Très bon article.
Je vais acheter le livre.
Source : http://tinyurl.com/l5gov
http://www.voltairen...icle139861.html
Le chaudron yougoslave
Jürgen Elsässer : « La CIA a recruté et formé les djihadistes »
par Silvia Cattori*
Dans son dernier ouvrage, « Comment le Djihad est arrivé en Europe », le journaliste allemand Jürgen Elsässer met en évidence la continuité de la filière djihadiste. Des combattants musulmans recrutés par la CIA pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan ont été employés successivement en Yougoslavie et en Tchétchènie, toujours avec le soutien de la CIA, mais peut-être parfois hors de son contrôle. S’appuyant sur des sources ouvertes diversifiées, principalement yougoslaves, néerlandaises et allemandes, il a reconstitué le parcours d’Oussama Ben Laden et de ses lieutenants en Bosnie-Herzégovine aux côtés de l’OTAN.
Silvia Cattori : Votre enquête sur les agissements des services secrets fait un constat effrayant. C’est ainsi que l’on découvre que depuis les années 80 les États-Unis ont investi des milliards de dollars pour financer des activités criminelles et que par le biais de la CIA ils sont directement impliqués dans des attentats que l’on attribue à des musulmans. Quel est l’apport de votre livre ?
Jurgen Elsässer : C’est le seul ouvrage qui établit le lien entre les guerres dans les Balkans des années 90 et les attentats du 11 septembre 2001. Tous les grands attentats, à New York, à Londres, à Madrid, n’auraient jamais eu lieu sans le recrutement par les services secrets américains et britanniques de ces djihadistes à qui l’ont attribue les attentats. Sur les manipulations des services j’apporte un nouvel éclairage. D’autres livres que le mien ont fait état de la présence d’Oussama Ben Laden dans les Balkans. Mais leurs auteurs ont présenté ces combattants musulmans présents dans les Balkans, comme des ennemis de l’Occident. Les informations que j’ai collectées à de multiples sources, démontrent que ces djihadistes sont des marionnettes entre les mains de l’Occident et non pas, comme on le prétend, des ennemis.
Silvia Cattori : Dans le cas de la guerre des Balkans, les manipulations d’États sont clairement désignées dans votre livre. Les États-Unis ont soutenu Ben Laden qui avait pour travail de former les Moudjahidines. Nul ne peut donc plus ignorer que ces attentats qui glacent l’opinion n’auraient jamais existé si les « terroristes » n’avaient pas été entraînés et financés par les services secrets occidentaux ?
Jürgen Elsässer : Oui, en effet, c’est le résultat de faits que l’on peut observer. Mais on ne peut pas dire que l’intervention des pays occidentaux en ex-Yougoslavie avait pour objectif de préparer les attentats du 11 septembre. Pour être précis : ces attentats sont une conséquence de la politique occidentale des années 90 car l’OTAN a mis en place ces djihadistes dans les Balkans et a collaboré avec eux. Les militants musulmans qui ont été désignés comme responsables des attentats du 11 septembre ont fait partie de ce réseau.
Silvia Cattori : Selon vous, quel était l’intérêt des États-Unis et de l’Allemagne à dresser les peuples des Balkans les uns contre les autres ?
Jürgen Elsässer : L’Occident avait un intérêt commun à détruire la Yougoslavie, à la démembrer, parce que, après la fin du bloc soviétique, elle aurait été un modèle de combinaison intelligente entre éléments capitalistes et socialistes. Mais l’Occident voulait imposer le modèle néolibéral à tous les pays.
Silvia Cattori : L’Europe ne s’est-elle pas imprudemment engagée dans une guerre manipulée par les néoconservateurs ?
Jürgen Elsässer : C’est difficile à dire. Je crois que, dans les années 90, la politique des États-Unis, était inspirée par leur victoire contre les Soviétiques en Afghanistan. C’était le modèle qu’ils voulaient appliquer aux Balkans. Si, ces années-là, l’économie des États-Unis n’était pas tombée dans la dépression, peut-être que des politiciens plus réalistes, comme Kissinger, auraient pu garder le contrôle de la politique américaine. Je pense que la coïncidence entre la dépression économique et l’agressivité de l’école néoconservatrice a déterminé ce qui s’est passé.
Silvia Cattori : Pensez-vous qu’un dirigeant comme Blair, par exemple, une fois embarqué dans les projets des néoconservateurs, à un certain point, il en est devenu l’otage ?
Jürgen Elsässer : Je ne connais pas assez bien la position de Blair. C’est plus facile de voir ce qui se passe aux États-Unis. On peut voir que Bush est l’otage de son entourage. Et, comme il n’est pas très intelligent, il n’est pas en mesure de prendre les décisions et doit suivre les idées de son entourage. Il est clair que son père était contre l’attaque contre l’Irak en 2003.
Silvia Cattori : La première guerre du Golfe ne faisait-elle pas partie d’un plan visant à déclencher d’autres guerres par la suite ?
Jürgen Elsässer : Non, il n’y a pas eu de lien avec la guerre en Irak en 1991. Il y a eu deux phases. Jusqu’à la fin de la période Clinton, la politique des États-Unis était impérialiste, mais en même temps pragmatique. Ils ont chassé les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ils ont vaincu l’Irak en 1991. Leur guerre s’est arrêté une fois le Koweït libéré. Ensuite ils ont attaqué la Bosnie et la Yougoslavie ; mais cela s’est produit étape par étape. Tout est allé hors de contrôle après le 11 septembre.
Silvia Cattori : Les néoconservateurs n’y sont pour rien ?
Jürgen Elsässer : Les néoconservateurs, groupés autour de Perle, avaient rédigé un document, un an avant le 11 septembre, selon lequel l’Amérique avait besoin d’un évènement catalyseur comme l’attaque de Pearl Harbour. Le 11 septembre fut cet évènement catalyseur. Je crois que les gens autour de Perle ont souhaité les attentats du 11 septembre.
Silvia Cattori : Quel était l’objectif poursuivi par les États-Unis en attaquant la Serbie ? S’agissait-il simplement, comme l’indique votre livre, de s’installer dans une région stratégique située sur une voie de transit pour le pétrole et le gaz d’Asie centrale ? Ou l’alliance des États-Unis avec les combattants musulmans dirigés par Izetbegovic, avait-elle un second objectif : créer un foyer d’extrémisme musulman aux portes de l’Europe pour s’en servir dans le cadre de manipulations terroristes ? Et, si oui, dans quel but ?
