le dormeur, le Samedi 17 Juin 2006 à 20h38, dit :
Illusion, les dauphins, les baleines, se suicident régulièrement. Il n'y a pas d'histoire de meurtre. Ce sont des "suicides collectifs" !! Personne ne sait vraiment pourquoi. Plusieurs théories sont avancées mais elles sont loin d'être sûres; pour ma part, je crois que ces suicides sont des signes qu'ils nous adressent, comme s'ils voulaient communiquer avec nous.
Qu'en pensez-vous ??
Quelques théories possibles :
Citation
Pour ce qui est des sonar, voici un article qui date un peu (il a 14 ans):
Zoologie
Brouillage meurtrier
Deux chercheurs viennent d'établir une corrélation entre les « suicides » collectifs des baleines et les manoeuvres militaires de la marine : les émissions sonar des sous-marins et les bruits divers des bateaux viendraient brouiller l'écholocation (émission d'ultrasons et analyse de l'écho) qui permet aux cétacés de se diriger sous l'eau. Ainsi aveuglés, ils vont s'échouer sur les plages qu'ils n'ont pas détectées.
par Didier DUBRANA
Les Américains ont remis à une date ultérieure un projet de recherche scientifique qui pouvait avoir de graves conséquences écologiques. Il s'agissait de faire du bruit dans les océans pour évaluer le réchauffement de notre planète du à l'effet de serre (1). Ce réchauffement de l'air se répercute obligatoirement dans les océans en raison de l'échange permanent des deux fluides (air-eau) à la surface des océans. Or, l'étude de la transmission des sons dans l'eau permet d'évaluer ce changement de température, car les ondes sonores se propagent plus rapidement dans l'eau chaude que dans l'eau froide. « Si les océans se réchauffent, le temps de voyage des ondes pourrait être raccourci de 0,1 à 0,2 seconde par an sur 15000 km », dit Walter Munk, océanographe à la Scripps Institution of Oceanography. Il a donc proposé de faire du bruit dans l'eau, et de calculer le temps de transmission, grâce à des enregistreurs placés à distance de la source. Mais quel bruit ! Pour que les ondes sonores puissent se propager sur de grandes distances jusqu'à 18000 km de leur source), Munk n'a pas lésiné : il a proposé d'immerger cinq haut-parleurs au large de l'île de Heard, île volcanique et glaciale de l'océan Indien, près de l'Antarctique (53 sud). Cet emplacement stratégique ouvre plusieurs chemins aux ondes : vers le nord dans l'océan Indien, à l'est dans le Pacifique, et à l'ouest dans l'Atlantique.
Toutes ces ondes parcourront alors quasiment le tour du monde, atteignant San-Francisco par l'ouest et les Bermudes par l'est en trois heures et demie. Les haut-parleurs « cracheront » 209 décibels, intensité équivalente à celle perçue à la sortie d'un réacteur de gros porteur. Pareil bruit provoquerait, chez l'homme, non seulement la surdité instantanée, mais sans doute la mort à plus ou moins brève échéance. En plus, le déroulement de l'expérience ne se limiterait pas à un seul gros pétard dont les répercussions se feraient entendre dans les océans du monde mais nécessite des séries d'émissions d'une heure entrecoupées de périodes de silence de la même durée, et cela pendant dix jours consécutifs. Selon Munk, l'intensité du bruit s'atténuerait suffisamment vite pour que les animaux marins n'en soient pas affectés. Toutefois, dans sa première demande d'autorisation formulée à la National Oceanic and Atmosphere Administration (NOAA), il précisait qu'une dizaine seulement de cétacés et une centaine de pinnipèdes (phoques, lions de mer et morses) pourraient se sentir agressés par l'expérience.
Or, une telle opération n'ayant jamais été réalisée auparavant, personne ne savait vraiment à quelle distance l'intensité du bruit tomberait au-dessous du seuil de tolérance des mammifères marins, seuil lui-même mal défini. Une vive controverse opposa ceux qui disaient qu'un bruit sous-marin de 209 dB s'atténuerait jusqu'à 120 dB en une cinquantaine de km, et d'autres, qui pensaient qu'il ne tomberait pas à ce niveau avant quelque 800 km. En janvier dernier, la répétition in situ de l'expérience du Dr Munk clotura le débat. Sous l'eau, le bruit porte bien plus loin qu'on ne le pensait, puisque des intensités de 124 dB furent enregistrées à 1000 km des émetteurs. De quoi terroriser doublement les mammifères marins, qui non seulement s'orientent grâce à une sorte de sonar (écholocation, voir plus loin), mais qui communiquent également par des sons. Les baleines, notamment, se « parleraient » à grande distance par l'intermédiaire de bruits modulés, qui nous semblent étranges et que l'on a comparés à des chants.
