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Le miracle manichéen


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#1 ambre

ambre

    Ambre

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Posté 10 septembre 2006 à 14:42

Le miracle manichéen  
suivi de Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident


Le manichéisme en Asie centrale

C’est en patience que se conçoit l’ébranlement du monde.

A. Maalouf

* Cet article a été donné en conférence lors du Symposium « Mani », à Renova, Bilthoven, Hollande, le 7 mai 2005, et publié en hollandais par la Rozekruis Pers, Haarlem, dans les Actes du Colloque (septembre 2005).

Introduction :

Lorsqu’on parle aujourd’hui de manichéisme, on songe rarement à cet homme exceptionnel, à ce Messager de la Lumière que fut Mani (216-276). Sept siècles après le Bouddha, deux siècles après le Christ, quatre siècles avant Mahomet, celui qui se présentait déjà comme le réunificateur de l’Orient et de l’Occident, le « Paraclet de la Vérité » ou le « Sceau des Prophètes », transmit une vision du monde et de la vie si puissante qu’elle se répandit, de manière totalement pacifique, de l’Afrique à la Chine, des Balkans à la péninsule arabique.

Mani, qui fut aussi un peintre sans égal, un grand poète, un musicien de talent et un médecin remarquable, démontra l’unité à l’arrière-plan des diverses religions. Il enseignait aux chrétiens l’aspect profond, ésotérique, du christianisme universel, dévoilait aux mages d’Iran le véritable sens du message de Zoroastre, expliquait aux bouddhistes le chemin de la Libération. L’« Église de Justice » qu’il avait fondée pour transmettre les mystères de l’Homme Parfait, illumina des millions d’âmes pendant plus de mille ans.

Or que reste-t-il de cette « Religion de la Lumière », tolérante, non violente, unificatrice, qui embrasa le monde et bouleversa tant d’êtres ? Pourquoi le Manichéisme, si généreux, si profondément humaniste et universel, fut-il persécuté inlassablement par tous les empires et toutes les religions ? En quoi était-il si dangereux qu’il ait fallu effacer de nos mémoires jusqu’à son souvenir, ne conservant de sa prodigieuse et longue histoire que ces mots : « manichéen », « manichéisme », devenus dans nos bouches des insultes ?

Notre objectif ici est de montrer à travers un exemple concret, celui du Manichéisme en Asie Centrale, ce que fut véritablement la Gnose de Mani et l’influence civilisatrice qu’elle exerça sur la société de son temps. Nous verrons ainsi clairement que si les faits auxquels nous nous référons sont bien passés, les questions qu’ils posent ne sont pas pour autant dépassées. Plus que jamais, en cette époque troublée et confuse qui est la nôtre, où nous assistons à une mondialisation de la lutte entre la Lumière et les ténèbres, le Bien et le Mal, l’Esprit et la Matière, le message de Mani, son « cri », mérite d’être redécouvert… et entendu.

Pour décrire et comprendre le « miracle manichéen », nous adopterons le point de vue suivant : le Manichéisme est un ésotérisme, un ésotérisme universel. Ou encore : le secret du Manichéisme, c’est l’Initiation, résumée par le symbole du caducée, figure universelle de la science médicale, ou celui de l’arbre triple (comme dans la peinture chinoise) ; la clef de l’influence civilisatrice du Manichéisme, c’est le « Grand Ebranlement » selon la formule coranique (Coran 79/34), l’expérience suprême, gardée en trésor dans les Livres sacrés, confiée en dépôt aux Prophètes et aux Sages, cachée sous les symboles et « les discours en similitudes ». Nous pensons ici aux différents prologues de l’Apocalypse de Jean, du Corpus Hermeticum, du Récit de l’exil occidental de Sohravardi, le « Chant de la perle » des musulmans iraniens, des Noces alchimiques de Christian Rose-Croix, où il est clairement fait allusion à ce fait spirituel. Dans le Manichéisme, cette expérience fondamentale, « apocalyptique », est décrite avec précision dans le Kephalaïon 1 et dans le Mani-Codex comme « l’ébranlement des vertèbres du dos ». Dans la Gnose moderne, elle est évoquée avec pudeur et subtilité par Van Rijckenborgh au chapitre 16 de ses commentaires ésotériques de l’Evangile de la Pistis-Sophia, et de manière directe dans toute son oeuvre, en particulier dans Dei Gloria Intacta et Un homme nouveau vient.