Jürgen Elsässer : Les États-Unis voulaient, comme l’Autriche à la fin du 19ème siècle en Bosnie, créer un Islam « européen » pour affaiblir les états islamiques au Moyen-Orient, c’est-à-dire, à cette époque, l’Empire Ottoman, aujourd’hui l’Iran et les états arabes. Les néoconservateurs avaient encore d’autres plans : construire un réseau clandestin de marionnettes « fondamentalistes » pour faire le sale travail contre la « vieille » Europe.
Silvia Cattori : Résultat, une guerre civile terrible. Comment l’Europe a-t-elle pu participer à la destruction de la Yougoslavie, qui apparaissait comme un exemple de cohabitation parfaitement réussie entre ethnies ? En faisant des Serbes les coupables, l’Europe n’a-t-elle pas fait voler en éclat un pays qui était une des constructions majeures de l’après-guerre. Sur quelle légitimité l’Europe fondait-elle son intervention ?
Jürgen Elsässer : D’abord, au début des années 90, l’Allemagne a mené l’attaque en se basant sur les principes de l’auto-détermination « ethnique » : c’est-à-dire la vieille ruse d’Hitler contre la Tchécoslovaquie et la Pologne en 1938/39. Ensuite, les États-Unis, ont pris le relais et ont fait l’éloge des « droits de l’homme », une escroquerie évidente.
Silvia Cattori : Dans votre enquête, Israël n’est jamais mentionné. N’avez-vous pas minimisé l’importance des néoconservateurs pro-israéliens qui, à l’intérieur du Pentagone, serviraient davantage les intérêts d’Israël que ceux des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Il y a des Israéliens qui ont collaboré avec les néoconservateurs, c’est un fait. Mais je ne suis pas sûr du rôle joué par Israël dans cette affaire. Sharon était contre le soutien des Albanais du Kossovo par l’OTAN. Et, en 1998, il a exprimé sa crainte à l’idée que l’OTAN soutienne la mise en place d’éléments pro-islamiques dans les Balkans. Je crois également qu’il n’était pas favorable à cette guerre l’année suivante.
Silvia Cattori : Vous ne voyez pas non plus de lien entre les services secrets israéliens et les attentats du 11 septembre 2001 ?
Jürgen Elsässer : Il y a des liens, mais je n’ai pas analysé le caractère de ces liens. Par exemple, immédiatement après le 11 septembre, un certain nombre d’agents israéliens ont été arrêtés aux États-Unis. Ils étaient présents sur les lieux où se préparaient les attentats. Il y a des analystes qui disent que c’est là une preuve qu’Israël était directement impliqué dans ces attentats. Mais cela pourrait également signifier autre chose. Il se pourrait que ces agents observaient ce qui se passait, qu’ils étaient au courant que les services secrets américains soutenaient ces « terroristes » dans la préparation de ces attentats, mais qu’ils garderaient leur savoir pour s’en servir au moment opportun, et pouvoir exercer un chantage le moment venu : « Si vous ne soutenez pas davantage Israël, nous allons livrer ces informations aux médias ». Il y a même une troisième possibilité, à savoir que ces espions israéliens voulaient prévenir les attaques mais ont échoué. En ce moment, nous savons seulement que ces types étaient sur place et qu’ils ont été arrêtés. Des investigations supplémentaires sont nécessaires.
Silvia Cattori : Ces liens mettent-ils en évidence que les attentats du 11 septembre 2001 faisaient partie d’un plan conçu de longue date ?
Jürgen Elsässer : Je ne suis pas certain qu’il y avait un plan établi de longue date. Il se peut que des gens comme Richard Perle improvisent beaucoup et se servent d’éléments criminels qu’ils ont mis en place mais qu’ils ne contrôlent pas en permanence. Comme, lors de l’assassinat de Kennedy, il est clair que la CIA était impliquée, mais on ne sait pas si cela avait été planifié au sommet, à Langley [le quartier général de la CIA], ou si ce sont les milieux les plus violents des exilés cubains travaillant pour la CIA qui l’on fait, le quartier général de la CIA se bornant à le tolérer.
Silvia Cattori : Si, demain, ces personnages regroupés autour de Perle étaient mis à l’écart, la stratégie de guerre antimusulmane des États-Unis et les manipulations qui la justifient, s’arrêteraient-elles ?
Jürgen Elsässer : Elle s’arrête quand ils perdent une guerre.
Silvia Cattori : La guerre, ne l’ont-ils pas perdue en Irak ?
Jürgen Elsässer : La guerre ne sera perdue que quand ils quitteront le pays, comme au Vietnam.
Silvia Cattori : Ces musulmans qui, comme Mohammed Atta, étaient des citoyens ordinaires avant d’être enrôlés par la CIA, comment ont-ils pu être conduits à des actions aussi terrifiantes, sans savoir qu’ils étaient manipulés par les agents secrets du camp opposé ?
Jürgen Elsässer : Il y a des jeunes qui peuvent être fanatisés et manipulés très facilement par des services. Les personnages haut placés n’ignorent pas ce qui se passe et savent par qui ils sont engagés.
Silvia Cattori : Ben Laden, par exemple, savait-il qu’il servait les intérêts des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Je n’ai pas étudié son cas. J’ai étudié le cas d’Al Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, qui était le chef des opérations dans les Balkans. Au début des années 90, il a voyagé tout au travers des États-Unis avec un agent de l’US-Special Command pour collecter de l’argent pour le Djihad ; cet homme savait qu’il participait à cette collecte d’argent dans une activité qui était appuyée par les États-Unis.
Silvia Cattori : Tout cela est très inquiétant. Vous apportez la preuve que les attentats qui se sont produits depuis 1996 (les attentats dans le métro de Paris), n’auraient jamais été possibles si la guerre dans les Balkans n’avait pas eu lieu. Et ces attentats qui ont fait des milliers de victimes vous les imputez à des services occidentaux. L’opinion en Occident a donc été trompée par des gouvernements embarqués dans des actions terroristes ?
Jürgen Elsässer : Le réseau terroriste que les services secrets américains et britanniques ont formé durant la guerre civile en Bosnie et plus tard au Kossovo, a fourni un réservoir de militants que l’on a ensuite retrouvés impliqué dans les attentats de New York, Madrid, Londres.
Silvia Cattori : Comment cela s’est-il passé concrètement ?
Jürgen Elsässer : Une fois la guerre en Afghanistan finie, Oussama Ben Laden a recruté ces militants djhadistes. C’était son travail. C’est lui qui les a entraînés, partiellement avec le soutien de la CIA, et qui les a mis en place en Bosnie. Les Américains ont toléré la connexion qu’il y avait entre le Président Izetbegovic et Ben Laden. Deux années plus tard, en 1994, les Américains ont commencé à envoyer des armes, dans une opération clandestine commune avec l’Iran. Après le traité de Dayton, en novembre 1995, la CIA et le Pentagone ont recruté les meilleurs des djihadistes qui avaient combattu en Bosnie.
