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Francs Maçons: on étouffe...


396 réponses dans ce topic

#61 dush

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Posté 31 octobre 2003 à 01:42

Marek a écrit le 19 octobre :

Citation

LE DROIT ROMAIN

Datant de Justinien, il fut réintroduit progressivement dans la vie du XV° siècle pour accabler davantage les démunis par rapport aux propriétaires car le droit féodal impliquait des devoirs réciproques, les rapports du droit romain étaient ceux du possesseur envers tout redevable, donc plus souple sur le plan du capitalisme. Cette assertion exclut donc tout apport de Napoléon en la matière. Pour ainsi dire, dans les pays « latins », ce qu ‘on peut appeler de capitalisme ne pouvait avoir la liberté d’acheter la terre, la liberté de mouvement du travailleur, la liberté du capital.
En France, ces libertés furent acquises avec la révolution française qui supprima les droits féodaux et cléricaux ( assignats), Napoléon put introduire la rente ( capital) et la liberté de circulation du travailleur.
Par contre en Angleterre, les nobles purent , à cause de l’équilibre politique dont je parle plus haut s’opposer au déplacement de la campagne du travailleur vers la ville grâce à un salaire garanti(depuis 1797), même pour le chômeur ;bien que les terres pussent êtres vendues, le système politique permettait aux nobles propriétaires à la campagne d’avoir une sur représentation à la chambre des lords, et empêcher le travailleur de circuler en Angleterre avec le système des passeports internes. Le capital était là, mais la main d’œuvre manquait et le paysan ne venait pas des campagnes.
Ce système de salaire garanti fut aboli en 1847 entraînant rapidement une horrible misère décrite par Charles Dickens, avec son cortège d’exploitation humaine.

Je voudrais souligner un élément relatif à la différence conceptuelle existant entre la conception du PATRIMOINE, entre les juristes du droit romains classique et la conception des juristes de Justinien (j'ai fait deux ans de droit, c'est pour ça). Je ne veux pas entrer dans une polémique mais souligner que :
Le droit romain a surtout eu des implications dans les droits allemands. Le droit français (code Napoléon , l'utilise mais s'en différencie par de nombreux points. Les anglais ont pour base , surtout, la COMMON LAW, recueuil de jurisprudence relatés depuis le Moyen-Age par les juges itinérants plus , bien sûr des ajouts romains. L'Europe n'y échapera pas. L'Italie, berceau et de Rome et de la redécouverte de ce droit dès le 11e siècle s'en est fortement influencé et comme l'Allemagne et l'(Italie furent longtemps (avec l'Espagne, les Habsboourgs, etc) sous domination identique, il est logique que le droit romain y occupe une influence plus forte qu'ailleurs. La Belgique est plus influencée par le code Napoléon. Mais soit, passons en au patrimoine : pour les romains, un homme ne possède juridiquement de patrimoine que s'il possède quelque chose. Quelqu'un qui n'a rien n'existe pas au sens juridfique.
Pour les byzantins, le patrimoine est un contenant qui existe en soi, pas besoin que la personne possède quelque chose. C'est donc une abstraction . Cela prouve une chose, il y a eu une évolution au niveau des mentalités au 6e siècle chez les juristes byzantins.
Voilà c'est tout ce que je voulais souligner pour ceux qui aiment apprendre.
Sinon, vos discussions sont bien interessantes bien que pour l'instant je sois un peu à côté du sujet en terme de particiption. Ah oui Marek, j'ai lu les documents sur les jubilatis. En as-tu d'autres? Cela rejoint assez fort ma philosophie de vie mais pas encore d'action...
Amitiés à tous.

#62 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 31 octobre 2003 à 23:04

Mon cher Dush,
Ce que tu dis au sujet du Droit de Justinien ou droit Romain est très Important.Je voudrais que tu développes ce sujet, car le droit Romain, au sortir du Moyen Age va devenir très Important dans la dépossession de la classe ouvrière et agricole au profit de la Jet Set de l'époque. Napoléon, c'est après.Explique nous les implications de tout ceci, comme tu as eu les cours ce sera très clair.Rappellons que le vote CENSITAIRE excluait les non PROPRIETAIRES EN FRANCE ET BELGIQUE AU XIX° SIECLE, car les gens qui n'ont RIEN NE SONT RIEN.

ON Y REVIENT.

Mraek

#63 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 02 novembre 2003 à 16:46

Cher Dush,

En fait un travail considérable a été réalisé par une historienne américaine nommée Myers ( d'après ma mémoire sur les Jubilatis)
Le problème est que cela ne plait pas à la maçonnerie et que ce travail n'a pas été mis en avant.

Je donnerai des précisions d'ici quinze jours sur ce sujet.



Marek

#64 dush

    Chercheur d'idées

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Posté 06 novembre 2003 à 20:51

Je ne suis pas et de loin eu spécialiste du droit romain mais ce qu'on peut dire c'est que le code Napoléon se base sur le code de Justinien.
Il est constitué comme suit :
1. Les lois = code de Justinien ; sorte de compilation de toutes les lois connues à l"époque (6e siècle)
2.Les Pandectes (en grec) ou Digeste (en latin ) = recueil de jurisprudence publié en 533.
3. Les Novelles = mises à jour et nouveautés.
4. Les Institutes = manuel de droit à l'attention des étudiants en droit.
Voilà tout ce que je peux en dire à l'rheure actuelle. Mais vous aurez noté la différence fondamentale entre la conception de patrimoine entre l'ancien droit et le nouveau droit byzantin.
AVE. Dush.

#65 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 10 novembre 2003 à 21:33

Merci Dush pour ton concours,
On ne demande jamais l'impossible mais ce qu'on peut donner.
Voici un texte neutre sur le Mithraïsme.Marek


NERON ET LE CULTE DE MITHRA

Les mages

Le terme ‘Magu’ définit celui qui participe aux ‘dons’ c’est à dire à la doctrine religieuse d’Ahura Mazda. A l’origine, ce terme désigne qu’un adorateur d’Ahura –Mazda.
Eoroastre est le premier Mage, car c’est à lui que le seigneur de la sagesse à enseigné sa doctrine.
Dio Chrisotome rapporte que le prophète se serait entretenu avec lui au sommet d’une montagne ardente et aurait reçu son enseignement.
Zarathoustra était donc un prêtre et un réformateur.

Les mages étaient des prêtres et exerçaient une grande influence sur les dynasties perses.Ils furent parfois engagé dans des aventures comme celle du faux Smerdis, qui occupa le trône durant l’absence de Cambyse.( Occupé, comme nous le savons en Egypte et qui tenta d’envahir l ‘ Ethiopie.)
Le but des mages était de prendre le pouvoir afin de diffuser le mazdéisme le plus vite et largement possible.

Hérodote considère les mages comme faisant partie d’une des six tribus du peuple mède.
A la suite de cet épisode, Darius, successeur de Cambyse les fit exterminer.
En réalité, les mages provenaient d’une des tribus mèdes et n’accèdaient pas tous à la prêtrise.

RITES

Ils n’enterraient pas les morts , mais les laissaient exposés aux fauves et aux rapaces.
Selon Hérodote, aucun sacrifice ne peut être accompli hors la présence d’un mage et ce sont eux qui chantent la théogonie, c’est à dire l’origine des dieux.
Un linge devant leur bouche pour ne pas souiller le feu de leur haleine et un faisceau à la main, ils se tiennent debout devant un autel auquel pendent des têtes de taureau et de BELIER.
Un autre bélier et un autre taureau gisent derrière une cloison.

EXPANSION DE L’AIRE DE DIFFUSION

Lorsqu ‘ ils rencontrèrent les chaldéens, ils entrèrent en contact avec la culture héllenique.
Les Chaldéens étaient réputés en ce qui concernait l’astrologie.
Ce sont ces mages héllenisés qui ont créé le culte à mystère de MITHRA et qui ont fait du dieu vénéré et populaire le centre d’un culte ésotérique.
Les fêtes du dieu étaient connues dans toute l’Asie Mineure.Des sacrifices solennels avaient lieu et lors de ces Mithrakana, des danses sacrées étaient dansées par le roi qui se livrait aussi à des excès de boisson en l’honneur de la divinité, selon ce que nous rapporte Ctésias vers 390 avant JC.

Les fêtes étaient célébrées le 2 octobre, commencement de l’hiver.

Les mages mettaient le dieu à l’avant plan en qualité de divinité solaire. ZERVAN , se trouvait à la tête de deux forces antagonistes du Bien et du mal.
Ils se transmettaient le sacerdoce de père en fils selon une tradition sacrée.
Strabon a encore vu les mages, lui qui vécut de 66 av. Jc à 23 après.
« ils chantent longtemps en tenant à la main un bouquet de TAMARIS »

A côté des sociétés secrètes, il existait un culte public de Mithra. Le culte devint culte à Mystère durant la période de deux cent ans avant le Christ.

Les représentations nous montrent les mages coiffés du bonnet phrygien, vêtus d’un pantalon et d’un manteau. Dans la main droite un sceptre, dans la main gauche un livre.Il regarde devant lui avec un air sévère.
A la main droite, une bague.

[ La statue de la liberté porte elle une torche dans la main droite, mais le livre est bien dans la gauche, il serait intéressant de voir si elle porte une bague..]


NERON ET LES MAGES

En 66 après JC, Tiridate Ier, élu ROI D’ARMENIE, décide de se faire couronner par Néron. Il traverse la Thrace, l’ Illyrie et le Picenum, à pied sec car il ne désire pas souiller l’élément eau. Il arrive à Naples après un voyage triomphal de neuf mois pour se diriger ensuite sur Rome.
Pour les Romains, son arrivée fut un spectacle merveilleux de faste oriental. Tiridate était escorté de trois mille cavaliers Parthes et dans sa suite, des mages.
Durant la cérémonie du couronnement il s’adresse à Néron :

« Je suis souverain, descendant d’Arsakos, des rois Vologeses et Pakoros, son frère ; mais je suis votre esclave et je suis venu à vous, O dieu, pour vous adorer comme Mithra.Et je serai ce que vous m’attribuerez car pour moi vous êtes Moira et Tyché »

Sur ces mots, Neron ôte la tiare de la tête de Tiridate et le coiffe du diadème.
C’est à cette cérémonie que Pline fait allusion quand il dit : » Il l’a initié à la Cène magique et cette cérémonie serait donc le repas rituel dédié à Mithra »

Néron s’intéressait à l’occulte et espérait une initiation sur ce sujet par les Mages.Il cherchait aussi à se faire adorer comme dieu solaire. Dans sa maison dorée (Domus aurea) il se prenait pour un roi soleil et dans les jardins se trouvait une statue gigantesque le représentant en dieu solaire.

Lors des fêtes données en l’honneur de Tiridate, il fit tendre sur le théâtre de pompée un voile de pourpre qui le représentait assis sur le char solaire , entouré d’étoiles d’or.

Une dizaine d’année plus tard, le culte de Mithra avait droit de cité à Rome.


LES MAGES ET JESUS

A l’époque, à Rome, le christianisme faisait ses premiers pas.
On nous dit dans les évangiles que les « rois mages » vinrent d’Orient pour adorer l’Enfant. .Comment cela se peut il ?

En Israël, certains Juifs prirent Zoroastre en considération et l’ont tenu pour l’égal d’Ezechiel . Les chrétiens se sont servis de Zoroastre pour annoncer le Messie.

Il s’agissait de la première fraude sur le contenu de la transmission.

D’après l’avesta persane, le Messie est Saushyant qui à la fin des temps apparaitra pour faire triompher la vérité et la bonté sur les forces obscures.
Les morts ressusciteront et les vivants atteindront l’immortalité. Dans un autre chant de l’Avesta, Mithra est l’adversaire du mal et sera à la tête des troupes et à l’avènement du nouveau règne du dieu solaire, quant les morts seront ressuscités,le Saushyant tuera un taureau et sa graisse mêlée à l’ HAOMA, il fera un breuvage d’immortalité pôur les hommes.

Un écrit manichéen trouvé au Kurdistan montre, opposé au vrai Mithra un faux se faisant passer pour le ‘vrai fils de dieu’ et ordonnant aux humains de l’adorer…

Après le combat final, Mithra sera un des trois juges chargé du sort de l’âme qui suivant l’avesta voudra emprunter le pont du Cinvant.
A la fin des temps, toutefois, Mithra conduira les âmes au travers d’un fleuve de feu dont seuls les impies subiront les effets.

Il ne faut pas s’étonner de ce que les chrétiens après avoir vu longtemps dans le messianisme des mages une confirmation du leur, finirent après quelques siècles à considérer Mithra comme un antéchrist.

ARRIVEE DE MITHRA EN EUROPE

D’après Plutarque, les Romains firent connaissance avec Mithra par les pirates de Cilicie. Pompée dut mener plusieurs expéditions contre eux (78-67 av JC). D’après Appien , ce sont les survivants de l’armée vaincue de Mithridate Eupator qui initièrent les pirates aux mystères.

D’autres témoignages du Ier siècle avant Jésus Christ ne nous parlent que du culte de Mithra, sans faire allusion à l’existence des mystères.

Il s’agit en l’occurrence des épitaphes fastueuses de Nemrud-Dagh et dédiée à Antioche Ier de Commagène, l’autre à Arsamée sur l’oronte et dédiée à son père Mithridate.
En faveur des dieux de leur père, ces souverains ont érigé des statues gigantesques sur des terrasses. Antioche figure en NIMRUD (69-34 av JC).EN COMPAGNIE DE ZEUS AHURA MAZDA FIGURE DANS L INSCRIPTION EN MEME TEMPS QUE HERMES,APOLLON HELIOS,HERACLES VERETHRAGNA.


Les fouilles de Pompéi n’ont fournies aucune représentation du dieu.

L’undes gardes du culte de Mithra est « miles » c’est à dire ‘soldat’.Le dieu est belliqueux pour faire triompher le bien contre le mal.Les légionnaires romains sont attirés par ce culte. Les aigles romaines implantées dans un castrum, le culte prenait aussitôt pied. Nous en avons des preuves établies pour le II° siècle après JC.

PROPAGANDE DU MITHRAISME

Les soldats et les marchands romains ont transporté le mithraïsme aux limites extrêmes de l’Empire.Trajan nous est parvenu représenté d’un bonnet phrygien ( fin du premier siècle).Trajan mena plusieurs expéditions en Asie.Sous le règne de Septime Sévère, un mithréum impérial sera construit sur l’aventin.La cour fut gagnée au culte de Mithra et un prêtre de Mithra officia. Commode se fit initier. Caracalla et geta furent favorables au culte.On a trouvé un Mithréum dans les thermes de Caracalla à Rome, ainsi que dans le Palatin, et le dieu pénètre jusqu’au pied du capitole et du Forum.


SOL INVICTUS

Aurélien, vers la fin du III° siècle, fait du culte de SOL INVICTUS le culte officiel par excellence. Il fit bâtir à Rome un temple au Soleil à l’emplacement actuel de l’église St Sylvestre.
L’empereur étant le représentant du Soleil , il est dominus et deus, qualificatifs qui s’appliquent à Mithra.
Le triumvirat Dioclétien, Galérius et Licinius qui se réunit en 308 à Carnuntum près de Vienne, il consacre à Mithra un temple et un autel en témoignage de leur accord. Mithra est devenu PROTECTEUR DE LA PUISSANCE IMPERIALE.(Fautori imperii sui)

A Rome on a pu identifier plus de cent temples du dieu dans la ville.

ASPECT D UN TEMPLE DE MITHRA

Mithra était adoré dans une grotte naturelle près de laquelle devait couler une source.

Le Mithréum, s’il était impossible de rendre le culte dans une grotte devait rappeller une grotte.
Le plafond de la grottes est orné d’étoiles car il doit rappeller la voûte céleste.L’obscurité règne dans le sanctuaire.

Firmicus Maternus (IV° siècle après JC) écrit :
« Tel est le nom qu’il donnent à Mithra ( dieu solaire), MIAS ILS CELEBRENT SES MYSTERES DANS DES GROTTES TELLEMENT OBSCURES…ils évitent l’attrait de la briLlante lumière »

Dans la salle le dieu tauricide Mithra est représenté.


CULTE

A l’espace réservé au culte sont adossées trois chapelles latérales (Sainte Prisque à Rome). C’est dans cette église la découverte de deux têtes en stuc représentant Vénus et Sérapis.Les chapelles latérales sont occupées par des banquettes hautes au contraire de la salle centrale. Des cérémonies distinctes y avaient lieu.La chapelle centrale est munie d’une niche peinte au centre de laquelle figurait certainement une tête de Mithra en stuc, entourée d’un zodiaque. (Nous verrons plus tard la raison de ce zodiaque).
Devant la niche, il y a une estrade dans laquelle est encastrée une vasque destinée à baptiser.

Selon le professeur Vollgraf est exacte, la pièce centrale est destinée au baptême par l’eau, la troisième aurait servi à un baptême par la terre ( rite purificatoire) et le Mithreum proprement dit, destiné au passage par le Vent par l’échelle des sept planètes.Celui qui a traversé tous ces éléments comme dans les mystères d’ISIS.

Le Lion symbolisait le FEU, et les degrés inférieurs symbolisaient la terre , l’eau et l’air.

Le Mithreum classique consistait en une salle divisée en couloir central et deux banquettes latérales.Les murs latéraux étaient couverts de fresques maladroites représentant des initiés de haut rang ( des lions).Au delà de l’entrée où commençait les banquettes, deux niches étaient destinées à contenir les effigies de porteurs de torches.Mithra était représenté tuant le taureau dans la grande niche du fond.

Les chrétiens comblèrent le Mithréum de St Prisque décrit ci-dessus après des cates de furie iconoclaste, et bâtirent la basilique de Ste Frisque par dessus.


L'Empereur Constantin et le Mithraïsme

Dès que les persécution cessèrent contre les chrétiens dans l'Empire Romain, le Christianisme Conventionnel entra dans les cours et dans les palais des rois. La voie était préparé pour l'introduction d'une transformation radicale au sein du Christianisme.
La tradition veut que l'Empereur Constantin ait été illuminé d'une vision à la veille de la bataille du pont Milvius, le 28 Octobre de l'an 312; lorsqu'il marcha contre Maxence, et se soit convertit brutalement au Christianisme. Ce fut plutôt le contraire, car Constantin n'était qu'un opportuniste motivé par la conviction que la Foi chrétienne l'aiderait à unifier l'Empire Romain. Génie militaire d'une ambition sans borne, il espérait reformer la religion de l'Empire, d'y détrôner tous les dieux et d'établir le culte absolu de Mithra, le fils du Soleil, sous une forme plus subtile revêtue d'éléments chrétiens. Ainsi nous dit A.R. Kayayan: "Constantin se trouvait dans une situation extrêmement délicate et cela lui fit ressentir le besoin d'un secours surnaturel. Il avait été adepte de la religion de Mithra, le dieu Soleil perse qui était considéré comme le grand combattant et le défenseur de la vérité et de la justice. Un grand nombre de sujets romains avaient aussi accepté le Mithraïsme, et plus particulièrement les soldats. Dans tous les camps militaires, Mithra était le dieu-patron" (L'Église dans l'Histoire, par: A.R. Kayayan).
Le Mithraïsme avait des ressemblances inouïes au Christianisme. De son origine, le Mithraïsme qui était une religion à mystères, était issu du Mazdéisme, nommé aussi Zoroastrisme de leur prophète Zoroastre; tout comme le Christianisme était issu du Judaïsme. Certaines archives placent le début du Mazdéisme vers 500 ans avant Jésus-Christ, et d'autres à la Tour de Babel, ce qui est plus probable vu son lien étroit avec la religion des Druides. Il est dit que Zoroastre fut né miraculeusement d'une vierge, qu'il donna la loi aux anciens Perses, fut inspiré de l'Esprit de Dieu qui descendit sur lui à l'âge de 30 ans, et fut amené dans le désert pour être tenté du Diable. Selon Alexandre Hislop, "Zoroastre signifie: le germe de la femme ou le Messie" (Les Deux Babylones, par: Alexandre Hislop).
Zoroastre prêchait aux Perses: "Il n'y a qu'un seul Dieu, celui de la lumière et du ciel, Ahura-Mazda, le Seigneur-Sage, qui est le Créateur de toutes choses". Pline, l'historien Romain, nous raconte que Zoroastre avait écrit deux millions de vers et une Bible qui se nomme le Zend-Avesta. Zoroastre enseignait que le dieu Ahura-Mazda et Ahriman ou Satan, combattaient pour leur prédominance, mais qu'à la fin le Diable serait vaincu et que le mal cesserait à jamais. Alors viendrait la résurrection, et le corps serait revivifié étant réunit de nouveau avec son âme. La religion Mazdéenne prêcha aussi la venue d'un Sauveur qui a une étonnante ressemblance à Jésus:
"Zoroastre, étant assis près de la source d'eau vive, ouvrit la bouche et parla ainsi à ses disciples: Je m'adresse à vous mes amis que j'ai nourris de ma doctrine. Ecoutez, que je vous révèle le mystère prodigieux concernant le Grand Roi qui doit venir dans le monde. En effet, à la fin des temps, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d'une vierge, sans que l'homme l'ait approché. Il sera pareil à un arbre à la belle ramure et chargé de fruits, se dressant sur un sol aride. Les habitants de cette terre s'opposeront à sa croissance et s'efforceront de le déraciner du sol, mais ils ne pourront point. Alors ils se saisiront de lui et le tueront sur le gibet. La terre et le ciel porteront le deuil de sa mort violente et toutes les familles des peuples pleureront. Il ouvrira la descente vers la profondeur de la terre, et de la profondeur il montera vers le haut. Alors, on le verra venir avec l'armée de la lumière, porté sur les blanches nuées; car il sera l'enfant conçue de la Parole génératrice de toutes choses. Quand se manifestera le début de son avènement, de grands prodiges apparaîtront dans le ciel. On verra une étoile brillante au milieu du ciel, sa lumière l'emportera sur celle du soleil... Or donc mes fils, gardez le mystère que je vous ai révélé; qu'il soit écrit en votre coeur et conservé dans le trésor de vos âmes. Et quand se lèvera l'astre dont j'ai parlé, que des courriers soient envoyés par vous, chargé de présents, pour l'adorer et lui faire offrande. Ne le négligez pas, car il est le Roi des rois, et c'est de lui que tous reçoivent la couronne".
Le Seigneur mentionné ci-haut n'est pas Jésus mais Mithra, connu anciennement sous le nom de Thammuz (Ézéch. 8: 14), dont le caractère fut associé aux aspirations messianiques d'Israel. Arthur Weigall (The Paganism in our Christianity) nous dit que Mithra fut engendré par Ahura-Mazda et fut son égal comme fils. Il fut né dans une caverne et des bergers vinrent l'adorer lui apportant des présents. Il était l'incarnation de Hélios, le dieu Soleil; et par le fait de sa naissance dans une caverne, il devint identifié à Apollo et fut reconnu comme le dieu du rocher et adorer comme le Bon Berger, le Soleil spirituel, la lumière céleste, et le chef des sept esprits divins. Dans sa désignation de "Dieu du Rocher", nous obtenons la raison pourquoi la colline du Vatican de Rome fut regardée comme consacré à l'apôtre Pierre, la pierre ou le rock, car elle fut déjà consacré à Mithra; des ruines Mithraique y furent découvertes. Le Mithraïsme, étant une religion à mystère, avait sept niveaux d'initiations ou sept sacrements, ses jours de fêtes, son Eucharistie, et son propre baptême. Justin Martyr, qui en toute probabilité en fut un initié, écrivit vers l'an 140, que du pain et de l'eau furent utilisé dans l'eucharistie des adorateurs de Mithra; le pain qui avait une forme ronde symbolisait le soleil et fut marqué d'une croix. L'eucharistie Mithraique fut un mémorial de la dernière cène ou repas de Mithra, lorsqu'il mangea avec Hélios avant de monter aux cieux. Tertllien, un autre initié, ajoute que les adorateurs de Mithra pratiquait le Baptême d'eau par lequel ils croyaient être racheté de leurs péchés; et que le prêtre Mithraique faisait un signe de croix sur le front de la personne baptisée. Les adorateurs de Mithra furent appelé Soldats de Mithra. Le chef de la foi Mithraique se nommait Pater Patrum, "Père des Pères", c'est à dire "Pape" qui vient du mot "Papa"; et siégeait à Rome, tout comme le Pape de nos jours. Mithra fut appelé "Dominus", c'est à dire "Seigneur", et le Dimanche lui fut consacré comme "le jour du Seigneur". Le 25 Décembre fut observé comme le jour de sa naissance, et Pâque fut même un festival Mithraique. Du Mithraisme est venu l'utilisation des cloches, des chandelles, de l'eau bénite, et de la sélection du Mont Vatican comme un site sacré.
Une tentative de fusionner le Mithraïsme au Christianisme fut faite par le Perse "Mani" qui forma les églises Manichéennes vers l'an 275. Ainsi dit J.M. Nicole: "Mani fut mis à mort dans son pays à cause de ses idées, mais celles-ci se répandirent dans l'Empire Romain... Le Manichéisme eut une grande vogue au 4" siècle". Considérant maintenant tout ce que nous savons sur le Mithraïsme, et l'ambition sans borne de l'Empereur Constantin qui fut un adepte de Mithra; nous pouvons dire qu'il suivit dans les pas de Zoroastre et de Mani pour occasionner une réforme habile et subtile du Mithraïsme en lui donnant une apparence chrétienne qui subsiste jusqu'à nos jours sous le nom de Catholicisme.
D'après le Dr. Leonhard Schmitz (A Manual of Ancient History), l'occasion se présenta pour Constantin lorsqu'il marcha vers Rome avec son armée, et que ses soldats virent dans le ciel un signe formé par les rayons du soleil en forme de la lettre "X". Les soldats Romains, marqués de superstitions, y reconnurent immédiatement le signe d'Apollo, "Sol Invictus" qui signifie "le Soleil invincible". Ce fut dans la nuit qui suivit, que Constantin, méditant sur ces choses, décida de se servir du Christianisme pour servir à ses propres intérêts.
Selon Frank G. Slaughter (Constantine), ce fut dans une discussion avec Dacius, un de ses général, que Constantin dit: "Le Christianisme proprement contrôlé peut devenir une puissante force pour maintenir l'ordre dans l'Empire. Si je suis pour régner, je dois le gouverner partout". Constantin sût reconnaître dans la lettre "X" du signe d'Apollo, son équivalent dans le Grec ou la lettre "X", qui se prononce "CH", est l'initial du nom de Christ. Réalisant que dans sa signification ce signe unissait le Paganisme et le Christianisme: car il signifiait une chose pour l'un et une autre pour l'autre, il se dit: "Par ce signe je vaincrai". Le lendemain il ordonna à ses artisans de fabriquer un étendard sur lequel serait suspendu un drapeau avec la lettre "X", et qui devait en plus être peinturé sur tous les boucliers de ses soldats.
Concernant ce signe, Alexandre Hislop nous dit: "Il est certain que le "X" était en Egypte le symbole du dieu Ham, connu par les Romains sous le nom d'Apollo, et comme tel, était exposé sur la poitrine de sa statue. Il est hors de doute que les chrétiens qui ne connaissaient rien des machinations et des trames secrètes, prenaient le "X" pour l'équivalent de Christ. Eusèbe, qui écrivait que la superstition et l'idolâtrie faisaient des progrès, s'efforça de montrer que la barre en croix, sur laquelle fut suspendu le drapeau, était l'élément essentiel de l'enseigne de Constantin. Il en résultat que bientôt, à mesure que l'apostasie s'accentuait, que le "X" fut entièrement mis de côté, et que le "TAU" ou "T", signe de la croix qui était le signe incontestable de Thammuz, le faux Messie, lui fit partout substitué. Ainsi, par le signe de la croix, Christ a été crucifié une seconde fois à Rome par ceux qui se disent ses disciples. Or, ces faits étant historiques, qui peut s'étonner que dans l'Église Romaine, le signe de la croix ait été toujours un instrument de grossières superstitions et de tromperies". C'est exactement de ce signe que nous parle l'Apocalypse en disant: "Et elle faisait que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, prenaient une marque à leur main droite, où à leur front; et qu'aucun ne pouvait acheter, ni vendre, s'il n'avait la marque ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom" (Apoc. 13: 16, 17). "Par ce signe je vaincrai", dit la bête Catholique à notre monde spirituellement déboussolé.
Après sa victoire sur Maxence au pont Milvius, Constantin prit alors le titre de "Maximus Augustus", le "Suprême Vénérable", fils d'Apollo; comme il est ailleurs "Pontifex Maximus", "Souverain Pontife" des Mystères Chaldéens du Culte du Soleil, et maître suprême du Paganisme; et rencontra Licinius à Milan au début de l'an 313. Ils prirent alors en commun les décisions qui formulèrent "l'édit de Milan", proclamant la liberté chrétienne, et attribuant à tous la liberté d'adorer Dieu sous la forme qui leur plaisait. De là est venue la préoccupation d'obtenir que chaque religion fit sa paix et son unité. Cette liberté provisoire dura pour une période de douze ans, jusqu'en l'an 325.
Dans la première partie du 4" siècle, Constantin le Grand, poursuivit son objectif d'une réforme Mithraique, et proclamât un édit qui établit le Dimanche comme jour de fête obligatoire, dans toute l'étendue de l'Empire Romain. Ce fut à ce moment qu'on commença à changer le nom des fêtes païennes et qu'on leur donna des noms chrétiens: la fête de Saturne, c'est à dire de Mithra ou Apollo, devint Noël; la fête d'Astarté ou Ishtar devint Pâques; la fête de Thammuz ou Lucifer devint la Saint-Jean, etc... Constantin comprenait, en effet, que si les mêmes jours étaient observés par les Chrétiens et les Païens, que tous seraient incités à embrasser sa nouvelle forme d'un christianisme bâtard et subtil. Déterminé à rassembler le monde Chrétien sous ses étendards, ce Grand-Séducteur n'avait pas encore achevé sa tâche. C'est par le moyen de païens à demi-convertis, de prélats ambitieux, et de chrétiens mondanisés qu'il parvint à ses fins.


Voilà ce que à ce jour je peux établir, Yves, j’ai bien reçu tes divers courriers, que je vais lire cette semaine, y compris tes remises en question sur Zet. J’ai conscience que ce n’est pas si facile de trouver le fil, et je ne porte aucun jugement sur ton empressement à ce faire .Pardonnes moi mon manque d’assiduité, j’ai dû résoudre plusieurs problèmes personnels , et le sujet de Mithra Ahura Mazda n’est pas des plus faciles non plus. Ce culte existe encore de nos jours, connecté à des formes de soufisme perses et turcs.


A bientôt,
Marek

#66 dush

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Posté 12 novembre 2003 à 11:37

Sujet oh combien passionnant que les rapports houleux entre le christianisme et le mithraisme. Si vous voulez en savoir plus je vous recommande le site http://assoc.wanadoo.fr/cercle.ernest-rena...le_ernest_r.htm où vous trouverez une étude sur le mithraïsme.
Sinon, vous savez sans doute que le shi'isme s'est surtout développé en Perse patrie d'origine de zoroastre. Or outre le christianisme, le juda¨sme et bien sûr l4slam la religion mazdéenenne était également tolérée cr ils avaient aussi un livre de Zoroastre. De plus le shi'isme de ces régions est imprégné d'ésotérisme au contraire du sunnisme , religion finalement fort pauvre au niveau théologique et surtout marquante par la sharia (les pr"ceptes de lois à suivre). La richesse du zoroastrisme a dû avoir une influence sur le soufisme et la mystique (même dans le sunnisme). D'ailleurs les premiers soufis étaient persécutés et étaient constituaient un danger pour le pouvoir car ils prétendaient atteindre une relation fusionnelle avec Dieu chose impensable pour l'orthodoxie sunnite uniquement ritualiste (5 pilliers de la foi à suivre ainsi que respecter la sharia du mieux que l'on peut : un peu simple non? mais heureusement il n'y a pas que des salafistes qui donneront naissance au wahhabisme au 17e siècle, et on voit ce que ça donne/c'est la même chose pour le christianisme et le judaïsme (pharisiens = race de vipères selon Jésus). D'ailleurs les trois monothéismes se rejoignent dans la mystique = fusion avec le divin er chacun sa méthode .
Amitiés. Dush.

#67 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 13 novembre 2003 à 00:24

Merci Dush,
Toutes les opinions peuvent s'exprimer sur ce topic qui ne m'appartient d'ailleurs pas de sorte à sortir de 2500 années
de mélanges d'idées.Car ne croyons pas que tout est originel de l'Europe. L'atomisme Grec vint des écoles hindouistes de Khnäda avant même que l'on parle de Christiannisme ou d'islamisme chez nous.Nous pensée est faite de fusion culturelle sans que cela implique l'abandon d'une essence culturelle.Ce sont les contacts PLEIN DE RESPECT qui ont fait évoluer l'humanité.Je suis Moi et tu es Toi, explique moi ce que tu sais, je t'enseignerai ce que Je Sais.C'est comme cela que nous avons avancé.
A partir du moment où le message a été 'tu dois te plier car Tu ne Peux être comme Nous avec ton Message à Toi', il y avait problême.Pourquoi?
Parceque ce systême nécessite une METAPHYSIQUE PUISSANTE APTE A TRAVERSER LES SIECLES et que NOS SOCIETES QUI ONT TOUJOURS ETE MARCHANDES le niaient.Ce qui revient à dire que les CASTES DE PRETRES avaient besoin de cette SOCIETE MARCHANDE.A partir de ce moment là, la repression devenait ODIEUSE.

Et c'est cette hypocrisie que nous avons véhiculé 2.000 ans durant.

Vous pouvez me contester librement sans que je réponde.

Cette liste appartient à padre.

Marek

#68 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 16 novembre 2003 à 20:56

LA GNOSE CHRETIENNE

Une telle association de termes va faire bondir plus d’un. Enfin ! Comment concilier le paganisme et la Foi ?

S’agit-il de paganisme d’abord ? Quelles sont les limites de cette connaissance ? Quel est le message et Pourquoi les temps anciens l’ont - ils condamné comme le moyen âge a condamné la réforme ?

Nous allons effectuer un parcours qui va nous mener à travers cette gnose là. Nous dirons ce qui nous semble certain et ce qui nous semble probable. Quand nous ne saurons pas, nous le dirons aussi.

Nous tirerons notre texte du livre « Jésus et la Gnose « d’Emile Gillabert qui nous semble- t’il est Le plus qualifié pour nous introduire dans ce monde là. (Mystique et religion- Dervy livre, 6 rue de Savoie à Paris)

INTRODUCTION

En 1945,des manuscrits coptes à caractère gnostique furent trouvés en Haute Egypte à NAG-HAMMADI.
On partit de présupposés : les documents étaient postérieurs aux Evangiles canoniques et étaient une traduction du Grec. Les textes étant restés cachés durant quinze siècles, ils ne connurent pas les altérations de l’homme.
Ce qui les rend doublement intéressants car ils nous ramènent à une communauté du début du christianisme.

Pour les Gnostiques, Jésus cherche à nous faire connaître la Gnose, à nous en donner les clefs.

Il reproche aux pharisiens d’entraver ceux qui veulent rentrer. (Luc 11.52 – Mat 23-13)

Puisque c’est Jésus qui apporte les clefs de la Gnose, c’est lui qui doit être interrogé : D’où viens-je ?
Qui suis-je ? ,Qu’est ce monde matériel ? ,Où vais-je ?


A cela Jésus répond : « Je suis la Lumière qui est sur eux tous » (St Thomas- logion 77)

Avant nag-hammadi, les gnostiques avaient été combattus et leurs livres détruits. Les chercheurs avaient
Comme sources les écrits dirigés contre eux. Ils devaient se contenter de ces rares sources. Saint Jérôme couvre son adversaire Vigilantius de sarcasmes et de moqueries : « Quand tu sauras par cœur les livres de Basilide, de Mani, de Barbelus et de Leusiboras, va les chanter dans les ateliers de tisseuses, offre-les même à lire dans les auberges que tu fréquentes ; par de tels radotages, tu inciteras plus facilement les gens incultes à boire «
Vigilance né à Calagurris au IV° siècle, théologien et moraliste gallo – romain fit vers 400 un voyage en Palestine. St Jérôme se disputa avec lui au sujet d’Origène, l’accusant de rejeter le culte des martyrs et des reliques, le jeûne, le célibat sacerdotal et l’état monastique.

Les adversaires de la Gnose chrétienne ont accusé les Gnostiques d’être dualistes.
A ceci les Gnostiques répondent : Ce sont les catholiques qui sont dualistes PUISQU’ILS DISTINGUENT LE CREATEUR ET LA CREATURE dans le temps et l’éternité. Le Grec qui voit dans son corps une prison de l’âme et aspire à la libération de celle-ci vers des cieux harmonieux est dualiste aussi.

Pour les Gnostiques chrétiens, il s’agit de parvenir à découvrir la vérité universelle qui est en chacun de nous.

QU EST LA GNOSE ?
Elle ne peut nous révéler son essence que prise dans sa totalité, dans sa vérité première. Elle demande pour dévoiler ce qui est encore caché écoute patiente et attention vigilante. Elle demande une ferveur qui diminue jusqu’à annuler la distance entre le Moi et l’Autre.
Le Gnostique est engagé dans une aventure où il abolit le divorce entre ce qu’il croyait être et ce qu’il est réellement.
« Par les choses que je vous dis, Ne savez-vous pas qui je suis ? « (ST Thomas logion 43)
« . et la Parole ETAIT DIEU »(Jean 1).
L’Etre et la Parole sont équivalents, dans une similitude parfaite.

Jésus EST LA GNOSE par ce qu’il EST.
Il est la GNOSE par ce qu’il fait.

Pour les Gnostiques, l’enseignement du Christ est là pour nous aider à réaliser la Gnose, l’identification parfaite.
Réaliser la Gnose c’est faciliter la connaissance et la reconnaissance de notre unité primordiale.

Autrement dit, si nous réalisons la Gnose, nous rejoignons le Père éternel.

On dépeint le gnostique comme un étranger dans son propre monde (alienus ), en proie à l’adversité, à l’exil, prisonnier de son corps, asservi à la décrépitude.
Mais en réponse le Gnostique cherche à mettre fin à cet exil. Avant de connaître ce cheminement Il connaîtra la révolte, le nihilisme et l’amoralisme. La Gnose le poussera à la rechercher pour le délivrer.

« Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas de la mort « (St Thomas logis 1)

« L’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas
à interroger un tout petit enfant de sept jours
au sujet du lieu de la vie (il s’agit du Royaume des Cieux)
et il vivra
parce que beaucoup de premiers se feront derniers
et ils seront UN » (logis 4)(St thomas)

voir aussi Matthieu 11.25 et Luc 10.21

On peut aussi se demander comment la notion de faute originelle a pu naître dans le chef de l’Eglise alors que Jésus à de nombreuses reprises fait référence aux enfants
pour la notion de Royaume des Cieux –« Celui qui n’est pas comme un de ces petits enfants… »
-à tel point qu’il est évident qu’il y a eu superposition de cette trame de faute originelle sur le message initial.
LES GNOSTIQUES CHRETIENS N ACCEPTENT PAS CE PECHE ORIGINEL.

« Au temps où vous étiez UN,
vous avez fait le deux
mais alors, étant deux
Que ferez-vous ? « (log 11)

Il s’agit de retrouver l’UNITE PREMIERE.

« Celui qui boit à ma bouche
sera comme moi ;
moi aussi, je serai lui,
et ce qui est caché sera révèle.
(log 108)

Il s’agit donc de supprimer la distance entre la créature et le créateur par la fusion. Pour le gnostique, ce que le chrétien catholique attend après sa mort est déjà là. Le Royaume des cieux est sur la terre
A condition de le trouver en soi.


LES PREJUGES

Les hérésiologues nous présentent la Gnose comme une HERESIE CHRETIENNE et nous présentent SIMON LE MAGE comme le père des hérétiques. Logiquement, si SIMON était le contemporain des apôtres,
L ‘hérésie serait apparue lors de la prédication de Jésus ou légèrement après, contaminant la doctrine chrétienne.
Nous attirons l’attention sur ce que ces hérésiologues présentent le gnosticisme comme une déviation du christianisme.

Jusqu’au milieu du siècle passé les auteurs s’en tinrent à la thèse des Pères de l’Eglise.


A partir de HARNACK qui définissait la Gnose comme une hellénisation du christianisme, on tend à élargir le sens de la gnose en la présentant comme indépendante du christianisme et même antérieure à celui-ci. Bousset cherche à établir l’antériorité de la Gnose par rapport au christianisme et à montrer que les points de contacts sont accidentels, la doctrine ayant inquiété les pères au II° siècle car contenant un ésotérisme qui leur était étranger.. Mais Bousset orientalise la gnose. On est loin de l’hellénisation précédente.

On est allé plus loin dans l’hypothèse en montrant que le christianisme serait une déviation de la Gnose.
Le surgeon serait le tronc, et le tronc le surgeon.

Interrogeons Henri- Charles PUECH, spécialiste de l’Eglise primitive et historien de la gnose.

Il taxe l’évangile de St Thomas de gnosticisme, ce qui au sens de la définition donnée plus haut est vrai.
Toutefois la notion de dualisme lié dans sa pensée au gnosticisme est entachée d’erreur pour les raisons explicitées plus haut également.
Il est impensable pour ce professeur que l’original soit en copte ce qui l’amène à penser que « l’écrit, dans son ensemble, tel qu’il nous est offert en copte, suppose un original en Grec, dont il n’est que la traduction ou une adaptation « .
Le nombrilisme Gréco-Latin a encore frappé comme nous l’a démontré à suffisance René Guénon dans son introduction aux doctrines hindoues.

Un savant coptologue, M.GARRITTE signale en 1960 que la version copte EST ANTERIEURE aux versions grecques d’Oxyrhinque. On sait que le copte descend de la langue des hiéroglyphes.

La cosmogonie grecque était fondée sur le dualisme corps / âme. Socrate et platon avaient développé la connaissance conceptuelle jusqu’à dégager les valeurs universelles de la raison. Aristote nous apporte la théorie de la déduction. La pensée, libérée des particularismes locaux avaient dégagé les principes abstraits que tout homme de quelque pays qu’il fut pouvait confronter dans le cadre d’une discussion rationnelle.

C’est cet esprit qu’Alexandre va exporter en Inde et en Egypte. Evidement cette pensée rationnelle n’est pas indiquée pour la pratique de l’ésotérisme. Celle-ci est une connaissance directe et personnelle, seule apte à permettre la réalisation métaphysique de l’homme.

Au début de l’ère chrétienne, les Grecs, dégoûtés et déshabitués du rationalisme s ‘abandonnent avec délices à l’influence étrangère.

Les Grecs, myopes ésotériques, ne pouvaient comprendre les énigmes de la métaphysique.
Alors poser le manuscrit copte comme un duplicata d’un document grec c’est ignorer la réalité et faire preuve d’un esprit de caste professorale de type conservateur.

Il faut se souvenir que le récit formait la tradition d’un message dans le monde ancien. le livre servait de référence en cas de doute. La parole était le vecteur d’apprentissage à cette époque :

« Celui qui boit mon sang et mange ma chair demeure en moi et moi en lui »(Jean 6-56)

Si nous interrogeons QUISPEL, nous constatons qu’il écrit en 1971 :
« L’évangile de St Thomas relève d’une traduction judéo-chrétienne indépendante des évangiles canoniques et transmet une tradition encratique (sectaires qui condamnaient le mariage et qui disaient qu’il n’est pas bon de boire du vin et manger de la chair) absolument non-gnostique, provenant d’une autre source »
- GNOSIS ALS WELTRELIGION –ED.Origo Zurich 1972. -
Il ajoute : Je ne me suis pas cru à réviser mon opinion, à savoir que la gnose est à interpréter psychologiquement.

Cet auteur considère que l ‘angle psychologique est le meilleur pour comprendre la gnose, c’est donc qu’il n’a pas saisi le plan métaphysique et en reste au plan phénoménal. Toutefois, il a compris que Dieu et l’homme sont consubstantiels pour le gnostique.

Il y a dans les traités de l ‘époque une distinction en trois classes (saint Irénée- Adversus Haereses)
Les hommes spiritualisés, pneumatiques.
Les psychiques, qui croient n’importe quoi avec la foi du charbonnier.
Les hyliques, attachés à la matière.

Doresse n’a visiblement rien saisi à la nature de la Gnose (in La Gnose, Histoire des religions tome II encyclopédies de la Pléiade 1972)
Il conclut son étude par les termes suivants :
« l’Eglise dans sa répression aurait pu aller plus loin, n’écrasant définitivement que les gnostiques dualistes dont le pessimisme anarchique était totalement inconciliable avec la notion d’une infinie bonté divine que l’évangile venait substituer à la dure justice de l’ancienne alliance »

Quelle bonté divine en effet, et quel exemple de démonstration de la supériorité des Pères de l’Eglise par la force.

Le logion 47 de l’évangile de St Thomas nous dit :

« Jésus à dit :
Il n’est pas possible
Qu’un homme monte deux chevaux,
Qu’il bande deux arcs,
Et qu’il n’est pas possible
Qu’un serviteur serve deux maîtres,
Sinon il honorera l’un
Et il outragera l’autre
Jamais homme ne boit du vin vieux
Et ne désire aussitôt boire du vin nouveau
Et l’on ne verse pas du vin nouveau
Dans de vieilles outres
De peur qu’elles n’éclatent :
Et l’on ne verse pas du vin vieux
Dans une outre neuve,
De peur qu’elle ne le gâte.
On ne coud pas une vieille pièce
A un vêtement neuf, cela se déchirerait.

Il est donc difficile à un auteur chrétien d’analyser la gnose autant qu’à un gnostique d’être converti au catholicisme classique.

Les exégètes chrétiens s’emploient donc à réduire la portée des découvertes de
NAG HAMMADI. Evidemment pour le catholique, l’homme se rachète lui-même
dans la Gnose en prenant conscience de son état de prisonnier de la matière.
Il n’a plus besoin du sang du Christ.

MENARD dans « l’Evangile de Vérité « nous dit : La gnose de l’évangile de Vérité, comme celle des autres manuscrits de Nag Hammadi et des textes gnostiques déjà connus, a leur origine dans des traditions dégradées du niveau populaire de l’hellénisme d’abord et du mysticisme oriental ensuite ».
MENARD est gêné aux entournures par un dualisme qui se résout en unité
Mais il s’en sort par une pirouette en affirmant que tout dualisme doit se résorber en Unité. Alors, conclusion logique, la gnose n’est pas un dualisme.

Quant à KASSER, il est marqué par le préjugé grec. Il nous dit : ' On voit combien l’expérience gnostique est séduisante pour toute âme déçue et tentée de se replier sur elle-même, et combien elle est éloignée de l’évangile simple, franc et joyeux prêché par JC, bonne nouvelle à la portée des petits et grands, sages et fous. Mais il faut connaître les plus hauts écrits de la Gnose pour les apprécier à leur juste valeur : il faut avoir goûté à cette nourriture lassante à force d’être raffinée pour retrouver avec l’appétit, la saveur fruste du pain évangélique…. ». En dehors de cet aspect gastronomique, il y a esprit partisan de la part de cet auteur.


ORIGINE DE LA GNOSE

SIMON LE MAGE
L’image qui nous est parvenue de ce personnage est de source chrétienne. Il nous est présenté comme étant redoutable. Originaire de Gitta en Samarie.

Le christ à l’encontre des pharisiens ne considérait pas les Samaritains comme schismatiques et impurs.
(Luc 10.29-37) Luc 17.11-19
Les Juifs diront au Christ ce que les hérésiologues reprocheront à Simon :
« N’avons-nous pas raison de dire que tu es samaritain et qu’un démon te possède (Jean 8.48). »
Les évangiles ne font pas foi d’une rencontre entre Jésus et Simon, mais la chose est possible car les deux hommes se déplaçaient beaucoup. Seuls les Actes citent Simon :
« Un homme appelé Simon qui exerçait la magie et jetait le peuple dans l’émerveillement (Actes 8.9) »
« Il se disait quelqu’un de grand, et tous du plus petit au plus grand s’attachaient à lui ».
Philippe fut alors envoyé le contrer. Abasourdi par les prodiges que fait Philippe, Simon demande à être baptisé. Les apôtres Pierre et jean arrivent à Samarie et imposent l’esprit. Luc va jusqu’à nous dire que Simon aurait offert de l’argent pour obtenir l’esprit et Pierre menace Simon. Simon demande à Pierre d’intercéder auprès du Seigneur, signe de lucidité et de subtilité.

Un autre texte présente Pierre aux prises avec Simon (Recognitiones - Clément de Rome).
Simon invective Pierre :
« Toi en vérité, comme un homme hébété, tu ne cesses, pour ainsi dire de
te boucher les oreilles pour qu’elles ne soient pas bouchées par le blasphème, et tu prends la fuite, car tu ne trouves rien à répondre ; et les étourdis qui acquiescent à tes propos vont encore t’approuver, toi qui leur enseigne ce qu’ils ont déjà entendu : mais moi ils m’exécreront, qui professe des nouveautés jamais entendues. »

Selon les Homélies pseudo Clémentines, Simon se rend à Alexandrie ensuite.

Simon est accompagné d’Hélène que l’Eglise à travers ses hérésiologues nous a présentée comme une catin. Simon la présentait comme la sagesse divine descendue sur la terre.
Naturellement l’église jette le discrédit sur un homme qu’elle a redouté.
Le terme simonie vient du nom de Simon qui offre de l’argent pour acquérir l’esprit saint. Ce qui est amusant c’est de constater que l’Eglise va constamment se rendre coupable de simonie au cours de son existence… D’autres légendes magnifient Pierre tout en noircissant Simon.
« Je suis celui qui se tient debout, je vais à nouveau au Père et je lui dirai : moi aussi ton fils qui se tient debout, ils ont voulu le faire tomber, cependant je ne me suis pas compromis avec eux mais je suis revenu en moi-même »(Actes Vercellences 31 cité par Quispel in Gnosis als Weltreligion)

« Et debout, ils seront monakbos » (Un)
Rentrer en soi-même c’est veiller chez soi.

Jésus nous a légué un message dans les évangiles selon Thomas, héritage non altéré par l’homme durant quinze siècles. Pas de catéchèse mais une suite de préceptes simples, parfois à caractère ésotérique. En ce qui concerne Simon,
Nous avons peu ; les témoignages à charge des hérésiologues, citations tronquées, légendes sans fondement historique. Cet homme devait être redoutable pour avoir été traité ainsi.

La question que posent les gnostiques est celle-ci : N’y a t’il pas eu altération du message du christ par les catholiques alors que ce message était gnostique ?

Le vrai message de Jésus demeura étranger aux Juifs et aux apôtres. A la lecture des évangiles canoniques, il ne restait plus qu’à persévérer dans l’attente
Du vrai messie comme l’ont fait les juifs fidèles à l’alliance de Javhe. Les Juifs attendaient un Roi Victorieux qui mettrait fin à l’occupation des Romains.

Les chrétiens transformèrent la mort du christ en victoire avec la résurrection
Et réalisant ainsi Daniel et les conceptions du livre d’Hénoch ( faire une comparaison entre les évangiles et le livre d’Henoc est instructif)

Dans les évangiles canoniques, les évènements furent mis en corrélation avec des paroles bibliques pour bien montrer que le Nouveau Testament sortait de la matrice de l’ancien. Matthieu compose une vie de Jésus avec des textes de l’ancien testament.

Les auteurs de cette altération seraient des apôtres qui n’avaient pas compris le message divin.


MESSAGE DU CHRIST SELON LA GNOSE

Simon se présente COMME LA GRANDE PUISSANCE DIVINE EN PERSONNE.IL EST.
« Cette puissance est UNE : répartie en haut, en bas, s’engendrant elle-même
,étant sa propre mère, se trouvant elle-même, son propre père, sa propre épouse, sa propre fille, étant à la fois mère, père, fils d’elle-même, elle est l’UN
racine du Tout, est précisément Celui qui se tient debout, s’est tenu debout
,se tiendra debout : qui s’est tenu debout en bas, dans le cours des eaux, ayant été engendré dans l’image : qui se tiendra debout là-haut auprès de la bienheureuse puissance infinie, quand il lui ressemblera parfaitement »

C’est un enseignement gnostique compatible avec celui des logions de l’évangile de St Thomas. Les Pères de l’Eglise ne peuvent qu’opposer les apôtres et Simon.
Dans l’Apologie publiée en 152 après JC, St Justin rapporte :
« SIMON vint dans notre ville impériale de Rome. Aidé par les démons il fit des prodiges de magie. On le prit pour un dieu »
L’hérésiologue parle aussi d’un disciple de Simon nommé Ménandre qui trompait par des prodiges beaucoup d’habitants d’Antioche au point de faire croire à ses auditeurs qu’ils ne mourraient pas.
Ceci est une confusion due au manque de compréhension du gnosticisme. Nous allons le voir ci-après.

LE ROYAUME DE DIEU

Dans st Thomas, le Royaume est là, ici et maintenant. C’est à nous de le trouver.
Dans le nouveau testament, il faut d’abord réaliser la prophétie de Daniel (7.1-13. -16). On constate dans le nouveau Testament des conceptions messianiques comparables aux attentes des Esséniens (livre de Daniel et d’Hénoch lus également par ceux-ci).

Dans St Jean, l’aspect ésotérique de l’enseignement de Jésus n’a été que partiellement altéré par les retouches successives.
Jean 8.51
« En vérité, en vérité je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne goûte jamais de la mort »
et
« Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas de la mort (log 1) »

Celui qui trouve la vie ne meurt pas.
« Ceux qui sont morts ne vivent pas, et les vivants ne mourront pas »(log 11.4-15)

Jean 6.60-66 nous dit « Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : ce langage là est trop fort ! Qui peut l’écouter ? Dès lors, nombre de ses disciples se retirèrent et cessèrent de l’accompagner ».

« Pourtant un bruit courait parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas »(jean21.23)

Avec son souci de trouver ses racines dans le prophétisme juif, l’Eglise optait
Pour une religion dirigée vers la fin des temps et creusait le fossé avec la gnose chrétienne.

Cent ans après la mort de Jésus, Justin accuse un disciple de Simon de magie parce qu ‘il enseigne que ses disciples ne mourront pas.
Le dialogue entre ces communautés n’est plus possible.

Simon suit un enseignement calqué sur celui du Christ : La vie éternelle n’a pas de fin et elle n’a pas de commencement.

Avez-vous donc dévoilé le commencement
Pour que vous cherchiez la fin ?
Car là où est le commencement,
Là sera la fin
Heureux celui qui se tiendra dans le commencement
Et il connaîtra la fin
Et il ne goûtera pas de la mort (log 18)

Heureux celui qui était déjà
Avant d’exister (log 19.1-2)

A comparer avec ce passage de St Jean 8-56
« Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui. 57.Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans et tu as vu Abraham ! 58.Jésus leur dit : En vérité, en vérité je vous le dis, avant qu’Abraham fut, Je suis »

Saint Paul va travailler les évangiles pour les amener au rachat
Par le sang du Christ.
Mais nous trouvons en Jean 14.12 ces paroles extraordinaires
« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais. IL EN FERA MEME DE PLUS GRANDES" »

Ce sont des paroles de confiance envers la dignité de l’homme.

La prétention de Jésus à la divinité est blasphématoire pour les Juifs.
De même la même prétention de Simon est blasphématoire pour les hérésiologues chrétiens.