Face à cette situation nouvelle, Munk a modifié les termes de sa demande, et revu ses chiffres à la hausse : plus de 200 000 cétacés et 100 000 pinnipèdes pourraient se sentir agressés ! Du coup, son expérience a réveillé une polémique qui passionne les zoologistes du monde entier : la vie des mammifères marins est-elle oui ou non menacée par les émissions sonores en tout genre qui encombrent désormais le fond des océans ?
Pour William Watkins et Peter Tyack, membres de la Woods Hole Oceanographic Institution, rivale de la Scripps, cela ne fait aucun doute. L'expérience de Munk risque de perturber le comportement alimentaire et de brouiller les communications entre les mammifères marins sur des milliers de kilomètres carrés correspondant à leurs zones d'habitat et d'alimentation. Au pire, l'intensité même de l'onde peut tuer les mammifères.
Sur ces entrefaites, un rapport publié récemment dans la revue Science vient apporter un appui inattendu aux défenseurs de la faune aquatique. Le Pr L. F. Lopez Jurado, de la faculté de médecine vétérinaire de l'université de Las Palmas (capitale d'une des provinces des îles Canaries) et le Pr M. P. Simmonds, de la faculté des sciences biologiques de l'université de Londres relatent de nombreux échouages collectifs de baleines qu'ils soupçonnent d'être le résultat du bruit des bateaux militaires. En octobre 1989, 24 baleines de trois espèces différentes se sont échouées sur les côtes de Fuerteventura, une des îles Canaries, pendant des manoeuvres militaires de la marine au large de ces îles. La plupart étaient des baleines à bec (Ziphius cavirostris), espèce dont les échouages sont extrêmement rares. Ces chercheurs ont approfondi leurs investigations sur les conditions des échouages précédents, rapportant ainsi une série de coïncidences pour le moins troublantes. En 1985, 12 baleines d'espèces différentes se sont échouées sur la même île alors que des manoeuvres militaires avaient lieu au large. En 1986, 4 baleines, dont 3 Ziphius, s'étaient également échouées sur l'île, et deux autres, des baleines pygmées (Kogia breviceps) sur l'île voisine de Lanzarote, toujours au moment de manoeuvres militaires dans leur voisinage.
Ces chercheurs ont alors enquêté sur d'autres échouages de baleines dans le monde. Un échouage, au Venezuela, était associé à une explosion sous-marine pendant des manoeuvres navales. Un autre, en Corse, était de toute évidence d'origine humaine, puisque les corps des trois baleines (encore des Ziphius) et d'un dauphin étaient criblés de balles. Mais la biologie des cétacés est très mal connue, et l'on ne peut que spéculer sur l'association entre le bruit provoqué par les navires de guerre et les échouages massifs : il est fort possible que l'invasion par les navires du territoire des cétacés puisse également repousser les animaux vers les côtes où ils sont échoués.
Anne Collet directeur adjoint au Centre national d'étude des mammifères marins de La Rochelle (2) confirme les soupçons de ses collègues tout en précisant « qu'il est évident que l'émission des ondes sonores des bateaux en tout genre peut interférer avec celles du système d'écholocation des cétacés. Les échouages collectifs reposent donc sur un brouillage de leur système d'orientation. » Mais, poursuit-elle, ... « ces animaux très populaires restent encore mystérieux pour les scientifiques. »
On connaît le fonctionnement de base du sonar des dauphins, par exemple, qui émet des ondes variant entre 40 et 170 kilohertz. Ce bruit provient du mouvement de la membrane de trois paires de sacs aériens situés autour de l'extrémité du conduit respiratoire qui débouche par l'évent, orifice perçant la surface du crâne. Ces ultrasons sont envoyés en permanence sous forme d'impulsions ressemblant à un cliquettement émis à une fréquence de 30 à 800 par seconde. Leur écho est capté par la mâchoire inférieure, qui contient une huile extrêmement fine canalisant le son jusqu'à l'oreille interne de l'animal. Enfin le nerf auditif achemine l'information jusqu'au cerveau.
Si le dauphin a produit des ultrasons de grande longueur d'onde (les fréquences les plus basses), il aura une image globale mais floue de la topographie de son environnement. Cela est suffisant pour s'orienter. En revanche, le mammifère cétacé passe à des fréquences plus élevées lorsqu'il a besoin d'affiner cette image, jusqu'à discerner chaque poisson d'un banc durant ses chasses quotidiennes (la dimension minimale de l'objet décelable étant proportionnelle à la longueur d'onde du son émis). Ces performances ont fait l'objet de multiples expériences scientifiques au cours desquelles on a prouvé que les dauphins peuvent distinguer les unes des autres des billes de plomb de diamètres à peine différents ; ou bien de même circonférence mais fabriquées dans un métal différent (cuivre et aluminium).