Silvia Cattori : Comment cela se fait-il que ces musulmans se soient mis entre les mains de services qui servaient des intérêts idéologiques opposés aux leurs ?
Jürgen Elsässer : J’ai analysé les témoignages donnés par quelques djihadistes interrogés par les juges allemands. Ils ont dit qu’après le traité de Dayton, qui stipulait que tous les ex-combattants étrangers devaient quitter le pays, ils n’avaient plus d’argent et nulle part où aller. Quant à ceux qui pouvaient rester en Bosnie, parce qu’on leur avait fourni des passeports bosniaques, ils étaient eux aussi sans travail et sans argent. Le jour où des recruteurs sont venus sonner à leur porte et leur ont proposé 3000 dollars par mois, pour servir dans l’armée bosniaque, ils ne savaient pas qu’ils étaient recrutés et payés par des émissaires de la CIA pour servir les États-Unis.
Silvia Cattori : Par la suite, quand on les a envoyés préparer des attentats à Londres en juillet 2005, par exemple, ne se sont-ils pas rendus compte qu’ils étaient entre les mains d’agents secrets occidentaux qui les manipulaient ?
Jürgen Elsässer : Il n’est pas clair que ce soient réellement des jeunes musulmans issus de la banlieue de Londres qui aient commis les attentats, comme la police l’a prétendu. Il y a d’autres indices selon lesquels les bombes étaient fixées sous les rames. Il est aussi possible que des bombes aient été fixées sous les rames sans que ces jeunes le sachent. Dans ce cas là, il n’est pas sûr que les jeunes musulmans que l’enquête a incriminés, aient commis ces attentats.
Silvia Cattori : On peine à cerner le but que poursuivent les États occidentaux en engageant leurs services dans des manipulations criminelles ?
Jürgen Elsässer : Ce n’est pas facile à dire. Souvenez-vous de l’assassinat de Kennedy. Qui a fait cela ? C’est sûr que ce sont des gens de la CIA qui ont soutenu le deuxième tueur, c’est sûr qu’Oswald a été assassiné par un homme qui avait été mandaté par la CIA. Ce qui n’est pas clair, c’est si ces hommes recrutés par la CIA ont agi sur ordre de Johnson ou de Dulles, ou s’ils étaient liés à des milieux d’exilés cubains extrémistes, c’est-à-dire affiliés à la maffia. Je ne crois pas que Bush ou Blair soient les chefs. Je ne crois pas en la théorie de la grande conspiration. Je crois que les services secrets engagent des hommes à qui l’on ordonne d’exécuter les affaires sales ; ces agents agissent comme ils veulent. Peut-être savez-vous que le 11 septembre 2001, quelqu’un a essayé de tuer Bush. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est difficile à expliquer.
Silvia Cattori : Vous voulez dire que Bush, par exemple, est lui-même otage de gens qui, à l’intérieur du Pentagone, forment un État dans l’État qui échappe également au commandement de l’armée américaine ?
Jürgen Elsässer : Oui. Bush est stupide. Il n’est qu’un instrument entre les mains d’autres personnes.
Silvia Cattori : Vous pensez à des gens qui sont sous l’influence directe de personnages comme Perle, Wolfowitz, Feith ? Vous pensez que ce serait eux qui, après la guerre des Balkans, auraient été les véritables commanditaires de ces attentats et que ces attentats ne sont pas séparés les uns des autres, qu’il y a un lien entre Madrid et Londres ? Cela veut-il dire que les États-uniens sont prêts à s’allier avec le diable pour semer le chaos partout dans le cadre de cette guerre antimusulmane, anti-arabe menées sous prétexte de terrorisme ? Un terrorisme fabriqué ?
Jürgen Elsässer : Oui, il y a un double gouvernement qui échappe au contrôle de Bush. Ce sont des néoconservateurs, comme Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, des gens liés au pétrole et aux industries militaires. Le chaos global est dans l’intérêt de l’industrie militaire : quand il y a le chaos dans le monde entier, on peut vendre des armes et le pétrole plus cher.
Silvia Cattori : Youssef Asckar a très bien décrit cet État dans l’État auquel vous donnez crédit [1]. Israël n’est-il pas le premier pays intéressé par cette stratégie du chaos, donc par la manipulation des attentats terroristes ? La propagande du lobby pro-israélien ne tend-t-elle pas à faire croire qu’Israël est menacé par des Arabes fanatisés ?
Jürgen Elsässer : Ce n’est pas certain que cette stratégie puisse servir les intérêts d’Israël car, si les choses continuent de la sorte, tout le Proche-Orient sera en flammes, y compris Israël. On s’est servi du même procédé durant la guerre en Bosnie. Pour diaboliser les Serbes, les médias de l’Ouest ont inventé les histoires de camps de concentration et fait des montages photographiques pour comparer les Serbes à des nazis. Cette propagande visait à gagner l’opinion à la guerre contre la Serbie mais, en ce qui concerne les États-Unis, elle n’était pas forcément alimentée par le lobby juif mais par des stratèges chrétiens et athées. Ces stratèges jouent la carte « juive ». C’est ma thèse. On voit cela actuellement avec la propagande contre l’Iran ; les stratèges de la guerre jouent la carte « juive » pour impressionner les gens qui ont plus de morale que d’intelligence.
Silvia Cattori : Les manipulations récentes viennent confirmer, en partie, votre thèse : au même moment où les États-Unis voulaient faire passer au Conseil de Sécurité des sanctions contre l’Iran, un journal canadien a écrit que l’Iran voulait contraindre les juifs iraniens à porter l’équivalent d’une étoile jaune [2]]]. Mais je me référais à ces personnalités ouvertement pro-israéliennes qui, en France par exemple, jouent un rôle important dans la formation de l’opinion car elles occupent des positions médiatiques stratégiques, et dont le parti pris communautaire les conduits toujours à appuyer la politique d’Israël et des États-Unis, peut importe si elle est criminelle. Souvenez-vous du soutien actif apporté à Izetbegovic en Bosnie par Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner. Une fois la Serbie à genoux, ils ont tout de suite dirigé leur propagande contre les Arabes et les musulmans ; il s’agissait cette fois de mobiliser l’opinion en faveur de la « guerre des civilisations ». Quand ils ont parlé de « camps de concentration » pour associer les Serbes à Hitler, n’ont-ils pas participé aux manipulations de l’OTAN ?