Le chrétien catholique va cultiver la différence entre le créateur et la créature.
Le créateur envoie son fils racheter les péchés de l’homme dans sa faute originelle.
Pour le gnostique, il n’y a pas de rachat par le créateur car l’homme peut s’unifier avec le créateur en supprimant les différences entre le ciel et la terre.
A l’instar de Jésus, nous sommes tous Fils de Dieu et Fils de l’homme.
« J’ai dit : vous êtes des dieux (Jean 10,32) ».
Pour le chrétien catholique la croix est le passage obligé pour la transformation de l’homme et son sauvetage. Ce faisant, ce symbole du rachat de l’homme par le sang du christ se rattache à la géométrie ésotérique de l’axe du monde, du lien entre le ciel et la terre … de même du baptême catholique qui est un exorcisme inutile mais uniquement valable si on envisage le péché originel et la culpabilité jointe qui vont rejoindre dans la préparation de l’eau bénite un ésotérisme nemrodien dont la forme rituelle vient des lointaines ziggourats mésopotamiennes.
(mise d’une torche enflammée dans l’eau à bénir). Il faut ajouter que si le Christ devait être baptisé c’est pour montrer qu’il venait pour compléter la Loi de Moise et non pour l’abolir. Il faisait du baptisé l’égal du prêtre jusque là membre des lévites et donc digne de recevoir le salut. Il ne s’agissait pas d’un exorcisme laissant le non baptisé entre les mains du « démon » et porteur du péché originel dont le Christ ne parle jamais. Cela était dans la continuité de l ‘ancien Testament, et de ce fait surajouté car divers textes nous montrent que Jean le Baptiste ne sait si le Christ est le Messie et envoie des gens poser la question. Or au moment du baptême du Christ, Jean le Baptiste est sûr
que celui ‘dont il n’est pas digne d’enlever les lacets ‘ est le Messie. De plus une
colombe et la voix de Dieu vont lui dire .Pourquoi alors envoyer des gens poser la
question ? La réponse réside dans la fabrication de cet épisode du baptême.
Ceci dans une logique purement paulinienne.
Ajoutons pour être complet que certaines sectes chrétiennes du Ier siècle
baptisent les morts(I Corinthien 15.29) (mais Paul récupère cela au profit de la doctrine de la résurrection. Cela est tellement vrai que Paul ne fait que citer la chose, sans entrer dans plus de détails. ).
En fait, l’église ne se coupant de ses racines que pour conserver sa clientèle potentielle à caractère messianique va CREER ou RECUPERER des formes ésotériques que pour mieux se distinguer de l’ésotérisme gnostique. Ce faisant, elle crée la créature coupée du créateur et une angoisse et une culpabilité qu’elle va pouvoir dominer car pour cette église la mort est la porte du paradis, alors que l’enseignement du christ semble au contraire porté vers la vie :
« Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants »(Matthieu 22.32). Jésus est un libérateur et non pas un prophète de l’esclavage durant la vie.
Pire encore, cette Eglise par l’héritage de Constantin va pouvoir goûter aux jeux du pouvoir et se transformer en puissance temporelle qui règne également sur les âmes. Elle va mettre les âmes au service de sa puissance temporelle, non pour asservir le monde au christianisme mais aussi pour assouvir sa soif de pouvoir. Elle va juger et condamner à mort non seulement l’hérétique mais aussi le serf qui aura volé sur les terres où elle exerce sa puissance. Elle se
Montrera un maître retors et indigne de cette puissance. Elle va vendre des charges d’église, des indulgences pour des crimes inouïs. Et personne ne pourra la condamner car elle est sensée avoir reçu les clefs du ciel et de la terre.
Elle va dicter leur conduite aux grands du monde durant des centaines d’années en tant que titulaire de la charge spirituelle.

Il faut comprendre que pour l’Eglise, cette dualité Bien Mal participe à son contrôle de société. Par le mal, il y a confession pour être lavé de ses péchés.
Pas de confession signifie mort dans l’au-delà. L’excommunication joue le même rôle : pas de pardon au paradis et pas de terre chrétienne pour l’inhumation.
L’excommunié est déterré et ses os jetés aux chiens. L’excommunié est interdit, ce qui veut dire privation de messe et de nourriture.
Et n’importe qui peut le tuer sans qu’il y ait péché.

Le type paranoïaque et schizoïde créé par le combat du bien et du mal se complètent en permettant la mainmise du premier sur le second pour l’exploitation et a constitué le moteur de l’occident en matière économique.

Le moteur, dans sa course permet le constat suivant : le développement de cette force incontrôlée aboutit à une crise dans tous les domaines de la vie.

TEMPS ET ESPACE A L ‘EPOQUE GRECQUE

Nous devons nous arrêter à la conception qu’avaient à cette époque les Grecs
Du temps.
L’hellénisme concevait le temps comme revenant perpétuellement sur lui-même, commandé par le rythme des astres qui reviennent périodiquement. Sous forme de renouvellement ,c’est le temps qui rythme les saisons en régénérant la nature
Et nourrissant l’homme. Le temps marque le début et la fin de la vie de l’homme.
A la différence du chrétien ,le Grec ne possède pas de point qui lie le passé au futur. Le temps est circulaire chez lui.

Il n’y a pas donc chez le Grec de début ni de fin. Ni d’antériorité ni de postériorité.

Cette cosmogonie est marquée par deux tendances qui remontent à Platon.
Dans la première , le monde est l’expression d’un ordre manifesté par le retour des saisons ,l’harmonie de la terre, la structure des êtres vivants
Mais surtout par les astres .L’ordonnateur de cet ordre calme et immuable conduit à l’adoration.

La seconde tendance est moins optimiste ,et souligne le contraste entre le monde immuable et le monde sensible. L’âme est rivée au corps comme dans une prison. Il faut donc se préparer à se délivrer du corps de mort. La matière étant mauvaise, un combat s’engage entre le bien et le mal.

Il arrive que le bel ordre d’en haut fasse oublier notre misère :c’est le cas de la sagesse de Marc Aurèle et exprimée en Plotin.

Platoniciens, Plotiniens et gnostiques s’entendent sur la transcendance absolue de l’Un mais divergent sur le processus du retour à l’Un.

LA MERE DIVINE

La tradition Judéo-Chrétienne a produit un type d’homme coupé de la nature. Le Judaïsme fut la religion exclusive du Dieu Mâle et on connaît les efforts déployés par moise pour évacuer la Grande Déesse. L’argument massue de moise fut d’identifier la femme au démon, de l’exclure du culte, et lui interdire le sacerdoce sous prétexte d’impureté périodique.
Le christianisme chercha à sauvegarder le monothéisme issu du Judaïsme. Cette orientation accentua le dualisme chair- esprit, instinct- raison.
Le plaisir sexuel était entaché d’une culpabilité qui appelait le châtiment. La vertu était récompensée dans l’au-delà.

On peut imaginer le scandale que pouvait produire SIMON avec HELENE.Avec Hélène, Simon explique rétablir le couple primordial.

L’Ennoia (selon Irénée in Adversus Haereses ), Mère Universelle a jailli hors de lui et percevant l’intention de celui qui l’a engendrée, descendit dans les régions inférieures et devint captive des anges et des dominations émanés d’elle. C’est ainsi qu’elle fut entraînée du plus haut des cieux jusque dans le cosmos où elle endura toutes sortes d’outrages, fut prisonnière de la chair humaine, migra de corps en corps et connut de la sorte la prostitution.

Mais Simon vint pour la relever, la délivrer de ses liens et la rétablir dans sa condition première. Ensemble, ils forment le couple primordial par leur fusion corps et âme, ils retrouvent et restaurent l’Unité Première perdue par la FAUTE DU DEMIURGE DE LA BIBLE YAVHE QUI NE CESSE DE MENACER LE PEUPLE QU’IL S ‘EST CHOISI ET SE PRESENTE COMME UN DIEU JUSTICIER, VINDICATIF ET JALOUX.

Les sources sur Simon sont cohérentes : St Irénée ( +203). St Justin (+240). St Hippolyte (+235), Tertullien (+240), St épiphane (+403) ainsi que les recognitiones, Homeliae de Clément de Rome

Ces textes permettent de voir que la gnose n’évolue plus depuis Simon jusqu’au troisième siècle que dans le sens d’une altération.

Quoi qu’il en soit, saint Paul met le holà en ce qui concerne le comportement de la femme dans les assemblées « …que les femmes se taisent.. car il ne leur est pas permis de prendre la parole, qu’elles se tiennent dans la soumission, ainsi que la Loi même le dit. Si elles veulent s’instruire sur quelque point, qu’elles interrogent leur mari à la maison.. car il est inconvenant pour une femme de parler dans une assemblée « . I Co 14.34-35.

Dans la genèse (premier récit) l’androgynie est respectée : 'Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ' (gen 1.27)

Le second récit est une dégradation du premier et la création de la femme se passe avec l’histoire de la côte.
Eve est ensuite présentée comme un agent du Mal qui dépossède l’homme du bonheur perpétuel. Ce qui entraîne Paul à une attitude sexiste et machiste :
Ti 2.14- I Co 11.7

De ce fait, Marie, la Mère de Jésus ne pouvait pas, pour enfanter Dieu partager le sort de la femme Juive, ni être assimilée à une déesse réprouvée par le Dieu de Moise. La Vierge ne pouvait connaître la destinée des humains. L’art chrétien nous la montre montant au ciel et ce n’est qu’en 1950 que le dogme de l’Assomption fut imposé.
La théologie de l’église, pour rester conforme à la doctrine de Paul dut lutter contre deux écueils : 1. Eviter que le culte rendu à la mère divine devienne un culte d’adoration comme celui rendu au christ et 2° de dissocier la Vierge de la Déesse de la fécondité (Isis). Le culte de la vierge s’est révélé inapte à assumer la sexualité, la fécondité et la Mort.

Dans St Thomas, il est clair que Jésus rétablit la Mère Divine (log 101.4) et ne peut accepter comme disciple que celui qui aime à la fois le Père et la Mère divine.
L’enseignement de Simon comme celui du christ est trop fort pour les Juifs et de nombreux disciples ne peuvent les défendre. C’est pourquoi l’Eglise va
Transformer cet enseignement en l’orientant vers le retour du christ par le messianisme et quant à ce qui a trait à la restauration du père et à la Mère divine, cela est supprimé purement et simplement. (se référer à l’évangile de St Matthieu –version de Bèze- celle de St Irénée-la parabole des vierges sages et des vierges folles version grecque)

LE DEMIURGE
Jésus ne partage pas l’hostilité de Simon envers le Dieu de Moise alors que Simon le dépeindra de terrible façon. Jésus surplombe ce problème et ne cache pas ce que les Pharisiens ont fait des clefs de la connaissance : log 39 ; Matt 23.13 et lc 11.52.

Le log 102 précise « Pauvres d’eux les pharisiens, ils ressemblent
A un chien couché dans la mangeoire des bœufs ; il ne mange ni ne laisse les bœufs manger »

Si ceux qui vous guident vous disent :
Voici, le Royaume est dans le Ciel
Alors les oiseaux du ciel vous devanceront ;
S’ils vous disent qu’il est dans la mer,
Alors les poissons vous devanceront.
Mais le Royaume, il est le dedans
Et il est le dehors de vous. (log 3)

Le log 113 précise

Ce n’est pas en guettant qu’on le verra arriver
On ne dira pas :
Voici, il est ici !
Ou voici, c’est le moment !
Mais le Royaume du père s’étend sur la Terre
Et les hommes ne le voient pas.

Le log 51 précise :

Ce que vous attendez est venu,
Mais vous, vous ne le connaissez pas

Jean 10,8 dit « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des pillards »
Dans Jean 6.32 cette affirmation claire :
« Ce n’est pas Moise qui vous a donné le pain du ciel, c’est mon père qui vous le donne, le pain du ciel, le vrai »

Jn 6.35 « Je suis le pain de Vie »
Jn 6.44 « Nul ne peut venir à moi si le père qui m’a envoyé ne l’attire »
Jn8.42-48 traite du dieu des Juifs : 'dès l’origine ce fut un homicide '.

Les mises au point que jésus tente pour intérioriser le Royaume vont faire l’objet de nombreuses manipulations de la part de l’Eglise pour les rétablir dans un contexte messianique.

Lorsque ses disciples parlent des prophètes, Jésus leur rétorque :
« Vous avez délaissé Celui qui est vivant devant vous et vous,
vous avez parlé des morts « (log 52)

Il arrête les apôtres dans leurs projections messianiques

« Ce que vous attendez est venu,
mais vous, vous ne le connaissez pas » (log 51)

cette doctrine n’est donc pas Judaïque mais autre, différente.

« JE SUIS LE Tout,
le Tout est sorti de moi,
et le tout est parvenu à moi. » (log 77)

C’est à Alexandrie que le christianisme, l’hellénisme et la gnose vont s’affronter. Alexandrie est un creuset intellectuel. Au temps de Paul,
Les pagano-chrétiens représentés par Paul se sont heurtés aux judéo-chrétiens représentés par Jacques le Majeur. Un compromis permet à Pierre, malgré l’outrage que lui infligea Paul à Antioche de devenir le chef de l’église.
Après la chute de Jérusalem le problème majeur fut de régler les relations entre les deux communautés. La question brûlante était de savoir si l’enseignement de Jésus était rattaché à Yahvé et aux prophètes.

Le gnostique ignorait l’ancien testament.

LE CHRIST PAULINIEN

L’avantage de la position de Paul était que l’église se donnait une histoire multimillénaire. Elle continuait un mythe puissant.
Il signait de son sang rédempteur et authentifiait la réalisation des prophéties
Et sa mort était un gage de notre propre résurrection et de son retour imminent.

JESUS LE VIVANT
Jean 5.24
« Celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m’a envoyé à la vie éternelle et n’est pas soumis au Jugement, mais est passé de la mort à la vie »

voir également Jn 5.24 –6.27 –6.47 –6.54 –6.68 –10.10 –10.28 –20.31
Pour le gnostique, Jésus n’est pas venu pour réprimer nos instincts mais pour apprendre à nous connaître. Paul a voulu nous affranchir de la Loi au nom de l’Amour mais cet amour est répressif dans la mesure où il impose toute une série d’interdits pour obtenir le paraclet.
Lc 7.33-34 et Matt 11.18-19 nous montre un christ ami de la vie qui aime boire et fréquenter les gens simples. Il est l’opposé de Jean le baptiste qui ne mange
que du pain et ne boit que de l’eau, quand il ne jeûne pas.

Pour les gnostiques, il ne fait pas de doute que le christ ait assumé sa sexualité.
Cet enseignement repose sur Jean 12.3-7.38-le log 114 nous le montre sur un lit :

Deux se reposeront sur un lit
L’un mourra, l’autre vivra
Salomé dit :
Qui es-tu homme ?
Est –ce en tant qu’issu de l’un
Que tu es monté sur mon lit
Et que tu as mangé à ma table ?
Jésus lui dit :
Je suis celui qui est,
Issu de celui qui est égal ;
Il m’a été donné ce qui vient de mon Père.
-Je suis ta disciple
-A cause de cela je dis :
Quand le disciple est désert,
Il sera rempli de lumière ;
Mais quand il est partagé,
Il sera rempli de ténèbres.
Log61

Dans l’évangile selon Marie, écrit gnostique de Nag Hammadi, c’est Pierre qui s’en prend à Marie. il lui dit : Ma sœur, nous savons que le Sauveur t’aimait plus que les autres femmes. Dis-nous les paroles dont tu te souviens »
Pierre ajoute par la suite : l’a t’il préférée à nous ? ».
L’évangile selon Philippe est le plus révélateur de ce point de vue.

Comme l’esprit saint était féminin, Philippe ajoute en ce qui concerne la conception de Jésus : Quand une femme a t’elle conçu d’une femme ? »

LE MYTHE GNOSTIQUE

Nous allons aborder une partie très difficile de l’enseignement gnostique.
Nous vous demandons de vous accrocher au texte.

Récits de la création
Le mythe de la création est à peine esquissé dans l’Evangile de la Vérité. A l’époque on trouve des recueils de « dits » de Jésus entre les mains de St Justin, de Clément d’Alexandrie, Epiphane, car les évangiles que nous connaissons n’existaient pas sous la forme que nous connaissons.

Ptolémée, Marcus et Héracléon, successeurs de Valentin compliquent le mythe initial ce qui
Va entraîner un foisonnement de celui-ci.

Naturellement les textes de ‘la sophia de Jésus Christ ‘ ou ‘l’Apocriphon de Jean ‘ ‘Eugnoste le Bienheureux ‘’ l’Ecrit sans titre ‘’l’Hypostase des Archontes ‘’le deuxième traité du grand Seth ‘’ la Protennoia trimorphe ‘ provoquent un malaise à la lecture car
Ils rendent le Tout très compliqué à comprendre.

Un mythe dit toujours comment quelque chose est né. Platon nous dit au Livre II de la République qu’entre muthos et logos il nous faut choisir. En effet, l’esprit rationnel n’est pas prêt à comprendre un mythe.

Le mythe gnostique est également le récit de la fin car tout commencement est recommencement. Qui dit création dit création dit naissance et mort, lumière et ombre, ordre et désordre apparents.
Le mythe explique comment vivre face à l’absurde et les possibilités de salut. il donne un sens à la souffrance. Un récit resté à l’abri de l’influence chrétienne et grecque nous révèle la cosmologie gnostique : l’Apocriphon de jean.

L’APOCRYPHON DE JEAN

On met d’abord l’accent sur le Premier Principe qui n’est défini que négativement : on nous dit ce qu’il n’est pas. On doit comprendre qu’il s’agit du TOUT à l’origine du Tout. C’est l’absolu à l’origine de la perfection, de la béatitude, de la lumière.

De cette profondeur sans mesure sort l’entité féminine, aspect féminin de la déité. On doit comprendre que l’Absolu est androgyne en son Principe.
On annonce la venue de celle qui va engendrer : elle se dévoile, elle se manifeste avant tout, elle est lumière, elle est force, image de l’invisible, esprit virginal…elle devient la mère de l’Univers car elle est première par rapport par rapport à eux tous, le mère père, le premier homme, l’esprit saint, le triple mâle, le triple force, le triple nom du mâle femelle …

L’esprit qui est féminin constitue l’élément vital de la trilogie Père Mère Fils.
Le fils va être conçu grâce au regard du Père à l’intérieur de Berbélo (la mère )
Et elle devint enceinte de lui. C’est le fils unique de le Mère Père, la lumière Pure : l’invisible esprit lui donne une forte intelligence invincible. Le Fils rend grâce : à cause de Toi l’Univers a existé et l’Univers retournera vers Toi.

Le Mythe se déploie alors :
Berbélo trop confiante en la force invincible qui était en elle, enfanta une créature qu’elle rejeta loin d’elle afin que nuls parmi les immortels ne la vissent, car elle avait engendré dans l’ignorance.
Elle l’entoura, cet être, d’un rideau de lumière et plaça un trône au milieu du nuage de lumière afin que personne ne la vît, sinon l’esprit saint qu’on appelle la mère des vivants.
Ce fut le premier archonte nommé Ialtabaôth. C’est un être mauvais par la folie qui est en lui. Il se prétend Dieu. La créature issue de lui le rendit jaloux et orgueilleux. C’est naturellement le démiurge de l’ancien testament.

La mère prit conscience de son manque par suite d’une baisse de sa lumière. Elle s’agita allant et venant. Le texte précise que les choses ne se sont passées ainsi que le raconte Moise.

La souffrance de Sophia à cause d’Ialtabaôth augmente. Le démiurge poursuit sa création pendant ce temps. La Plénitude touchée par les pleurs de Sophia s’empresse à vouloir redresser son manque. Elle doit corriger son manque avant de rejoindre le ciel supérieur où elle rejoindra son époux.
Ialtabaôth crée l’homme a sa ressemblance, mais ce n’est qu’une créature psychique. Ialtabaôth manquait de subtilité pour empêcher l’homme pneumatique de rentrer dans l’homme psychique. c’est à son insu que l’esprit pneumatique s’instilla. Les archontes s’aperçurent que les archontes les surpassaient en sagesse. Désormais la lumière éclaire l’homme sur l’origine de sa déficience et lui montre la voie de retour. Les ténèbres cherchèrent à faire écran à la Lumière. Adam reconnut qu’Eve était de la même essence que lui et la lumière étaient en lui. Ialtabaôth voulait empêcher Adam du fruit de l’arbre de la gnose.
Par la suite, les anges furent envoyés séduire les filles des hommes et qu’ils firent de la création un esclavage éternel.
Jésus a pu entrer enfin dans la prison des hommes et a pu enfin délivrer son enseignement. parlant de celui qui s’est levé pour le suivre il dit :
Je l’ai ressuscité et je l’ai scellé par la lumière de l’eau, par les cinq sceaux pour que la mort n’ait pas de pouvoir sur lui à partir de ce temps.

Grâce à jésus, le retour est opéré.

Le mythe connaîtra d’innombrables versions. Le but est de faire comprendre à l’impétrant qu’il devra aimer son Père et Mère céleste s’il veut être sauvé.

« celui qui connaît le Père et la Mère, l’appellera-t-on fils de prostituée ? (log 105).

Barbélô porte le nom de Sophia, Ennoia, Pensée, Silence, Grâce.

Selon Heracléon, ce qui arrive à Sophia entre dans le cadre du plan du Père et permet le salut de l’homme.

Dans le Protennoia trimorphe, c’est surtout la trinité dans l’Unité qui est mise en lumière. Ainsi en est-il aussi dans les trois stèles de Seth.

Dans la Pistis Sophia, les aventures de Sophia sont différentes du mythe de Valentin. Après son éloignement, Sophia qui aspire au retour au père est attirée par une fausse lumière et tombe dans le piège du chaos où les forces mauvaises la persécutent, cherchant la portion de lumière en elle et sa délivrance n’interviendra qu’à la suite de nombreuses péripéties.

Le Christ qui est la révélation du père, participe en sa qualité de sauveur au retour de Sophia auprès de celui qui l’a engendré. il rétablit la triangulation Père-mère-Fils en restaurant l’harmonie.

En lisant le mythe de Sophia, comment ne pas penser à Déméter qui a fondé les mystères d’Eleusis et permettaient aux initiés de dépasser leur condition humaine et d’être introduits dans la famille divine.

A l’exemple de Barbelo certaines sectes gnostiques divinisèrent l’érotisme en consommant la semence de l’homme au cours d’orgies où la femme jouait un rôle de premier plan. C’est une scène orgiaque à laquelle assista horrifié Saint epiphane.

Si on observe bien le cheminement, le serpent devient l’allié d’Adam contre
Le dieu démiurge et permet à l’homme de connaître le bien et le mal.
La fin du mythe est heureuse pour Sophia qui rejoint le Plerôme et réalise l’Unité avec son conjoint.
Mais la gnose n’est pas accessible à tous. Luc(8.10)-Matthieu (13.11)

Pour devenir pneumatique, c’est à dire « fils de l’homme « il faut quitter l’état de « fils de la femelle « c’est à dire l’état psychique. Certain des psychiques pourront se dégager de la matière et accéder à l’état pneumatique. Les autres, mélangés rejoindront les hyliques dans la perdition.
Le démiurge, selon un certain nombre d’écrits, ne peut accéder à la nature pneumatique. Les prophètes de l’ancien testament appartiennent au démiurge. Leur activité est psychique.

L’ignorance les laisse terrorisés et confus, instables, déchirés et divisés ; ils vivent dans l’illusion et dans les fictions comme plongés dans le sommeil et en proie à des rêves troubles.

Les prophètes de l’ancien testament peuvent aussi recevoir la qualification de ‘justes’ c’est à dire recueillir une certaine perfection. Ils marchent dans la foi et l’espérance. Pour Héracléon, Jean-baptiste est prophète mais appartient à l’ordre psychique. Le logion 46 nous dit :

« parmi ceux qui sont enfantés par des femmes (Fils de la femelle)
aucun ne surpasse Jean le baptiste…
mais j’ai dit :
celui qui parmi vous sera petit
connaîtra le Royaume
et surpassera Jean »

Les hyliques voient le Fils, mais les hyliques ne peuvent reconnaître en lui que ses aspects psychiques (guérisons, miracles, etc..).

Les pneumatiques ont un caractère masculin. Le caractère féminin est possédé par les hyliques et les psychiques. Mais les pneumatiques ne deviennent mâles
Par la révélation laquelle est révélation du Père. Il peut y arriver par l’esprit du Père.
Le logion 59 nous dit
« Regardez vers celui qui est vivant tant que vous vivez, de peur que vous ne mouriez et ne cherchiez à le voir sans parvenir à le voir »

Chez Basilide le mythe atteint un degré de complication tel qu’Irénée ne s’y attarde pas, jugeant qu’un sur mille, deux d’entre dix mille peuvent le comprendre ». dans le système Basilidien, les sept cieux d’héracléon deviennent
365 cieux. Basilide eut pour disciple son fils Isidore. en dehors de ce dernier, il ne semble pas y avoir un successeur de marque.

Chez les Grecs, l’âme est immortelle. elle est liée avec un corps mortel il y a désordre et souffrance. de là va naître la notion de Bien et de Mal. On trouve cet antagonisme dans le Timée de Platon et explicite dans le Théétète. A Théodore qui apprécie les paroles du maître, Socrate va répondre :
« Ah ! , Théodore, il n’est pas possible que le mal s’abolisse, car il y aura toujours nécessairement quelque chose de contraire au bien ; et comme le mal ne peut avoir son siège chez les dieux, c’est nécessairement dans la nature mortelle et dans le monde d’ici-bas qu’il circule sans cesse. on doit donc s’efforcer de s’enfuir, le plus vite possible, d’ici-bas vers la -haut ! Or la fuite, c’est se rendre, dans la mesure de ses forces, semblable à la Divinité.. ».

la dualité du Bien et du mal est marquée dans le Politique. elle revêt un aspect cyclique soumis à la loi de l’entropie. Dans un premier mouvement le mouvement est guidé par la divinité ; c’est une période heureuse pour l’humanité ; dans un second cycle, le monde se meut en sens inverse sous sa propre impulsion et il est marqué par une période mauvaise emplie de désordre chaotique, soumise à la dégénérescence finale et l’éclatement. c’est la fin du mauvais cycle et le début du nouveau (politique 269-273).

Platon voit donc le désordre lié à la matière. il faut donc s’enfuir d’en bas vers là haut.
Le néoplatonisme qui trouvera son couronnement et Plotin représentera le mysticisme Grec.

On s’élève de degré en degré jusqu’à la vue de l’un. On peut donc accéder à la vision du Beau Visible.
(ennéades II, 9,16)

Six siècles séparent platon de Plotin mais le second s’inscrit dans la pensée du premier. Alors que Platon circulait dans le monde des Idées, Plotin va explorer
Les voies du mysticisme en évitant le rationalisme.

Comment Plotin qui comprenait le gnosticisme a t’il pu le combattre ? ?

Chez les Juifs, le destin de l’Homme avait d’abord une signification collective liée à l’idée d’élection d’israel. Par rapport à l’espérance du Messie s’ordonnait l’histoire de ce peuple. La destinée personnelle était noyée dans celle du peuple.
Selon les rabbins au début de l’ère chrétienne, l’homme avait une conscience qui transcendait la chair et survivrait à l’usure physique et à la mort. ce qui arrivait à l’âme n’avait jamais fait l’objet d’une doctrine précise et les croyances variaient donnant lieu à des divergences théologiques exacerbées par des rivalités politiques.

Les sadducéens refusaient toute idée de survie, de résurrection des morts, d’immortalité de l’âme.
Les Pharisiens étaient attachés à l’immortalité de l’homme ; ils croyaient au jugement après la mort, à l’existence d’un paradis, d’un purgatoire et d’un enfer ainsi qu’à la résurrection des morts.
Ce qui dans le christianisme ne provenait pas du fonds juif commun venait de la secte des esséniens.
Ils se recrutaient parmi les Pharisiens qui avaient la même fidélité à la Loi que les esséniens. Les esséniens estimaient que le Messie viendrait chez eux. Comme les Pharisiens, ils croyaient en la résurrection des corps et au jugement final.

St Paul se définit comme « Pharisien, fils de pharisien » (Actes 23.6-9)
Il se veut de la nouvelle alliance (I Co 11.25) 2Co 3.6
Il innove avec l’apparition de Dieu sur le chemin de Damas.

« Es –tu celui qui doit venir où devons-nous en attendre un autre ? (Mt 11.3) ».
Question brûlante s’il en est et qui répond à un fond de messianisme.
Le christ était –il prédestiné à accomplir des prophéties ou à sauver l’homme ?
D’autre part, relisons la phrase qui précède : elle voudrait dire que Jean le Baptiste ne sait pas si Jésus est le Messie et il en fait demander confirmation à celui-ci, et ce dans une optique messianique.


La pensée de Platon a préparé la libération de l’âme dans le christianisme. Chez les platoniciens, l’âme est éternelle et le Grec ne pourrait pas imaginer que le corps ressuscité vienne rejoindre l âme.

Les gnostiques vont cependant s’entendre plus facilement avec les grecs qu’avec les chrétiens. Alexandrie était un foyer de culture. Valentin avait appris
Platon, Philon, et le stoïcisme.
Ses œuvres prennent de la liberté cependant par rapport aux enseignements décevants des maîtres.

Clément d’Alexandrie est ouvert aux gnostiques. Son successeur, Origène passera également pour gnostique alors qu’il s’élève contre la division valentinienne entre pneumatiques et psychiques. Contre la prédestination
,Origène revendique à tout homme le droit de parvenir au salut. Sa théologie
donnera lieu à controverse parmi les chrétiens, mais elle est révélatrice d’une certaine conception de l’homme ( le salut pour le grand nombre ).

Valentin ne pouvait s’accommoder de cette vue socialisante. Il sait que la gnose n’est possédée que par un petit nombre. Valentin donne à la gnose un caractère chrétien. Il s’éloigne du christ rédempteur par le sang. Il rêve d’un rapprochement avec les catholiques et fut à deux doigts d’être nommé pape.

Marcion occupe une position particulière relevant de la doctrine paulinienne
Plutôt que de la gnose. C’est un chrétien hérétique. il prend au sérieux la passion du christ et cite Paul.

Mais le sang du christ, nous dit Mancion a été versé non pour racheter l’homme
Pécheur et le réconcilier avec Dieu, mais pour le soustraire au Dieu de ce monde
Qu’est Yavhé. Il rejette l’Ancien testament comme les gnostiques. Le Dieu de Marcion n’est pas l’auteur du monde ni de l’homme. Il est le Père adoptif.

C’est pour riposter à Marcion qui rejette les textes avec interpolations judaïques et qui veut imposer sa version canonique que l’église fut amenée à préciser les livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau testament.

Nous insistons sur le fait que c’est contraint et forcé que l’Eglise dût se référer aux textes anciens et les délimiter pour les FIXER.A partir de ce moment, une certaine confusion apparaît entre le Père du christ et Yahvé..


Origène précise dans ses Principiis la condamnation implicite du gnosticisme et
Du marcionisme.

POUR EVITER LE TERME « DIEU » QUI EVOQUE LE DEMIURGE,
Le gnostique utilisera plutôt le mot « Père « . Cela est le cas dans l’évangile selon Thomas. La connaissance est avant tout la connaissance individuelle de nous-même qui va nous conduire au divin par abandon de l’illusion. Ainsi nous pourrons être Lui. Maître Eckaert pour qui l’éveil procède de la connaissance et non pas de la foi : Pour ceux qui connaissent, c’est affaire de connaissance, pour ceux qui ont l’esprit fruste, c’est affaire de foi ».

Que celui qui cherche ne cesse de chercher
Jusqu’à ce qu’il trouve ;
Et quand il aura trouvé,
Il sera bouleversé,
Et, étant bouleversé,
Il sera émerveillé,
Et il règnera sur le tout. (log2)

(Luc 11,9)



« Je me suis tenu au milieu du monde
et je me suis manifesté à eux dans la chair.
Je les ai trouvé tous ivres ;
Je n’ai trouvé parmi eux personne qui eût soif,
Et mon âme a souffert pour les fils des hommes
Parce qu’ils sont aveugles dans leur cœur
Et ne voient pas
Qu’ils sont venus au monde vides
Et en sont même à tenter de repartir vides.
Mais voilà, maintenant ils sont ivres.
Quand ils auront rejeté leur vin,
Alors ils changeront de mentalité. (log 28)

Le christ ne vient pas sur les nuages des cieux (Daniel 7.13-16) et ne correspond pas à la vision d’Hénoch (46.3-5).

Lorsque vous vous dépouillerez de votre honte
Et prendrez vos vêtements,
Les déposerez à vos pieds
Comme les tout petits enfants,
Les piétinerez,
Alors vous verrez le Fils
De Celui qui est vivant
Et vous n’aurez pas peur (log37)


Si la chair a été cause de l’esprit,
C’est une merveille ;
Mais si l’esprit a été à cause du corps,
C’est une merveille de merveilles.
Mais moi je m’émerveille de ceci :
Comment cette grande richesse
A habité cette pauvreté. (log 29)

Seul celui qui est réellement pauvre peut dire : le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où incliner sa tête et se reposer »(log 86 – Mat 8.20-Lc 9-58)

LA GNOSE N EST PAS UNE DOCTRINE HELLENE

Compte tenu de ce que nous avons vu, il est pour le moins contestable
De prétendre que la gnose est d’origine grecque. Elle n’est pas davantage
Catholique bien que les points de contacts aient existés entre les deux
Messages. Le gnostique dira que le christianisme et l’hellénisme sont des
surgeons du gnosticisme.

L EVANGILE DE VERITE
Il s’agit d’une homélie de caractère valentinienne qui reprend des thèmes
,voire des paroles d’un évangile gnostique. L’ouvrage est dépouillé de sorte à tirer le lecteur de l’ignorance. Elle cherche à répondre à la question : Qui suis-je ?
« C’est parce que l’Oubli a eu lieu que le Père n’a pas été connu, alors si on connaît le Père, l’Oubli ne se produira plus ». « Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne trouverez pas le Royaume «.

« Quand vous ferez le deux Un,
vous serez Fils de l’homme,
et si vous dites :
montagne, éloigne-toi,
elle s’éloignera (log 106)

Quispel écrit :
« Valentin et Basilide ont hellénisé et christianisé la gnose égyptienne vulgaire, déjà existante ». Le même auteur précise que son essence et son origine était non chrétien.
Bien que non chrétienne, elle ait Jésus pour origine, tandis que le christianisme
A projeté sur Jésus des idées qui avaient cours à l ‘époque. A chaque passage de l’ésotérisme à l’exotérisme, le message a été altéré :

L’éveil à la connaissance est devenu résurrection, Jésus libérateur est devenu rédempteur ; la recherche intérieure est devenue credo etc. etc..

d’après les spécialistes, les évangiles de Vérité dateraient de l’an 150,soit une génération avant St Irénée. Valentin né en 100 pourrait donc bien en être l’auteur. En 150,le Canon du Nouveau Testament n’était pas encore fixé. Celse écrit en 180 dans le Discours Vrai des Evangiles :

« La Vérité est que tous ces prétendus faits ne sont que des mythes que vous avez vous-mêmes forgés sans seulement parvenir à donner à vos mensonges une teinte de vraisemblance, bien qu’il soit de notoriété que plusieurs parmi nous, semblables à des gens pris de vin qui portent la main sur eux-mêmes, ONT REMANIE A LEUR GUISE TROIS OU QUATRE FOIS ET PLUS ENCORE, LE TEXTE PRIMITIF DES EVANGILES, afin de réfuter ce qu’on objecte »

IRENEE à la fin du II° siècle se plaint de ceux qui dans la traduction d’un texte, s’estimant plus habiles que les apôtres ne craignent pas de les corriger.
(Adv.Haer. IV, 2.2)
Vers 200,Tertullien dans « De praescriptione hereticorum » déplore ces malversations. Au III ° siècle, Clément d’Alexandrie et ORIGENE (PG XIII, 1293) formulent des plaintes semblables.

L’Eglise de Rome, ayant excommunié MARCION se devait de réfuter son évangile, lequel ne contenait que le texte de LUC, amputé de référence à l’ancien testament et l’Apolosticum constitué des épîtres de Paul par un
NOUVEAU testament qui prouverait la concordance entre l’ancien et le nouveau.

Saint Jérôme, chargé par le pape DAMASE (342) d’établir la version définitive des Evangiles et des Actes, se plaint des mélanges que les textes offrent.
Après rédaction, la censure appuyée par le bras séculier de l’empereur Constantin, fait disparaître les rédactions anciennes comme l’évangile des Hébreux, des Nazaréens, des Ebionites, de Marcion etc.


L’évangile de Jean est celui qui malgré quatre couches de fardage présente des allusions claires à la doctrine originale. (Jn 17.3-Jn 5.24-3.36-6.47-10.30-14.11-14.20-16.15).

Le lecteur est dérouté une fois que Jean (Jn 6-39-40—44-45—5.28-29—4.22)
Aborde le thème de la résurrection et du Jugement dernier.

On constate des déplacements des centres d’intérêt lors du processus de masquage. Matt (18.12-14), Luc (15-4-7).

Le centre d’intérêt passe en effet du mouton vers le berger. Le synoptique se retrouve chargé d’éléments secondaires.

Or un logion de Thomas nous raconte la même parabole avant surcharge.
« Le royaume est comparable à un berger
qui avait cent moutons
l’un d’entre eux, le plus gros, disparut.
Il laissa les quatre-vingt dix neuf
Il chercha l’un
Jusqu’à ce qu’il l’eût découvert
Après avoir peiné,
Il dit au mouton :
Je te veux plus que les quatre vingt dix neuf . »

(log 107)

L’Evangile de Vérité nous dit
« C’est lui le berger
qui laissa les quatre vingt dix neuf moutons
qui ne sont pas égarés
Il alla chercher celui qui est perdu,
Il se réjouit l’ayant trouvé
Car 99 est un nombre
Qui se compte sur la main gauche qui le détient.
Mais lorsqu’on trouve l’UN,
Le nombre tout entier passe à la main droite
Ainsi en est –il de celui qui manque de l’UN,
C’est ,à dire de la main entière,
Qui attire ce qui est déficient,
Le prend de la gauche et le fait passer à la droite »


Dans Matthieu et Luc, le mouton étant perdu, le berger le retrouve. Il se réjouit plus pour lui que pour ceux qui ne s’étaient pas égarés. On comprend que le Père ne veut pas que s’égare un de ces petits.
Chez Luc, c’est le berger qui a perdu le mouton. Il est assimilé au pécheur repentant qui sera récompensé plus au ciel de son repentir.
Il y a donc renversement de la situation.
Mais quelle différence entre cet habillage et le message de départ ! ! !

LES ECRITS HERMETIQUES

Le gnostique à même de répondre à la question : qui suis-je ? ne va plus se soustraire à sa condition humaine. La résurrection à déjà eu lieu. Le Royaume est déjà là. Il est clair que l’hermétisme et le gnosticisme auront des points communs. Jean Pierre MAHE qui compare l’ogdoade et l’Eunéade avec le traité correspondant du Corpus Hermeticum constate que les différences les plus frappantes entre les deux traités consiste en l’absence à l’intérieur du texte copte des développements eschatologiques soupçonnés par ailleurs d’être des interpolations.
Le texte copte ne décrit pas une montée aux cieux après la mort. La caractéristique du gnosticisme n’est pas de promettre une élévation après le décès, mais bien durant le cours de cette vie. On peut en retirer que la version copte du CORPUS HERMETICUM est plus correcte en copte que dans les versions grecques ultérieures.

Le mystique revenu à lui redevient dual. Il voit la déité extérieure à lui et là est le drame. La fusion n’est que momentanée.

Le vrai gnostique, il réalise qu’autre que Lui n’existe pas. Autre livre de NAG HAMADI, l’autentikos Logos nous dit ce que doit faire l’âme pour se libérer.
Ici mêlée à l’animalité elle doit revêtir la robe mystique nuptiale, abandonné le corps qui trouble et pourra ainsi remonter dans sa demeure céleste.
Cela nous ramène à l’idéalisme grec.

La question est de savoir comment de tels livres aussi différents ont pu être retrouvés à Nag Hamadi dans la bibliothèque d’une communauté du IV ° siècle.
La seule réponse est que le courant gnostique chrétien a du se fondre dans un courant générant un gnosticisme de diverses origines. L’ésotérisme s’est fondu dans l’exotérisme.

EVEIL OU RESURRECTION

Les Juifs sont stupéfaits d’entendre Jésus proclamer :

« En vérité, en vérité je vous le dis,
si quelqu’un garde ma parole,
il ne goûtera jamais de la mort » (Jean 8.51)

Mais Thomas écrit :
« Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles
ne goûtera pas de la mort « (log 1)

Si celui « qui garde « la parole ne meurt pas alors le gnostique demande qu’on lui explique pourquoi les catholiques même saints doivent mourir pour connaître la
Résurrection par après. Pourquoi doivent-ils connaître cette résurrection le jour glorieux du retour du christ ?

Chaque fois que les disciples évoquent les évènements eschatologiques, le Christ les ramène aux réalités.
Les gnostiques savent évidemment ce que Paul à écrit :
« Nous ne devancerons pas ceux qui seront endormis…et les morts qui sont endormis dans le Christ ressusciteront en premier lieu… (Th 4.15-17)

Saint Paul, initiateur du messianisme chrétien essaie de calmer les esprits échauffés par le prochain retour du Christ qu’il a lui-même promis :
« ne vous laissez pas trop vite agiter l’esprit ni alarmer par des paroles prophétiques…qui vous feraient penser que le Jour du seigneur est déjà là. Que personne ne vous abuse d’aucune manière (2 Th 2.3) ?

Naturellement Paul est déjà confronté aux partisans de Thomas :
« Hyménée et Phylète sont de ceux-là ; ils se sont écartés loin de la vérité, en prétendant que la résurrection a déjà eu lieu, renversant ainsi la foi de plusieurs » (2 Th 2.16-18)

Ainsi, Paul est confronté vers l’an 60 à des opposants qui se réfèrent à Jésus
Sur base d’un enseignement qui n’est pas celui que prodigue Paul.
Nous avions déjà vu que l’église avait également affaire à Simon le magicien
A la même époque, ou peu avant.

Paul est têtu : voir 1 Co 2.2 où il reconnaît ne voir qu’un certain Christ.

Jean5.24 nous dit textuellement « Quiconque croit en Jésus est, DES MAINTENANT, PASSE DE LA MORT A LA VIE ».

Voir également Jn 3.36- 6.47

Saint Paul commence donc la dégradation du message christique.

Cette dégradation est visible dans les évangiles :

Jean 8.51-Mt 16.28-Marc 9.1-Luc 9.27

Jean dira « garder » là où Thomas développait l’idée de recherche.
Ressusciter avant de vouloir dire « se lever, faire se lever, (anistemi, anastenei)
Le terme voulait dire originellement s’éveiller, se réveiller, réveiller.

Les gnostiques pourraient dire à l’instar du Christ « Montrez –moi la pierre que les bâtisseurs ont rejeté, c’est elle, la pierre d’angle »

RECITS DE LA MORT DU CHRIST

Il est amusant que les évangiles fassent de Thomas l’incrédule, l’incroyant
Devant la résurrection du Christ alors qu’en réalité Thomas est le plus lucide avec Jean de tous les apôtres. Mais tout est bon pour saper la vérité….

En fait, Thomas s’appelait Didyme Judas Thomas.
Didumos veut dire ‘ Jumeau ‘ en Grec. Judas Thomas a la même vision que le Christ. Dans Matthieu 16.22-23 et Mc 8.32-33 c’est Pierre qui est traité de Satan par Jésus. Toutefois le christ précise :
« l’un de vous est un diable (6.70 ) « et le narrateur précise « il parlait de Judas fils de Simon iscariote, car celui-ci allait le livrer « (6.71).
Luc oublie de préciser le jugement du christ à l’encontre de Pierre et Jean ou son rédacteur ultérieur le met sur le compte de Judas ce qui révèle l’embarras.

Judas deviendra le traître malgré l’appellation de Satan à l’encontre de Pierre.
Celui-ci deviendra même chef de l’église nouvelle…

Judas Thomas verra son nom dédoublé dans les textes canoniques et Judas deviendra le traître.

Mais le chapitre 13 de Jean, Matt 26.14-16 et 26.21-25,Marc 14.10-11 et 14.18-21,Luc 22.3-6 et 22.21-23 désignent aussi Judas comme livreur de Jésus. Jean 6.53-56 et Ts 108.
Le mot grec est didomi et le mot latin trahere autorisent une double interprétation entre trahison et transmission.
Alors traître ou transmetteur de l’enseignement du christ ?

Thomas est mentionné en Jn 11.16 et Jn 11.8.
Dans Jn 11.16 il dit aux autres « allons-nous aussi afin de mourir avec lui «

Puech en son ouvrage « en quête de la gnose « précise que didumos est l’équivalent grec de toma en araméen, de tauma en syriaque…surnom attribué à Jude, Iuda, Ioudas.

Il s’agit bien du même disciple.

Il tient la caisse du groupe et c’est le plus fidèle disciple du maître prêt à sacrifier sa vie pour lui. (Jn 11.16)

Jésus dit « En vérité, en vérité je vous le dis : qui reçoit celui que j’envoie me reçoit, mais qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé « (Jn 13.20)

Quelques instants après, Judas, comme unique ou premier envoyé va partir seul la nuit (Jn 13-30)

La scène de la bouchée représente en fait l’appui que le christ donne à son continuateur. Il précise aussi :’ ce que tu as à faire, fais le vite’ ce qui
Inversement à ce que les textes laissent entendre peut laisser croire qu’il est le successeur désigné.

Signe de cette vérité, Jn 13-28 nous dit que personne ne comprit ce que le Christ voulait dire.
Dans Paul, nous trouvons une mention de Pierre et de son rôle peu glorieux ; (I Co 11.23-26)
C’est Paul qui va ajouter par trait de génie le Mémorial de la Passion en transformant la cène en repas de Pâques.

I Co 11.23-25. est UN AVEU DU TRUCAGE.

Le texte de Luc est proche de celui de Paul car Luc est tributaire de Paul (Lc22.19-20)

Jamais Judas n’a reçu une bouchée du Christ pour qu’il soit désigné comme traître au christ. Toutefois devons-nous insister sur cette licence idéologique
Qui servira les propagateurs du christianisme contre les gnostiques ?

De plus, si Judas didyme Thomas est le traître, que ferait-il avec les apôtres réunis pour douter des plaies du christ ?

Judas va partir et embrassera le Christ AVANT les reniements de PIERRE.
Coïncidence ? Que non pas.

Matt 26.50 Jésus dit à judas : ‘ Fais ce pour quoi tu es là ‘ et dans Luc (tributaire de Paul ) :
« Judas, par un baiser tu livres le Fils de l’Homme . »

En corrigeant le texte trafiqué on peut y voir un témoignage de fidélité.

JUDAS S ‘EST-IL PENDU ?

Seul Matthieu mentionne la pendaison. Les actes 1.15-20 disent que Judas est tombé la tête la première et ses entrailles se sont répandues. Les deux récits
Disent que la fin est justifiée par les actes commis.
Toutefois ils sont discordants.
En effet, les actes veulent faire coïncider le plan divin annoncé par les prophètes (Za 11.12-13).
Matthieu veut faire correspondre son texte avec Samuel (17.188)
Il veut faire correspondre son texte avec les pendaisons des deux traîtres ; Ahistophel et Judas.



LA TRAHISON DE PAQUES
Jean 11.57 et 18.2 nous décrit une entrée du Christ à Jérusalem qui n’est pas conciliable avec l’entrée triomphale décrite ailleurs ou le public l’acclame triomphalement en chantant le psaume 118 : « Hosannah au fils de David ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur… »

Matthieu et Luc placent le récit sur Jésus chassant les vendeurs du temple le jour même de son entrée triomphale, Marc le lendemain tandis que Jean le place plus tôt…

Nous lisons dans Jean 18.28 à propos des anciens du peuple, grands prêtres, scribes et tout le séhandrin :
« Ils mènent Jésus de chez Caiphe au prétoire. C’était le matin. Et eux-mêmes
n’entrèrent pas dans le prétoire afin de ne pas se souiller mais de pouvoir manger la Pâque. »

Donc, la pâque juive n’a donc pas encore eu lieu à ce moment-là alors que Jésus est livré à Pilate. Jésus a été trahi la veille. Selon les synoptiques, pourtant, le traître a été désigné AU COURS DU REPAS PASCAL.

Nous retrouvons Judas Thomas didyme au pied de la croix, seul homme à soutenir la mère du Christ, tâche filiale s’il en est.

Ce n’est pas Jean qui a vu, mais Jean cite un témoin direct :
« Celui qui a vu à rendu témoignage afin que vous croyiez, vous aussi »(Jean 19-35)
Pour confirmer tout ceci nous avons également :
« Pierre donc en le voyant, dit : Seigneur, mais celui-ci, qu’en sera t’il ? »
(Jean 21.21). Le Christ atteste que celui qui ne mourra pas est le témoin de Jésus.
Lire attentivement tout le passage permet de confirmer que Thomas Judas didyme est ce témoin privilégié.

Les gnostiques citent Jean 11.25 pour confirmer que Jésus est venu parmi les vivants pour les éveiller à la vie éternelle mais certes pas à une vie ultérieure.

FINALITE DE LA PASSION

Paul a son interprétation.
« Si le Christ n’est pas ressuscité…. »(I Cor 15.17-19)
Le rachat des péchés, la Passion, la résurrection vont de pair pour Paul.

Etrangers à la doctrine de Paul, les gnostiques sont indépendants de l’ancien testament.

EVANGILES SELON ST LUC
Entre la première et la dernière version de cet évangile, trois rédactions successives ajoutent des éléments au texte initial.

ASPECTS MIRACULEUX CHEZ LE CHRIST

Le mythe des catholiques n’a pas de prise chez les gnostiques. Pour eux c’est
De l’imaginaire pur et simple. Le Christ catholique n’est pas le même que celui des gnostiques. Il n’opère pas de miracles qui visent à prouver qu’il est bien le Messie et le continuateur de l’œuvre de l’ancien testament.

Par exemple, Luc et Matthieu parlent d’une ville nommée Nazareth. Or, les cartes anciennes ne la mentionnent pas.
Que devons-nous penser de tels textes ?

Le recensement ordonné par César Auguste, Quirinus étant gouverneur de Syrie
N’a jamais eu lieu. Que penser dès lors de la naissance à Bethléem ?

En réalité, pour les gnostiques, le MYTHE chrétien s’est développé et s’est emparé des dits de Jésus pour les inscrire en une aventure messianique.
Par la suite, ce mythe s’est rationalisé pour s’inscrire dans l’histoire de la religion chrétienne.
Nous devons garder à l’esprit que Paul espère récupérer le peuple Juif dans sa nouvelle alliance universelle qui va refondre la religion Juive au nom du Messie.
Le ciment de son travail est le messianisme qui doit prouver que le Christ a rempli les prophéties de l’ancien Testament.

POSTFACE

Nous pensons, en ces quelques pages avoir résumé l’essentiel du contenu de la gnose chrétienne et ce qui la distingue des religions chrétiennes. A vrai dire,
La gnose n’est certes pas une religion, mais repose sur les « dits » et « logias » de Jésus le Christ. C’est une donc une doctrine à caractère
Immédiat, ne valant que pour les vivants. Elle promet une connaissance de soi
En partant à la découverte de soi-même.
Cette doctrine n’est pas duale contrairement à ce que les « Pères « de l’Eglise ont affirmé, et son contenu est relatif à la connaissance de soi. Il n’y a pas de jugement personnel et les lois menant à cette découverte sont morales ou
Impliquent ce développement de la morale dans la mesure où l’initié émerveillé
Quitte le monde de la passion et de la division pour devenir UN.A ce moment,
A moins de ‘chuter’, il ne participe plus au monde des passions et s’en écarte dans sa recherche de l’Unité. Il promouvera donc le pacifisme et la douceur dans les relations humaines. Le contenu moral est donc pur et n’est pas justifié par une crainte de l’enfer ou d’un redoutable jugement dernier qu’il sait ne pas exister.

Les images se manifestent à l’homme
Et la lumière qui est en elle est cachée ;
Et celui qui a trouvé un cadavre,
Le monde n’est pas digne de lui. (log 56)

Les images se manifestent à l’homme
Et la lumière qui est en elle est cachée ;
Dans l’image de la lumière du Père,
Elle se dévoilera
Et son image sera cachée par sa lumière (log83)

Les images sont des FORMES dans l’évangile de vérité.

Si ceux qui vous guident vous disent :
Voici, le Royaume est dans le Ciel
Alors les oiseaux du ciel vous devanceront ;
S’ils vous disent qu’il est dans la mer,
Alors les poissons vous devanceront.
Mais le Royaume, il est le dedans
Et il est le dehors de vous. (log 3)

Pour souligner l’Unité du royaume, le Christ nous dit (Jn 14.20)
« Je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous »


BIBLIOGRAPHIE

The Nag Hammadi library –James M.Robinson-Harper & Row Publishers 1977.
L’Evangile de Vérité - Ménard- Letouzay 162 –Brill 1972.
L’Evangile selon Philippe –Ménard- Université de Strasbourg
Tractatus Tripartitus –Franck AG Verlag , berne 1973.
L’Apocalypse d’Adam – Kasser – Revue de Théologie et de Philosophie 1967
L’Hypostase des Archontes –Kasser in Revue de Théologie et de Philosophie 1972
Université de Laval
Lettre de Pierre à Philippe –Ménard 1977
L’Autentikkos logos Ménard 1977
Hermès en Haute Egypte Mahé 1978
Le Protennois Trimorphe Janssens 1978
L’Hypostase des Archontes Barc 1980

Pistis Sophia Amelineau –Ed Arche 1975

#69 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 23 novembre 2003 à 09:36

Je poursuis maintenant avec une lettre envoyée à Yves il a trois ans et qui va éclairer un peu plus ma conception de l'histoire, avant d'aborder des thèmes liés plus spécifiquement aux Illuminés ou soit disant tels.
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Cher Yves,

J’ai bien reçu tes divers courriers , mais je vais parler spécialement de celui du 11 février 2002, qui énonce une bonne synthèse de tes points de vue et donc qui ne peut être qu’intéressant.
Comme je sais que mon courrier est public, j’emploierai parfois une forme de vouvoiement qui ne t’ es pas destinée.

1. 22x 111 pour la fin du cycle avec 300 ans d’ Age d’Or avant la régression la plus totale qui se produirait donc en 2442.

Comme je ne suis pas devin , je ne sais pas. Comme je l’ai écrit antérieurement, nous somme entré dans le shabat, 7° jour de 960 années, et comme le dit bien le brits hadascha ( nouveau testament), le shabat appartient au fils de l’homme. Pour moi c’est donc une période de 960 années qui vient de commencer.Cela correspond donc au règne du Saint-Esprit comme le définissent les Roze -Croix.

2.La quantification accélérée de notre civilisation. Elle est en cours et est de plus en plus rapide avec un raccourcissement de la durée du temps.
La nous sommes d’accord.
Il existe une thèse acceptée par Frère Mitterand qui voulait qu’ au plus le monde devenait matière par coagulation de son énergie, au plus nous nous rapprochions du moment où le basculement inverse allait s’opérer.

3.Le redressement. Guénon a essayé au sein de divers courants d’harmoniser les forces de redressement. A l’analyse, son travail fut mal compris par les catholiques, qui le soupçonnaient de « maçonner » l’Eglise. J’ai lu un commentaire récent où faisant
un reproche de sa conversion à l’Islam , on lui opposait qu’en même temps il s’était introduit au sein de l’église catholique pour s’intéresser au sacré – cœur et dénaturer ce concept..et donc on en faisait une espèce d’hérétique relaps et traître.
Des gens qui réfléchissent ainsi, il y en a de plus en plus, et donc pour moi au sein de chaque voie traditionnelle, les sectaires se comportent comme des caillots qui bouchent les artères de la sanctification. On va vers différentes phlébites spirituelles dans chaque voie.
Mentalement on peut rapprocher ce phénomène de la valeur défendue, lorsque le trésor spirituel pouvait être considéré, mesuré, valorisé, on le défendait bec et ongle.
Une autre humanité est apparue qui ne pouvait plus voir ce trésor antérieur et qui appréhendait un trésor , certes plus petit, mais qui conservait certaines des caractéristiques du premier.
Une autre humanité est apparue ensuite, qui ne pouvait plus concevoir le premier et le second concept spirituel.
Ainsi, la défense excessive et jalouse du peu de trésor spirituel ( les lambeaux ) qui reste est à l’ordre du jour. A l’ordre de notre jour.

Pour bien appuyer ce que je viens de dire, je me réfère à « La crise du monde moderne » de Guénon, page 21 où textuellement il est écrit :
« en ce qui concerne la Grèce. Là également, le VI° siècle ( avant JC) fut le point de départ de la civilisation dite ‘classique’, la seule à laquelle les modernes reconnaissent le caractère ‘historique’ , et tout ce qui précède est assez mal connu pour être traité de ‘légendaire’, bien que les découvertes archéologiques récentes ne permettent plus de douter que , du moins, il y eut une civilisation très réelle ; et nous avons quelques raisons de penser que cette première civilisation hellénique fut beaucoup plus intéressante intellectuellement QUE CELLE QUI LA SUIVIT, et que leurs rapports ne sont pas sans offrir quelque analogie avec ceux qui existent entre l’ Europe du Moyen Age et l’ Europe moderne. »

Je pense que ce développement doit être opéré et je me permettrai d’en esquisser les grandes lignes dans un paragraphe de la présente lettre. Notons néanmoins que pour Guénon, la Grèce ‘historique’ est en fait une période de décadence illustrée par des penseurs brillants qui impressionnèrent les Romains et la Renaissance européenne , et alimentèrent l’accélération de notre propre décadence.

Si vous en doutiez encore, Guénon poursuit ( opcit ,p21) :
« on vit apparaître quelque chose dont on n’ avait encore eu aucun exemple, et qui devait par la suite, exercer une influence néfaste sur tout le monde occidental ; nous voulons parler de ce mode spécial de pensée qui prit et garda le nom de ‘philosophie’ »

On connaît la position métaphysique de Guénon pour comprendre son aversion envers le système fermé que constitue la philosophie.

Néanmoins, Guénon nous rassure en nous disant qu’il y eut une réadaptation effectuée dans l’ordre traditionnel, principalement dans le domaine des mystères , auquel il rattache le Pythagorisme et sous une forme nouvelle, une restauration de l’ Orphisme antérieur.
Nous pouvons en conclure que des ordres fermés ont pu transmettre partie ou tout des vérités anciennes, à l’abri de la décomposition externe.


J’ai pris ces précautions élémentaires de citer ces passages, car ma démonstration le nécessitait et qu ‘à notre époque, nous sommes souvent confrontés à l’émotivité dégagée par une remise en question des contenus acquis.

