Ah oui j'oubliais comme tu dis Manu c'est vrai que les passages que tu cites portes à confusion. Mais les chrétiens appellent le diable l'accusateur et le tourmenteur. Son rôle serait en autre de tester les élus, comme Job. Job serait le reflet de l'élu. Quant à fils de Dieu ce serait les êtres créés de la main de Dieu comme Adam ou les anges.
Et les chrétiens disent que Satan a encore accès aux sphères célestes, mais à la moitié de la période des tribulations (3 ans 1/2 après le début du règne de l'antichrist) Satan sera bouté hors des cieux avec 1/3 des anges. Il tombera sur terre et adombrera l'antichrist celui-ci deviendra alors la bête.
Mais un autre point de vue que j'ai vu dans un livre intitulé "enquête sur les anges rebelles" c'est que satan serait l'ombre de Dieu, son côté obscur. L'auteur pense que Dieu et Satan ne serait qu'une seule et même personne !
Le diable, l’ennemi : réalité ou superstition ?
Commencé par
Demonicus
, 18 aoû 2006 à 15:39
36 réponses dans ce topic
#31
Posté 31 août 2006 à 12:35
#32
Posté 31 août 2006 à 13:26
...Je suis le Serpent qui donne Connaissance & Plaisir
et gloire éclatante, et attise le coeur des hommes
dans l'ivresse. Pour m'adorer prends du vin
et d'étranges drogues dont je parlerai à mon
prophète, & enivre-t-en ! Ils ne te feront
aucun mal. C'est un mensonge, cette folie
contre soi-même. L'étalage de l'innocence
est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de
toutes choses des sens et du ravissement : n'aie crainte
que quelque Dieu ne te renie pour cela.
Je suis seul : il n'y a pas de Dieu où je suis.
Vois ! ce sont de graves mystères ; car il
est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant
ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la
montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de
magnifiques femmes bestiales aux membres forts,
avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d'abondantes
chevelures flamboyantes autour d'elles ; là
les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans
les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y
aura en eux une joie un million de fois
plus grande que cela. Prends garde de crainte qu'un
n'en contraigne un autre, Roi contre Roi ! Aimez-vous les uns
les autres avec des coeurs ardents ; foulez aux pieds
les hommes vils dans l'appétit féroce de votre fierté,
au jour de votre courroux.
Vous êtes contre le peuple, mes élus !
Je suis le Serpent secret lové prêt à
bondir : dans mes anneaux il y a de la joie. Si je
lève la tête, moi et ma Nuit sommes uns.
Si j'abaisse la tête et crache
du venin, alors est le ravissement de la terre,
et moi et la terre sommes uns....
Liber al vel LEGIS
et gloire éclatante, et attise le coeur des hommes
dans l'ivresse. Pour m'adorer prends du vin
et d'étranges drogues dont je parlerai à mon
prophète, & enivre-t-en ! Ils ne te feront
aucun mal. C'est un mensonge, cette folie
contre soi-même. L'étalage de l'innocence
est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de
toutes choses des sens et du ravissement : n'aie crainte
que quelque Dieu ne te renie pour cela.
Je suis seul : il n'y a pas de Dieu où je suis.
Vois ! ce sont de graves mystères ; car il
est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant
ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la
montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de
magnifiques femmes bestiales aux membres forts,
avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d'abondantes
chevelures flamboyantes autour d'elles ; là
les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans
les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y
aura en eux une joie un million de fois
plus grande que cela. Prends garde de crainte qu'un
n'en contraigne un autre, Roi contre Roi ! Aimez-vous les uns
les autres avec des coeurs ardents ; foulez aux pieds
les hommes vils dans l'appétit féroce de votre fierté,
au jour de votre courroux.
Vous êtes contre le peuple, mes élus !
Je suis le Serpent secret lové prêt à
bondir : dans mes anneaux il y a de la joie. Si je
lève la tête, moi et ma Nuit sommes uns.
Si j'abaisse la tête et crache
du venin, alors est le ravissement de la terre,
et moi et la terre sommes uns....
