Avec l'ouverture du marché français de l'électricité et l'annonce de la construction d'un nouveau réacteur EPR, Greenpeace France a décidé, dans le cadre de sa campagne "EDF : demain j'arrête", de changer de fournisseur d'électricité. Greenpeace a opté pour une offre 100% électricité verte et appelle tous les professionnels à en faire de même pour manifester leur refus de la politique nucléaire de l'opérateur EDF. Dans le même temps, à quelques semaines du choix du site d'implantation du réacteur EPR par EDF, les opposants au projet ont décidé de marquer simultanément leur motivation à faire échouer ce projet, quel que soit le site finalement choisi par EDF. Pour plus d'infos sur la campagne "EDF : demain j'arrête" et les actions menées à Penly, Flammenville et Graveline, visitez : http://www.EDFdemainjarrete.org/
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Question bete : c'est quoi encore ce truc "EPR" ? C'est nouveau...
Euh... ba non pas vraiment...
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L'EPR : une technologie du passé pour une vision dépassée
La décision de construire un démonstrateur EPR, réacteur "évolutionnaire" selon l'industrie nucléaire, a été prise par EDF le 22 juin 2004 (communiqué de presse EPR : un éléphant blanc, ça trompe énormément... ). Ce projet déjà vieux, véritable serpent de mer du lobby, est ressorti des cartons à l'occasion du débat sur l'énergie initié par le gouvernement au printemps 2003 (à moins que ce débat n'ait été qu'un prétexte pour tenter de justifier un tel choix ?).
Présenté comme un choix stratégique pour la France, la construction d'un EPR ne répond pourtant en rien aux enjeux énergétiques et environnementaux qui se présentent à nous pour les 30 prochaines années. Bien au contraire ce projet rendrait stériles tous les efforts nécessaires de diversification énergétique vers la maîtrise des consommations et les énergies renouvelables.
Le gouvernement et EDF vont-ils encore répondre aux sirènes de l'industrie atomique et enfoncer la France un peu plus dans l'impasse nucléaire ?
Un choix énergétique ?
Depuis 30 ans les choix énergétiques de la France ne reposent que sur le nucléaire. Loin d'avoir garanti une indépendance énergétique souvent affichée à tort (100% de l'uranium est importé), ce choix a entraîné la France dans une double dépendance : le nucléaire pour l'électricité et le pétrole pour le reste, notamment les transports.
Ce constat est largement partagé même dans les discours officiels qui parlent aujourd'hui de la nécessité d'un "bouquet" énergétique : "à chaque énergie son rôle, elles ont toutes leur utilité et sont complémentaires". L'idée du "mix" est un nouvel argument des lobby pétroliers et nucléaires qui ne peuvent plus nier le potentiel des énergies renouvelables, mais ne veulent pas non plus remettre en cause la prédominance de leur énergie.
Ce concept n'a d'ailleurs aucune réalité historique et politique. L'expérience, notamment française, montre qu'aucun pays ayant décidé de développer le nucléaire n'a aussi développé une politique de sobriété et d'efficacité énergétique, et/ou développé les énergies renouvelables. A l'inverse le développement des énergies renouvelables, au Danemark et surtout en Allemagne, ne s'est opéré qu'à la suite d'une politique de rupture et de sortie du nucléaire.
Une politique énergétique doit opérer des priorités. Il ne fait aucun doute que l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables doivent être la priorité. Il faut en conséquence qu'il y ait des moyens financiers et humains à la hauteur de ces choix. Or le nucléaire accapare toutes les ressources, notamment les budgets de recherche. Le lancement d'un EPR est donc une orientation des investissements qui tuerait dans l'œuf les choix de rupture qui doivent être faits.
Citation
Le remplacement des centrales nucléaires lors de leur arrêt, par de nouvelles centrales, ne va pas de soi. Une étude officielle réalisée en 2000 (1), montre que dans le domaine de la production d'électricité, la décision de mise en service d'une nouvelle unité de grande puissance avant 2025 (voire 2030 suivant les scénarios) ne peut en aucun cas se justifier.
Dans ce contexte, la construction d'un réacteur EPR, est tout à fait infondée et même totalement incompréhensible.
Un choix stratégique pour la France ?
La France a développé d'importantes compétences dans le nucléaire que se soit à des fins militaires ou civiles. En contrepartie, elle s'est privée du développement des technologies du futur que sont les technologies d'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.
Quantitativement les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique sont plus créatrices d'emplois que le nucléaire, et qualitativement ces emplois sont beaucoup mieux répartis à l'échelle locale.
Si le projet EPR est stratégique pour l'industrie nucléaire aujourd'hui moribonde, il ne l'est pas du tout pour l'avenir du secteur énergétique français.
Le gouvernement et les parlementaires avaient à choisir entre un projet industriel nucléaire et un projet énergétique global pour la France. Ils ont fait le mauvais choix!
Citation
Les perspectives de vendre un EPR à l'étranger sont très faibles, un exemplaire a été vendu à la Finlande mais très probablement à perte. Historiquement, les exportations de réacteurs ont été très faibles comparativement à d'autres industries (6 réacteurs pour une soixantaine en France). L'exportation du nucléaire n'est de toute façon pas une bonne idée du fait des risques de prolifération des armes atomiques.
Un réacteur moderne ?
L'EPR, dit réacteur "évolutionnaire" ou de "Génération III +" est présenté par ses promoteurs comme compétitif, optimisé et sûr. Derrière ce discours de publicitaire, la réalité est beaucoup plus trouble.
- Un réacteur loin d'être révolutionnaire
Loin d'être une nouveauté, l'EPR est un projet qui date déjà de plus de 10 ans et n'amène aucune avancée technique significative par rapport aux derniers réacteurs construits en France.
Côté sûreté, les faibles progrès avancés font pâle figure et ne répondent pas aux risques liés aux erreurs ou agressions extérieures (chute d'avion…). L'autorité de sûreté a même déclaré que si l'EPR n'était pas construit prochainement, il faudrait revoir les objectifs de sûreté fixés il y a déjà dix ans ! (2) L’autorité de sûreté finlandaise a même demandé de nettes améliorations.
Contrairement à ce qui est annoncé, aucune amélioration significative n'est apportée au cycle du combustible. Le recours au combustible MOX est même renforcé, or l'utilisation du MOX engendre un nombre de risques supplémentaires lié au retraitement, aux transports, à la sûreté…
De même en terme de prolifération, aucune amélioration n'est apporté, le réacteur produisant toujours du plutonium.
- Une compétitivité à la française
La discussion des coûts du nucléaire est très complexe et surtout biaisée. Dans le développement du nucléaire la discussion technicienne a toujours prévalu et la discussion économique n'a été que secondaire et orientée de façon à justifier les choix techniques. Ainsi la question de la couverture financière des risques fait l'objet de législations spéciales visant à limiter la responsabilité des opérateurs et des Etats. Il est aussi à noter que les échelles de temps mises en jeu ainsi que les fortes incertitudes concernant le démantèlement et la gestion des déchets à long terme, jettent un flou important sur les coûts réels du nucléaires.
Ce constat se vérifie dans les discussions sur l'EPR. Les hypothèses de référence, précisées entre les lignes, sont très hasardeuses. Par exemple, le taux de disponibilité avancé qui est très élevé (plus de 90%) est totalement illusoire et ne tient pas compte du contexte actuel de surcapacité du parc français. De même le coût annoncé est prévu pour une série de 10 réacteurs ! Le coût d'une tête de série seule est beaucoup plus important. Tous les chiffres avancés sont donc extrêmement optimistes et ne tiennent pas compte des nombreuses difficultés de mise au point inhérentes à la construction d'un prototype ou d'une série limitée, comme cela a été le cas pour la dernière série de réacteurs construits en France (palier N4).
De plus, dans le cadre de la surcapacité nucléaire actuelle, un nouveau réacteur ne fera que diminuer le rendement économique du système global, d'autant que l'ouverture des marchés va accentuer la pression économique. Quel sera le coût réel de l'EPR ? Qui payera ? Quel coût pour le consommateur ? Toutes ces questions restent encore sans réponses claires et les seules études économiques sont actuellement fournies par les industriels eux-même (Areva et Framatome, ou EDF).
(1) - "Etude économique prospective de la filière électrique nucléaire" JM. Charpin, B. Dessus, R. Pellat, juillet 2000
(2) - "La durée de vie des centrales nucléaires et les nouveaux types de réacteurs", MM. C. Bataille et C. Birreaux, Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, mai 2003.
source : http://www.edfdemainjarrete.org/
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A noter aussi sur ce site la page : "Offres vertes" ceci :
Citation
A partir du 1er juillet 2004 tous les clients non résidentiels ont la possibilité de quitter EDF pour un autre fournisseur d’électricité. Malheureusement, pour l’instant, très peu de fournisseurs sont réellement recommandables.
Sur la quarantaine de fournisseurs répertoriée par la CRE, trois d’entre eux se distinguent en proposant une Offre Verte certifiée.
Diamant










