Les pesticides sont présents sur la majorité des stations échantillonnées en 2001, plus souvent dans les eaux de surface (dans 73% des stations concernées, on a retrouvé au moins une fois une des substances actives recherchées) que dans les eaux souterraines (579$), dans des proportions teles que les milieux aquatiques peuvent être perturbés ou les seuils admissibles pour la production d'eau potable dépassés sans traitement spécifique des pesticides. La surveillance des captages d'alimentation en eau potable met en évidence des ressources bien protégées, utilisées préférentiellement pour la production d'eau en vue de la distribution publique. Ces ressources permettent d'alimenter sans traitement spécifique d'élimination de pesticides un grand nombre de réseaux d'eau potable.
Néanmoins, près de la moitié du volume d'eau superficielle utilisé pour la production d'eau potable ne permet pas leur distribution sans mesure appropriée. Des interrogations scientifiques demeurent sur l'impact à long terme des mélanges de pesticides sur la santé humaine et les écosystèmes. D'aileurs, les méthodes d'évaluation de la qualité de l'eau sont en cours d'évolution, du fait de l'harmonisation requise par la directive cadre sur l'eau, On retrouve 159 pesticides différents dans les eaux de surface (sur 382 recherchés) et 144 dans les eaux souterraines (sur 364). Les triazines sont toujours massivement présentes, avec leurs produits de dégradation. La plupart d'entre elles seront interdites en 2003, tes autres en 2004, D'autres herbicides, comme le glyphosate (matière active du Roundup) ou l'aminotriazole se retrouvent également souvent, bien que peu recherchés actuelement sur l'ensemble du territoire. Dans tes eaux littorales, on note toujours la présence des organochlorés. En terme d'évolution, et bien que les moyens consacrés à l'observation des pesticides dans les. eaux continentales métropolitaines croissent d'année en année, il est encore délicat de dresser des conclusions générales. Des tendances peuvent être dégagées pour certains pesticides largement recherchés, disposant de méthodes analytiques éprouvées (comme pour le lindane, montrant une tendance à la baisse) mais, généralement, une analyse très approfondie des données reste nécessaire. Des mesures de gestion du risque ont d'ores et déjà été prises par le ministère chargé de f Agriculture pour limiter la présence des substances actives dans les eaux. Des restrictions d'usage ou des limitations de dose d'utilisation ont été mises en œuvre pour plusieurs molécules (triazines par exemple). Par ailleurs, la réévaluation européenne en cours doit aboutir au retrait de l'homologation de près de 350 substances actives souvent pour des raisons environnementales.
Le programme de réduction des pollutions par les produits phytosanitaires ■ "plan phyto" -, lancé par les ministres chargés de l'Environnement et.de l'Agriculture en août 2000, se poursuit à l'échelle nationale et régionale. Les mesures soutenues par l'État sont centrées sur des actions préventives développées sur des bassins versants prioritaires, Celles-ci permettent d'y effectuer un diagnostic des causes de pollution, suivi d'un plan d'actions comprenant notamment de la formation, du conseil et des opérations limitant les transferts de pesticides dans les eaux. Un premier rapport dressant le bilan de l'activité de ces groupes a été réalisé en 2001 e.t actualisé en 2002. La mise en oeuvre du système d'information sur les pesticides dans les eaux -Sysiphe -, développé par l'Ifen, continue, notamment en lien avec les groupes régionaux "phyto",
Des progrès sur l'acquisition des données, particulièrement celles concernant les quantités de pesticides utilisés, en agriculture et dans les autres domaines, et le développement de méthodes d'analyse fine des informations permettront d'améliorer les bilans annuels et de caractériser au mieux les niveaux d'exposition.
Ce message a été modifié par constant - 22 juin 2006 à 17:09.