Liber al vel LEGIS
#33
Posté 31 août 2006 à 14:13
Stoptou, le Jeudi 31 Août 2006 à 13h19, dit :
...Je suis le Serpent qui donne Connaissance & Plaisir
et gloire éclatante, et attise le coeur des hommes
dans l'ivresse. Pour m'adorer prends du vin
et d'étranges drogues dont je parlerai à mon
prophète, & enivre-t-en ! Ils ne te feront
aucun mal. C'est un mensonge, cette folie
contre soi-même. L'étalage de l'innocence
est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de
toutes choses des sens et du ravissement : n'aie crainte
que quelque Dieu ne te renie pour cela.
Je suis seul : il n'y a pas de Dieu où je suis.
Vois ! ce sont de graves mystères ; car il
est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant
ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la
montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de
magnifiques femmes bestiales aux membres forts,
avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d'abondantes
chevelures flamboyantes autour d'elles ; là
les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans
les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y
aura en eux une joie un million de fois
plus grande que cela. Prends garde de crainte qu'un
n'en contraigne un autre, Roi contre Roi ! Aimez-vous les uns
les autres avec des coeurs ardents ; foulez aux pieds
les hommes vils dans l'appétit féroce de votre fierté,
au jour de votre courroux.
Vous êtes contre le peuple, mes élus !
Je suis le Serpent secret lové prêt à
bondir : dans mes anneaux il y a de la joie. Si je
lève la tête, moi et ma Nuit sommes uns.
Si j'abaisse la tête et crache
du venin, alors est le ravissement de la terre,
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Liber al vel LEGIS
et gloire éclatante, et attise le coeur des hommes
dans l'ivresse. Pour m'adorer prends du vin
et d'étranges drogues dont je parlerai à mon
prophète, & enivre-t-en ! Ils ne te feront
aucun mal. C'est un mensonge, cette folie
contre soi-même. L'étalage de l'innocence
est un mensonge. Sois fort, ô homme, désire, jouis de
toutes choses des sens et du ravissement : n'aie crainte
que quelque Dieu ne te renie pour cela.
Je suis seul : il n'y a pas de Dieu où je suis.
Vois ! ce sont de graves mystères ; car il
est aussi de mes amis qui sont ermites. Maintenant
ne crois pas les trouver dans la forêt ou sur la
montagne ; mais dans des lits de pourpre, caressés par de
magnifiques femmes bestiales aux membres forts,
avec du feu et de la lumière dans les yeux, et d'abondantes
chevelures flamboyantes autour d'elles ; là
les trouveras-tu. Tu les verras au pouvoir, dans
les armées victorieuses, en toute occasion joyeuse ; et il y
aura en eux une joie un million de fois
plus grande que cela. Prends garde de crainte qu'un
n'en contraigne un autre, Roi contre Roi ! Aimez-vous les uns
les autres avec des coeurs ardents ; foulez aux pieds
les hommes vils dans l'appétit féroce de votre fierté,
au jour de votre courroux.
Vous êtes contre le peuple, mes élus !
Je suis le Serpent secret lové prêt à
bondir : dans mes anneaux il y a de la joie. Si je
lève la tête, moi et ma Nuit sommes uns.
Si j'abaisse la tête et crache
du venin, alors est le ravissement de la terre,
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Liber al vel LEGIS
Ce message a été modifié par Libélial - 31 août 2006 à 14:22.
#34
Posté 31 août 2006 à 17:29
J'écoutais sur Ici et Maintenant 95.2 une retransmission d'une émission où Jacques Lacarrière était invité à parler de la Grèce et des dieux.
C'était au début Août je crois. Il expliquait que le diable est une invention, un concept intervenu tardivement et apparaissant avec le Judaîsme alors qu'à l'époque de Platon donc avant l'avènement du diable comme concept il était question du "daîmon" qui n'était pas le démon tel qu'on l'entends après mais de l'ange gardien qui peut se présenter comme bon et mauvais génie et sans qu'intervienne encore ce manichéisme infantile qui s'empare du sacré et du religieux.
Les esprits maléfiques entités et autres élémentaux existent très certainement, le nier serait stupide. Quant au diable dans ses diverses versions il n'est qu'une subversion du mental qui divise à l'infini pour mieux ramener à l'unité si celle-ci existe bien qu'autrement que comme un concept elle aussi.
