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L'état réel des connaissances en médecine


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8 réponses dans ce topic

#1 Didier

Didier
  • Invités

Posté 15 mai 2006 à 09:50

Voilà ce qu'on trouve en éditorial du site de l'Espace éthique de l'Assistance publique de Paris :

http://www.espace-et...r/editorial.php

Citation

L’erreur diagnostique en médecine. Les leçons de l’autopsie médicale

Jean-Jacques Hauw
Professeur à la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie, chef du service d’anatomie pathologique (Neurologie) Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière (AP-HP), membre de l’Académie nationale de médecine

Réalisée par un anatomo-pathologiste, l’autopsie médicale est destinée à établir la cause de la mort du patient pour améliorer la pratique médicale et la veille sanitaire. Au contraire de l’autopsie médico-légale pratiquée dans le cadre de mesures d'enquête ou d'instructions diligentées lors d'une procédure judiciaire, qui est obligatoire, l’autopsie médicale dépend de la volonté du médecin traitant et des proches du patient et, plus généralement, des autres acteurs de la chaîne de soins, qui en facilitent ou non la réalisation. Elle doit être pratiquée conformément aux exigences de recherche du consentement. Le médecin traitant déclenche la procédure à la demande des proches de la personne décédée ou, plus souvent, de sa propre initiative. Il doit alors informer les proches et recueillir leur témoignage sur l’opposition à cette pratique que le défunt aurait pu exprimer de son vivant. Les résultats sont fournis au médecin traitant et à la famille du patient, sur sa demande.
C’est ainsi un paradigme de l’intérêt des équipes soignantes, des proches du patient et, plus généralement, de la société, pour la vérité diagnostique et les leçons que l’on pourrait en tirer. Sa fréquence, sa pratique ont-elles variées depuis quelques décennies ? L’explication est claire : l’autopsie médicale, à l’origine de la médecine scientifique - et l’on pourrait citer les exemples fournis par Laennec ou Charcot - est en déclin rapide depuis 30 ans, bien qu’un plateau de la courbe à un très bas niveau ait été récemment observé. Nous en verrons les raisons possibles. En France, en 2003, 1500 demandes d’autopsie médicale avaient été recensées sur le Registre national des refus qui comptabilise à la fois les demandes faites au titre du diagnostic et de la recherche. On peut donc estimer le nombre d’autopsies diagnostiques à 600 à 700 par an, ce qui correspond à 0.15 % du nombre des décès et, bien entendu, ne permet plus de tirer les leçons des données recueillies à l’échelle de la population. L’analyse de la longue agonie de l’autopsie médicale (selon le mot de Burton « l’autopsie n’en finit plus de mourir » 1) jette un regard sur le prix que nous acceptons de payer pour réduire l’erreur médicale et sur l’ambiguïté de notre rapport avec elle.

Que reproche-t-on à l’autopsie ? En bref, elle est chère, dangereuse, désuète, difficile à mettre en œuvre en raison d’une réglementation compliquée et contraignante et, par-dessus tout, non éthique et inutile. 2 Ces arguments sont-ils raisonnables ou s’agit-il de sophismes déguisant d’autres raisons ? Je voudrais d’abord examiner le dernier : l’autopsie médicale est-elle encore efficace et utile ?

La réponse est oui, manifestement, et les chiffres sur ce point n’ont pas varié depuis 30 ans. Deux exemples entre cent, tirés de la littérature internationale récente.
D’abord, le diagnostic de la cause d’une démence chez une personne âgée. Cent personnes âgées que l’on pensait atteintes de maladie d’Alzheimer, ayant bénéficié de toutes les techniques médicales modernes, étaient suivies au Canada par l’une des meilleures équipes de neurologues mondiaux. Leurs proches ont accepté une autopsie. Vingt n’étaient pas des maladies d’Alzheimer et plus de 30 étaient, certes, porteuses de lésions d’Alzheimer mais aussi atteintes d’une autre affection neurologique susceptible d’expliquer la démence 3. En miroir, un travail du Medical Research Council britannique publié dans le Lancet, portant sur 209 autopsies, a montré que 30 % des personnes âgées jugées normales étaient atteintes de maladie d’Alzheimer. 4 Le diagnostic des démences des personnes âgées est bien difficile ! 5

