Posté 19 octobre 2003 à 10:41
Je poursuis la lecture d'un courrier à un certain Yves qui ne me répondait jamais qu'en me contestant.Il a trait à la maçonnerie
et la spiritualité de notre époque.Que chacun se sente libre d'y répondre en tout ou en partie, car je me sens frustré d'une réponse ou de réponses...marek ( il y a quelques erreurs dont j'ai pris conscience..ce courrier date d'il y a deux années)
Cher Yves,
En main ta lettre du 22 mars courant.
Je te remercie du lien indiqué vers le site renvoyant vers des maçons ‘au fondement de la révolution française’.
Comme tu le sais, quand la révolution prit place, les esprits étaient suffisamment éclairés pour ne plus avoir besoin d’un complot maçonnique.
Ce sont les idées du siècle des lumières qui firent le travail, et si certains maçons à titre individuel y prirent part, c’est que les idées des Lumières, c’est en partie eux qui les ont diffusées. (En partie).Je n’ai pas connaissance d’une Loge qui se soit mise du côté des aristocrates indécrottables. Par contre, doit on mettre dans la catégorie des « comploteurs » les nobles qui ont voté les textes du quatre août ?
Je poursuis avec Michel Baroin. En effet, les idées de la révolution Française étaient ,comme je l’ai écrit antérieurement la transposition dans les faits d’un ordre ‘nouveau’ qui avait été trouvé en Angleterre cent ans auparavant.
Ce rééquilibrage avait dû prendre une forme violente en France étant donné l’immobilisme politique qui y prévalait. Comme je l’ai expliqué aussi , l’ordre ne revint pas en France avant la fin du XIX° siècle. Napoléon fut le continuateur de la Révolution en Europe, mettant à bas les régimes semi – féodaux qui ne pouvaient être que les adversaires de ces idées de liberté.
Ces idées, donc , appartenaient au patrimoine de la maçonnerie. Il est donc cohérent qu ‘elles soient célébrées par elle. Je signale au passage que les obsèques de Baroin furent si chrétiennes qu’il se trouva des évêques pour comprendre qu’un maçon n’est pas un comploteur et arroser le cercueil de leur goupillon.
Je ne vois pas pourquoi tu cites Napoléon comme antichrist. C’était un homme dur, impitoyable, qui avait de l’intelligence et des capacités. Il se trouve qu ‘il était ambitieux et avide du pouvoir. Il dut composer avec l’héritage de la Révolution et s’en servit comme d’un accélérateur à son pouvoir, mais la révolution et la domination continentale en firent le principal ennemi de la Grande Bretagne qui put l’écarter de la scène européenne.
Si son frère Joseph prit la direction du Grand Orient ,ce n’est certes pas parce que la main cachée qui dirige en avait fait l’âme noire de la conspiration judéo – maçonnique, mais tout simplement parce que Napoléon Bonaparte contrôlait la maçonnerie française et en fit un instrument d’aide à son pouvoir. Le grand Orient de Westphalie à Cassel fut ainsi confié au Prince Jerôme en tant que Grand Maître en 1804.
En ce qui concerne le Grand Orient, celui – ci cessa ses activités le 8 août 1793.En 1795 , à sa sortie de prison, Montaleau retrouva les archives du GO et remit la loge en activité.
En ce qui concerne, ‘l’antichrist’ Napoléon, par concordat du 5 juillet 1801, l’église catholique et romaine retrouve ses prérogatives spirituelles en France grâce à lui. Partie liée par pacte avec le diable?
Dans la liste anachronique qui suit où se trouve pêle-mêle des noms de communistes mixés à ceux des plus rouges de sang des révolutionnaires de 1789, je cite : Cachin Marcel, Chanderlot de Laclos, Danton, Frossard, marat, mirabeau, Jules Ferry ( ah Ferry !!) je soupçonne une intention de relier ces personnages par un fil rouge invisible .Le but de cette correspondance est d’établir justement le fil, sans sacrifier aux outrances de la facilité et de décharger par camion benne les poncifs du genre, je ne peux marquer mon accord à la pratique de la vérité vendue au kilo.