3.Rigueur et Miséricorde ( compassion)
Il faut bien voir que Bouddha a la main gauche ouverte vers le ciel.
Le canal vient de droite à l’avant à partir du ciel et remonte à gauche dans toutes les voies non déviées.
C ‘est pourquoi Mahomet met le pied droit en avant en entrant dans tout endroit spirituel .Mettre la Reine de Saba au sein du canal de gauche de l’arbre sephirotique doit encore s’expliquer en parlant du sens donné à la droite et à la gauche.
Le Miséricordieux est également Juste et Jaloux. Bénit Soit Son Saint Nom. Je parle évidemment de l ‘ Imprononçable.
En parlant de canal séphirotique (1), tu sais que tu appelles à l’éclairage des dix zones de l’Individu. Cela seul chaque Individu peut le réaliser, mais un autre ne le peut pour moi.
Il est recommandé de travailler en groupe pour arriver à ces résultats, AFIN DE POUVOIR SAISIR JUSTE CE QU’ IL FAUT DE LUMIERE ET RELACHER LE RESTE, en un cycle QUI ELEVERA CE QUE L’ON PEUT RECEVOIR DE LUMIERE. (1)
Le but est la REPARATION de l’ Etre, qui a été démoli après la naissance. On ne peut réparer ton être ni un autre.
Si on est éclairé dix fois en des parties différentes du Moi, on est guéri et réparé entièrement.
Voilà ce qu ‘est la Quabale Juive.(2)
Naturellement les Maîtres ne courent pas les rues. Il faut :
a) parler l’ hébreu
b) être accepté par le Maître
c) trouver un Maître valable.
Tout cela n’est donc pas évident.
Un autre enseignement ne peut qu’ être collectif et reposer sur des valeurs symboliques non judaïques pour obtenir ces résultats. Il doit y avoir un Maître et un groupe. C ‘est un minimum. Notre société se caractérisant par un individualisme forcené ( moi, moi je sais, moi j’ai) il est exclu qu ‘il y ait progrès dans cette voie de manière mécanique sans un véritable effort non rémunéré de manière monétaire ce qui ne peut qu’encourager que les âmes les mieux trempées.
Or, on ne peut nier qu’il y a eu une imprégnation Juive sur le contenu de certains rites de la Maçonnerie, sans que les Juifs ne soient autorisés dans les Loges..Ceci est paradoxal.
Je vais vous révéler un Mystère :

Pourquoi pensez vous que l’ ORGUEIL SOIT LE PLUS GRAVE DES PECHES CONTRE L ‘ ESPRIT ET DONC CONTRE D.IEU ?

Parce qu ‘il n’y a pas de progrès ni de salut possible pour celui qui ne veut entendre que lui –même. Péchant contre tout apprentissage sur terre, il ne peut apprendre des contenus divins.

Ressassez ce que je viens d’écrire. C’est la condition sine qua non à toute œuvre personnelle sur soi - même.

Comme la Rigueur est inséparable de la Compassion, beaucoup de gens s’abusent et pensent que puisque le Souverain Juge est Juste, ils sont dignes de Sa Compassion.
Or la Compassion sauve de la Justice, et je traite le mot Compassion COMME ETANT LA CONSEQUENCE DE CONSIDERER LE MONDE COMME ETANT UN, Uni dans sa plus parfaite Totalité.
« Ce que vous ferez au plus petit d’entre Vous, c’est à Moi que vous le ferez » et c’est normal, CAR L’UNIVERS EST UN.
Le fait de ne pas avoir causé du mal à autrui n’est donc PLUS SUFFISANT.
IL FAUT FAIRE, et de préférence du BIEN. La pratique de la Justice adoucit la rigueur du Jugement.



(1)C’est dans le Sefer Yetsirah qu’on parle pour la première fois de Sefiroth en tant que nombres participant à la création de l’univers ( premiers siècles de l’ère courante) puis le Bahir (livre de la clarté) en parle en tant qu’attributs divins.Il faut attendre la fin du XXII° siècle pour qu’ Isaac l’aveugle en fasse une présentation ordonnée telle que nous la connaissons. Moïse de Leon a construit le Sohar autour de ces dix entités bien qu ‘il ne les désigne pas nommément (1280).Cordovéro, plus tard précise la construction d’un arbre de Vie et développe une théosophie dans le palmier de Déborah (1549).
(2)Gershom Scholem qui n’est pas à présenter explique que le monothéisme ne trouve sa raison d’etre que dans une tension qui va entre deux pôles extrêmes qui va du tout au rien. Rien est vacuité de toute spiritualité, négation de la transcendance, la matière étant origine et fin. Tout est l’adhésion totale au divin entrainant les avatars de l’ idolatrie et du polythéisme. La Qabalah offre à chacun de rechercher l’ équilibre par la construction d’une arborescence appelée arbre de vie. Cet équilibre pose des repères qui facilitent avec le divin la relation personnelle.
Notes personnelles
En matière de mots il faut faire attention, car combien de Chrétiens ne parlent ils pas de ‘foi qui sauve’ , mais ces chrétiens seraient bien inspirés de voir quels sont les « Esprits « (dont l’ Esprit de Vérité) qui sont cités dans leurs textes ET COMPRENDRE QUE CELA REPRESENTE PLUS QUE CELA SEMBLE VOULOIR DIRE.
Tout ésotérisme chrétien devrait donc se baser sur une compréhension réellement spirituelle des textes chrétiens. Je sais que la mode est à traiter les mots comme une marchandise, mais c’est là une des erreurs commune du temps. Un ésotérisme aurait pu se construire autour de la ‘nouvelle alliance’, si Rome n’avait été dans le chemin après la période de grâce dont il est traité ci-après.
C’est pourquoi on trouverait plutôt cet ésotérisme en loge opérative.





4.Saisie incomplète
Quand tu dis que la saisie de l’ignorance fondamentale en ce qui concerne l’Occident, peut être englobes tu le monde chrétien du début de l’expansion de cette religion, qui a , ainsi que je l’ai vous démontré coupe de manière schizophrène ses racines avec le monde Juif, se condamnant à posséder un contenu bâtard qui cherchera à dénaturer et à condamner la spiritualité Juive dans la suite de son histoire en l’incorporant à un héritage « magique » romain et égyptien. Que vaut un ésotérisme dans un tel environnement ?
Je fais œuvre de vérité et non de polémiste en rappelant ces vérités qui vous sont inacceptables, car vous voulez être des héritiers des césars et non ceux des rabbins. J’ai démontré avec ‘la gnose chrétienne’ que Rome n’a été le résultat que de tâtonnements d’ordre philosophique dans les premiers siècles.
Il s’en est fallu de peu que le Nestorianisme s’impose par la suite.

Ne me parlez pas d’imprécation, et surtout ne venez pas vous plaindre de ce que ce fantôme d’Impérium ne vous ai jamais laisser développer un ésotérisme chrétien qui dépasse le cadre du pur symbolisme sacré de la construction des églises.( Sauf dans cette période de grâce dont traité ci- dessous).
Je vous rappelle que les Knights of Colombus, maçonnerie chrétienne APPROUVEE PAR LEON XIII, est contrôlée de bout en bout par les ecclésiastiques catholiques, ce qui semble bien démontrer que c’est cette absence de contrôle qui est à l’origine des diverses condamnations des Loges par l’Eglise, mais nous nous éloignons du sujet.

Pour le surplus, la démarche stérile, dont j’ai parlé plus haut, au sein de l’Eglise, de Guénon en est la meilleure démonstration.


5.’ PROGRES’ en Occident.
La société occidentale trouva une stabilité durant 400 années environ, permettant malgré une emprise de l’ Eglise structurée sur la société du Moyen Age, de l’an 800 à l’an 1200 environ.(1)
L’enseignement scholastique permettait à une statique du monde médiéval de trouver place et en règle général, la justice était à peu près juste, même envers les fautes des puissants. C’est l’époque tant décriée du « Jugement de Dieu » qui permet à un simple florentin de faire démettre un évêque rapace car celui-ci ne veut pas marcher sur les braises comme il vient de le faire.
C ‘est une époque où la société tente de se formater autour de classes selon la concept hérité du passé ( 3 classes comme l’explique très bien Georges Dumézil) ou un concept basé sur quatre classes. Nous savons que ce concept de trois classes subsistera jusqu’à la révolution de 1789 qui y mettra fin définitivement. C’est une société de nature spirituelle et divine où l’ordre est considéré harmonieux.
Les croisades entraîneront de puissants changements de mentalité en ce compris des changements au niveau de la scholastique, ET CETTE REVOLUTION PERDURE ENCORE DE NOS JOURS, HUIT CENT ANS APRES.
Comme je vous l’ai déjà dit, les excès de Rome, du clergé, de la noblesse et leur appétit insatiable de pouvoir facile sur ce monde , vont entraîner les premières révoltes communistes.
« Quand Adam jardinait, où était le gentleman ?» disait Tyler. Et IL AVAIT RAISON. Car si l’homme heureux d’un moyen âge heureux peut accepter des règles, aussitôt que la contrepartie de ces règles ne se trouve plus, il se révolte.
Que font ces maudits cléricaux et nobles ? corrigent ils leurs excès ?Nenni, ils répriment, ils pendent, ils exécutent, ils torturent, ils brûlent. Et croyez –moi, le feu couve encore.




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(1) Guénon nous dit que cette période « s’étendit de Charlemagne au début du XIV° siècle » , mais je ne peux être d’accord sur cette dernière borne car dès 1200 des signes nous montrent cette société en train de frémir et de commencer une lente dislocation. Je pense que Guénon a fixé 1300 par rapport au travail de Dante et du procès des Templiers.(op cit p24) qui seront le chant du cygne et apogée de cette époque.


6.LA MACHINERIE

Je parle de machinerie et non de machination, et je le fais exprès.
Lorsqu’ un jour un inventeur romain vint présenter à Tibère un verre translucide mais également malléable, l’empereur le prévint que c’était la première et dernière fois qu ‘il le recevait pour une invention.

Il se fait cependant qu’ un jour Tibère fut interpellé de nouveau par cet homme , qui devait être particulièrement génial pour se voir offrir une machinerie qui permettrait de diviser par vingt le nombre d’esclaves nécessaires à la levée des pierres lors de la construction d’un temple.
Tibère, sans hésiter le fit promptement décapiter.
En effet l’Empire Nemrodien fonctionnait sur une logique MILITAIRE qui entraînait la capture de nombreux esclaves qui devaient se révéler utiles économiquement. Selon cette même logique, les lois de la guerre devaient changer si un tel système était utilisé et tous les prisonniers exécutés.
Cette façon d’agir qui peut sembler immorale envers un vecteur du « progrès » était justifiée pour sauvegarder le système Nemrodien.
De même, la Chine, qui inventa la boussole ( et l’utilisa) et la poudre à canon ,NE CHERCHA PAS A APPLIQUER le fruit de ses découvertes , laissées sous la garde de ses mandarins , POUR NE PAS AVOIR A SUBIR LES CONSEQUENCES DU PROGRES.

Nous devons le constater, seul l’Occident eut la grande faiblesse de se laisser aller à CETTE DECADENCE MORALE.
CELA TENAIT AU FAIBLE TERREAU MORAL ET SPIRITUEL DE CETTE SOCIETE. IL N Y A PAS D’ AUTRES RAISONS.
C’est à cause de cette faiblesse que le monde entier allait connaître le « progrès » et que pire encore, mu par leur orgueil de « découvreurs » , cette espèce d’homme qui se glorifie de sa « supériorité » allait donner des leçons au globe entier et décider de qui allait vivre et mourir. Je peux en fournir des témoignages éloquents.
Or cette masse, cette glèbe, cette tourbe de progrès était accompagnée de la protection fâcheuse des propagateurs d’une vérité qui avait été incapable de figer la société occidentale et qui assistait à la mise à mort de continents entiers sans pouvoir ou vouloir intervenir. On assista à des chasses aux sorcières honteuses ( jusqu’ au début du XVII° siècle) et à l’introduction de divers héritages ou dérivations des apports des Templiers en orient, que ce fut l’Alchimye, ou des doctrines diverses.
L’Alchimiste ETAIT DANS LE COURANT DU PROGRES, DONC INTOUCHABLE tant qu ‘il ne pratiquait pas la sorcellerie.
Faut il rappeler que cette époque brillante voyait DESCARTES bébé faire l’objet d’une contre voûte pour le tenir à l’abri d’un sort jeté par une sorcière rancunière à son fonctionnaire de père ? La sorcière fut mise à mort.
Rien n’est incompatible à cette époque, l’ Alchimie va de pair avec la science. Leibnitz devint secrétaire d’un groupe de Roze Croix qui pratique l’ Alchimie. Ainsi de Newton qui cherche le secret mathématique de la Bible et pratique aussi l’Alchymie.

Le progrès génère des guerres, des appétits politiques et des avidités de richesses qui déclenchent des guerres.Et le cycle court toujours.

7.LUTHER FILS DU PECHE DE ROME

Luther, et il l’a écrit ,s’en va à Rome. Sur sa route il est reçu dans des monastères italiens où le luxe le dispute à l’ignorance. La Rome de son époque est un lupanar. Le Vatican est un temple où le népotisme le dispute à la corruption , et le stupre et l’inceste des Borgia n’est pas loin. C’est un appareil pourri et vermoulu que Luther rencontre.
Ce goût du luxe et cette recherche des plaisirs des sens et des yeux le choquent.
Comme cette société est faible, malgré et surtout à cause de cette recherche effrénée d’argent, il est certain que LUTHER se servira de l’argent des indulgences comme arme et servira ainsi les ambitions d’ indépendance des princes qui veulent se détacher de Rome.Ils vont frapper à la caisse.
ILS ONT RAISON. Il n’y a aucune raison de pressurer le peuple allemand pour assouvir les appétits charnels d’une horde de moinillons ignorants et dépensiers, gloutons qui n’ont pour vie spirituelle que le remerciement au divin de pouvoir mener cette vie de pourceaux.
Leur chance, les gens du Vatican l’ont eue avec JEAN HUSS, réformateur certain du système ET QUI AURAIT EVITE LA REFORME DE LUTHER S’IL AVAIT ETE ECOUTE.
JEAN XXIII le fait brûler. Le sort des papistes est règlé. Ils se sont jugés eux – mêmes. Ils ont mérité Luther et la séparation.
Le monde ‘spirituel’ chrétien se scinde. Il y a ceux qui dogmatisent et centrent leur pouvoir autour du pape, aveuglement et puis les autres qui sondent librement les écritures. Ils ne tardent pas à se scinder en diverses églises ( aujourd’hui 560).

Les réformateurs sont forts de la violation du deuxième commandement de D. et le culte des idoles donne lieu à ce qu’ on a nommé «les « iconoclastes » qui brisent les statues des saints et des vierges, car le pouvoir romain avait autorisé ce culte violant les enseignements fondamentaux de la bible dès 760.
Comme le dit très bien Charles de Coster dans son Thyl Uylenspiegel, chaque fois que dans les Pays Bas un protestant était brûlé, « l’empereur héritait ». En effet une loi d’application donnait à l’empereur les biens des « hérétiques ». Et Charles Quint, puis son fils Charles II ( qui était sadique) ne se privaient pas d’agrandir leur patrimoine.

C’est dans ce contexte sombre que se prépare tous doucement la naissance des nations autour d’une religion d’ Etat.
( comme nous l’avons vu , cela s’est passé en 1648)

Et le signe de la naissance de cette nouvelle époque est l’abandon graduel du latin comme langue scientifique….Rome a vécu mais ne le savait pas encore.

Par la suite, il y a juste cent et quelques ans, la distinction s’opéra entre l’ Etat et la religion.
( du moins dans les pays de régime catholique, car dans les Etats anglo -saxons, cette distinction s’opérant d’office par une non intervention des religions dans les affaires de l’état)

Pour caractériser notre époque, nous pouvons dire que nous assistons à la dissolution des religions purement et simplement, le caractère de l’ Etat qui défendait la religion de cet état associait le matériel et le divin. L’inclusion dans des Meta Ensembles politiques et économiques du type de la CEE, constitue sans nul doute le signal que ces querelles d’identité sont terminées et que le facteur d’identité reconnu est essentiellement d’ordre matériel, sous tendu par une religion plus naturelle, liée à la terre. Je dis cela non que je tienne à identifier les tenants et aboutissants du phénomène en cours sur le plan spirituel, mais nous pouvons constater que ces courants ‘naturels’ existent depuis longtemps et sont parties prenantes de notre monde de manière certaine depuis plus de 100 ans. Il n’est que de rappeler que A. Hitler, et je l’ai mentionné dans un courrier précédent voulait, tout catholique qu ‘il ait été, ramener une religion païenne germanique en Allemagne et avait donné les instructions nécessaires pour ce faire.

Donc, notre nouvel Empire Nemrodien est romain. Mais sans le Vatican. Pour manifester sa victoire, le voilà qui redessine les régions de l’europe et va permettre de fixer un cadre de travail aux forces du ‘progrès’ qui furent un jour libérées de leur bouteille.

8.LES STIGMATISES

Comme l’esprit de l’ homme est plus prompt à désigner des coupables qu’ à analyser les causes des changements incessants de la société….
Il faudrait comprendre que la règne de la quantification des marchandises par le biais de la mise en œuvre de la machine s’attaque A TOUTES LES CULTURES TRADITIONNELLES.

Pour ce qui se rapporte aux dérives de la maçonnerie, tout le monde sait que le symbolisme Juif était d’application dans les loges avant même que les Juifs pussent y entrer.

Je crois que tu perds ton temps avec ces fumisteries de complot judéo-maçonnique qui entrent si facilement dans le cadre socio-culturel d’une société où les valeurs traditionnelles religieuses et sociales sont plus que chamboulées ,car elles sont un constat de ta NON SAISIE de la société actuelle.C’est une réaction d’isolement,de repli,d’incompréhension et surtout de remise en cause.

Je te fournis des textes depuis quelques semaines, pour t’ expliquer quelle fut l’évolution du monde spirituel au cours des siècles, et j’ai l’impression que tu dois te demander pour quelle raison je t’ envoie un cours d’histoire. C’est que justement, tu ne pourrais pas comprendre AUJOURD HUI si tu ne te donne pas la peine d’étudier HIER.

Inutile de dire que ton commentaire sur le nomadisme hébreu n’est pas justifié dans la mesure où au Maroc certaines souches de Juifs restèrent plus de mille ans.
Là où le Juif était ‘nomade’, derrière était le Chrétien assassin. Le Juif était à l’époque plus en sécurité au Maroc que dans l’Occident chrétien…il n’est que de relire ce qu’un croisé et ses amis écrivait à l’époque lors de sa pérégrination. C’est édifiant et tient plus à la culture du crime qu’à l’amour du Christ.
N’oublie pas que Rozencreutz ira à Damcar et à Fez ( oui au Maroc) chercher des contenus ésotériques que vous n’aviez pu fournir avec votre civilisation avancée…C’est donc la marque d’un déficit grave de matériaux spirituels qui est la base de cette dérive de la pensée.

Tant que vous êtes aveugles, vous ne pourrez rien réformer de spirituel et si c’est revenir à un prestige bien terni d’une époque où Staline demandait combien de divisions disposait le pape, et cela pour rire. Cette société spirituelle et traditionnelle que l’on nomme Eglise est terminée .

Alors il ne vous reste plus qu’à accepter l’héritage des romains et des Grecs et leur cohorte de dieux. Vous prendrez le reste aussi.
Je me suis donné la peine de vous montrer, qu’en dehors d’un bref espace de quatre cent ans environ, le monde chrétien n’ a pas su créér un monde reposant sur l’équilibre et que dès lors le déséquilibre devenant la loi commune POUR TOUS LES PEUPLES DE LA TERRE, vous avez créé un maëlstrom GLOBAL.
Vous voulez une réforme, mais à vos conditions. Cela est exclu.



10.LE SALUT PAR LA MACONNERIE ANGLAISE ?

A. Avant tout , un mot de la tentative de récupération par l’église romaine de la grande loge unie d’Angleterre , que Richard Dupuy, Grand Maître de la Grande Loge de France expliquait en ces termes :
« Cette tentative de rapprochement de l’église doit être considérée dans le cadre d’une tentative faite depuis plusieurs années pour ramener l’Eglise Anglicane dans le giron de l’église catholique. Cette réconciliation spectaculaire ne peut évidemment se faire sans que soient réglés les rapports entre la Grande Loge Unie d’Angleterre et l’Eglise romaine».
Cela a entraîné des remous aux seins des loges belges dont neuf ateliers ont constitué la grande loge Régulière de Belgique , en 1979, seuls reconnus par la Grande Loge Unie d’Angleterre.

A mon sens, ces rapprochements auprès du monde anglican sont ceux qui avaient le plus de chances de réussite, mais la question de la réforme de la religion du Vatican était essentielle. Il semble que celui –ci ait épuisé son potentiel de réformation issu du concile Vatican II sans que cela lui ait apporté un gain sensible sur le plan du rapprochement, au- delà des avancées symboliques et des demandes de pardon aux divers cultes, sans lendemains aucuns.

Comme je l’ai mentionné ci - avant et dans des courriers précédents, le culte des idoles et le culte marial sont les obstacles principaux à tout rapprochement avec le monde anglo – saxon ou germanique.
Ce monde religieux n’est pas fermé au pardon des fautes commises par l’ Eglise catholique et à un rapprochement décisif avec ses frères égarés, mais à la condition que les deux points énumérés ci-dessus soient solutionnés dans un sens biblique.
Le culte des saints est également un point de différence moins essentiel qui ira de pair avec la réforme qui ne peut être que conciliaire. L’infaillibilité du pape devra être dénoncée comme péché d’orgueil et les dogmes qui en sont issus considérés dans cette perspective, en ce compris le culte de la vierge. Le pape deviendra un simple pasteur au sein du cadre de son église, sans pouvoir sur le monde chrétien, car nous avons vu les excès mêmes de ce pouvoir et leurs conséquences.

A ce moment là, le monde chrétien retrouvera sa lumière et pourra s’appuyer sur une maçonnerie anglaise d’essence déiste, au contraire de la maçonnerie continentale, plus athée.
Cet apport apportera peut être une centaine d’année supplémentaire de survie, par rapport à l’ensemble des puissances spirituelles sur le monde occidental par rapport au monde en ‘progrès’ et si ce progrès ne s’arrête pas ou n’est pas contrôlé, il donnera lieu au retour complet des ténèbres spirituelles et au joyeux âge du paganisme, qui est bientôt au complet terme de son accouchement. L ‘orgueil de l’Eglise romaine en aura été le principal forceps.

Si cela n’est pas, alors autant ne pas essayer de débaucher une quelconque maçonnerie qui servirait d’instrument de puissance au service d’un moribond spirituel , et qui disparaîtrait aussitôt comme on l’a vu avec les schismes créés dans la maçonnerie belge.
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#70 Marek

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Posté 23 novembre 2003 à 11:25

TRADITIONS ALCHIMIQUES

Robert Fludd, Rose-Croix s’est étendu sur la tradition alchimique. Nous savons que la Rose-croix s’appuie sur Fludd, Vaughan, Paracelse et quelques autres.(je reviendrai en détail sur la Rose Croix)

Il ne s’agit pas seulement d’une alchimie matérielle mais surtout d’une alchimie spirituelle.
Thomas Weilley en 1688 traduisit un texte grec, possession de KUNRATH, auteur de la ‘Clé mystérieuse de la Sagesse éternelle chrétienne et Kabbalistique’, précédé par le ‘l’Amphithéâtre christiano kabbalistique de l’éternelle sapience ‘ (1609).

Ce texte grec était sorti de la plume de Raymond Lulle (XIII° siècle).

Il y a donc un chemin d’illumination intérieure.

Nous allons à présent revenir aux sources du monde antique qui va jalonner notre chemin de balises précieuses en ce qui concerne l’alchimie…


L’ALCHIMIE

De l’Orient à l’Occident, les pratiques et idées sont connues depuis le premier millénaire avant JC. Les premières origines pourraient se retrouver à l’âge du FER (FONTE).

En Egypte, le travail de l’OR était sous l’autorité du Pharaon, confiée à une classe sacerdotale hébergée dans les temples et tenue au secret.

Les tablettes de la bibliothèque d’Assurbanipal décrivent les métaux comme ayant leur vie propre l’instar des autres créatures. C’est la première assise alchimique. La Mésopotamie produit le premier récit portant la marque de Sargon où s’exprime la veine ésotérique qui accompagnera désormais la transmission du savoir ésotérique.

Le baptême du four s’accompagnant d’un sacrifice humain (enfant, bébé, fœtus), nous pouvons retrouver là la matrice du culte de baal (bel etc..). Cela signifie que ce culte est associé à celui du FEU, feu qui crée et qui transforme les matériaux. En ce sens, on peut considérer que l’entrée dans l’âge atomique a été célébrée par un sacrifice humain sur les populations de Nagasaki et Hiroshima. Nous rappelons que la Fission atomique est une transmutation de la matière.

Authentiquement, nous pouvons donc rapprocher les progrès de la métallurgie à la célébration d’un culte destructeur socialement dans l’injustice. C’est pourquoi on peut dater les débuts du culte du serpent à Babylone( ou son Empire précesseur ,Akkad).

ALEXANDRIE

Hermès Trismégiste, figure légendaire de l’alchimie fournit l’expression la plus influente lorsque l’Egypte s’intègre à la culture grecque.
Trismégiste, le trois fois grand, empruntait au dieu grec HERMES, inventeur des arts comme à la divinité Egyptienne THOT.Il écrit le ‘ corpus hermeticum ‘ et la fameuse table d’émeraude.
L’avancement de la science alchimique est documentée par le papyrus ‘Holmiensis’ et le papyrus X de Leyde datés du III° siècle ,ce qui concorde bien avec notre documentation.
Alexandrie va permettre d’opérer une synthèse culturelle :Prêtres d’Héliopolis et leurs techniques ,mystères initiatiques de Samothrace, savoir des curites de Crète et des Talquins de Rhodes. C’est la grande fusion des savoirs du monde.

Les premiers traités forment l’ossature de l’alchimie.

Au début du IV ° siècle ,les enseignements alchimiques se détachent de la légende et acquièrent les fondements d’une véritable science.(Marie la prophétesse ,Cléopâtre et surtout Zosime de Panopolis).Ce dernier ritualise les opérations de transformation métallique en expressions symboliques de mort et de résurrection et ouvre la voie à l’alchimie telle que nous la connaissons.


L’alchimie fut ensuite introduite à Byzance au VI ° siècle. Rome s’opposa tant qu’elle exista à la diffusion de pratiques magiques et donc à l’alchimie.

Au VII ° siècle , l’Islam va permettre la diffusion des enseignements d’Hermès. Les arabes recopient les textes grecs et latins et assument la survie du patrimoine des écoles alexandrines.

Le premier alchimiste arabe est Khalid (+704) qui a été l’élève d’un moine chrétien nommé Morien. Son œuvre nous est inconnue mais un petit corpus en latin lui conserve une notable influence.
Jabir ibn Hayyan (+805) devient synonyme de l’hermétisme islamique. 215 traités composent l’étude alchimique .On parle de 3.000 œuvres mais beaucoup ont été perdues.
Son auteur pratique la dispersion du savoir d’une façon systématique. Après lui ,cela devient une constante de la littérature hermétique.

LE MONDE MEDIEVAL

Au VII ° siècle les sarrasins conquièrent une partie de l’Europe. L’alchimie est introduite en Espagne. Byzance cultive l’alchimie. Une pensée orientalisante diffuse l’alchimie dans les territoires conquis par les arabes en méditerranée , source qui fournira les croisés. Une voie ,en sicile apparaît dans le sud de l’Italie.

En 1142 ,Robert de Chester traduit les textes de Morien et Khalid .Il annonce : « votre monde latin ne connaît pas encore l’Alchymia ».

FRANCISCAINS ET DOMINICAINS

La chronique (1258) de Salimbene d’Adam retrace la tradition alchimique dans l’ordre franciscain. Elie de Cortone ,disciple de St François est son initiateur. Parti en 1217 en terre sainte ,il est rejoint par St François en 1219.
Les écrits alchimiques émanant d’Assise vont assurer le rayonnement de l’alchimie.
Le ‘liber compostellia’ œuvre de Bonaventure d’Isée ,contemporain d’Elie et les traductions de Gérard de Crémone vont participer à cette diffusion.
St François , nous dit la légende ,parlait aux oiseaux. Il parlait donc la langue des oiseaux.. c’est à dire celle des hermétistes.
L’étude alchimique à Oxford fut assurée par Robert Grossetête ,franciscain et son élève bien connu ,ROGER BACON représente le modèle du premier alchimiste persécuté par l’église pour hérésie…

Arnaud de Villeneuve ,élève franciscain de BACON est un médecin célèbre ,astrologue, alchimiste .Son frère , catalan est auteur du ‘Rosarium philosophorum).


On sait que cette œuvre fut brûlée après sa mort car elle représentait le prototype de la mouvance prophétique qui allait introduire la doctrine hérétique de JOACHIM DE FLORE.

Villeneuve inspira RAYMOND LULLE (1235-1315) et Jean de Rupescissa. Tous deux moururent en prison. Ces œuvres inspirèrent un certain Michel de Nostradamus trois siècles plus tard.

L’Art sacré est rattaché également aux dominicains. Le ‘speculum Naturalis ‘ de Vincent de Beauvais vers 1250 est une des œuvres les plus importantes pour l’Alchimie.

Albert de Bollstaedt ( dit ‘le Grand’) (1193-1280) avait communiqué le secret de la pierre philosophale à son disciple Thomas d’Aquin (1225-1274) dont les écrits évoquaient la transmutation.
Quand on sait que les mêmes dominicains furent chargés de la répression de l’hérésie cathare on ne peut que constater que le ver était dans le fruit…

Jusqu’à la fin du XIII ° siècle ,on peut étudier l’alchimie sereinement dans les couvents.
Toutefois l’église allait réagir suite à des accusations d’hérésies portées contre quelques moines pratiquant l’alchimie et ensuite à l’apparition d’une classe de lettrés ne devant rien à l’église.

L’alchimie ne restait plus propriété de l’église et se diffusait largement à tel point que JEAN XXII lança un décret « Spondent quas non exhibent » (ils promettent mais ne tiennent pas).

L’abbé de Westminster Jean et Richard Cremer, auteur du Correctum Alchymiae, Jean Dastin ,l’Italien Pietro Bono , Guillaume de Paris ,concepteur des bas-reliefs alchimiques de ND de Paris ,Jehan de Mehun ,dit Clopinel qui participe à la rédaction du « Roman de la Rose » et Hortolanue ,grand commentateur des Tables d’Emeraude répondent donc au pape.

La légende de Nicolas Flamel (1330-1417) va aider la diffusion de l’alchimie. Il s’inspirait d’un livre intitulé le ‘livre d’Abraham’.

TRIOMPHE HERMETIQUE DE LA RENAISSANCE

Le XIV° siècle fut celle de la passion. Le XV ° fut celui de la manie. Astrologues et Alchimistes se croisaient dans les cours. Les bibliothèques se remplissaient d’ouvrages d’alchimie traditionnelle.
L’abbé Tritème, le Hollandais Isaac, Thomas Norton et Georges Ripley, Aurach de Strasbourg, Jacques Cœur,
Lambsprinck, Lacini et Bernard de Trévise ainsi que les écrits de Basile Valentin (les douze clefs de la philosophie).

Les Juifs espagnols et la fin de Byzance amenèrent nombre d’alchimistes en Italie. La folie hermétique gagna les cours italiennes. Pic de la Mirandole se consacre à la traduction hermétique et Borso d’Este devient le protecteur de l’hermétisme, favorisant l’alchimie.

LE XVI° SIECLE

Foison de fourbes et de faussaires, échecs patents et manques de résultats concrets signifie
La fin de l’alchimie ramenée au rang des chimères. Le rationalisme pragmatique allait tailler dans les rangs des alchimistes ainsi que les persécutions chrétiennes.

Il reste alors comme auteurs Alexandre Sethon, Wenceslas de Moravie, Zachaire et Paracelse. Celui-ci s’intéressa aux conséquences de l’alchimie sur le plan médical sans jamais nier les principes de transmutation. Compte tenu de l’importance de Paracelse sur les concepts Rose-croix nous reviendrons sur celui-ci à la fin de l’opuscule.

John Dee, mage d’Elisabeth I (1527-1608) est auteur de la ‘Monade Hiéroglyphique’ (1564).
Rodolphe II de Hasbourg poursuit l’étude alchimique au château de Hradcani à Prague.
IL RAPPROCHE LES CONNAISSANCES DE LA KABBALE DES RABBINS DE PRAGUE.Nous savons que des missions secrètes anglaises mandées par le roi d’Angleterre lui sont envoyées. Nous trouvons là les bases inconnues jusqu’à présent de l’introduction du mythe de la construction du temple de Salomon.

Francesco de Médicis est un pratiquant de l’alchimie.

LE XVII° SIECLE

Helvétius (1625-1709) est un auteur alchimique du siècle, mais surtout les noces chymiques de Christian Rosencreuz en 1616 à Strasbourg vont avoir un retentissement considérable.
Gratarolo publie une importante collection d’œuvres. Les ‘sonetti alchemici’ de Santinelli.
D’Espagnet, Svendivogius, Eyrénée Philatète, sanctionnent l ‘effacement de l’alchimie du domaine des sciences. Les lumières sont là.
Toutefois et comme pour relativiser ces évènements, nous savons que BOYLE et LOCKE,
Philosophes anglais des ‘LUMIERES’ sont membres de la Rose-Croix.
Nous savons que les Rose-Croix fondent la ‘Royal Society’ à Londres.

Ce qui va se perdre, CE NE SONT PAS LES PRINCIPES ALCHIMIQUES, MAIS L’ŒUVRE PRATIQUE DE L’ALCHIMIE.

L’ALCHIMIE DEVIENT SPECULATIVE ET CESSE D ETRE OPERATIVE.
C’est EXACTEMENT LE SENS A DONNER A LA MUTATION DE LA MACONNERIE.

Nous ne pouvons donc plus être d’accord avec ceux qui voient une disparition brutale
De l’alchimie devant le travail des ‘LUMIERES’ mais plutôt une INCORPORATION de ce travail des lumières à l’ESPRIT ALCHIMIQUE.C’est une GRANDIOSE TRANSMUTATION.

Quand NEWTON œuvre en alchimie, il œuvre également dans le domaine des sciences. Cela n’est pas incompatible, et on peut dire que cela ne l’a jamais été. Pas plus pour les scientifiques d’aujourd’hui, membres de la maçonnerie.

DU XVIII au XX° siècle.

Claude Louis de St Martin (1700-1784), Alliette, Balsamo, Cyliani et Cambriel ainsi que Fulcanelli et Canceliet ferment la marche funèbre.

CONCEPTS DE L’ALCHIMIE
Il nous serait difficile de traiter de l’historique de l’alchimie sans en définir certains concepts qui sont immortels.

4 conditions sont requises :
a. Conviction qu’une énergie intelligente ou consciente est à l’origine de la manifestation universelle. (le grand architecte)
b. Croyance en une forme d’immortalité physique de l’être humain.
c. Une représentation du monde soumis à une loi intangible et inéluctable.
d. Existence d’une technologie métallurgique suffisamment évoluée.

A/1. L’Esprit Universel : Il est diffusé dans les œuvres de la nature par infusion continuelle et qui meut chaque universel et chaque particulier selon son genre par le moyen d’un acte secret et perpétuel (définition de d’Espagnet).

L’Esprit étant UN, la nature était UNE, il n’y avait qu’UNE connaissance.

Tout ce qui EXISTE et donc LES MINERAUX est animé d’une vie propre qui a pour origine un dieu unique. Ce dieu donne donc un corps à la nature spirituelle. l’Univers est la réunion des divers agrégats que cet esprit, se faisant matière, forme dans le monde immanent. Tout doit donc vivre, croître, et enfin mourir à l’issue de son cycle pour enfin revenir en une nouvelle transmutation.
En travaillant avec le FEU, l’alchimiste cherche à faire en petit ce que le Créateur a fait en grand.
L’alchimiste doit garder le souci de mesurer son travail en constantes proportions avec la nature.
L’étude des proportions pythagoriciennes, l’atomisme de Démocrite, les sphères de Platon comme les ésotérismes de la pensée de Socrate et les éléments d’Aristote trouve sa place dans la structure syncrétique de la pensée alchimique.

Il y a donc un pacte d’amour entre la nature et la Création tout entière. Le haut est lié avec le bas. Tout ce qui régnait dans les strates les plus élevées de l’existant avait son correspondant dans le niveau inférieur et les suivants, en résonance.

Nous devons nous souvenir des sept crucifixions subies simultanément dans les sept plans selon la pensée albigeoise ou cathare. Nous citons ceci pour rappeler l’impact de la pensée antique et alexandrine sur le plan religieux.
(je posterai à ce sujet un texte très complet sur les Cathares)

Il y a donc des plans simultanés entre le plus éthéré et le plus dense.

Dans cet univers organisé en une série de sphères concentriques, le plan le plus haut était celui des planètes et des étoiles dont le modèle commandait les microscomes reliés les uns aux autres. Les plus petits des microscomes demeurent copiés sur le macroscome.

Au-delà était l’Empyrée divin.

Donc, quand l’homme se penche sur le monde, celui-ci devient microscome pour lui.
Par la découverte du microscome, l ‘homme peut donc se trouver et par réflexion, découvrir le TOUT.

L’homme, à l’instar de son créateur, peut donc CREER à son tour.
A/2. Le temps des alchimistes.
Il est avant tout un Cycle, à l’instar de la pensée des Anciens, dont nous citons ci-dessous la conception à ce sujet :
(voir dans la gnose chrétienne un développement sur la notion du temps pour les anciens)
L’Espace-Temps des Alchimistes n’est pas linéaire mais enroulé sur elle-même et imprégnée de l’Esprit Universel. L’Ouroboros, serpent qui se mord la queue symbolise cette corrélation.
Matière et Esprit, c’est la même chose, par leurs manipulations s’opèrent des merveilles et peuvent conduire à la transmutation des corps.
Nous constatons que l’enseignement alchimiste ne se détourne pas de l’UNITE alors que la science profane se divise en fonction des objets étudiés. Par l’étude des correspondances
Et des proportions, l’Alchimie par son Unité de vue embrasse le tout sans accorder la même place à tel ou tel élément du tout. Pour lui, toute différence est simplement indicative d’une autre correspondance.

L’Alchimie est couvée par l’Eglise au début du XII ° et XIII ° siècle parce que celle-ci ne voit pas de contradiction entre sa conception Métaphysique de Dieu qui a créé l’univers et la Métaphysique Alchimique. Toutefois, une fois cette science sortie du manteau de l’Eglise, elle va foisonner dans le monde profane et entraîner une attitude scolastique à caractère NOMINALISTE au détriment de la scolastique REALISTE, c’est-à-dire mystique.
La vérité est que l’Eglise, inconsciemment n’a pas aperçu le danger pour sa religion du contenu de l’Alchimie.

A/3.Les correspondances
Toute manifestation de l’Esprit nécessitait un support matériel et inversement.
Sur cette base l’Alchimie développe une théorie des éléments sur la base des enseignements d’Aristote.
4 éléments archétypes fondamentaux recouvrent le tout et rassemblent les aspects de la matière esprit selon les éléments terre, air, eau et feu.

On fonde en outre sept principes inférieurs correspondant aux qualités intrinsèques de sept métaux simples : l’argent, le mercure, le cuivre, l’or, le fer, l’étain et le plomb forment des principes archétypaux sur lesquels les alchimistes relient par correspondance, ce qui est en haut, c’est à dire le soleil, la lune, et les cinq autres planètes.

LUNE= ARGENT
MERCURE=MERCURE
VENUS=CUIVRE
SOLEIL=OR
MARS=FER
JUPITER=ETAIN
SATURNE=PLOMB
Pour opérer, il fallait obligatoirement connaître les éléments et les qualités.

Les planètes par leur position réciproques régulaient les diverses activités de l’esprit descendant du ciel sur la terre.

B/1.THEORIE ALCHIMIQUE
La fin suprême de toute alchimie était la réconciliation de toute dualité et le développement unitaire de toute connaissance.

Un grain de l’Esprit Universel contient des masses de médecine, puisqu’elle permettrait toute transmutation.

Mais comment attirer l’Esprit Universel et le contenir dans un vase sans qu’il s’échappe ?

Il fallait donc trouver un catalyseur de l’Esprit Universel et s’imprégner de celui-ci pour en faire agent de transmutations. C’est la recherche de la pierre philosophale.

C’est pourquoi les livres traitant de ces pratiques deviennent peu clairs et cachent cette manipulation sous des mystères ésotériques. On sait que Morien au VII° siècle connaissait cette notion de vase, ainsi que les alchimistes musulmans. C’était le but de leur travail.

Loin de la Kabbale hébraïque, avec laquelle on trouve quelquefois certaines analogies, la Cabbale des œuvres hermétiques prend son origine dans le goût médiéval de l’expression polysémique, symbolique et allégorique.

Naturellement la pierre philosophale permettait d’obtenir une vie éternelle.
Le Grand Œuvre rassemblait la synthèse de l’attitude Titanique par laquelle le simple homme atteignait au rang de démiurge de son propre microscome.

CONTINUITE DU TEMPLE

En 1314,à la bataille de Bannockburn, Robert Bruce, roi d’écosse écrasait les troupes de Philipe IV le Bel. Pour récompenser les Chevaliers du Temple de son Royaume, il les organisa en ORDRE DE ST ANDRE DU CHARDON.
De nombreuses tombes templières en Ecosse témoignent du refuge du temple en ce pays.

ST ANDRE n’a jamais existé et est la transposition du nom hébraïque d’Eléazar.
En fait, St André personnifie la résurrection par allusion à Lazare, ressuscité.
Le chardon est l’emblème de l’écosse. Dans le corpus des alchimistes ANDRE se retrouve sous la forme du phénix, renaissant sur ses cendres sur un bûcher – il n’y a pas de hasard – constitué des deux bûches croisées disposés en CROIX DE ST ANDRE.

Clément de Rome, mentionne la légende du phénix pour symboliser la résurrection.

Après la correspondance du dix-huitième grade de la maçonnerie, qui est le grade de Rose-Croix nous trouvons le grade de Maître Ecossais de St ANDRE.

QUELQUES CORRESPONDANCES AMUSANTES

TYPHON SETH ST EGYPTE
SATAN ST ROME
SHITANE ST ISLAM
SATSHI ST TAO


Pour qu’il n’y ait pas d’erreur, je rappelle qu’aux tympans des cathédrales, le ST est figuré sous la forme d’un serpent lové autour d’un arbre s’épanouissant en deux rameaux principaux.
TYPHON SETH principe du Mal est tué par Osiris Ounnefer, principe du Bien.
Quand les initiés se voient informer : OSRIS est un DIEU NOIR, cela veut dire qu’ils inversent le symbolisme.

Rappelons aussi dans l’œuvre de Nicolas FLAMEl le serpent enroulé autour de la croix qui réunit dans son symbole le couple antinomique du soufre et de mercure de la pierre philosophale.
Cette croix est d’ailleurs surmontée du symbole de Mercure surmontée d’une couronne. Au pied de la croix, le triangle descendant du sceau de Salomon est illuminé d’un brasier pointant vers le centre de la terre.



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#71 Marek

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Posté 23 novembre 2003 à 19:15

COMPLEMENT D INFORMATION
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ALBIGEOIS ET CATHARES

Nous allons étudier une époque qui nous a mal été dépeinte et un mouvement qui, pour beaucoup est un parfait mystère. En effet, beaucoup de gens se sont interrogés sur le sens que prenait la croisade contre les mouvements albigeois et leur persécution dans un monde et à une époque tout à fait différente de la nôtre.


Hérésie ? certes et pas des moindres. La question reste de savoir POURQUOI les gens de cette époque ont pu défier les autorités religieuses de cette fin du XI° siècle pour donner à cette interprétation du christianisme cette importance dans leur vie.

Nous nous basons sur l’excellent livre de Jean Duvernay “ Le catharisme ” édité chez Privat, qui va au fond des choses en matière religieuse, car il n’est pas possible de comprendre ce mouvement sans connaître son enseignement.

Les sources étant nombreuses, et les documents disponibles, c’est réellement
Un travail incontestable qui a servi de référence en la matière.
Il est pour le moins estomaquant de constater que certains résidus religieux de cette religion existent encore à notre époque dans de nombreuses déviations et la pensée de nombreux individus.

Cela en fera tout l’attrait.

Nous recommandons de tenir une bible à portée de la main, car nous donnerons les textes à consulter. Il est recommandé également de faire attention à ce que le
Catharisme est un système religieux qui se base sur certains textes pour en tirer
des conclusions préconçues sur l’arrangement du cosmos et du monde. Il correspond à une religion, certes élaborées ET LOGIQUE.TROP PEUT ETRE POUR UNE RELIGION.
Ici il y a accord sur une interprétation qui va servir à la communauté des croyants à être sauvée.


























Il est particulièrement impropre de parler de manichéisme en ce qui concerne
Les Albigeois et cathares. Ils sont chrétiens et ont pour sauveur le Christ et
Pour livre le nouveau testament. Sous réserve des dualistes mitigés du nord de l’Italie
Ils prenaient la Bible dans son entier, mais sans attribuer à tous les livres la même origine et
Le même objet ” à l’exception des 16 prophètes, des Psaumes, des 5 livres de Salomon
Ils croient que tout le livre émane du Dieu Mauvais, certains, pourtant reçoivent Job et Esdras ”
Dit MONETA. Ils attribuaient au Dieu bon le Nouveau testament et au Mauvais dieu l’ancien testament, aussi le rejetaient-ils entièrement. L’auteur de l’ancien testament, ils le tenaient pour “ menteur ” (chronique de Vaux-de-Cernay ).

A la même époque, l’auteur albigeois du traité ANONYME allègue comme autorités bibliques des passages de JOB, des Psaumes, de l’Ecclésiaste, d’Isaïe, de Jérémie, des Lamentations, de Baruch, d’Ézéchiel, et de Daniel.

Pour tout dire, l’opinion des cathares dépend de la région.

Dans le doute, les interprétations “ sont tirées du cœur “ ¼de corde suo naquam¼
“ Pour nous qui avons la Loi écrite dans notre intérieur par le saint esprit et ne savons rien d’autre que ce que nous avons appris de Dieu créateur de toutes choses, tu profères en vain des paroles inutiles et éloignées du divin (à l’évêque du lieu). ”.

Le recours aux évidences de la nature était également prescrit : répondant à l’humanité du Christ et la réalité de l’incarnation, les clercs d’Orléans ont la hardiesse de dire :
“ Nous n’y étions pas, et nous ne pouvons croire que c’est vrai “

Les cathares de LEON (Espagne) aux dires de Luc de TUY (XIIIème siècle) disent :

Ce qui est contenu dans les Livres est vrai SI ON L ENTEND AU SENS MYSTIQUE ; à la lettre, il n’y a rien de ce qui est contenu, car quand on lit que le Christ a rendu la lumière aux aveugles et fait d’autres miracles, il faut l’entendre de tous ceux qui étaient dans le péché, et qui souffraient
D’un aveuglement de l’esprit et non du corps.

Donc, pas de miracles physiques du Christ.

On tenait pour impossible et contre nature que le christ se trouvait dans le pain de l’Eucharistie, même par des paroles saintes.

EN REALITE, NOUS AVONS DEJA LA, LA PREFIGURATION DU NATURALISME DE NOTRE EPOQUE. (L’esprit NOMINALISTE de la Scholastique). Cet esprit en développement mène le Moyen Age vers la “ renaissance ” et les transformations sociales mais cet enfantement se fera dans la douleur. Nous y consacrons un dossier dénommé “ Réforme ”.

L ANCIEN TESTAMENT

Dieu, La Loi, les patriarches, et les Prophètes de l’Ancien Testament sont bien conformes à ce que décrivent les livres, mais RADICALEMENT MAUVAIS.

Ils disent que le dieu qui donna la Loi à moise est un bouffon qui répondit en bouffon “ Je suis celui qui est “
Voyez le dieu de la Loi, disent-ils¼ Il dit “ Je tuerai et je ferai vivre “(Deut 32,39)


Pour confirmer que le Dieu de la Torah est le Dieu mauvais, ils citent :
Rom 2,21-Gal 3,12-Rom 14,23-Rom 10,4-Rom 5,20-Rom 5,13-Heb 8,13
Ils ajoutent ” Quiconque est sous les œuvres de la Loi est sous la malédiction ”
En 1165,les bonshommes de Lombers répondent devant la foule qu’ils ne reçoivent ni la Loi de Moise, ni les prophètes, ni les psaumes, ni l’ancien testament, mais seulement les Evangiles, les épîtres de Paul, et les 7 épîtres canoniques, les Actes des apôtres et l’Apocalypse.

Ils vouent à la damnation les patriarches et les prophètes et tous ceux qui sont morts avant la Passion du Christ, prétendant le tirer de ce que le Christ a dit :
Tous ceux qui vinrent avant moi furent des voleurs et des larrons –Jean 10,8.
On ne connaît personne qui soit revenu des enfers- Sag 2,1
Pierre Clergue, à la fin du XIIIème siècle dira : Toutes les écritures à l’exception du pater et des évangiles sont des broderies et des mensonges.
Trait qui se rencontre chez les hérétiques d’Orléans- 1022 –d’Arras –1025-et les disciples de Pierre de Bruis, la prédilection des sectes médiévales pour l’Evangile n’a rien de surprenant.
Saint Bernard dans un de ses sermons dira : " Peut être ne recevez-vous même pas Saint-Paul ?
Je l’ai entendu dire de quelques-uns uns ”
“ Tout le monde dit que vous recevez l’évangile ; les autres écritures du canon, il est certain que vous les repoussez ou les déclarez douteuses. Je vous demande : les épîtres de saint Paul et autres apôtres, pour ne pas parler des autres écritures divines, pourquoi ne les recevez-vous pas
Vous répondez : Parce que jusqu’ici leur autorité n ‘est pas assez certaine pour que nous y ajoutions foi ”
L’évangile n’était cependant pas pris au pied de la lettre et l’exégèse cathare soumettait à l’interprétation selon le “ sens mystique ” les passages opposés à sa dogmatique.
Ainsi Luc voyait ses passages de l’incarnation changer de sens.

Les cathares prétendaient que les textes originaux avaient été altérés par l’Eglise de Satan.

Chaque parfait portait sur lui un texte nécessaire pour l’imposition du livre sur la tête du récipiendaire lors du consolamentum. D’après les exemplaires encore existants, le texte est conforme à l’orthodoxie.
Il est impossible de parler de version cathare du Nouveau testament ou d’emprunts à des versions orientales, slaves, grecques.
Ni dans la polémique, ni dans l’usage interne ostensible les textes utilisés ne différaient.
Seuls certains apocryphes étaient utilisés.
1.Vision d’Isaïe
Ouvrage chrétien du IIème siècle offrant des traits communs avec un faux livre d’Hénoch. Il nous est parvenu dans une version éthiopienne et des fragments latins
“ Ceux qui posent deux principes disent que les prophètes furent bons. Jadis, ils les condamnaient tous, sauf Isaïe, dont ils disent qu’il y a un petit livre contenant que son esprit fut ravi hors de son corps et mené au septième ciel dans lequel il vit et entendit certains arcanes auxquels ils sont très attachés ”.
(1220-1240)
2. La cène secrète
Il s’agit d’un développement de la parabole de l’Intendant fidèle (Matthieu 18,23-25+Luc 16,1-9)
Appliquée à la chute, et suivi d’une courte apocalypse tirée des synoptiques.
Les deux copies latines indiquent in fine " Secret des hérétiques de Concorezzo, apporté de Bulgarie à leur évêque Nazaire, plein d’erreurs ”, preuve du passage des Inquisiteurs.
3.L’Evangile des Nazaréens
4.Les mythes
Tradition orale cristallisée sous forme de topiques dont seuls varient les détails.
-mythe de la chute des âmes et de leur préexistence assortie d un récit de la création de l’homme base sur les tuniques de peaux de la Genèse.
-mythe de la tête d’âne
-mythe du cheval pour la métempsycose.
5. La littérature polémique
Les Albigeois avaient composé avant les croisades une composition antiphrasique.
L’albanisme italien nous a laissé un livre des deux principes.
La polémique de réfutation catholique nous a laissé le nom de deux auteurs, Thierry et Didier
On peut faire une place au Liber Antiheresis des Vaudois animés par Durand de Huesca, à raison de sa date, antérieure à la conversion de ce dernier (1207) et que son information est languedocienne. La Somme de Moneta de Cremone (1240) est exhaustive et essentielle.


LE DUALISME

Lorsque le néophyte était convaincu de leur chance de salut au regard des exigences apostoliques, On expliquait pourquoi le baptême qui leur donnait la qualité de vrai chrétien était supérieur au baptême d’eau ; quelles raisons avaient-ils de ne pas tenir pour des sacrements le mariage et l’eucharistie ? Le nouveau venu était associé à l’église par la révérence –melioramentum-
Et le baiser de paix rituel.
Les âmes participaient du monde supérieur et la prison terrestre était la conséquence de la chute.
Le christ avait été envoyé par son père pour nous rappeler notre origine céleste et nous permettre de retourner près du Père.
A ce stade intervenaient les mythes ; vision d’Isaïe, mythe du pélican, mythe du cheval, celui de la tête d’âne.

L’époque voulait que chacun assure son salut par une bonne mort.

Le dualisme tirait sa source philosophique des temps anciens : Aristote dit que les principes des contraires sont des contraires- comme le bien et le mal sont des contraires, leurs principes sont contraires. De même, tous les contraires sont semblables par nature.
Tout va par deux, l’un contre l’un –Eccl 42,45
Jer 13,23 Eze 35,34
A ce stade du raisonnement on retenait “ le bon arbre ne peut porter de mauvais fruit, ni le mauvais arbre de bons ” ”Toute plantation que n’a pas plantée mon père céleste sera arrachée ”
Matt 7,18-15,13
Prevôtin de Cremone nous dit ”le diable a créé YLEM, c’est à dire la matière primordiale du monde que Platon appelle ciste. Ils n’ont cependant jamais été comme les manichéens jusqu'à faire menacer les réalités par une espèce de chaos.

Selon Salvo Burci les deux principes ont chacun leur trinité.
Le mauvais principe est dit dieu mauvais ou dieu de malice. L’existence lui manque.
“ Tu as été fait néant, et tu ne seras pas à jamais “ . Son nom est Satan ou diable majeur.
Ézéchiel (35,5) nous dit qu’il est incréé.







CONTRADICTIONS DE L EVANGILE
Gen 1,27 Jean1, 5
Ex 19,9 Gal 3,28
Gen 3,15 1Tim 6,16
Col1, 19
Gen3, 22 Apo 2,17
Gen 31,17 Ps84, 2
Gen 6,7 jac17
Gen 6,2 1Jean 3,9
Gen 9,1 Luc23, 29
Gen17, 14 Gal 5,2
Math 5,43 Math 5,44
Math 5,38 Math 5,38
Nomb 12,6 Jean 1,18
1Tim 6,16
Lev 6,23 Heb 10 4-6
Deut 15,9 Math 20,25
Deut 15,6 Luc 6,35
Gen 15,18 Is 9,19 Math 5,3,11,19
Gal 5,13 Act 15,10 Math 11,29
Ex 32,27 Ijean 4,21
Lev 20 Jean 8,11
Lev 26,7 Heb 5,9-10
Gen 22,1 Jac 1
Gen 18,21 Hebr 4,13

UN DIEU INCONSTANT, CRUEL ET MENTEUR

EX 32,10 –ex 20,14 – II Rois 12,13 –Gen 29 –Ex 20,4 –ex 25,18
Ex 3,21-22 –Gen 6+9 –I Rois 6 –Josue 7 –Deut 24 –Nomb 15

Il s’agit de SATAN :

“ Et la fureur du Seigneur irrité contre Israël s’accrut
Et il dit à David “ Recense Israël et Juda ”
II Rois 24,1

“ Mais Satan s ‘éleva contre Israël et il incita David a le recenser ” (I PAR 21,1)

Nomb 21 –Josue 10,11 –Nomb 14 –Jug 20

Il s’agit de l’exterminateur –Apo -, 10-11
Cor 10,10

Gen 12 –Act 7,5
Ex 33,18
III Rois 22,19-22
Lev 16
Paul-Rom 3,19-20
Jean 10,8
Matth 11,2-3 Jean 3,30 Math 11,11


LA BONNE CREATION
ECCL 3,14
L œuvre de Dieu est de nature spirituelle
Matth 24,35 Isa 51,6 Isa 66,1 II PIE3, 13 Eze 34,12-13 Isa 65,17 45,8
Apo 2,2 Gal 4,26 Apo 22,1-2,Dan 7-10



LA MAUVAISE CREATION
Heb 9,11-12 IICor 4,18


LE MONDE VISIBLE

Jean 8,15 Ijean 2,15 I jean 3,19
Jacques 4,4

Dans les procédures inquisitoriales revient sans arrêt la phrase suivante :
“ De visibilus, quod Deus non facit ea¼ ” et les déposants ne varient pas dans leurs réponses.
Pour les cathares, le monde a été crée par le mauvais principe.