Jürgen Elsässer : Nous avons assisté au même phénomène en Allemagne. Les journalistes juifs qui soutenaient la guerre contre la Yougoslavie avaient accès aux plateaux télévisés. Mais les journalistes qui étaient contre, qu’ils fussent de confession juive ou pas, ont été écartés du débat. Je pense que les médias et les politiques se servent des voix juives pour des enjeux géostratégiques.
Silvia Cattori : Si, comme vous le dites, ce qui s’est passé dans les Balkans n’était que la répétition de ce qui s’était passé en Afghanistan, ce qui a succédé faisait donc partie du même processus. Pensez-vous que nos autorités connaissent les risques des guerres provoquées par leurs services secrets ?
Jürgen Elsässer : Mon espoir est qu’il y ait une réaction de la part des militaires aux États-Unis. Il y a parmi eux des gens qui savent très bien que toutes ces guerres ne sont pas intelligentes. Ils savent que les États-Unis vont perdre cette guerre. Dans l’armée américaine, ils sont impérialistes mais ils ne sont pas fous, ils ne sont pas d’accord avec ce qui se passe. Mais les néoconservateurs sont fous, ils veulent faire la Troisième Guerre mondiale contre tous les Arabes et tous les musulmans, comme Hitler qui voulait tuer tous les juifs et attaquer tous les autres pays ; les généraux allemands avaient averti Hitler de ce qu’il risquait.
Silvia Cattori : Votre espoir est qu’un changement survienne de manière inattendue ?
Jürgen Elsässer : Pour arrêter cette folie, je ne vois de possibilité de changement que parmi des forces qui sont, elles, restées rationnelles. Le commandement supérieur de l’armée américaine a écrit une lettre à Bush pour dire qu’il ne veut pas participer à une attaque contre l’Iran avec une arme nucléaire. Peut-être que Bush attaquera ; mais les conséquences seraient plus graves que dans le cas d’Irak. Il s’est passé la même chose avec les nazis : ils attaquent, ils attaquent, et un jour il y a Stalingrad et le début de la défaite. Mais cette aventure a coûté la vie de 60 millions d’êtres humains.
Silvia Cattori : Est-ce bien là ce qui a motivé votre effort en écrivant ce livre : alerter les consciences afin d’éviter de nouveaux désastres et de nouvelles souffrances ? D’autant qu’après l’Irak ce serait au tour de l’Iran ?
Jürgen Elsässer : Oui. Mais des personnages comme Bush se fichent de tout cela. Je ne suis pas totalement pessimiste sur l’Iran : on pourrait voir une répétition de l’axe Paris, Berlin, Moscou. Notre chancelière, qui est normalement une marionnette des États-Unis, a offert une coopération stratégique à la Russie, car l’Allemagne dépend entièrement du pétrole et du gaz russe. C’est un argument fort. Les Allemands sont des impérialistes, mais ils ne sont pas fous.
Silvia Cattori : Dans les Balkans n’est-ce pas l’Allemagne qui a ouvert la porte à la guerre ?
Jürgen Elsässer : Oui, c’est vrai. Mais, aujourd’hui, vous voyez que Joschka Fischer et Madeleine Albright ont envoyé une lettre ouverte à Bush pour lui dire de ne pas attaquer l’Iran. Mme Albright a précisé que l’on ne peut pas attaquer tous les gens que l’on n’aime pas. C’est rationnel.
Silvia Cattori : Avez-vous pu recueillir ces éléments qui illustrent les agissements des services secrets parce que, aujourd’hui, inquiets de l’évolution de la politique internationale, des gens commencent à parler ?
Jürgen Elsässer : Oui. Je me suis beaucoup appuyé sur les informations de gens qui travaillent au sein de « la bête ».
Silvia Cattori : Partout dans le monde ?
Jürgen Elsässer : Je peux seulement vous dire que ce sont des gens en Europe de l’Ouest. Ce sont des gens qui n’ont pas cessé d’utiliser leur tête.
Silvia Cattori : Pour avoir la preuve des manipulations qui ont entouré l’« Incident du Golfe du Tonkin », incident qui a permis aux États-Unis de déclencher la guerre contre le peuple vietnamien, il a fallu attendre longtemps. Les choses ont-elles donc changé aujourd’hui ce qui permettrait de riposter à temps ?
Jürgen Elsässer : Il y a une grande différence entre la situation des années 60 et celle d’aujourd’hui. En République fédérale d’Allemagne, par exemple, on était à cette époque en faveur de la guerre contre les communistes au Vietnam. La version officielle qui disait notre république en danger d’être attaquée par les communistes était partagée par une grande partie de l’opinion. Ce qui a changé c’est, qu’aujourd’hui, la majorité de la population est contre la guerre, sans discussion.
Silvia Cattori : Vous soulignez à juste titre le caractère religieux extrémiste de la Bosnie-Herzégovine sous Izetbegovic mais, alors que vous doutez du soutien d’Israël à cette espèce d’ébauche de l’émirat des Taliban, ne surévaluez-vous pas le rôle de l’Iran et de l’Arabie saoudite ? Richard Perle était le principal conseiller politique d’Izetbegovic. Les Iraniens et les Saoudiens n’ont-ils pas fait de la surenchère islamique en espérant prendre le contrôle d’un régime musulman qui ne tenait ses ordres que de Tel-Aviv et Washington. En fait, Izetbegovic n’était-il pas un agent d’Israël ?
Jürgen Elsässer : Le Mossad a aidé les Serbes bosniaques, ils leur ont même fourni des armes. Il n’y a rien qui indique que le gouvernement israélien ait aidé Izetbegovic. Il a été soutenu par les Américains, et Clinton s’appuyait sur le lobby sioniste aux États-Unis, mais ce lobby n’avait pas le soutien du gouvernement israélien pendant la guerre de Bosnie.
Silvia Cattori : En ce qui concerne certaines de vos sources, peut-on accorder crédit aux assertions de Yossef Bodanski, directeur de Groupe de travail sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle près du Sénat américain ?
Jürgen Elsässer : Je ne fais confiance à personne. On prétend que Bodansky a des liens avec des sources du Mossad et cela rend nombre de ses conclusions suspectes. D’un autre côté il porte à notre connaissance beaucoup de faits intéressants qui contredisent la propagande officielle. Dans mon livre, je montre les contradictions au sein des élites dominantes des États-Unis et, à cet égard, Bodansky, est très intéressant.
Silvia Cattori : Il est dit dans votre livre : « Le terrorisme existe au Kossovo et Macédoine, mais dans sa majorité, il n’est pas contrôlé par Ben Laden mais par les services secrets US ». Doutez-vous de l’existence d’Al Qaeda ?
Jürgen Elsässer : Oui, comme je l’ai écrit dans mon livre, c’est de la propagande fabriquée par l’Occident.
