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LEMONDE.FR | 26.01.06 | 14h16 • Mis à jour le 26.01.06 | 15h27
L'île de la Réunion pourrait être paralysée par l'épidémie de chikungunya, une maladie virale proche de la dengue, qui touche à l'heure actuelle 5 % de la population. Même si la maladie est relativement bénigne et qu'aucun cas de transmission de personne à personne n'a été confirmé, les dons de sang sont suspendus et la rentrée des classes, après les vacances d'été australes, a été reportée dans le secondaire sur décision du préfet. Les maires de l'île pourraient également reporter la rentrée dans les écoles primaires.
Selon la préfecture du département d'outre-mer, depuis le début de l'épidémie en mars, 22 167 personnes sont tombées malades et l'épidémie continue de s'étendre. D'après le directeur général de l'Institut de veille sanitaire, Gilles Brücker, en visite dans l'île à la demande des ministères de la santé et de l'outre-mer,"on doit s'attendre à dépasser les 30 000 cas".
Au cours de la dernière semaine, 5 600 nouveaux cas ont été constatés, surtout dans l'est et le sud de l'île, et autant au cours de la deuxième semaine de janvier. Le nombre de cas recensés a fortement progressé depuis la fin décembre et la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) admet que les chiffres officiels sont sous-estimés. En raison de l'ampleur prise par le phénomène, les médecins de l'île n'ont pas toujours le temps de transmettre aux autorités sanitaires leurs données sur les nouveaux cas déclarés.
RÉPONSE DES AUTORITÉS
Une mission conjointe des ministères de Xavier Bertrand et François Baroin a été dépéchée à la Réunion mercredi 25 janvier pour dresser un bilan de la lutte engagée contre l'épidémie avec les professionnels de la santé et les élus locaux. Pour le gouvernement, les deux priorités dans la lutte contre l'épidémie sont l'élimination du moustique vecteur de la maladie et l'information et la sensibilisation de la population et des médecins.
Malgré un net renforcement des moyens de lutte, aucun recul de l'épidémie n'a encore été constaté. Onze brigades spéciales, dont quatre composées de militaires, sont à pied d'œuvre dans toute l'île pour des opérations de démoustication systématiques, quartier par quartier. Des agents, encadrés par les pompiers, ont également été recrutés par les maires.
En complément de l'action de la cellule de crise réunissant l'ensemble des autorités concernées, la Drass a demandé une "mobilisation générale" de la population pour recenser les nouveaux cas. Un million d'euros a été dégagé pour engager une campagne dans les médias écrits et audiovisuels.
Avec AFP et Reuters
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Le virus du chikungunya, identifié pour la première fois en 1953, n'est pas mortel, mais il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux pour s'en prémunir.
La maladie se traduit par une forte fièvre (plus de 39 °C), des éruptions cutanées, des douleurs articulaires, souvent dans les doigts et les genoux, obligeant le malade à se déplacer courbé, d'où le nom chikungunya, "celui qui marche courbé" en swahili.
En l'absence de traitement connu, les médecins recommandent simplement repos et prise d'anti-inflammatoires. Les patients restent invalides et très fatigués pendant des semaines voire des mois.
Répandu en Afrique sub-saharienne, en Asie du sud-est et, depuis 2005, dans l'océan indien, il est transmis par les moustiques qui prolifèrent au moment de la saison des pluies, de décembre à avril.
Source: Le Monde.fr