“ Comme on demandait à Pierre Garcias si celui qui fut mis sur la croix avait fait ces choses visibles, il répondit que non, car il était souverainement bon, et rien dans ces choses visibles n’est bon. Il n’a donc rien fait d’elles ”

Comme on lui citait Col 1,16 “ En Lui furent créées toutes choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles “ , il répondit que cela voulait dire visibles pour le cœur et invisibles pour les yeux charnels.

Les catholiques avaient beau jeu de répondre avec Jean 1,10. -Jean 1,3
Les cathares répondaient avec 1 Cor 8,4 et 13,2 en disant que si l apôtre n’était rien sans la charité, alors tout ce qui est sans charité est le néant. voir également Isaïe 40,47 et Ps 58,9 ; 14,4.

Pour eux seule l 'universalité bonne a été faite par Dieu. La mauvaise par le Diable.
Ils s appuient également sur Jean 1,3-4 et Matth 11,27 Phil 3,8 Eccl 1,2 ; 1,4 ; 19,20

CO MMENT FUT CREE LE MONDE

Satan a créé par l’intermédiaire de son fils LUCIFER un monde comportant sept cieux et sept terres contenus dans un firmament de verre. Le soleil et la lune appartiennent donc à la sphère mauvaise contrairement à la création du manichéisme.

Il résulte d’Isaïe 14,13-14 que sous la figure du Roi de Babylone (*) le Malin se proposa de monter au ciel y établir son trône. Il résulte également d’Isaïe 14,12
Que ce Roi de Babylone n’est autre que Lucifer, l’étoile du matin et qu’il est tombé.

(* Bâb ilun, en sumérien, "porte du ciel ")

La prédication populaire fait le rapprochement avec l’Apocalypse : Apo 12,7-9
La chute de Satan entraîna la rupture de son firmament de verre.

Lucifer ou Satan pénétra donc dans le Royaume et eut recours à la fraude et il entraîna le tiers des esprits sur la terre : Apo 12,4

A l’origine, tous les esprits étaient avec le Père. Les esprits persuadés par le Démon par fraude et promesse de péché et de pouvoir tombèrent sur la terre durant neuf jours et neuf nuits.

LA CREATION DE L HOMME

Les esprits complices ou victimes ont été créés dès l’Origine des temps. C’est la vieille théorie d’Origène.

Dès 1163,selon Eckert “ Ils disaient que les âmes HUMAINES ne sont rien d’autre que les esprits apostats qui furent chassés du ciel à l’origine du monde ”
Ils se basaient sur l’Ecclésiaste 18,1.

Dès lors, il est normal que le Christ vienne sur terre pour sauver les brebis égarées. –Matt 1,21-Matt 15,24- Jean 3,13
Lam 5,16 IITim 4,8

Le dieu de ce monde est entré dans la cour du Père Céleste pour tromper les anges et les cathares disent qu’il en fit forniquer quelques-uns uns¼certains anges tombèrent avec les fautifs et ceux-là n’avaient pas de péché.

Ps 136,4 Gen 3,21 Jude 23 Jer 5,19 Eze 21,32

L’âme mise en prison dans une tunique de peau, voilà ce que le diable imagine pour empêcher les anges de retourner au ciel.

Les corps formés ne pouvaient se mouvoir, alors le diable demanda au père céleste de les faire se mouvoir. Celui-ci le ferait à condition que ce qui était à l’intérieur lui appartinssent. Depuis ce jour, les âmes sont à Dieu et les corps au diable.

D’autres variantes parlent du corps de limon de la mer utilisé par le démon.

Donc ici, le diable et Dieu collaborent, ce qui transmute et émousse le dualisme.

Le corps des animaux est également la prison d’esprits célestes déchus¼ c’est pourquoi c’est un péché de les tuer.
Cela était révélé à des croyants confirmés ainsi que la métempsycose.

Dans l’homme entrent trois parties : le corps, l’âme et l’esprit. L’esprit peut en sortir. I Thess 5,23

LE CORPS DE CHAIR

Née d’un coït, toute chair est impure.
Le corps est transitoire et promis à la décomposition. Le diable retarde l’évasion
De l’âme du corps. Par la concupiscence, l’homme est tenté de se reproduire.

Eckert reprochait aux cathares rhénans de dire que ce fruit dont Dieu prescrivit
Au premier homme de ne pas manger n’était autre que la femme qu’il avait créée.
Tout le genre humain est né de la fornication.

Pierre Garcias en 1247 prêchait que le fruit défendu était le plaisir charnel.

L’acte de chair est le péché par excellence par excellence dont la puanteur monte jusqu’à la voûte du ciel et s’étend au monde entier (Belibaste)

Le fœtus est donc l’œuvre du mauvais principe. Il est démon pur et simple.

Une femme de Cambiac (Haute Garonne ) vers 1223 se trouvait avec des parfaites
Dans la maison d’un noble d’Auriac :

“ Elles lui dirent devant tout le monde, comme elle était jeune et enceinte qu’elle portait un démon dans le ventre, et les autres se mirent à rire. Après quoi elle cessa d’aimer les hérétiques, et fut battue par son mari pour cela “ .

En 1273,une femme de Toulouse demande à sa voisine de prier pour elle auprès de Dieu “ pour la délivrer du démon qu’elle avait dans le ventre ”.

Le manuel d’Inquisition recommande d’ailleurs de poser aux cathares les questions suivantes :
“ Pourquoi vos diacres n’imposent-ils pas les mains à une femme enceinte (ou) au moment de sa mort ? Une femme engrossée par son mari a-t-elle un démon dans le ventre ? Une telle femme pourrait-elle être sauvée si elle mourait en couche ? ”


L AME

Le corps est limon inerte. L’âme périt avec le corps et a été formée avec le corps.
C’est une création du diable.
L’âme est donc le sang puisque quand le sang est parti, il n’y a plus de vie.
Lev 17,11-17,14
“ Moïse dit que l’âme est dans le sang et l’âme périt avec le sang.

Il faut attendre 1274 pour retrouver la formulation précise de cette donnée :
L’âme dans le corps, n’est rien d’autre que le sang.


L ESPRIT

L ‘esprit est cet être céleste déchu .Comme les êtres célestes avaient également un Composé triparti comme l’homme ; corps, âme et esprit.
Le corps et l’esprit sont restés dans l’autre monde lors de la chute, et les âmes seules sont tombées. A ces corps abandonnés s’appliquent Ézéchiel 37,4-5.
L’esprit resté avec le Seigneur attend la réunion la partie avec restée sur terre.

Cette personnalisation des saints esprits amène à distinguer d’eux le Saint-Esprit principal, (Psaume 50,14). Cet esprit là est associé avec le Père et le Fils dans l’Adoremus rituel.
(I Pierre 1,12)


LIBRE ARBITRE ET ORIGINE DU MAL

Comme le dit l’épître de jacques ? “ Est-ce qu’une source donne par le même trou, de l’eau douce et amère ? “ .

Saint-Paul atteste sous plusieurs formes que du bien ne peut sortir le mal.
Rom 9,16. Rom 9,16 I Cor 3,7
L’âme telle qu’elle est créée par Dieu n’est pas impure. C’est par fusion qu’elle est viciée et corrompue. à cause du corps.
(Alain de Lille)

RESPONSABILITE DE LA CHUTE

Dieu ne s ‘aperçoit de rien. Il faut venir l’avertir de l’hémorragie céleste et Satan a pu s’introduire et sortir du paradis, revenir avec une femme superbement parée et lui enlever le tiers de la milice céleste sans qu’il s’en doutât.

La difficulté était que les âmes s ‘étaient perdues volontairement. Les victimes
Innocentes de la chute ont eu le tort de ne pas revenir et d’aller voir..

Leur sort misérable est compatible avec la bonté de Dieu.

On était dans un cercle vicieux. On en sortait comme suit : Le monde visible a été fait de la volonté et du consentement de Dieu, mais ce n’est pas lui qui l’a fait “ .

L ORIGINE DE LA VEGETATION

Ce thème était la source d’un grand embarras pour les cathares vu leur tendance naturaliste. C’est la puterie de la terre qui fait grener et fleurir.
Dieu ne fait rien en ce monde, ni grener, ni fleurir, ni concevoir
Ni enfanter, d’une manière générale, il ne fait rien en ce monde.

Dans ce domaine comme dans celui du libre arbitre, le dualisme radical devait lutter contre des traditions nuancées et des mythes cathares.
Mais c’est le thème de la chute qui entraînait les plus grandes variations

LA CHUTE
On reconnaît trois exposés différents.

Manifestatio R.Sacconi Brevis summula
De heresis catharorum Moneta jean de Bergame
(Manuscrit de Reims) Balazmanza (1200-1230)

Le diable envoie Lucifer au ciel Le diable attaque le ciel Le diable attaque le ciel

Dieu le prend pour intendant

Lucifer abuse de la situation Vaincu il entraîne dans sa Il monte séduire
Et séduit les esprits chute le tiers des esprits les esprits

Il les enferme dans des Il les enferme dans des Il les enferme dans
corps corps des corps



L’école de Bagnolo et celle de Florence

De Heresi catharorum Florence

Un esprit malin a 4 faces, inengendré Deux principes
Lucifer, un ange, vient le contempler et est
Séduit
Il remonte au ciel et entraîne les anges Le diable monte séduire les
L esprit malin et Lucifer ne peuvent diviser anges. Lucifer, séduit, tombe
Les éléments avec des anges

Dieu leur prête un ange Un bon ange descend
Racheter Lucifer
Lucifer et le Malin divisent les Lucifer et le diable font le monde avec la permission de Dieu.
Eléments avec la permission de Lucifer fait l’homme et
Dieu y enferme le bon ange, etc..
Lucifer fait un homme de limon et
Y enferme le bon ange en le prenant
A la gorge


Il s’agit d’un enseignement réservé aux initiés et non au public.

LA REVELATION

La créature tombée par négligence en ce bas monde, en proie à l’oubli, ne peut échapper d’elle-même.
Le salut exige deux conditions : mettre fin à l’oubli par une révélation à l’âme de l’homme de sa condition réelle et rompre le cycle de la génération par une purification et un sacrement approprié.

Dans le pays de Foix on raconte :
“ Le Père saint, voyant qu’il était appauvri d’esprits et comme solitaire, et que les sièges sur lesquels ces esprits étaient vides fut peiné et troublé de la perte de ces esprits. Et il songea au moyen par lequel les esprits pourraient revenir. Il se mit à écrire un livre qu’il composa en 40 ans, dans lequel étaient écrites beaucoup de douleurs, d’angoisses, d’afflictions, d’envies, de haines, de rancœurs et généralement toutes les vicissitudes qui peuvent atteindre les hommes en cette vie. Et il y était dit que quiconque voudrait supporter toutes ces vicissitudes, et le promettait, serait le Fils du Père saint ”
“ Les esprits consultèrent le livre et s’effaçaient. Le Père leur dit alors :’N’y a t il personne qui veuille devenir mon fils ?’. Un des esprits qui s’appelait Jean promit
de le faire mais tomba en pâmoison lorsqu’il lut cinq des pages du livre. Après des tourments de trois jours et trois nuits, il ne se dédit pas ”


Des interrogatoires confirment la teneur de cet enseignement.

Jean de Lugio estime que tout le canon a été écrit au ciel.

L’idée que le nom du Messie est Jean figure dans le récit par le chroniqueur Guillaume de Puylaurens dans le récit du colloque qui l’opposa en 1207 à l’évêque d’Osma et à St Dominique.

Il n’y a pas de contestation possible. Messire Johannes et Messire Jhesus sont la même personne. En fait, le nom de l’esprit de Jésus dans le ciel est Jean.
(voir l’Ascension d’Isaïe dans sa version éthiopienne )
Les cathares ne professaient à Jean-Baptiste aucune sympathie. Tout cela
Provenait de Jean 1,6 et 1,7-8 que les cathares cherchaient à éliminer à cause de la contrariété des prénoms ou des affirmations. Le texte relu par les cathares les
satisfaisaient : ”Il y eut un homme envoyé par Dieu, dont le nom était Jean. Il était la vraie lumière qui illumine¼ ”.

NATURE DU FILS

Bélibastre disait “ Il n’y a que le Père céleste qui soit Dieu. Le fils de Dieu, c’est à dire le Christ n’est pas Dieu par nature, mais est un ange, car avant de venir dans ce monde, il s’appelait Jean ”.

La consubstantation avec le Père est pour les cathares, mineure par rapport à l’adoption comme fils.

Cependant, Jacques Authier nous donne une autre affirmation :

“ Voyez comme vous amusent ceux de l’Eglise romaine, qui est la Synagogue car elle enseigne à dire ‘Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit’ Ils font ainsi trois Dieux, et pourtant il n’y a la qu’un seul Dieu ”

Cette indétermination (ange ou Dieu ? ) provient de la volonté de ne pas heurter de front les clercs catholiques et de maintenir une certaine unité. Mais au fond d’eux ils affirment “ les trois sont dit un (I Jean 5,7) parce qu’ils ont une seule volonté.
Lecture
Eccle 1,4 1Cor 1,23
Matt 28,19 Matt 24,36 Jean 14,28
Jean 10,30 Jean 17,11
Le Messie est inférieur à 7 esprits qui prédominent : Apo 1,4


Même si selon les catholiques le Fils est engendré, il est postérieur au Père, donc non éternel.

Le Christ est un ange selon eux : Apo 7,2
Mais cet ange reçoit la puissance et la divinité : Apo 5,12

Au cours de sa descente sur terre, le Christ reçut l’apparence des anges qui habitent les sept cieux inférieurs pour finir par prendre un corps de chair..

I Cor 2,8 Ephes 3 ; 10,12

La somme de Pierre de Verone nous renseigne : " Il en est d’autres parmi eux qui vont jusqu’à dire qu’il a souffert et été mis à mort non pas une, mais plusieurs cieux ; ils vont jusqu’à dire qu’il a souffert et été mis à mort dans chacun des sept cieux ”.

L ADOMBRATION

Dans la “ vision d’Isaïe ” les cathares racontent que Jésus sortit de l’oreille de Marie. Sainte Marie fut grosse comme si elle était enceinte et ensuite l’enfant apparut à côté d’elle. Elle pensa parce que sa grossesse disparut, qu’elle avait mis au monde un fils, alors qu’elle ne l’avait ni porté dans son ventre, ni mis au monde.

Phil 2,7-Rom 8,3

Il a donc une origine céleste. Jean 6,51
I Cor 15,47 I Jean 4,2
Jean 8,23
Jean 8,58
En occitan on disait “ DIEUS DEVALEC DEL CEL AB XII APOSTOIS E ADOMBREC SEIN SANCTA MARIA ”
C’est à dire “ Dieu descendit du ciel. et fut adombré par sainte Marie ”
Adombré, c’est à dire porté à l’ombre de sainte Marie ” comme un tonneau
Fait de l’ombre à l’intérieur ”

LE DOCETISME

Eckbert en fait le commentaire suivant au sujet des cathares rhénans ;
“ Ils disent que le Christ n’est pas né de la vierge, n’a pas eu d’elle une chair humaine, mais une espèce de chair simulée ”.

Le corps céleste, il le retrouve à la résurrection.

Quant à l’existence du corps fantastique, voir : Matt 24,26 –Luc 4,30- Luc 9,29-luc 24,31.
Selon Sacconi ” ce fut un ange qui jamais vraiment ne mangea, ne but, ne souffrit, ne mourut, ne fut enseveli ; sa résurrection ne fut pas réelle. Tout cela fut supposé. ”

LES MIRACLES

Le Christ et son église n’ont jamais fait de miracles. Ceux-ci ont été faits spirituellement.
Il ne guérissait les hommes de leur péché, pas de leur maladie.

LA PASSION

Les Juifs ont cru mettre le Christ à mort, mais cela n’était qu’apparences.
Transfiguré, il mit un démon à sa place pour la passion. ”Ils ont emprunté cette pestilence aux sarrasins qui blasphèment ainsi ”. Cette version est attestée en Lauragais dans la première moitié du XIIIème siècle.

LA REVELATION ET LES APOTRES

Jean-Baptiste est un démon. ( Matt 11,11-Matt 11,9- Jean 1,29-Matt 11,2
Matt 11,14)
Marie est un ange venu avec le christ accomplir l’œuvre de salut.
Ainsi que le disciple Jean.
Jean 1,11 –I cor 3,17 –Mal 3,1
Ils se moquaient évidemment des statues de la vierge et de celles des saints
Qui ne pouvaient faire de miracles.

En Léon, un siècle auparavant, ils avaient feint des miracles auprès d’une statue de bois de la vierge borgne et contrefaite à tel point que sa renommée s ‘étendit par ville et châteaux, et des prêtres en firent des copies pour leur église. Puis les hérétiques se moquèrent des foules dévotes.

LES APOTRES ET LE SAINT ESPRIT.

C’est au début du XIVème siècle et en Languedoc que l’on trouve formulée très nettement l’idée que 12 apôtres spirituels suivirent Jésus dans sa descente en ce monde. Les apôtres, de spirituels devinrent charnels par la remise de leurs pouvoirs à 12 hommes.
140.000 autres anges descendirent du ciel pour recevoir les âmes qui ont exécuté et respecté les préceptes de Dieu et ils les ramènent à la gloire du Père d’où elles sont parties.
Jean 20,22

LE MESSAGE
L évangile était lu en public.
Parmi les préceptes, l’accent était mis sur les faux prophètes et la prohibition du serment (Matt 5,36-Mc 16,15), le péché contre l’esprit –Matt 12,31 –Matt 7,12-13


L ESCHATOLOGIE

LA METEMPSYCOSE

Les âmes emprisonnées par le mauvais principe dans des corps humains ou d’animaux ayant du sang. Cette quantité d’âmes préexistantes n’est ni éteinte par la mort, ni accrue par la génération ou la création continue de Dieu.

Cet enseignement est attesté pour la période antérieure à la croisade (1209) par Alain de Lille et par pierre des Vaux de Cernay. Pierre de Mazerolles, seigneur de Gaja (Aude) a entendu dire aux cathares depuis 1228 “ que l’âme passait dans autant de corps humain qu’il fallait jusqu’à ce qu’elle fut sauvée ”

Un habitant de Labécède (Aude) dépose en 1245 “ avoir entendu dire à des parfaits que quand l’âme sortait du corps des hommes, elle entrait dans le corps des ânes et y cherchait son salut ”

“ Les esprits qui ne peuvent faire pénitence dans un corps, s’ils doivent être sauvés, passent dans un autre corps pour parfaire leur pénitence ”

Le mythe du cheval donne l’illustration en vue de l’enseignement cathare.
Les âmes entraient dans les corps d’autres animaux bien sûr : poules etc..

AVATARS ET MERITES

Le nombre d’avatars est limité à sept. Mais ce chiffre varie selon les auteurs cathares : Huit, seize, neuf. Après ce nombre de vies, l’esprit est définitivement perdu s’il ne devient pas parfait.
Par la suite du temps, le nombre de migrations devient indéfini.
Il y avait des restrictions :
“ Les âmes des catholiques, dès qu’elles quittent leur corps, vont en enfer pour ne plus en sortir ; mais les âmes de ceux qui croient en eux (les cathares ) entrent, s’ils le peuvent, dans des corps humains¼jusqu’à pénitence du péché commis au ciel ”

Ceux qui avaient péché contre l’esprit, c’est à dire livré des albigeois, ils se référaient à Matt 12,31.

On était promis à une belle tunique (nouvelle naissance ) par ses vertus et à une mauvaise tunique par ses vices.

LE SALUT

MARIAGE MYSTIQUE
L’esprit sur terre se faisait réunir avec l’esprit dans le ciel, grâce à l’intervention d’un des 140.000 anges descendus avec le Christ. Heb 1,7 et 14
I Pierre 1,11-Romains 8,26 et 8,15.
Rom 8,3 à 9 et Rom 3,9
Jean 3,8-Eph 5,9

L AME GLORIEUSE
Elle est enlevée au ciel par des anges dans une Ascension de plusieurs jours.
Le corps retournera à la poussière (Eccl 3,20)
I Cor 15,50
Rom 7,18-25
II pierres 3,12.



LE PARADIS
Cette terre que les cathares appellent ‘paradis terrestre “’ est le lieu de réunion des âmes glorieuses.
II Pie 3,13*Job 28,6-Is 60,20-Apo 21,2-18-Apo 2,7 ; 22,1-2 ; I Cor 2,9
La vue de la face de Dieu n’aurait lieu qu’après le jugement. Les cathares affirmaient que nul ne va au paradis ou en enfer avant ce jour du Jugement.

FIN DES TEMPS ET APOCATASTASE
Is 42,6
“ Celui qui n’a pas cru est déjà jugé (Jean 3,18).
En fait le jugement des âmes a déjà eu lieu.

Le jugement de condamnation bien sûr et pour le plan religieux, les cathares ajoutent qu’il existe un jugement de séparation annoncé par Matt 24,51-15,32
Qui tiendra compte du comportement au regard du message du christ ?

LA RESURRECTION
Ce jour-là aura lieu l’accès à la vision divine. II Tim 4,8-Math 24,28-Matt 13,43-Jean 17,3-Matt 20.

LA DESTRUCTION DU MONDE MAUVAIS
Celui-ci retourne au néant. Matt 13,40

L APOCATASTASE
Lors de la restauration finale, les conditions seront à nouveau réunies comme avant l’origine des temps pour que le principe mauvais recommence ses machinations.
Psaume 105 v45

En 1325,Jacques Fournier demande à un prévenu s’il a cru que le dieu mauvais essaierait à nouveau d’envahir le ciel après le jugement. L’évêque s’attendait évidemment à un acquiescement à ce propos.


LES SCHISMES CATHARES

Nous constatons des variations doctrinales nombreuses dans le catharisme.
Les hérésiologues italiens distinguaient entre ceux qui posent deux principes et ceux qui posaient un principe. Puis ils distinguaient ceux qui croient à la préexistence des âmes, à la bonne origine de Lucifer, et à son rôle de démiurge. Les premiers portaient le nom d’Albanenses ou albigenses ; les seconds celui de cathares de concorezzo, les derniers de bagnolenses.


LA MAUVAISE CREATION

Lucifer, après sa chute, trouva cette matière ductile des quatre éléments et par son industrie, son génie et autres qualités naturelles que Dieu lui avait données à la création, il distingua les éléments et forma et orna ce monde tel qu’il est maintenant ¼Dieu est seul créateur, lui qui a tiré du néant les anges et les éléments. Le diable, c’est un facteur, car il a travaillé les quatre éléments à partir de la matière pré jacente comme un potier son vase à partir de l’argile.

Eccl 33,13

LA PERTUBATION

Le statut de ce personnage donne lieu à plusieurs interprétations de cathares
-Il est l’ordonnateur, il gouverna la puissance des cieux mais pensa à être semblable au Très Haut.
-Fils de Dieu comme Jésus (Languedoc ).

LIBRE ARBITRE ET ORIGINAL DU MAL

Lucifer est tombé et l’opinion des mitigés n’est pas différente de celle des catholiques. Luc 2,29

LE TRADUCIANISME
L’esprit se reproduit à partir de l’esprit. L’âme provient par transmission du premier ange enfermé de force dans le corps formé par Lucifer (Adam)
-voir Paul –Actes 17,26.

La base de ce raisonnement était celle-ci :
Si l’âme ne vient pas de l’âme par l’acte de l’homme et de la femme, mais que Dieu crée des âmes directement ne les crée t’Il pas immaculées ? .Ne sait-Il pas qu’elles vont contracter le péché et périr faute de baptême ? Pourquoi les place t’Il dans les corps des Juifs et des payens qui rejettent le Christ et son baptême alors qu’il est écrit dans Luc 9,56 “ le fils de l’homme n’est pas venu perdre des âmes, mais les sauver ”.

Cette doctrine était celle des Lucifériens de Cagliari à la fin du IVème siècle par Pierre de Vérone.



LE BAPTEME

Pour être sauvé, il faut être chrétien c’est à dire “ fils de lumière ” voir Ephésiens 3,8-9,8-9
La première mention du rejet du baptême catholique est attestée par Adémar de Chabannes, relatant des faits de 1019 et concerne des “ Manichéens d’Orléans en 1022 “ . Les hérétiques d’Arras en 1025 précisent que le baptême ne sert à rien dans la justification, en raison de la mauvaise vie d’un célébrant, de la récidive dans le péché, de l’absence de foi du baptisé.
S’il est possible que Béranger de Tours ait professé la même critique avant 1088, on la trouve bien formulée chez les hérétiques du soissonnais dénoncé vers 1114 par Guibert de Nogent : le baptême des enfants, faute de compréhension, ne vaut rien.
Pierre de Bruis, mort en 1147,reproche de même au baptême des enfants de ne pas répondre aux exigences de Marc 16,16. ”Celui qui aura cru et aura été baptisé sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ”.

Le comte de Toulouse Raymond V et les notables de la Cité réunis autour de lui en août 1178 pour entendre l’examen par le légat Pierre de Saint-Chrysogone des deux prélats cathares Bernard Raimond et Raymond de Baimiac leur reproche d’avoir souvent enseigné que le baptême n’était d’aucune utilité aux petits enfants.

Les récits circonstanciés de la fin du XIIIème siècle ajoutent à ces motifs théoriques (Marc 16,16) des détails pratiques qui frappent les fidèles :
“ C’est saint Jean et non Jésus qui a institué le baptême d’eau et il ne savait ce qu’il faisait¼
L’eau dans laquelle sont baptisés les enfants n’est pas celle du saint esprit, mais une eau puante et croupissante et telle qu’elle ne peut avoir la vertu de laver les péchés. L’eau du saint Esprit est celle de la parole de Dieu (Matth 28,18).
Le baptême donné aux enfants avant sept ans ne vaut rien¼ ”

LE BAPTEME DES PARFAITS
Le CONSOLAMENTUM n’intervient qu’après un noviciat qui a pour issue la tradition de l’oraison.

Les cathares élevaient leurs enfants dans les principes de leur religion, à l’écart de toute alimentation carnée en les nourrissant de lait, d’amandes et de poissons.
(Haute Ariège, à la fin du XIIIèmè siècle ).

Dans une période de paix, les jeunes allaient vivre dans une maison tenue par un “ ancien ” qui leur apprenait un métier manuel et selon leurs capacités ils reçoivent une éducation variable. Il fallait connaître par cœur le premier chapitre de St Jean, de 1 à 17 afin de pouvoir consoler à son tour. Si le sujet était valable, on
Lui promettait de faire de lui un bon clerc. Il y avait alors apprentissage de l’abstinence rituelle. La viande est retirée en premier, puis le reste de l’alimentation carnée.
Au minimum, le noviciat devait durer un an, soit le temps de trois carêmes cathares. Pierre Authier et son frère, partis en Lombardie à la Saint-Michel de l’an 1296 revinrent à la Noël 1299.Pour des gens d’âge mûr, clercs de surcroît, l’épreuve avait duré trois ans.

L’ORAISON
La cérémonie, précédant le Consolamentum, prévoit la remise symbolique du Nouveau Testament et une remise de l’oraison dominicale. Elle est précédée par le constat de l’abstinence de l’ordinand et de l’accord des chrétiens de la communauté.
On reconnaît là le jeune des catéchumènes, le scrutin et la tradition (remise ) de l’évangile de la liturgie chrétienne primitive.

LA CATECHESE

L’ancien ou le prélat s’adresse alors au récipiendaire par son prénom pour une exhortation libre dont le thème de rigueur est la présence de la trinité dans l’église. “ Quand vous êtes devant l’église de Dieu, vous êtes devant le Père, et le fils, et le saint Esprit. Car l’église signifie réunion, et là où sont les vrais chrétiens, là est le Père, et le fils, et le saint Esprit ”.

Matth28,20 Jean 14,23 II Cor 6,16-18 13,3 I thim 3,14-15 Hebr 3,6 Jean 14,15-18 Matt 28,20 I Cor 3,16-18 Matth 10,20 I Jean14,15-18 Matt 10,20 Ijean 4,13 Gal 4,6 est alors fournie pour la démonstration scripturaire.

Suit un rappel de la chute.
Une glose du Pater est ensuite lue, le Notre Père s’entendant comme étant celui de ceux qui seront sauvés, avec des variations selon la croyance des albigeois. En ce qui concerne le “ donnez nous notre pain quotidien “ , il faut l ‘entendre comme rester dans la vérité et la parole du sauveur et certes pas comme les “ prêtres menteurs ” qui mangent la chair du christ et boivent son sang.
“ Aux cieux “ signifie “ dans les saints ou vertus célestes ”
“ Que ton règne vienne “ s’interprète comme la venue du christ.
“ Aux siècles ” devient “ dans les créatures célestes “ , traduction gnostique qui fait des siècles des éons, émanations personnalisées.
(Manuscrit A 6 10 de la bibliothèque du Trinity College à Dublin)

Le rituel demande ensuite à l’ordinand de se repentir de ses péchés et le pardon à tous les hommes, puis l’engagement de garder l’Oraison avec tout ce qu’elle implique.
La cérémonie se termine par la tradition proprement dite :
“ Nous vous livrons cette sainte oraison, pour que vous receviez de Dieu et de nous, et de l’église, et que vous ayez le pouvoir de la dire tout le temps de votre vie, de jour et de nuit, seul et en compagnie, et vous ne buviez ni ne mangez que vous ne disiez cette oraison d’abord. Et que si vous le faisiez en l’omettant, il faudrait que vous en supportiez la pénitence ”

L’ordinand fait alors trois génuflexions accompagnées du mot Bénédicite et termine par le remerciement rituel : Fasso so miloirer e reda gratias L.
(Dieu vous accorde bonne récompense de m’avoir fait du bien pour son amour ).

Dans le rituel de Lyon, la réunion se termine avec prosternations (venias ) de tous les parfaits présents.

LE CONSOLAMENTUM
Par imposition des mains, baptême de feu et d’esprit saint opère l’arrivée du consolateur, c’est à dire le paraclèse.

L’imposition des mains est attestée à Orléans en 1022.Eckbert écrit en 1163 au sujet des cathares de Cologne :

“ Vous vous réunissez dans une cachette obscure ; on s’assure d’abord avec soin que personne de l’extérieur ne puisse apercevoir par la vue ou l’ouie, par une porte ou fenêtre, ce qui se passe à l’intérieur. On place en abondance des luminaires sur tous les murs. On se range debout en cercle en grand respect. Le malheureux qui doit être baptisé ou catharisé est placé au milieu. Près de lui, l’archi cathare tient à la main un petit livre destiné à cet office. Il le lui place sur le sommet de la tête et dit des bénédictions pendant que prient tous ceux qui sont autour ”.

Le terme de consolamentum figure dans les actes du concile de Saint Félix en 1167
Et à partir d’Alain de Lille et d’Ermengaud le terme est d’un emploi général.
Du milieu du XIIIème siècle à la fin de l’albigéisme, la description du rite par les déposants figure dans les registres de l’Inquisition sous le nom d’hérétication.

Des variantes de la cérémonie existent dans le monde cathare.

VŒUX
Comme l’Oraison, la cérémonie débute par les révérences rituelles devant la table plateau et la réception du livre qu’il va garder contre sa poitrine pendant l’homélie.
Les Vœux sont formulés alors.

L’absolution conjugale attestée dès 1185 dans le Languedoc est d’une telle généralité que l’on doit tenir pour suspecte l’allégation de déposants déclarant qu’une femme s’est faite parfaite à l’insu de son mari. Les termes sont absolvere, solvere (dissoudre le lien ), parfois acquittare (tenir quitte ).
Cela dans le cas ou un des époux ne suit pas l’autre dans le catharisme.

“ Ils demandèrent à.. épouse de ce malade, si elle abandonnait (solveret ) son mari à Dieu et à l’évangile et aux bonshommes “

Il faut relever que dans le droit méridional, l’épouse avait sur les biens de son mari
Un gage général pour la sûreté de sa dot. Une partie des biens allant à la communauté cathare, elle devait donner son accord.

Catéchèse

L’ordinand est interpellé par son prénom, un prénom d’apôtre qui lui a été donné en vue de son baptême.
On rappelle les textes suivants :
Matt 28,19-20 Marc 16,15 Jean 3,5 1,26-27.On insiste sur l’opposition dans l’écriture entre le baptême de Jean et le baptême d’esprit en citant :
Actes 1,5 8,14-17 et 19 : 1-7.
Un développement était donné sur le pouvoir de lier et délier donné aux apôtres.
Matt18, 18-19 et 16,13-19
L’ordinand demande le pardon et enfin le livre est posé sur la tête.
Aucun luminaire n’est requis.
S’il est constant que pour les catholiques le parfait est un hereticus vestitus, indutus, pervestitus qu’on reconnaissait à un habit noir, la prise d’habit est liée à un stade antérieur du noviciat et rien ne dit que cela avait un caractère rituel.
On ne doit accorder aucun crédit à la thèse selon laquelle la prise d’habit fut remplacée par le port d’un fil ou d’une cordelette que le consolé portait sur la peau ou sous les seins. il faut y voir la trace d’une accusation de magie dont on cherchait à noircir les cathares comme on allait le faire avec les templiers.

Baptême des mourants

Le candidat a attendu son heure dernière pour s’assurer la rémission de ses péchés et le salut, peu soucieux de se plier durant sa vie à toutes les obligations de l’état de perfection.
C’est dans la maison des parfaits (hospitium ) que le mourant peut comme il en a l’obligation s’alimenter en présence d’un compagnon et après avoir récité l’oraison dominicale.

Le baptême des inconscients et de ceux qui n’ont plus la parole est impossible. Il faut en effet s’assurer à bien reçu l’instruction nécessaire et qu’il connaît les obligations qu’il a souscrit et le ferme propos de recevoir le baptême.

La convenenza est le pacte du mourant qui a donné son engagement à l’église. Le célébrant le lui rappellera au dernier moment. Le convenanza est attesté en Languedoc jusqu’à la fin de l’albigéisme.

CONSOLAMENTUM DES MOURANTS
Guère différent de celui des biens portants, les trois degrés de la perfection
N'étaient évidemment pas étalés dans le temps mais simultanés. (Abstinences, oraisons et baptême ). Par abstinence il faut entendre non seulement les observations alimentaires mais une abnégation complète.

Durant les persécutions, la cérémonie fut abrégée. En 1283 la cérémonie était ainsi décrite par l’Inquisition de Carcassonne :
“ Le malade : Dieu ait pitié de moi¼. le plus jeune parfait lui dit : priez ce prud’homme qu’il prie Dieu pour cela-le malade : Monseigneur, priez-en Dieu -l’ancien : Dieu en soit prié –dites-moi si vous voulez recevoir le don de Dieu, et cette sainte oraison que le Seigneur apporta de la Cour céleste et imposa à ses apôtres et que les apôtres transmirent aux bonshommes jusqu’à aujourd’hui ? –le malade : oui-il plaça ses mains jointes entre les mains du parfait qui lui dit :-promettez-vous à Dieu et à l’évangile et à nous de ne plus dorénavant manger de viande, de fromage, d’œufs ou d’une quelconque graisse animale, de vivre chastement à perpétuité, que vous viviez ou que vous mourriez ? ¼etc. ”

Le livre a été placé ensuite sur une serviette près du malade ou sur son lit. On le fait asseoir et on le revêt d’une chemise et de braies “ si faire se peut “ . Il entend l’homélie et renouvelle son engagement.

Suivent double veniae et adoremus, une nouvelle réitération de l’engagement, puis le consolamentum composé du parcite, adoremus, et de la formule sacramentaire :
“ Pater sancte ,suscipe servum tuum (ancillam tuam pour les femmes) in tua justitia et mitte gratiam tuam et spiritum sanctum tuum super eum (eam). ”

Sept Pater rituels suivent, les adoremus et une salutation et une salutation. Récitation de l’Evangile de saint Jean.
“ Puis les deux parfaits posant le livre sur la tête du malade et le touchant de leurs mains dirent une nouvelle fois le Pater Noster et l’ancien dit l’évangile de St Jean In principio erat Verbum- Au commencement était le Verbe –selon l’usage et la récitation des cathares et comme les parfaits ont l’habitude de le dire en pareil cas “ .
“ Après avoir fait cette hérétication¼les parfaits se mirent à prier à la manière cathare, et tous les présents y compris le témoin qui parle, adorèrent, les genoux fléchis, les parfaits en disant trois fois Benedicite.Et les deux anciens dirent au malade, le nouveau consolé : Dites comme nous disons à ceux-ci qui sont devant nous : Dieus vos benesigua (Dieu vous bénisse ) ce que fit le dit malade nouveau consolé¼ ”

LE MINISTRE

Le pouvoir de consoler appartient à tous les parfaits, hommes et femmes. Les femmes qui pouvaient consoler étaient désignées selon le respect de I Tim 5,9.

“ Nous restâmes dans le bois dans une petite maison sous terre pendant un mois¼et dans ce bois ma sœur Peironne, parfaite, mourut, et elle fut enterrée dans le bois¼Après la mort de ma sœur, Guillaume Garnier de Lanta m’amena Jourdane, qui fut ma compagne parfaite. Dès que je l’eus consolée, je quittai ce bois et allai au mas de Terré de Noguès, frère de cette Jourdane ”. (Doat XXIII 1° 23 r°)

En Languedoc on pratiquait un consolamentum à distance. (en cas de nécessité)
“ Comme Guillaume Garnier de Lanta était arrêté à Toulouse et qu’on le menait aux fourches pour y être pendu ,le témoin Raimond Unaud et Alleman de Rouaix amenèrent à ces fourches Guillaume del Soler et Raymond d’Aigremont ,et avant qu’on le pende ,ces parfaits le consolèrent, aux yeux du témoin, de Raimond Unaud et d’Alleman de Rouaix, et de toute la foule qui était là et qui vit tout mais ne savait pas qu’il y avait là des parfaits ”

L’ENDURA

Le consolé doit observer l’intégralité des obligations du parfait. Ne pas jurer, ne pas mentir, pas d’alimentation carnée, dire le Pater avant de manger et manger avec un compagnon parfait. Il est assisté d’un parfait jusqu’à sa mort, pour ne pas tomber.

Il est impossible de prétendre comme le font certains auteurs que le consolé était tenu au suicide et y était aidé par son entourage.

Il y a lieu d’écarter formellement tout rapprochement avec des imputations ou des faits plus mal connus ou établis que l’on a souvent joint à l’endura :

-les hérétiques de Monteforte qui s’entretuaient.
-le meurtre par étouffement ou strangulation qui aurait été pratiqué en Allemagne.
-les suicides purs et simples.

Il faut isoler le jeûne rituel de trois jours des parfaits arrêtés par l’Inquisition, conformément aux vœux prononcés lors de l’ordination. Belibaste et Amiel de Perles se mirent en endura lors de leur arrestation. Le second fut brûlé d’urgence, le second beaucoup plus tard.

Cinq ou six paires de parfaits traqués, ne se déplaçant que la nuit et dormant dans les bois ou les caves doivent à toute réquisition accorder les derniers sacrements à des fidèles répartis sur le territoire de cinq à six départements actuels. Quand l’occasion se présente, le parfait que l’on peut cacher quelques jours ou quelques semaines procède à une initiation véritable, avec les abstinences préalables, récitation du Pater etc.

On en arriva au point où les derniers parfaits, les plus mal initiés, partagèrent le point de vue populaire selon lequel après la consolation, il faut jeûner et ne boire que de l’eau. Ces parfaits de fortune achevèrent leur sinistre besogne en consolant des enfants à la mamelle et en interdisant à leur mère de les allaiter, s’attirant la réprobation de Pierre Authié.

LA REGLE DE JUSTICE ET DE VERITE

Etant les Fils de Dieu –Rom 8,15 –ils sont les amis de Dieu –Jacques 2,23 citant II Par 20,7.Ils portent le nom de consolateurs, receveurs d’âmes.

Ils opposent leur abstinence à la gloutonnerie des clercs, tandis que les catholiques voyaient dans leur pâleur l’hypocrisie de Matth 6,16.

Ils se basent sur I COR 15,39. -Rom 14,21 Actes 10,11-15,5 et I Cor 8,13-Rom 14,3.
Ils disent que le christ n’a nourri les foules que de pain et de poisson et qu’après la résurrection il n’a mangé que du poisson avec ses disciples.

Le vin était autorisé, ne naissant pas d’une fornication de la nature.

Les carêmes étaient de 40 jours, au pain et à l’eau. Il y en avait trois par an
1/ Comme les catholiques, avant paques
2/Vers la Saint-jean
3/Vers la Saint-Martin

S’il était malade, il pouvait manger des mets cuisinés (des légumes ) et en cas de travail pénible il était autorisé au vin, huile et poissons ou crustacés.
Encore faut-il que le repas soit partagé par un autre parfait.

“ Comme cette hérétique ne voulait pas manger sans compagne¼je ramenai une autre hérétique qui lui tint compagnie pour manger “ .
(DOAT XXIV f°2 r°)

Pour préparer un poisson, on lave une poêle à cinq eaux. Le parfait porte son gobelet sur lui pour boire, voire sa cassolette de terre ou achète celle-ci pour aller à l’auberge où chacun cuit ce qu’il a apporté sur le feu commun.
Il fallait dissimuler cette abstention de viande.

Les parfaits apprécient ce qu’ils ont le droit de manger et de boire et aiment que ce soit bon.
“Authié donne à un croyant une part d’une truite qu’ils avaient très bien cuite et préparé dans de bonnes épices ”.

Le pâté de poisson, fait d’anguilles, de saumon, de truites était l’objet de la gourmandise des parfaits. Authier, quand il se procurait du vin, voulait qu’il soit bon.

LA CONTINENCE
La qualité de chrétien implique la continence. Manichéens d’Aquitaine en 1019-1020,d’Orléans en 1022,Arras en 1025,Châlons vers 1040,Vérone en 1040, Soissonais au début de 1100.

Pour les cathares, l’acte de chair est le fruit défendu. Matt 5,26 I COR7, 29 et 32
Ephes 5,25.Matt 5,27-28-Matt 10,25-Matt 19,9-19,10 19,22 19,11-12 Luc 14,20
Luc 20,34-35Luc 23,28-29

Jean I, 12-13 Rom 9,8 I COR 15-16 Gen 2,24 I Cor 7,1 I Cor 7,9 Phil 4,6 Gal 1,10
Rom 12,5 I Jean 2,15 I Cor 7,35 I Cor 6,4 Gal 5,23 Phil 4,8 Col 3,5 Heb 12,14
Jac 12,14 Eph 5,25 I Thes 4,3-5I Tim 5,15 Heb 13,4 Apo 14, 1-4 Psaumes 10,1
Ephes 2,3

L’Eglise Romaine considère la femme qui a accouché comme impure jusqu’à la messe du dernier jour de la purification. Elle ne fait pas de différence entre les enfants nés du mariage et les autres. Ils sont mauvais dans les deux cas. Jusqu’à l’exorcisme (le baptême ).

La luxure, dans ou hors mariage est péché par excellence. Le seul mariage envisagé par Dieu est celui de l’âme et de l’esprit. Le mariage charnel entraîne les époux à pécher sans vergogne. Pour les cathares, l’église se comporte en proxénète puisque appuyant la convention sociale. Toucher une femme entraîne une pénitence : 9 jours au pain et à l’eau.

PRIERE
Héribert, parlant des hérétiques du Périgord parle de 100 génuflexions par jour. A
Monteforte (1034), les hérétiques prient jour et nuit. En réalité, sept génuflexions le jour et 7 la nuit. Pour les bogomiles, il s’agit de 5 la nuit. La meilleure source indique 15 fois le jour et la nuit. Les prières sont accompagnées de venias (prosternations ) semblables à celles des musulmans.
Le pater se base sur la version de Matt 6,9-13 et non Luc 11,2-64 avec supersubstancialem au lieu de quotidianum.

Les pater étaient dits par série de 7.

VERITE
Ne pouvant mentir il ne peut prêter serment volontaire. Le mensonge volontaire était puni par un nouveau consolamentum et l’involontaire par une pénitence.
Ce qui fait que les parfaits devaient prendre des précautions oratoires
“ Je trouvai un homme qui cousait des manches ou des chausses. En le voyant je lui dis : Nous avons là un tailleur ? .L’homme répondit : Nous le sommes à ce que nous croyons et regardant par une fente vers les jardins il me dit - Mais ça, nous croyons que ces porcs font des dégâts dans ces jardins ”.

Les parfaits ne pouvaient tuer personne, mais ils pouvaient menacer ceux qui les poursuivaient de les tuer, et même tirer l’épée ou le couteau et dire “ si tu approches, tu mourras ”. Ils interprétaient ce “ tu mourras “ par la certitude de la mort de cet homme un jour.

Ebrard de Béthune, un siècle auparavant donnait déjà de ces habitudes une expression imagée :
“ Vous n’affirmez rien, pas même qu’il y a un Dieu, mais vous avancez tout d’une manière dubitative, en disant “ comme nous le croyons, comme nous l’estimons, il nous semble, peut-être, s’il en est ainsi, si cela se trouve.. ”Voilà comment vous parlez, et vous n’êtes pas menteurs, mais vous tombez dans l’hérésie ”

Avec ces restrictions mentales il résulta que lorsqu’ils tombaient entre les mains de l’inquisition, ils pouvaient abuser des personnes non averties. Etienne de Bourbon va jusqu’à dire ”eux qui paraissent de simples paysans abusaient par leur sophisme et le double sens des mots des gens qui avaient été les plus grands sophistes de Paris et les plus grands clercs, ignorants de leurs tromperies ” ”mais c’est un point sur lequel on peut surtout les reconnaître “ .

Son sinistre confrère Robert le Bougre se flattait de les arrêter sur leur seule façon de parler et leurs seuls gestes.

Découverts, ils avouaient facilement.


LE REJET DU POUVOIR
Matth 20,25-26 Gen 49,10 Rois 8,9-11
La qualité de parfait relâchait envers un seigneur féodal parfait le lien féodal.

REJET DE LA JUSTICE PENALE

Le châtiment ne peut être que de se faire parfait.

Ce qui fait que de nombreux assassins ou voleurs deviennent parfaits pour échapper au châtiment.

REJET DE LA JUSTICE CIVILE-l’arbitrage
Cor 6,1-9.Les conflits doivent se régler à l’intérieur de l’église. (composition)

TRAVAIL
Le parfait à l’obligation de travailler et même exercer un métier manuel.
I th4, 11 II Thess 3,10.En cas de persécutions, l’aumône est autorisée.

LA PRATIQUE
Industrieux, les cathares accumulent donc des richesses ce qui suscite des commentaires acerbes sur leur détachement de ce monde. Ce phénomène est constaté en Aquitaine et en Italie, en Gothie.

Les arts textiles connurent la plus grande faveur (Actes 18,3) au point de représenter pour les cathares une sorte de franc-maçonnerie opérative.
Le concile de Reims de 1157 condamne la doctrine des Piphles propagée par ces “ misérables tisserands qui fuient sans cesse d’un lieu à un autre sous des noms d’emprunt. ”
Des exemples de prise de terres en métairies avant la croisade et de la fourniture de main d ‘œuvre durant la persécution sont nombreux. Pour édifier en cas de fuite
Des abris dans les bois, il fallait être charpentier et édifier rapidement la cabane où on se réfugiait avant d’être à nouveau traqué.

Ils colportaient, donnaient des soins, et tous les métiers pratiques étaient représentés. Ils deviennent même prêteurs à usure.


LA PERSECUTION

Jean 16,33
“ Dans le monde vous avez l’oppression “
Ils s’attendent à la mort. la persécution est appelée le scandale. Ce terme sera employé durant toute leur prédication.

Pour éviter la persécution l’église est clandestine et sa doctrine secrète. Au début du XI ème siècle, la pratique des bûchers collectifs risque de détruire la petite collectivité.

Les croyants étaient avertis lors d’une arrestation car la règle de vérité était appliquée par le parfait capturé. Il fallait se dissimuler.
Lorsque le croyant Raimond Gros entre au couvent des dominicains de Toulouse en 1237 et donne la liste des croyants toulousains, ceux-ci échappent à l’interrogatoire en se remettant à ses déclarations. La liste des condamnés est très réduite et raimond Gros est mort dans des sentiments cathares. Les cathares cherchent à décourager l’Inquisition par lassitude, la compassion de la population ou même l’insurrection.
Les évasions étaient très fréquentes, surtout par achat des consciences avec l’argent de la communauté.

LES BUCHERS
Le premier est celui du moine bogomile Basile à Constantinople vers 1110-1115.
Les cathares de Rhénanie ont supporté l’épreuve du feu avec joie¼disent les disciples. Les cathares de Léon vers 1230 ”quand on les mène à la mort, n’ont nullement l’air de s’attrister mais bien de se réjouir ”
Selon Etienne de Bourbon ”leurs corps puaient en brûlant, ce qui n’eut pas été le cas s’ils étaient restés orthodoxes ”
Comme le bûcher ne faisait pas souffrir on inventa le “ petit feu ” et la robe soufrée.
L’archevêque cathare brûlé à Mont Aimé le 13 mai 1239 avec 180 fidèles aurait dit à Aubry de trois fontaines ”Vous serez tous sauvés, vous qui avez été absous par mes mains. Moi seul suis damné car je n’ai pas de supérieur pour m’absoudre ”

LES DELATEURS & LES PERSECUTEURS
Ils sont péchés contre l’esprit. Ils appartiennent à la création de Lucifer et sont des diables. De ce fait, il n’est pas exclu qu’un assassinat préventif de ces êtres
Ne soit pas un crime. Les exemples ne manquent pas en Languedoc, Allemagne et Italie au XIIIème siècle.


GENERALITES
Sont hais par les Albigeois : les idoles dans les églises, la croix où Jésus périt, les indulgences, le luxe de l’Eglise, les églises de pierre, les sonneries de cloche(trompettes des démons), les chants dans les églises, l’eucharistie et le baptême.
Les croisades (homicides ), la guerre, la justice séculière, la persécution.
“ O Eglise Romaine, tu as les mains pleines du sang des martyrs “ (Salvo Burci)
les indulgences et les quêtes ne valaient pas mieux.
La corruption de l’Eglise est dénoncée :Elle est la courtisane de l’apocalypse et l’église n’a pas le droit de remettre les péchés.
Naturellement, l’église cathare est la seule église valable.

L ANTIPAPE
L’existence d’une hiérarchie est difficile à démêler. On a connaissance d’un archevêque brûlé en 1239 comme nous l’avons vu plus haut.
Les cathares de Rhénanie décrits en 1143 par Evervin disent que leur religion s’est maintenue en Grèce et qu’ils ont un pape. Joachim de Flore 50 ans plus tard dit qu’ils déclarent avoir un pape. La circulaire du légat Conrad, cardinal évêque de Porto en vue du concile de Sens de 1223 fait état d’un antipape “ chez les Bulgares, Croatie près du peuple hongrois ”

Dans l’hiver 1228 fut arrêté et brûlé un Guillaume, pape des Albigeois selon Aubry de trois fontaine qui ne précise pas les circonstances de cet événement.

Les actes anonymes des archevêques de Trèves signalent sous l’archiépiscopat de Dietrich de Wied (1212-1242)
“ A cette époque l’archevêque de Trèves tint un synode dans lequel il déclara publiquement que les hérétiques de son diocèse avaient des évêques, qu’ils auraient nommé d’après son nom à lui, Dietrich et ils auraient fait la même chose pour les évêques des autres pays. Ils auraient en commun un pape qu’ils nomment Grégoire, du nom de l’évêque de l’Eglise catholique, afin que s’ils étaient interrogés sur leur foi, ils disent qu’ils avaient la même que celle du pape Grégoire et que tel évêque fut ainsi nommé ”.

On doit examiner cette hypothèse avec un esprit critique certain.

Le seul élément déterminant de la discussion serait un acte authentique dans lequel un personnage apparaîtrait bien comme le premier des évêques des diverses églises, premier par la dignité, l’autorité et le pouvoir. La mission de l’évêque de Constantinople, NICETAS en 1167.A Saint Félix, il scinde l’Eglise d’Albi en 4 nouveaux diocèses : Albi ,Toulouse, Agen, Carcassonne.
Il reconsole tous les dignitaires, y compris les évêques primitifs de France et d’Albi. NICETAS représente l’Eglise mère des églises de France, “ l’ordre de Dragovitie ”.
Faible est l’autorité de ce dignitaire qui souligne lui-même l’indépendance des églises sur le modèle apostolique.

LES CONCILES
Nous avons vu SAINT FELIX.Il y eut PIEUSSE (1226) et MONTSEGUR (1232).
Il y eut également MOSIO en Lombardie à la fin du XIIème siècle, MIREPOIX en 1206.Les formes de participation sont celles de la DEMOCRATIE DIRECTE.

LE TRESOR
Une église persécutée n’a pas d’immeubles (avant 1209 c’était le cas).
Une partie se trouve chez les banquiers mais est exposée aux indélicatesses. On cachait donc le numéraire.

Au plus fort des persécutions, c’était dans des marmites enterrées.

Montségur renfermait un trésor de guerre qui fut distribué aux défenseurs avant la reddition, partie évacuée à la Noël 1243.
Le 16 mars 1244,Pierre Roger de Mirepoix retint les parfaits Amiel Aicart et Huc son compagnon alors que les défenseurs étaient remis au Roi et à l’Eglise. Il les cacha et ils s’évadèrent, cela fut fait afin que l’église ne perde pas son trésor, qui ETAIT CACHE DANS LES BOIS et ces deux là le connaissaient.

Cette masse métallique prit la direction de la Lombardie.

LA SUBVERSION CATHARE
Sans Justice, sans mariage, sans famille, sans résistance aux agressions, sans serment.
Saint Bernard écrivait “ Je m’abstiens de viande, car en nourrissant la chair, elle nourrit le vice.. Il en va autrement de l’hérétique¼Ce serait juste et chrétien s’il l’évitait non parce que cela procède de la génération, mais parce que cela y pousse ”

Les parfaits n’hésitent pas à pousser les jeunes au mariage parce que cela perpétue les foyers pratiquants. Illogisme ?

Le catharisme a condamné la féodalité et le pouvoir politique sur une base biblique.
La démocratie chrétienne assure son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et affirme sa supériorité spirituelle.
L’hérésie se diffuse d’abord dans les classes aisées pour se répandre difficilement dans la populace. On verra le comte de Soissons, la noblesse du Périgord protéger les premiers prédicateurs. Les cathares de la Charité sur Loire sont de richissimes bourgeois. A Nevers, c’est le doyen du chapitre et l’abbé de st martin qui sont compromis. En 1203,un chevalier est brûlé. En Languedoc c’est la noblesse qui est touchée. Sur 1035 parfaits de 1190 à 1250,172 appartiennent à la noblesse.

Ce n’est qu’en 1273 (l’inquisition dominicaine reprend alors en Languedoc) que l’on trouve en majorité des roturiers.

MONTSEGUR

L’idée que la place forte était un centre de rituel a été prétendue par certains auteurs qui vont jusqu’à voir des visées solaires dans la forme de certains murs.
Un culte solaire (sic ) serait attesté¼
La vérité historique va à l’encontre de ces fantaisies.

LES SOUTERRAINS
Les grottes étaient utilisées comme refuge lors des persécutions ainsi que certains abris.
Les parfaits qui s’évadèrent de Montségur se rendirent d’abord à la spoulga de Sabartes (grotte fortifiée). Des clusels servent de cachettes qui évitaient de compromettre des parfaits non inquiétés qui alimentaient ces fugitifs.


LA FILIATION HISTORIQUE
Tout l’Occident a admis l’origine de l’hérésie en Bulgarie, mais il faut nuancer.
Durand de Huesca fait correspondre aux écoles occidentales trois écoles orientales : Grecs, Bulgares, et les Drogovites. Les Italiens remplacent les Grecs par des Slavons. (patarins de Bosnie et Dalmatie)


I.BOGOMILES

L’œuvre de Jean l’exarque, prélat bulgare (915 ) et la lettre du patriarche Théophylacte de Constantinople au tsar Pierre, mari de sa nièce (entre 933 et 956) sont mal renseignées.
Le traité du prêtre COSMAS (après 969 ) est la source majeure qui nous renseigne.
Les Byzantins écrivent sur les bogomiles à partir de 1050 environ. Euthyme d’Akmonia moine à Péribleptos laisse une lettre à ses compatriotes de Phrygie contre des gens qu’il appelle Phoundagiagites ( porteurs de besace) dans le Nord Ouest de l’Anatolie et Bogomiles en Pamphylie à l’ouest de Constantinople. Ses renseignements sont directs :Procès de l’hérésiarque Tzourillas qui avait subi procès de quatre doctrinaires, conversations habiles avec les sectaires.

Soixante ans plus tard le chapitre consacré par Euthyme Zigabène dans sa panoplie dogmatique aux bogomiles est largement de même valeur. Il y a consigné la profession de foi surprise par l’empereur Alexis Comnène qui a feint d’être intéressé par la doctrine du chef de l’église bogomile, dont Anne Comnène nous raconte la fin tragique sur le bûcher (1115)

Enfin les actes d’un concile tenu à Constantinople en 1140 qui nous donnent le résumé des erreurs d’un écrivain subversif, Constantin Chrysomallos dont l’appartenance au bogomilisme n’est pas indiscutable.