Il est possible de rappeler, à ce sujet, qu’au milieu du XXe siècle, une personne âgée démente était très généralement considérée atteinte de démence vasculaire, secondaire à la mauvaise irrigation du cerveau. On prescrivait largement les vasodilatateurs cérébraux pour la traiter. Les résultats des études clinico-pathologiques prospectives, c’est-à-dire des autopsies effectuées sur des séries de patients qui y avaient consenti, menées à partir de 1970, notamment par Sir Martin Roth et Sir Bernard Tomlinson en Angleterre, ont fait changer l’appréciation de la cause principale des démences des personnes âgées. Celles-ci sont devenues, à la fin du XXe siècle, atteintes de maladie d’Alzheimer. Le début du XXIe siècle penche aujourd’hui pour l’association des deux maladies. Je ne fais pas de pari sur la mode médicale sur ce point dans 20 ans…

Deuxième exemple : le diagnostic de la cause de la mort en réanimation médicale.
En France, dans un grand service de réanimation de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, des autopsies médicales ont été systématiquement demandées pendant 3 ans, de 2001 à 2003. Ce travail a porté sur 167 autopsies (80 % des 148 cas non autopsiés l’ont été à la suite du refus de la famille du patient). Il a montré plus de 50 % de différences majeures entre le diagnostic porté avant la mort du patient et celui qui a été redressé à l’autopsie. Dans 20 cas, le diagnostic correct aurait été accompagné d’un traitement curateur. 6

Alors, si elle est manifestement utile à la société, puisqu’elle permet d’adopter des mesures permettant de sauver les malades suivants, si elle pourrait être utilisée pour obtenir réparation d’une erreur médicale, il est manifeste que l’autopsie est abandonnée pour d’autres raisons graves. Est-elle contraire à l’éthique ? Lorsque la loi - qui a pris en compte avec soin les volontés du malade et celles de ses proches - est respectée, ce qui valide l’« exception d’autopsie » à l’inviolabilité post-mortem du corps humain proposée par Emmanuel Hirsch à l’Académie de médecine 7, alors, oui, l’autopsie médicale est conforme à notre éthique. Elle l’est bien plus, en tout cas, que ne l’est le prélèvement d’un petit fragment de cerveau avant la mort du patient (biopsie) pour affirmer une maladie à prions (la maladie de Creutzfeldt-Jakob) ou une maladie d’Alzheimer. 8

Il est facile de balayer les autres arguments avancés contre l’autopsie médicale : elle n’est pas plus dangereuse que tout autre acte médical; son coût marginal est équivalent à celui des biopsies si largement pratiquées. Enfin, les difficultés réglementaires, il est vrai tout à fait exceptionnelles, qui font tout pour en rendre la réalisation difficile, n’empêchent pourtant pas sa pratique lorsqu’il existe un intérêt personnel pour la famille du malade ou pour l’institution médicale, ou bien une réelle volonté altruiste. Le diagnostic d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob mobilise, par exemple, l’ensemble de l’équipe soignante et plus de 60 % des cas sont vérifiés par l’autopsie. Non, l’obstacle majeur n’est manifestement pas là.

Quelles que soient les raisons invoquées, les refus, les réticences ou les obstacles à l'autopsie ont certainement une ou plusieurs autres causes. Il est possible d’évoquer quelques pistes. D’abord, la transgression d'interdits très anciens dans notre civilisation nécessite, en l’absence de raison personnelle ou sociétale majeure, confiance dans le progrès médical et altruisme. L’impact de ces deux facteurs sur les coutumes et la réglementation, en France et plus généralement dans les pays occidentaux, décroît depuis quelques décennies. Les sociétés s’y opposent de plus en plus à ce qui est ressenti comme un acharnement diagnostique ou la persistance de pratiques obsolètes non éthiques imposées par le pouvoir médical au détriment du droit de la personne. Généraliser cette attitude serait pourtant réducteur. Notre société n’en est pas à une contradiction près : parallèlement à la baisse de la fréquence de l’autopsie médicale destinée à vérifier la cause de la mort, celle qui tend à faciliter la recherche scientifique sur certaines maladies se développe. Le don altruiste du cerveau pour la recherche, à l’initiative des associations de malades comme France Parkinson ou France Alzheimer, en plein développement, en fournit un exemple.

Le grand médecin interniste qu’était Henri Péquignot, écrivait déjà, en 1968, au sujet de l’autopsie: « Même aujourd’hui, contrairement à un certain optimisme naïf, la cause de la médecine scientifique est moins que jamais gagnée, du fait précisément que son acquit antérieur paraît suffisant ou passe pour tel ». 9 Dans un pays fier de sa rationalité et de son système de santé, il est pourtant étonnant qu’une large proportion des diagnostics de décès soit plus le fruit d’une croyance que d’une certitude, que les statistiques ne reflètent que les modes médicales. Rien ne serait plus paradoxal que la disparition d’une technique d'expertise fiable et peu coûteuse à l’époque de “l’évaluation” et des “bonnes pratiques”.