Il est vrai qu'en français dieu et diable semblent avoir la même racine. Ils ne sont pê que les 2 faces d'une même réalité comme la lune qui ne présente qu'une seule face visisble à nos yeux mais qui cependant tourne bel et bien pourtant sur elle-même.
Personnellement je suis souvent confronté à une force et une energie très puissante que je qualifie parfois de démoniaque et de diabolique, et j'ai la très nette sensation d'être sous l'influence d'une "entité" ou un autre moi-même qui est violemment destructeur et cherche à m'égarer, me faire dévier afin que je n'atteigne pas certains buts. Cette force qui prends tous les masques, très subtile et perverse me fait dévier, rater mon but, pêcher dans son sens originel pour me ramener à ce que je suis quand je ne suis pas vigilant et attentif, et que ma conscience se voile et s'entache d'illusions propres à créer des mirages dans les quels je tombe quasiment à tous les coups portés par ce que je nomme parfois le "nazi" qui m'impose sa dictature et son fascisme, destructeurs de mes intentions qu'il m'est difficile de reconnaître comme premières ne sachant plus où est le début car déjà projeté sur la fin et la combustion dans un fracas mortifère et régénérateur.
Le discernement pourrait s'apparenter au diable dans son aspect positif par sa capacité à distinguer, préférer, choisir etc...
avant d'y voir plus clair et mieux comprendre le sens de sa venue, de son incarnation car je pense qu'il s'agit du karma qui agit comme des lames acérées et un retour de flamme pour dégager le passage du passé vers le présent et retrouver sa nature fondamentale qui est clarté et luminosité dans son omniscience qui est voilée momentanément.
Je suis interrompu par un coup de fil. Le diable très probablement.
Yfsee
C'était au début Août je crois. Il expliquait que le diable est une invention, un concept intervenu tardivement et apparaissant avec le Judaîsme alors qu'à l'époque de Platon donc avant l'avènement du diable comme concept il était question du "daîmon" qui n'était pas le démon tel qu'on l'entends après mais de l'ange gardien qui peut se présenter comme bon et mauvais génie et sans qu'intervienne encore ce manichéisme infantile qui s'empare du sacré et du religieux.
Les esprits maléfiques entités et autres élémentaux existent très certainement, le nier serait stupide. Quant au diable dans ses diverses versions il n'est qu'une subversion du mental qui divise à l'infini pour mieux ramener à l'unité si celle-ci existe bien qu'autrement que comme un concept elle aussi.
Il est vrai qu'en français dieu et diable semblent avoir la même racine. Ils ne sont pê que les 2 faces d'une même réalité comme la lune qui ne présente qu'une seule face visisble à nos yeux mais qui cependant tourne bel et bien pourtant sur elle-même.
Personnellement je suis souvent confronté à une force et une energie très puissante que je qualifie parfois de démoniaque et de diabolique, et j'ai la très nette sensation d'être sous l'influence d'une "entité" ou un autre moi-même qui est violemment destructeur et cherche à m'égarer, me faire dévier afin que je n'atteigne pas certains buts. Cette force qui prends tous les masques, très subtile et perverse me fait dévier, rater mon but, pêcher dans son sens originel pour me ramener à ce que je suis quand je ne suis pas vigilant et attentif, et que ma conscience se voile et s'entache d'illusions propres à créer des mirages dans les quels je tombe quasiment à tous les coups portés par ce que je nomme parfois le "nazi" qui m'impose sa dictature et son fascisme, destructeurs de mes intentions qu'il m'est difficile de reconnaître comme premières ne sachant plus où est le début car déjà projeté sur la fin et la combustion dans un fracas mortifère et régénérateur.
Le discernement pourrait s'apparenter au diable dans son aspect positif par sa capacité à distinguer, préférer, choisir etc...
avant d'y voir plus clair et mieux comprendre le sens de sa venue, de son incarnation car je pense qu'il s'agit du karma qui agit comme des lames acérées et un retour de flamme pour dégager le passage du passé vers le présent et retrouver sa nature fondamentale qui est clarté et luminosité dans son omniscience qui est voilée momentanément.