Silvia Cattori : On a un peu l’impression que, pour aller au bout de sa logique, votre enquête n’est pas terminée. Certes, la Yougoslavie a été un laboratoire de la fabrication des réseaux islamistes, et votre livre montre bien que ces réseaux servent les intérêts des États-Unis. Pourtant, vous semblez croire en l’existence de réseaux islamistes internationaux qui auraient une base populaire dans le monde musulman, alors qu’en même temps votre recherche démontre que ces réseaux ne sont que des mercenaires des États-Unis et qu’ils n’ont jamais rien fait pour les musulmans ?
Jürgen Elsässer : Regardez l’exemple du Hamas : au début des années 80 il a été fomenté par le Mossad pour contrer l’influence de l’OLP. Mais par la suite, le Hamas a développé sa propre base populaire et, maintenant, il fait partie de la résistance. Mais je parie qu’il y a encore des agents étrangers à l’intérieur du Hamas.
Silvia Cattori : Vous avez mentionné que les inspecteurs des Nations-Unies sont infiltrés d’espions par les États-Unis. Pourrions-nous avoir des précisions ?
Jürgen Elsässer : Certains casques bleus de l’UNPROFOR en Bosnie ont transporté des armes à destinations des Moudjahidines.
Silvia Cattori : Quand Peter Handke affirme que les Serbes ne sont pas les seuls coupables, qu’ils sont les victimes de la guerre des Balkans on le proscrit. Qui a raison dans cette affaire ?
Jürgen Elsässer : De tous les côtés - Serbes, Croates, Musulmans – les gens ordinaires ont tous perdu. Les Musulmans ont gagné la guerre en Bosnie avec l’aide de Ben Laden et de Clinton mais, maintenant, leur pays est occupé par l’OTAN. Ils ont aujourd’hui moins d’indépendance qu’au temps de la Yougoslavie.
Silvia Cattori : Comment votre recherche se situe par rapport à celle d’Andreas Von Bülow et Thierry Meyssan ?
Jurgen Elsässer : Nous partageons la même opinion sur les évènements du 11 septembre 2001 : nous pensons que la version officielle n’est pas vraie. Toutes ces recherches combinées sont très utiles pour pouvoir continuer d’approfondir la réalité des faits. Ma spécialité, est d’avoir fait le lien entre les guerres des Balkans et le 11 septembre, tandis que Thierry Meyssan a analysé l’attaque sur le Pentagone pour démontrer qu’elle était due à un missile et pas à un avion, et que Von Bülow, lui, est arrivé à la conclusion que les avions étaient guidés par une balise.
Silvia Cattori : Pour avoir remis en questions la vérité officielle, Thierry Meyssan a subi le discrédit et le blocage des médias. Allez-vous échapper à cela ?
Jürgen Elsässer : Il y a aussi un blocage contre mon livre. Il n’est pas possible pour un seul auteur de casser ce blocage. Toutefois, cela ne peut empêcher nos thèses de faire leur chemin. Le public n’est pas d’accord avec ce que disent les médias : malgré leur blocage 35 à 40 % des gens ne croient pas ce que les médias leur disent. Il y a l’exemple de l’assassinat de Kennedy : aujourd’hui, 90 % des gens ne croient pas en la version officielle et pensent que l’assassinat de Kennedy était une action de la CIA.
Silvia Cattori : Mettre à jour les manipulations des États, qui se servent de leurs services de sécurité de manière criminelle, ne doit pas être sans danger ?
Jürgen Elsässer : Je crois que le danger vient seulement quand on vend plus de 100 000 livres. En Allemagne, en onze mois, mon livre n’a été vendu qu’à 6 000 exemplaires.
Silvia Cattori Journaliste suisse.
Comment le Djihad est arrivé en Europe par Jürgen Elsässer, préface de Jean-Pierre Chevènement. Éditions Xenia (Suisse), 304 pages, 19 euros.
[1] Lire La « guerre contre le terrorisme » est une guerre contre les peuples » par Youssef Aschkar, Voltaire, 16 mars 2006.
[2] « Iran : les gouvernements anglo-saxons fabriquent de fausses nouvelles », Voltaire, 24 mai 2006.
« La CIA a recruté et formé les djihadistes
Commencé par
tenten
, 15 jun 2006 à 22:06
7 réponses dans ce topic
#1
Posté 15 juin 2006 à 22:06
#2
Posté 15 juin 2006 à 22:21
Il ne faut pas tout ramener à la CIA. Les premiers à avoir popularisé en occident le Djihad sont les français qui étaient soucieux de garder l'Algérie dans la Françafrique.
Les services secrets français furent les premiers à tirer parti de cette opportunité d'agir en évitant d'être mis en accusation. Cela leur a permis de se mêler de la politique intérieure des pays du Maghreb en ayant un motif apparemment légitime et de pouvoir soutenir officiellement des régimes dictatoriaux qu'il était difficile auparavant de déclarer "amis". Ils ont manipulé les futurs djihadistes, après en avoir recruté et formé en France pendant les années 80-90 sans doute en utilisant comme canal de communication le réseau des gros dealers qui travaillait la main dans la main avec eux. On se souviendra par exemple de l'élimination en direct de Khaled Kelkal et les interrogations qu'elle avait suscité sur la volonté réelle de la police de le voir interrogé par un juge. Depuis tout danger a été écarté puisque les enquêtes sur le terrorisme échappent à la justice habituelle et sont couvertes par une chappe de plomb.
D'autres pays ont maintenant leurs djihadistes de service ( les services anglais par exemple) et la pratique qui consiste à entretenir un petit réseau d'homme de main officiellement classés islamistes prospère dans le petit monde feutré des services spéciaux.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je crois que c'est la CIA qui a repris à son compte les méthodes françaises et non le contraire.
Les services secrets français furent les premiers à tirer parti de cette opportunité d'agir en évitant d'être mis en accusation. Cela leur a permis de se mêler de la politique intérieure des pays du Maghreb en ayant un motif apparemment légitime et de pouvoir soutenir officiellement des régimes dictatoriaux qu'il était difficile auparavant de déclarer "amis". Ils ont manipulé les futurs djihadistes, après en avoir recruté et formé en France pendant les années 80-90 sans doute en utilisant comme canal de communication le réseau des gros dealers qui travaillait la main dans la main avec eux. On se souviendra par exemple de l'élimination en direct de Khaled Kelkal et les interrogations qu'elle avait suscité sur la volonté réelle de la police de le voir interrogé par un juge. Depuis tout danger a été écarté puisque les enquêtes sur le terrorisme échappent à la justice habituelle et sont couvertes par une chappe de plomb.