A la fin du XIIème siècle fut apporté de Bulgarie aux cathares de Concorezzo l’apocryphe Interrogatio Jahannis et il est constant que les Bulgares possédaient une vision d’Isaïe.

DOGMATIQUE
Euthyme de peribleptos leur dit ”Vous ne reconnaissez pas l’ancienne écriture ”
Zigabène écrit “ ils rejettent tous les livres de Moïse, en même temps que le Dieu qui y est mentionné ”
Les bogomiles selon Cosmas disent :
‘Nous n’écoutons pas David ni les prophètes, mais seulement l’évangile, et nous ne vivons pas selon la loi de Moïse, mais selon celle des apôtres ”

Zigabène cite deux logis :
“ Basile affirmait qu’il y avait dans leurs évangiles cette parole du Seigneur :
HONOREZ LES DEMONS, non pour qu’ils vous soient utiles, mais pour qu’ils ne vous fassent pas de mal¼ ”
Zigabène avec le livre Confutatio et eversio impiae et multiplicis exsecrabilium Massalianorum sectae fait allusion expresse à la vision d’Isaie.
“ ils disent qu’il y a une puissance supérieure qui a son trône au-dessus des sept cieux, selon l’exécrable Vision faussement attribuée à Isaie ”.
“ Ils feignent de croire au Père, au Fils et au saint Esprit, alors qu’ils attribuent ces trois noms au père. Ils le supposent de forme humaine, émettant deux rayons de chaque côté de la cervelle, l’un le Fils, l’autre le saint Esprit¼Ils disent qu’ils voient le Père en vieillard avec une grande barbe, le Fils en jeune homme, le saint Esprit en adolescent imberbe¼et ils disent que la sainte trinité est inégale et différenciée, introduisant la division de la nature unique des Ariens ”

Cosmas atteste le dualisme de création :
“ Ils donnent le diable pour créateur des hommes ”
Zigabène et Periblebtos constatent :
“ Ils disent que le démon qui est appelé Satan par le sauveur est aussi le propre fils du Père et s’appelle Satanael, aîné du Fils verbe et plus puissant en tant qu’aîné.
Ils sont donc frères ”

“ Ils disent que la montagne élevée est le second ciel, où le Christ enlevé par le diable a vu tous les royaumes du monde. Ils ajoutent que le diable ne serait pas monté à ce second ciel, s’il n’avait pas su que c’était son œuvre à lui. Et il n’aurait pas dit qu’il donnerait tous ces royaumes s’il n’en avait pas eu la souveraineté comme de sa création ”.
“ Tout ce qui appartient à Dieu, ils le livrent au diable ”
Peribleptos précise “ Il y a huit cieux, 7 qu’à faits le Dieu supracéleste, et il est assis dessus, le 8°qui est au-dessous de tous les autres et que nous voyons que le prince de ce monde à fait ”

Cosmas ajoute avec d’autres propos “ S’il leur arrive de voir un enfant en bas âge, ils s’en détournent avec horreur comme d’une vilaine ordure ”
Le synodique du tsar Boril est plus précis ”A ceux qui disent que la femme conçoit dans son ventre par la coopération de Satan, que Satan y séjourne alors s’en sans retourner jusqu’à la naissance de l’enfant, et qu’il ne peut être chassé par le saint baptême, mais seulement par la prière et le jeûne¼ANATHEME ”

Cosmas ajoute “ Jean le précurseur, ils l’appellent le précurseur de l’Antéchrist.. ”

Euthyme de Periblestos nous renseigne sur leur métempsycose :
“ A ceux qui ont le saint esprit ils qu’ils ne meurent pas mais sont transférés (I Cor 15,51) comme dans un sommeil¼. ”

ECOLES CATHARES ET BOGOMILES
La corrélation entre la liste des erreurs bogomiles et cathares sous la forme mitigée qu’on appelait église de Bulgarie en Lombardie renforce notre certitude sur cette origine. Il reste à expliquer le dualisme absolu.

Le concile de Saint Félix en Lauragais (Haute Garonne) en 1167 prouve un caractère œcuméniste dualiste.

Il existe en France deux évêques : celui des français et celui d’Albi, et des églises dirigées par un personnage qui n’a pas le titre d’évêque. Ce sont les églises de Toulouse (qui a fait venir Nicetas ), celles de Lombardie, de Carcassonne et Agen.
Nicetas donne le consolametum à tous, les églises qui n’ont pas d’évêques en nomment un et NICETAS confère cette dignité par un consolamemntum spécial.

LA THESE ITALIENNE
A l’origine du catharisme en Lombardie se trouvait un évêque qui gouvernait les cathares locaux de Lombardie, de Toscane et de la marche de Trévise. Il tenait son ordre de Bulgarie. Un patriarche dénommé Nicetas dit du mal de la Bulgarie
Et attira l’évêque à l’obédience de dragovétie.
Il y eut un schisme dans cette église italienne entre Jean le Juif et un nommé Pierre de Florence.
Un concile eut lieu à Mosio à la suite duquel un nommé Garatto fut désigné pour faire le voyage en bulgarie. Il fut compromis par une affaire de mœurs.
Un parti dissident se forma et Jean Le Beau fit le voyage de dragovitie pour recevoir l’investiture. Un second parti dissident se sépara à Mantoue et envoya son évêque se faire investir en esclavonie, il fut imité en cela par les cathares de Vicence et leur évêque Nicolas. Jean Le Juif alla enfin en Bulgarie et devint évêque des Lombards. Ces faits se passèrent entre 1165 et 1185.

L’Eglise de dragovitie et celle d’esclavonie suivent un développement dogmatique
Sur les cathares. Ceux-ci prêchent deux dieux. Lucifer est le fils du prince des ténèbres.

Il y a trois sortes de cathares en Italie : Les Albinistes, ceux de Concorezzo et ceux de Bagnolo. Les autres cathares sont en toscane ou dans la marche (Vicence) ou en Provence.
Nous ne les distinguerons pas pour éviter de compliquer le texte par des
Pages consacrées par des points théologiques fondés essentiellement sur la création que nous avons exposée plus haut. Il s’agit d’une matière d’experts qui nous éloignerait de notre propos plus généraliste.

LES PAULICIENS

Lorsque les Grecs virent apparaître les premières manifestations du bogomilisme
,son dualisme leur suggéra un rapprochement avec le manichéisme. Ce qui explique
les premiers commentaires à leur sujet “ deux doctrines fort pernicieuses et grossières ,connues dans l’antiquité, s’amalgamèrent en effet ; L’impiété naturelle des manichéens que nous avons appelée aussi hérésie paulicienne et l’infamie des messaliens. il s’agit de la doctrine des bogomiles “ (Anne Comnène)

Un certain Pierre de Sicile envoyé à l’ambassade de Téphrique, capitale des Pauliciens victorieux des Byzantins pour y effectuer un échange de prisonniers en 869 écrivait à l’archevêque de Bulgarie :
“ J’ai entendu ces impies énoncer sottement qu’ils allaient envoyer des adeptes au pays de Bulgarie pour y détacher certains de la foi orthodoxe et les attirer à l’immonde hérésie qui est la leur. ils tiraient leur assurance du fait que la divine prédication y est à ses débuts ”

Des pauliciens ont été rencontrés par les croisés dans les rangs des sarrasins

DOGMATIQUE DES PAULICIENS
Ils ne reçoivent que le nouveau testament, sans apocalypse ni les épîtres de Pierre. Ils conservent les écrits de leur prophète Sergios (800-835)
Deux principes, deux dieux et deux créations. Ils sont docètes (cfr plus haut)
Ils rejettent la croix, le baptême et la communion.
C’est un dualisme non associé au puritanisme, à la chasteté et à l’abstinence des viandes.
Ce n’est donc pas une source du bogomilisme.

LES MESSALIENS
Les pauliciens ont été des gens de chair et d’os. Il semble que ce terme désigne une caricature de contemporains au caractère ultra religieux, perdus dans la prière ou chassant les démons.

LE JUDAISME, ISLAM, MANICHEISME, MANDEISME

On a insisté sur la teneur gnostique de la Cabale, telle que composée ou utilisée dans le midi de la France ou le Léon au XII° et XIII siècles, spécialement le Zohar et le Bahir. (Catharisme et le début de la Cabale- Annales économies, sociétés, civilisations 29° année, Paris 1974 pp 1185-1200)
Outre les difficultés de datation, il ne peut s’agir que de coïncidences ou au plus d’échanges de formules limités. Le Judaïsme ne peut être à l’origine du catharisme
Pas plus que le catharisme n’est auteur de la Cabale compte tenu de l’exposé de la religion des cathares. Les parallèles avec le soufisme ne sont pas autorisés.
De même, le catharisme n’est pas un Islam sans Mahomet, un Manichéisme sans Manès. Comme les mandéens abominent le célibat et se réclament de Jean le baptiste, prennent le christ pour l’antéchrist il s’agit aussi d’une piste également à écarter.

THEOLOGIE DU MAUVAIS PRINCIPE

Grégoire de Nysse disait “ Aucune des choses qui tombent sous les sens ne subsiste réellement, hors l’être transcendant à quoi tout l’univers est suspendu¼l’être réellement réel, c’est celui qui est immuable ” (vie de Moïse p44 c333 cité par Danièlou)

Origène dans son commentaire sur saint Jean dira “ Le Christ, lumière du monde est donc la lumière véritable par contraste avec la lumière sensible, car rien de sensible n’est véritable “

L’idée que Dieu est bonté par excellence est aussi exprimée par Origène pour qui le Fils n’a que l’image de la bonté suprême.

Dans ses rétractations, Augustin dit que le Dieu de l’ancien testament était pour le livre que des marcionismes mettaient en vente au port de Carthage le pire Diable.
Aucune des hérésies du monde antique ne rend une filiation avec les cathares.

Chacun des points de leur doctrine peut trouver un écho dans le monde antique. L’adombration de la vierge a un écho chez Origène (homélie sur le cantique )
“ L ombre de la gloire du sauveur¼c’est sa venue ici bas ”(Clément d’Alexandrie)
“ La nativité du Christ provient d’une ombre¼elle a commencé en Marie par son ombre ”(Origène).
Par contre pour Origène, Jean le baptiste est une création angélique.

LA METEMPSYCOSE
Selon l’historien Flavius Josèphe, les pharisiens croyaient que l’âme des justes, immortelle et portion de Dieu revient dans le corps après un jugement. Lui-même le croyait. (Antiquités 18,1,15 cité par Turmel- in histoire des dogmes IV Paris 1935 pp 15-157).
Les marcionistes décrits par Epiphane croyaient au passage de corps en corps ainsi que les gnostiques et notamment Basilide (cité par Clément d’Alexandrie)
Origène s’est maintes fois défendu de croire à la métempsycose du moins dans l’intérieur du même monde. Il eut assez d’hésitations ou de formules équivoques pour que Jérôme lui ait prêté des énoncés dont l’un rejoint étrangement celui de Belibaste :
“ Devant la douleur des châtiments et la brûlure du feu, l’âme préfère être une bête brute et habiter dans les eaux et les flots, et prendre le corps de tel ou tel animal ” ”Par la grande négligence et le désir, elle s’écoule et se vide au point d’arriver au vice et de pouvoir s’unir au corps épais des animaux dépourvus de raison”.

SOURCE DU CATHARISME
Teinté de Judéo-Christianisme, essentiellement origéniste, sous une forme monastique basiléene. Il suggère irrésistiblement le rapprochement avec ces moines origénistes condamnés au tournant des IV ° et V ° siècles et plus officiellement par Justinien en 553.
L’Origénisme a été mis en lumière par Marcel Dando avec sa liste d’erreur dite de Pérégrin Priscien. (in Les origines du catharisme. Paris 1967)Jean Duvernoy estime que l’examen des divers thèmes exégétiques cathares oblige à considérer son analyse comme acquise.

La théologie des cathares est dans la plupart de ses détails, conforme à la pensée d’un certain parti de Pères de l’Eglise, les Alexandrins, les Cappadociens, Ambroise.
Plus sobre, elle ignore en tous cas entièrement les cascades d’hypostases gnostiques, les syzygies, les personnifications exagérées. Ni Origène, ni ses disciples n’ont admis le dualisme, n’ont cru que le créateur du monde sensible fut distinct de Dieu, tout en étant identique au Dieu de l’ancien testament.

Le catharo bogomilisme forme une religion unique de l’Asie mineure au Languedoc. Nous ignorerons toujours l’évolution intellectuelle de ces milieux archaïques, dissidents, et repliés sur eux-mêmes entre les VI ° siècles et leur résurgence chez les slaves au début du X ° siècle. L’élaboration a du être spontanée en ce qui concerne le dualisme. Le christianisme lui-même connaît un dualisme à un autre degré, il est vrai.

Il ne résout pas le problème du mal. Leur foi paraissait distinguée et de ce fait elle a été adoptée par beaucoup de clercs.

Le XI ème siècle va être fulgurant pour le bogomilisme. En effet , en quelques décennies ,il envahit l’Europe ,L’Asie Mineure pour s’y fixer malgré les persécutions que catholiques et orthodoxes ne tardent pas à décréter.
La société de l’an Mil est une communauté d’intérêt entre l’épée et le goupillon. Dieu garantit à la structure féodale la paix civile et en échange l’ église l’appuie.
Le féodal était lui-même croyant ,le tout formait une tisse qui voyait également l’église bénéficier de droits seigneural sur ses terres.

C’est une communauté bâtie sur l’Image du ciel sur la terre. Elle est excessivement intolérante à tout autre idée. L’homme sans foi ou d’une autre foi en est écarté
D’office car il n’y a pas d’autre place pour une autre idée de Dieu qui peut remettre la stabilité de la société en cause. Les juifs y sont tolérés (et encore) ,mais pas les maures ou les incroyants. Les gens sans foi sont ,à l’instar des hérétiques ,promis à
Une mort certaine.
Cette société du moyen âge est de ce fait très stable. Elle peut se permettre de déclencher des croisades à l’extérieur comme à l’intérieur de ses frontières.
Elle ressemble en plus faible à la société de l’Islam.

Nous pouvons imaginer ce qui attend les albigeois avec leurs idées si rationnelles.
Le fait est que ce choc sera le premier d’une longue série qui va conduire cette
Société si stable à la décomposition. En France ,il faudra attendre 1789 pour en voir les dernières traces. Ailleurs ,le processus de décomposition ira plus vite ,avec moins de heurts.

Dans ce phénomène ,la part qui en revient aux abus de l’église est grande. Seule une insistance dans l’erreur conduira l’église au grand choc de la réforme où les princes
Trouveront leur intérêt dans l’accaparement des terres d’église. Cela ne peut résulter d’une autre cause car les abus détacheront des masses de croyants de cette église monolithique qui ne fut jamais en faute malgré ses crimes.

Or si au début du XI ° siècle un citoyen de Florence pouvait pousser de graves accusations de simonie contre un évêque et proposer à celui-ci un jugement du Feu (ordalie) qui se termina à son avantage par suite de la lâcheté de l’évêque qui n’osa pas se rendre dans le feu, et sa dépose immédiate en conséquence, au XV ° siècle ,il n’en allait plus de même. L’église et ses richesses s’étaient coupés de la foule de plus en plus misérable et continuait pour une grande part à vivre sur un grand pied.
La fin ultime de cela sera la parodie des prélats français sans religion et vivant dans le vice, qui auront acheté leur titre.(Talleyrand).

Dans la mesure où Mussolini mit fin en 1923 par les accords du Latran aux derniers restes de la puissance qui jadis en compagnie des Princes et Seigneurs étaient une bénédiction pour l’Europe ,que de chemin parcouru!Un chemin d’échecs et de vices qui n’avait donné comme fruit que le chardon .Si par contre l’Europe était restée à l’instar de l’Islam un bloc réellement chrétien ,alors la société produirait plus de fruit et notre civilisation serait originale. Mais la chair est faible...

L’Inquisition fut une erreur ,non dans sa forme ,mais dans le châtiment des coupables. Ceux-ci devaient être retranchés de la communauté des croyants ,certes, mais pas de manière anti-chrétienne, par la peine de mort.
C’est contrainte et forcée que la puissance de l’église se réfugie derrière le terme de puissance “ spirituelle ” mais dans le fond d’elle même elle cultive le regret de sa puissance passée, nous voulons dire de la puissance temporelle et non spirituelle, car elle n’a pas changé, et si l’occasion se présentait ,tout recommencerait.

#72 Marek

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Posté 26 novembre 2003 à 21:31

6.ANCIENNES ORDONNANCES

Nous allons citer les meilleurs manuscrits de l’ancienne maçonnerie.

1.Ordonnances des maçons d’York
(3 rédactions manuscrites de 1352, 1370 et 1409.)

Œuvre du chapitre de la cathédrale Saint-Pierre à York, elle s’adresse aux maçons, charpentiers et autres ouvriers, elle vise au respect des coutumes et des réglementations. Il y a serment à donner au maître en ce qui concerne le respect de l’Ordonnance.. Il y a un lien entre le chapitre de la cathédrale et la loge.

2.Ordonnance des Maçons de Londres
Promulgués le 2 février 1356,le Lord-Maire les établit après leur élaboration par un conseil de 17 membres et les fait signer par les groupes d’ouvriers qui étaient en différend. Rédigés en français avec une Introduction en latin.
Il en ressort qu’aucun apprenti ne sera accepté pour une période inférieure à 7 années, que les Maîtres veilleront à la juste rétribution des salaires, que tout compagnon ou apprenti indiscipliné sera traduit devant un conseil disciplinaire présidé par le Lord-Maire et pourra être condamné à des peines variables, en ce y compris de la prison.

3.Ordonnance de la guilde des charpentiers de Norwich
Daté de 1375, cette ordonnance régit également les maçons, tailleurs de pierre, etc..
Elle se plaça sous la dédicace de la sainte – Trinité. Il y est spécifié « Chaque année, le samedi après la fête de l’Ascension, les Frères et les Sœurs, se réuniront en un endroit déterminé afin de réciter en commun les prières en l’honneur de la Sainte Trinité, ainsi qu ‘en faveur de la sainte Eglise, de la paix et de la concorde dans le pays, pour le repos de l’âme des défunts, ET NON SEULEMENT DE CELLES DES FRERES ET DES SŒURS MAIS EGALEMENT DE LEURS AMIS ET DE TOUS LES CHRETIENS. ».

4.Le Manuscrit Royal ou Poème maçonnique.

Ce document du début du XV° siècle se trouve au British Museum. Ecrit en vers il nous déclare : « La maçonnerie est l’art dérivé de la Géométrie et c’est le plus noble des arts. Il fut enseigné par de savants maîtres aux fils des familles distinguées, qui chargées d’enfants, se trouvaient dans l’impossibilité d’assurer leur existence. L ‘apprentissage de cet art entre gens de qualité se faisait en commun, et ceux qui l’étudiaient s’appelaient entre eux du nom de compagnon ou encore de cher frère, réservant le terme de maître à leur professeur…. ».
Le document confirme les sept ans d’apprentissage et diverses conditions pour adhérer ( noblesse e.a. « comme le veut la Tradition. » )

« Tout maçon doit aimer Dieu, la sainte Eglise et son Maître et ses compagnons. Il travaillera convenablement les jours ouvrables, afin de s’assurer un salaire qui lui permette de subvenir en tout temps à ses besoins, y compris ceux des jours fériés. Il doit fidèlement observer les secrets de son Maître et des compagnons. Il ne doit rien raconter de ce qui se passe à la Loge ou dans sa demeure privée…Il ne portera aucun préjudice à son Maître ou à ses compagnons…. Les relations entre compagnons seront fondées sur l’honnêteté ; ils ne vivront pas aux dépens l’un de l’autre et règleront selon la loyauté leurs comptes réciproques …Celui qui commet quelque infraction aux ORDONNANCES ET AUX ARTICLES DE CELLE-CI, et ne veut pas en convenir devant l’assemblée, doit abandonner la corporation. S’il s’y refuse, le shérif le fera emprisonner et ses biens seront confisqués aussi longtemps que tel sera le bon plaisir du roi…

5.Le manuscrit Cooke

Daté de la période 1400-1430,il est la propriété du British Museum, et fut la source du manuscrit d’Anderson « Grâce soient à Dieu, notre glorieux père, auteur et créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui y est contenu … ». L’auteur y exalte l’importance de la géométrie ce qui semble indiquer qu’il y a quelque chose derrière les formules pratiques…La seconde partie est le livre des devoirs qui est un ensemble plus ancien, joint à la première partie.

6.Le manuscrit william Watson
Daté de 1687, il est la copie d’un document plus ancien et son existence MONTRE QUE LES MACONS CONSERVENT ENCORE EN 1687 LES USAGES ANCIENS.

7.Le manuscrit Tew
Daté d’environ 1680, il est identique en sa forme aux précédents et nous montre que la maçonnerie jacobite vit sa vie rituelle selon les Anciens devoirs.



ANCIENNE INITIATION : RECEPTION D UN APPRENTI

Examiné par le médecin de la Loge pour voir s’il ne souffrait pas de malformation s’opposant à l’exercice du métier ( les 5 B )

L’apprenti prêtait alors le serment.
Il n’y avait aucune sacralisation rituelle. Dans les textes anciens il est dénommé du titre d’aspirant. (terme conservé par le compagnonnage )

RECEPTION D UN COMPAGNON

Les sept années d’apprentissage passées, on pouvait recevoir l’aspirant comme compagnon. Le chapelain de la loge ( nous avons vu qu’Anderson en était un ) prononçait alors l’invocation d‘ouverture :

« Très saint et très glorieux seigneur Dieu, toi grand ARCHITECTE du ciel et de la terre, qui est le dispensateur de tous les bons présents et de toutes les grâces, qui a promis que là où deux seront réunis ensemble en ton nom, tu seras au milieu d’eux…et d’accorder que notre nouveau frère que voici puisse dédier sa vie à Ton Service, et soit un vrai et fidèle frère parmi nous. Glorifie –le de Ta divine sagesse, afin qu’il puisse être capable d’éclaircir, AU MOYEN DES SECRETS DE LA MACONNERIE LES MYSTERES DE LA PIETE ET DU CHRISTIANISME…. Amen. »

(Encore en usage dans les travaux de la grande loge d’Irlande en 1730.La même formulation servait pour l’inauguration d’une nouvelle Loge.)

La fermeture d’une Loge utilisait une formule plus simple :

« Que le Père tout-puissant, avec la sagesse de son glorieux fils, à travers la bonté de l’esprit saint, soit trois personnes en un seul Dieu, soit avec nous à l’origine et nous donne sa grâce pour gouverner nos existences, afin que nous puissions parvenir à sa béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »
Le candidat compagnon se présentait le sein gauche découvert, mettait son genou DROIT sur une équerre placée au pied du Maître de Loge, le genou gauche relevé en angle, constituant ainsi une double équerre, la main droite posé sur l’évangile de Jean et prononçait le serment. Le Maître frappait alors trois légers coups de son maillet sur la tête du compas pointé vers le cœur du récipiendaire et prononçait la formule d’investiture en même temps que le chapelain la prononçait lui-même.
Nous retrouvons ces formulations au sein des loges jacobites en France lorsqu’elles suivirent Jacques II en exil.

EXALTATION DU MAITRE

Ne pouvait être qu’un Maître de loge. Les surveillants étaient de simples compagnons. Il n’y avait pas de grade de Passé Maître. Les secrets particuliers, privilèges des Maîtres de Loges consistaient en connaissance occulte issue du fonds des âges relativement aux rites propitiatoires liés à la fondation d’un bâtiment, en ce y compris sa sacralisation finale.
On peut évoquer à ce propos l’ancienne ritualie des prêtres de Babylone avec leurs adjurations :
« Esprit du ciel souviens-t’en, Esprit de la Terre, souviens-t’en ! . »



LOGES DE RITE ANCIEN

De nos jours il subsiste le Rite Ecossais Primitif au sein du Suprême Conseil des Rites Confédérés. ( Early Grand Scottish Rite ), ce rite est représenté en France par la Loge saint André d’Ecosse ouverte aux historiens de la maçonnerie.

TRANSFORMATION

Dès 1600, les Loges professionnelles recrutent en dehors du métier. On note à la loge d’Edimburg en Ecosse l’acceptation d’un membre de la noblesse. En 1646, Elie Ashmole, membre le plus actif du cercle catholique de Londres est reçu comme Maçon Accepté dans la loge de Warrington. Il y retrouve Thomas et Georges Warton, le mathématicien Oughteed, les docteurs en théologie Herwitt et Prarson et l ‘astrologue du roi Charles I° , le célèbre William Lilly.

Par une lente évolution, les sociétés professionnelles se transforment en société de pensée. MAIS LES RITES DEMEURENT LES MEMES.

#73 Marek

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Posté 17 décembre 2003 à 16:30

ROSE-CROIX extrait du livre de Paul Arnold “Histoire des Rose Croix et origines de la Franc Maçonnerie’(Mercure de France –édition 1955)

Le mouvement RC se manifesta pour la première fois en 1614 grâce à un livre édité à Cassel en langue allemande, intitulé « Commune et générale réformation de tout notre monde, suivi de la FAMA fraternitatis de l’ordre louable de la Croix de Rose, adressé à tous les savants et chefs de l’ Europe,ainsi qu’une courte réponse faite par Adam Haselmayer qui à cause de cela a été emprisonné par les Jésuites et mis aux fers sur les galères.Présentement publié et communiqué à tous les cœurs fidèles »

Après une préface confuse, suit la « Commune Réformation du monde entier, telle que sur l’ordre du dieu Apollon elle fut publiée et développée par 7 sages de Grêce et d’autres hommes savants ».
Il s’agit là de la traduction de l’avis LXXVII des ‘Ragguagli di Parnasse » de Boccalini parues à Venise en 1612.Nos publicistes anonymes n’ont pas renseigné la source de ce texte.Il s’agit d’une satire cinglante des réformes sociales et morales, démonstration de l’inefficacité de la philosophie.Le message qui passe c’est que le changement ne doit pas venir du dehors mais du dedans et par l’œuvre personnelle, par élan mystique et la religion du cœur et non par les rites des églises.

Julianus de Campis, principal docteur de la RC nous indique « la Réformation et Fama ont été écrits dans une intention particulière » et confirme que ce travail a été rédigé pour un but intérieur, voie dont la Fama Fraternitatis devait entretenir le lecteur.

Contre Satan s’est levé un homme dévot, spirituel, le Frère Christian Rosenkreutz qui a œuvré pour rapprocher la véritable réformation du monde.

Rozenkreutz, né de parents pauvres fut placé dans un monastère où il apprit du Grec et du Latin ;puis on l’initie à la magie.A 16 ans il part pour la terre sainte avec le frère PAL qui meurt à Chypre.La maladie l’oblige à séjourner à Damas où il entre en rapport avec les Sages de Damcar qui lui enseignent les secrets de la nature et l’emmènent dans leur ville où il demeure trois ans.Ensuite après avoir fait le plein de connaissances, il traverse le golfe arabique, l’ Egypte, la Lybie et atteint Fez réputée pour ses grands sages.

Après une pique sur les savants et les sages d’Allemagne qui vivent isolés sans partager leurs connaissances, la Fama poursuit en vantant la solidarité des docteurs arabes qui partagent leurs informations.C’est cette solidarité qui pousse Christian à créér sa fraternité. (dixit la Fama)

Christian ne reste pas en Espagne où il rencontre l’incompréhension des savants espagnols et rentre en Allemagne où il poursuit son illumination spirituelle.Il fonderait cinq ans plus tard son premier ermitage avec trois des confrères et leur demande de coucher sur écrit ce qu’il va leur confier.Les frères partent en mission sur la terre pour étudier et étendre leurs connaissances qu’ils se partagent une fois par an au cours d’une réunion annuelle.

Le frère NN révèla que la fraternité allait bientôt vivre au grand jour et voler au secours de la nation allemande, car il venait de découvrir l’accès de la tombe de Christian Rozenkreutz.Sur la porte murée il y avait une plaque de métal qui disait :

« Après 120 ans ,je m’ouvrirais »

Selon la Fama, cela nous ramène en 1378 pour la naissance de Christian.

La Fama précise bien pour ses lecteurs :’ Afin que nul ne s’y trompe et que tout chrétien sache quelle est notre religion, nous déclarons que nous adhérons à la confession de Jésus Christ telle qu’elle est pratiquée en Allemagne en dehors des enthousiastes et autres hérétiques’.
En politique, ils reconnaissent l’Empire Romain et quartam monarchiam, quatrième empire, terme qui constitue en partie le secret de l’ affaire.
Ils précisent : « Il ne s’agit PLUS A PRESENT de l’art damnable de fabriquer de l’ or ; il s’agit de voir le ciel s’ouvrir et descendre les anges » « il s’agit d’avoir son nom inscrit sur le livre de vie », toutes expressions utilisées aux siècles passés aux grands mystiques.

Cette FAMA est envoyée en cinq langues aux quatre coins de l’ Europe. » celui qui donnera son nom ne manquera pas d’entrer en relations avec l’un de nous, soit oralement, soit par écrit ( origine de la fable des invisibles de Paris)….celui qui a un cœur faux ou qui n’aime que l’argent, ne nous fera aucun mal mais se jettera dans le plus grand péril. »

Le quatrième Empire dont il est question dans la Fama est celui du SAINT ESPRIT. Les convulsions de
L’époque annoncent l’avénement du Royaume de Dieu.Voilà les temps où les frères de la RC ont mission d’annoncer et de préparer : « Vous êtes des hommes choisis..pour élargir l’éternelle vérité théophrastique et divine miraculeusement réservée jusqu’à ce jour, peut être eu égard au temps d’Elie artiste ».Il s’agit là du règne du Saint-Esprit.
Ces prophéties sont accompagnées des descriptions suivantes :
‘Dieu précipitera la chute du pape, accompagné de sa chevalerie babylonienne( les prélats et jésuites), il jugera les injustes et élèvera le troupeau des justes devant lequel marchera le Lion de Minuit (Jésus) afin de rendre vivant ‘ce qui est mort’.
Pour eux, cela doit s’accomplir prochainement, les trois trésors théophrastiques (illumination totale de l’homme et son union avec Dieu) ‘seront trouvés peu après la mort du dernier empereur d’Autriche Rodolphe II…
(Rodolphe est mort il y a longtemps, passons)
‘On ressentira le commencement des douleurs, la ruine des Empires, l’oppression des hommes,l’écrasement des pauvres, pompe et orgueil des princes…’


L’évangile écrit à mots couverts dans la Fama prend une allure mystique et apocalyptique,qui prologent quatre cent années d’annonce de la fin imminente dans les affres et le martyre.

Ce message de terreur, la Confessio le confirmera en 1615, et ce livre était nécessaire car la FAMA avait déclenché une tempête de rires, d’injures ou d’approbations. Accusée de tous les vices dont l’ignorance, la ‘Fraternité’ avait besoin d’une défense vigoureuse.

Calquée sur la Confession d’Augsbourg rédigée cent ans plus tôt par Melachton, et divisée en des points numérotés la Fraternité proteste de son innocence et déclare révéler ‘ en cette extrême fin du monde’ les arcanes à tous les justes et de les faire partager par tous les hommes au lieu de les réserver aux seuls docteurs, comme faisaient les alchimistes.

Il s’agit évidemment de la lumière de l’illumination qu’à mots couverts les auteurs décrivent en ce stermes variés : » cueillir des perles au lieu de cailloux,commander aux esprits au lieu de commander aux bêtes ?et bien tous ces prodiges, la Fraternité pourra les procurer si on y met le prix, si on ne laisse détourner de son zèle par rien…car ces biens ne peuvent être hérités…ni être offerts à tout chacun’

Michael Maier, fervent défenseur de la RC nous dit :
« La Fraternité ne peut et ne doit se manifester qu’en ces temps où l’on croit que le dernier acte de la scène du monde, où la catastrophe, nous seraient imposés et où serait attendu pour les jours à venir le changement des choses »

On a prétendu que ces ouvrages furent rédigés d’une seule main et attribué cela à Andrae, mais la seule chose certaine est que le livre qui fut incontestablement de sa main est ‘Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz, anno 1454’, ouvrage mal compris, paru en 1616 .Zetner qui fut l’éditeur de Andrae et celui d’ouvrages polémiques se rapportant à la RC.

Jean Valentin Andrae était le petit fils de Jacob Andrae qui avait négocié en 1577 l’union des villes protestantes grâce à la formule concordataire rédigée sous sa direction.Le vieux pasteur, recteur de l’université de Tubingen, supprima les ambiguités existant entre les textes de Luther et de Melanchton et on lui doit donc la suprématie du Luthernisme allemand sur le plan politique.Il forma tous les champions du Lutheranismes y compris ceux qui intervinrent dans la RC.

Jean Valentin naquit en 1586, quatre années avant sa mort issu d’un pasteur de Herrenberg en Wurtemberg.Johann s’était interessé à l’observation de la grande nature, aux rapports secrets et harmonieux entre le microscome et le macroscome.Il s’adonnait à l’alchimie et à l’occultisme et gagna la sympathie de Frédéric I, duc de Wurtemberg.Il meurt en 1601 laissant une femme et sept enfants dans la gêne.Jean-Valentin avait quinze ans lorsqu’ils vinrent s’installer à Tubingen.Il décrit dans sa biographie les misères physiques de ce voyage en plein hiver par un froid mordant.Il faillit tomber sous les roues de la voiture et devint infirme pour la vie.
Jean valentin était curieux et lisait de tout à la bibliothèque de son ami Christian Besold.
On le destinait à la théologie alors qu’il était porté pour les lettres.Il s’essayera à écrire plusieurs dialogues et nous assure que c’est en 1604 qu’il rédigera les ‘Noces chymiques’.Il étudie l’astronomie, les mathématiques et rencontre Kepler qui l’appréciera.
Il obtient en 1605 ses diplômes de magister et contribue aux ressources de son menage en officiant dans les villages des environs.
Il bénéficie d’une bourse et de la faveur de ses supérieurs à l’université.

Il fut alors mêlé à une histoire « d’hétaïre du fait que certains de ses camarades qui plaisantaient
trop avec ces dames mêlaient des innocents à leurs débauches… »

L’affaire de mœurs permit à Enzlin, le recteur, d’éloigner Jean-Valentin de la cléricature et de la faculté.
Il s’exila donc en 1607.Il se rendit d’abors à Strasbourg et se lie avec Bernegger.Il revint l’année suivante à Tubingen et se lie avec Polycarpe Leyser, se rapproche des artisans, apprend à jouer de la guitare et du luth et jouit de la paternelle affection de ses anciens professeurs (Haffenreffer).Il fait la connaissance de Tobias Hess et Abraham Hölzel.
Hess et Holzel étaient intéressés à un mouvement d’ Illuminisme qui se traduisait de faculté en faculté à la transmission d’ouvrages à tendance mystique.Cette manière de protester ainsi contre le Lutherianisme officiel se faisait en Allemagne, Autriche, Hongrie.Hess et Hölzel mettent Andrae et Besold qui sont portés à de telles lectures.
L’affaire vint aux oreilles du recteur de l’université de Tubingen.

Toute suspicion de chiliasme ou d’enthousiasme mettait un candidat au ban du clergé luthérien.
Le prince Frédéric de Wurtemberg évita à Jean valentin une condamnation formelle.Cela l’empêcha de rentrer à l’université comme il l’avait projeté.
Il travaille alors comme précepteur en Bavière chez le baron Lavigna, puis chez Frédéric.
Le lutheranisme officiel le glaçait.il préférait la caritatisme mystisant de Johannes Arndt suspecté d’hérésie et proche de Besold,Hölzel et Hess.
Il cherchait un évangélisme pur, intègre et intransigeant.Les évangélistes allemands accablaient les calvinistes de façon pire que les papistes.Il visita la France, le nord de l’Italie et l’Espagne en 1610 pour voir ce qu’il en était.Il arriva à Lausanne et genève en 1611.
Dans le rigorisme calviniste, Valentin croyait voir l’imitation de Jésus Christ tandis que dans le Luthéranisme, en dehors de Arndt, il voyait l’esprit religieux s’épuiser dans la sécheresse casuistique et pragmatique.C’est à Genêve qu’il compris sa mission, aider la cause du christianisme.
Il alla à Paris en 1612 et en 1612, après avoir appris l’italien sous la direction de Besold il alla, muni de recommandations « connaître de visu les débordements du clergé italien ».Il en fut édifié : la vie mondaine des prélats en dépit de la contre réforme le détourna définitivement du catholicisme.Sa mission s’affina : « servir l’église évangélique et le monde au lui de suivre en épicurien ses propres penchants »
Il retourna à Tubingen malade, misérable.L’heure était arrivée où Hafenreffer allait pouvoir diriger les études de Jean valentin.
Le recteur Enzlin, accusé de haute trahison était décapité en 1613.Valentin fut diplomé en 1614 et nommé diacre à Vaihingen, près de Tubingen.En cette même année 1614, il se marie.
Or c’est en cette même année 1614 que paraît le premier manifeste des RC, la FAMA fraternitatis.
Dès 1616 à 1619, Valentin va DENONCER LA FRATERNITE ROSE CROIX COMME UNE FARCE, il multiplie pamphlets et satires écrits d’une plume alerte en dramatisant en allemand ou en latin.

Parallèlement, il cherche à créér quelque chose de différent, une sorte de cité chrétienne qui serait opposée « à l’indigne farce de la Fama ».En 1617 et 1618 il publie les deux parties d’une invitation de la fraternité du Christ aux candidats à l’amour sacré ».
Le mythe à part, c’était un écrit avec un objectif semblable à celui de la Fama…

Il intéresse à son idée un groupe d’amis et construit en imagination sa « République Christianopolitaine » qui est une Jerusalem terrestre placée sous la protection de Dieu.Cette œuvre fut dédiée à Arndt.L’opuscule fut terminée en 1920 et envoyée dans toute l’Europe.La guerre s’étendit sur toute l’ Allemagne et les amis se dispersèrent.En 1620, valentin est nommé superintendant de l’abbaye de Calw.On était en guerre.L’abbaye fut brûlée et Andrae et perdit un ‘Theophilus’ qu’il achevait.Il organise un ordre de secours d’ordre local mais reste cependant au service de la Haute Mystique, ce qui lui vaut en 1622 de nouveaux désagréments.L’université de Tubingen fut informée par celle de Strasbourg que des livres sortaient des presses du libraire éditeur de Tubingen, Weid.Ces livres traitaient de mystique ,de théosophie ( dans le sens chrétien du terme) ainsi que des œuvres d’Arndt.Ces livres allaient jusqu’en Hongrie.Une enquête de police permit de savoir que des conventicules avaient lieu où se rencontraient Besold, Andrae, Rummeling,Zimmerman , chassé de Marbourg pour Chiliasme et diffusion de l’hérésie plotinienne.L’affaire tourna court, fort heureusement.

En 1628 il lance un nouveau manifeste et réédite ceux de 1617-1618.Il s’agit de ‘l’exemple de la vraie union chrétienne’ et il avouera en 1642 que cette société n’a jamais vu le jour dans une lettre qu’il enverra en 1629 à son ami Coménius, il relate son nouvel échec et se disant trop faible pour continuer la lutte il montre son désespoir :
« vous abandonnant ce qui reste de notre naufrage, nous vous le transmettons, assez heureux si notre entreprise n’a pas tout à fait échoué »

Andrae mourra en 1654 quelques mois après son installation comme responsable de l’abbaye d’Adelberg.
Dans son autobiographie, IL OUBLIE DE PARLER DE LA ROSE CROIX.

Besold, meilleur ami de Andrae a fait partie de toutes ses équipées spirituelles.Né à Tubingen en 1577 il était de neuf ans l’aîné de Andrae, il fit des études de droit et d’histoire, devint jurisconsulte et enseigna le droit à l’université à partir de 1610.Il haïssait tout orgueil.Il avait une érudition fabuleuse, maniait neuf langues anciennes ou modernes et laissa 92 écrits traitant de sujets divers.Besold était hélleniste et était familier de Pythagore et de Platon.Il parlait l’hébreu et même l’arabe.Il estimait qu ‘ Orphée avait avec les premiers philosophes, reçut et diffusé un enseignement occulte par l’intermédiaire de symboles ésotériques..
Il cherchait dans la kabbale Juive le puit de sagesse.Il plaçait la mystique au dessus de toute érudition ou philosophie spéculative.Il pratiquait Paracelse, Ramus, Lulle, Pic,Eckhart,Tauler, Ruysbroeck.

Il ne suffit pas de vouloir être mystique.Besold ne l’était pas et ses visions philosophiques sentaient trop l’érudition et rien d’autre.

L’essence de ses idées résidait en ceci : pour lui, les traditions occultes perpétuées à travers les premiers philosophes jusqu’à Eckhart et que devaient condamner l’ ECR et l’Eglise réformée se résument à la divinité de l’âme humaine.

Les premiers doctrinaires de la RC s’en feront l’écho.

En 1630 il se convertira au catholicisme à Heilbronn et pour Valentin ce sera une peine terrible qui entrainera la rupture.

En 1612, Andrae se fit l’ami de Wense, jeune noble de Saxe, partisan de Arndt qui fut le père spirituel de tout le groupe qui patrona la Rose Croix .Arndt (1555-1621) avait fait ses études de théologie à Tubingen sous la direction d’un élève de Jacob Andrae, Polycarpe Leyzer, dont le fils figure sur la liste des promoteurs de l’Union Chrétienne d’Andrea.
Arndt fit alors des études à strasbourg où il put connaître de près le mysticisme de Jean Tauler, le prédicateur Strasbourgeois dedu 16° siècle. Il se familiarisa avec la gradation de serviteur, d’ami et de fils caché de Dieu, base du système Taulerien.Il consacrait de longues dissertations au maître sur base des écrits de saint bernard, Thomas a Kempis, et de Ruisbroeck.
Il n’était pas indifférent à l’enseignement de Valentin WEIGEL (1533-1588) qui eut une grande
Influence sur JACOB BOEHME (1575-1624) et venait de donner naissance à la secte abbhorée des enthousiastes.Il mettait l’accent sur la religion du cœur et SUR LA CONNAISSANCE PAR LA LUMIERE INTERIEURE QUI NOUS VIENDRAIT DE LA PRESENCE DE DIEU DANS NOTRE AME ET L ONCTION DE L ESPRIT SAINT.
Bref, l’Illumination à nouveau.

WEIGEL fut bientôt considéré comme un hérétique les plus dangereux de son époque et on brûla ses livres à de nombreuses reprises.Son enseignement n’était pas toujours bien compris et certains de ses élèves se prenaient pour des incarnations de l’archange Michael ou de Jésus….Weigelianistes et Enthousiastes furent en telle horreur pour les froids Lutherianistes que la FAMA les cite parmi les ennemis de la religion.Au début du XVII° siècle on persécutait tous ceux qui s’apparentaient à cette mystique.
Arndt n’échappe pas à cette suspiscion.En 1605 ,il dut quitter le Brunswig et accepta l’invitation du Prince de Mansfeld pour travailler en sérénité.Les attaques reprirent après sa mort et sans Andrae et Leyzer, Gerhardt sa mémoire eut été mise en pièce par les Luthériens.

Arndt disait comme la confession RC, qu’il suffit de lire la bible, de la comprendre et de vivre selon sa doctrine pour être sauvé.

WENSE, du même âge qu’Andrae commença ses études de droit à tubingen en 1613 après avoir étudié d’autres disciplines à Bâle où il résidait avec de jeunes nobles.Il rencontra Besold à Griesbach aux bains mondains, de même qu’Andrae et Hess.

Wense était attiré par les méditations sacrées.Il était impulsif et désordonné.C’est lui qui propose à Andrae de nommer ‘Cité du Soleil’ l’Union chrétienne projetée, nommant selon le nom donné par Campanella, philosophe italien dont il rapporte le sidées d’Italie en 1614.
A Altenbourg, Wense s’était lié à un autre ami d’Andrae, Tobias Adami qui adressa Wense au dominicain Campanella dont il rapporta les écrits en Allemagne.
CAMPANELLA (1568-1639) avait enseigna la philosophie Thomiste dans son couvent de Calabre natale.C’est à Cosenza qu’il découvrit la philosophie du Télézio.Il adopta dès lors l’empirisme et lâcha la scolastique.Il lui fallait refaire la société chrétienne.

Il trame en calabre une conspiration des moines et de gentilhommes pauvres afin de réformer socialement et délivrer le pays du joug étranger.Les espagnols se saisissent de lui en 1599 et le jettent aux fers à Naples.
Il fut torturé les premiers temps et resta en prison durant 27 ans.Il composa lorsque son régime se fut radouci des traités de philosophie, de sciences naturelles et d’astronomie, d’astrologie et d’ethnologie politique.
En 1626, Urbain VIII réussit à l’arracher de sa prison napolitaine, l’incarcéra pour la forme, lui permis de démontrer la pureté de sa doctrine, le libéra et lui accorda une grosse pension.Les espagnols cherchèrent à le resaisir.Il fuit alors à Paris où il fut reçu par Louis XIII. Il décéda en France en 1639.
Il pouvait recevoir dans sa prison de Naples dès 1610 des amis lettrés et philosophes.C’est Adami qui devint son homme de confiance entre 1611 et 1615.En 1613, Adami rapporte les manuscrits écrits en italien.Il les traduit avec de vibrantes préfaces.
C’est ainsi que le groupe d’ami avait la primeur des textes du Maître, en ce compris « La Cité du Soleil »
Selon Campanella.Platon à tort, il n’y a que l’être ou le néant. Les spéculations dialectiques ne peuvent , selo lui, contribuer à l’avancement de la sagesse humaine issue de la seule observation.
Dans sa ‘Philosophie démontrée par les sens’ aussi bien que dans ses livres suivants, Campanella distingue deux moyens d’investigation et une seule réalité transcendantale.les sens externes nous font connaître les choses extérieures et un sens interne nous permet de connaître les choses divines.Les êtres finis émanent tous de l’être Infini dont ils participent en même temps qu’ils participent des contraires,bases de la vie manifestée.L’être infini se retrouve dans l’être fini sous la force , la sagesse et l’amour , mais de manière affaiblie.Il appartient à l’homme de faire fructifier et d’affermir ces trois qualités afin d’amener le règne de Dieu sur la terre avec l’aide et à l’image d’un Christ actif et armé…

Ces idées sont proches de celles d’Arndt et de toute la TRADITION CHRETIENNE ILLUMINISTE dont j’ai parlé dans une section de mon ‘Bilderberg 2003’.
Au passage j’en profite que le terme d’Illuminati tel qu’il est utilisé à notre époque BOUCHE UNE PORTE DE SORTIE SPIRITUELLE pour l’être humain. Non seulement cela n’est pas intelligent mais de plus c’est
Extrêmement nuisible.Seuls l’ ECR et les Protestants profitent de tels errements.Nous allons voir pourquoi.

Dans sa cité du Soleil (Civitas Soli) dont s’inspira visiblement Andrae et que wense était pressé d’élever
Campanella, Dieu est le grand METAPHYSICIEN élu par le peuple et gouvernant par l’entremise de ses ministres Force, Sagesse et Amour.Un COMMUNISME total règne dans la cité ;l’intérêt général supplante l’ égoïsme individuel, ce qui CONDUIT A LA SUPPRESSION DE LA PROPRIETE PRIVEE.

Campanella prétendait demeurer dans le cadre de l’ Eglise Catholique Romaine ( ECR) ce qui est parfaitement exact, puisqu’aux temps primitifs l’ Eglise ETAIT ORGANISEE AINSI.
Or Campanella voit bien que l’ Eglise de son époque fait OBSTACLE à la venue de Dieu sur la terre.
Nous avons vu les difficultés de WEIGEL, de Arndt par rapport aux Protestants.

Dès lors, plutôt que de reconstruire l’Eglise des temps primitifs ou l’ Amour des hommes rejoint l’ Amour de Dieu, ces individualistes forcenés et orgueilleux des Eglises officielles ne peuvent que s’opposer à ces CHRETIENS ILLUMINES.
C’est ainsi que disparaîtra la dernière chance de bâtir une société égale et chrétienne et que s’imposeront par la suite, après l’échec de la révolte de MUNTZER qui scellera l’entrée en force des théories matérialistes et la naissance du communisme qui prétendra apporter le bonheur sur terre ( paradis des travailleurs) en une sorte de rétribution forcée pour des siècles d’obscurité.
A cet égard, il n’est pas négligeable de noter que les courants religieux ont été persécutés dans ce paradis terrestre des travailleurs et qu’après ce que nous avons lu , il ne pouvait pas en être autrement. Inutile de dire qu’ avec les progrès de l’individualisme et du matérialisme, nous connaîtrons de nouvelles révolutions de ce type, et que le néo libéralisme refondra nécessairement les conditions indispensables à ces refondations, de par la bêtise des actes économiques hédonistes et de leur caractère essentiellement égoïste. Cela se produira ainsi régulièrement jusqu’au moment où l’homme prendra connaissance de la nécessité de changer sa façon de vivre. Continuons…

Campanella traite le pape d’Antéchrist et ce n’est qu’en 1633 et les bontés d’Urbain VIII qu’il écrira un livre intitulé ‘La Monarchie du messie’.C’est aussi en 1633 qu’il critiquera le mouvement RC que personne ne défend plus car il aura sombré dans le ridicule de la Farce.

Mais on ne peut s’empêcher de voir en lui un sympathisant et un inspirateur du cercle de Tubingen.

BOCCALINI, dont la Fama s’est inspirée est un ennemi de l’Espagne aussi et le pape n’a pu garder au gouvernement de villes pontificales ce personnage gênant.Il mourra sous la bastonnade à Venise en 1613.Ses chroniques du parnasse furent publiées en 1612 et allaient être très lues en Europe.
Notes :

Nous passons sur les affirmations fantaisistes de Spencer Lewis, imperator de la RC+ qui nous apprend en 1915 que le véritable fondateur de la RC fut le pharaon Toutmès III et qua célèbre croix ansée est tout simplement une variété du signe Rosicrucien…
(on a entendu de tout à ce sujet.Il est bien certain que Christian Rosenkreutz n’a jamais existé)
Le sigle de la Rose Croix a été emprunté aux alchimistes du XVI° siècle.
A la fin du XIX° siècle,la revue de PAPUS, initiation publia une ‘histoire de l’Ordre de la RC’ due au talent de Kiesetter et traduit à la hâte.Papus et Barlet étaient à la tête de l’Ordre Kabbalistique de la Rose Croix qu’avait fonté dix ans auparavant Stanislas de Guaita et dont allait sortir la RC catholique du ‘sâr’ Joséphin Peladan’.Il fallait procurer à l’Ordre des lettres de noblesses ce dont se chargea Kiesetter qui recourut à un arsenal de faux qui sont encore cités de nos jours.Kiesetter se disait arrière petit fils du dernier imperator des RC à la fin des années 1700.Son aieul aurait tenu registre des informations de la RC entre 1764 et 1802…dont des récits admirables de fabrication de quatre quintaux d’or…ce qui on l’a vu n’était pas une quête en usage au sein du groupe de Tubingen…
Des faux existent également qui veulent affilier John Dee à la célèbre société.
Il est plus grave de constater que Sedir élève au rang de RC 47 initiés qui auraient reçus de Dieu le secret de l’univers : Abraham, David, salomon,….Jesus, Saint Jean,….cela n’élève Sedir qu’au rang de lunatique.
Ne parlons pas de toutes les lignées Templières….
++++++++++++++++++++A SUIVRE++++++++++++++++

#74 millwatts

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Posté 17 décembre 2003 à 22:13

Je m’étonne que Marek, du haut de son arbre à Zephiroth, ait omis cette hérésie parmi les hérésies que celle qui fut menée par le baal-shem-tov en 1550 dans les plaines d’Allemagne. Le terreau d’abomination dans lequel il a pu cultiver ses délires pour finalement renier totalement sa foi, n’était pas chrétien. Le feu couve toujours; il n’y a qu’a assister aux gesticulations de leaders médiatiques comme “Madona” exhibant son bracelet rouge au poignet.

En matière de corruption , les rois, usurpateurs quoiqu'il en soit, ont bien su prendre conseil des praticiens Kabalo-judéens. Affaire: le collier de la Reine
Il est si délectable de mépriser l’engeance qu’on aura avilie auparavant.

S’il est féru d’histoire et d’antiquité, il saura nous démontrer qui sont les descendants de Caïn actuels et quel était le dessein final de DIEU quand DIEU decida de peupler la terre d’une nouvelle race appelé mleccha (selon le bhavishya-purana) (les sémites?) pour corrompre la société aryenne qui avait un fond de connaissance et de civilisation bien plus élevé que la plus “pure” des tribus d’Israel. Cette civilisation, qui regroupaient différentes ethnies et s’appliquait à ce que les membres en assurent leurs devoirs respectifs, émerge du bourbier écumé par les hordes hirsutes errantes, d’Asie en Europe, malgré les tentatives des terminators de la pensée d’en faire disparaître jusqu’au concept même.

Ce Marek semble incriminer la moitié du monde avec des imprécations digne de ses maîtres et nous convainc que cette aversion pour le Gentil à des racines vieilles de 7000 ans. Il est le miroir de l’occident comme l’occident est son miroir .

Merci pour ces éclaircissements présent et à venir.

millwatts

#75 Marek

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Posté 18 décembre 2003 à 21:48

Très Cher Milwatt,

Maintenant que tu as commencé le débat, je vais te demander de développer logiquement le lien entre la plaine d'allemagne et Madonna et son collier rouge.
Comment cette affaire a commencé et quelle ont été les filiations.
Quelles sont les citations qui appuient ce développement.
Je suis très intéressé par ta thèse et pour ma part il ne s'agit pas d'imprécation puisque tout est appuyé par des textes .
Disons dimanche pour ton texte?Après l'office, je pense.

Marek de l'arbre à Sefiroth.( et qui n'en a pas honte) :-)

#76 millwatts

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Posté 19 décembre 2003 à 11:01

Monsieur Marek,

Daniel Bensaid dans une interview de Claude Corman:

Citation

Daniel Bensaid.: Tsevi et son prophète Nathan de Gaza cherchaient à s’éveiller d’un cauchemar – le massacre dont fut victime le judaïsme polonais en 1648. L’explosion messianique fit écho à cette catastrophe qui relance la question lancinante de savoir comment conjurer la répétition des désastres où l’homme est mis à l’épreuve de sa propre liberté. N’étant pas spécialiste de la mystique juive, je me contente sur ce point de mettre mes pas dans les traces de Scholem pour les prolonger jusqu’à nos interrogations actuelles. Selon lui, le sabbataïsme s’est propagé comme une flamme populaire née du refus de se soumettre au verdict de l’histoire immédiate. Dans le monde juif de Tsevi, de Da Costa, de Spinoza, il y a de la transgression dans l’air. Toute transgression n’est pas subversive. Mais proclamer que, « quand tout sera saint, il n’y aura plus ni limites ni interdits » invite à bousculer les normes et à semer le désordre. Pour Scholem, l’attitude carrément militante de Nathan de Gaza n’est plus apocalyptique mais déjà révolutionnaire dans la mesure où elle appelle à la rébellion ouverte contre l’ordre établi.

Les leaders messianiques ont toujours poussé à la subvertion dans le monde occidental. "Madonna" n'est qu'un exemple contemporain. On pourrait en citer 1000 autres. Il est probable que sa corruption (conversion) ait été obtenu à coup de millions de dollars. Tu n'ignores pas qu'elle arbore son bracelet rouge pour montrer son appartenance à un mouvement néo-kabalistique.

Le talmud est considéré comme référence scripturaire et est pourtant rempli d'imprécations. Je ne vois pas en quoi les références d'où qu'elles viennent, affranchiraient du caractère imprécatoire quand est implorée journellement la destruction des Gentils.


Je ne vais pas à l'office du dimanche. Quelle maitrise qu'est la tiennedans l'art de distiller!Ce n'est pas parce qu'on relève une saillie kabaliste qu'on est forcément catholique.

N'aie crainte! je ne viens pas te piquer ton fromage sur ton arbre, seulement bémoliser tes diatribes anti-occidentales. (Sans mentir, si votre ramage ressemble à votre plumage... :pong: )

J'aimerais néanmoins des réponses aux éclaircissements que j'ai demandés, maintenant que j'ai répondu sur la question du lien entre Sabatai Tsevi ( environ 1660 aprés JC)et "Madonna".

millwatts

#77 Marek

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Posté 19 décembre 2003 à 21:51

Une parcelle de l'Univers.

J'ai bien lu ta réponse cher millepattes ( nous nous comprenons sur le sens à accorder à ce surnom) et je te fais part de mes réflexions sur ta réflexion:

Tout le monde sait et connait que la révolte de Shebbataï Tsevi a été la révolution copernicienne du monde occidental au XVII° siècle.Aucune autre ne devait plus survenir qui puisse l'éclipser.Petit test: demander à 1000 personnes dans la rue ce qui s'est passé.Tous ou presque répondront....