Me limitant aux acteurs du XVIII° siècle, et en commençant par Mirabeau, est –il utile de rappeler que cet être corrompu et vicieux était un homme d’argent et cupide, et que si ses restes furent chassés du Panthéon, ce fut parce qu’il fut corrompu par le roi Louis XVI afin de défendre sa cause. Cet homme, qui selon certains écrits aurait été parmi les comploteurs écrivait dans « De la Monarchie Prussienne »(1788) « Monsieur Boden (sic), dont le nom deviendra cher à l’humanité, dans un livre qui a pour titre : Examen impartial du livre intitulé des Erreurs et de la Vérité par un frère laïque en fait de sciences, fit savoir distinctement, selon nous, qu’il y avait un chiffre à ce livre ; il démontra qu’en donnant un sens caché à certains mots tout s’expliquait clairement et simplement…Alors la chose parut digne d’attention aux bons esprits. Mille faits frappants, mille conjonctures, dont la réunion forme un corps de probabilités très imposants, montrent que la maçonnerie n’était autre chose qu’une AFFILIATION DE L’ ORDRE DES JESUITES originellement fondée en Angleterre, étendue ensuite en d’autres pays, parce que les chefs éprouvèrent combien ce ressort de la curiosité, de la vanité et de l’attente de grands secrets thaumaturgiques menait loin les hommes, sans qu’ils connussent le but de ces mouvements excentriques. Ce n’est point ici le lieu de rapporter en détail LES PREUVES DE CE FAIT, que la plupart des bons esprits de l’ Allemagne regardent maintenant comme démontré »
Si je suis ta logique, il est à présent démontré que Mirabeau recevait ses ordres à travers les hommes du Vatican et ses créatures, les corbeaux en noir qui manipulaient la maçonnerie…
Toujours est – il que Mirabeau était un descendant de la famille des Riquetti, transplantés en France à partir de Florence au XIII° siècle. Gabriel- Honoré, intelligence souple remplit la France de son scandale .C’est la question financière qui conduisit Mirabeau avec d’autres à réclamer la convocation des Etats Généraux.
En ce qui concerne Marat, celui –ci réfutait Helvétius et Condillac et commente le Contrat social dans ses promenades publiques devant des auditeurs enthousiastes. Nous étions ,il est vrai avant la révolution. Et les œuvres qu ‘il dévorait étaient des œuvres dues aux Lumières….
Je ferai une recherche sur Danton pour le prochain courrier, Chanderlot de Laclos devant être traité à part car effectivement il fait partie du mouvement des idées.
PETITS MYSTERES
Effectivement, les traditions incomplètes ne peuvent intégrer la Vacuité, et leur filiation est d’ordre contre – initiatique, je ne peux que te donner raison sur ce point.
J’ ajouterais que ce qui a été perdu était d’une telle importance que les contre initiés sont dans une recherche effrénée une fois le constat établi qu ‘ils ne trouveront pas ce qu’ils cherchaient. Ce besoin ésotérique est tel qu’ il peut donner lieu à tous les débordements imaginables, y compris à des pactes démoniaques, tels ceux de DEE et ceux de Crowley.(Voir plus bas)
Là Guénon à tout à fait raison.
CONSTITUTIONS D ANDERSON
Je crois, une fois encore, qu’ il ne sert à rien de courir et que les faits doivent parler d’eux – mêmes. Il faut, aligner les faits, les transmissions, les uns à côté des autres pour obtenir quelque chose de vraisemblable , ou du moins appuyé de manière convainquante. A ce jour, la transmission mithraïque se retrouve bien dans la deuxième édition des ‘ constitutions’ en suite à une ‘offensive’ contre l’équilibre de la réforme de la maçonnerie. Cette offensive fut brisée en 1813 par les ‘Ancients’.