Je suis interrompu par un coup de fil. Le diable très probablement.
Yfsee
#35 Arlequin
Posté 22 février 2007 à 19:51
Petite mise au point concernant la croyance au Diable et la doctrine de l'Eglise... (doctrine qui, à mon humble avis, et en dépit de ses prétentions, diffère des pensées en vigueur dans la Bible [ou plutôt "les Bibles"])... je reproduis ici des extraits d'un texte publié en 1948 dans un collectif des Etudes carmélitaines intitulé "Satan" (d'une totalité de 666 pages...
)
[...]
|...]
Source: Henri-Irénée Marrou - "Un ange déchu, un ange pourtant...
Citation
A l'analyse, on se rend compte en effet que l'idée que les modernes se font communément du Démon est moins chrétienne que "manichéenne" (pour parler la langue traditionnelle des hérésiologues; disons, si l'on exige un vocabulaire historiquement plus précis, "gnostique" ou "dualiste"): le Satan auquel nos contemporains ne peuvent se résoudre, ou ne se résolvent que difficilement à croire est une sorte d'Ahriman, un Être personnel en qui s'incarne un Principe du Mal, conçu comme terriblement réel, et qui répond antithétiquement au Principe du Bien actualisé d'autre part en Dieu; si puissant au demeurant qu'il est non seulement un antagoniste mais un rival de Dieu: à la lettre un Contre-Dieu, Antitheos [3].
On notera, comme symptôme caractéristique de cet état d'esprit, qu'il est le plus souvent moins question des démons que du Démon: cette conception monarchique de la Puissance des Ténèbres est sans doute, pour une part, suggérée par la tradition de l'Eglise: déjà dans le Nouveau Testament, Satan, le Prince de ce monde, le Prince de la Puissance de l'air, Celui qui a l'empire de la mort, le Diable, s'oppose synthétiquement au Christ (saint Paul, 2 Cor., 4, 4, va jusqu'à risquer l'expression " le dieu de ce siècle"). ce mode de présentation a été souvent repris, dans un mouvement oratoire, par les Pères, et en particulier les Latins d'Afrique: déjà Tertullien oppose, dans un balancement symétrique, Dieu, tout bon, optimus, et le Diable, tout mauvais, pessimus (de Patientia, 5); saint Augustin plus souvent encore, chez qui, on l'a souvent observé, l'antithèse n'est pas seulement un procédé de style, une recette héritée de Gorgias, mais comme une catégorie fondamentale de pensée: bien souvent chez lui, et de façon abusive, dans son rôle, et sa personne même, le Démon est mis en parallèle avec le Christ [4].
[...]
Tels qu'on les comprend, ou les retient, ces textes "monarchiques" inclinent dangereusement la réflexion (si l'on peut qualifier ainsi l'embryon de pensée théologique dont se satisfont les hommes d'aujourd'hui) vers un dualisme pur et simple: il y a Dieu d'un côté et de l'autre Satan; la réalité de celui-ci paraît inséparable de la réalité, positive, ontologique et substantielle, du Mal dont il est le véhicule et comme le symbole.
Or, quoiqu'il en soit du rôle éminent qu'une exacte théologie reconnaîtra, parmi les démons, à Lucifer, à Satan, leur prince, il reste que la pensée moderne (je parle toujours de la pensée réelle, celle qui, quoique souvent implicite, anime la vie spirituelle) ignore profondément la véritable doctrine orthodoxe sur le Diable, la seule qui soit acceptable pour une âme chrétienne, car, seule, elle sauvegarde la toute-puissance, l'unicité de Dieu, ce joyau de notre Foi: le monothéisme.
A savoir que Satan, comme les autres démons, car il n'est que l'un d'eux, encore que le premier, est un ange. Ange rebelle, prévaricateur et déchu soit; un ange, pourtant, créé par Dieu avec et parmi les autres esprits célestes et à qui sa chute même, la déchéance qu'elle a entraînée, n'ont pu enlever cette nature angélique qui définit son être.