D'abord il faut replacer les choses dans leur contexte: le monde occidental du XVII° siècle est chrétien, non Juif.
Tu me traites d'imprécateur parce que les fautes de ce monde ont généré le malheur universel?
Qu'est ce un Juif, même polonais au XVII° siècle? un paria, un homme sans droit qui ne pourrait certainement pas joindre une loge maçonnique où des gens de ta pensée le verraient manipuler et l'argent et les nations et les puissances.
Dans une communauté Juive de Pologne alors que le Turc menace l'Europe et avance, un Juif se déclare Messie, ce qui n'a rien d'extraordinaire puisque Darius est proclamé Messie par la Bible deux mille cinq cent ans auparavant.
Son mouvement est forcément messianique mais ne peut diffuser vers
le monde chrétien où le Juif est honni.
Il sème l'orgie dans son clan et son mouvement est dissous puisque le Turc avance encore et que le Juif traditionnel honnit ce genre de mouvement.

Le mouvement meurt de sa belle mort. Esprit de la Kabbale ? que non point puisque l'esprit de la Kabbalah n'a rien à voir avec ce genre de débordement liée à la passion humaine.Pour te dire, puisque je t'ai deviné, certaines sectes bouddhiques sont plus lubrique que le plus faible des Kabbalistes.

Influence sur le monde chrétien: nulle et plus que nulle.
Regret des excès dans le monde Juif.( les orgies)

Alors, mon cher, le bide.
Le lien avec le collier rouge de Madonna? toujours pas de connection.
Mon cher tu as tapé à vide, mais tu peux émettre une théorie de secours.
Quant à moi, je continue comme un cheval à tracer le sillon dans le champ pour la récolte qui sera grosse et mûre.

Pour ta punition, j'éditerai demain un texte sur les 'Protoles des Sages de Sion' tout travail méritant salaire et le tien ayant été peu concluant.
A chacun selon son dû.


Marek

#78 Marek

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Posté 20 décembre 2003 à 17:43

Cercle Zetetique : Les protocoles des sages de Sion Les Protocoles
et le "complot juif"
Dossier réalisé par Paul-Éric Blanrue.




Les Protocoles des Sages de Sion apparaissent au tout début du XXe siècle.
Ce document se présente sous la forme de vingt-quatre conférences comme
une copie d'un plan de campagne, méthodique, cynique, mis sur pied par les
juifs dans le but de détruire les sociétés existantes. Ce plan est
accompagné du programme de l'ordre nouveau que ce peuple imposerait au
monde, après le chaos général. Les Protocoles dévoileraient l'objectif
caché du peuple juif : asseoir une domination sans partage sur le monde.
Le document rapporte, dans le plus grand désordre, les moyens que les
juifs seraient amenés à utiliser pour parvenir à leurs fins. Il s'agirait
pour eux de discréditer la religion, la franc-maçonnerie étant l'un des
fers de lance de ce combat - de répandre des idées subversives, pour
entretenir la haine entre les classes sociales - d'encourager le luxe,
pour abattre les capacités de résistance - de développer l'industrie, pour
anéantir l'agriculture et l'aristocratie traditionnelle - d'entretenir des
crises économiques, pour encourager les révoltes - de faire main-basse sur
l'or, pour acquérir de la puissance - de posséder les organes de presse,
pour manipuler l'opinion - de répandre la doctrine libérale, pour
corrompre le peuple et désagréger les nations - d'instrumentaliser les
partis politiques, pour instiller les mêmes idées - de diriger
l'enseignement, pour endoctriner la jeunesse - de faire éclater un conflit
mondial, pour hâter le règne des chefs d'Israël... Une fois ces manoeuvres
accomplies, les conjurés n'auraient plus qu'à récolter les fruits de la
déstabilisation générale et à prendre les rennes du pouvoir mondial.
La force de ce document réside dans sa simplicité. En focalisant
l'attention sur un groupe humain particulier, il donne une explication
unique aux maux dont souffre la société. Il rend l'histoire contemporaine
" intelligible ", selon le mot de Taguieff, en expliquant le passé récent,
en rendant possible le décryptage du présent et en permettant le
déchiffrement de l'avenir. Le tout en stimulant l'imagination. Un autre de
ses atouts est de se présenter comme écrit par les chefs juifs eux-mêmes,
les Sages de Sion. Ce serait un document de première main, un aveu émanant
des comploteurs.
***
D'abord parus dans un journal russe d'extrême-droite, Znamia, en 1903,
dont le directeur venait de fomenter un pogrome en Bessarabie, les
Protocoles ont été diffusés dans le grand public en 1905 par l'écrivain
mystique russe, Serguéi Nilus, propriétaire ruiné devenu orthodoxe
fanatique, dans la deuxième édition de son ouvrage : Le Grand dans le
Petit, l'Antéchrist considéré comme une prochaine éventualité politique.
Nilus eut du mal à le publier car la censure craignait l'agitation que
cette publication pouvait faire naître à l'encontre les juifs. Mais il
avait de hautes recommandations (une demoiselle d'honneur de
l'impératrice, E. A. Ozierova). Le 18 septembre 1905, le comité de censure
le laissa publier, moyennant caviardage. Dès le 16 octobre, le métropolite
de Moscou, Mgr Vladimir, en fit lire des citations dans les églises.
Une autre version des Protocoles fut soumise à la censure de
Saint-Pétersbourg, qui en autorisa la publication en décembre 1905, sous
le titre : La Source de nos maux. Titre ô combien révélateur ! Au début de
1906, cette version était publiée sous le titre Les Ennemis de la race
humaine, par une organisation d'extrême-droite, l'Union du peuple russe,
ou Centuries noires, avec une préface de Boutmi.
Les éditions se succédèrent, le livre de Nilus servant aux premières
éditions étrangères. C'est surtout après la révolution russe et la fin de
la guerre 14-18 que les Protocoles rencontrèrent le succès populaire. " Il
était d'autant plus facile d'arriver à une telle conclusion que certains
juifs jouaient en effet un rôle marquant dans la révolution " bolchevique,
remarqua Norman Cohn. Le document servit à l'armée blanche, pour propager
l'idée que la révolution communiste était l'aboutissement d'un complot
juif..
Immigrant en Allemagne, les Russes blancs apportèrent les Protocoles dans
leurs bagages. L'édition allemande de 1920 fut réalisée par un capitaine
en retraite, Ludwig Müller, alias Müller von Hausen, alias Gottfried zur
Beck, rédacteur d'un journal conservateur antisémite de Berlin. Il en tira
cent vingt mille exemplaires en un an. En 1933, à l'arrivée à la
chancellerie d'Adolf Hitler, on en comptait trente-trois éditions. A la
même époque, des éditions concurrentes atteignirent le chiffre de quatre
vingt dix-sept mille exemplaires. Aux États-Unis, c'est Henry Ford, le roi
de l'automobile, connu pour ses convictions antisémites, qui les fit
connaître dès 1920, dans un journal tirant à trois cent mille exemplaires
- puis il les réunit dans un volume traduit en seize langues. Bien que
Ford ait désavoué les Protocoles en 1927, le groupe d'extrême-droite
américain Les Chemises d'argent les réutilisa.
En Angleterre, c'est - étrangement - le Times qui les lança, en 1920, en
appelant à une enquête. Il reconnut vite s'être mépris, mais dès 1921, le
groupe antisémite The Britons prit la relève et en fit cinq tirages
successifs.
La France fut, avec l'Allemagne, l'un des pays où les Protocoles
rencontrèrent le plus vif succès. La Libre Parole d'Edouard Drumont, la
Vieille France d'Urbain Gohier, La Revue internationale des sociétés
secrètes de Mgr Jouin, tous trois férocement antisémites, en firent leurs
choux gras. Léon Daudet, dans la royaliste Action Française, crut
également à leur authenticité.
Les Protocoles furent traduits en suédois, en danois, en roumain, en
espagnol, en arabe... Henri Rollin, en 1939, écrivait : " On peut donc
considérer les Protocoles comme l'ouvrage le plus répandu dans le monde
après la Bible " !
C'est sous le IIIe Reich que ce document joua un rôle capital dans la
propagation de l'antisémitisme. Alfred Rosenberg, l'idéologue du parti
nazi, avait écrit en 1923 un volume entier pour démontrer que les "
prophéties " des Sages de Sion se réalisaient partout dans le monde. Dans
une édition de 1933, l'office d'édition du parti nazi proclamait qu'il
était " du devoir de chaque Allemand d'étudier les aveux effarant des
Sages de Sion (...) pour en tirer les conclusions nécessaires ". Dans Mein
Kampf, Hitler n'y fait référence qu'une seule fois, mettant en application
son théorème : " Il faut toujours mettre dans le même sac les adversaires
les plus variés, afin qu'il semble à la masse de nos partisans que la
lutte est menée contre un seul ennemi. Cela fortifie sa foi et augmente
son exaspération. ". Cet ennemi unique étant " le juif ", communiste
autant que capitaliste et apatride.
La diffusion hors d'Allemagne fut confiée au Service mondial d'Ulrich
Fleischhauer, financé par le ministère de la Propagande. Les Protocoles
furent exploités à grande échelle par Goebbels, à partir de 1942, en
pleine guerre de propagande.
Aujourd'hui, rien n'a changé. Les Protocoles sont édités par des
mouvements de même nature et servent des intérêts identiques. Ils sont
diffusés en Russie par le mouvement nationaliste, léniniste et antisémite
Pamiat, dans les pays arabes (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Iran) et dans
les milieux antisémites.
***
Les partisans de l'authenticité des Protocoles sont pourtant confrontés à
de nombreux problèmes. Le premier : ils ne disposent pas de l'original.
Ils n'ont donc pas pu se lancer dans une critique interne du document
(encre, nature du papier) et doivent se contenter d'une étude externe de
ses copies. À les en croire, cette étude " prouverait " de manière
certaine, que nous sommes en présence d'un document authentique
significatif.
Ils sont persuadés que les Protocoles ont été écrits puis transmis par une
personne se trouvant au coeur du " dispositif juif ". Les diffuseurs,
Nilus comme Boutmi, s'accordent pour dire que le texte initial a été écrit
en français, puis traduit en russe. D'après les premiers éditeurs, ce
serait la " Chancellerie centrale de Sion en France " qui en serait à
l'origine. Nilus déclara d'abord que les papiers avaient été volés en
France par une dame à " un franc-maçon " et que le document provenait "
des archives de la chancellerie centrale de Sion, actuellement en
territoire français ". Directement visée : l'Alliance israélite
universelle, dont le siège était effectivement à Paris. Pour Winberg, ils
avaient également été élaborés par l'Alliance, mais au premier congrès
sioniste tenu à Bâle, en 1897. En 1917, Nilus se rallia à cette option et
désigna Theodor Herzl comme l'homme qui aurait soumis le document au
conseil des anciens de ce congrès. Dans la Vieille France, on supputa que
le véritable rapporteur était l'écrivain Guinsberg, juif d'origine russe,
connu sous le nom d'Achad Haam, auteur d'un article qui prédisait le règne
de la nation juive " sur toutes les autres ". Il les aurait rédigés en
hébreu et lus devant des initiés à Odessa, en 1890. Mme Lesley Fry, auteur
de cette hypothèse, déclarait que la police secrète russe avait infiltré
le congrès et était parvenu à se procurer les minutes de ses séances, dans
lesquelles se trouvaient les Protocoles.
Bref, si les tenants des Protocoles sont incapables de dire exactement
d'où provient le document, ils ont toujours été persuadés que celui-ci a
été rédigé par un juif haut placé, puis apporté en Russie par une personne
de confiance. Ajoutons que, pour Mgr Jouin, l'authenticité des Protocoles
reposait " sur la bonne foi des traducteurs russes ", en particulier de
Nilus, qui avait la réputation " d'un érudit consciencieux " !
L'autre argument des partisans de l'authenticité tient dans le prétendu
pouvoir prédictif des Protocoles. Depuis le début du XXe siècle, ils
auraient annoncé les événements futurs que sont la révolution bolchevique,
le développement du marxisme dans le monde, le déclenchement de la
Première et de la Seconde guerre mondiale, la création de la SDN, puis de
l'ONU - organisations supranationales -, la création de l'État d'Israël,
la disparition de l'agriculture traditionnelle, la libération des moeurs,
la démocratisation des États... Ces phénomènes constitueraient une preuve
à rebours, une preuve " par la prophétie ". Les partisans des Protocoles
justifient leur croyance en se persuadant que personne n'aurait pu prédire
aussi justement l'histoire du XXe siècle.
Le mystique Nilus déclarait : " ce qui est dit dans les Protocoles
s'accomplit ". L'athée Urbain Gohier, premier éditeur en France des
Protocoles, reprit l'argument : " Ce qui importe ce n'est pas
l'authenticité des Protocoles, mais le fait que le contenu prophétique des
Protocoles se réalise exactement sous nos yeux. ". Si c'était un
faussaire, ce ne pouvait donc qu'être un " prodigieux voyant " ! Argument
qui se voulait rationnel, puisque sous-entendant que, les voyants étant
des charlatans, les Protocoles étaient nécessairement authentiques ! Le
Times, avant de dénoncer la fraude, s'y laissa prendre : " Comment
expliquer alors le terrible don prophétique qui a prédit tout ceci à
l'avance ? ". Mgr Jouin lui avait emboîté le pas : " Ce document contient
des réalisations si lumineuses depuis la guerre de 1914 que sa véracité
est manifeste ". Et Hitler dans Mein Kampf : " Ce que de nombreux juifs
font peut-être inconsciemment s'y trouve systématiquement exposé. Peu
importe de savoir quel cerveau juif fut l'auteur de ces révélations. Ce
qui compte, c'est qu'ils découvrent, d'une manière irréfutable, la nature
et les activités du peuple juif, exposant leur logique intérieure et leurs
buts finaux ". Henry Coston, le plus vieux documentaliste de
l'extrême-droite française, déclare lui aussi que les Protocoles "
décrivent ce qui allait s'accomplir dans le monde au cours de la première
moitié de notre siècle "...
Dernière " preuve " de l'authenticité des Protocoles : la force de la
riposte juive, " l'acharnement des juifs à nier l'authenticité du document
". Allusion aux revirements du Times et de Ford, ainsi qu'à
l'interdiction, survenue plus tard, de diffuser le document. Marsden
déclare en 1922 : " La prétention des Juifs à nier l'authenticité des
Protocoles est par elle-même un aveu de leur véracité ".
***
Confrontons cette loghorrée à la réalité des faits.
Dès 1905, le ministre de l'Intérieur russe fit mener une enquête par la
gendarmerie sur l'origine des Protocoles. Le résultat ne se fit pas
attendre : tout plaidait pour le faux. Le tsar Nicolas II, qui y avait
cru, fut bouleversé. Il déclara que la méthode était " malpropre ".
Dans les années 1930, le tribunal de Berne fut saisi de l'affaire des
Protocoles, sur plainte en diffamation des communautés juives contre le
Front national suisse, qui distribuait le document. Le tribunal écouta des
émigrés russes libéraux, comme Serge Svatikov, ou des personnes
directement intéressées comme Max Bohenheimer, ancien du mouvement
sioniste. Ce dernier expliqua que le sionisme ne tendait qu'à la création
d'un foyer juif dans un seul pays, pas à la domination mondiale. On
rappela que les juifs appartenant à la haute finance et à l'industrie
avaient été hostiles au congrès de Bâle et qu'il était impossible
d'établir rien qui ressemblât à un plan concerté de domination
universelle. Conclusion du tribunal : les Protocoles ne sont qu'un "
ramassis d'absurdités ". Mais après avoir été condamnés, les accusés
furent relaxés, car la loi qui les avait condamnés pour immoralité ne
s'appliquait pas à l'ouvrage politique que constituent les Protocoles !
Les antisémites en profitèrent pour crier victoire.
En fait, l'énormité des " révélations " contenues dans ce pseudo-document
fait sourire les gens rompus à la lecture de pamphlets et de fascicules de
propagande politique. Même le fasciste Julius Evola, le royaliste Jacques
Bainville ou le traditionaliste René Guénon durent concéder que les
Protocoles n'étaient pas authentiques. Dès l'origine, la plupart des
sceptiques se contentèrent d'ailleurs de hausser les épaules,
sous-estimant en cela la portée pratique de ce genre de document.
Les faux, en politique, sont un matériel fréquemment utilisé pour
discréditer l'ennemi. L'accusation de complot est un thème récurrent. Les
Monita Secreta ou Instructions secrètes des jésuites, publiés la première
fois à Cracovie en 1612, visaient par exemple à dénoncer la prétendue
volonté secrète de la Société de Jésus de gouverner l'univers, en
utilisant la fourberie et la violence : en réalité ce document avait été
écrit par un prêtre polonais chassé de la Compagnie l'année précédente.
Dans le même genre d'attaque, il y eut le prétendu Testament de Pierre le
Grand, qui décrivait le " plan d'asservissement de l'Europe " par la
Russie. Publié en 1812, ce " testament " était l'oeuvre du général Michel
Sokolnicki, un émigré polonais au service de Napoléon Ier : le texte avait
été revu et corrigé par l'empereur, pour convaincre l'opinion de la
nécessité d'une guerre contre la Russie. Au XXe siècle, nous avons eu le
Mémorandum du général Tanaka , qui, en 1927, exposait le " plan de la
domination nippone sur l'Asie ", et également Le complot
germano-bolcheviste (1920), publié par le gouvernement américain, un livre
qui prétendait établir que Lénine était un agent allemand etc.
Dès leur apparition, on a remarqué que les Protocoles s'inscrivaient dans
une longue tradition de faux complotistes et antisémites du XIX siècle,
dont ils ne faisaient que reprendre les thèmes.
Depuis longtemps, les juifs étaient tenus pour responsables des maux qui
accablaient la société. Le fait qu'ils fussent une " communauté
identifiable et exclusiviste " (Norman Cohn), encourageait à les regarder
d'un mauvais oeil. Le fait que nombre d'entre eux fissent carrière dans
les finances en était un autre. L'accusation de pratiquer des meurtres
rituels faisait partie des légendes dont on les accusait de façon
systématique.
L'idée de la " conspiration juive mondiale " est plus récente. La
description précise d'un complot mondial prend racine dans l'ouvrage de
l'abbé Barruel, les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, paru
en 1797. Il n'y est pas encore fait mention des juifs. L'accusation
centrale est portée contre des francs-maçons, à qui un rôle prépondérant
est réservé dans le déclenchement des événements révolutionnaires.
C'est dans la deuxième moitié du siècle, en Allemagne, que le thème du "
complot juif " émerge, avec Hermann Goedsche, dans l'un de ses romans,
Biarritz, publié en 1868. Il y décrit une assemblée nocturne tenue dans le
cimetière juif de Prague, au cours de laquelle les chefs des douze tribus
d'Israël, sous la présidence du diable, auraient annoncé que les juifs
allaient dominer la Terre. Le succès de ce thème s'expliquait sans doute
en raison de l'émancipation des juifs en Allemagne de 1869 à 1871.
D'un roman, on en vient à la composition, sur le sol russe, de faux
documents, où la même histoire fut reprise, en laissant croire au lecteur
qu'elle reposait sur un fond de réalité. En 1881, l'écrit est repris en
France. Les propos tenus sont fondus en un discours qu'aurait tenu un "
Grand Rabbin ". Connu sous le titre de Discours du Rabbin, l'ouvrage
rencontra un certain succès.
D'autres livres paraissent vers cette époque, en développant la même idée.
En 1868, en France, Gougenot des Mousseaux, catholique ultramontain,
publie Le Juif, le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, où il
annonce la création d'un État universel dominé par un Antéchrist juif
auquel toutes les nations prêteront allégeance. L'idée de la collusion
judéo-maçonne se trouve mentionnée dans La Synagogue de Satan (1893), de
Mgr Meurin , archevêque de Saint-Louis. Il y déclare que les juifs et les
francs-maçons proviennent d'arrière-loges du " trente-troisième degré ",
précision que l'on retrouvera dans les Protocoles.
Certains juifs eux-mêmes contribuent à alimenter le mythe. Jacob Brafmann,
un mouchard, publie plusieurs livres dénonçant les actions du Kahal, la
communauté juive organisée, et de l'Alliance israélite universelle, fondée
à Paris en 1860. Un autre escroc d'origine juive, du nom de Millinger,
alias Osman-Bey, publie La Conquête du monde par les Juifs en montrant du
doigt la même Alliance, qu'il accuse pêle-mêle d'avoir fomenté la
Révolution française et assassiné le tsar Alexandre II. Les terroristes
juifs forment selon lui l'avant-garde de la " juiverie internationale ".
Les Protocoles tombaient à pic, pour justifier ces accusations.
***
La fausseté du document a été démontrée dès les débuts de sa diffusion. Le
mystère de son origine a été percée en août 1921 par un correspondant du
Times à Constantinople, Philip Graves. Celui-ci fit en effet la
démonstration que le texte des Protocoles correspondait à un pamphlet
datant du second Empire. Le Times avait beaucoup à se faire pardonner,
puisqu'un an auparavant, il avait cru à la possibilité de son
authenticité.
Graves a été informé de la supercherie par un Russe émigré, monarchiste
constitutionnel réfugié à Constantinople, qui avait acheté un vieux stock
de livres à un ancien officier de l'Okhrana, la police secrète du tsar. Le
Russe blanc y avait découvert un livre de trois cent vingt quatre pages,
en français, auquel il manquait la page de titre, et dont le mot " Joly "
ornait le dos de la reliure. En comparant son texte avec celui des
Protocoles, l'homme avait été surpris du nombre de points communs. Il s'en
ouvrit au correspondant du Times, qui mena des recherches et découvrit que
le livre avait été édité à Bruxelles en 1864, sous le titre : Le Dialogue
aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, ou la politique de Machiavel au
XIXe siècle, par un contemporain.
Cet ouvrage, sans nom d'auteur inscrit sur la couverture, est l'oeuvre de
Maurice Joly. Pamphlet dirigé contre la politique de Napoléon III, édité à
Bruxelles, il avait été introduit en France illégalement. Machiavel y
représente " la politique de la force ", face à Montesquieu, qui symbolise
la " politique du droit ", selon les termes de Joly dans son
autobiographie écrite en 1870. Le Dialogue est, selon Henri Rollin, " le
meilleur manuel qu'on ait écrit à l'usage des dictateurs modernes ou de
ceux qui rêvent de le devenir ".
A l'époque de la publication des Dialogues, Maurice Joly avait été
interpellé. Fils d'un conseiller général du Jura sous Louis-Philippe, il
était né à Lons-le-Saunier le 22 septembre 1829 et s'était inscrit au
barreau de Paris en 1859. C'était un républicain convaincu. Pour avoir
écrit les Dialogues, il fut condamné, par le tribunal correctionnel de la
Seine, en avril 1865, à quinze mois d'emprisonnement, trois cents francs
d'amendes et à la confiscation des exemplaires du pamphlet. Il fut
incarcéré à Sainte-Pélagie. Dans son autobiographie, il a raconté qu'il
désirait écrire un livre sarcastique et grand public " qui aurait montré
les brèches épouvantables que la législation impériale avait faites dans
toutes les branches de l'administration et les abîmes qu'elle avait
ouvertes en détruisant de fond en comble les libertés publiques ".
En 1870, Joly écrivit, sous son nom cette fois, une suite à ces Dialogues,
intitulés Epilogue en sept dialogues, où Machiavel et Montesquieu
apparaissaient une nouvelle fois. Il publia d'autres ouvrages satiriques.
Après la défaite de Sedan, il fut, le 31 octobre 1870, à la tête d'une
délégation de manifestants auprès de Jules Favre et du général Trochu, ce
qui lui valut une persécution policière. Par la suite, il se lança dans
des polémiques contre des hommes politiques et des journalistes. Le 1er
juillet 1878, sa concierge le retrouva suicidé à son domicile parisien.
Une analyse comparée des deux ouvrages montre que les deux cinquièmes du
texte des Protocoles , c'est-à-dire plus de cent soixante passages, sont
directement copiés sur les Dialogues. Les points communs entre les deux
textes sont innombrables : emploi de mots, nature des idées, allusions
précises, ordre suivi par le texte. Il y a vingt-cinq " dialogues ", alors
qu'il y a vingt-quatre " protocoles ", le premier " protocole " résultant
de la fusion des deux premiers " dialogues ". On retrouve, reprise telle
quelle dans les Protocoles, une citation biblique latine tirée des
Dialogues, comme si les " Sages de Sion " parlaient entre eux la langue de
l'Église ! La partie relative à la politique pontificale, prise pour
prophétique par les antisémites lors de la condamnation des persécutions
juives du IIIe Reich par Pie XI, est à l'origine un passage qui décrit
l'état des relations entre Napoléon III et Rome...
Les Protocoles ne sont donc, pour la majeure partie, qu'un plagiat,
servilement recopié sur le brûlot anti-napoléonien de Joly. L'emprunt
s'est essentiellement effectué sur les citations de la partie Machiavel.
L'auteur des Protocoles a fait subir au texte quelques transformations. Il
a substitué Israël à Napoléon III. La pointe d'antisémitisme que l'on
trouvait dans les Dialogues a été amplifiée, au point de tout recouvrir.
L'auteur des Protocoles a pris soin d'ôter des allusions (aux
constructions d'immeubles sous l'Empire, au prince Jérôme etc.) qui
signaient visiblement l'emprunt. Il a délayé et déformé certains passages,
pour les faire passer pour un discours lu devant une assemblée (La phrase
originale : " Vous êtes un économiste , Montesquieu, pesez la valeur de
cette combinaison. " a par exemple été transformée en : " Messieurs les
économistes, ici présents, considérez l'importance de cette combinaison!
"). Mais le faiseur a travaillé si rapidement qu'il a conservé les données
chiffrées des Dialogues, qui s'appliquaient à la situation française des
années 1860.
Les antisémites répliquèrent pauvrement à la démystification opérée par
Graves. Mgr Jouin répondit en relevant la judéité du propriétaire du
Times.. Il prétendit que Joly était un " communard ", " bolcheviste avant
la lettre ", franc-maçon (ce dernier qualificatif étant faux). Il raconta
que Maurice Joly n'était que le pseudonyme d'un " juif nommé Moïse Joël ",
ce qui était également faux. Pour Jouin, ce n'était pas l'auteur des
Protocoles qui avait plagié Joly, mais Joly qui avait recopié les
Protocoles! La parodie de démonstration fut reprise par les éditeurs
allemands.
***
En réalité, les Protocoles furent composés au milieu des années 1890, en
pleine vague d'antisémitisme. L'affaire Dreyfus (1894 - 1899) agitait la
France. La France juive de Drumont, mise en vente en 1886, connaissait un
succès considérable, qui entraîna la réimpression des Juifs, rois de
l'époque de Toussennel et du Juif et la judaïsation des peuples chrétiens
de Gougenot des Mousseaux. Le premier numéro de l'antisémite Libre Parole
parut en 1892. Les milieux antisémites voulaient empêcher l'ouverture du
marché financier russe aux Rotschild. Quant au congrès sioniste de Bâle,
ouvert en 1897, il prêtait le flanc aux hypothèses farfelues.
Ainsi que le remarquèrent ceux qui les lurent attentivement, comme Henri
Rollin ou Norman Cohn, les Protocoles, adaptation d'un pamphlet
anti-napoléonien, " collaient " exactement à la réalité russe au tournant
du siècle. A cette époque, les mesures économiques décrétées par le comte
Witté, ministre des Finances de Russie, ressemblaient étrangement à celles
qui avaient été prises sous le Second Empire : industrialisation du pays,
accroissement des sociétés anonymes, développement du réseau ferré, toutes
choses qui entraînaient des bouleversements et détruisaient les équilibres
de la société rurale en mécontentant les aristocraties locales, qui
vivaient des ressources de l'agriculture, et les milieux réactionnaires,
partisans d'une société traditionnelle.
La rédaction fut postérieure à 1890, car les Protocoles font allusion aux
Lois de l'Imitation de Tarde, qui n'ont été publiées qu'après cette date.
Une autre allusion, au " nouveau programme d'éducation " du ministre
français de l'Instruction publique Léon Bourgeois, indique que les
Protocoles n'ont été écrits qu'après 1897, puisque c'est à ce moment que
Bourgeois publia son livre L'Éducation de la démocratie française, dont
des extraits furent utilisés. L'allusion à l'étalon or, " pernicieux pour
les États qui l'adoptèrent ", est une référence à son adoption par Witté
en janvier 1897. Les Protocoles ont donc été fabriqués aux environs 1897 -
et, d'après les premiers éditeurs, proviennent de Paris.
En 1927, Philippe Petrovitch Stepanov, ancien procureur du synode de
Moscou, dira en avoir reçu copie dès 1895 chez un de ses voisins, qui
l'avait reçu d'une dame, qui elle-même l'avait trouvé chez un " juif de
Paris ". Stepanov disait l'avoir reproduit deux ans plus tard. On
découvrit d'ailleurs en 1934 à Moscou, dans l'ancienne bibliothèque
Lénine, un appareil multiplicateur et une copie hectographiée utilisée
pour une édition des Protocoles . D'après Boris Nicolaïevsky, qui l'a
étudiée, ce pourrait être l'hectographe de Stepanov. La date donnée
est-elle la bonne ? Faut-il comprendre 1897 ? La dame qui aurait apporté
le manuscrit serait Iouliana Glinka, une amie de Juliette Adam, exilée
lors de la parution du livre à scandale de son amie.
Henri Rollin s'est beaucoup intéressé à l'entourage de Mme Juliette Adam.
Dans les années 1890, celle-ci et sa Nouvelle Revue menaient campagne
contre Witté et l'ambassade de Russie à Paris, dénonçant violemment
l'alliance franco-russe. À ses côtés, on trouvait M. de Katakazi, chef du
service de presse à l'ambassade, qui lui avait permis d'écrire un livre
qui avait fait scandale à la cour de l'empereur Alexandre III. Katakazi
était lui-même l'auteur d'une imposture notoire. On trouvait aussi un
certain Élie de Cyon, Russe naturalisé français, d'origine juive. Ancien
marxiste tourné partisan du régime autocratique, ancien patron du Gaulois,
il était devenu directeur de la revue de Mme Adam. Il était foncièrement
anti-Rotschild et opposé à Witté, qu'il accusait de collusion avec les
juifs. Il documentait l'antisémite Drumont. Il fut privé de sa nationalité
russe et Witté chargea le chef de la police russe de Paris, Ratchkovski,
de faire cambrioler sa villa, dans le canton de Vaud où il résidait. Cyon
s'était en effet vanté de détenir des papiers " compromettants " pour
Witté, concernant les " engagements avec l'Allemagne " de celui-ci. Cela
se passait à la fin 1897. A partir de cet incident, Cyon semble
étrangement s'être calmé. Il fut remplacé deux ans plus tard à la tête de
la Nouvelle Revue.
Henri Rollin s'est demandé si Cyon n'aurait pu être l'auteur des
Protocoles. Il rapporte que celui-ci s'était illustré en utilisant une
vieille satire française dont il avait changé les noms pour en faire un
ouvrage politique : la recette utilisée par l'auteur des Protocoles. De
plus, lorsqu'on lit ses ouvrages, on est frappé par la convergence de vue
entre Cyon et l'auteur des Protocoles. Cyon accuse Witté de préparer la
Révolution, attaque Karl Marx, Darwin et l'alcoolisme, la littérature
pornographique, brosse la critique de l'étalon or (ce qui n'était "
parlant " à l'époque que pour les Russes, dont la monnaie était encore
flottante), bref il s'exprime exactement comme l'auteur des Protocoles
dans les passages non calqués sur les Dialogues. Comme ce dernier, il est
antilibéral, dénonce le pouvoir de francs-maçons, redoute la dictature des
masses. Rollin s'est demandé si Cyon, rédigeant son faux, n'aurait pas eu
l'idée de jouer sur son nom (son nom en Russie était Ilya Tzion - Tzion et
Sion s'écrivant de la même façon en russe). Enfin, Cyon était ami de
l'antisémite Drumont qui avait lancé l'idée de se servir de pamphlets
écrits sous le second Empire pour les appliquer à la dénonciation de la
IIIe République.
Mais Rollin dut concéder qu'il n'y avait aucune preuve directe contre
Cyon.
Pouvait-il s'agir de l'un de ses amis, du Dr Encausse, alias le " mage
alchimiste " Papus ? Lui aussi anti-évolutionniste fervent, critique de la
tendance athéiste de la maçonnerie du Grand Orient, et ami du tsar et de
la tsarine. Il fit connaître à ses disciples russes son confrère en
occultisme, le magnétiseur français Philippe, prédécesseur de Raspoutine
dans le coeur des souverains. Sous le pseudonyme de Niet, il fit paraître
en 1901 une critique de la politique de Witté. Il s'en prenait à un "
grand syndicat financier " qui aurait eu pour but de s'assurer la
domination du monde. Mais les Protocoles sont loin de son style et de ses
préoccupations.
Restent Pierre Ivanovitch Ratchkovski et son entourage. Ratchkovski,
ancien indicateur de police, est devenu le chef de l'Okhrana à Paris, la
police secrète russe créée en 1881 après l'assassinat d'Alexandre II. Il
est en poste entre 1884 et 1902. La princesse Catherine Radziwill fut la
première à l'accuser, en 1921. A la même époque, le comte du Chayla confia
que Nilus lui avait raconté qu'il tenait le manuscrit des mains d'une dame
proche des mouvements occultistes français - qui le tenait elle-même de
Ratchkovski. Mais il précisa que celui-ci les aurait en fait " découverts
" et envoyés discrètement à Nilus pour lutter contre l'influence néfaste à
la cour de Philippe, martiniste comme Papus. Problème : les Protocoles,
s'ils sont légèrement dirigés contre les francs-maçons, attaquent en
priorité les juifs. Serge Svatikov, ancien menchevik, raconta pour sa part
qu'un agent des services étrangers lui avait confié que le faux avait été
confectionné sur ordre de Ratchkovski. Le journaliste Vladimir Bourtsev
accabla également Ratchkovski. Les principaux témoignages s'accumulant
contre Ratchkovski ont été recueillis lors du procès de Berne.
Le chef parisien de l'Okhrana était un spécialiste de la provocation
politique. En 1890, il avait fait fabriquer les bombes qu'il avait
attribuées aux soixante-trois " terroristes " qu'il fit arrêter. Il était
aussi un expert en faux documents qui lui servaient dans la lutte contre
les révolutionnaires et les juifs, dans le but de canaliser les
mécontentements et de discréditer les fauteurs de trouble.
Ratchkovski avait une activité " littéraire " intense. Il avait fait
paraître la Russie juive, qui contenait le Discours d'un grand rabbin, qui
inspira l'auteur des Protocoles. En 1892, il fit publier un livre,
Anarchie et nihilisme, signé Jehan-Préval, qui répondait à Nihilisme et
anarchie de Cyon. Cyon expliquait que le terrorisme qui se développait en
Russie avait pour fondement des théoriciens russes. Dans sa réponse, "
Jehan-Préval " faisait la démonstration que la source du nihilisme était
au contraire extérieure à l'Empire. L'ouvrage était animé par
l'antisémitisme et l'antimaçonnisme. Détail intéressant : ce livre
contenait dix-huit longues citations de Montesquieu. L'auteur appelait à
la création d'une ligue franco-russe destinée à combattre le " pouvoir
occulte " et corrupteur d'Israël. Ratchkovski espérait sans aucun doute la
manipuler dans l'ombre. En 1902, il tenta de lancer cette ligue, sur
Paris, mais sa disgrâce vint mettre fin à ses manoeuvres. Rentré en
Russie, il devint directeur adjoint du département de la police, reprit
ses activités de faussaire, participa à la création de l'Union du peuple
russe, dont l'extrémiste Boutmi devint membre, et se fit organisateur de
pogromes. Il mourut en 1911.
La culpabilité du policier resta longtemps problématique. Avait-il écrit
lui-même les Protocoles ou avait-il délégué un comparse ?
Aujourd'hui, les recherches engagées en 1920 ont abouti. En 1999, après
cinq années d'enquêtes dans différentes archives ex-soviétiques,
l'historien Mikhail Lepekhine a découvert que les Protocoles avaient été
écrits par un aristocrate russe du nom de Mathieu Golovinski.
Golovinski, né le 6 mars 1865 au village d'Ivachevka dans la région de
Simbirsk, descendait d'une lignée de nobles qui remontait aux croisades.
Son arrière grand-père avait été le premier gouverneur civil de sa région,
considérée comme " la plus aristocratique du pays ". Ses proches parents
furent au contraire rebelles au pouvoir tsariste : son grand-père se
révolta avec les décembristes, ce qui lui valut de tâter vingt ans de
cachot - son père, ami de Dostoïevski, fut condamné à mort et gracié in
extremis, après un simulacre d'exécution.
Après la mort de son père, Mathieu est élevé par sa mère et une
gouvernante française, qui lui apprend la langue de Balzac. Mais sa
scolarité est médiocre et le jeune aristocrate s'avère un personnage
extravagant. En 1888, il assaille le tsar Alexandre III de lettres
étranges, lui demandant une audience privée, privilège exorbitant
ordinairement refusé aux minus habens. Mais le comte Vorontsov-Dachkov,
ministre à la cour, fondateur de la Drougine sacrée, organisation secrète
destinée à lutter par la terreur contre les pouvoirs occultes (dissoute
par Alexandre III), s'intéresse à lui. Le 9 décembre 1888, l'empereur le
reçoit. Mathieu le prévient de l'imminence d'un attentat. Ses preuves ?
Une conversation surprise dans le rue ! La haute société russe ne pardonne
pas cette audience au freluquet et lui fait subir de nombreux affronts.
Mathieu quitte la Russie et se retrouve à Paris.
Par manque d'argent, il n'y reste pas longtemps et se voit contraint de
retourner dans son pays, à Moscou, où il entame la carrière de
fonctionnaire. Cinq ans plus tard, il est nommé à Saint-Pétersbourg, où il
fréquente les milieux hostiles aux juifs. Il habite la maison de la veuve
de l'écrivain Dostoïevski, connu pour ses idées antisémites. Son
protecteur, Constantin Pobiedonostsev, homme influent, procureur général
du Saint-Synode, inspirateur de la politique du tsar, est lui-même un
théoricien de l'antisémitisme. Mathieu devient deuxième rédacteur au
Département de la presse, dirigée par l'antisémite virulent Soloviev. Sa
fonction équivaut à celle de mouchard. Il y excelle. En 1900, il se rend à
Paris pour la seconde fois, à l'occasion de l'Exposition universelle.
Il jette l'argent par les fenêtres. La mort de Soloviev, le pouvoir
déclinant de Pobiedonostsev le contraignent à chercher de nouvelles
sources de revenu. C'est à cette époque, vers la fin 1900 ou au début de
1901, que Ratchkovski lui passe commande d'un faux antisémite, pouvant lui
rapporter quelques subsides : ce seront les Protocoles. Mathieu accepte.
Mikhail Lepekhine en a retrouvé la première traduction en russe, datée du
1er novembre 1901. Mathieu parle autour de lui du document qu'il rédige,
en lit des passages à la princesse Radziwill...
Confirmation de son identité sera donnée en 1917 par le Français Henri
Blint, proche de Ratchkovski, à l'envoyé du gouvernement russe chargé de
démanteler les services secrets tsaristes à l'étranger. C'est Blint qui a
payé Golovinski pour son travail. Ruiné par les emprunts russes, Blint
vendra ses archives en 1921. Les Soviétiques ne les révéleront jamais au
grand public.
Ils avaient de bonnes raisons de conserver le silence. Après une période
financière difficile, Mathieu a fait une carrière brillante. Il est devenu
le protégé du ministre de l'Intérieur, Protopopov. Mais quand survient la
révolution de 1917, il retourne sa veste et devient député au soviet de
Petrograd ! Il fréquente les plus hautes personnalités bolcheviks et, sous
couvert d'un faux titre de docteur, se fait reconnaître comme le " premier
médecin ayant reconnu le pouvoir des soviets ", ce qui lui vaut
d'appartenir au Collège militaro-sanitaire du nouveau régime. Avant sa
mort, survenue en 1920, il fondera l'Institut de culture physique sur
ordre de Lénine !

#79 millwatts

    Débutant

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  • Localisation : southern
  • Intérêts : Hoax etc.

Posté 21 décembre 2003 à 09:35

Marek,
C’est raté ; d’abord vous n’avez rien deviné car si vous étiez un peu plus perspicace vous sauriez que, tout comme les judéens n’aiment pas prononcer le nom de Dieu, les bouddhistes en ignore sciemment l’existence même, le bhavishya-purana qui semble être l’élément pris in extremis pour étayer votre soi-disant découverte, n’appartient pas à la culture bouddhique.

Ce qui tend à démontrer que vos tentatives frénétiques à énoncer des jugements, tel un « Juge » des temps bibliques, sont entachées d’erreur. Comment apporter du crédit dés lors à vos dithyrambes angéliques sur l’innocence des francs-maçons et de leurs maîtres ? D’autant que parmi les grosses ficelles, convenues depuis un siècle, que vous nous secouez ostensiblement, ils se trouvent des contre-vérités immédiatement vérifiables. Mais ce n’est pas de mon propos que de démasquer systématiquement votre propagande. :sommeil:


Votre fromage est quelque peu avancé Monsieur Moloch, Mara, Mleccha ou Marduk au choix. Similairement, nous (et les autres) nous entendons sur la signification de ces noms d’oiseaux .


Finalement, on peut se demander (enfin pas trop longtemps) ce qui motive votre présence sur ces forums, quand le mien serait d'y puiser des éléments de compréhension. Mais nous ne nous en plaindrons pas car en vous lisant des doutes s’affirment ou plutôt disparaissent.

Millwatts, pour vous servir

#80 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 21 décembre 2003 à 12:19

Mon cher Milliwatt,
Je ne fais pas oeuvre de polémique mais j'avance des textes documentés et vous avez dans votre réponse précédente piqué le texte d'un certain Didier et ajouté 12 lignes de votre crû reliant un contenu parcellaire au collier rouge de Madona.Je vous ai démontré que c'était vide.Aujourd'hui vous avancez de nouveau des choses sans démonstration et sans fondements.
La première chose pour vous aurait été de vous demander s'il était logique que Madonna puisse être kabbaliste.Compte tenu de son attitude dans la vie, vous auriez répondu:non! une telle chose est impossible.Et vous auriez eu raison.Le lien entre les 'plaines d'Allemagne' et le terme de votre démonstration étaient déjà biaisés.
Deuxièmement vous parlez à présent de 'Judéens' terme que si je me souviens bien sont relatifs à une catégorie d'ouvrage à caractère faussaire.
Alors Marduk !
Essayez pour le moins d'apporter une démonstration qui tienne la route et non de la polémique, qui est de la pire sorte , nauséabonde, et qui pue le pogrom.
A la prochaine incartade, je ferai appel au modérateur, à moins que vous n'apportiez un texte documenté et logique dans sa structure qui ne fasse pas appel à ces instincts.

Bien à vous, cher milliwatt

Marek

#81 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 21 décembre 2003 à 17:10

De la mystique fulgurante du groupe à la catharsis de l'individu.

Aucune paranoïa ne peut être discutée globalement dans un amalgame d'autres troubles. Chaque individu développe à son propre niveau sémantique des formes complexes délirantes, le niveau d'acceptation des diverses formes aliénantes dépend en grande partie de l'exposition consciente de l'individu aux mystiques de groupe.
La société, prise comme entité intelligente, n'exerce que sur elle même une empreinte (prise) très limitée. Elle peut être considérée comme une fourmilière ou chaque individu isolé n'agit que pour le compte de la globalité sans qu'il puisse concevoir l'universalité de sa tâche.
Dans les formes délirantes de paranoïa extra-dermique, les individus ou groupes d'individus déforment les éléments factuels existants et tangibles en une tentative d'explication critique des phénomènes inconscients qui les submergent. La volonté consciente d'une tentative de réflexion se retrouve engluée dans des processus perceptuels biaisés. Les groupes manifestent des actions conscientes de mobilisation de l'inconscient collectif et de son universalité de compréhension.

Une seule faiblesse individuelle peut engendrer un délire collectif.

La masse ne retient d'elle même que les segments individuels absorbés en collectivité, le concept d'individu seul ne peut être conçu que dans une dimension sociale ou l'inconscient est malmené pour tous dans une même proportion.
Les principes généraux de la Sémantique générale d'Alfred Korzybski démontrent que chaque individu perçoit à son niveau une série d'abstraction qui lui est propre, unique, autoréfléxive, insoluble, ancrée, réfléchie et analysée par d'antérieurs segments ayant subi les mêmes niveaux d'abstraction. Le cerveau d'un individu est comparable physiologiquement à tout autre, composé des mêmes cellules, mais la réflexion (la première réflexion) empêchera à jamais l'interchangeabilité des organes. Dès que notre cerveau se met à fonctionner seul (hors de nos ventres maternels), il naît un être nouveau, unique, autoréfléxif, insoluble, ancré, réfléchi et analysé par lui même. Sa "normalité" se sublime dans les informations communes que connaissent tous les individus, les mêmes stades (à géométrie et sociabilité variables) sont répétés dans une volonté collective de complot. La personnalité humaine reste influençable par son milieu à 99%. Jamais il n'a été démontré l'existence d'un enfant "sauvage" ayant reconstitué par son simple "inconscient collectif" les repères "humains" qui sont à 99% les mêmes autour de notre globe. L'influence généralisée d'un développement planétaire de l'espèce humaine sur l'individu seul crée la plus grande conspiration d'influence jamais imaginée ni développée.
L'homme n'existe que par son milieu , et celui-ci n'est que le reflet de l'existence de l'homme. Là se noue l'autoréfléxivité de la conspiration humaine : une justification à posteriori de la génération spontanée. Nous ne sommes que ce que nous sommes devenus : l'homme n'est responsable que pour lui même dans une perspective sociale, en fait il ne fait que perpétuer des mystiques paranoïaques et craintives générées uniquement par sa propre et unique existence.

La manipulation au service de l'homme

La peur est de reconnaître en l'autre trop de soi et confronté à une image trop réelle de soi, l'homme conceptualise une série de segments délirants propres à unifier en lui ses comportements sociaux. Une grande partie de la population est laborieuse par essence, elle ne calque que les éléments qui lui ont été donné à vivre, sans cette frange de population crée de toute pièce par le développement, la planète n'aurait certainement jamais dépassé le niveau zéro de l'intégrité humaine.
Le travail est en soi une tension, elle n'apparaît qu'au fil d'un long apprentissage scolaire, familial, social et politique, c'est là la difficulté du complot.
Dans les segments d'inférence qui unissent tous les hommes entre eux, les valeurs de la conspiration humaine que sont la famille, la religion ou la sexualité ont posé en fait beaucoup moins de problèmes que le travail. Ces actions linéaires dans le temps se sont générées spontanément au fil du développement caractériel humain, cette tendance à régir la communauté dans une seule et même ligne de conduite tend à nous faire penser (dans une analyse critique des situations) à un comportement aliénant à fortes tendances paranoïdes caractérielles et uniques.
Régir en une seule action formatrice et enrichissante pour la communauté fixant ainsi des règles simples , les moins contraignantes possibles, fût une des seules raisons de l'évolution.
Nous n'avons jamais cessé de nous fixer de nouvelles barrières qui ne furent jamais que des conditionnements supplémentaires visant tous à unifier en une seule société des êtres qui étaient tous prêts à vivre "n'importe quoi".
La nature laisse à quelques uns d'entre nous la faculté d'être à l'origine de nos développements futurs.
Au delà des bas élitisme qui sont devenus des foires de champions, la nature humaine laisse à chacun d'entre nous la possibilité d'action sur les autres êtres humains, notre espèce est la proie d'actions personnelles qui amènent le renoncement au développement d'une autre partie de l'espèce.
Il serait idiot de croire que chaque individu exerce ce pouvoir d’agissements. Nous ne connaissons jamais la portée de nos actions spectaculaires, les effets physiques flous et le concept du battement d'aile (un seul battement d'aile de papillon a des répercutions dans l'univers entier) nous démontrent que chaque action ne connaît aucune limite et que chaque mouvement attire plus de complexité et de chaos dans un univers déjà en proie à une infinité supérieure d'autres chaos. (Voir la théorie des nombres supérieurs à l'infini (Nombres Léthans de Philip Lucerne)). Mais à chaque action est dévolue une pensée créatrice qui n'engendre pas toujours une répercussion aux alentours même de la création des pensées. Nos réflexions sont dans une grande partie unique et personnelles. Elles ne sortent pas de nous en tant que pensées ou paroles mais restent enfouies dans une poche cérébrale qui ne s'épanchera jamais. Ce qui distingue donc l'homme subissant et l'homme conspirateur de lui même c'est l'action qui est génératrice de chaos et de complexité.

Nous nous devons d'être prudents

Nous ne connaissons pas les limites de notre développement, dans un concept de modernité effréné où rien sur la planète ne nous freinerait dans nos élans; nous pouvons admettre , que l'évolution charnelle à elle seule saura balayer tous nos fantasmes.

DU FONDEMENT DES CYCLES HISTORIQUES A LA MAITRISE DE LA PRODUCTION.
(ou de l'asservissement progressif (historique et productif) d'une part de la société par une autre part de la même société)
“ Extraits malmenés de "La société du spectacle" Guy Debord ”

LE CYCLE.

Le mouvement proprement historique, quoique encore caché, commence dans la lente et insensible formation de "la nature réelle de l'homme", cette "nature qui naît dans l'histoire humaine - dans l'acte générateur de la société humaine -", mais la société qui alors a maîtrisé une technique et un langage, si elle est déjà le produit de sa propre histoire, n'a conscience que d'un présent perpétuel.
Toute connaissance, limitée à la mémoire des plus anciens, y est toujours portée par des vivants. Ni la mort ni la procréation ne sont comprises comme une loi du temps. Le temps reste immobile, comme un espace clos. Quand une société plus complexe, en vient à prendre conscience du temps, son travail est bien plutôt de le nier, car elle voit dans le temps non ce qui se passe, mais ce qui revient. La société statique organise le temps selon son expérience immédiate de la nature, dans le modèle du temps cyclique.

LES SOCIÉTÉS FROIDES.

Les "sociétés froides" sont celles qui ont ralenti à l'extrême leur part d'histoire; qui ont maintenu dans un équilibre constant leur opposition à l'environnement naturel et humain, et leurs oppositions internes. Si l'extrême diversité des institutions établies à cette fin témoigne de la plasticité de l'autocréation de la nature humaine, ce témoignage n'apparaît évidemment que pour l'observateur extérieur, pour l'éthnologue revenu du temps historique. Dans chacune de ces sociétés, une structure définitive a exclu le changement. Le conformisme absolu des pratiques sociales existantes, auxquelles se trouvent à jamais identifiées toutes les possiblités humaines, n'a plus d'autre limite extérieure que la crainte de retomber dans l'animalité sans forme. Ici, pour rester dans l'humain, les hommes doivent rester les mêmes.

LA PRODUCTION.

L'histoire qui est présente dans toute la profondeur de la société tend à se perdre à la surface. Le triomphe du temps irréversible est aussi sa métamorphose en temps des choses, parce que l'arme de sa victoire à été précisément la production en série des objets, selon les lois de la marchandise. Le principal produit que le développement économique a fait passer de la rareté luxueuse à la consommation courante est donc l'histoire, mais seulement en tant qu'histoire du mouvement abstrait des choses qui domine tout usage qualitatif de la vie. Alors que le temps cyclique antérieur avait supporté une part croissante de temps historique vécu par des individus et des groupes, la domination du temps irréversible de la production va tendre à éliminer socialement ce temps vécu.



Marek

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Posté 22 décembre 2003 à 17:32

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#83 Marek

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Posté 27 décembre 2003 à 10:08

LES JESUITES


L’ armée ecclésiastique et intellectuelle de Loyola avait quelque chose de théâtral à la lumière des troubles et de la violence de la Contre - Réforme. Il s’agissait pourtant d’une structure militaire extrêmement moderne qui n’avait strictement rien de théâtral. Elle s’inspirait du professionnalisme des armées mercenaires qui prévalaient en ce temps là. Un professionnalisme que Loyola modernisa en quelque sorte.

Il dota les Jésuites d’une structure hautement centralisée et autocratique. Le général était nommé à vie. Il jouissait du pouvoir absolu de nommer ses subalternes immédiats, les provinciaux. Toutefois le modèle de Loyola dépassa largement les limites de l’ autocratie militaire. Il introduisit deux éléments révolutionnaires : une forme d’éducation inédite et l’obligation de rendre régulièrement des comptes à ses supérieurs. Ce deuxième précepte prolongeait les effets du premier tout au long de la vie des membres de la Compagnie de Jésus. Une obéissance absolue imprégnait le tout. Voici comment Loyola concevait l’ obéissance :

« Plus aisément pouvons nous souffrir d’être surpassés par d’autres Ordres religieux dans le jeûne, la veille et diverses mesures d’austérité…que dans une soumission absolue et parfaite et l’abnégation de notre volonté et de notre jugement. Je désire ardemment que ceux qui servent D.ieu dans notre compagnie soient d’une espèce remarquable »

Le sacrifice de la volonté et du jugement individuels étaient donc au cœur de la méthode jésuite. Ces principes se sont perpétués sans modification depuis quatre siècles et déterminent encore la morphologie de nos élites.

Cette discipline très stricte conçue par Loyola s’imposait par une formation rigoureuse qui commençait avec un noviciat de deux ans. Pourtant, une seule année constituait la norme. Ces vingt quatre mois avaient pour objectif de démanteler la volonté du jeune adepte, de manière à en écarter tous les éléments indésirables. L’idée n’était pas de changer ses croyances ou sa façon d epenser mais d’en éliminer toutes les composantes perturbatrices. Le reste de l’apprentissage consistait à purifier ce qui restait utile et adaptable avant de cimenter le tout de manière conforme à la structure de la Compagnie.

Démanteler, nettoyer, désinfecter. Puis rassembler le tout grâce au ciment de la Compagnie, ses structures, ses règlements, ses coutumes. Le produit final était taillé sur mesure dans l’idéologie du Royaume de D.ieu.

Dix à quinze ans de formation intense suivaient : de longues périodes d’études, d’exercices de discipline spirituelle pure, d’endoctrinement, de mise à l’épreuve concrètes. Pendant ce temps la Compagnie observait le candidat afin de décider s’il était digne d’y être intégré à part entière. L’ensemble du processus était méticuleusement et discrètement contrôlé, par le biais d’entretien privés entre le candidat et son supérieur hierarchique. Entretiens qualifiés de ‘comptabilité de la conscience’. Comme toujours avec Loyola, les concepts moraux étaient soumis à des mesures très précises. L’idée de jauger la conscience d’un homme en établissant un bilan par pertes et profits, où fautes et blâmes étaient consciemment mis au jour était révolutionnaire. La compréhension mutuelle que ces séances établissaient entre le jeune prêtre et la Compagnie, eu égard à la nature du pouvoir véritable, était entretenue par la suite grâce à des rapports écrits adressés régulièrement par chaque jésuite à son supérieur. Il y était question de son travail, mais aussi de ses camarades. On servait les intérêts du groupe en rapportant les faits et gestes des autres Jésuites.
Aucun détail n’était négligé, qu’il s’agisse des repas ou des habitudes de sommeil. Loyola évoqua presque sérieusement la nécessité pour les prêtres de rendre compte du nombre de fois qu’ils avaient été piqués par les puces ! Ce paternalisme apparent fut progressivement incorporé au système et à l’esprit de discipline ou au professionnalisme des Jésuites. D’aucuns la qualifièrent de ‘despotisme de l’âme’. Dans ces conditions ,il ne restait plus guère de place pour dissimuler une individualité. De nos jours on parlerait très certainement de dépersonnalisation.

Au premier abord, on serait tenté d »assimiler cette formation aux procédés modernes de lavage de cerveau. Les procédés modernes d’interrogatoire et d’endoctrinement ne s’appuient pas sur la violence, ni même sur une menace de violence. Elles consistent avant tout à démanteler et à désinfecter l’esprit de la victime, avant d’en ré-assembler les éléments selon un schéma distinct. Quant aux séances de ‘comptabilité’ et de délation des jésuites, elles semblent avoir inspiré les systèmes modernes de contrôle social par le truchement d’informateurs anonymes, des systèmes que nous identifions avec les sociétés répressives, les services de renseignements et les ministères de l’ intérieur.

(Ce n’est donc pas une surprise si les Illuminés de Bavière s’inspirèrent donc de ces méthodes jésuites)

Si cette formation et ce façonnage mental sans précédents donnèrent naissance à une force intellectuelle appelée A DOMINER L’EUROPE, ce fut aussi parce que les jésuites offraient une éducation remarquablement complète. Après avoir passé en revue les meilleures universités existantes , Loyola ouvrit ses propres collèges, fondés sur les méthodes et les connaissances les plus neuves. Les jésuites passèrent quarante années à observer et expérimenter. En 1599 ils mirent enfin la dernière main à leur Ratio Studiorum. Il demeure un modèle pédagogique de première qualité.