Une autre raison possible du recul de la fréquence des autopsies est sans doute à évoquer : les médecins ne veulent plus, n’osent plus, ne savent plus proposer l’autopsie aux proches d’une personne décédée. Parler d’une autopsie, en expliquer les enjeux, réduire les fantasmes qu’elle inspire représente l’un des actes les plus difficiles de la relation médecin/malade. Nombreux sont en effet les facteurs qui conduisent à repousser l’autopsie et à faire douter de son éthique : le sentiment toujours renouvelé de culpabilité chaque fois que meurt un malade dont on s’est occupé, la vanité de la recherche d’une erreur par essence irréparable, l’exorcisme de la pensée de la mort tendent à renforcer la répugnance générale, montée du fond des âges, envers l’impureté suprême: toucher à un cadavre. 10 Il faut concilier l’indispensable respect de l’individu au-delà de la mort, qui doit s’étendre à sa famille, et la légitime recherche de la vérité, le devoir de proposer tous les choix. L’empathie du soignant pour le mourant et sa famille, nécessaire, rend difficile l’évocation d’une autopsie, sans motif charitable immédiat, qui ne se justifie que par la quête de savoir, raison réfutable. S’y ajoutent parfois le sentiment d’échec que représente la perte d’un patient pour son soignant, l’angoisse que nous inspire la mort, surtout celle de l’autre comme le disait si bien Marcel Proust 12. Dans bien des cas, l’autopsie qui apporterait la certitude diagnostique n’est pas effectuée car les jeunes médecins n’en mesurent pas l’importance et leurs aînés n’osent pas l’évoquer, faisant ainsi un choix difficile à la place de leur patient et de sa famille dont ils sous-estiment parfois le besoin de savoir et méconnaissent les modalités de deuil.

Qu’en est-il du souhait de réparation des conséquences d’erreurs médicales ? Les demandes plus fréquentes sur ce point s’accompagnent, certes, d’une légère augmentation du nombre des autopsies médicales réclamées par la famille du patient, mais cette pratique reste marginale. La fréquence des demandes d’examen médico-légal n’augmente pas non plus significativement à l’hôpital. La réparation d’un préjudice n’est donc pas habituellement aujourd’hui la raison de la demande d’autopsie médicale. Il n’est pas impossible, en revanche, que l’utilisation possible à cette fin des résultats de l’autopsie explique, de la part du personnel soignant, certaines réticences à cette pratique.

Je voudrais, en guise de conclusion, citer deux autres phrases d’Henri Péquignot qui présentait d’autres pistes de réflexion pour comprendre le déclin de l’autopsie médicale : elles expliquent peut-être le faible nombre relatif des demandes de réparation d’un préjudice médical observé dans notre société, par rapport à ce qui se passe ailleurs :

« L’irrationalisme foncier de l’homme, lorsqu’il s’agit de sa santé et de sa maladie, est toujours là; surtout, les mots sont toujours là, souples et obéissants, commodes pour expliquer tous les phénomènes et éviter à l’homme d’action ou au théoricien le contact douloureux avec le réel » ;
« Il y a un balancement séculaire dans l’histoire de la médecine entre ceux qui ont le courage de jeter sur le corps humain, puis sur l’homme tout entier, un regard objectif, et ceux que le vertige plus ou moins inconscient, ou inavoué, devant le sacrilège possible, tend à maintenir dans une certaine passivité… »

Notes (1) Burton EC (1999), « The dying autopsy: time to resuscitate », Hosp Pract (Off Ed), 34 : 23. (2) Hauw JJ (2001), « L'autopsie », Rev Neurol, 157 : 611-617. (3) Bowler JV, Munoz DG, Merskey H, Hachinski V (1998), « Fallacies in the pathological confirmation of the diagnosis of Alzheimer’s disease », J Neurol Neurosurg Psychiatry, 64 :18-24. (4) Neuropathology Group study of the Medical Research Council Cognitive Function and Aged study (2001), « Pathological correlates of late-onset dementia in a multicentre, community-based population in England and Wales » The Lancet, 357 : 169-175. (5) Hauw J-J (2001), « Le diagnostic des démences est bien difficile », Rev Prat, 51 : 2173-4. (6) Combes A, Mokhtari M, Couvelard A, Trouillet JL, Baudot J, Hénin D, Gibert C, Chastre J. (2004), « Clinical and autopsy diagnoses in the intensive care unit: a prospective study », Arch Intern Med, 164 : 389-92. (7) Hirsch E (2001), « L'exception d'autopsie », Bull Acad Nat Med, 185 : 891-903; 903-4. (8 ) Hauw J-J, Forette F (1999), « La maladie d'Alzheimer: quelques réflexions éthiques », in: F Forette, Y Christen, F Boller ed : La maladie d'Alzheimer: prédiction, prévention, prise en charge, Paris, Fondation Nationale de Gérontologie, pp 161-167. (9) Péquignot H (1968 ), « L'autopsie clinique », Maroc Méd, 48 : 199-210. (10) Ibid. (11) « L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort », Marcel Proust, La Prisonnière.