Nous connaissons la source de ce mouvement : elle est d’origine rosicrucienne aux Pays-Bas. Comment et par qui ? cela reste encore à étayer. MAIS DEE EFFECTUA UNE TRANSMISSION A FR. BACON QUI TERMINA SON EXISTENCE A CASSEL APRES UN DETOUR EN HOLLANDE.( voir mon courrier de la semaine passée).Il me reste à démontrer la transmission de John Dee à Bacon. Cette démonstration sera simple, d’ordre symbolique et irréfutable. Il faut encore examiner ce qui fit l’objet de la transmission.
Je pense que c’est une erreur de mettre les Jubilati et le protestantisme dans le même sac, erreur qui ne peut entraîner que d’autres erreurs sur ces filiations. J’en parle plus bas.
Tu cites Rabelais, et je pense que nous y viendrons par la suite.
En ce qui concerne le Royal Arch que tu penses être d’ordre non dévié , une approche sur la nature de celui –ci aux USA n’est guère encourageante de prime abord, l ‘influence égyptienne semblant être présente...j’étudie la question à ma façon, c’est à dire lentement.
En ce qui concerne le sionisme, je ne vois pas le lien avec le communisme, sauf si tu parles du sionisme d’origine qui était de nature socialiste pour ne pas dire d’ordre communautaire ce qui n’est pas l’ équivalent au communisme, convenons en.
En citant Henri VIII , il faut comprendre tout ce que l’insularité et la volonté d’indépendance de la Grande Bretagne par rapport à tout pouvoir étranger a pu soutenir le monarque. Dès le XIII ° siècle, le tribut annuel exigé par Rome n’est plus versé. En pleine crise de la réforme, voilà que le Vatican a des exigences sur Londres. Ces problèmes ne sont pas nés depuis Henri VIII ,mais ont pris un autre tour depuis ce prince. Qui a gagné la manche ? ( sans jeu de mots). Moi je sais qui a perdu. Et les bûchers de Marie Tudor , qui fut soumise à l’autorité du pape par la suite, ONT DEFINITIVEMENT TOUT PERDU. Principe ou pas principe, l’aveuglement a prévalu sur la réalité et a conduit la religion anglaise vers l’anglicanisme. L’alliance de cette religion avec son Roi ( ou reine) ainsi que la maçonnerie également placée sous l’obédience du monarque, a son mot à dire sur le sort de la religion de l’ Etat, le déséquilibre devant à tout prix être écarté pour la société anglaise.
Le peuple anglais, si on regarde bien est attaché à ses traditions CAR IL SAIT LE PRIX QUI FUT PAYE POUR OBTENIR L’ ORDRE.
Et les aventures du XVII° siècle ne sont pas oubliées.
En comparaison, la France, addition de têtes folles, n’est toujours pas revenue de sa révolution, même si elle la fête avec ostentation. Elle célèbre LE DESORDRE ET NON L’ORDRE.
Pour en terminer avec le communisme, j’ai parlé déjà a trois reprises des REVOLUTIONS COMMUNISTES DE TYLER ET DE MUNTZER.
Pour que ma pensée soit bien comprises, CES REVOLUTIONS ONT LEUR SOURCE DANS LES EVANGILES.( avec le sans-culotte Jésus, aurait dit Hébert)
Inutile de chercher le communisme dans le sionisme. Tout était là, inscrit dans le subconscient des croyants.
C’est l’ abaissement de l’ ordre établi dans la chrétienté qui fut le signal précurseur des craquements ultérieurs et de la brèche ultime qui allait déverser les révolutions ultérieures, en ce compris celles du XX° siècle.
C’est l’échec du Moyen- âge qui sera destructeur.
Tu me parles ensuite du retour de l’ Empire Romain. En fait il s’agit dans la forme d’une prise en main de l’ Empire Romain par d’autres que ceux qui parlaient auparavant en son nom, une espèce d’usurpation de l’usurpateur.