D'autres pays ont maintenant leurs djihadistes de service ( les services anglais par exemple) et la pratique qui consiste à entretenir un petit réseau d'homme de main officiellement classés islamistes prospère dans le petit monde feutré des services spéciaux.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je crois que c'est la CIA qui a repris à son compte les méthodes françaises et non le contraire.
Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?
La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.
Où vont-ils se réfugier ?
La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.
#3
Posté 16 juin 2006 à 00:38
Bonsoir,
Ce n'est pas vraiment étonnant. Je savais les français précurseurs des escadrons de la mort, ayant recyclé leur expérience (guerre d'Algérie - Aussaresses - Trinquier ) et vendu leur savoir faire aux militaires américains qui eux mêmes ont fait de même auprès des militaires sud-américains (comme l'École de mécanique de la Marine) entre autres, cependant je ne n'étais pas au courant de cette partie spécifiquement française plus récente.
Je serais preneur d'informations à ce sujet si tu peux citer quelques sources.
Merci
Citation
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je crois que c'est la CIA qui a repris à son compte les méthodes françaises et non le contraire.
Ce n'est pas vraiment étonnant. Je savais les français précurseurs des escadrons de la mort, ayant recyclé leur expérience (guerre d'Algérie - Aussaresses - Trinquier ) et vendu leur savoir faire aux militaires américains qui eux mêmes ont fait de même auprès des militaires sud-américains (comme l'École de mécanique de la Marine) entre autres, cependant je ne n'étais pas au courant de cette partie spécifiquement française plus récente.
Je serais preneur d'informations à ce sujet si tu peux citer quelques sources.
Merci
#4
Posté 16 juin 2006 à 06:30
Je n'ai pas de sources faciles à rassembler à te proposer sur le sujet sinon quelques rares infos sur des terroristes capturés ici et là ( par exemple au Maroc) qui se révèlent d'anciens indicateurs des services secrets français. C'est cependant suffisant pour deviner à quel jeu ont joué ces derniers. ( je rappelle que de lourds soupçons ont pesé sur eux dans certains milieux après l'attentat de Madrid et que la thèse officielle sur ce sujet n'est pas populaire partout).
Cette affirmation:
me semble fausse.
Ce sont les français( gouvernement Jospin) qui ont tout fait pour attirer l'attention des US vers les années 90 sur la nécessité de contrer l'islamisme qui à l'époque convenait encore aux US, car il servait à destabiliser les états musulmans socialisants ou ex-alliés de l'URSS avec l'appui et le soutien financier de l'Arabie séoudite.
C'est en fait tout l'historique des positions respectives de la France et des US ainsi que de la GB envers l'islamisme qui est à revoir simplement en relisant la presse de l'époque. longtemps la France a eu une position assez isolée dans ce domaine et a tout fait pour faire basculer les occidentaux dans son camp alors que les anglosaxons, habitués à s'arranger avec les islamistes en sous-main étaient sans doute tentés d'éjecter les français de leurs place-fortes nord-africaines par le biais de l'action islamiste.
Cette affirmation:
Citation
Les États-Unis voulaient, comme l’Autriche à la fin du 19ème siècle en Bosnie, créer un Islam « européen » pour affaiblir les états islamiques au Moyen-Orient
me semble fausse.
Ce sont les français( gouvernement Jospin) qui ont tout fait pour attirer l'attention des US vers les années 90 sur la nécessité de contrer l'islamisme qui à l'époque convenait encore aux US, car il servait à destabiliser les états musulmans socialisants ou ex-alliés de l'URSS avec l'appui et le soutien financier de l'Arabie séoudite.
C'est en fait tout l'historique des positions respectives de la France et des US ainsi que de la GB envers l'islamisme qui est à revoir simplement en relisant la presse de l'époque. longtemps la France a eu une position assez isolée dans ce domaine et a tout fait pour faire basculer les occidentaux dans son camp alors que les anglosaxons, habitués à s'arranger avec les islamistes en sous-main étaient sans doute tentés d'éjecter les français de leurs place-fortes nord-africaines par le biais de l'action islamiste.
Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?
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#5
Posté 16 juin 2006 à 15:18
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http://www.juergen-e...template_fr.php
Jürgen Elsässer
Qu'apprendrez-vous dans ce livre?
"Comment le Djihad est arrivé en Europe"
L'alliance " afghane " entre les États-Unis et les moudjahiddin a écrit une nouvelle page de son histoire dans les Balkans, et il n'y a rien d'étonnant à ce que les plus importants suspects du 11 septembre y aient vécu leur baptême du feu (chapitre 1). La Bosnie-Herzégovine, en particulier, réunissait de bonnes conditions, de par son histoire, pour l'ouverture d'un front du Djihad (chapitre 2). Mais ce n'est que grâce aux influences occidentales que les courants musulmans modérés, qui y détenaient le pouvoir, ont pu être écartés au profit des partisans de la Guerre sainte (chapitre 3). Dans cette évolution, Vienne a joué le rôle central de plaque tournante du trafic d'armes ; c'est dans cette ville que ben Laden a obtenu le passeport bosniaque en 1993 (chapitre 5). Les djihadistes ont perpétré d'effroyables actes de barbarie au cours de cette guerre qui a duré trois ans (1992-1995) - dont quelques-uns des massacres qui ont été attribués aux Serbes (chapitre 6). Et pourtant, le poids militaire des guerriers de Dieu était faible jusqu'à l'élection de William (" Bill ") Clinton à la présidence des États-Unis en 1993, cependant que leur équipement s'organisait grâce à l'Iran, l'ennemi de toujours (chapitre 7). Les services secrets américains ont vigoureusement bâillonné les officiers des Nations Unies qui critiquaient ces entorses à l'embargo international sur les armes (chapitre
. L'entreprise mercenaire MPRI y a joué un rôle prépondérant sur mandat du Pentagone (chapitre 9) avant de prendre le contrôle de l'armée bosniaque dès l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de Dayton en 1995 (chapitre 10). Au lieu d'écarter les guerriers de Dieu, comme l'expliquent les légendes dorées de Washington, MPRI a engagé les combattants les plus capables et les a formés en Albanie, qui était à l'époque sous la coupe des hommes de confiance de ben Laden (chapitres 11 & 12) et les a envoyés en renfort du mouvement terroriste albanais UCK au Kosovo et en Macédoine (chapitre 13).
