène, selon nous, n'est pas près de s'éteindre. Sans véritable théorie et très simple à comprendre et à mettre en oeuvre, elle fascine tous ceux qui sont attirés par une psychologie naïve et superficielle qui leur explique comment faire sans jamais se préoccuper du "pourquoi".

Elle fascine tous ceux qui pensent qu'il est légitime d'utiliser une technique sans en connaître les bases théoriques et conceptuelles.

Elle fascine tous ceux qui pensent que l'on peut tout affirmer sans jamais avoir vérifié quelles sont les méthodes qui ont permis d'aboutir à de telles affirmations.

Il n'est donc pas étonnant que la PNL ait envahi le domaine de la formation continue - ou l'esprit critique est aussi vide que la discipline elle même - et qu'elle ait également touché le monde des cabinets conseils spécialisés dans le recrutement (dont les consultants sont toujours prêts à utiliser n'importe quelle méthode dès lors qu'il s'agit de recruter un collaborateur)".

Utilisée très souvent par des praticiens sans véritable formation, elle permet d'appliquer très rapidement un ensemble de recettes supposées aider certains sujets à retrouver leur équilibre psychologique (dans le domaine de la psychothérapie) ou/et à améliorer leur communication avec autrui.

En fait, il ne s'agit que d'une gigantesque manipulation.

Ce n'est donc pas un hasard si Y Winkin, professeur d'anthropologie de la communication qui a travaillé avec certains acteurs de l'école de Palo Alto qualifie la PNL de "fraude intellectuelle", "d'exploitation de la confiance", de "manipulation des idées et des hommes".

Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire dans cette discipline c'est la certitude de ses praticiens : pas la moindre modestie, la vérité est du côté de la PNL. Nous n'aborderons pas dans cet article les relations étranges qu'entretient cette technique avec des mouvements new-age ou sectaires.

Il est vrai que lorsque l'on débat avec les pnl'istes on ne peut être que surpris par un discours qui ressemble beaucoup plus à ceux que peuvent délivrer certains adaptes de sectes.

Comme le souligne d'ailleurs Y Winkin en parlant du "discours prophétique" de la PNL : "elle relèwe in fine du phénomène religieux. Il est normal qu'on la persécute".

Bibliographie

Les ouvrages où les articles qui se sont penchés sur la PNL de façon scientifique sont encore rares. A notre connaissance, il n'en existe que trois (en langue française)

- Balicco Christian. Les méthodes d'évaluation en ressources humaines. La fin des marchands de certitude. Les Éditions d'organisation, 1997. 344 pages. Un chapitre complet est consacré à cette technique (p 253-266)

- Bruyer Raymond. La patapsychologie. Editions Luc Pire, 1998. Raymond Bruyer est Docteur eu psychologie et conseiller auprès du doyen d'une université belge.

- Winkin Yves. "Éléments pour un procès de la PNL" in Je manipule, tu manipules, il manipules. Médianalyse n°7. Centre du 20ème Siècle. Université de Nice Sophia-Antipolis, Septembre 1990. Yves Winkin est docteur eu communication et professeur d'anthropologie de la communication à l'universitc de Liège.

Concernant "l'École de Palo Alto" à laquelle prétendent se référer les PNL'istes, il existe un ouvrage de référence 1:. Marc et D. Picard. L'école de Palo Alto. Retz. 1984

Ces deux auteurs sont psychologues et maîtres de conférence respectivement à Paris X et à Paris XIII.


#2 Scepticus

Scepticus

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Posté 19 septembre 2011 à 09:59

Je me permet de remonter, que dis-je, d'exhumer ce topic vieux de presque 10 ans car, étant tombé sur la chose en question récemment, je me posais pas mal de questions sur le sujet et aurait bien aimé avoir quelques avis et autres opinions de membres qui l'auraient, d'une manière ou d'une autre, déjà touché du doigt.
Qu'en pensez-vous?
«Le nihilisme n’est pas en soi une mauvaise chose. Expérience du tragique et du vide de la vie humaine, il peut être un fondateur au sens de l’expérience de l’absurde chez Albert Camus. Découvrir qu’il n’y a rien et que le monde est vide et sans sens, que nous sommes responsables de nos buts et de leur atteinte, que le sens ne nous est pas donné, mais que ce qui nous a été donné c’est la capacité à donner du sens à notre vie, est une expérience du tragique. »

Claude Rochet, Le nihilisme aujourd'hui, extrait de Gouverner par le bien commun.

#3 yoananda

yoananda

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Posté 19 septembre 2011 à 10:24

Un jour a un RDV d'affaire un commercial a utilisé la PNL sur moi. Après coup, je m'en suis rendu compte a cause d'un certain malaise qui m'avait envahi. Puis j'ai repensé a la situation et démonté les mécanismes (c'est pas très compliqué même si on est pas expert). J'ai ensuite rayé cette personne de mon existence.
Les bisounours m'ont tuer

#4 axus

axus

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Posté 19 septembre 2011 à 11:10

Alors, la PNL, j'ai étudié, d'abord à l'armée, puis dans un cadre RH et enfin dans un cadre de management. Tout ça, s'en faire de moi un expert, de loin pas.

Je trouve que cet article résume très bien la chose. Tout d'abord, c'est un énorme foutoir. Je veux dire par là que même la psychologie moderne dans toute sa complexité artificielle n'a pas atteint un tel stade d'emberlification et on y trouve que des experts autoproclamé.

