Aller au contenu


que pensez-vous de ce texte


  • Please log in to reply
1 réponse à ce topic

#1 roansun

roansun
  • Invités

Posté 09 février 2006 à 19:05

Poésie


--------------------------------------------------------------------------------
ACCUEIL | A MA SOEUR
--------------------------------------------------------------------------------
MANFRED KEEL | MONSIEUR PIN | ERICH VON NEEF ET SES PUTAINS COCAINOMANES
--------------------------------------------------------------------------------



AFFICHE ANONYME RENCONTREE DANS LA RUE




Comment s'opposer, lorsque le pouvoir est construit sur toutes les concurrences? Le vote et l'abstention, les drogues et le sport, le nationalisme et le cosmopolitisme, le kitsch et l'art élitaire, le puritanisme et la pornographie; toutes ces choses sont dans les mêmes mains, instruments du même pouvoir.

Si l'art était nécessaire, il n'aurait pas besoin de caste. Même fatigué après leur labeur, les travailleurs s'y mettraient avec ardeur.

La "démocratie" en Albanie: transformer les écoles en églises.

Il y a un moyen d'éliminer une partie de la population et d'en avoir l'air totalement innocent, étranger. Les économistes ont ce moyen: il s'agit de créer un contexte économique dans lequel la catégorie choisie de la population disparaîtra. Il y aura peut-être des morts, sûrement des exils, mais surtout, la perte d'une certaine identité, le transfert dans d'autres catégories par l'impossibilité de continuer à faire les mêmes gestes que par le passé.

De même que nous avons du café et du miel solidaires, il nous faut des trains solidaires et écologiques, des supermarchés dans lesquels on paye selon revenu, des caméras autogérées, des fusils faits avec des produits justement rétribués, dans des conditions de travail agréables et sûres, et tant mieux si ce sont des charrues, des tracteurs, ou des consoles de réalité virtuelle.

Collaboration
Les "parvenus" servent de "visage humain du capitalisme" et de "contact" entre les classes, parce qu'ils "comprennent" la classe "leurs parents".

Oppression
La voie ferrée, l'usine, le stade, la cimenterie et ses tas de graviers, un terrain de pétanque.

Quel événement peut pousser a une insurrection populaire mondiale, de quelle manière ce courant peut-il être irréversible, renverser l'oppresseur et laisser être la république populaire mondiale?

La conquête de ce nouveau monde ne se fera pas sans violence. Nous appellerons cette conquête "découverte", et nous donnerons à cette nécessaire violence la forme de génocide de classe, car c'est l'unique solution pour que nous puissions baptiser le peuple découvert "société sans classe".

Je suis partout conscient de ma liberté extrême: l'art est le lieu de toutes les traîtrises.

Il y a cette idée qu'il faut commencer par soi-même lorsque l'on veut changer les choses. Cette idée me paraît dangereuse. Evidemment il y a un travail à faire sur soi-même et ce travail est constant. Mais il faut se garder de trop s'éloigner de la réalité des autres en faisant ce travail. Si Je dis "oui, il faut commencer par soi-même, mais je suis déjà dans la phase suivante", on me traitera de prétentieux, mais il n'en est rien: comme je le disais, ce travail sur soi est constant; prétendre le mener à bout est prétentieux et attendre le moment pour passer à la phase suivante, publique, politique, c'est se poser en maître, parfait, au milieu de la populace, qui a tout à apprendre. Non. Evidemment, je veux montrer l'exemple, mais je veux avancer avec les autres. Il me paraît beaucoup plus convaincant de donner l'exemple en apprenant, en découvrant, qu'en donnant des leçons, un modèle achevé.

Transparence révolutionnaire,
parce que c'est la conservation qui rend opaque, parce que c'est la transparence qui rend inacceptable l'oppression, les privilèges et le développement inégal, et qui révèle les faits. La transparence peut empêcher une forme de prise du pouvoir par le peuple, mais à quoi bon être maîtres sans l'être totalement et en toute conscience?

Où sont nos bases révolutionnaires? dans nos têtes? dans nos actes? entre nous et autour de nous, là où nous les portons? Quand les inscrirons-nous sur la carte?

Les nécessités comme ornements de la vie.

Une certaine tristesse est inévitable.

A la recherche du bonheur, la société des hommes ne doit pas chercher à éliminer la tristesse, ni à en rejeter la responsabilité sur les individus!

