http://www.veggiepri...r/manifeste.php
Le manifeste de la Veggie Pride est intéressant par certains aspects mais ce qui me frappe d'emblée, c'est la limitation de la notion de vie. Refuser de tuer les animaux pour s'en nourrir et prôner le végétarisme à la place, c'est une chose. Mais il faut être conscient qu'en étant végétarien, on continue à tuer pour se nourrir. L'alimentation végétarienne est considérée comme plus "vivante" que l'alimentation carnée, n'est ce pas révélateur ?
Quand on mange des végétaux crus, on sent bien qu'ils sont vivants. En les absorbant, on les tue pour s'approprier leur vie. Une plante est autant soumise que n'importe quelle chose vivante en ce monde à la loi de la souffrance. Le nier, c'est de l'ignorance ou de la lâcheté. Une plante maltraitée dépérit et inversement, d'où ce qu'on nomme communément "avoir la main verte ou pas."
Je me méfie des gens qui gomment cet aspect des choses lorsqu'ils prônent le végétarisme. Cela met en évidence une grande sensiblerie, laquelle est contraire au courage, à l'honnêteté et au respect de la vie. L'émotionnel usurpe la place à la raison. De cette façon, ils risquent de servir à leur insu le contraire de ce qu'ils prétendent. C'est toujours par ce biais que le fascisme s'infiltre.
La vie est constituée du cycle naissance et mort inhérent à toute chose. Se nourrir, c'est vivre. C'est participer activement à ce cycle où la souffrance est toujours présente, qu'elle soit visible ou non. Une balle dans la tête d'une vache est plus impressionnante que la lame d'un couteau sur la salade mais fondamentalement, c'est la même chose. On tue pour manger, on tue pour vivre.
Après cela, c'est une question de hiérarchie dans l'échelle des valeurs. Il est plus élevé de se nourrir de végétaux que d'animaux mais ce n'est pas une fin. C'est plutôt un commencement.
Nous sommes prisonniers du monde, soumis à sa loi, celle du cycle de la mort et de la renaissance. La souffrance est partout. Mais il y a un chemin pour s'en dégager progressivement.