FRANCIS BACON , lui –même ne put s’empêcher d’admirer leur travail..
En peu de temps , les jésuites en vinrent à éduquer l’ensemble des élites européennes, ce qui provoqua la fureur des autres ordres et des instances politiques. Or le contrôle de l’intellect et des émotions des futures élites laïques faisait partie intégrante de la politique complexe de la Compagnie. C’était le prolongement naturel de l’influence qu ‘elle exerçait déjà sur les gouvernements.

Ce n’est donc pas un hasard si Richelieu, Descartes,VOLTAIRE, DIDEROT, transitèrent par ce système…

Les manipulations politiques de la Compagnie suscitèrent une résistance de plus en plus forte. Une fois que le Ratio Studorium fut définit, il fonctionna comme une machine, sans référence à la réalité.
C’est ainsi qu’en 1755, après le tremblement de terre de Lisbonne, Malagrida, un grand jésuite lança l’idée que cette vague de mortalité et de destruction résultait d’un jugement de D.ieu. La réaction populaire fut à l’inverse de ce qu’il attendait…

L’incapacité des Jésuites de s’adapter à l’évolution sociale se manifesta pratiquement par l’émergence au cours du XVIII° siècle , d’écoles rationnelles d’une espèce nouvelle, plus nettement rattachés aux intérêts nationaux et des conceptions concrètes du professionnalisme. Elles renoncèrent aux messages professés par la Compagnie et l’essentiel de son éducation humaniste, tout en conservant sa méthodologie appliquée à des écoles militaires et techniques.

Dès le XIX° siècle, ces écoles proliférèrent sous la forme d’écoles d’administration, destinées dans un premier temps au service public, puis ensuite au secteur des affaires. Le professionnalisme tournant à l’obsession, le champ d’action de ces écoles se restreignit et le programme éducatif fut de plus en plus spécialisé. Le concept jésuite de discipline disparut également.

Loyola était encore de ce monde lorsqu’il apparut que les Jésuites s’étaient laissé dépasser par leur propre rhétorique. Il ne l’avait pas souhaité. C’était la conséquence de son système qui voulait que les prêtres raisonnent avec le peuple. Il ne s’agissait évidemment pas de dialoguer, de discuter ni d’explorer, mais de convaincre, c’est à dire d’argumenter de manière à contrôler l’échange, d’où une supériorité inéluctable de l’initiateur de la conversation. Par raisonner, Loyola entendait ordonner le débat selon les données définies à l’avance, les questions et les réponses incitant inévitablement à accepter l’autorité du pape.
C’est exactement la méthode utilisée de nos jours par des diplômés de MBA ( master business in administration) et les énarques. Le technocrate moderne cherche à initier le dialogue, de telle sorte que dès le début de la conversation il puisse établir les paramètres de la discussion théorique sur le point de s’ouvrir. L’auditoire se laisse alors prendre dans le tourbillon de la logique qui en découle…

Dès le milieu du XVIII° siècle, la Compagnie de Jésus avait été supplantée par les nouvelles écoles professionnelles. Mais ils ne perdirent rien de leur influence sur les courants modernes.
Après avoir été démantelée de 1773 à 1814, la Compagnie revint étayer les forces conservatrices. Le Maréchal Foch, par exemple introduisit la méthode jésuite au sein de l’école supérieure de guerre contribuant ainsi à la désastreuse escalade des luttes armées au XX° siècle.
En 1860, les jésuites prirent une part active à l’organisation du premier concile du Vatican. Le but des jésuites était de se servir du concile pour institutionnaliser l’infaillibilité pontificale afin de créer une manière de pouvoir absolu. Toutefois le recours à des structures juridiques pour imposer une soumission aveugle à ce stade avancé du XIX° siècle n’eut d’autres effets que de provoquer une révolte. Depuis lors, le pape traîne piteusement son infaillibilité tel un albatros traîne ses ailes.

Une fois encore, cette rhétorique imparable dans l’abstraction n’était pas approprié aux circonstances…

CONCLUSIONS PROVISOIRES SUR LE TRAVAIL DES JESUITES

Nous devons conclure de ce qui précède que la Compagnie de Jésus introduit quelque chose de neuf au XVI° siècle qui anticipe sur le Totalitarisme que le monde allait connaître au XX° siècle.

1.Soumission de la pensée au bénéfice de la Compagnie : cela préfigure le système nazi, le système communiste ou l’homme n’est rien en lui-même mais est tout par rapport à la classe ouvrière ou à l’état. Je ne pense pas avoir à développer ce thème , qui a été l’objet d’immenses développements par de nombreux auteurs( sur le plan de la propagande de classe ou d’état.)

2.Soumission des Elites au Système papal et contrôle des masses :

Le but de Loyola était évidemment de redonner sa pristine brillance au Vatican. Pour cela éduquer les Elites était s’assurer un contrôle sur elles.
Mais si le père Mersenne avait un contrôle sur Descartes , il ne put en avoir sur le développement scientifique de l’époque. Vésale, Descartes, etc.. en sont des exemples. L ‘instauration du système éducatif Jésuite assurait un certain contrôle sur la partie catholique du monde, mais sans contrôle effectif des découvertes. Mais on peut dire que le système éducatif jésuite favorisa indirectement le développement des découvertes et fut donc un instrument de décadence et d’accélération de l’histoire.

1. Le développement des nationalismes fit que la Royal Society put être crée en 1662, quelques années avant le Collège Royal en France. Dans les deux cas ( Angleterre et France) le pouvoir se concentre et la grandeur de Versailles en donne un exemple, où le centralisme jacobin va pouvoir donner la pleine mesure ultérieurement.
Les levées populaires de 1793 sont des exemples préfigurant les conflits de masse où les civils se muent en militaires, là où il n’y avait que des armées de métier auparavant.
Le concept Jésuite de contrôle politique a difficile à s’adapter à ces nouvelles données du nationalisme en opposition à son centralisme Romain.

4. L’ éducation à la jésuite échappe à ses promoteurs et va entraîner l’apparition
des technocraties au sein du monde occidental, avec un ‘théorisme’ mental qui assure la conception en la détachant de ses conséquences, car le système en lui-même est tout, l’homme n’est plus rien. ( ex : taylorisme, l’organisation scientifique du travail adoptée par Trotski et conseillé par d’éminents tayloristes venus des USA pour l’occasion, Albert Speer qui adopta ces méthodes pour organiser l’économie du III° Reich, les camps de travail forcé et la politique de génocide).
Ces concepts théoriques jésuites mènent à la création de la notion de « Raison d’Etat » en 1609 (Mathurin Régnier) qui permet tous les crimes et toutes les bassesses jusqu’à et y compris notre époque.


2. Le citoyen est là pour être géré. Il devient un objet de gouvernement. Nous
Voyons tous les jours les progrès de cette merchandisation de l’humain.
Cette conception est sortie tout droit de la conception jésuite de contrôle des Elites.

3. La main noire

Est il dès lors étonnant que Bode, Mirabeau et combien d’autres imaginent que la Maçonnerie est contrôlée par des Jésuites ?
Cela est il à écarter d’un revers de main ?La Compagnie est crainte car elle est capable de ce travail. Est il étonnant que les Illuminés de Bavière s’inspirent de l’organisation Jésuite pour ne pas être contrés dans leur travail de décomposition de la société ? On parle des imitateurs, mais non de leurs modèles. Pourquoi ?

4. La participation au courant du Kali Yuga
De l’ensemble des faits évoqués ci-avant, on peut en tirer la conséquence que l’avancée en « technique de manipulation » au profit de la Contre – Réforme qui émanait du courant Jésuite participe de la déchéance de notre époque, et dès lors que si elle a pu assurer au VATICAN un bol d’air de survie, c’est en accompagnant le processus général de décomposition de l’ Occident. Or cette tentative du Vatican n’a été accomplie que pour lutter contre la Réforme.


Le present texte qui a déjà été posté sur Bilderberg 2003 est posté sur ce topic afin de donner l’éclairage voulu sur les sources des Rozes Croix et de la maçonnerie.Ces sources sont occidentales et chrétiennes.Quand je dis que les ‘Illuminés de Bavière’ ne pouvaient pas être des Illuminés, cela me paraît évident et des lors parler d’Illuminatis désigne en fait son contraire, preuve s’il en était de l’inversion des valeurs qui se déroule sous nos yeux.


ILLUMINATION ET ILLUMINATIS- Complément d’information

Si l’Illuminisme peut être retracé de manière ancienne. On sait que Ruysbroeck, entré dans les ordres à 24 ans se retire à 50 ans dans les forêts brabançonnes. Le mercredi de la Pâques 1343, il fonde avec deux autres clercs l’ermitage de Groenendal ( le Val Vert). Il y connaît l’extase et écrit notamment ‘ L’ornement des Noces Spirituelles’ dont le titre rappelle un peu les ‘Noces chymiques’ d’Andrae.
Ruysbroeck décrit bien avant Jean de la Croix tous les stades de’ l’Illumination’ et la progressive ‘mort en Dieu’ ( Sterven in Gode) que la Fama Fraternitatis a pour objet d’offrir au monde.
Ruysbroeck divisait l’humanité en serviteurs, amis et fils de Dieu.L’échelon d’ami de Dieu a eu du temps de l’ermite une fortune considérable.Ce terme désignait les hommes d’une dévotion particulière n’ayant pas encore réalisé leur vie unitive ( lire : non encore illuminés) de fils de Dieu.Ces hommes se groupaient en cercles entendant les conseils de frères plus avancés sur le chemin de la perfection.


Groote, né à Deventer en Hollande en 1340 d’une famille riche, devint chartreux, donna ses biens, installa un couvent libre de filles en enseigna le pays avec la fougue d’un Savonarole.Il se faisait accompagner d’un notaire qui le défendait contre les chicanes de ses frères chartreux qui ne l’appréciaient pas.En 1377, il alla visiter Ruysbroeck qui alla directement à lui et le salua alors qu’il ne l’avait jamais vu.Ruysbroeck lui dit qu’il allait connaître des choses que ses amis ne connaîtraient pas.En 1383, le pape lui interdit de prêcher. Il se consacre alors à l’organisation des ‘ Frères de la Vie Commune’ qu’il venait d’instituer suivant les directives de son ami Florens Radewijns dit Florentinus dont le nom servira de pseudonymes à un des plus ardent défenseurs de la Rose Croix, Théophile Schweighardt.Il mourut alors qu’ il prodiguait des soins aux pestiférés de 1384.

Certains défenseurs de la RC adoptent cependant les pseudonymes de Julianus de Campis et de Florentinus.L’époque à laquelle on situe l’apparition de Christian de Rozenkreutz , l’édition première d’apocryphes de Tauler, les études approfondies que Besold, Gerhardt et Arndt consacrent à St Augustin, à St Bernard, à Eckhart, à Ruysbroeck, Tauler, Thomas a Kempis et leurs maîtres, Groote et Florentius nous mènent vers leur prototype.

Joachim de Flore nait en 1132 de parents aisés.Il entreprend un voyage en terre sainte en bon vivant. Mais il change subitement et décide de se donner tout entier à Dieu sans entrer dans les ordres.Il poursuit seul son voyage en tenue de moine après s’être séparé de son entourage.Il trouve l’ Illumination dans une des grottes du mont Thabor. Il rentre en Calabre où il pratique la contemplation et le jeûne, il accède aux visions les plus élevées.Il croit devoir faire des disciples ( comme Rosenkreutz) et préparer l’humanité aux choses à venir.Il descend auprès des foules et annonce le prochain retour du Saint Esprit précédé par l’apocalypse.Il rentrera plus tard dans les ordres mais ne se pliera pas à la règle.Il quitte les ordres , il se retire dans les montagnes les plus reculées de Calabre et y fonde une congrégation d’ascètes qui prend comme lui même le nom du premier de son premier couvent ‘de Fiore’. Son Evangile Universel s’en prend comme la Fama aux scolastiques, théologiens et docteurs et constate la vanité de la science. Il enseigne l’avènement de l’âge du saint esprit.

Voilà la clef des prophéties paracelsiques, reprises par la Fama, la lettre d’Haselmeyer, la Confession.
Voilà préfiguré le temps de la Fraternité, l’âge de l’esprit pur et des moines, précédant la fin du monde.
Joachim annonce que le troisième âge sera précédé de la chute de la Nouvelle Babylone..Comme Heselmeyer le dit avec Joachim, les impies, les riches et puissants seront ruinés et les humbles, les faibles et les dévots assisteront à la chute des tyrans…alors, « naîtra un ordre religieux dont les moines depuis St Benoit ne sont que les précurseurs.A cet ordre sera donné la toute puissance sous le ciel si bien qu’il règnera en esprit jusqu’aux derniers jours.L’Homme sera uni au Saint-Esprit et pourra se mouvoir librement sous l’action salutaire de l’ Esprit »

Alors que mourrait le Calabrais en 1202, François d’Assise prêchait la douceur et la pauvreté et mourait en 1226.A sa mort une scission eut lieu entre ses disciples en conventuels admettant les biens, pourvu qu’ils fussent commun et en spirituels attachés à l’esprit de leur maître.Sous la direction de Jacopone da Todi et Bonaventure, ils ravivèrent la doctrine rigoriste de Joachim. Les papes Boniface VIII et Jean XXII condamnèrent les spirituels car ils menaçaient leur pouvoir temporel.

Certains disciples de St François connurent le bûcher des hérétiques. Aux yeux de l’époque ce fut le sceau de vérité sur les prophéties de Joachim. Pour le peuple Rome devenait la nouvelle Babylone.Tel fut le point de départ d’un mouvement spiritualiste qui à travers maints épanouissements mystiques allait aboutir à la Réforme et aux manifestes Rosicrucien.

En 1260, un simple ouvrier italien d’Alzano nommé Gherardo Segarelli renonçait à tous ses biens et prit la bure, parcourant le pays en prêchant et mendiant.Il eut tant de disciples que la papauté dut intervenir.
Segarelli fut arrêté en 1294 et brûlé en 1300. Ses disciples se groupèrent autour de Fra Dolcino de Milan, fils naturel d’un prêtre et annoncèrent pour 1303 le retour du troisième Règne.
Ils vivaient dans un communisme total, rejetant tous les rites et se basaient sur l’ amour du prochain.Leur promiscuité les fit accuser de pratiquer les pires orgies. Une croisade menée par l’évêque de Verceil les traqua de montagnes en montagnes où ils se nourrissaient de souris, dormant dans la neige. Ils étaient un millier qui se laissèrent mourir.Les derniers furent massacrés en 1307.

Petrus Joannes da Oliva rallia les spirituels de France tandis qu’ Ubertino di Casali dénonçait le saint siège comme la putain de l’ apocalypse.
Les œuvres de Casali, brûlées en 1312 eurent un retentissement énorme : à travers elles et les vulgarisation d’Arnaud de Villeneuve , les écrits de Joachim de Flore fanatisèrent le peuple à cent ans de distance.

En dépit des persécutions, les Fraticelli ( les spirituels de St François) subsistèrent jusqu’au XV° siècle.Ils s’allièrent aux vaudois de Lyon, disciples de Pierre Valdo qui prêchait dans le midi, le Piémont et la Lombardie et dont la secte ne cessa de prospérer malgré l’Inquisition : on en brûla jusqu’à 150 en un seul jour à Grenoble.Bientôt ,ils furent rejoints par les Béguards ou Frères du Libre Esprit suspects d’averroisme, mais chechant comme eux l’union avec Dieu et rpoclamant que l’homme parfait serait habité par le Saint-Esprit et recouvrerait sa pureté adamique.L’Inquisition y mit bon ordre.

Cette lignée de mystiques enrichit la doctrine Joachimite d’une doctrine néoplatonicienne fort pure héritée par l’entremise des écrits de Denys l’Aeropagite et qui alalit fructifier la doctrine des premiers Rose Croix.Denys était également un Illuminé.

Empruntant à Eckhart et à Ruysbroeck, Paracelse (1493-1541) est cité comme le grand précurseur de la Fraternité.

On fait généralement des Rose Croix les initiateurs de la franc maçonnerie anglaise spéculative en se basant sur base d’une adhésion supposée de Fludd,Vaughan et Ashmole.Mais Fludd condamne la Rose Croix en 1633.. « Nul fruit ne peut être cueilli avant qu’il ne soit mûr.Et la venue des frères Rose Croix ne peut être le gage de la restauration des choses, mais c’est Dieu seul habitant dans le ciel qui opère toutes choses et à la fois donnera leur signe tant au ciel que sur la terre ; les sages seuls peuvent les observer et les distinguer.LES FRERES DE LA ROSE CROIX ne peuvent faire en europe de telles mutations :cependant ils osent annoncer ouvertement aux Européens que de tels maux seraient amenés par eux de la main de Dieu, ce qu’ils prévoient par de nouveaux astres…. »

On nous cite ensuite Ashmole .Celui ci nait à Lishfield en 1617.A dix neuf ans il se lie avec des astrologues et publie des fascicules d’alchimie ( sous le psudonume de James Hesoll), puis ensuite le theatrum chemicum britannicum.Dans la préface de ce compendium daté de 1651-52, Asmole prend la défense des RC de 1614 et de la Fama avec quelque légèreté et invraisemblances….

Par contre ‘l’histoire naturelle du Straffordshire’ nous renseigne en deux pages sur l’existence de loge de freemasons dont les us ne sont pas opératifs (robert plot, the natural history of sraffordshire, oxford 1686).Le livre nous dit « il y a des secrets que personne ne connaît, sauf eux et qui sont peut être aussi mauvais que l’histoire de l’ordre, contenue dans un rouleau ou parchemin ,faisant remonter l’ordre à Saint Amphibalus »

Il s’agit de la première mention d’une loge occulte ayant des ramifications en angleterre en 1686.Une préfiguration pourrait être trouvée dans la loge Acception qui accepta Asmole en 1646.

Heydon publie en 1652 la première version anglaise de la Fama tandis que Vaughan écrit sa littérature pseudo alchimique classée en littérature RC. Ce n’est pas là une filiation directe.

Jusqu’en 1988, la plupart des historiens s’accordaient pour imputer à la Loge des Neuf sœurs une influence déterminante sur la révolution française, car tous les grands personnages de l’époque y étaient affiliés.En 1988 un symposium réuni à Luxembourg a jeté le doute dans les esprits. (Robert Amadou in ‘ La Franc Maçonnerie illuministe et la Révolution française « Graz 1990.

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#84 Marek

    Chercheur de vérités

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Posté 27 décembre 2003 à 17:11

Un texte qui peut vous rendre riche..à condition de réussir…Il se révèlera utile pour la suite …trouvé sur internet , ce texte explique non seulement le travail alchimique difficielement compréhensible dans son langage obscur, mais il nous permettra plus facilement d'aborder certaine maçonnerie.
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Tripied : du Vitriol Philosophique
Paris, Chamuel Editeur, 1898
Transcribed by Philippe Laurent




Préliminaire
Je ne commencerai pas cette étude, sans rendre un juste hommage à la mémoire du regretté Albert Poisson, dont le traité des « Théories et Symboles » est venu produire une clarté si nécessaire sur tous les livres alchimiques de l’antiquité. Grâce à lui maintenant, on peut ouvrir hardiment n’importe quel vieux manuscrit hermétique et, sinon entrer de plain-pied dans les secrets que nos ancêtres ont toujours jalousement gardés, du moins pénétrer la pensée qui les a guidés et essayer de comprendre ce qu'ils ont voulu nous dire dans leurs écrits.
Après que vous avez lu et médité les différents ouvrages touchant le « grand œuvre » tombés en votre possession, quelle est votre pensée dominante ? Ou si vous le préférez, quelle est la question qui se pose en vous ? Si je ne me trompe, la voici : Que peut on vouloir bien entendre par ce Mercure des philosophes dont on dit tant de merveilles ? Est-ce un mythe ou existe-t-il réellement ? Et s'il existe, où et comment pourrai-je le trouver ?
C’est là en effet le noeud de la question, et en elle gît tout le secret hermétique.
D'après tous les auteurs qui s'en sont occupés, le Mercure des philosophes se trouve partout. Il est, disent-ils, en nous-mêmes, dans l'air que vous respirez, c'est l'azoth qui donne naissance à toutes choses; ce qui nous conduit forcément à croire que ce ne peut être que la lumière astrale d'Éliphas Lévi, le mouvement de Louis Lucas, l'or du chevalier Reichenbach, la force de Turpin. Mais, toujours d'après les anciens, comme de son essence il est impalpable et invisible, il est nécessaire que par un certain artifice, l'artisan le fasse paraître sous une forme tangible, et cette forme est ce qu'on appelle la quintessence. En conséquence, pour le retirer de n'importe quel sujet, il faut donc obtenir la quintessence même du sujet, et pas n’est besoin de dire qu’en cette circonstance il ne peut pas avoir un caractère universel, et qu'il sera toujours déterminé dans le sens du dit sujet sur lequel on aura travaillé.
Il me semble déjà, en ce moment, voir hausser les épaules à tous les gens réputés graves et savants. et entendre bourdonner à mes oreilles certains qualificatifs dont le moindre ne peut être qu'« abstracteur de quintessence ».
L’alchimie, en effet, est une science encore si décriée de notre époque, que quiconque s'y aventure peut être certain de voir un jour ou l'autre suspecter ses facultés cérébrales. En voulez-vous une preuve ? Ouvrez le Larousse et cherchez l'article Paracelse : vous pourrez lire, au milieu d'appréciations plus ou moins aigres douces, cette phrase superbe : « En résumé, c'était un fou, à qui la médecine doit simplement sa thérapeutique ». Ici, le mot « simplement » ne manque pas de saveur, et pour mon compte, je regrette amèrement qu'il ne se soit pas trouvé depuis ce temps quelques fous de ce calibre qui auraient pu faire, toujours par hasard naturellement, quelques nouvelles découvertes ; la médecine moderne, soit dit sans vouloir l'offenser, en aurait peut-être pu tirer quelque profit. Il en est de même pour tous les autres, que ce soit Oswald Cross ou Glauber. Vous pourrez lire que toute leur vie, ils ont brillé d'un vif éclat, parmi leurs contemporains, mais toujours que par un malencontreux hasard, ils ont, sur le déclin de leur existence, tous fini par mal tourner.
N'importe. Il n'est pas possible maintenant, à un esprit non prévenu et tant soit peu éclairé, de croire que tous les grands philosophes de l'antiquité, les Paracelse, les de Locques, les Glauber, et tant d’autres, qu'il me serait trop long de citer, il n'est pas possible, dis-je, de croire que tous ces grands esprits ont fait fausse route, et qu'après avoir été le réceptacle des connaissances humaines et des maîtres à la parole indiscutable, ils aient pu, à la fin de leurs jours, oublier tout leur savoir, pour tomber, ce qui parait singulier, dans la même folie et la même démence, bien qu'ils vécussent à des époques tout à fait distinctes.
S’il est donc impossible d'ajouter foi à une aberration d'esprit qui aurait été commune à tous ces savants, nous sommes naturellement amenés à croire qu'il existe une science véritable, cachée, profonde, à laquelle ont été forcément conduits ces fidèles scrutateurs de la nature, qui, à force de veilles et de travaux ont enfin déchiffré l’énigme du sphinx, et sont parvenus à toucher la récompense de toute une vie de labeur et d'étude. Mais revenons à notre sujet.
Pour ce qui regarde les végétaux et les animaux, il est facile à quiconque connaît l'art spagyrique. d’en tirer la quintessence. Ainsi de Locques dans son « Rudiment de la Philosophie naturelle », Le Crom dans ses « Expériences utiles et curieuses », nous donnent la marche à suivre, mais pour les minéraux, c’est une tout autre opération plus difficile et plus longue.
Comme ils sont généralement dépourvus de toute humidité, il nous faut préalablement les ramollir et les amener à un état qui fera le sujet de notre ouvrage, et que nous nommerons, comme tous les anciens, du nom de Vitriol.


DU VITRIOL PHILOSOPHIQUE

PREMIERE PARTIE

Tout d'abord, il existe deux vitriols, ou plutôt le vitriol peut se présenter sous deux formes; le vitriol pur et le vitriol impur ou grossier.
Pour bien comprendre ceci, il nous faut remonter à l'origine même de la science hermétique, et je ne crois pas mieux faire qu'en citant les idées de Paracelse sur le pur et l'impur de chaque substance. Suivant lui, en toutes choses, il y a l’âme de cette chose qu'il appelle « l'élément prédestiné. ». Cet élément prédestiné qui se compose, toujours d'après lui, de sel, soufre et mercure, est comme noyé et disséminé dans une masse formée de flegme et de terre morte ou damnée, et nous donne ainsi le corps tel que nous le voyons. Nous en avons un exemple frappant dans les végétaux. Qu'est-ce, en effet, que les alcaloïdes divers : quinine, aconitine, etc., sinon les principes purs et actifs de ces végétaux, lesquels une fois privés de ces principes, restent sans force et sans action.
Or, dans ce cas du vitriol. supposons que par l'art spagyrique, nous venions à supprimer ce flegme et cette terre morte. Nous aurons le vitriol pur ; sinon, c'est un vitriol impur, et l'oeuvre sera d'autant plus difficile et plus longue. que le vitriol sera plus impur, ou que l'élément prédestiné sera en plus petite quantité. Car c'est ce vitriol pur qui est la base de l’oeuvre hermétique, c'est la matière première de l'art, c'est le sel qui, par une suite d'opérations dont le récit fera le sujet d'une autre étude, prendra la forme de mercure ou feu secret. et, par une union intime du volatil avec le fixe, nous donnera le soufre, l'aimant philosophique saphique attirant l'esprit universel et le sel armoniac d'Artephius.
Tous les corps sont donc composés d'un principe pur et d'un autre impur ; par conséquent, les métaux ont en eux un grain pur enseveli sous les fèces noires, et c'est ce grain pur, cette âme non encore complètement fixe, que l'art hermétique se propose d'aller chercher, pour l'élever à une condition supérieure, dans l'art de la transmutation.


De la matière première

La matière première a été parfaitement indiquée par Basile Valentin dans son remarquable symbole « Visita interiora terrae rectificando, inventes occultum lapidem » (1), symbole dont les premières lettres forment par leur réunion le mot " Vitriol ".
Le vitriol est le commencement de l'œuvre ; mais quel est ce vitriol ?
Prendrons-nous les vitriols bleu, blanc ou vert, qui sont les sulfates ou couperoses de notre chimie moderne ? Ces composés, suivant Riplée, sont les vitriols des fous, et ce qui nous occupe en ce moment, c’est le vitriol philosophique.
Le vitriol philosophique d’un métal est formé, quand ce métal se trouve imprégné d’une humidité de sa propre nature, c’est-à dire d’une liqueur minérale à laquelle il doit sa naissance et dont la coagulation et fixation a produit ce même métal, qui se trouvera donc alors par là même, en quelque sorte rétrogradé, ou plutôt réincrudé, selon le style alchimique.
Prenons, par exemple, le sulfate de fer ordinaire.
L'acide sulfurique est une liqueur minérale trop éloignée encore du fer pour être une humidité de sa propre nature ; aussi le vitriol vert du commerce n’est-il pas un vitriol philosophique. Mais si, par des procédés que nous indiquerons, nous arrivons à ramollir suffisamment ce composé de façon à en faire une pâte qu'on puisse soumettre à la putréfaction, il s'engendrera alors un nouveau corps, dans lequel SO4H se sera rapproché du métal, et se trouvera cuit par la fermentation, au point d'être devenu identique avec ce qu'était ce même métal avant sa coagulation.
Nous aurons donc, dans ce cas un Vitriol Martial ; nous pouvons obtenir de la même façon celui de Vénus, ainsi que la véritable matière si cachée des anciens qui s'obtenait d'une pyrite martiale et lumineuse, ou plus brièvement du sulfate de fer et d'alumine; ce que veut nous enseigner Hyginus a Barma, lorsqu'il nous dit au commencement de sa Pratique : « Prenez de la vraie terre bien imprégnée des rayons du soleil, de la lune et des autres astres. »
Voyons maintenant comment on peut arriver à faire putréfier ce composé.
Ce n'est pas sans raison que les anciens chimistes ont considéré la putréfaction comme la porte du sanctuaire de la nature.
C'est elle, en effet, l'auteur de toute génération, destruction et régénération. Mais si les végétaux et les animaux pourrissent facilement, les minéraux, par contre, sont bien plus difficiles à amener à cet état ; cependant nous pouvons y arriver en examinant comment la nature opère quand elle détruit les minéraux ou les pierres.
La chaleur et l'humidité sont ses seuls agents ; car, par une suite de dessiccations et d'humectations successives, tout finit par se briser, s'émietter et finalement se changer en une espèce de pâte ou bouillie.
Faites rougir une pierre au feu, éteignez-la ensuite dans l'eau ou, pour aller plus vite, dans l'eau salée, elle se brisera en morceaux ; récidivez l'opération et la pierre finira par se réduire en glaire et en eau.
Appliquons donc ce procédé au cas qui nous occupe, c'est-à-dire au sulfate de fer et d'alumine, et nous réduirons nos matières en la consistance pâteuse requise pour la putréfaction.
De Locques, dans son « Rudiment de Philosophie » nous donne le procédé ci-contre :
« On met le vitriol à une chaleur fort modérée, où rien ne peut monter que le phlegme, c'est-à-dire qu'il faut avoir soin de ne pas enlever l'eau de constitution, et ce tant qu'il demeure sec comme la pierre d'éponge; on lui redonne son phlegme, on redistille, et ce par trois fois; à la seconde, il prend la couleur d'une belle émeraude, et à la troisième il devient blanc comme du beurre. On corrompt cette matière au fumier, pendant quarante jours, puis on distille l'esprit doux qui vient par vénules comme l'esprit de vin, puis l'esprit acide qui distille sous forme de fumées blanches, et enfin l'huile rouge par une forte expression de feu, sans laquelle elle ne monte pas » ( pages 83 et 84, 2ème livre).
En cet endroit, de Locques n'a pas été assez explicite, ce qui lui arrive, du reste, la plupart du temps. Si on le prend à la lettre et qu'on mette le vitriol tel qu'il est, à se dessécher, on n'obtiendra rien de bon, car lorsqu'on reversera le phlegme sur ledit vitriol, celui-ci ne se dissolvera point, il n'y aura par suite que la surface qui sera attaquée par les humectations et dessiccations successives, et tout le dedans de la cornue ou cucurbite restera intact. Vous aurez donc perdu votre temps et vos peines, ce qui m'est arrivé la première fois.
Au lieu que si vous dissolvez préalablement tout le vitriol en eau distillée ou eau de pluie, vous pourrez à chaque cohobation le redissoudre de nouveau, et par là broyer suffisamment la matière, pour qu'au bout de deux ou trois opérations, elle finisse par tomber en consistance de beurre ou guhr, le tout formant une pâte homogène, que vous n'aurez plus qu'à soumettre à la putréfaction.
Nous voici donc arrivés à l'entrée du Palais du Roi ; nous avons en notre possession le vitriol rouge, l'adrop, le vitriol azoqué, le lion vert de Riplée dont la préparation a toujours été cachée avec un soin jaloux. C'est la seule matière qui contient à elle seule les soufres blancs et rouges nécessaires pour la pierre. C'est là ce vitriol qui distillé soit avec le salpêtre seulement, soit avec le salpêtre et cinabre, nous donne ce menstrue puant dont il est parlé dans la clavicule de Raymond Lulle. le trésor des trésors de Paracelse, et le composé d'Albert le Grand, ouvrages traduits du latin en français par A. Poisson.
Ce menstrue puant réduit les métaux en leur première matière, c'est-à-dire en vitriol philosophique, et si, lorsqu'on y a dissous les métaux (fer et cuivre, par exemple). on distille selon l'art. ce qui veut dire petit feu au commencement en graduant le feu peu à peu jusqu'à ce qu'il devienne fort à la fin. on obtient alors une liqueur chargée des soufres volatilisés de ces métaux qui peut, suivant le langage des alchimistes, teindre la lune qu'on y met digérer quel, que temps, en lui faisant acquérir une bonne partie de la Couronne du Roi.
On réalisera ainsi le problème déjà trouvé par Tiffereau, de la transmutation de l'argent en or d'une façon singulièrement lucrative, grâce à l'action de ces soufres plus matériels et par conséquent plus efficaces que les rayons du soleil du Mexique, fussent-ils dix fois plus ardents.
Mais nous reviendrons sur ce sujet.
Parmi les anciens philosophes, nombre d'entre eux sont parvenus au secret hermétique, avant d'avoir connu cette matière unique; ainsi, nous pourrons citer Le Crom qui a laissé un Vade-Mecum très suggestif et dans lequel il donne la préparation du sel des métaux qui n'est autre chose que le vitriol presque pur de ces métaux. Je ne peux pas faire moins que de reproduire cette préparation qui se trouve dans son « Nouveau traité des dissolutions », page 34 : « Mettez dans des terrines de grès, quelques livres de limaille de fer, versez dessus du bon vinaigre distillé (2), et laissez infuser la matière, en remuant trois fois le jour, jusqu’à ce que le vinaigre soit bien coloré. Décantez, remettez de nouveau vinaigre et continuez jusqu'à ce que vous ayez assez de teintures. Si c'est par un temps froid, l'opération se fera dans un lieu un peu échauffé pour aider la dissolution. Filtrez, mettez tout votre vinaigre coloré dans une ou deux cucurbites de grès remplies à demi, et vous distillerez au sable doucement. jusqu'à siccité de la matière. Cohobez et redistillez jusqu'à sept fois, de manière à broyer ladite matière. Ecrasez-la ensuite dans un mortier, en l'imbibant de son menstrue, puis mettez-la dans une cornue de verre et le vinaigre par-dessus, qu'il surnage d'un tiers. Distillez avec précaution et par degrés. jusqu'à ce qu'il ne sorte plus ni gouttes ni fumées. Rectifiez trois fois votre distillation pour la nettoyer de ses ordures, puis broyez la terre de votre cornue sur le marbre en l'imbibant de votre eau rectifiée trois fois, et mettez-la dans des cucurbites de verre avec de l'eau rectifiée à l'éminence de quatre doigts: couvrez les cucurbites avec d'autres de rencontre, lutez les jointures et faites digérer au bain des cendres à un feu doux, pendant quarante jours. Vous décanterez ensuite, et la liqueur évaporée vous donnera le sel demandé. Lavez bien la matière pour en retirer autant que possible tout le sel que vous nettoierez ensuite par plusieurs dissolutions et filtrations dans de l'eau de pluie. Faites dissoudre de nouveau dans de l'eau-de-vie pour achever de bien purifier le sel, et faites évaporer au bain-marie.
Mettez ce sel dans une cornue de verre bien a lutée, et distillez au sable par un feu gradué tant qu'il ne sorte plus rien. Rectifiez la liqueur qui en sera sortie dans une cucurbite de forme haute; il sortira d'abord un esprit subtil qui ne s'attache point au chapiteau: quand vous verrez que la liqueur commence à s'y attacher, changez de récipient, et vous aurez l'huile. »
Le Crom est le seul auteur que je connaisse, qui soit allé aussi loin dans une démonstration claire et nette de la matière première, et non seulement il nous indique la manière d'obtenir un vitriol presque pur, mais encore il nous met sur la voie des transmutations que, grâce à son moyen, on peut effectuer facilement.
Ainsi, ce sel projeté sur de l'étain fin d'Angleterre après une heure et demie de fonte de celui-ci dans un creuset, et une bonne chauffe d'une demi-heure environ après la projection, tout en remuant vigoureusement. nous donnera après refroidissement dans le fond du creuset. un culot qui ne sera plus de l'étain. puisqu'il sera changé en très bon argent.
« Qu'on fasse digérer, dit-il encore, à feu doux de cendres, trois parties de la deuxième liqueur, c'est-à-dire de l'huile. avec une partie d'argent fin dissous par l'eau forte, précipité par le cuivre et bien lavé et bien séché: qu'on digère cet argent jusqu'à ce a qu'il ait acquis une couleur de charbon. ou plutôt d'un or de départ; qu'on sépare cette chaux noire de son eau en versant le tout dans un filtre. Cette chaux étant séchée et mise dans un creuset, chauffée fée jusqu'à rougeur ou fondue. on trouvera de bon or poids pour poids de l'argent employé. »
De plus, ce sel de Mars est un médicament qui, paraît-il, n'est pas à dédaigner. car douze ou quinze grains fondus dans une pinte d'eau de rivière. nous donnent, toujours d'après lui, une eau minérale agissant par les urines et les sueurs, et d'une action très efficace dans beaucoup de graves maladies.
Le vinaigre. pour en revenir à notre sujet, est en effet ce qu'on peut appeler le grand agent de l'alchimie, comme c'est un composé de soufre et de mercure, il s'insinue dans le corps des métaux, s'attache principalement à leur mercure et à leur soufre, et sous l'effet de la fermentation 1es ramollit en se changeant complètement en leur propre nature (Le Crom).
Dans un vieux manuscrit attribué à de Bremens se trouve une préparation de quintessence de plomb obtenue en traitant la litharge par le vinaigre distillé. L'acétate de plomb ainsi obtenu en masse pâteuse après évaporation, est mis à fermenter deux ou trois mois, et au bout de ce temps le tout est tombé en cristaux qu'on redissout et qu'on fait recristalliser. On a ainsi un vitriol d'aspect brillant et presque nacré, dont les propriétés sont toutes autres que celles de l'acétate de plomb vulgaire.
Mais dans notre chimie actuelle, l'acétate de potasse que l'on appelle aussi Arcane du tartre, tartre régénéré, n'est-il pas aussi un véritable vitriol, quoique très impur ? On ne peut dire en effet que le vinaigre soit un liquide étranger au sel de tartre, vulgairement carbonate de potasse, puisque le vin qui donne naissance au vinaigre est le premier état dans lequel s'est d'abord trouvé le tartre ou pierre de vin qui se dépose par concrétion et qui, calciné ensuite donne le sel de tartre. Donc l'union simple d'un fixe, comme dans notre exemple le carbonate de potasse avec une humidité de sa propre nature comme le vinaigre, doit donner un vitriol, sans qu'il soit nécessaire de les faire passer au préalable par la fermentation ou putréfaction.
Distillons ce sel après l'avoir toutefois évaporé à siccité et transformé en une masse lamellaire (terre foliée de tartre des anciens), chauffons jusqu'au rouge sombre, nous obtenons un liquide rouge noirâtre qui, rectifié pour le séparer des produits impurs et empyreumatiques, nous donne l'acétone ou l'esprit du corps et l'huile ou âme dont les portions les plus légères passant entre 120° et 150°, ont déjà occupé les chimistes sous le nom de dumasine; esprit et huile qu'on aura parfaitement purs en les combinant avec les bi-sulfites alcalins. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il faut répéter souvent cette distillation, si l'on veut obtenir une quantité appréciable de liquide, car, outre que dans le cas d'un vitriol impur, la portion pure seule peut donner quelque chose et qu'elle ne se trouve guère que dans la proportion de une partie sur vingt ; outre cela, dis-je, tout vitriol dans la distillation se décompose en fixe qui reste dans la cornue et en volatil qui passe dans le récipient.
Dans le cas qui nous occupe, le résidu de la distillation n'est donc autre qu'un mélange du sel de tartre primitif avec du charbon.
J'ai dit plus haut que l'acétate de potasse était un vitriol très impur, voyez en effet ce qui arrive quand, desséché à l'état lamellaire, vous le chauffez jusqu'à liquidité. Cette liqueur est alors complètement noirâtre refroidie et pilée dans un mortier de marbre chauffé ; la masse affecte une blancheur d'argent fin, mais chaque fois qu'elle redevient liquide elle reprend sa coloration noire, ce qui n'arriverait certainement pas, si elle n'était composée que de portions pures.
Prenez cette masse blanche après l'avoir concassée, mettez-la encore chaude dans un flacon assez grand, et versez dessus en quantité notable son esprit qui est l'acétone. Faites digérer vingt-quatre heures dans un lieu chaud en secouant de temps à autre, et décantez ; remettez de nouvel acétone et continuez cette opération.
Finalement il vous restera une boue liquide noirâtre qui représente la plus grande partie du flegme et de la terre morte de ce corps, le pur accompagné encore cependant de pas mal d'impuretés, ayant été enlevé peu à peu par l'esprit.
On peut s'en rendre compte au moment des décantations ainsi, lorsque vous avez enlevé votre flacon après digestion de l'endroit où il chauffait doucement, mettez-le dans un réduit frais, vous verrez au bout de quelque temps de fines aiguilles transparentes, comme la glace pure, s'attacher aux parois de votre vase. Mais j'avoue qu'il m'a été impossible de les isoler, car elles finissaient par se dissoudre et s'unir à l'acétone au point de se décomposer dans la distillation.
Voyant cela, je m'y suis pris d'une autre façon.
J'ai mis dans une grande bassine deux ou trois kilos de carbonate de potasse blanc et sec et j'ai versé dessus de bon vinaigre de vin distillé, sans aucun mélange d'acide acétique. Les effervescences passées, j'ai fait évaporer en un liquide brun et très épais que j'ai renfermé dans des pots de grès avec couvercle bien luté, et mis à fermenter deux ou trois mois environ dans le fumier. Au bout de ce temps, le contenu de ces pots ayant été évaporé en consistance de miel épais, par le refroidissement, j'ai obtenu une pâte brune striée et comme constellée de fins cristaux très brillants et très transparents qui ne pouvaient être cette fois que les portions pures du sel séparées par la putréfaction des portions mortes et impures.
La difficulté était de les retirer de cette masse pour les isoler ; j'y suis cependant arrivé quoique imparfaitement, en agitant avec l'acétone et décantant aussitôt. J'ai pu ainsi obtenir une certaine quantité de ces beaux cristaux, malgré la perte nécessaire résultant de l'amollissement de ce sel pur par son esprit l'acétone, ce qui, après la distillation dudit acétone, laissait couler dans le récipient un composé huileux qui, selon moi, n'a pu être qu'un mercure, le mercure de ce corps ou, alchimiquement parlant, un véritable esprit de tartre, que par une nouvelle distillations on obtient pur et limpide.
Puisque nous en sommes maintenant au sel de tartre, nous profiterons de l'occasion pour rappeler que ce sel a toujours été en grand honneur chez les anciens philosophes. Van-Helmont s'exprime ainsi à son sujet : « Si vous ne pouvez arriver à découvrir ce secret du feu, dit-il, en parlant du mercure philosophique, apprenez au moins à volatiliser le sel de tartre, afin de faire vos dissolutions par son moyen ».
Volatiliser le sel de tartre, c'est bien facile à dire, mais comment s'y prendre ? J'ai trouvé, il y a quelque temps, à la librairie Chacornac, un petit livre intitulé « Suite de l'Alkaest » du sieur Jean Lepelletier de Rouen, 1706, où se trouvent relatés plusieurs endroits des ouvrages de Georges Starkey, le disciple de Philalèthe, et où l'on découvre la manière de volatiliser les alcalis, comme « d'en préparer aussi des remèdes excellents, approchant de ceux que l'on peut préparer par l'alkaest. »
Après avoir montré, page 60, que le sel, en général, à parler philosophiquement, dans l'action de la furie de Vulcain s'empare du soufre son voisin, et parce qu'ils étaient tous deux volatils auparavant, ils se fondent ensemble et se fixent en un corps alcali, cet auteur ajoute : « de là vient que les alcalis sont aisément volatilisés, leur génération ne procédant point de principes séminaux et n'étant qu'un déguisement volontaire du sel et du soufre, déguisement que le composé prend pour mieux résiste à la violence du feu », et plus loin : « tout alcali peut donc être rendu volatil en diverses manières qui toutes produisent d'excellents remèdes, mais la moindre de toutes est celle qui se fait avec les huiles tirées par expression. Ces huiles bouillies dans des lessives d'alcalis font un savon, et ce savon contient peu de sel volatil. Les huiles essentielles, à cause de leur volatilité, ne peuvent pas se faire bouillir avec des lessives, mais il y a une voie plus secrète, par laquelle ces huiles et le sel de tartre sont réduits, non en savon, mais en un sel volatil en forme de sucre candi, qui se dissout dans l'eau et dans le vin. Or, entre tous les sels fixes, il n'y en a point de plus grande vertu que le sel de tartre, et entre toutes les huiles, point de plus détersive que l'huile essentielle de térébenthine, qui est une huile claire, pénétrante et de sa nature très diurétique. »
Mais, remarquez qu'en faisant le sel volatil avec une huile essentielle, lorsque la digestion est parfaite et qu'il se dissout dans l'eau sans aucune oléaginosité ou graisse, cette eau semble un véritable esprit qui n'est cependant pas l'esprit de tartre ; car cette eau étant gardée, elle conservera son goût fort. jusqu'à ce qu'il ne demeure plus que du sel, et pour lors, si l'on reverse de l'eau sur ce sel, cette eau n'aura plus de goût, et à la distillation elle passera sans odeur.
Or, c'est cette sorte de sel qu'on doit distiller ou sublimer, si l'on veut obtenir l'esprit, dont Paracelse et Van-Helmont ont fait tant de cas.
Voici la manière d'opérer, qui se trouve à la fin du livre, page 177.
« de bon salpêtre et de tartre blanc; pilez-les à part bien menu, tamisez, mêlez et faites détonner dans un creuset, en l'y versant par cuillerées et l'allumant avec un charbon ardent. Il restera un sel blanc que vous prendrez chaud, le pilerez grossièrement, et le mettrez dans un vaisseau de faïence de large ouverture et qui ait un couvercle ; versez dessus de bonne huile de térébenthine jusqu'à la hauteur de deux doigts au-dessus, prenant bien garde que ce sel n'ait pas pris d'humidité quand vous verserez l'huile, autrement celle-ci ne s'unirait pas au sel. C'est pourquoi il faut que le sel soit encore chaud quand on le pile et qu'on l'imbibe d'huile.
Il faut agiter cette matière deux ou trois fois par jour avec une spatule de buis, tenir le vaisseau couvert, dans un endroit tiède, et y remettre de nouvelle huile à mesure que celle qu'on y a mis d'abord diminuera. Continuant ce travail pendant six mois, ou jusqu'à ce que le sel soit ouvert, qu'il ait bu trois fois son poids d'huile, et qu'il ait pris la forme de savon ou graisse, qui, desséchée et dissoute dans l'eau, donne, par évaporation, le sel volatil ou vitriol de tartre demandé ».
Ce sel, par la distillation sèche, nous fournira en suite l'esprit de tartre, lequel joint à son sel fixe, fait tant de merveilles, suivant de Locques, dans son « Rudiment de Philosophie naturelle », lorsqu'il parle de la manière d'obtenir la « Quintessence de tartre ».
Nous nous arrêterons ici, pour ne pas sortir des limites que nous nous sommes tracées, ne voulant parler dans cet ouvrage que du seul Vitriol Philosophique.


DEUXIÈME PARTIE

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés que de ce que les anciens philosophes nommaient la voie humide, mais il en est une autre appelée la voie sèche et qui a été suivie par Geber et quelques philosophes arabes, tels qu'Avicenne, etc. Contentons nous de dire que l’oeuvre de la Pierre peut indifféremment se commencer par l'une ou l'autre voie, bien que par la suite ces deux voies doivent être alternatives, comme nous l'a si bien dit Eliphas Lévi dans sa philosophie hermétique.
Nous avons vu dans les précédents chapitres que l'obtention du vitriol par voie humide est assez facile si, d'un autre côté, l'ouvrage est un peu long ; mais la voie sèche, bien plus courte il est vrai, est, par là même, plus difficile et nécessite un laboratoire et un outillage dispendieux. qui ne peut se trouver à la portée de tout le monde.
Elle consiste à calciner la matière, de façon à ce que de toutes les fèces, étant réduites en cendres, il ne reste plus que le grain, le principe pur qui résiste au feu, étant de sa nature, aussi incombustible que l'amiante, et qui à force de calcinations, finit par se résoudre complètement, lorsqu'il est traité ensuite par l'eau. C'est de cette opération dont parle Hermès, lorsqu'il dit « Rex ab igne veniet, ac conjugio gaudebit, ac res occulta patebunt. »
On voit donc qu'il ne s'agit que d'être outillé et secondé, pour après quelques essais et tâtonnements, pouvoir réussir assez facilement. Mais il ne faut pas oublier, suivant le sieur de Nuysement, de réitérer ces calcinations et ces lessives, car si on voulait y arriver par une calcination seule et continue, il pourrait survenir deux choses : ou bien que la force des flammes sublimerait et contraindrait à la fuite la meilleure partie de ce que l'on cherche, ou bien que ce grain ou principe pur se vitrifierait avec les fèces ; tandis que de la réitération des calcinations et solutions il arrive deux biens : l'un, que la chose calcinée acquiert par l'accoutumance du feu une subtilité et permanence singulière ; l'autre, que ce qui est souvent dissous acquiert pénétration, impression prompte et subtile et puissante vertu. Telles sont les voies ordinaires pour tirer les pures substances de leurs excréments corrompants, et les élever de la lourde épaisseur terrestre à la pureté ignée.
Voici un procédé qui se trouve décrit assez au long dans le Discours philosophique, de Sabine Shiart le Chevalier, page 167 :
« Après avoir reconnu la matière de la pierre, il faut la piler dans un mortier, pour en faciliter la calcination. On peut, sans crainte, la calciner au fourneau de réverbère et même dans un four de verrier, parce que la matière de la pierre est comme la salamandre qui ne craint point le feu. Tirez ensuite le sel fixe de la chaux en lessivant, faites ensuite bouillir la lessive jusqu'à réduction de moitié, remplissez le vase avec une pareille lessive, et faites encore bouillir jusqu'à réduction de moitié. Il faut répéter cette opération de calcination et lessive, je suppose, jusqu'à huit fois. En mettant chaque fois de côté, les cristaux formés par refroidissement et qui sont le sel résous en eau ou vitriol, et recalcinant seulement les parties fixes qui se déposent au fond du vase.
Après cela, dit-il, vous aurez un sel parfait, c'est ce que les philosophes appellent eau qui ne mouille pas les mains, sans cette eau rien ne pourrait croître dans le monde. Voilà un des plus grands secrets des Philosophes ; voilà l'esprit universel corporifié, et dont on peut se servir pour guérir les maladies les plus dangereuses.
Ce sel ainsi préparé, est le véritable sel de la terre, qui, aux yeux, ne paraît qu'une seule et même chose, mais il en contient cependant trois différentes avec les quatre éléments.
l) Il contient d'abord un esprit volatil et fixe en même temps, quoiqu'il ne soit que d'une nature moyenne.
2) Il contient un sel ammoniac ou sel volatil.
3) Il renferme une substance saline, fixe, alcaline. Voilà ce qui est contenu dans la substance du sel philosophique. »
Crollius, dans sa Chimie Royale, indique également le moyen de retirer le vitriol de Mars et de Vénus. Quand ces métaux ont été bien calcinés à différentes reprises avec le soufre, il les reprend par de l'eau de pluie ou de rosée, dans laquelle le grain pur se dissout et donne un vitriol par évaporation.
Je renvoie le lecteur à son livre pour plus amples renseignements.
Dans ces deux exemples, on a pu remarquer que le principe pur nécessite une lessive complète avec l'eau de pluie ou de rosée, et la raison en est que dans ces eaux se trouve, en grande quantité, l'esprit universel ou le mouvement diffus de Louis Lucas, lequel, rencontrant par cette opération, non seulement un aimant, mais encore une matrice pure, s'y insinue, s'y incorpore avec l'humidité nécessaire, et du grain fixe en fait un vitriol, ce qu'on voit facilement par la distillation ultérieure.
De Respour, dans ses « Rares Expériences sur l'Esprit minéral », nous donne le procédé ci-contre :
Il traite d'abord le zinc par l'antimoine dans un creuset jusqu'à évaporation de l'antimoine puis continuant de chauffer, il sublime ce zinc qui se change alors en oxyde ou pompholix ou fleurs de zinc qu'il enlève avec une spatule de fer, au fur à mesure de sa production, et qu'il nomme cendre métallique du zinc d'antimoine.
« Puis mettez, dit-il, une part de cendres métalliques avec deux parts de salpêtre pur dans un pot de terre, que mettrez au feu l'espace de douze heures, en le mouvant quelquefois avec un bâton, lorsque la matière s'enflera: il faut que la chaleur soit telle que le pot ne devienne nullement embrasé.
Les matières étant refroidies, rompez le pot et mettez la masse en poudre grossière, puis en emplissez des creusets que vous mettrez au feu l'un après l'autre, et ferez si grand feu que vous pourrez. Quand vous verrez que votre creuset commencera à se vitrifier, levez le petit couvercle, et voyez si la matière est de couleur de pourpre, ce que vous connaîtrez, lorsqu'elle semblera ternie comme manque de feu, l'autre signe est qu'un peu auparavant, il y paraît une belle étoile. Retirez tout aussitôt votre creuset, de crainte qu'ayant passé le moment nécessaire, l'esprit mercuriel ne s'enfuie en forme de fumée, de telle sorte qu'étant hors du feu il ne cesse de s'exhaler, et, quand il est parti, la matière demeure d'une couleur grise, et ne peut venir d'autre esprit en sa place ; c'est à vous d'y réussir, vu qu'il n'est pas difficile.
Quant vous aurez retiré votre matière du fourneau, et qu'elle sera refroidie, elle aura la couleur de laque foncée, tirant sur le pourpre. cette opération, je l'ai faite en une heure, mais les modernes n'en ont pu venir à bout qu'en trois heures.
Ils ont nommé ceci le salpêtre rouge; il ne tient qu'à vous d'expérimenter ce que les anciens en ont dit, puisque vous le savez faire. On le laisse résoudre de soi-même si l'on veut, et ainsi il se sépare des fèces en forme de gomme. Quand cette gomme après sa préparation est jointe à une autre gomme, savoir à celle du Soleil, alors elles deviennent comme eau coulante, sous l'éclat métallique. Cette gomme est encore nommée ambre, à cause de sa vertu attractive du soufre corporel ; savon, parce qu'elle nettoie le corps, et sperme, à cause de son odeur. Ils l'ont nommée vitriol, voulant dire, vitrioleum ou huile de verre ; parce qu'elle se tire, comme je vous ai montré, par feu de vitrification.
« Après que le creuset vitrifiant est refroidi, la matière paraît comme une rose, environnée de feuilles vertes, à cause de quoi ils l'ont nommée rose.
« Le sel que l'on en tire, par l'eau commune, a des vertus innombrables: il volatilise tout ce qui est fixe, et fixe tout ce qui est volatil, il ôte le venin du sublimé comme de l'arsenic, et de toute autre chose dangereuse. Etant réduit, ainsi que vous apprendrez plus tard, il dissout l'or et l'argent, comme l'eau chaude liquéfie la glace, sans aucun bruit ni corrosion, montant ensemble par l'alambic. Bref, il fait tant de belles choses, que les livres chimiques ne sont remplis que de ses effets. »
Enfin, pour finir, de Locques, dans son Rudiment, parle aussi de la manière d'amener le carbonate de potasse ou sel de tartre, à l'état de vitriol par la voie sèche :
« Si vous exposez, dit-il, le tartre aux rayons du soleil durant le jour, et aux rayons de la lune durant la nuit, il se coagule et résout plusieurs fois, et devient à un si haut degré de pénétration et de subtilité, qu'on ne peut rien dire de plus grand, à raison de son incroyable vertu... »
Mais ceci est une expérience que je laisserai de grand coeur à ceux qui voudront l'essayer.