La première guerre mondiale ou la guerre du Viêt-nam étaient déjà des guerres propres, dans le sens qu'aucun cadavre ne jonchait le sol des Etats-Unis. Quant au sol d'Irak, il est tout aussi puant de cadavres d'hommes et de machines que ne l'était le sol de Verdun ou du Viêt-nam. Cependant ce ne sont que des cadavres ennemis, dont l'odeur ne nous parvient pas aux narines. Nous n'avons pas à subir la nauséabonde proximité de nos cadavres avec leurs charognes.

Tous les irakiens n'ont pas été tués par les bombes, mais les bombes ont rendu leur vie impossible.

Si on parlait moins précipitamment, on n'aurait plus cette confiance absolue dans ce qui est écrit.

Je ne respecte pas plus les armées qui n'envoient que des hommes au front que celles qui envoient aussi des femmes et des enfants. Je suis un mâle, mais moi aussi, je veux vivre joyeusement.

La "paix sociale" est une paix signée avec l'esclavage.

Les pierres commencent à parler à nouveau: rébellion!

Plus de la moitié de la population mondiale travaille en prison, et je ne sais si c'est moi qui les force au travail où si je suis un prisonnier favorisé, qui profite du travail du reste de la population carcérale.

Dans les dix années qui vont venir, rien ne va changer. Pas le moindre frémissement ne pourra être obtenu par ceux qui veulent le monde nouveau. Toute gesticulation est inutile aujourd'hui. Ruminons dans notre coin, projetons, mettons au point ce dont nous aurons besoin dans l'urgence dans quelques dizaines d'années, préparons la longue et profonde révolution sociale et culturelle, fondons la république populaire mondiale en formation.

Tes pensées les plus secrètes, on les retrouve dans des millions de têtes, de classes différentes, d'idéologies différentes, de générations différentes...

Pour fonctionner, I'économie suisse a besoin qu'un certain nombre de travailleurs acceptent des conditions de travail qui seraient illégales en Suisse: expatrier la machine de production pour qu'elle se taise!

Pour nous: rien, pour tous: tout!

Je suis contre la peine de mort, mais je la trouve comparable aux peines infligées en Suisse par exemple. L'emprisonnement de longue durée est souvent pire que la peine de mort. Il y a plusieurs sortes de peines de mort: les ouvriers meurent plus jeunes que leurs maîtres. Parce qu'ils croient qu'un jour ils vivront autrement, beaucoup de gens se détournent de la mort. Les peines de mort les plus expéditives sont les plus humaines.

Nous vivons constamment sous la menace de perdre le peu que nous avons, parce que ceux qui accaparent courent toujours et accaparent de plus belle.

Au Kurdistan, l'armée turque réclame le droit d'utiliser le napalm.

Affiche trouvée à Genève, rue des Sources.





--------------------------------------------------------------------------------



MANFRED KEEL



Citoyen trop sage

l'A.M.I.te veut en cage



En tout lieu de nos jours où citoyen trop sage

Face aux lois du marché n'oppose plus message

Madame la finance au cours de son passage

Planifie la pensée libre de tout barrage



Les flots dévastateurs du mythe économie

Inondent les nations depuis des décennies

Etouffant sous leurs eaux le désir d'harmonie

De tous les peuples avides d'autonomie



Dans les champs critiques labourés avec peine

Tant de pensées jadis semaient de bonnes graines

D'espoir et de savoir en de vastes domaines

Où "L'Homme révolté" trouvait une fontaine



Noble Démocratie mère des libertés

Bel A.M.I. aujourd'hui veut te décapiter



Manfred Keel





--------------------------------------------------------------------------------


MONSIEUR PIN





Pour un cadastre du libertinage.

La transpiration vernit le corps des actionnaires qui, aimant les voies nouvelles, ne les explorent pas jusqu'au bout.

Sur la chair, la peinture permet toutefois d'ajouter un horizon (sous peine de malentendu).

"Est ce toi que j'aime ou la sensation que tu me donnes?", se demande l'objet halluciné d'une vision.

Le sexe de la femme crie : "Abuse de moi!", tandis que son moi dit "Tu n'obtiendras rien". L'étranger la pénètre et la subjugue d'un coup. Il est accepté et le "malgré moi" devient le "pour moi". L'intéret de cette thèse est qu'elle modifie la condition du moi.

Poème d'ouverture et poème de conclusion. Entre deux, l'écho se perd dans l'expérience car la fascination ne se mesure qu'à l'impossible.

