U2 transfère en partie ses finances pour payer moins d'impôts (presse)
AFP 08.08.06 | 13h29
Le groupe irlandais de rock U2 a transféré une partie de ses finances d'Irlande vers les Pays-Bas pour payer moins d'impôt, rapporte mardi le quotidien britannique Daily Telegraph.
La décision ferait suite au changement de la loi irlandaise sur l'exemption de taxation des droits d'auteur, qui est désormais plafonnée.
Ni U2, ni le ministère irlandais des Finances n'ont pu être joints mardi matin par l'AFP pour commenter cette information.
Le groupe constitué par le chanteur Bono, le guitariste The Edge, le bassiste Adam Clayton et le batteur Larry Mullen a récolté les plus importants revenus du monde de la musique en 2005, avec des gains estimés à 217 millions d'euros.
D'après le Telegraph (centre-droit), U2 a transféré aux Pays-Bas le siège de U2 Limited, une société gérant environ le tiers de la fortune du groupe. Les royalties sont pratiquement exemptes de toute fiscalité aux Pays-Bas.
Un quotidien irlandais, l'Irish Independent, rapportait dimanche que Jon Favie, un Néerlandais gérant aux Pays-Bas les revenus des Rolling Stones, avait été nommé directeur de U2 Limited.
Joan Burton, une porte-parole du parti travailliste irlandais citée par le Telegraph, a critiqué la démarche attribuée à U2, rappelant que Bono, un militant contre la pauvreté dans le monde, réclamait régulièrement une augmentation de l'aide publique irlandaise au développement.
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Chantre du combat contre la pauvreté, le leader de U2 est à la tête d'un fonds très actif. Dernier investissement : le magazine économique «Forbes».
Par Laurent MAURIAC
QUOTIDIEN : Mardi 8 août 2006 - 06:00
New York de notre correspondant
Un «leader dans le management de ses business et de sa propriété intellectuelle», capable d'offrir «des perspectives uniques de management créatif et de marketing de même que des relations aux plus hauts niveaux des médias et des gouvernements». Difficile de croire que celui qui est ainsi décrit est une star du rock. Telle est pourtant la présentation de Bono sur le site du fonds d'investissement Elevation Partners, dont il est, plutôt discrètement, l'un des six dirigeants.
Le magazine économique Forbes a annoncé hier un accord avec le fonds. Le montant de l'investissement n'est pas précisé. Il atteindrait 40 % du capital de la société, suggère le New York Times, pour un montant compris entre 250 et 300 millions de dollars. Si le chanteur de U2 n'a pas été directement mêlé aux discussions, il s'est montré attiré par le magazine pour sa capacité à «avoir un point de vue» et une «philosophie cohérente à travers son histoire», explique Roger McNamee, l'un des fondateurs d'Elevation Partners, au quotidien américain (injoignable hier).
Jeux vidéo. Certains ne manqueront pas de s'interroger sur la cohérence entre les engagements capitalistes de Bono et ses combats contre la pauvreté et pour la santé dans le monde. McNamee précise que Bono a été à l'origine de la création du fonds d'investissement, lequel tire d'ailleurs son nom d'une chanson de U2. Les autres dirigeants du fonds ont des profils plus attendus. Parmi eux, Fred Anderson, un ancien directeur financier d'Apple, et John Riccitiello, un ancien responsable de l'éditeur de jeux vidéo Electronic Arts.
A ce jour, Elevation a peu de projets à son actif. En novembre 2005, il a investi 300 millions de dollars dans deux studios de création de jeux vidéo, Pandemic Studios et BioWare, ainsi que 100 millions de dollars dans Homestore, un fournisseur d'informations sur l'immobilier. Plus tôt dans l'année, il avait tenté sans succès de mettre la main sur l'éditeur de jeux vidéo Eidos Interactive. L'investissement dans Pandemic Studios a d'ailleurs valu à Bono une petite polémique. Cette entreprise est en effet à l'origine du jeu Mercenaries 2, qui simule une invasion du Venezuela où, selon la présentation, «un tyran assoiffé de pouvoir joue avec les réserves pétrolières». Plusieurs organisations de gauche ont demandé à Bono d'interrompre la production du jeu, soupçonné de chercher à «saper le gouvernement démocratiquement élu du Venezuela». Bono a récemment montré une autre facette de ses capacités d'homme d'affaires en domiciliant à Amsterdam la société gérant les doits de U2. Il était en désaccord avec une réforme fiscale lancée par le gouvernement irlandais pour limiter les exonérations réservées aux artistes.
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Ce message a été modifié par Jeff - 08 août 2006 à 13:33.