Pour le théologien, les démons ressortissent au traité de Angelis [6]; c'est là une doctrine qui appartient à la tradition la plus solidement établie: elle apparaît, nettement exprimée, dès les Apologistes du IIe siècle [7]; l'Eglise n'a pas cessé de la réaffirmer avec force, chaque fois qu'un renouveau du péril dualiste (une des tentations pérennes de l'esprit humain) l'a amenée à préciser sa frontière de ce côté: dès la fin du IIe siècle, contre les Gnostiques avec saint Irénée [8], en 563, au concile de Braga, contre les infiltrations manichéennes du priscillanisme (Denzinger 17e éd.237), en 1215 au IVe concile de Latran, contre les Cathares (Denz., 428).
On notera, comme symptôme caractéristique de cet état d'esprit, qu'il est le plus souvent moins question des démons que du Démon: cette conception monarchique de la Puissance des Ténèbres est sans doute, pour une part, suggérée par la tradition de l'Eglise: déjà dans le Nouveau Testament, Satan, le Prince de ce monde, le Prince de la Puissance de l'air, Celui qui a l'empire de la mort, le Diable, s'oppose synthétiquement au Christ (saint Paul, 2 Cor., 4, 4, va jusqu'à risquer l'expression " le dieu de ce siècle"). ce mode de présentation a été souvent repris, dans un mouvement oratoire, par les Pères, et en particulier les Latins d'Afrique: déjà Tertullien oppose, dans un balancement symétrique, Dieu, tout bon, optimus, et le Diable, tout mauvais, pessimus (de Patientia, 5); saint Augustin plus souvent encore, chez qui, on l'a souvent observé, l'antithèse n'est pas seulement un procédé de style, une recette héritée de Gorgias, mais comme une catégorie fondamentale de pensée: bien souvent chez lui, et de façon abusive, dans son rôle, et sa personne même, le Démon est mis en parallèle avec le Christ [4].
[...]
Tels qu'on les comprend, ou les retient, ces textes "monarchiques" inclinent dangereusement la réflexion (si l'on peut qualifier ainsi l'embryon de pensée théologique dont se satisfont les hommes d'aujourd'hui) vers un dualisme pur et simple: il y a Dieu d'un côté et de l'autre Satan; la réalité de celui-ci paraît inséparable de la réalité, positive, ontologique et substantielle, du Mal dont il est le véhicule et comme le symbole.
Or, quoiqu'il en soit du rôle éminent qu'une exacte théologie reconnaîtra, parmi les démons, à Lucifer, à Satan, leur prince, il reste que la pensée moderne (je parle toujours de la pensée réelle, celle qui, quoique souvent implicite, anime la vie spirituelle) ignore profondément la véritable doctrine orthodoxe sur le Diable, la seule qui soit acceptable pour une âme chrétienne, car, seule, elle sauvegarde la toute-puissance, l'unicité de Dieu, ce joyau de notre Foi: le monothéisme.
A savoir que Satan, comme les autres démons, car il n'est que l'un d'eux, encore que le premier, est un ange. Ange rebelle, prévaricateur et déchu soit; un ange, pourtant, créé par Dieu avec et parmi les autres esprits célestes et à qui sa chute même, la déchéance qu'elle a entraînée, n'ont pu enlever cette nature angélique qui définit son être.
Pour le théologien, les démons ressortissent au traité de Angelis [6]; c'est là une doctrine qui appartient à la tradition la plus solidement établie: elle apparaît, nettement exprimée, dès les Apologistes du IIe siècle [7]; l'Eglise n'a pas cessé de la réaffirmer avec force, chaque fois qu'un renouveau du péril dualiste (une des tentations pérennes de l'esprit humain) l'a amenée à préciser sa frontière de ce côté: dès la fin du IIe siècle, contre les Gnostiques avec saint Irénée [8], en 563, au concile de Braga, contre les infiltrations manichéennes du priscillanisme (Denzinger 17e éd.237), en 1215 au IVe concile de Latran, contre les Cathares (Denz., 428).
[...]