Je ne peux le concevoir autrement car c’est exactement ce qui s’est passé et c’est pourquoi un retour à la situation antérieure est impossible pour le Vatican. C’est pour cela que je parle des racines et des sacrifices à faire, inévitables à long terme….
L’ Ordre s’étant inversé, il est inutile de penser faire tourner la roue, il faut créer un NOUVEL ORDRE.
Je pense qu ‘il ne sert à rien de pleurer sur un ordre disparu où le matériel se soumettait au spirituel, tout est devenu aujourd’hui une simple question de forme et de diplomatie envers le « Saint » Siège.
La suppression du Test Act de 1673 en 1828 n’est qu’une conséquence de la tolérance envers les autres cultes, authentiques ou pas. L’essor de la révolution économique et scientifique en Angleterre va prévaloir à l’avenir sur des questions QUI DEVIENNENT D’ ORDRE INDIVIDUEL. Avec le ‘progrès’ et les richesses ( pas pour tous) la liberté de pensée est accordée, MEME AUX CATHOLIQUES ANGLAIS, soit dit en passant.
Le progrès de l’individualisme dans notre monde occidental va entraîner ce genre de conséquence PARTOUT au XIX° siècle, y compris en faveur des Juifs. La dictature papale sur les pensées va disparaître…
LE BONHEUR HUMAIN
« Tout pouvoir temporel non consacré au sein d’une voie spirituelle authentique ne peut véritablement générer un climat politique propice au bonheur humain » écris tu dans ta livraison.
En effet, mais pour ce faire il eut fallu que le pouvoir spirituel en question se défasse de ces possessions temporelles en ne vivant que spirituellement.
Il est trop tard depuis longtemps à ce sujet et ce pouvoir est déliquescent, son ultime chance aurait pu être trouvée dans la volonté de Jean Paul Ier de débarasser l’église de ses richesses, mais fort opportunément celui –ci disparut avec son café arrosé de digitaline par le secrétaire cardinal Vuillot ( orthographe non vérifiée) au profit des apparitchiks du Vatican.
L’ HERITAGE DES ALCHIMISTES
Effectivement, les constitutions d’Anderson ont manipulé les Old Charges et il ne pouvait pas en autre autrement, puisqu’ un contenu nouveau était introduit. Je suis d’accord sur ce que tu écris en ce qui concerne le ‘rattrapage’ en 1813, ce qui a véritablement stabilisé la maçonnerie.(Pour combien de temps ?)
Je me suis expliqué suffisamment en ce qui concerne l’union de la royauté anglaise avec la maçonnerie pour y revenir longuement. Il suffit de relire le texte historique que j’ai écris sur les événements du XVII° siècle, et ce avec attention pour le comprendre.
En ce qui concerne l’ abolition du test act en 1828, tu sembles le relier à la constitution d’ Anderson, alors qu’il est bien dit qu’en 1813, les loges prirent leur distance avec toute évolution dans la conception du G.A.
Il est donc possible, et cela doit être démontrable que ceux qui voulaient obtenir ce résultat aient obtenu une compensation auprès des chambres en 1828, par des voies politiques et indépendamment des loges.
Je ne vois donc pas pourquoi tu voudrais que les loges de 1717 auraient préparé cette abolition au parlement en 1828..( ?)
Est il besoin de dire que les lois sur l’avortement en Belgique purent être votées par des maçons belges sans entraîner forcément l’adhésion de tous les membres de leur loge respective. Il n’y a là aucun mystère, pourquoi compliquer et embrouiller ?
Le paragraphe suivant me parle du calvinisme. Quand je parle de puritanisme je ne parle pas forcément de calvinisme. Je renvoie à mon texte historique sur l’évolution anglaise. Le puritanisme anglais n’est pas forcément du Calvinisme suisse. Un quaker n’est pas un Calviniste.