Dans ces conditions, l'identité dépasse la mort dans un mouvement raffiné qui reproduit la syncope du regard.

Après cet accès au centre nerveux vient la méditation du reve.



Un auteur contemporain.

Je m'interroge sur le motif de la destruction. Mieux, je m'interroge sur le motif de la déconstruction. Si on me donne à lire un itinéraire philosophique, je le prendrai au lieu d'aisance, quitte à censurer une amitié.

Je n'ai pas la passion de la littérature. Les maitres bégayent et les mystères de la trinité n'apportent que folie en démocratie.

Non, je préfère décomposer les instants jusqu'à la fin du monde et, une fois le siècle traversé, mettre en pratique l'esprit humain contre le désenchantement.

C'est ce qu'on appelle la révolution des pouvoirs.



Mon ambition de monopoliser une part de soleil.

J'aimerais me prendre à un nuage pour qu'on ne puisse pas me décrocher.

Je jouirais alors d'un petit moment pour me reposer un peu, j'oublierais ce qui pousse à vivre, je m'occuperai de moi. Surtout, je n'aurais plus à attendre.

Qu'on m'appelle "le maitre du ciel sur l'arbre éternel" ou "les pieds qui nous bouchent la vue", le trou formé autour de moi mettrait tout le monde d'accord sur l'urgence d'un nettoyage de ces fragments du ciel.

C'est ainsi qu'on tue le destin et que le bonheur, comme tout ce qui est éternel, finit dans le fondement de ce qui est nouveau.



Démonstration de vocabulaire.

Dilacérer boustrophédone, biseauter Véronique. Bref, j'encule le dictionnaire.



Je préfère les silences de la phrase car l'écart entre les mots et leur sens crée la tension nécessaire au progrès (voire même un espace suffisant pour se moucher discrètement).

Verdict : "Causalité fausse".

Sur la base de notes insuffisantes, le professeur peut me dire : "Vous reculez". Vraiment? Il me suffit alors de tourner le dos à l'avenir pour aller dans la direction du progrès. De plus, dans cette position, le visage reste sauf des éclaboussures.

Lui-même ne peut réhabiliter son linge sale par la pensée; je l'imagine mettre de l'amour en poudre dans la machine à laver et enclencher le programme pour renvoyer la saleté dans son monde opaque et ordinaire. Pendant le lavage, il s'assoit en tailleur dans l'herbe et se masse les pieds avec un poulet non consentant.

Agresser les choses est une façon de s'assurer de leur réalité, non?

A bientot, donc.



Une vie secrète.

Au début, je voulais me défaire de l'obscurité par l'écriture.

Ensuite, j'ai acheté une lampe de poche.

Ensuite, j'ai pensé qu'il devait y avoir une forme acceptable d'obscurité. Pour y accéder, j'ai essayé de trouver un vagin qui accepte ma tete.

Après avoir perdu beaucoup de cheveux, j'ai tenté le dialogue.

Réalisant que le dialogue était une confrontation, j'ai cherché le silence.

Un oiseau ou une pensée bruyante suffisait à rompre cet équilibre. C'est pourquoi je me suis muni d'un fusil.

Parfois, l'écriture conduit au charnier.



Un miroir sans merci.

Je disais à l'assemblée : "Le silence est pollué par les pensées".

Certains se sentirent coupables au point que leurs habits disparurent. Nous les mangeames crus et donnames leurs os aux pauvres sans maison.



Penser contre soi, perdre pour gagner, avoir conscience du péril, déchiffrer le mystère du monde, comprendre la modernité, faire un choix magique ou analytique, lire un texte ou actuel, radiographier ses molaires ou rester perplexe face au sucre...

Meme Rimbaud a reculé.

A minuit, j'aime me transformer en spéculum. Je suis condescendant envers la montagne, je fais des constats de fanaison, des mises en boite de monstres.

A l'aube, seul subsiste mon désir de mémoire.



Ils ont traversé la mer pour connaitre le nom de l'arbre. Les rois borgnes ont amené des cadeaux. Leurs obligations accomplies, ils courent après les belles infidèles dans les ruines de Rome. La femme du botaniste et l'Italienne au rucher ont droit au bonheur de l'imposture.