TROISIEME PARTIE

J'ai relaté à peu près tout ce que j'ai pu réunir chez les philosophes touchant le vitriol ou matière première, et l'on peut voir par ces diverses citations, qu'avec du temps, beaucoup de soins et de patience, on peut certainement arriver à s'en procurer même une notable quantité.
J'ai parlé aussi précédemment de menstrue puant et d'eau forte changeant l'argent en or, et je ne peux mieux clore cette étude qu'en indiquant la façon de procéder pour l'obtenir. Il est bien entendu que pour ces ouvrages, il faut se servir des vitriols métalliques, le vitriol de tartre ne pouvant être d'aucune utilité.
Extraits d'un manuscrit intitulé:
« De la vraie connaissance de la nature et de la recherche de ses secrets. »
1° FIXATION DE LUNE. VÉRITÉ PRÉCIEUSE.
Prenez: Vitriol romain rubifié : 4 livres
Sel de nitre raffiné : 6
Alun de plume déflegmé : l
Alun de roche déflegmé : l
Faites une eau forte de ces matières, en ayant soin de bien luter les jointures de la cornue avec le récipient pour que les esprits ne s'évaporent.
Je n’ai pas besoin d'ajouter que le récipient doit être vaste et le feu mené d'une façon très douce en commençant, doit augmenter insensiblement durant tout le long de l'opération pour devenir fort à la fin. Pour ce qui est du vitriol, on sait la façon de le préparer ; quant à l'alun de plume, alun à base de magnésie et d'oxyde de fer, si on ne peut s'en procurer, on le remplacera simplement par l'alun de roche, toujours bien déflegmé, c'est-à-dire débarrassé de tous ses équivalents d'eau de cristallisation.
Ensuite, quand l'eau forte est obtenue :
Prenez : Antimoine minéral concassé l once
Brique rouge pilée l
Verdet (acétate de cuivre) 1
Cinabre commun l
Arsenic 2

le tout bien pilé et les incorporez ensemble.
Mettez les dans une cornue et y ajoutez la susdite eau-forte, distillez une seule fois, donnant quatre heures de grand feu de flammes sur la fin ; ensuite mettez sur chaque once de cette eau, vingt-trois grains d'argent.
Laissez déposer, versez le clair par inclination et par ce moyen votre eau sera purgée et déflegmée, ensuite desséchez la chaux de lune et la fondez.
Prenez un marc d'argent qui est huit onces, et trois marcs d'eau-forte commune (acide azotique ordinaire), faites dissoudre, ensuite faites évaporer les deux tiers, et à une livre de l'eau susdite, joignez les huit onces de lune dissoute et mettez ce mélange dans un matras surmonté d'un autre de rencontre, lutez bien, puis mettez au fourneau avec une lampe à cinq fils au-dessous, pendant trente jours, et vous verrez au fonds du matras la quatrième partie de l'argent tombée en paillettes d'or à 24 carats.
Tirez cet or et ajoutez autant pesant de lune que vous dissoudrez auparavant, lutez comme la première fois avec des bandes de papier décrassé et vessie de boeuf et lut de sapience, et remettez au feu de lampe pendant trente jours comme dessus; et par ce moyen tous les mois vous aurez pour chaque livre d'argent, quatre onces d'or fin, c'est ce qui est très vrai et très éprouvé:
Ce feu de lampe doit être dans un pot qui lui serve de tour avec quelques trous pour respirer et pour donner de l'air au feu de lampe; ce feu doit être continuel et sans interruption. La tour ou pot dans lequel sera le matras doit être pourvu d'un couvercle qui couvre tout, et le matras doit être sur un trépied de terre cuite, et la lampe dessous.
Par ce moyen, on peut multiplier les matras et les fourneaux ou pots comme dessus, de manière à faire une livre d'or par jour ; ayant la facilité de rester la pour opérer. C'est une minière éternelle à toute épreuve. La susdite eau s'affaiblissant. se doit renforcer en la manière que dessus, avec l'antimoine, brique rouge, etc., parce que tout argent travaillant se débilite et s'affaiblit.
Il faut bien faire attention de faire les choses exactement. Pour faire l'eau-forte sans inconvénient, il faut diviser la matière de manière à en faire six cornues, on mettra deux livres de matière seulement dans chaque cornue comme j'ai fait. Cette eau se fait de la même manière que l'eau-forte ordinaire et à la fin lorsqu'il ne distille plus rien, donnez pendant quatre heures feu de flammes violent.
Cette eau graduatoire étant terminée, faites comme il suit pour ne pas manquer:
Prenez une livre d'argent de coupelle en grenailles, faites-la dissoudre en eau-forte ordinaire ; étant dissoute, évaporez les deux parties de l'eau par l'alambic avec sa chape pour que les esprits ne s'évaporent. et que cette eau serve une autre fois: étant évaporée, ôtez le leu et laissez-la refroidir douze heures et votre lune sera tombée en cristaux ; alors mettez-la sur l'eau graduatoire que vous aurez faite, et soudain l’argent se mettra à travailler de même que dit la recette, et vous trouverez la vérité.
Et si on veut faire une plus grande quantité d'or, il faut rougir le vitriol romain, comme il suit.
Prenez telle quantité de vitriol romain que vous voudrez, toujours après ramollissement et putréfaction dudit vitriol, mettez-le dans un urinal de terre qui résiste au feu avec sa chape et récipient bien luté. Vous lui donnerez feu lent de distillation, il en sortira quantité d'eau comprenant l'esprit et l'huile, et lorsque le vitriol dans l'urinal sera en forme de chaux, arrêtez votre distillation, et remettez son eau dessus et distillez tant de fois en cohobant jusqu'à ce que le vitriol ne jette plus d'eau et soit devenu blanc, alors augmentez le feu d'un degré. il deviendra tout rouge: c'est là le vitriol rouge et rubifié. Otez-le de l'urinal pour vous en servir à faire votre eau comme il est dit plus haut. Toutes les fois que vous remettez l'eau sur le vitriol, remuez avec un bâton pour bien incorporer. On pourra tirer aussi le sel des fèces de l'eau-forte et avec celui-ci cimenter la lune deux ou trois fois, vingt-quatre heures chaque fois, et le sel adoucira l'argent, lequel ainsi préparé doit être dissous dans l'eau graduatoire faite avec le vitriol préparé comme il vient d'être dit, et vous retirerez au lieu de deux onces et demi d'or par livre d'argent, cinq onces d'or parfait à toute épreuve, et surtout que l'alun de roche dont on se servira soit bien flegmé ; vous aurez par là l'accomplissement de ce grand secret.
2° OEUVRE LUCRATIVE (MANUSCRIT MAHOT)
Prenez: Vitriol rubifié.4 livres
Salpêtre 3 livres
Cinabre 250 gr.
Sel ammoniac 250 gr.

Distillez dans une cornue à col court et large ; à feu très lent de distillation que vous augmenterez peu à peu selon l'art, et dans un vaste récipient.
Dans cette eau forte, faites dissoudre de l'argent et par un urinal distillez les esprits de ladite eau, mais point jusqu'à siccité de la matière, cohobez ces esprits sur la matière de l'argent dans le même urinal comme dessus par distillation trois ou quatre fois, et à la dernière vous distillerez à siccité de la matière, et la matière étant bien sèche, vous la pilerez et la laverez trois fois pour l'édulcorer, puis la sécherez, la mettrez art départ, et vous aurez une grande quantité d'or fin.
3° EAU QUI ECLAIRE LA NUIT ET QUI TEINT LA LUNE EN OR
Tirez l'esprit et l'huile de bon vitriol, puis calcinez bien le caput mortuum, et en tirez. le sel avec vinaigre distillé selon l'art ; desséchez-le et le pulvérisez. Ensuite, repassez par-dessus l'esprit et l'huile tant de fois en broyant et redistillant fortement à la fin, que tout le sel passe en eau et liqueur. On met d'abord 10 parties de volatil sur une partie de fixe, puis lorsque tout est passé, on recommence dix parties sur une de la même façon, jusqu’à ce que tout le fixe soit enlevé par le volatil. Cette eau éclaire la nuit comme une chandelle allumée, et si vous cuisez en icelle de la chaux de lune, elle la teindra et fixera en or, et même elle fixe l'amalgame fait de mercure et d'argent.
Toutes les fois que l'on dit : prenez du vitriol, il est bien entendu qu'il ne s'agit que du vitriol dont nous avons donné la préparation suivant de Locques, sulfate de fer par exemple, préalablement réduit en beurre et ensuite soumis à la putréfaction. Par vitriol romain, suivant Chambon dans son « Traité des Métaux », on entend un vitriol pierreux qui se rencontre quelquefois dans les mines, lequel, frappé d'un acier, rend du feu comme la pierre à fusil.
Il y en a considérablement dans les mines d'or de Hongrie, et quand il se rencontre de ce vitriol dans les mines, cela est d'un bon présage. On appelle ce vitriol Romain, non pas qu'il en vienne plus de Rome ou de son territoire que d'ailleurs, mais c'est par son excellence entre les autres vitriols qu'il porte ce nom. Les philosophes l'ont appelé aussi Usnea (Chambon).
Je n'ai pas besoin d'ajouter que, dans le cas où l'on parviendrait à s'en procurer, il lui faudrait toujours faire subir la même opération qu'au vitriol commun ou vitriol vert dont les propriétés, si elles sont inférieures aux siennes, ne doivent l'être que très peu, et qui a du moins l'énorme avantage de se trouver sous notre main.
Extraits de la « Nature dévoilée »
La salsaginosité est le commencement et le fondement de toute coagulation. C'est la chose la plus prochaine dans la terre pour être convertie en pierre précieuse. Ainsi l'esprit étant d'une nature saline spermatique est disposé à se coaguler quelque volatil qu'il soit, et il faut bien concevoir que l'acidité est l'esprit ou la semence universelle qui, par la putréfaction et la fermentation, a pris une nature saline et coagulante.
Les minéraux prennent donc leur origine des parties plus fixes du sperme universel, c'est-à-dire du salpêtre et du sel, et spécialement des vapeurs spiritueuses corrosives de ces deux fortement fermentés, en un mot de l'esprit de nitre et de celui du sel mêlés ensemble, qui attaquent avec violence la terre changée en pierre, la corrodent, et en font un gurh vitriolique ou alumineux.
Ainsi comme les minéraux sont nés du sperme universel plus fixe et plus spiritueux, il faut aussi que par la semence ou par l'esprit de nitre ou de sel, chacun se résolve et se réduise, suivant son degré en un sel essentiel ou vitriol, et celui-ci en vapeur ou en une eau corrosive.
Cette eau corrosive est la clef principale de toute forteresse; aussi doit-on toujours avoir une bonne quantité d'esprits de vitriol et d'alun, parce qu'ils sont un humide minéral propre pour tous les astres rouges et blancs. Les anciens ont sagement et avec raison placé le salpêtre à côté du vitriol pour acuer le vitriol par le salpêtre, afin de pénétrer mieux les sujets minéraux. et ils ont tiré du salpêtré du vitriol, par la distillation, un menstrue universel pour le régime minéral. Les métaux y devenant volatils et passant ensuite en bonne partie avec lui par la distillation.
On fait ordinairement ce menstrue de deux parties de vitriol et d'une ou deux parties de salpêtre. Après qu'on a calciné le vitriol, on le mêle avec le salpêtre CrU, et on en distille une eau forte qui fait le même effet, de quelque manière qu'on la compose, mais ce n'est pas là une bonne méthode, en voici la raison. Lorsque le salpêtre est joint au vitriol, dans la chaleur, le vitriol qui a un soufre brûlant, est contraire au salpêtre, et il en chasse promptement son esprit, avant qu'il ait bien pu attaquer et résoudre le vitriol. De cette manière l'esprit de nitre passe dans le récipient, et n'emporte avec lui qu'une petite partie du soufre vitriolique le plus volatil, dont même l’eau-forte retient l'odeur fétide, et ce qui reste est du vitriol fixé, autant que le salpêtre et le feu l'ont pu faire.
La véritable méthode est celle-ci. Faites d'abord un esprit de nitre ordinaire (A 205, H O), prenez-en une livre ; versez-le sur une livre de vitriol pur (3) et calciné à blancheur (pas rubéfié,. mais calciné seulement jusqu'au blanc) ; mettez-les dans une retorte, et distillez-en l’eau-forte au sable, par degrés lents, et seulement jusqu'au troisième degré, afin que le vitriol ne s'y calcine point. Car si vous distillez l'eau-forte violemment sur du vitriol, vous fixerez plutôt le vitriol que de le résoudre. Lorsque l'eau forte sera passée, ajoutez-y encore une livre de nouvelle eau-forte et versez le tout sur le vitriol resté dans la retorte. Faites-les dissoudre et digérer ensemble, un jour et une nuit, distillez ensuite lentement et seulement jusqu'à la troisième partie : le vitriol sera au fond comme du beurre, et gras comme de l'huile. Il est alors un gûrh minéral, régénéré et spiritualisé, qu'il faut réduire en une vapeur liquoreuse, si l'on veut qu'il puisse résoudre les choses de sa nature.
Reprenez l'eau forte qui est passée; ajoutez-y encore une livre de nouvelle eau-forte, de manière qu'il y ait en tout trois livres d’eau-forte jointe à une livre de vitriol ; faites-le résoudre et digérer de nouveau un jour et une nuit ; distillez ensuite de même lentement par degrés, et vous verrez passer avec l'eau forte, la plus grande partie du vitriol très spiritualisé; il faut recohober jusqu'à ce qu'il passe entièrement, et qu'il ne reste plus rien au fond de la retorte ; alors, on le fera encore passer, sans addition, une ou deux fois, et par ce moyen l'on aura le véritable menstrue radical, propre pour réduire tous les astres rouges et blancs en leur première matière, et les rendre semblables à lui.
Mais auparavant chaque métal ou minéral. ayant passé par le feu, doit être préparé spécialement. et pour cela il faut lui rendre les principes qui lui ont été ôtés. Ainsi auparavant, l'or se calcine avec le soufre, l'arsenic et l'antimoine ; et la chaux qui en est faite, se résout facilement avec ledit menstrue.
L'argent, le cuivre, le plomb et le fer, de même que la minière d’étain se calcinent avec le soufre et se résolvent avec le même menstrue, comme aussi le mercure sublimé avec du soufre et du sel commun. Le vitriol s'y résout également. L'antimoine bien mêlé avec le soufre, au feu, jusqu'à ce que le soufre soit brûlé, se résout aussi dans le même menstrue.
Prenons maintenant pour exemple une minière, celle que vous voudrez, et après l'avoir pulvérisée, faites-la rougir dans un creuset par un feu plus ou moins fort, suivant sa fixité.
Lorsqu'elle est rougie, aspergez-la avec une quantité de soufre commun, remuez bien le tout ensemble avec un fil de fer jusqu'à ce que le soufre soit tout à fait brûlé ; alors la minière est préparée à pouvoir être dissoute dans le menstrue.
Prenez alors de cette minière ainsi préparée une partie, mettez-la dans un alambic ; versez dessus trois parties du menstrue susdit; digérez au feu de cendres ; versez doucement par inclination. ce qui est clair et résous; et sur ce qui ne l'est pas, versez-y encore le triple de son poids du menstrue, et faites digérer, jusqu'à ce que tout soit résous et devenu en liqueur claire. Alors la minière est dans son premier état ; si vous distillez cette liqueur au sable par la retorte ou par l'alambic, jusqu'à la troisième partie, que vous laissiez refroidir le résidu. et que vous le mettiez à la cave, afin qu'il se cristallise, vous aurez un vitriol, et materiam primum illins minerae renatam. Si vous résolvez encore ce vitriol dans trois parties de menstrue nouveau; que vous le distilliez et cohobiez par la retorte jusqu'à ce que tout soit passé, vous aurez. une liqueur vaporeuse et primordiale qui ne peut plus être rétrogradée, elle touche avec la racine au règne minéral, et avec la tête au règne végétal.
Vous avez ici le minéral entier avec tous ses principes: car il n'a perdu ni son soufre, ni son arsenic ni sa marcassite, comme les métaux affinés les ont perdus dans la fonte; et tous ses esprits vitaux et nutritifs ont été conservés. Vous pouvez en faire l'expérience en y faisant digérer l'argent.
Si vous voulez coaguler et fixer cette liqueur ou huile minérale. il faut la cuire et digérer au bain-marie, pendant trois jours et trois nuits, dans une cucurbite basse, avec son chapiteau et récipient, et en distiller l’humidité superflue. Lorsque rien ne veut plus monter, remettez aux cendres ; distillez doucement tout le phlegme ou l'esprit faible : mettez le résidu dans une fiole, et faites-le coaguler aux cendres. Il en proviendra une pierre saline plus fluide au feu que l'huile, et qui, à l'air, se congèlera comme la glace. Il n'est pas besoin de boucher votre fiole, car rien ne monte. De cette manière, vous aurez la quintessence minérale, mais toute corrosive et nuisible à la nature humaine, elle n'est bonne que pour la transmutation.
Nous avons vu comment l'eau-forte faite de vitriol et de salpêtre peut réduire les métaux et les minéraux en leur première matière ou vitriol.
Nous allons montrer maintenant comment l'on peut s'en servir pour fixer. augmenter et perfectionner directement les métaux.
Méthode pour se servir des feux acides pour la fixation, augmentation et perfection de tous les minéraux.
(Clef d'alchymie, page 83)
Si vous voulez perfectionner le plomb, l'étain et le zinc, il faut les réduire en grenailles, parce que s'ils étaient trop menus, il se ferait trop grande ébullition dans la dissolution. Votre grenaille faite, mettez-la dans de grandes cucurbites et y versez peu à peu de vos feux concentrés, celui de nitre et de vitriol est le meilleur pour cette opération. En peu de temps, vous verrez vos métaux réduits en poudre blanche qui est la vraie calcination philosophique qui fixe et conserve toutes les parties du composé ; et votre métal étant réduit en cendres blanches, séparez le dissolvant par la distillation, en sorte que le vase contenant la matière rougisse pendant une heure pour le moins, afin que tous les esprits se séparent et passent dans le récipient qui doit être bien luté, et vous trouverez au fond de la retorte votre cendre métallique, laquelle réduite en métal et passée par la coupelle, vous laissera un profit considérable d'or et d'argent, particulièrement l'étain et le zinc. Ces deux derniers n'étant presqu'en toute leur substance, qu'un soufre d'or cru et volatil, que le menstrue a achevé de mûrir et de fixer.
Il est à observer qu'avec l'esprit de nitre seul, on peut obtenir des résultats très appréciables, car le nitre tient renfermé en sa puissance la véritable teinture de l'or, et en la faisant cuire comme il faut, on peut lui donner une forme parfaite, et la communiquer aux métaux qui, ayant manqué de soufre et de mercure, n'ont pu manifester et mettre en dehors ce que cette médecine découvre et développe en eux.
Pour clore cette étude, il ne me reste plus à parler que d'un seul vitriol, mais ce vitriol ou plutôt la façon de l'obtenir ne se trouve pas encore à la portée de tout le monde. Afin d'expliquer sa production, je me vois forcé de remonter à la génération du mercure vulgaire, et pour cela je ne crois pas mieux faire qu'en citant textuellement le discours philosophique de Sabine Stuart Chevalier sur ce sujet.
..... « Nous avons déjà dit, que dans le temps que le mercure vulgaire se forme dans les entrailles de la terre, il existe premier lieu sous la forme d'une eau limpide, et nous ajouterons qu'il tombe en larmes quand la nature le produit dans les minières, où il se fixe, se cuit et se convertit en métal par l'odeur du soufre plus ou moins pur qui produit tous les métaux parfaits et imparfaits, selon le degré de pureté où se trouve ce soufre, lorsqu'il répand sa vapeur sur le mercure, qui est sur le point de se métallifier.
Mais quand le soufre de nature ne se trouve pas au degré de perfection nécessaire, et bien imprégné de l'esprit universel, il ne saurait produire que des métaux bâtards, des minéraux, et des pierres au lieu d'or et d'argent.
Les minières abondantes sont toujours redevables de leur existence à une abondance de soufre. qui opère toujours une génération métallique abondante. Lorsque la circulation du soufre vient à être interrompue, l’eau métallique ne se fixe plus, ne se congèle plus, et reflue des entrailles de la terre au dehors. Aussitôt que cette même eau sent la crudité de l'air, sa chaleur naturelle se concentre intérieurement: elle se coagule en forme de plomb liquéfié, en retenant un mouvement continuel, et c'est ce qu'on appelle mercure vulgaire.
Pour avoir le mercure philosophique, il faut dissoudre ce mercure vulgaire ou cette eau métallique, sans rien diminuer de son poids ; car toute sa substance doit être convertie en eau philosophique.
Les philosophes connaissent un feu naturel qui pénètre jusqu'au coeur du mercure et qui l'éteint intérieurement ; ils connaissent aussi un dissolvant qui le convertit en eau argentine pure et naturelle, elle ne contient ni ne doit contenir aucun corrosif.
Aussitôt que le mercure est délivré de ses liens, et qu'il est vaincu par la chaleur, il prend 1a forme de l'eau, et cette même eau est la chose la plus précieuse qui soit dans le monde. Il faut bien peu de temps pour faire prendre cette forme au mercure vulgaire.
Cette eau ne mouille pas et ne s'attache pas aux mains, comme l’eau ordinaire ; quand on la met avec des métaux imparfaits, elle ne fait que séparer, d’une manière merveilleuse, toutes les impuretés dont ils sont remplis ; elle s’unit avec eux, se fige, et se corporifie en substance métallique.
C’est là ce vitriol pur auquel Le Crom fait allusion, lorsqu’il dit : « Je sais qu’il est une voie bien plus courte et bien plus aisée pour retirer le sel fixe des métaux imparfaits, avec encore une plus grande abondance, mais c’est une matière que je ne ferai qu’effleurer, la laissant volontiers à la disposition des maîtres de l’art. »
Nous voyons que, pour y parvenir, nous n'avons qu'à rechercher ce dissolvant, ce feu secret qui doit délivrer le mercure de ses liens, et c'est ce qui fera le sujet de notre prochain ouvrage.
FIN
l) Visite les entrailles de la terre, tu trouveras la pierre cachée.
2) Je ne saurai trop recommander, toutes les fois que l'on se servira de vinaigre distillé en alchimie, de bien veiller à ce qu'il n y entre aucune addition d'acide acétique.
3) Le sel de Le Crom semble tout indiqué pour cette opération. Il ne reste plus qu'à le calciner à blancheur. On peut encore se servir du vitriol ordinaire après sa putréfaction. On le traite par le vinaigre distillé qui ne dissout que les parties dures. Bien évaporer en distiller ensuite le vinaigre. Le vitriol restant est ensuite amené à blancheur par distillation des esprits, comme on l'a déjà indiqué. On s'aperçoit que tout le vinaigre est enlevé et que le vitriol commence à distiller, lorsque les fumées blanches apparaissent. On change alors le récipient.



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#85 Marek

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Posté 28 décembre 2003 à 16:22

ROZE CROIX II
Nous avons vu les origines spirituelles de la RC dans la première partie.
Nous devons maintenant aborder une partie plus difficile où Andrae retire sa responsabilité dans l’affaire de la RC.
On a prétendu que l’attitude d’ Andrae condamnant après 1616 la société qu’il était supposée avoir crée n’était pas celle d’un fondateur ou d’un participant.
Il ne faut pas l’entendre ainsi : en fait dans sa Turris Babel il écrit « Certains-des écrits- sont manifestement infâmes, certains confus…certains pieux et sages.Dans tous on trouve quelque chose d’utile ; quelques uns montrent la somme de toute l’affaire, d’autres sont manifestement faux et mensongers.Celui qui confond tout cela également indifferent se tropera certainement tout à fait ».Un jugement tel que celui-là est certainement un engement vis à vis des aspects sains de la RC.
Il écrit toujours dans sa Turris Babel :’je ne quitterai jamais la vraie fraternité chrétienne qui, sous la croix, sent la rose…et qui s’éloigne tout à fait des souillures du siècle….je voudrais avec tous les dévôts l’ériger et commencer plus raisonnablement’
(ce qu’il tentait avec sa première union chrétienne).En 1619, dans sa Mythologie Chrétienne, se plaignant de ce qu’on l’ait traité de ‘frère sans société’ il s’écrie :’pendant ce temps ,on ne pouvait savoir si les amis riaient ou s’en affligeaient :la seule chose certaine c’est qu’il ne m’ont pas secouru :effrayés par les aboiements, ils ont couru à leurs affaires’.
Il n’était pas seul mais était le plus compromis.

Les Premiers RC devaient faire attention de ne pas se faire accuser d’hérésie.Il a beaucoup de difficultés pour obtenir son ordination comme nous l’avons vu et vaincre les résistances des milieux officiels.Compromis dans l’affaire de la FAMA, il devra livrer de nombreuses déclarations officielles d’orthodoxie.Dans la Mythologie Chrétienne il s’écrie :
« il oppose les vrais Luthériens aux ‘anabaptistes et aux impostures Weigeliennes ou …celles des Rosicruciens et des pseudos chimystes »

Quoique chef d’une grande abbaye et favori du Prince il devait se distancer, encore et encore.
En 1616 l’affaire tournait mal ( le père Garasse en France réclame le fer et le feu pour la « Fraternité »)
Ce fut la débandade dans le groupe d’amis.Tous avaient publié sous pseudonyme, mais beaucoup étaient identifiés.
Andrae dénonçant les faux frères à indisposé les défenseurs du mouvement.En défendant la doctrine, il déchaîna la colère des adversaires.

En 1618, Agnostus prend Andrae à partie ‘Qu’ Andrae de Valentia nous raille à son gré..nous qui s’imagine que nous ne savons pas qu’il est stipendiarius de Tubingen’ ce qui voulait dire qu’il était boursier et payé par l’université orientée par la nouvelle politique libérale de Jean frédéric.

Il va devoir passer le reste de sa vie à laver les calomnies infâmantes qui durant dix huit ans l’atteignent au quotidien.Son amitié avec Arndt était un des éléments qui jouaient contre lui.Il déprécie ceux de ses écrits qui ont trait à l’affaire.Il prétend ses ‘Noces chymiques’ datées par lui entre 1602 et 1604.

On peut considérer qu’un groupe d’amis parmi lesquels Andrae conçut la mystification Rosicrucienne et son but et rédigea les divers manifestes.Dès la publication, d’autres entrèrent en lice et allaient en deux ans créer la confusion la plus totale.
Le groupe de Tubingen est hostile aux Jésuites et ouvert envers le catholicisme, ce qui portera par ailleurs Besold comme nous l’avons vu à se convertir en 1630.
Dans le groupe d’amis d’Andrae au moment de sa publication de la FAMA nous trouvons les personnes suivantes :
Johann Gerhardt dont l’amitié envers Andrae valut à celui ci autant de désagréments que son amitié pour Arndt.Sous la direction d’Arndt qu’il poursuit ses études à Iéna où il professe à partir de 1605.Il publie des méditations sur divers saints : Augustin, Bernard, Thomas a Kempis..Gerhardt tout comme Arndt sont accusées de Weigelianisme contre lequels les RC puis Andrae devront également se défendre. Il publiera 50 traités et écrira plus de dix mille lettres, il participera de participer à la nouvelle constitution écclésiastique, apaisera les querelles entre théologiens, négociera la paix avec les Jésuites de Dillingen dont il fut un des adversaires les plus opiniâtres, spécialement de Bellarmin, bête noire des Luthériens qui dirige la
Contre réforme à partir de Rome et souhaite la décision des armes.Canonisé, Bellarmin (1542-1621)
Incarnait à cette époque la contre réforme.Grégoire XIII avait fait un chois éclairé en appellant cet homme à Rome en 1576 pour lui confier la chaire des controverses avec les hérétiques dans son nouveau collège Romain.
Paul V le nomma inspecteur du collège germanique.Le Jésuite talentueux pouvait mieux préparer à la lutte les défenseurs de l’orthodoxie romaine en Allemagne et rendre possible le colloque de Durlach et la paix de Dillingen que négocieront plus tard Gerhardt et d’autres amis de Andrae.
D’emblée, Gerhardt s’en prit à cet homme qui avait doté la catholicité de son premier catéchisme.

Lyser, qui nous l’avons vu avait été formé par le grand père de Andrae était beaucoup moins scrupuleux sur sa prédication.Néanmoins c’est lui qui rédigea le catéchisme luthérien ou Triple déclaration.Il était au premier rang de la lutte contre les Calvinistes et les Jésuites. Lorsqu’en 1595 Hasenmüller lui demanda de préfacer sa plus que douteuse ‘histoire des Jésuites’il entra en une rage folle contre les Jésuites..le livre de Hasenmüller intitulé ‘histoire des frérots ‘(fraterculi, injure qui reviendra sur les RC) ne recule devant aucune injure.Polycarpe Leyser junior, qui devint le camarade de Andrae et il symbolisait dans le groupe la lutte contre les Jésuites.Thomas Wegelin d’Augsbourg demeurera célèbre par ses querelles avec les Jésuites.

Ainsi Leyser père et Hasenmuller,Gerhardt, Leyser fils et Wegelin ont été dans le choc contre les Jésuites de 1595 à 1620.Le concours des trois derniers expliquerait leur aspect de machine de guerre anti-jésuistique, car en lisant la préface et ses allusions aux vrais et faux jésuites, il s’agit essentiellement d’opposer à la compagnie ‘des Jésuites qui ne mentent pas’.

Le chiliasme mystique chez Gerhardt prend un tour plus rigoureux chez Jacob Hainlin de Tubingen et Wilhem Schickard.Schickard prétend nous révéler la clef ‘ avec laquelle furent enfermés les temps mystiques sacrés dans les sept jours de Daniel’et des calculs précis lui permettent de situer toute l’histoire du monde depuis ses origines jusqu’à son heure dernière qu’il croyait proche….
Kepler ne manqua pas de voir en Hainlin, disciple de Maestlin, également précepteur de Kepler et il stimula son goût pour les mathématiques et l’astrologie où Schickard excellait.Hébraïsant, traducteur et éditeur de nombreux textes rabbiniques, il était dans le groupe Besold-Andrae-Wense le spécialiste de la cabale et de l’astrologie qui jouent un rôle important dans les manifestes rosicruciens.
Un autre ami de Kepler, Mathias Bernegger (1582-1640) fit paraître les œuvres de Galilée traduite par lui de l’italien , était estimé par Grotius que Louis XIII allait estimer et soutenir.Ce fut lui qu’ Andrae alla visiter au retour de son exil en 1607.Ils avaient dû communier dans leur admiration pour Tauler qu’ Arndt tenait en très haute estime.

Il y a Saubert aussi, éditeur des œuvres de Melanchton très familiarisé avec la confession d’Ausbourg dont la Confessio RC cherche à imiter le tour.Le reste de la liste d’Andrae ne sont pas négligeables, il y a les deux dynasties wurtenbergeoises des théologiens luthériens, Tobias hess et Wilhem Bidenbach,Enenkel, Baltas,Daniel Hikler de Linz et Michael Teller de Vienne et le Hollandais Joachim Wickefort d’Amsterdam.Cela explique pourquoi la Fama paraît d’abord en version hollandaise à francfort et la traduction française en 1616 à Amsterdam.

En 1620, du fond de sa prison, Campanella renseigné sur tout ce qui se passait en Europe écrit au sujet de la fraternité « lorsque ce phantasme fut lancé dans le monde, quoique la Fama et sa Confessio témoignent clairement en maints endroits qu’il ne s’agit que d’un jeu secondaire pour esprits oisifs…dans tous les pays, même des hommes et des esprits très dévôts se sont laissés leurrer au point d’offrir leur service et bonne volonté, parfois avec l’indication de leur nom…’(in Monarchie Espagnole).

A la fin du siècle Leibniz soupçonne « que les frères RC sont une fiction ce que m’a confirmé Helmontius »

A la même époque, Gottfried Arnold, après avoir recueilli quantité de témoignages et compulsé la littérature rosicrucienne, conclut que la fraternité n’a jamais existé, qu’il s’agit d’une mystification et non d’une réalité :
« Les zélés ennemis de la RC ont erré jusqu’à ce jour en prenant cette mystification pour une véritable société et en en formant à volonté toutes sortes d’hérésie, enthousiastes ou songe-creux… »

Le pamphlet de Henri Neuhaus affirme qu’on cherche en vain des frères de la RC en Allemagne,
Parce que peu après la fondation de l’Ordre les « authentiques » frères émigrèrent dans l’Inde et qu’ils vivent là bas sur les hauts plateaux du Tibet.En 1747, Fictuld prend cette plaisanterie au pied de la lettre et l’adopte pour justifier sa rupture avec les loges Rose croix maçonnique et exalter la Rose croix d’Or qui vient juste de naître.Sédir replace cette légende en 1937 et déclare que cette émigration s’est produite en 1618, date de l’opuscule de Neuhaus.

En 1618, Agnostus ( Inconnu) par une lettre ouverte parue en 1619 ne se borne pas à annoncer l’arrivée d’une comète, il annonce pour le 29 novembre 1619 l’arrivée d’un délégué de la Fraternité appelé Elman Zatta
Zatta serait tout bonnement le ‘supérieur Inconnu’ (der unbekannte Obere) ou le supérieur ‘Secret’ (der Geheime Obere)
Une société occulte publierait par voie de presse, même sous pseudos de telles nouvelles…

Cela fait partie du jeu.Cet Elamn zatta figure avec les mythiques Hugo de Alverda, Frison, François de Bry comme signataire d’un ouvrage attribué à ‘Agnostus’.Alverda aurait vécu 579 années, Zatta 463 années et 576 en ce qui concerne Bry)

Descartes déclare qu’il a vainement chercher à nouer des relations avec la RC.
Les modernes convaincus de l’existence de cette société se rabattront sur les légendes qu’on vient de citer.

Ainsi de la lettre de ‘recrutement ‘ d’ Agnostus envoyée par toute l’Europe et prise au sérieux par beaucoup d’histériographes :
« par vous, frères illustres, me semblent offerts généreusement les moyens nécessaires à ce résultat » le signataire de la lettre demande son admission en ces termes : suivait alors un engagement de l’homme vis à vis de lui même d’entrer dans le chemin de perfection.La lettre de recrutement ne devait pas être renvoyée.

Une demande collective publiée à Amsterdam par Bringeren, éditeur de la FAMA, publie une demande collective prétendument rédigée par ‘plusieurs maîtres et compagnons (de guildes)’ qui attendent les ‘frères RC’ en Hollande.
Il s’agit de nouveau de mystifications poursuivant un but précis.

En fait la ‘ Fraternité’ est un mythe merveilleux, une allégorie biblique comme l’est son Palais :
« Quand les Frères, de pierres extérieures seront devenus des pierres intérieures et spirituelles ou des pierres particulières de la roche commune, ils donneront la vie à tous les mortels (Haselmayer-rendre vivant ce qui est mort)
Le bâtisseur de cette maison est appellé architecte.Sous la forme d’un architecte, le frère travaille à l’achèvement de cet édifice suivant le mot de l’apôtre : par la grâce de Dieu qui m’est donnée, j’ai posé les fondations en architecte sage ; mais un autre batira sur ces fondations.Que chacun voie comment il y bâtira ! Personne ne peut poser d’autres fondations que celles posées et qui sont Jésus Christ »

Ce palais est immatériel, c’est là où l’initié assiste au mariage de la fiancée avec Dieu c’est à dire l’union mystique, l’ Illumination.

Créant un siècle plus tard les ‘loges’ réelles la FM s’inspirera des produits de l’imagination allemande.

On imagine le soupçon qui va peser sur Andrae, lorsque remis de la plaisanterie de la Fama et de la Confessio il cherche à créer une société véritablement chrétienne.Malgré ses tentatives de l’Union chrétienne de 1620, la main droite tendue de l’ Amour chrétien. En 1628 cependant, malgré les aléas de la guerre civile en Allemagne, l’idée d’Andrae resurgit et des publications supplémentaires de’ la main droite tendue’ sont enregistrées. Zetzner, à Strasbourg réimprime ‘l’invitation et on assiste à la parution d’un nouveau manifeste intitulé ’Projet d’une vraie union en Jésus Christ’. Cette année là Andrae ressere son groupe sans qu’on puisse parler de société secrète.Naturellement Andrae veut promouvoir une réforme du monde, de fonder la société chrétienne. Morsius mentionne que ‘le projet d’une vraie union’ était loué par les destinataires qui ne savaient pas d’où venait l’ouvrage.Coménius aujourd’hui si décrié accuse réception et désire savoir ce qu’il en est exactement, s’il peut participer au mouvement en tant qu’admirateur, voire même fils d’ Andrae. Andrae lui répond :
‘Je t’accueille dans l’amitié si tu te voues à la pure vérité et que tu laisses dominer la liberté chrétienne par amour’
A la fin de sa vie Coménius laissera une note qui se lit :
« Dieu allume chez nous la grande Lumière…collège de la lumière pour la fondation de l’ Eglise vraiment catholique ,philadelphique, jeu de la sagesse de Dieu dont le début fut il y a un demi siècle la Fraternité de la Rose croix »

Nous sommes donc loin d’un quelconque complot.

Nous avons vu qu’en 1629, Andrae est découragé.

En 1628, Samuel Hartlib s’installe en Angleterre.Né au début du 17° siècle, il se consacre à la réforme sociale et religieuse.
Il va rtavailler avec l’écossais John Dury à l’unification des confessions protestantes et avec Coménius dont il publia les premiers écrits , à la réformation de l’enseignement au Royaume uni.

En 1647, il soumet au Parlement des ‘Considérations tendant à l’heureuse réalisation de la Réformation en Angleterre de l’eglise et de l’ Etat’, dont le but est assez proche de celui de Andrae et ses amis en Allemagne.En 1641,
Hartlib avait publié une sorte de Nouvelle Atlantis à la Bacon décrivant un état chrétien qu’il nommait Macaria.
C’était dans le but de mettre en pratique cet idéal qu’il imaginera l’Antilia parfois nommée Macaria dans son courrier.C’est en pensant à l’ Antilia allemande qu’il a fondé cet organisme ( Andilia avait un but comparable à l’union chrétienne de Andrae)

Bientôt le mouvement s’avère être sans fruit.Hartlib regrette s’y être engagé et prétend qu’elle n’a jamais été une vraie société
« pretending company ».C’est par sympathie pour la ‘The fraternity of the Holy Cross’ que Harlib
créa Antilia, sans qu’on puisse confondre les deux mouvements.Cette fraternité semble être une mystification de même nature que celle de RC trente ans plus tôt en Allemagne.Hartlib parle de la duperie ( cheats) de la Fraternité de la sainte Croix.


+++++++++++++++++++++++++++++++++FIN++++++++++++++
Il me reste à vous conseiller de vous procurer cet ouvrage dont j’ai extrait quelques parties
( s’il est réédité :Histoire des Rose Croix par Paul Arnold, chez Mercure de France,
isbn 2-7152-1613-0)

#86 Marek

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Posté 06 janvier 2004 à 22:39

J'aborde maintenant une série de textes très difficiles et très touffus qui vont diffuser directement le martinisme.mes sources étant peu claires au premier abord au contraire du travail que j'ai fait au sujet de la RC, je vous prie d'être patients, la lumière viendra en son temps

Deo gratias.
Marek

L’ILLUMINISME CHRETIEN- LES HERITAGES PARTIE I

L’histoire de la cohorte des mystiques et théosophes ne balaie pas seulement
la période du Moyen Age comme nous l’avons vu et celle de la réforme ou
de la contre réforme, mais a des prolongements qui n’ont rien à voir avec les frères de la Roze croix que nous
avons étudiés.Les sources sont Paracelsique et Boehmienne.
Nous allons maintenant nous attacher à décortiquer ce que les grands et petits maîtres vont laisser à la postérité.
Certes nous savons que nous leur devons au point de vue des idées, des philosophies.
Ils assurent le passage des temps théologiques aux temps modernes.Les littératures romantiques et la métaphysique allemande du XVIII° et XIX° siècle est incompréhensible pour partie.

L’histoire de la mystique allemande au XVII° siècle joue un rôle dans la formation de la spiritualité baroque et l’apanouissement littéraire allemand au XVII° siècle.

L’Allemagne connaît deux sommets de son histoire mystique, le premier prétendu rhéno-flamand et le second, baroque.

Le premier produit des fruits jusqu’au XVI° siècle et le second a disparu assez rapidement, étouffé par les lumières, accaparé par les poètes, philosophes.

Jacob Boehme a une influence sur la pensée européenne du XVII° au XIX° siècle.
Avant que SAINT-MARTIN ne redécouvre en Alsace l’œuvre du cordonnier de Görlitz, avant que Böhme ne redevienne familier à Kirchberger, Eckarthausen, Jung Stilling ainsi qu’aux grands de la littérature,Novalis, Schelling ses idées ont enrichi un terreau dans lequel gisait l’épanouissement du XIX° siècle.Böhme eut une influence sur les théosophes anglais au XVII et XVIII° siècle.

Entre l’âge théologique et l’âge moderne, la théosophie.
Nous allons aborder maintenant ce sujet en détail :

Il faut remarquer que jusqu’au XX° siècle ( et encore maintenant) les attaques qui abondent contre ce courant témoignent de la violence du choc qu’ont ressenti les orthodoxies devant l’indépendance d’opposants virulents à l’égard de l’ordre établi de l’église et de l’état. Böhme a eu ses accusateurs mais aussi des louanges de disciples fervents.

Le recueil ‘de vita et scriptis Jacobi Böhmii’ publié en annexe de l’édition de 1730 contient des relations et récits sur la vie du cordonnier.La ‘vie’ la plus connue est celle du noble silesien Abraham von Franckenberg.
L’édition de 1730 fut conduite par Ueberfeld qui avait passé trente ans de sa vie avec le théosophe et ses informations de première main ne sont pas toujours dignes de foi.
Les sources, la correspondance et la biographie romancée sont utilisables avec prudence.

Les trois grandes éditions des œuvres de J. Böhme datent de la fin du XVII° et au début du XVIII° sècle
:1682, 1715.1730 et à part la réédition des manuscrits originaux par Buddecke, plus rien de nouveau.
Le degré de l’édition de Ueberfeld est difficilement améliorable.Seule n’est pas adaptée à l’usage contemporain.

L’édition de 1682 est due à Gichtel, sur lequel nous reviendrons.Elle n’aurait pas été possible sans le lent travail du collectionneur Hollandais Willemzoon van Beyerland aui avait réuni la quasi totalité des manuscrits Böhmiens.C’est le maire d’Arnheim ( Pays Bas ) qui finança le rachat du fond Beyerland alors en possession de son fils.
Ce travail de collationnement représente 15 volumes.

Böhme ( 1575-1624) a été illuminé à plusieurs reprises et écrit le ‘Mysterium Magnum’ œuvre sur ce qu’il a pu vivre lors de ses illuminations et s’est approché du divin.
Il ne perce pas seulement les mystères, il donne la pratique morale qui permet de comprendre les textes saints, il nous montre comment connaître la renaissance…
Les autres ouvrages de Böhme, ‘Psychologia vera ou quarante questions sur l’âme’,
‘De incarnacione verbi’, ‘Christosophia’, ‘ de signatura rerum’ qui analyse les mystères de Dieu, du microscome et du macroscome.,le ‘de tribus principii’,’Aurora’.


POSITION DE LA HOLLANDE AU XVII° SIECLE

L’importance de la cité marchande pour les idées est évidente pour le XVII° siècle.Les courants spirituels venus de l’ Empire, de la France et de l’Espagne, de l’Italie et de l’Angleterre s’y croisent.Les communautés y ont leur envoyés, leurs prédicateurs.Amsterdam, centre d’imprimerie à peu de distance de l’université de Leyde, est la ville la plus libre du monde.la liberté individuelle, voire religieuse était de tradition dans les communautés commercantes
De l’époque, Anvers, Lubbeck, Hambourg.

A Amsterdam, des raisons politiques vont dans le sens de la liberté car il y a combat entre la bourgeoisie commerciale et une noblesse conservative groupée autour du Prince Orange Nassau, Calviniste. De 1650 à 1672,
La bourgeoisie sera sûre de sa position, elle essaiera de freiner sa tolérance.Il y a deux synagogues, trois des sectes les plus haïes des Eglises.Les philadelphes et les quakers organisent leur propagande.Les Joristes ou Davidiens, disciples de Joriszoon (1501-1556) sont encore très actifs.Felgenhauer publie a Amsterdam.
Des Bourignistes sont les âmes d’une communauté qui accueillera Amos Comenius et François Van Helmont.


+++++A SUIVRE+++++++++++++++++++++

#87 Marek

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Posté 01 février 2004 à 17:42

LE RENOUVEAU SPIRITUEL-

.Nous allons nous focaliser maintenant sur Gichtel , né à Ratisbonne en 1638 et qui passera à Amsteradm
plus de quarante années de 1638,à 1710.

1.Enfance , études et inscription au barreau (1638-1664)
Le jeune écolier quitte sa ville pour faire des études à Starsbourg et se termine aux Pays Bas.
A l ‘époque ce cursum est classique. Les étudiants changent d’Université régulièrement et traversent l’europe, ils sont l’ Europe et font l’ Europe. Notre époque est plus mesquine à cet égard.

Le théosophe est né à Ratisbonne.La ville se trouve au cœur de l’histoire politique et religieuse de l’Allemagne des XVI et XVII° siécle.Ville libre d’Empire depuis le XVI° siècle elle partagea l’honneur de recevoir les diètes.Ce qui fait que Ratisbonne vit la formation du duché d’Autriche en 1156, l’attribution de la Bavière aux Wittelsbach en 1180,
La déposition de Wallenstein en 1630.De 1664 à 1806 siège à Ratisbonne la diète perpétuelle.Séjour fréquent des Empereurs, de Charles Quint à Léopold I° ; elle est asiégée en 1633 par les Suédois pour être reprise l’année 1634 par les Impériaux.Elle est au nord de la Bavière Catholique, à quelques lieues du Haut Palatinat Protestant, un lieu d’asile pour les les luthériens venus d’ Autriche.Les deux confessions y coexistent.La théologie de conciliation y échoue en 1541 et 1546, les Jésuites s’y installent en 1586.Gichetel, théologien passe sa jeunesse dans une cité ,point de friction des deux grandes confessions du XVII° siècle dasn les années où elles provoquent la guerre de XXX ans.Gichtel refuse le luthéranisme et le papisme.
Les mystiques de l’époque appartiennent à la basse noblesse de campagne et le petit artisanant urbain.La famille de Gichtel appartient au patriciat.Son père occupe un office important.Membre du Conseil, il afferme la perception des iompôts ; il est
Steuerherr…avant la catastrophe….son fils est démuni se doit d’appeler à un mécène.
Il se consacre à des études juridiques.Devient practicus chez un avocat de Spire, cité célêbre à l’époque puisque siège de la Reichkammer ( Chambre Impériale), tribunal suprême de l’ Empire.
Rien ne nous permet de comprendre le ravirement soudain.
Etudiant pauvre à Strasbourg il s’initie à la philosophie et la théologie, puis à la politique puis au droit.Ses profs, Johann Schmidt, Heinreich Bockler et Phillip Jacob Spener sont honorés des dons de Leopold I et Louis XIV.Le père spirituel du piétisme, né à Ribeauville en 1635 était une véritable autorité avant 1666 dans le domaine de la science héraldique…

Les raisons du départ de Spire sont mal connues.ueberfeld nous conte une histoire de femmes essayant de le séduire… ? Nul ne connaît la vérité.
2.Spirituel engagé (1664-1668)
Gichetel s’engage dans le spiritualisme
Coura,t d’opposition aux églises protestantes, opposé au Luthérianisme, il a été méprisé par les historiens traditionnel s du protestantisme.Arnold Schleiff l’a replacé dans un vaste mouvement de lutte contre les églises constituées dans lequel il rage le théologien luthérieb accusé de sybcrétisme GEORGE CALIXT ( 1586-1656) , l’auteur des traités Rosicruciens Johann Valentin Andrae ( 1586-1654), le grand pédagogue Komensky , dit COMENIUS ( 1592-1670)
A la fi du siècle, le poétisme saura absorber (1675-1727) dans une orthodoxie renouvelée
Ces tendances centrifuges, sans un succès total du reste.


+++++A SUIVRE++++++++++++++

#88 Marek

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Posté 15 février 2004 à 17:07

LE RENOUVEAU SPIRITUEL –PARTIE II
LES ŒUVRES DU THEOSOPHE

Erratum partie I: veuillez lire piétisme et non poétisme-syncrétisme et non sybcrétisme,etc..

-1.première édition des œuvres de Jacob BOEHME
-2.’Une brève révélation et instruction sur les trois principes et mondes dans l’homme’ (publié 13 ans après la mort du Théosophe,
-3.La ‘Téosophia practica’ ( 7 tomes)

A.La théosophia practica est publiée en 1700-1701 sous deux forts volumes.En 1708 paraissent cinq tomes de lettres complètées en 1722 (12 ans parès la mort de Gichtel) par deux volumes mis sur pied par Uebberfeld.
Gichtel APPLIQUE la science révelée au cordonnier de Lusace.IL MET EN PRATIQUE LA THEOSOPHIE.
Gootfried Arnold fréquentait le cercle piétiste (1666-1714) de Johann Heinrich et Sprogel qui joua un rôle important dans l’histoire su spiritualisme mystique dans le seconde moitié du siècle baroque.Il vebnait de renoncer en 1698 à la chaire d’histoire de l’université de Giessen, ce qui avait fait grand bruit.En 1699, il avait fait paraître ‘l ‘histoire
Impartiale des Eglises et des hérétiques,su début du nouveau testament jusqu’en 1688’.En 1700 sortaient le ‘secret de la sophia et de la sagesse divine’ .Celui là devait fatalement rencontrer Johann Georg Gichtel.
En mars 1701, Gichtel écrit de sam amin à cet auteur « frère bien aimé..la soif et la faim « » qu’il éprouve de la « croissance de l’homme intérieur »…

La théosiphia practica répond à des personnes non identifiées , sauf les personnes décédées.Autrement nous avons affaires à des initiales.Les coorespondants de Gichtel, excepté Gottfried Arnold et le surintendant de Lubbeck, déposé en 1692 pour millénarisme et hebergé par le prince électeur de Brandeburg n’ont pas laissé de traces dans l’histoire.

Gichtel écrit sous forme de lettres, plan ambitieux de catéchèse.Il avoue « qu’il est poussé à révéler Sophia dans une multitude d’hommes ».il appelle ses correspondants les élèves de Christ, se réjouit de les voir progresser dans le chemin de la véritable connaissance..il s’agit d’une économie de salut.

En 1689,1690,1691 , Gichtel n’écrit que 6 lettres, jusqu’en 1675, nous n’avons rien : 2 épitres en 1688,3 en 1669.Les deux grosses périodes sont 1669-1700 et 1709 d’autre part.215 lettres dans la premiere période, 81 en 1709.

Gichtel adopte le ton d’un formateur et non d’un prédicateur.Ses épitres ne dépassent pas 5 ou six pages.Et le tonest doux, fluide, sauf contre les ennemis de la vraie foi, les prêtres et pasteurs, pouvoirs et riches.

Il expose que l’alchimie n’est autre qu’une religion mal comprise.

A SUIVRE++LES SOURCES DE LA DOCTRINE DE GICHTEL++++++++++++

#89 Marek

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Posté 22 février 2004 à 16:46

A SUIVRE++LES SOURCES DE LA DOCTRINE DE GICHTEL++++++++++++

Avant d’analyser la doctrine nous devons déterminer ses fondements et sources.Il y en a quatre :

-Visions où le théosophe prétend puiser sa source :-1.tradition spiritualiste dont il opère une synthèse à l’aube su siècle des lumières.Böhme seul maître qu’il reconnaisse qu’il place au niveau de l’écriture sainte.
Il connaît l’œuvre du Teutonique , mais ne prend que quelques thèmes qu’il isole au niveau de sa méditation.
Il manifeste une certaine mauvaise foi envers Kulhmann,Arnold, les disciples anglais de Böhme, de Jane Leade (1623-1704), âme de la Philadelphian Society qui avait rencontré en 1668 le ‘behmenist’ John Pordage ( 1608-1681)

1.Les visions

La vision joue un rôle de premier plan :il dit que la Bible dont il dit que la matière est trop riche et obscure, il place
Il place la connaissance par voie illuminative.
Il qualifie lui-même de dangereuses ces connaissances qu’il qualifie de feu-follets.
Ceux qui ont commencer à ‘pratiquer’ ; Antoinette Bourignon, Quirinus Julhmann, Jane Leade, n’en sortent plus.
Il distingue les visions de l’imagination et la révélation Paulinienne.

Il attend de la miséricorde divine que les visions l’entourent comme ‘ un vêtement’.C’est avec humilité qu’il faut acceuillir la présence divine.
D’après Ueberfeld, Sophia va entourer Gichtel entre 1664-1685 ( visions de 1664,1668,1673-1674 ;1683-1685) ;puis de 1685 à 1706, culminant en 1690 et de 1705 à 1706.

Puis entre 1716, entre Ueberfeld et Sophia ; le mariage se renouvelle chaque année….

En reprenant Ueberfeld nous pouvons déterminer que les visions de 1664, 1668 et de 1673 à 1678 sont les plus nettes.
Lorque Gichtel veut évoquer la confiance que lui accorde le Seigneur en lui permettant de jeter des regards dans le ‘Ternaire Sacré’,(Ternarius Sanctus) Boehmien, c’est toujours sur ces trois évènements qu’il revient.
.
Il énonce que le Christ lui est apparu nettement en trois moments ; 1664-1668 et 1673.

Ces trois évènements se distinguent des autres par leur caractère franc et par la netteté de leur structure.
Il s’agit à la façon dont il les décrit d’un témoignage mystique des plus remarquables du XVII° siècle baroque allemand.

La première a lieu en 1664 , alors que Gichtel est en prison.

Dans un premier temps, l’âme lutte avec Satan qui lance des flammes au visage du prisonnier.Durant cinq soirées consécutivement, elle est transportée devant D.ieu le père qui se révèle sous la forme d’une boule de feu de la taille d’un soleil, dont le centre est d’un bleu translucide ; l’âme se plonge dans cet azur.

Le deuxième temps comprend la révélation proprement dite : au milieu d’un psaume, le mystique aperçoit le Christ, vêtu d’un habit couleur de cuivre en fusion, prisonnier d’un serpent gros comme le bras qui l’enlace par trois fois.
Par ailleurs, il est enlacé par le Serpent et libéré par le Christ.Le Christ est néanmoins victorieux dans toutes ses visions.

Une autre fois, D.ieu révèle au mystique le mystère du temps, des temps.
La lutte de Michel et du Dragon

La troisième est la plus spectaculaire : la Vierge SOPHIA lui promet une fidèlité éternelle.
Ilo est vrai que dans sa vie séculaire, Gichtel refusa trois riches partis entretemps.

‘un nuage noir , en 1674 à midi au cours d’une prière s’entrouvit et Gichtel se retrouve avec la vierge céleste qui lui parle de bouche à bouche, lui confie en son cœur toutes les promesses de la foi, l’arme contre les assauts du diable ; sa langue nb’a ni son ni mots et ne ressemble à aucune langue humaine.Le mystique la comprend cependant comme ‘s’il s’agissait de sa langue maternelle’.

La phase 1703-1704 est dominée par le stentations diaboliques, et la lutte, l’angoisse.
De 1704 à sa mort, il est préoccupé par les visions de triomphe.

En 1693, il parle de 13 jours où étant sans conscience après que D.ieu l’eut démis de sa hanche, comme à Jacob.
Les attaques du ‘diable ‘ sont si fortes qu’en 1680 il reste paralysé durant trois mois durant.
En 1700, il souffre de souffrances ‘infernales’ qui auraient pu le conduire au suicide.( tentation qu’il avait déjà connu à la prison de Ratisbonne)

A la fin de sa vie, Gichtel parle d’une victoire de la sagesse, d’une alliance parfaite entre l’homme et D.ieu…

En 1709, la sagesse se dénude complètement,nous avons atteint la porte du Ternarum sanctum, le septème sceau est ouvert.
Le 20 octobre 1708, D.ieu jette à terre le ‘spiritus mundi’ qui lui révèle tous ses secrets, et notamment la pierre philosophale.Il voit l’humanité entraînée vers la lumière…

2.C’est sur base de la tradition spiritualiste que germe la réflexion de Gichtel.cette tradition va engendrer deux zones d’influence du piétisme …

++++A SUIVRE+++

#90 Marek

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Posté 21 mars 2004 à 18:57

GICHTEL-
Nous avons vu les influences Boehmistes de Gichtel.dans cette conception du monde le corps ne
Ne peut être qu’un fumier épandu sur le champ que l’apprentissage de la foi.L’institution qui iirite le plus Gichtel est l’Eglise, ce qu’il appelle ‘les religions’.Sous ce terme, il regroupe aussi bien les Catholiques que les Luthériens, Calvinistes ; que « les dissidences « actuelles qu’il appelle la ‘Babel de la dispute’.

Nous avons vu que son courant est ainsi qualifié d’hérétique par les uns et par les autres. Et que même les Rose Croix s’en sont prudemment écartés.

Pour le théosophes, les labadistes,les quakers, les papistes sont tous sectaires, les Juifs comme les fidèles de Bourignon, les memnonites comme les schwenfeldiens.Leur attitude est semblable : orgueil, persécution du rival,églises de pierre…
Les prêtres et pasteurs sont des pharisiens aveugles ; et la colère divine s’abattra sur eux ; ils ne servent à rien car ILS NE CONNAISSENT PAS LE CHRIST INTERIEUR.Les moines ne sont guère meilleurs.Les Eglises sont corrompues ; les Universités ne valent guère mieux…Bref : les savants ont banni le Christ des Croyants- ou bien ;
« A Prentibus habemus quod sumus, a scholis quod diaboli sumus ».
Satan selon l’allégorie de Bohme est le jardinier et chasse ceux qui veulent goûter des arbres fruitiers mais flatte les promeneurs
Sur les fruits et les fleurs.Ceux ci sont les promeneurs de la vie qui ne touchent à rien.

Une femme qui a mis au monde nous dit Gichtel n’a que faire des traités d’obstétrique.La Bible ne sert à rien car nous sommes déjà engrossés par la sainte Trinité.ce livre ne sert à rien si nous n’avons pas reçu la Révélation sinon selon la formule de Sebastien FRANCK , ELLE RESTE UN LIVRE SCELLE.Le texte est sujet à la connaissance de celui qui le lit.Il y a autant d’interprêtes de la Bible que de ‘ têtes’. De toute façon, le texte saint de la Bible n’a été connu qu’une fois le peuple d’Israel a été jeté dans le gouffre de la perdition…

Les sacrement sont discutables.Seul de Christ remplit le croyant de sa chair et de son sang et ce d’autant plus que celui ci en a connaissance mystique
.LA confession, la contrition sont inutiles.Il faut éprouver soi même la colère du diable. D.ieu ne pardonne pas aussi vite.Aucun pr^trre n’est capable d’exorciser Shaitan.
+++++++ A SUIVRE++++