Bonjour
Fefuloji
La dépression est la manifestation d'une souffrance.... aussi ai-je employé ce terme "souffrance" dans son sens large.... Je ne parle pas des dépressions héreditaires - bien que ce terme soit inexact, relevant plus des troubles du comportement, ni des depressions exogènes iatrogéniques, ni des dépressions physiologiques, comme celles liées à la ménopause ou à l'accuchement, sinon de celles, profondes, qui naissent de la mélancolie....
Magnus
Citation
elle faisait sans cesse ses valises répétant "ils arrivent ! ils viennent me chercher".
Le trauma est tel.... qu'à partir de "son moment vécu...", tout s'inscrit autour de lui. C'est lui qui marque la borne non pas de l'avant et de l'après, dans ce cas là, sinon du "jamais plus..." Mon amie a vécu toute sa vie dans la paranoia d'être arrètée, qu'on vienne aussi la chercher... Et pour cela, elle vivait et travaillait sous des pseudonymes....
Je ne crois pas que l'inconscient refoule ce genre d'informations... Chez certaines personnes, tout se cristallise autour de cet instant précis... Elles ne vivent plus ni le présent, ni le passé, et encore moins le futur, sinon sans arrèt cet intant là...
Dans le cas de mon amie, ce qui lui était le plus difficile n'était pas le pardon (elle avait pardonnée), mais l'oubli... Jamais elle n'a pu oublier la trahison des hommes (de l'humanité) ni leur terrible silence. Et jamais plus elle n'a eu confiance en eux (elle, l'humanité). Tout lui paraissait décalé...
Quelques secondes ou quelques années en enfer et tu deviens un mutant, un être sans existence propre, un être qui fait peur... parce que le regard de l'Autre s'arrète à sa propre perception du trauma... qui ne peut que l'intellectualiser puisqu'il ne l'a pas vécu. Et beaucoup l'intellectualise en le rationnalisant: il faut leur trouver une explication logique, rassurante, souvent pour eux-mêmes d'ailleurs... Pouvoir mettre un nom sur ce qui ne s'explique pas, la folie des hommes...
Le dépressif, puisqu'il fautl'appeler ainsi, est un mutant. Il devient une minorité (dans le cas des camps, des trauma de guerres, des viols, etc...) dans une majorité qui ne peut le comprendre, puisque ce trauma, cette majorité ne l'a pas expérimenté... Il devient un "autiste" enfermé dans une terrible squizophrénie, au sens dichotomique du terme... Et cela est vrai que certaines personnes, voire beaucoup, se laisse dominer (esclavagiser) par ce qu'ils ont vécu. La douleur psychique qui conduit à la dépression de l'âme ne leur a laissé qu'une terre brûlée... Pour qui, pour quoi et au nom de quoi, feraient-ils refleurir ce que l¡on a définitivement saccagé ? Ils n'auront plus jamais la foi... en rien. et s'ils ne se suicident pas, c'est que cela ne leur parait pas être non plus la bonne solution...
Quand je dis qu'on intellectualise la souffrance psychique, c'est que l'on demande - voire que l'on somme - (à) celui ou celle qui sont prisonniers de ce trauma (quel qu'il soit) d'en identifier la cause, souvent en le culpabilisant... car on veut que cette cause soit provoquée ou dépendante d'eux !!!
"Si cela t'es arrivé, c'est que tu devais apprendre quelque chose..."... "si t'es trouvé là, à ce moment, ce n'est pas un hasard.... incosciemment tu l'as cherché..."
Dire à quelqu'un qui se fait violer, qu'inconsciemment elle ou il le cherchait (et ne parlons pas des agressions pédophiles), je trouve cela "un peu fort de café".... Cela rejoint l'attitude souvent reprochée aux flics pour qui a une époque, toute personne violée était une coupable en puissance !!!! Bref, un modèle normatif qui a changé seulement de vêtements, ceux de la psy de prisunic...
Approche intellectuelle qui est suivie par une autre.... on le somme - une fois l'identification faite (et parfois très labyrinthique, voire folklorique !!!!) - de bien vouloir passer à l'acte: "enfin quoi, maintenant que tu as compris le pourquoi.... Change!!!"
La psychanalyse s'est fourvoyée ainsi dans un puits sans fond et à mon avis, bien "des psythérapies" vont dans le même non sens.... sans compter qu'elles sont parfois épicées d'un certain voyeurisme, latent et pervers....
Tout cela manque fort de compassion.... Expérimenter la souffrance psychique, c'est devenir l'autre... par l'ecoute et reconnaître en nous, les échos qu'elle suscite. Alors seulement, surgiront les mots du coeur... puisque nous y devenons l'Autre... loin des presrcriptions médicales ou de ces fameux décodages réducteurs et parfois tirés par les cheveux !!!!
La faute à papa maman ou la société... ca va cinq minutes... Dans bien des cas, tout dèpend de nous... de l'attitude du coeur... avec ou sans prise consciente de notre inconscient (que celui qui y arrive, me fasse signe !!!!)
Je mettrais bien une histoire soufie pour illustrer... mais cela ferait peut-être un peu long...
Amitiés