Posté 03 décembre 2005 à 03:43
Interessante ton hypothèse Daman! Il est possible en effet qu'un problème d'ordre physiologique suffise à lui seul à provoquer l'apnée du sommeil et que le message d'alerte du corps se manifeste au travers du rêve par la matérialisation d'un incube, succube, entité ou encore égrégore de toute sorte. Mais l'inverse est possible aussi.
J'y vais de ma petite histoire. Une nuit alors que j'étais profondément endormie, j'ai pris conscience subitement que j'étais en état de sommeil. C'est alors que j'ai vu ma chambre par le front, tout en ayant les yeux clos. De là, j'ai vu une sorte de voile noir flotter au-dessus de mon corps. Subitement il s'est plaqué sur mon thorax me comprimant la poitrine. C'était tellement lourd!!!.... Comme si on venait de déposer une enclume sur le torse, je n'arrivais plus à respirer! A cet instant, j'ai bien cru que j'allais mourrir tant l'air me manquait pour respirer. J'ai demandé à l'Esprit (appelez-le Grand-Esprit qui est TOUT, Dieu ou comme bon vous chante)... j'ai demandé donc à l'Esprit pourquoi il n'intervenait pas, pourquoi il ne me délivrait pas. En fait, c'était une question que je posais en moi-même. Il m'a répondu: "Invoque-moi, et je viendrais!" Alors j'ai dit: VIENS!!!
Une flamme de feu s'est alors matérialisée et s'est mise à tourbillonner. Bien que je sois couchée sur le dos, elle est passée au travers du matelas, a traversé ma poitrine en repoussant le voile noir qui consummait mon souffle vital. Ensuite seulement, j'ai pu ouvrir les yeux et bouger mon corps.
Mais après cela, je restais incapable de dire ce qu'était ce voile noir. Pour moi, ce n'était pas mon imagination, ça ne faisait aucun doute.
Quelques semaines plus tard, je me suis rendue dans l'Aveyron pour bosser en cuisine pour une durée de trois semaines. Il s'agissait d'un camp de vacances et les vacanciers étaient un groupe de chrétiens au nombre d'une cinquantaine.
Il leur arrivait souvent de célébrer leur culte en plein air pendant que j'étais occupée à ma tâche. Et durant la première semaine, je ne sais pas pourquoi, je chialais pour un oui pour un non. Mon mari, à l'époque, qui bossait avec moi était, le pauvre, regardé d'un mauvais oeil, par tous les bien-pensants, qui s'imaginaient qu'il était responsable de ma tristesse, de mon abattement. Pourtant il n'y était pour rien et moi je n'y comprenais rien.
Un jour, une des personnes du groupe est venue me voir en cuisine pour m'inviter à me joindre à leur culte. Mais vu que j'avais du boulot, j'ai refusé poliment. Elle s'est proposée de me remplacer et insistait pour que je rejoigne les autres, histoire de me détendre un peu: j'ai fini par accepter pour ne pas la vexer. Je me suis placée au fond alors que le pasteur présentait quelqu'un à l'assemblée. Un gars qui avait soi-disant un ministère prophétique et qui avait fait un détour de 50 kilomètres pour venir jusqu'ici, se sentant poussé par l'Esprit à délivrer un message, pour une personne en particulier.
Il a commencé à dire: Il y a une personne ici qui porte le voile du deuil. Il s'agit d'une femme. Ce voile, elle le porte depuis longtemps, trop longtemps maintenant au point que ça l'étouffe même quand elle dort. Moi je ne sais pas qui tu es... mais toi, tu sais qu'il s'agit de toi.... tu sais que c'est de toi que je parle.
Tu te reconnaitras certainement.
Et moi, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Tout mon corps s'est mis à trembler et les larmes montaient. Heureusement j'étais au fond.... j'avais tellement honte à cause des personnes à côté de moi, qui pouvaient remarquaient que quelque chose n'allait pas chez moi. J'aurais voulu me cacher dans un trou bien profond et disparaître à la vue de tous. De mon siège, je me suis inclinée jusqu'à finir par blotir la tête entre mes genoux. Histoire de venir à bout de ces tremblements violents et de dissimuler les larmes aussi. Mais je pouvais malgré tout l'entendre parler. Et je ne comprenais pas comment un inconnu pouvait savoir des choses si intimes et secrêtes me concernant, n'en ayant parlé à personne auparavant. Trois ans avant, j'avais perdu ma maman, dans des circonstances plutôt violentes. Et je me rendais compte seulement en écoutant cet homme, que je n'avais pas guérie de mon deuil encore, que je trimbalais ma douleur et m'y étais habituée.
J'ai entendu l'homme m'inviter à me lever pour prier avec lui. Mais moi j'étais incapable de mouvement... inapte à l'action... transie de peur je crois, et de honte surtout. Au final, voyant que son invitation à se lever n'était pas écoutée, il a dit: "C'est pas grave. Mais quand tu auras un moment, seule dans ta chambre, je t'invite à déchirer symboliquement ce voile du deuil afin que ton regard ne soit plus jamais obscurci et que ton souffle va et vienne à nouveau librement dans ta poitrine et que tu vives... tu vives pleinement. C'est le temps de la vie à présent, laisse le deuil, c'est fini!"
Après le culte, il est venu me voir pour me serrer la main. Et j'ai compris dans un regard qu'il savait... que j'étais la personne désignée. Je lui suis reconnaissante de n'avoir rien dit de plus, et de respecter le silence qu'imposait la pudeur de ce que je vivais au dedans.
Bien sûr que je l'ai déchiré ce voile, sans témoin, seule avec l'Esprit qui pour la deuxième fois s'était manifesté à moi.
Aujourd'hui je continue à croire que ce voile noir aussi lourd qu'une enclume et m'empêchant de respirer était le poid du deuil. L'esprit de deuil est un égrégore puissant, comme l'est la culpabilité, la haine ou le ressentiment. J'ai l'intime conviction que ce que nous vivons dans l'intimité de notre être, nos émotions les plus cachées, nos blessures les plus secrêtes, ouvre les portes de mondes inférieurs et subtils et permettent la manifestation d'égrégores dévoreurs de vie, affamés du souffle des vivants. Ce n'est pas une fatalité, parce que finalement, il faut toucher le fond pour trouver la force de donner le grand coup de pied salvateur qui ramènera à la surface. Nous sommes toujours les naufragés de nos propres douleurs, quand on en survit.
C'est ainsi que je considère ce type de manifestation, quand la pensée prend corps.... avant même d'envisager que l'inverse soit possible. A mon niveau tout du moins, je crois que le corps sommatise.
Amitiés!