#2 Rozen

Rozen

    Chercheur

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Posté 15 mai 2006 à 14:37

Bonjour,

J'espère ne pas être hors-sujet suite à cet article mais comme mon doute est lié à la notion d'erreur de diagnostic, je me permets d'enchaîner sur cet article intéressant.

En lisant ici et là des informations diverses concernant la médecine conventionnelle et la médecine alternative (surtout en matière de cancer) je me demande de plus en plus si le diagnostic de "décès suite à cancer" est une formulation pertinente... Cela nous renvoie même à l'autopsie précédemment évoquée !
Comme je ne suis pas dans le domaine médical, j'aimerais savoir ce qui est pris en compte quand on soumet l'analyse médicale suite au décès de quelqu'un...Il me semble en effet que peu de gens meurent du cancer réellement car on ne leur en laisse pas la possibilité (si je puis dire)...Les gens ayant un cancer dépisté sont traités par les diverses thérapies (chimio, radiothérapie notamment)...et je pense de plus en plus que les gens décèdent des conséquences du traitement mais pas de la présence du cancer lui-même...Ce doit être bien rare à notre époque qu'une tumeur empêche le bon fonctionnement d'un organe puisqu'on ne la laisse pas "évoluer"...

Donc ma question est la suivante : en cas de décès d'une personne ayant eu des soins en cancérologie, désigne-t-on noir sur blanc le cancer ou accepte-t-on de dire que ce sont les traitements qui ont eu telle ou telle conséquence ?

Merci.

#3 aixur

aixur

    Chercheur de vérités

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Posté 15 mai 2006 à 18:05

Tout à fait d'accord. A mon avis, au moins 95 % des cas répertoriés comme "décès suite à un cancer" sont en fait des "morts à cause des traitements du cancer" (et autres traitements annexes également).

Et ce qui est dit dans le texte donné par Didier est intéressant aussi : "Il est possible de rappeler, à ce sujet, qu’au milieu du XXe siècle, une personne âgée démente était très généralement considérée atteinte de démence vasculaire, secondaire à la mauvaise irrigation du cerveau".

A mon avis, l'essentiel des cas de maladie d'Alzheimer sont des cas liés à des problèmes vasculaires cérébraux. Seulement, comme les antibiotiques, les anti-inflammatoire, etc..., sont en grande partie la cause des ces accidents, peut-être bien qu'à partir du milieu du 20ème siècle, on a commencé à reclassifier discrètement ces cas d'accident vasculaire cérébraux (AVC) en maladie d'Alzheimer, pour éviter d'avoir à mettre en cause une partie de la pharmacopée actuelle. Récemment, j'avais entendu à la télé qu'il y avait 150.000 AVC par an. Si on ajoutait les cas de maladie d'Alzheimer, plus de nombreux cas de méningite, et autres problèmes plus ou moins importants liés au cerveau, plus les cas non répértoriés, on multiplierait peut-être ces cas par 2.

Du coup, en faisant le rapport "gens ayant eu un AVC dans l'année/gens ayant pris des médicaments dangereux pour le cerveau dans l'année", on verrait que le risque d'avoir un problème vasculaire cérébral plus ou moins grave avec ces médocs est carrément important.

Ce message a été modifié par aixur - 15 mai 2006 à 18:12.


#4 Didier

Didier
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Posté 16 mai 2006 à 08:26

Possible que l'ischémie vasculaire soit la cause des démences.

Je retiens aussi que les plaques bêta-amyloïdes sont présentes chez des sujets sans symptomes, absentes chez des sujets symptomatiques. Bref, il y a peut-être un lien statistique avec la démence de l'âge, mais ce n'est qu'un facteur de risque finalement. Pas de quoi en faire un marqueur de la maladie.

#5 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 16 mai 2006 à 09:45

Ce que précise l'article, c'est que finalement, seule l'auopsie peut préciser les causes réelles de la mort d'une personne.

En permettant cette analyse, elle met en évidence, de façon dramatiquement cruelle, le fossé qui sépare ce qu'est devenu le diagnostic médical et la réalité.