Citation
Depuis ses premières confrontations doctrinales avec le Gnosticisme, l'Eglise a toujours proclamé avec force que l'origine et l'être même des démons ne pouvaient provenir d'un Principe du Mal, étranger à Dieu; que Satan, et avec lui les autres démons étaient au même titre que les Anges des créatures de Dieu, du seul Créateur, Dieu, infiniment bon et tout puissant: "Nous savons bien, fait dire saint Athanase à saint Antoine [22], que les démons n'ont pas été créés démons; Dieu n'a rien fait de mauvais. Eux aussi furent créés bons", -comme les autres Anges- et s'ils sont devenus mauvais, "déchus de la sagesse céleste", c'est par leur faute, par le mauvais usage qu'ils ont fait de leur liberté [23]. Tertullien s'est plu à le souligner avec son emphase africaine: en toute rigueur, il faut dire que Dieu n'a pas créé le Diable; il avait créé un Ange, qui en s'éloignant de Dieu par un acte libre, s'est fait lui-même démon [24].
Il découle de là une conséquence importante: créés bons, les démons ne sont pas devenus mauvais: ils sont "déchus", ce qui ne signifie pas que leur être relève désormais d'un autre Principe que celui dont découlent toutes les autres créatures. Ontologiquement, ce sont toujours des anges: ce sentiment qui se manifeste en particulier par l'expression caractéristique de "mauvais anges" [25], se fait jour de façon très explicite chez plusieurs Pères de l'Eglise. Ainsi, saint Augustin nous explique que si les maligni angeli subsistent et vivent, c'est par Celui qui vivifie toutes choses [26]: ils ont conservé non seulement la vie mais avec elle certains attributs de leur premier état, et d'abord la raison, encore qu'elle soit maintenant chez eux dévoyée [27].
Il découle de là une conséquence importante: créés bons, les démons ne sont pas devenus mauvais: ils sont "déchus", ce qui ne signifie pas que leur être relève désormais d'un autre Principe que celui dont découlent toutes les autres créatures. Ontologiquement, ce sont toujours des anges: ce sentiment qui se manifeste en particulier par l'expression caractéristique de "mauvais anges" [25], se fait jour de façon très explicite chez plusieurs Pères de l'Eglise. Ainsi, saint Augustin nous explique que si les maligni angeli subsistent et vivent, c'est par Celui qui vivifie toutes choses [26]: ils ont conservé non seulement la vie mais avec elle certains attributs de leur premier état, et d'abord la raison, encore qu'elle soit maintenant chez eux dévoyée [27].
|...]
Citation
Non, dire que le mal n'est pas en soi et par soi-même quelque chose de positif n'est pas, pour autant, affirmer qu'il n'existe pas. Le Mal ne relève pas de l'ordre de l'être: c'est du non-être, ce qui n'est pas la même chose que le néant. Nous avons appris à opérer cette distinction délicate, mais si illuminante, dans le Sophiste de Platon [43]. Cette référence s'impose, pour donner un sens au débat. La doctrine augustinienne perd en effet toute signification si on se place dans une perspective strictement éléatique (l'être est, le non-être n'est pas: propositions fondamentales où se résume la pensée d'un Parménide): l'enseignement de saint Augustin se développe dans l'orbite de ce que M. Et. Gilson a proposé [44] d'appeler "la théologie de l'essence" (par opposition à la théologie existentielle).
Il ne faut pas simplement concevoir d'un côté l'existence et de l'autre le néant. Il y a des degrés dans l'être, et une hiérarchie des êtres. Dieu seul est au sens vrai et plein du mot: vere est, summe est. De tous les autres êtres il faut accepter de se rendre compte qu'en toute rigueur ni ils ne sont ni ils ne sont pas, nec omnimo esse, nec omnimo non esse [45]: tous les êtres créés sont parce qu'ils participent à l'Être de Dieu, et ils sont plus ou moins selon qu'ils s'en rapprochent davantage.
Dans cette perspective, le Mal apparaît comme une diminution d'être dans l'être créé (et donc muable) où il s'introduit. Le péché, la déchéance qu'il entraîne chez l'ange, comme chez l'homme, le réduit à "moins d'Être qu'il n'en possédait lorsqu'il était étroitement uni à Celui qui (seul) est pleinement", ut minus esset quam erat cum Ei qui summe est inhaerebat [46]. L'être de l'ange (ou de l'homme) déchu est diminué, mais non complètement, car tout ce qui est, est bon et si le bien de la créature était totalement éliminé, elle serait anéantie [47].