D'après ce que j'en sais et les expériences que j'ai vu, il est impossible de manipuler quelqu'un, j'entends par là, lui faire faire quelque chose contre sa volonté (c'est certainement ce qui a provoqué un malaise chez yoananda). En revanche, il est possible d'influencer une action qui est envisageable pour la personne en question.
Cela ne fonctionne pas sur des foules, c'est un processus qui est réalisé uniquement en tête à tête.

Quant au fonctionnement, une fois qu'on a un peu démêlé le tout, la gestuelle "hypnotique" et le parlé, ça n'a rien de différent de ce que les gens, qu'on va appeler beau parleur, font déjà instinctivement.
Et il est pratiquement impossible pour quelqu'un qui n'a pas déjà un tel caractère de pratiquer ce genre de chose.
C'est un fait récurant dans le management moderne (en terme général pas uniquement la version entreprise). On décortique le comportement de certaines personnes charismatique, on l'écrit dans un livre, on y ajoute du jargon scientifique et on annonce fièrement qu'il suffit de faire pareil pour que ça marche.
Le problème est que, si dans le fond ça pourrait marcher, c'est faire l'impasse sur la complexité du comportement humain.
En d'autres terme, il ne suffit pas d'expliquer à quelqu'un comment faire de la musique pour qu'il puisse écrire une symphonie.

#5 Breizhfox

Breizhfox

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Posté 19 septembre 2011 à 11:54

un bon outil pour communiquer, se motiver et atteindre ses objectifs.

ça s’appui sur pas mal de principe de bon sens, genre tu veux sympathiser avec un groupe d'ouvrier qui fait une pause, on va avoir plus de succès en parlant du postérieurs des filles que de l'évolution du CAC 40. Pour certains c'est naturel voire inné, pour d'autres faut lire un bouquin sur la PNL pour le comprendre. :smile:

Perso, introverti par nature, ça m'aide à communiquer avec les autres, à comprendre que l'on ne raisonne pas tous pareil et à développer d'autres manières de raisonner.

Mon plus grand succès c'est un collègue [ingénieur grandes écoles] qui discutait avec un grutier à propos d'une manutention compliqué à effectuer (dans le où sens il y avait plusieurs opérations successives). Mon collègue abandonne, énervé, limite insultant envers le grutier (genre il est trop con pour comprendre). Je reprend l'explication, nouvel échec. là je me dis "pense en grutier, breizhfox", du coup je prend un papier, un crayon, lui fait un plan de grutage, avec la grue, les zones de poses, déposes, je gribouille, il me prend le crayon, il gribouille à son tour, on fait des flèches et en deux minutes, le gars avait non seulement compris la manutention à effectuer, mais l'avait amélioré.

L'effort pour se mettre "en phase" avec l'autre implique une écoute de l'interlocuteur donc pour moi c'est plutôt un aspect positif en communication. Perso j'ai vite abandonné le jeu du miroir [pour éviter de se faire gauler comme ton commercial, yoananda ^^]  et préfère porter mon attention sur les messages que l'on échange (qu'est ce qu'il veut, qu'est ce que je veux, ...)

Après que certains utilisent à mauvais escient la PNL, leur charme, les profils facebook et tout un panel d'aspect psychologique pour manipuler ...

Pour ceux que ça intéresse, je conseil, en introduction à la PNL :   "L'homme qui voulait être heureux" de Laurent Gounelle ou
Convaincre en moins de 2 minutes de Nicholas Boothman

et après les ouvrages de synthèse.  Je déconseil fortement Anthony Robbins qui a vulgarisé ces ouvrages de synthèses est plutôt orienté coach à l’américaine (pas mal de répétitions).

#6 Sedenion

Sedenion

    Facepalm

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Posté 19 septembre 2011 à 12:23

Voir le messageBreizhfox, le 19 septembre 2011 à 11:54, dit :

Mon plus grand succès c'est un collègue [ingénieur grandes écoles] qui discutait avec un grutier à propos d'une manutention compliqué à effectuer (dans le où sens il y avait plusieurs opérations successives). Mon collègue abandonne, énervé, limite insultant envers le grutier (genre il est trop con pour comprendre). Je reprend l'explication, nouvel échec. là je me dis "pense en grutier, breizhfox", du coup je prend un papier, un crayon, lui fait un plan de grutage, avec la grue, les zones de poses, déposes, je gribouille, il me prend le crayon, il gribouille à son tour, on fait des flèches et en deux minutes, le gars avait non seulement compris la manutention à effectuer, mais l'avait amélioré.

Voilà qui résonne en moi. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis obligé de refaire les dialogues de Socrate avec mon patron pour qu'il m'explique ce qu'il veut, au lieu de me dire ce que je dois faire... pénible.

#7 Scepticus

Scepticus

    Confirmé

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Posté 19 septembre 2011 à 17:43

Intéressant de voir les divergences d'opinion là dessus, voir les différence de perception de la chose.
On a Yoananda et Axus qui y voient du charlatanisme sous forme de manipulation et d'hypnose (assez flippant le truc de Yoa), et Breizhfox qui y trouve une forme de "développement personnel" si je peux dire.
Anyone else :question:
«Le nihilisme n’est pas en soi une mauvaise chose. Expérience du tragique et du vide de la vie humaine, il peut être un fondateur au sens de l’expérience de l’absurde chez Albert Camus. Découvrir qu’il n’y a rien et que le monde est vide et sans sens, que nous sommes responsables de nos buts et de leur atteinte, que le sens ne nous est pas donné, mais que ce qui nous a été donné c’est la capacité à donner du sens à notre vie, est une expérience du tragique. »

Claude Rochet, Le nihilisme aujourd'hui, extrait de Gouverner par le bien commun.