Il est clair que le Calvinisme suisse a produit un peuple industrieux, sérieux et économe, tout comme le protestantisme dans son ensemble dans le monde germanique ou anglo-saxon, tout comme dans le monde cathare ou albigeois du XII° siècle avant que la chasse à l’homme n’y mit fin.
En quoi donc le protestantisme rapproche t’il du Roi ?
Dans une nation industrieuse qui vient de vivre des conflits de religion, ou un Roi catholique ( Jacques II) provoque une guerre civile et un Roi catholique ( Charles II) insouciant provoque une guerre civile, la nation unie appelle un Roi protestant, la maçonnerie protestante l’entoure et fait bloc autour du souverain. La pensée même qu’ un Roi catholique puisse même encore s’asseoir jamais sur un trône britannique fut exclue pour toujours. Tout cela était inclus dans mon texte. A travers la maçonnerie anglaise, le message rosecroix et les commerçants britanniques soutiennent la monarchie. Le monarque accepte de devenir CONSTITUTIONNEL en n’entravera en rien le développement du COMMERCE ET DES SCIENCES. De ce fait, le Monarque se soumet au pouvoir du commerçant et du banquier, ce qui est certes utile au développement de la richesse, et le monarque devient le garant de la paix civile tout en ne se mêlant plus de la politique, ce qui dans le cas de l’Angleterre va mener à la pratique de l’ Impérialisme à l’extérieur.( ce qui explique par exemple que les beatles furent décorés par la reine d’Angleterre, suscitant le courroux d’anciens héros de la seconde guerre qui renvoyèrent leurs médailles)
Dans le cas de la famille royale britannique ,cette attitude fut certes rentable au point de vue de la richesse personnelle.
DEVOIEMENT DES VOIES OCCIDENTALES
Espérant que ce point est désormais acquis et compris, il me faut parler de la nature du protestantisme.
Il serait malheureux de ne pas accepter que sa naissance fut une réaction aux excès de Rome.
Sa pratique fut basée sur les enseignements écrits des textes bibliques et leur interprétation individuelle par rapport à l’enseignement ex –cathédra de l’ église catholique.
La conséquence la plus immédiate de cette lecture libre fut le rejet de dogmes contraires même au texte divin.
J’ai déjà parlé assez de ces dogmes inutiles dans plusieurs courriers précédents pour y revenir. Il faut simplement savoir que par rapport à la lecture libre de la bible l’église est pécheresse.
Plutôt que de se réformer ( ce qu ‘elle finit par faire incomplètement au concile de Trente) elle usa de violence extrême pour faire ployer ‘l’hérésie’.
Elle perdit. Les protestants lui vouent une haine tenace, par rapport aux crimes dont elle se rendit responsable et qui prouvait à leurs yeux qu ‘elle n’avait rien de commun avec le Sauveur.
Les dogmes sont ils rejetés ? Tous les commandements de l’ Eglise en tout cas et tout ce qui n’est pas écrit dans les textes saints.
Les rites sont allégés par rapport au lourd rituel catholique et la morale étendue selon la lecture faite.
Les cultes des saints et de Marie sont rejetés, et la croix, instrument de supplice est normalement rejetée.(certains cultes l’admettent, mais dépouillée du sauveur). La présence divine dans l’hostie est rejetée au profit de la commémoration rituelle. Ce qui est baptême est renforcé selon les églises.
Ce que Guénon reproche avec raison, est la part accrue du moralisme au détriment de la transcendance rituelle. Bien que l ‘enseignement soit plus développé qu’au sein de l’ ECR, même de nos jours ( il suffit de voir la qualité affligeante de certains prêches au sein de l’ ECR qu ‘on croirait destinés à des mouflets), il veut dire par là que la Verticalité et sa recherche symbolique est négligée, ignorée, ce qui dans l’ensemble est vrai, l ‘enseignement se bornant au texte et à son étude, souvent très complète, il faut le préciser.