Dans une paroisse de sable connue pour son catéchisme, les enfants découvrent la plage de l'ennui. Un alphabet dérisoire charpente la leçon, les miracles ont lieu à une cadence militaire : l'avenir recule, quelqu'un sans visage vous regarde, parle sans voix, touche sans main, enfante sans...

Si cela est vrai, il ne nous reste plus qu'à attendre qu'une étoile veuille bien tirer la langue pour nous signifier que les reves ont cessé d'etre castrés.

Monsieur Pin



  


--------------------------------------------------------------------------------



ERICH VON NEEF

Les Putains cocaïnomanes (extraits)





Encore une femme sur scène



Ainsi donc, nous voilà devant l'entropique esthétique

Soixante-six ans d'ordure

Dépouillage charnel d'une pornographie négative

C'est cette femelle d'exception que l'on recherche

Pour une audience pleine de vie

Si ce doit être de l'art brut

Incarnant toute l'intensité du Zeitgeist*

Et non pas seulement le Néant universel, toujours dans le vent



* L'esprit du siècle, l'air du temps (NDA)





Fragance



Sur les pistes de décollages

Fracas de bas résille centrifuges

Révélation pour

Absorption en thérapie de groupe

Menée dans une boîte de nuit

De crânes chauves

Affligés d'une maniaque dépendance sexuelle



Messieurs, messieurs

L'arôme émane une chaleur délicieuse

Résolument magnétique

Ultra moite

Prématurée





Massacre sur la Dixième Avenue



Scrutant les cieux

Au zénith de l'opéra

La p'tite Suzie traque

Une silhouette en ombres chinoises

Accostant son ombre soeur

Dans le noir



En marche pour la mise à mort

Carnage sur la Dixième Avenue

La stripteaseuse

Et le Big Boss



Impénétrable la p'tite Suzie traque les

Contorsions mortelles de la ballerine

Vite comme la foudre

Elle pointe sur la silhouette suspendue

Bang. Bang. Le nez d'un Lüger allemand

Seule contrainte: l'art pour l'amour de l'art

Maîtresse au monocle

D'une élégante clique



L'orchestre attaque

Elle sollicite: "Veuillez interpréter la Marseillaise"

"Pour le sang des patriotes

Pour l'honneur des putes"





Complètement foutu



Nos instincts d'accouplement nous portent à penser

Que les têtes translucides n'entraînent pas de dépendance

Il existe une fiche en archive

Qui soutient ces tendances

Les designers vous recommandent de vous munir d'un miroir à main

Quand vous vous mettrez en chasse

Souvenez-vous: les yeux peuvent être ouverts de l'avant aussi bien que de l'arrière

Et les supports sont en vente dans la plupart des magasins

Si vous êtes assortis, par paires monchromes

Coordonnez les sensations portatives





Lilliputiens



La tapineuse androgyne bardée de muscles

Un nouveau modèle du genre obéissant

Chaussée d'audacieux talons aiguilles de métal

Abaisse au finish le drapeau à carreaux sur chacun d'eux

Devant le Sporting Club

Garante de nouveaux critère de performance

Spécialisation et contrôle

Dans un déploiement de

Talons aiguilles de métal, talons aiguilles de métal

Obsessions

Grinçant au plus profond de toi



Doit-on réserver?

Noue un ruban autour

De la peur elle-même

La reconnaissance ne met pas un terme au danger

Les indiivdus remarquables incitent à la reddition complète



Erich von Neef







--------------------------------------------------------------------------------
ACCUEIL | A MA SOEUR

#2 roansun

roansun
  • Invités

Posté 09 février 2006 à 19:27

ce copie collé n'est-il pas dans l'air du temps . d'abord une affiche qui mérite réflexion...puis un pouet  qui délire et mélange un peu tout . Ce pouet sent bien que les choses ne peuvent pas continuer comme cela .

mais si l'affiche est claire (que l'on soit d'accord ou pas ) ...le pouet , lui , tout en ayant fait sienne cette affiche , s'enfonce dans son délir de révolte avortée , de tristesse nécessaire mais infructueuse, de pulsions qu'il poétise pour avoir l'impression de ne pas être tout à fait la bête qu'il pressent en lui et donc d'avoir quelques droits de critiquer les oppresseurs.

Alors , révolution...oui...mais laquelle ? Faut-il de nouveau s'enfoncer dans les eaux grasses des intellectuels de gauches , ou bien dans les simplicités morbides des fascites mégalo-monolytho-mégalitiques ? Hmmmmmm...? :-?