Sa diminution met d'autre part en évidence, la perte totale de curiosité des médecins, quant aux causes réelles du décès, et leur adhésion globale à un statut de prescriteurs tendance sous gouvernement labo.

Cet article est à mettre en parallelle avec la diminition des examens véritablements cliniques en consultation, et le gonflement des bilans biologiques et annexes, deplus en plus délivrés à contre temps du fait de l'évolution de la politique de sécurité sociale

#6 Viduité

Viduité

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Posté 17 mai 2006 à 15:21

Sans réel rapport avec le sujet (mais ne y regardant de près ...), j'ai lu hier que plus de 10000 personnes /an "réussissaient leur suicide ...

Comment meurent-ils ? ... 45 % par pendaison, 18 % par armes à feu, 15 % par voie médicamentaseuse ...

Les statistiques semblent moins précises s'agissant de la cause de ce geste ...

Le pourquoi paraît plus important que le comment ...

... et il serait intéressant de cerner mieux les causes réelles ... et de distinguer :

- la misère sentimentale,
- l'absence de goût à la vie,

... et surtout, la perception de certaines thérapies et effets d'annonce ...

... Ca, une autopsie ne peut guère en permettre la mise en fiche ... d'autant que le système n'a guère intérêt d'y donner un coup de projecteur ...

Ce message a été modifié par Viduité - 17 mai 2006 à 15:21.


#7 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 17 mai 2006 à 18:01

Dans ce cas, la pertinence de ta remarque est magnifique, cher viduité.

Cependant, lorsque l'on sait que 20000 personnes décèdent chaque année de pathologies nosocomiales et iatrogène, l'autopsie présente un interet multiple:

-> déterminer la cause réelle du décés
-> évaluer la pertinence de la stratégie médicale pré-mortem
-> permettre à la famille un recours envers le thérapeute fautif

Je crains, malheureusement, que les deux derniers points ne présentent aucun interet pour le corps médical. :parano:

Nowar

#8 Viduité

Viduité

    Chercheur de vérités

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Posté 17 mai 2006 à 20:59

Cher Nowar,

En fait et puisque nous parlons de médecine légale, il est certain que l'autopsie constitue un outil intéressant ... surtout si elle est pratiquée honnêtement ... ce qui est sans doute loin d'être toujours le cas lorsqu'il s'agit me mettre en lumière des points qui risqueraient bien de porter atteinte au portefeuille de quelques co-auteurs ...

Personnellement, je voulais, l'un n'empêchant pas l'autre bien sûr, mettre en exergue des co-auteurs à classer ... comment dire ? ... disons dans la catégorie des "harceleurs psychologiques" ... qui en font profession ...

En deux mots, il me semblait utile de soulever les conséquences colatérales de tests divers ... cancer, VIH ... et de bien d'autres ...

#9 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 17 mai 2006 à 21:57

Citation

En deux mots, il me semblait utile de soulever les conséquences colatérales de tests divers ... cancer, VIH ... et de bien d'autres ...

Hélas, en deux mots comme en sang, ces collatéralités ne semblent pas accessibles à la médecine légale, hormis la recherche systématique de signes pathologiques de stress, ceux ci ne survenant bien souvent qu'au bout d'un certain nombre de cas.

D'autre part, il est certain que l'avis des "spécialistes" sur cette question servira à désigner d'autres victimes expiatoires plutôt que d'accepter la triste responsabilité que portent ces handicapés de l'humanité

Citation

il est certain que l'autopsie constitue un outil intéressant ... surtout si elle est pratiquée honnêtement ... ce qui est sans doute loin d'être toujours le cas lorsqu'il s'agit me mettre en lumière des points qui risqueraient bien de porter atteinte au portefeuille de quelques co-auteurs ...

J'ai eu la chance, pour les besoins de ma pratique, et l'amélioration de mes comptétences, d'en croiser quelques uns. Il m'a toujours semblé que leur intimité avec les défunts les avait dotés d'un humanisme supérieur et de loin à la norme médicale. Leur conscience est absolue, et s'exprime essentiellement à travers des rapports que ceux qui les reçoivent interprètent souvent à leur gré.

Les rares moments ou on les fait sortir de leurs chambres froides sont pour quelques audiences juridiques. Cependant, s'il s'avère que ce genre de témoignage pouvait nuire aux interêts supérieurs de quelques co-auteurs, juges et jurés seront dispensés de déranger ces précieuses personnes et se contenteront d'une interprétation révisée, façon Lagarde et Michard, d'un rapport austère auquel il ne comprendront rien.

L'étonnant, vient du fait que les parties civiles, défenseurs en tête négligent d'utiliser cette opportunité.

Nowar :bravo: