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Moyen-Orient : Des mots et des chiffres


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1 réponse à ce sujet

#1 petrus

petrus

    Zombie Infiltré

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Posté 19 aot 2006 à 11:09

Quelle honte, un copier/coller :oops: :oops: :oops:

Pourvu que Malkuth ne me gronde pas :oops: :oops: :oops:



Des mots et des chiffres

Derrière le rideau de fumée de la propagande, quels enjeux dans cette guerre globale ?


Par Fausto Giudice, 18 août 2006

L’auteur est un auteur-traducteur indépendant, membre du réseau de traducteurs Tlaxcala et de l’Alliance zapatiste de libération sociale. Il préside l’association interculturelle karkashuna. Courriel : karkashuna@yahoo.fr


Le 12 juillet 2006, une nouvelle guerre a éclaté au Moyen-Orient. L’État sioniste avait profité du Mondial pour déclencher l’opération « Pluie d’été » sur Gaza martyr. Comme disent les Gazaouis : « Nous avons eu autant de morts qu’il y a eu de buts marqués pendant le Mondial ». Ce même État a pensé profiter des vacances du mois d’août pour commettre une nouvelle agression, avec la bénédiction tonitruante de Washington et celle, plus embarrassée de l’Europe unie, France en tête.

Israël a présenté cette « opération » comme un acte d’autodéfense, de légitime défense, son « droit à l’existence » étant menacé par les Katyushas du Hezbollah, tout comme il prétendait son « droit à l’existence » menacé par les roquettes Qassam du Hamas, encore plus rudimentaires que les Katyushas.

Les médias occidentaux se sont laissés embarquer sans scrupules ni états d’âme dans cette nouvelle agression et ont battu les records de la désinformation.

Ils ont délibérément fait le choix de ne montrer qu’un côté de la guerre, le « bon côté », celui des agresseurs. Sur aucune chaîne de télévision du monde « libre et démocratique », on n’a vu le moindre bout de reportage sur un seul combattant de la résistance libanaise. Bref, encore plus que pour l’Iraq, la guérilla libanaise a été rendue invisible. On a eu droit à quelques séquences rapides sur les tanks israéliens flambant, mais jamais on n’a vu ceux qui les détruisaient.

Il y a dans ce choix plus qu’un manque de courage des journalistes. Il y a une volonté d’imposer une image par l’absence d’images, accompagnée d’un vocabulaire martelé 24 heures sur 24.

Comme pour l’Iraq, comme pour Gaza et la Cisjordanie, les combattants sont des « terroristes ». Le Hezbollah est une « milice chiite », « milice intégriste », un « parti religieux », qui « prend ses ordres à Damas et à Téhéran ».

En appliquant le modèle à l’œuvre rétrospectivement, en 1940-1945, de Gaulle était le chef d’une « milice chrétienne », « prenant ses ordres à Londres », Maurice Thorez était le chef d’une « milice communiste » prenant ses ordres à Moscou. Plus près de nous, dans les années 60 Mitterrand prenait ses ordres à Washington, Alain Geismar et Serge July, chefs d’une « milice maoïste », « prenaient leurs ordres à Pékin » et Alain Krivine, chef d’une « milice trotskyste », « prenait ses ordres à Bruxelles (siège de la Quatrième Internationale). Quant aux démocrates-chrétiens allemands et italiens, ils prenaient leurs ordres à Washington et au Vatican, sans oublier les socialistes français, qui prenaient, bien évidemment, leurs ordres à…Tel Aviv.

On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

La résistance française a été combattue par l’occupant nazi au nom de la lutte contre le « terrorisme judéo-bolchévique ». Pour chaque action de partisans, les occupants prenaient des otages civils et les fusillaient.

La résistance vietnamienne a été combattue par les occupants français, puis usaméricains, au nom de la même lutte contre le « terrorisme rouge ». Durant l’Opération Phénix conduite par la CIA, 20 000 Vietnamiens ont été exécutés en quelques mois.

La résistance algérienne a été combattue en invoquant les mêmes « arguments » que ceux des Israéliens en Palestine et au Liban, ceux des Nazis en France et ceux des Usaméricains au Vietnam : le FLN était le fruit d’un complot concocté au Caire, à Moscou et à La Mecque, bref un complot « islamo-nasséro-bolchévique ».

Derrière cette propagande, il y a toujours eu une seule et même motivation : il s’agit pour les occupants confrontés à une résistance armée, une guérilla, de couper « le poisson de l’eau ». Le poisson, ce sont les combattants, l’eau, c’est leur peuple.

Les stratégies et tactiques mises en œuvre, du Vietnam à l’Iraq, en passant par l’Algérie ou la Palestine, sont à peu de choses près, les mêmes :

> La terreur : en frappant la population civile, on espère la faire fuir, la terroriser et l’empêcher d’apporter son soutien à la résistance. Une fois qu’elle a fui une zone disputée, on peut ratisser le terrain et exterminer les combattants ou ceux qui en tiennent lieu. Quant aux civils, on va les regrouper, dans des « hameaux stratégique » (au Vietnam) ou des « villages de la vie nouvelle » (Algérie).

> L’intoxication/infiltration : l’armée française en Algérie avait créé des faux maquis (Force K, Opération « Oiseau bleu »). Sa digne héritière, l’armée « nationale populaire » algérienne, a créé les GIA. Les Usaméricains ont créé en Iraq « Al Qaïda » et Abou Moussab Al Zarqaoui.
En Palestine, ce fut impossible de faire le même genre d’opérations pour les Israéliens. Ce n’est pas faute d’avoir essayé depuis les Accords d’Oslo, de transformer le Fatah en « vraie-fausse résistance », en supplétif de l’occupation, et l’OLP en « Autorité palestinienne » fantoche. Ce projet a échoué. Quant au Liban, n’en parlons même pas. Le Hezbollah a pulvérisé toutes les théories et les concepts ayant cours dans les États-majors et les services secrets sur les « islamistes », les « intégristes », les « terroristes ».

Quelle est donc l’arme secrète du Hezbollah ? C’est tout simplement la capacité – miraculeuse dans le monde arabo-musulman – à faire ce qu’il dit et à dire ce qu’il fait. C’est sa capacité à doser de manière équilibrée son écoute de la « vox populi » (la voix du peuple) et de la « vox dei » (la voix de Dieu). Il prend ses ordres à Téhéran ? Rien de plus faux. Oui, le guide suprême du chiisme, l’ayatollah Ali Khameneï, est un guide spirituel [velayat-e-faqih]. Il émet des avis et recommandations, mais en aucun cas il ne donne des ordres. Hassan Nasrallah est le premier leader politico-militaire libanais qui ne soit pas un grand féodal, un chef de clan mafieux. C’est un homme du « bas peuple », issu du quartier déshérité de la Quarantina, près du port de Beyrouth. Il est donc très bien placé pour entendre et comprendre les besoins et aspirations des chiites, qui ont été le groupe le plus marginalisé depuis le Pacte national de 1943, dans ce Liban, qu’on appelait la « Suisse du Moyen-orient ». Et la capacité à écouter et servir les pauvres s’étend aux non-chiites et même aux non-musumans. Aucune des institutions créés par le Hezbollah –orphelinats, cliniques, dispensaires, centres sociaux – n’est réservée aux seuls Chiites ou aux seuls Musulmans. Et aux côtés des combattants du Hezbollah dans les collines du sud-Liban, il y a des communistes (souvent chrétiens) et des sunnites.

Pour en revenir aux médias, cette guerre a vu disparaître presque totalement des écrans et des Unes des journaux l’Iraq et la Palestine. Il en a été partiellement de même dans les mouvements d’opinion protestant contre cette « nouvelle guerre ». Et pourtant, les chiffres sont là, accablants : dans le hit-parade des pertes humaines, l’Iraq vient en première position, suivi par le Liban et la Palestine.

Iraq, Palestine, Liban : trois guerres distinctes ? Ou plutôt, des batailles d’une seule et même guerre, menée par ce qu’il est désormais convenu d’appeler Usraël ? Pendant que le monde entier se focalisait sur le Liban, les occupants usraéliens de l’Iraq mettaient en place un gigantesque dispositif de « guerre spéciale » à Bagdad, dans lequel plus personne ne semble pouvoir distinguer le vrai résistant du faux terroriste. Et les médias gardent là-dessus un silence des plus assourdissants. Or, le lien entre les trois batailles de cette même guerre est évident. Condoleeza Rice a déclaré en juillet que les bombardements du Liban n’étaient que des « douleurs d’enfantement du nouveau Moyen-orient »…démocratique. Un Moyen-orient transformé en une nébuleuse de bantoustans dirigés par des fantoches. Bref, un remake des réserves indiennes des USA ou des ghettos juifs de la Pologne occupée par les Allemands. Tout ce qui s’oppose à ce projet monstrueux doit être éliminé. Ce projet étant global, il est normal et naturel que les résistances deviennent « alterglocales ». « Alter » = une alternative (« un autre monde ») est possible ; « glo » = cette résistance doit s’appuyer sur une analyse globale : « cale » = l’action découlant de cette analyse ne peut être que locale, chaque pays, chaque région ayant ses particularités historiques, humaines, géographiques. Au Népal, la résistance est maoïste, au Mexique elle est zapatiste, en Colombie elle est marxiste, en Birmanie elle est bouddhiste, en Palestine-Iraq-Liban, elle est islamo-souverainiste. C’est comme ça, on n’y peut rien changer, c’est une réalité à laquelle il faut faire face. Contre le projet global de domination et d’uniformisation (la « coca-colonisation » du monde), il faut affirmer et œuvrer à l’alternative : « un monde contenant tous les mondes », pour reprendre l’expression si belle et porteuse de « vraies promesses » des zapatistes mexicains.


Voyons donc les chiffres de cette hécatombe en domino.

Iraq : une moyenne quotidienne de 110 morts, soit en tout 3 438 morts en juillet 2006, soit 9% de plus qu’en juin et le double de janvier 2006. La morgue de Bagdad a recensé 1 855 corps en juillet, soit 18% de plus qu’en juin. Blessés en dehors de Bagdad : 3 597 en juillet. Selon les Nations unies, 17 776 Iraquiens sont morts en 2006, soit une moyenne mensuelle de 2 539 victimes.

Ces chiffres sont très approximatifs. Le gouvernement et l’armée US refusent de publier des chiffres sur les pertes humaines iraquiennes.


Gaza : 151 personnes, dans leur écrasante majorité des civils désarmés, ont été tuées en juillet par les Israéliens, le plus haut chiffre depuis octobre 2004, lorsque 166 Gazaouis avaient été tués.

Liban : le chiffre de 1 100 victimes libanaises doit être révisé à la hausse, au fur et à mesure qu’on découvre des cadavres dans décombres des maisons détruites. À l’heure où nous écrivons, on est à 1 400.

Face à ces chiffres, ceux des pertes des agresseurs peuvent sembler dérisoires : 2 000 soldats usaméricains en Iraq, 162 « civils » en Israël. Mais au Liban, l’armée israélienne a perdu 430 hommes, ce qui n’est pas banal et a été carrément passé sous silence par la propagande israélienne et pro-israélienne. Propagande qui s’est faite tout aussi discrète sur les pertes matérielles : 2 avions, 3 navires de guerre, 5 hélicoptères, 48 véhicules blindés et…130 chars Merkava. Dans cette guerre « asymétrique », la résistance libanaise a tout simplement fait des merveilles avec des moyens plutôt limités. Face à ces chiffres, deux autres résument bien la nature de l’agression israélienne : 433 enfants libanais et 378 femmes libanaises ont été tués par les bombes lâchées du ciel.

Dernière remarque sur la propagande de guerre menée complaisamment par les médias occidentaux : tous les commentateurs, y compris ceux qui se présentent comme bien intentionnés à l’égard du Liban ont dit et répété depuis 6 semaines que l’« opération » israélienne contre le Liban avait été motivée par « l’enlèvement de deux soldats israéliens en territoire israélien ». C’est faux, archi-faux, pour trois raisons :

> Les deux soldats ont été capturés en territoire libanais, sur lequel ils avaient pénétré en dehors de toute légalité. Ils sont donc des prisonniers de guerre et non des otages. Tout comme le caporal Gilad Shalit, qui n’a pas été « kidnappé » alors qu’il mangeait un hamburger dans un MacDo de Tel Aviv, mais a été capturé alors qu’il menait une action de guerre dans un territoire étranger occupé.

> L’État-major israélien préparait activement cette guerre contre le Liban depuis au moins un an, mais il ruminait sa vengeance depuis son retrait forcé du Sud-liban de 2000. Elle était prévue pour septembre-octobre 2006. Le Hezbollah a voulu marquer symboliquement sa solidarité avec la population de Gaza et de Palestine en attaquant un groupe de soldats menant une « incursion » en territoire libanais. Il n’avait sans doute pas prévu une telle réaction, mais s’y était préparé, stratégiquement et tactiquement, depuis au moins l’an 2000. On connaît la suite.

Source : http://www.azlsbasta.splinder.com/


#2 jprock

jprock
  • Localisation : METZ
  • Intérêts : Géopolitique<br>Réalité virtuelle<br>ésotérisme<br>

Posté 22 fvrier 2007 à 18:36

Israël: les spéculations sur une guerre avec la Syrie vont bon train
Par Jacques PINTO




JERUSALEM (AFP) - Des informations sur un renforcement, avec l'aide de l'Iran, de l'armée syrienne dans le secteur du Golan occupé depuis 1967, alimentent des spéculations en Israël sur une éventuelle guerre.

L'armée syrienne a récemment procédé à des mouvements de troupes en direction de la frontière avec Israël sur le plateau du Golan, a rapporté jeudi le quotidien Haaretz

Le journal, sous la plume de son spécialiste des questions de Défense, Zeev Schiff, généralement bien renseigné, indique que la Syrie est lancée dans une course aux armements avec l'aide de l'Iran, ennemi juré d'Israël.

Ces informations viennent recouper de récentes déclarations d'un officier des renseignements militaires, le général Yossi Beidatz, qui a estimé que le président syrien Bachar al-Assad "préparait ses forces à un conflit militaire" avec l'Etat hébreu.

Ce conflit pourrait être généré "par une tierce partie", a-t-il déclaré cette semaine en faisant allusion au Hezbollah libanais contre lequel Israël a mené l'été dernier une guerre de plus d'un mois.

"L'armée syrienne se renforce à un rythme sans précédent dans tous les domaines ces derniers temps, avec l'aide financière de l'Iran", écrit en Une Zeev Schiff, le correspondant militaire du journal libéral.

Dans cette course aux armements "l'accent est mis notamment sur les missiles et les roquettes de longue portée", écrit-il.

La Syrie, selon lui, s'équipe massivement de missiles Scud-D d'une portée de 400 km couvrant l'essentiel du territoire israélien, qu'elle a testés récemment avec succès, pour contrebalancer la "faiblesse de son armée de l'air".

Damas, ajoute le journal, serait à la veille de conclure un "méga contrat" avec la Russie portant sur la livraison de milliers de missiles antichars sophistiqués utilisés avec efficacité par le Hezbollah contre les blindés israéliens lors de la guerre de juillet-août.

"Les armes antichars sont considérées comme des armes défensives mais, entre les mains de terroristes, ce sont des armes offensives", a déclaré à l'AFP Miri Eisin, porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert.

"Il apparaît que des troupes syriennes ont fait mouvement pour se placer à proximité de la frontière sur le Golan", poursuit Zeev Schiff, relevant que des mouvements similaires avaient été le prélude au déclenchement de l'offensive syrienne sur ce front lors de la guerre israélo-arabe d'octobre 1973.

Le ministre de la Défense Amir Peretz a quant à lui déclaré lors d'une réunion de responsables de la défense qu'il fallait éviter les "déclarations superflues" au sujet de la Syrie et a demandé aux responsables d'éviter une "guerre des mots" avec ce pays, selon la radio.

Il a ajouté que l'armée effectuerait des préparatifs, si nécessaire, en fonction de l'évolution sur le terrain.

Réagissant aux informations publiées par Haaretz, son conseiller, le général de réserve Amos Gilad, avait auparavant déclaré à la radio publique qu'il "n'y a aucune information indiquant que les Syriens s'apprêtent à nous attaquer dans les mois qui viennent".

"Le fait que la Syrie renforce ses capacités militaires ne signifie pas qu'on va être attaqué demain mais il est certain qu'il faut y être prêt", a-t-il ajouté, soulignant que les informations de M. Schiff étaient "généralement très crédibles".

"Il existe une tension notoire à la frontière israélo-syrienne où la Syrie a renforcé son dispositif militaire depuis la guerre menée par Israël au Liban", a indiqué à l'AFP une source militaire du commandement de la région nord.

L'armée israélienne a mené d'importantes manoeuvres mercredi sur le plateau du Golan, impliquant des unités d'infanterie, des blindés, l'artillerie et l'aviation.

Les négociations entre Israël et la Syrie sont gelées depuis 2000. Damas réclame la restitution du plateau du Golan conquis en 1967 par Israël et annexé en 1981. Plus de 15.000 Israéliens y sont installés.