Ce que Guénon ne dit pas, et je le soupçonne d’une certaine tendresse envers l’ ECR due sans doute à la transmission qu’il reçut de Saint Yves d’Alveydre, c’est que cette recherche de sens à incliné le monde protestant dans son ensemble à aller vers le texte Grec et le monde Hébreu, et que cette rencontre fut féconde , du moins au niveau des textes et du respect du monde Juif. La verticalité Hébraïque fut approchée. Le monde catholique, en dehors de l’extraordinaire aventure des Templiers, qui fut aussi la perte de la civilisation stable du moyen âge qui dura quatre cent ans, s’isola dans une schizophrénie qui trouva un exutoire dans le bois, je veux dire le bois à brûler.
En fait, ce qui est regretté par Guénon, à mon sens, est cette civilisation du moyen âge, qui N’EST PAS UNE CIVILISATION CHRETIENNE au sens propre du terme mais une civilisation exprimant des valeurs chrétiennes et païennes, tout à la fois. Cette civilisation , née de l’isolement a attrapé un virus mortel à effet différé dès qu‘elle fut en contact avec le monde extérieur et que ses fragilités furent démontrées. Elle eut une Verticalité certaine, mais la transmission fut vite brisée par le spectacle écoeurant de sa déchéance.
Pour ma part, je suis confiant que les retrouvailles avec le monde hébreu et son ésotérisme puissent sauver à la fois et le monde protestant et le monde catholique, mais celui-ci à encore un énorme chemin de croix…à faire.
HORRESCO REFERENS
Tu relève ensuite une erreur de frappe mineure parce que j’ai écrit habeus corpus au lieu d’habeas corpus. Tu me fais remarquer l’orthographe du Larousse qui serait « abeas corpus » .
Je constate que dans mon ‘petit Larousse en couleur’ de 1991, le terme n’est pas repris, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Par contre dans mon dictionnaire compact anglais- Français et Français- Anglais 1993 de chez LAROUSSE il est repris sous la forme HABEAS CORPUS ce qui est la forme correcte.
SCHACHT
Membre de la commission de la ligue allemande pour la Société des Nations ( SDN) dont l’existence fut brève ( Dictionnaire Universel de la Franc Maçonnerie ), franc maçon, devint le grand argentier de Adolf Hitler.
Comme on l’a vu, il soutint Coudenhove Kalergi dans son idée de la fondation Pan Européenne, les Etats Unis d’Europe. Né le 22 janvier 1877 près de Flensbourg ( Danemark) sa famille reçut la nationalité allemande après l’annexion du Schlessig par Bismark. Le père de Hjalmar émigra aux Usa où il reçut la nationalité américaine et revint en Europe. Il donna à son fils les prénoms d’Hjalmar HORACE GREELEY, afin de témoigner son amitié et admiration envers le grand journaliste du NEW YORK TRIBUNE qui avait financé le MANIFESTE COMMUNISTE DE KARL MARX.
La guerre de 14-18 terminée, Hjalmar s’associait avec la Darmstater Bank qui spéculait contre le Mark. Sur le conseil de Goldschmidt, directeur de la Darmstater Bank, il est nommé ministre des Finances en 1923.