Une bonne partie de ces activités ont été financées par le truchement d'organisations humanitaires américano-saoudiennes dans lesquelles ben Laden ne jouait qu'un rôle secondaire (chapitre 14). Plus généralement, on peut se poser la question de savoir si al Qaïda existe bel et bien ou si ce n'est pas un concept de propagande qui fait partie de la politique étrangère américaine, puisque plusieurs des terroristes en chef sont fortement soupçonnés de travailler aussi pour les services secrets occidentaux (chapitre 17). Cela concerne aussi les principaux suspects des attentats du 11 septembre (chapitre 18), et en particulier les deux cerveaux présumés de l'affaire (chapitre 19).
En tout état de cause, une tête de pont terroriste a été établie en Bosnie-Herzégovine grâce aux protections occidentales, ce qui constitue une menace majeure pour ce pays (chapitre 15) et pour le continent (chapitre 16). Depuis un certain temps, un mouvement de combattants du djihad se dessine entre les Balkans et la Tchétchénie (chapitre 20). Cela n'est toutefois pas considéré, en Europe, comme un danger puisque le lobby américain du pétrole lorgne sur les réserves énergétiques russes depuis longtemps (épilogue).
Jürgen Elsässer
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Jürgen Elsässer
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"Comment le Djihad est arrivé en Europe"
L'alliance " afghane " entre les États-Unis et les moudjahiddin a écrit une nouvelle page de son histoire dans les Balkans, et il n'y a rien d'étonnant à ce que les plus importants suspects du 11 septembre y aient vécu leur baptême du feu (chapitre 1). La Bosnie-Herzégovine, en particulier, réunissait de bonnes conditions, de par son histoire, pour l'ouverture d'un front du Djihad (chapitre 2). Mais ce n'est que grâce aux influences occidentales que les courants musulmans modérés, qui y détenaient le pouvoir, ont pu être écartés au profit des partisans de la Guerre sainte (chapitre 3). Dans cette évolution, Vienne a joué le rôle central de plaque tournante du trafic d'armes ; c'est dans cette ville que ben Laden a obtenu le passeport bosniaque en 1993 (chapitre 5). Les djihadistes ont perpétré d'effroyables actes de barbarie au cours de cette guerre qui a duré trois ans (1992-1995) - dont quelques-uns des massacres qui ont été attribués aux Serbes (chapitre 6). Et pourtant, le poids militaire des guerriers de Dieu était faible jusqu'à l'élection de William (" Bill ") Clinton à la présidence des États-Unis en 1993, cependant que leur équipement s'organisait grâce à l'Iran, l'ennemi de toujours (chapitre 7). Les services secrets américains ont vigoureusement bâillonné les officiers des Nations Unies qui critiquaient ces entorses à l'embargo international sur les armes (chapitre
Une bonne partie de ces activités ont été financées par le truchement d'organisations humanitaires américano-saoudiennes dans lesquelles ben Laden ne jouait qu'un rôle secondaire (chapitre 14). Plus généralement, on peut se poser la question de savoir si al Qaïda existe bel et bien ou si ce n'est pas un concept de propagande qui fait partie de la politique étrangère américaine, puisque plusieurs des terroristes en chef sont fortement soupçonnés de travailler aussi pour les services secrets occidentaux (chapitre 17). Cela concerne aussi les principaux suspects des attentats du 11 septembre (chapitre 18), et en particulier les deux cerveaux présumés de l'affaire (chapitre 19).
En tout état de cause, une tête de pont terroriste a été établie en Bosnie-Herzégovine grâce aux protections occidentales, ce qui constitue une menace majeure pour ce pays (chapitre 15) et pour le continent (chapitre 16). Depuis un certain temps, un mouvement de combattants du djihad se dessine entre les Balkans et la Tchétchénie (chapitre 20). Cela n'est toutefois pas considéré, en Europe, comme un danger puisque le lobby américain du pétrole lorgne sur les réserves énergétiques russes depuis longtemps (épilogue).
Jürgen Elsässer
#6
Posté 16 juin 2006 à 16:05
En somme d'après ce journaliste, ce n'est pas Milosevic, qui en réquisitionnant la présidence de la Yougoslavie à la fin de son mandat, a déclenché l'éclatement de son pays mais des djihadistes venus d'ailleurs et installés et armés sous le nez des milices serbes qui avaient le pouvoir militaire et la haute main sur l'armée yougoslave.
Hmm ...Original.
Et pourquoi alors les croates qui ne sont ni serbes ni musulmans ont-ils fait secession dès cette époque ( Elsasser dit-il quelque chose du rôle de l'Allemagne dans ce processus )? Et pourquoi le seul "fragment" de Yougoslavie a n'avoir pas pu se constituer depuis en entité culturellement homogène est justement la Bosnie-Herzégovine à majorité musulmane ?
Pour ce qui est des livraisons d'armes iraniennes à la Bosnie, il faut quand même rappeler ( parce que certains ici étaient encore trop jeunes à l'époque) pour ne pas laisser refaire l'Histoire sans rien dire, qu'elles répondaient à des livraisons d'armes russes, prétendument impossible à stopper par les occidentaux délégués par le conseil de l'insécurité, aux serbes ...
Les crapules chargées de faire le blocus de la Yougoslavie étaient fort aptes à empêcher les navires iraniens d'accoster en Bosnie mais s'avouaient hypocritement impuissantes à stopper les péniches russes qui approvisionnaient la Serbie. Poussés dans leurs derniers retranchements, ces hypocrites avouaient que la théorie montrait que quand l'un des adversaires est désarmé, une guerre se termine plus vite. D'où leurs efforts pour garder les bosniaques la tête dans le sac.
Ce sont ces d'ailleurs ces livraisons dûes à la "solidarité inter-slaves" qui ont peut-être poussé les "djihadistes" à aller du côté de la Tchétchénie donner de quoi s'occuper aux russes à leur tour. En toute logique. Et en toute solidarité inter-musulmans.
Hmm ...Original.
Et pourquoi alors les croates qui ne sont ni serbes ni musulmans ont-ils fait secession dès cette époque ( Elsasser dit-il quelque chose du rôle de l'Allemagne dans ce processus )? Et pourquoi le seul "fragment" de Yougoslavie a n'avoir pas pu se constituer depuis en entité culturellement homogène est justement la Bosnie-Herzégovine à majorité musulmane ?
Pour ce qui est des livraisons d'armes iraniennes à la Bosnie, il faut quand même rappeler ( parce que certains ici étaient encore trop jeunes à l'époque) pour ne pas laisser refaire l'Histoire sans rien dire, qu'elles répondaient à des livraisons d'armes russes, prétendument impossible à stopper par les occidentaux délégués par le conseil de l'insécurité, aux serbes ...