L'image sonore que reçoit un dauphin serait 10 fois plus nette que celle qui apparaît sur l'écran pourtant perfectionné des appareils médicaux d'échographie. « Un dauphin est capable de savoir ce que vous avez mangé à midi », plaisante A. Collet. Une telle finesse n'empêche pourtant pas les cétacés de s'échouer sur les rivages du monde entier. D'ou l'idée que des ondes parasites venant brouiller leurs réseaux d'ultrasons seraient à l'origine de ce que de nombreux observateurs avaient qualifié à l'époque de suicide collectif des baleines.
L'hypothèse du suicide collectif, elle, s'appuyait sur la constatation suivante : dans une troupe entière de cétacés venus s'échouer sur la plage, lobsqu'on en remet un à l'eau, il s'empressait de retourner sur la plage où agonisaient ses congénères. Mais les scientifiques se sont aperçus que les individus qu'ils parvenaient à tirer vers le large étaient toujours les moins lourds donc dus jeunes cétacés. Ces baleineaux nageaient tout simplement pour rejoindre leur mère dont ils entendaient les cris de détresse sur la plage. En effet, les jeunes sont incapables de se diriger seuls puisqu'ils ne maîtrisent la technique du sonar (écholocation) qu'après un long apprentissage aux côtés de leur mère. Le jeune apprend à reconnaître les réactions de sa mère au retour des échos qui n'ont pas tous la même signification. Les uns sont renvoyés par une proie plus ou moins appétissante tandis que d'autres signalent un rocher. Mais comment est donc interprétée l'explosion d'une grenade sous-marine ou le bruit d'un sous-marin ?
Une autre hypothèse qui pourrait expliquer une partie des échouages collectifs repose également sur un problème d'écoute, comme pour le brouillage des ultrasons d'écholocation. Ces accidents ont souvent lieu sur des plages sablonneuses en pente douce. Ces dernières renvoient un écho très mauvais qui échapperait à l'acuité auditive des mammifères marins entraînant du coup une erreur fatale de parcours.
Quoi qu'il en soit, le projet scientifique de Munk sera révisé par la NOAA, qui va convoquer une réunion pour en évaluer les répercussions sur la faune sous-marine. On se demande, par ailleurs, si l'autorité de cette organisation ne devrait pas être remise en cause par une instance internationale, car s'il est vrai que le chercheur qui propose cette expérience est américain, les baleines et autres mammifères marins qui risquent de disparaître ne résident pas dans les eaux territoriales de ce pays.
Selon la revue Science, Edward Munk pourrait abandonner son projet dans sa forme initiale. L'expérience réalisée en janvier dernier lui a prouvé que les sons se propagent dans l'eau mieux qu'on ne le pensait, et qu'il n'est pas nécessaire de faire un vacarme sous-marin assourdissant qui ferait le tour du monde. Plusieurs sources de bruit, à un niveau plus acceptable pour les habitants de la mer et localisées dans les divers bassins océaniques, feront aussi bien l'affaire pour mesurer les modifications éventuelles de la température des eaux. Quant aux armées du monde entier, il est peu probable qu'elles publient un jour le calendrier de leurs manoeuvres d'entraînement par souci du bien-être des dauphins et des baleines. Pourtant ce serait la seule manière de confirmer les observations de M. P. Simmonds et L. F. Lopez Jurado, en attendant de savoir comment le cerveau des cétacés analyse l'écho de leur cliquettement.
Autre hypothèse plus récente :
Citation
Le drame vient quand, à la saison chaude commençante, tout particulièrement en période el niño comme nous le sommes actuellement, la thermocline, surface de variation de température, remonte près de la surface de la mer là où le fond remonte. Alors, les dauphins sont piégés et ne trouvent pas de chemin que la plage, où ils s’échouent, et meurent. Si on tente de les remettre à l’eau, ils reviennent, comme frappés d’une folie destructrice. En fait, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ils tentent de suivre cette thermocline jusqu’à la plage, jusqu’à leur mort.
Explication scientifique du problème de thermocline :
Citation
Car l'autre difficulté rencontrée tient au fait que l'eau de mer n'est pas un milieu homogène. D'une part, la propagation est perturbée par le relief du fond, les animaux marins et le plancton. D'autre part, la célérité du son varie en fonction de la température (la bathythermie) et de la pression (et marginalement de la salinité). Ces paramètres varient avec la profondeur, mais entre 30 ou 100 mètres se trouve généralement une limite marquée, appelée la thermocline, et qui divise l'eau chaude de la surface de l'eau froide du fond. L'onde générée par un sonar d'un côté de la thermocline est réfléchie par celle-ci. Ce phénomène n'existe pas dans les eaux cotières peu profondes, mais les échos sur le fond sont alors très gênants. Au delà de cette thermocline, la température devient constante, mais les ondes sont soumises à l'influence de la pression qui va les «redresser» vers la surface, créant ainsi des zones de convergence (ZC).
A cela s'ajoutent la pollution chimique, les maladies, les filets de pêches et autres blessures...
Ce message a été modifié par nexus11 - 04 septembre 2006 à 12:08.