Schacht était membre fondateur du parti démocrate allemand. Le 11 octobre 1924, le mark est stabilisé. En 1926, il démissionne du parti démocrate. En 1930 il démissionne de la Reichbank (il prévint d’abord Owen Young de la Federal Reserve des Etats-Unis, qui prévint l’ambassade allemande) pour être rappelé trois ans après par le chancelier Hitler. En 1930 il rencontrera donc les responsables de l’économie US. En décembre 1930 à son retour il rencontre le futur chancelier et après la rencontre décide de se dévouer pour cet homme. Le contrôle des changes introduit en 1931 par Brüning permet de faciliter l’accession au pouvoir de Hitler. En mai 1933, Schacht rencontre Roosevelt, également Franc maçon. Roosevelt reconnaît le droit moral à l’Allemagne de reconstituer son armée…
LE DROIT ROMAIN
Datant de Justinien, il fut réintroduit progressivement dans la vie du XV° siècle pour accabler davantage les démunis par rapport aux propriétaires car le droit féodal impliquait des devoirs réciproques, les rapports du droit romain étaient ceux du possesseur envers tout redevable, donc plus souple sur le plan du capitalisme. Cette assertion exclut donc tout apport de Napoléon en la matière. Pour ainsi dire, dans les pays « latins », ce qu ‘on peut appeler de capitalisme ne pouvait avoir la liberté d’acheter la terre, la liberté de mouvement du travailleur, la liberté du capital.
En France, ces libertés furent acquises avec la révolution française qui supprima les droits féodaux et cléricaux ( assignats), Napoléon put introduire la rente ( capital) et la liberté de circulation du travailleur.
Par contre en Angleterre, les nobles purent , à cause de l’équilibre politique dont je parle plus haut s’opposer au déplacement de la campagne du travailleur vers la ville grâce à un salaire garanti(depuis 1797), même pour le chômeur ;bien que les terres pussent êtres vendues, le système politique permettait aux nobles propriétaires à la campagne d’avoir une sur représentation à la chambre des lords, et empêcher le travailleur de circuler en Angleterre avec le système des passeports internes. Le capital était là, mais la main d’œuvre manquait et le paysan ne venait pas des campagnes.
Ce système de salaire garanti fut aboli en 1847 entraînant rapidement une horrible misère décrite par Charles Dickens, avec son cortège d’exploitation humaine.
L’ANGLAISE DE BORDEAUX
Je crois une fois encore qu’il ne faut pas mélanger la pratique protestante avec l’évolution de la maçonnerie spéculative. Il est certain que des pasteurs protestants furent maçons et eurent même une influence sur la maçonnerie, mais cette influence par là même restait confinée à une pratique religieuse conforme au texte sacré, et de ce fait peu nocive au fait social .
Il y eut, certes, des courants qui égarèrent certains pasteurs, comme il y en a encore aujourd’hui, dans le but de les conduire, ainsi que leurs églises vers une religion ‘naturelle’. Cela peut se passer en dehors de la Loge, comme cela peut se passer au sein de la Loge. Mais à cet égard, je pense que même l’ ECR n’est pas exemple de telles influences.
Ce que je pourrais reprocher à notre époque est de ne plus produire des écrivains à même de percevoir cette réalité occulte et de la dénoncer.
Annonciatrice de bouleversements proches, cette situation nous met en présence de nains en train de se livrer un combat avec un bandeau sur les yeux, tant l’aveuglement est présent, même de la part de littérateurs connus engagés sur le terrain spirituel, mais à courte vue.
Les Hanovre, avaient pour eux cette filiation des Stuart, tout en étant protestants, et cette chose – là suffit.
Quand tu parles de l’exilarque Falk Sheck , tu parles d’un magicien , Juif certes, influencé par ‘le miroir magique ‘ de Duchanteau et ayant il est vrai des entrées dans tous les milieux nobles et ésotériques, où la magie pouvait s’introduire. Il ne faut pas oublier que Sheck est tardif puisqu ‘il fut le magicien de d’Orléans (Philippe Egalité) et qu’il se livra par ailleurs à des rites de malédiction à l’encontre de Louis XVI. Il eut une influence limitée dans la mesure où c’est lui qui décidait qui il voulait voir.
Je dois attirer ton attention que son titre de prince de l’exil, c’est lui qui se l’est attribué, son niveau moral et ses pratiques occultes noires devant obligatoirement l’exclure de la synagogue. Il était Juif de naissance mais il est mort non – Juif. Si jamais Cagliostro fut Juif il en est de même envers lui qu’envers Sheck. Il sont tous deux morts gentils.