Le H5N1est mal accueilli chez l'homme
LE VIRUS DE LA GRIPPE aviaire est peu dangereux pour l'homme. En fait, il trouve peu de cellules pour l'accueillir!
Alors qu'il est extrêmement redoutable pour les oiseaux, le virus H5NI semble incapable d'être aussi méchant pour l'espèce humaine. Il a certes tué une centaine de personnes, mais s'il était le virus tant redouté, l'hécatombe serait nettement plus significative. Cette incapacité intrigue les scientifiques. Ce jeudi dans Nature et demain dans Science, des virologues lèvent un petit bout du voile: le problème tient à la localisation des cellules auxquelles le virus doit s'amarrer.
Petit rappel: le virus est un être fruste qui a besoin de parasiter une cellule pour survivre et se multiplier. Le virus de la grippe entre dans notre organisme par les voies respiratoires et c'est là, quelque part entre le nez et les poumons, qu'il doit trouver des cellules pour l'accueillir.
Ce qui implique l'existence d'un récepteur auquel il peut s'accrocher. Il en est - nous schématisons très fort - de deux types: le 2,3 et le 2,6. On sait que les virus aviaires ont une affinité très grande pour le récepteur 2,3. Jusqu'ici, personne ne savait vraiment où se trouvent les deux types de molécules.
Risque relativement minime
Deux équipes scientifiques (au moins...) se sont posé la question, dans une perspective d'ailleurs assez différente. Celle de Thys Kuiken (Rotterdam) visait à déterminer quel animal constitue le meilleur modèle pour reproduire la grippe humaine, celle de Yoshihiro Kawaoka (Universités du Wisconsin et de Tokyo) cherchait à comprendre la raison de la faible infectivité humaine du H5N1.
Dans l'un et l'autre laboratoire, il s'est avéré nécessaire de dresser une cartographie de tout le tractus respiratoire en fonction de la localisation des cellules porteuses des deux récepteurs. Il en ressort que le récepteur 2,6 est très présent dans les voies aériennes dites supérieures (nez, gorge...), ce qui nous rend très vulnérables vis-à-vis des virus de grippe humaine et que pour trouver du 2,3, il faut aller beaucoup plus profond. Cela signifie que le risque pour l'homme d'être infecté par le H5NI, du moins dans sa version actuelle, est relativement minime, que ceux qui en sont tout de même atteints souffrent d'une pneumonie généralement très grave, mais qu'ils transmettent peu de virus autour d'eux. Ceux-ci sont en effet surtout disséminés par les crachats, les éternuements, les aérosols produits lors de la toux... lorsque les voies aériennes supérieures sont infectées.
Pour ce qui est de l'autre question, il semble que, chez le furet et le chat domestique, la répartition entre les deux types de récepteurs est comparable à celle qui prévaut chez l'homme.
JACQUES PONCIN
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Ah ben tiens, il est où cet affreux virus qui va tuer toute la population? On nous aurait donc menti? Non?? Est-ce-possible?