On voudrait pouvoir disposer d'une image pour illustrer cette doctrine délicate (nous sommes à la limite du langage humain). Sans doute omne simile claudicat, mais je suis frappé de ce qu'a d'inadéquat la comparaison qu'utilise saint Grégoire de Nysse: le Démon a, par fraude, mêlé le Mal à la libre volonté de l'homme comme lorsqu'on éteint la vive lumière d'une lampe en versant de l'eau dans l'huile qui l'alimente [48]. Image malheureuse, car l'eau est une réalité, au même titre que l'huile.
Il ne faut pas simplement concevoir d'un côté l'existence et de l'autre le néant. Il y a des degrés dans l'être, et une hiérarchie des êtres. Dieu seul est au sens vrai et plein du mot: vere est, summe est. De tous les autres êtres il faut accepter de se rendre compte qu'en toute rigueur ni ils ne sont ni ils ne sont pas, nec omnimo esse, nec omnimo non esse [45]: tous les êtres créés sont parce qu'ils participent à l'Être de Dieu, et ils sont plus ou moins selon qu'ils s'en rapprochent davantage.
Dans cette perspective, le Mal apparaît comme une diminution d'être dans l'être créé (et donc muable) où il s'introduit. Le péché, la déchéance qu'il entraîne chez l'ange, comme chez l'homme, le réduit à "moins d'Être qu'il n'en possédait lorsqu'il était étroitement uni à Celui qui (seul) est pleinement", ut minus esset quam erat cum Ei qui summe est inhaerebat [46]. L'être de l'ange (ou de l'homme) déchu est diminué, mais non complètement, car tout ce qui est, est bon et si le bien de la créature était totalement éliminé, elle serait anéantie [47].
On voudrait pouvoir disposer d'une image pour illustrer cette doctrine délicate (nous sommes à la limite du langage humain). Sans doute omne simile claudicat, mais je suis frappé de ce qu'a d'inadéquat la comparaison qu'utilise saint Grégoire de Nysse: le Démon a, par fraude, mêlé le Mal à la libre volonté de l'homme comme lorsqu'on éteint la vive lumière d'une lampe en versant de l'eau dans l'huile qui l'alimente [48]. Image malheureuse, car l'eau est une réalité, au même titre que l'huile.
Source: Henri-Irénée Marrou - "Un ange déchu, un ange pourtant...
#36
Posté 22 février 2007 à 23:38
il faut savoir qu'il n'a pas toujours d'emprise ou ne s'intérresse pas à certaines personnes car celles-ci n'ont aucune prétention de connaîtres des valeurs ou des vérités sur la vie, la mort,etc, l'ignorer en bloc pourrait être dangeureux, car on pourrait vous faire avaler n'importe quoi, une statue ou coule le sang etc, les miracles...son meilleur atout serait de passer inaperçu, et si les gens veulent l'ignorer c'est tant mieux pour lui...
#37
Posté 23 février 2007 à 00:26
manu, le Jeudi 31 Août 2006 12h15, dit :
Pour moi, là c'est pareil, sauf qu'ils se disputent l'humanité, ou alors il y a un pari et au meilleur qui gagne...
Nous ne sommes rien de plus qu'un élément d'un pari... ils jouent avec nous... et je trouve ça pas très cool...
Nous ne sommes rien de plus qu'un élément d'un pari... ils jouent avec nous... et je trouve ça pas très cool...
Ces 2 forces opposées qui se neutralisent sont à la base de tout ce qui existe.
« Désirer avec indifférence, c’est l’essence même du jeu. »
Henry de Montherlant
« La justice n'est que le rêve imbécile de quelques hommes. L'injustice est la volonté même de Dieu. »
Anatole France
Henry de Montherlant
« La justice n'est que le rêve imbécile de quelques hommes. L'injustice est la volonté même de Dieu. »
Anatole France