Les crapules chargées de faire le blocus de la Yougoslavie étaient fort aptes à empêcher les navires iraniens d'accoster en Bosnie mais s'avouaient hypocritement impuissantes à stopper les péniches russes qui approvisionnaient la Serbie. Poussés dans leurs derniers retranchements, ces hypocrites avouaient que la théorie montrait que quand l'un des adversaires est désarmé, une guerre se termine plus vite. D'où leurs efforts pour garder les bosniaques la tête dans le sac.
Ce sont ces d'ailleurs ces livraisons dûes à la "solidarité inter-slaves" qui ont peut-être poussé les "djihadistes" à aller du côté de la Tchétchénie donner de quoi s'occuper aux russes à leur tour. En toute logique. Et en toute solidarité inter-musulmans.
Laissez-moi rire... :D
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Où vont-ils se réfugier ?
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#7
Posté 17 juin 2006 à 00:33
http://www.unhchr.ch...76?OpenDocument
en tapant : camps d'entrainement Bosnie sur google on obtient en cherchant un peu des renseignements de la part
de services qui sont bien placés pour savoir ce que coûte ce genre d'aventure.
en tapant : camps d'entrainement Bosnie sur google on obtient en cherchant un peu des renseignements de la part
de services qui sont bien placés pour savoir ce que coûte ce genre d'aventure.
#8
Posté 17 juin 2006 à 01:42
Effectivement le recours à des mercenaires permet de s'abriter derrière eux. La pratique est générale et le métier de mercenaire rapporte. Mais le mercenariat s'il semble condamné par l'ONu n'a jamais vu ses adeptes poursuivis nulle part ( je vous renvoie au cas Bob Denard). Il y a donc consensus d'un certain nombre de pays pour maintenir cette pratique d'un autre âge. On peut même se demander si la pratique de l'entraide militaire entre membres de l'OTAN dans des opérations en dehors de la zone atlantique nord et en l'absence de l'attaque d'un des membres par une puissance extérieure ( cas du soutien par des membres de l'OTAN de l'engagement US en Afghanistan ou en Irak ) n'est pas à ranger dans le mercenariat. En tout cas si on confronte ce cas à la définition donnée par le texte de l'ONU ça semble être le cas.
Autrement il faudrait reconnaître que si l'envahisseur a le droit de se faire "aider par des pays amis", les populations envahies n'ont pas ce droit. Encore une règle commode et personnalisée ?
Je rappelle par exemple qu'en Irak un certain nombre de mercenaires français et européens opèrent pour le compte des US qui apprécient qu'ils soient moins mal vus par la population locale que leurs propres soldats sans parler des pseudo-citoyens US originaires d'autres pays qui ne se sont embarqués dans cette guerre sous l'uniforme Us que pour obtenir la nationalité. En l'absence de conflit officiel entre les pays impliqués et le pays envahi, les armées des pays impliqués soi-disant déployées pour des raisons humanitaires peuvent être classées mercenaires. Elles se sont mises au service d'un camp sans que leur pays soit en guerre. Qu'on ne me parle pas de servir l'ONU : les guerres n'ont lieu officiellement qu'entre payx et non pour le compte d'organisations internationales qui par ailleurs ont leurs propres troupes (casques bleus).
Les pratiques que tu dénonces bip bip ont été constantes tout au long de la seconde moitié du 20 ième siècle surtout dans des conflits impliquant des pays occidentaux ou des compagnies occidentales ( mais pas seulement ... On se souviendra des mercenaires cubains en Angola) dans l'un où l'autre des pays d'Afrique par exemple.
On peut dire que si des pays du tiers monde y viennent aujourd'hui c'est sans doute parce que ce demi-siècle d'impunité vis à vis des violations des règles de l'ONU a fini par faire considérer ces règles comme nulles et non avenues un peu partout. C'est curieusement à ce moment là que l'on affecte de se rendre compte que cette pratique est condamnable.
En résumé, dans ces guerres néocoloniales où les alliés sont à géométrie variable et avancent masqués, le bloc occidental a multiplié les violations, après la mise à mal du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, puis du droit à la souveraineté des états reconnus par l'ONU, à commencer par la première : faire de l'"humanitaire forcé et armé" ( aux dérives de plus en plus violentes si on en croit les directives données aux troupes canadiennes en Afghanistan) soi-disant pour le compte de l'ONU mais à sa manière et pour son propre compte et sous son propre uniforme et en soutien à des actions d'invasion condamnées clairement par les textes onusiens.
Cherchez l'erreur et trouvez qui est le hors la loi ...
Autrement il faudrait reconnaître que si l'envahisseur a le droit de se faire "aider par des pays amis", les populations envahies n'ont pas ce droit. Encore une règle commode et personnalisée ?
Je rappelle par exemple qu'en Irak un certain nombre de mercenaires français et européens opèrent pour le compte des US qui apprécient qu'ils soient moins mal vus par la population locale que leurs propres soldats sans parler des pseudo-citoyens US originaires d'autres pays qui ne se sont embarqués dans cette guerre sous l'uniforme Us que pour obtenir la nationalité. En l'absence de conflit officiel entre les pays impliqués et le pays envahi, les armées des pays impliqués soi-disant déployées pour des raisons humanitaires peuvent être classées mercenaires. Elles se sont mises au service d'un camp sans que leur pays soit en guerre. Qu'on ne me parle pas de servir l'ONU : les guerres n'ont lieu officiellement qu'entre payx et non pour le compte d'organisations internationales qui par ailleurs ont leurs propres troupes (casques bleus).
Les pratiques que tu dénonces bip bip ont été constantes tout au long de la seconde moitié du 20 ième siècle surtout dans des conflits impliquant des pays occidentaux ou des compagnies occidentales ( mais pas seulement ... On se souviendra des mercenaires cubains en Angola) dans l'un où l'autre des pays d'Afrique par exemple.
On peut dire que si des pays du tiers monde y viennent aujourd'hui c'est sans doute parce que ce demi-siècle d'impunité vis à vis des violations des règles de l'ONU a fini par faire considérer ces règles comme nulles et non avenues un peu partout. C'est curieusement à ce moment là que l'on affecte de se rendre compte que cette pratique est condamnable.
En résumé, dans ces guerres néocoloniales où les alliés sont à géométrie variable et avancent masqués, le bloc occidental a multiplié les violations, après la mise à mal du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, puis du droit à la souveraineté des états reconnus par l'ONU, à commencer par la première : faire de l'"humanitaire forcé et armé" ( aux dérives de plus en plus violentes si on en croit les directives données aux troupes canadiennes en Afghanistan) soi-disant pour le compte de l'ONU mais à sa manière et pour son propre compte et sous son propre uniforme et en soutien à des actions d'invasion condamnées clairement par les textes onusiens.
Cherchez l'erreur et trouvez qui est le hors la loi ...
Laissez-moi rire... :D
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