Bien que, depuis le début du XXÏ siècle, de nombreuses études aient été consacrées au Manichéisme, rares sont les savants ayant osé postuler, comme le fit l’historien juif Guy Stroumsa (1992), l’existence d’un ésotérisme dans la pensée et l’univers de Mani. Plus rares encore sont ceux qui ont tenté d’explorer systématiquement l’imaginaire manichéen et de percer jusqu’au sens « vrai » de ses « mystères », mythes, symboles, rites et initiations.

Le double principe qui guidera ici notre recherche est simple : les textes écrits par Mani ou les représentations picturales léguées par ses disciples sont avant tout symboliques et initiatiques, et ont principalement trait à la « physiologie de l’homme de lumière », selon la formule de l’iranologue Henry Corbin, à la structure de « l’homme intérieur » selon l’expression de Paul, à l’anatomie subtile. Ce fait peut être confirmé, par exemple, par l’importance que revêt la notion de « microcosme » dans le Manichéisme oriental et rapproché des conceptions taoïstes où le corps humain est envisagé comme un résumé de l’univers entier, mieux comme un monde sacré parfait, puisque réalisé d’après un principe d’ordre transcendant.

A ce qui précède, nous ajoutons l’assertion suivante : le mythe manichéen, comme le récit christique, la légende du Bouddha ou celle de Christian Rose-Croix, est un « mystère », un « mystère d’initiation », d’essence alchimique, relatif à la « seconde naissance », à la genèse de « l’homme nouveau », qui se déroule en « trois jours », en « trois temps », conformément à la parole christique (Jn, 2, 19) : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai (il parlait du temple de son corps) ». « Jésus s’est levé, dira le psalmiste manichéen, en trois jours, il s’est levé. La croix de lumière, c’est sur trois puissances qu’elle s’élève. […] Ces trois puissances sont l’Eglise du petit monde [ou microcosme].

L’alchimie véritable, l’« alchimie interne » par opposition à l’« alchimie externe », concerne des processus spirituels ayant trait à la recréation complète de l’être humain ; il s’agit de processus microcosmiques très « complexes » et très étranges pour le sens commun, qui forment depuis les temps les plus reculés la base de tous les enseignements des écoles des Mystères. Un livre comme le Traité manichéen chinois, traduit par les sinologues français E. Chavannes et P. Pelliot, doit être considéré comme un ouvrage d’alchimie et de médecine manichéenne, comme un texte initiatique, et étudié dans cette perspective (il contient, entre autres, une étonnante théorie des signes et des correspondances, une véritable « physique du Tao » propre à bouleverser toutes nos conceptions spirituelles et scientifiques).

Le passage suivant confirme notre propos :

« Quand l’Envoyé de la lumière est entré dans l’ancienne ville et qu’il a détruit les ennemis haineux, il lui faut aussitôt séparer les deux forces de la Lumière et de l’Obscurité, et ne plus leur permettre de se mélanger.

Il commence par soumettre la haine, il l’emprisonne dans la ville des os et fait en sorte que l’éther pur puisse entièrement se délivrer de ses liens. Il soumet ensuite l’irritation et l’emprisonne dans la ville des nerfs ; il fait en sorte que le vent pur et excellent soit immédiatement délivré. Il soumet ensuite la luxure et l’emprisonne dans la ville des veines. Il fait en sorte que la force lumineuse puisse de suite se débarrasser de ses liens. Il soumet ensuite la colère et l’emprisonne dans la ville de la chair ; il fait en sorte que l’eau excellente puisse être immédiatement délivrée. Il soumet ensuite la sottise ; il l’emprisonne dans la ville de la peau.

Il fait en sorte que le feu excellent soit entièrement délivré. Les deux démons de la convoitise et de la concupiscence, il les emprisonne au milieu. Le feu violent, affamé et empoisonné, il le laisse en liberté.

C’est ainsi qu’un orfèvre qui désire fondre [du minerai] d’or commence par se procurer du feu ; s’il ne trouve pas de feu, la fonte ne se réalise pas. L’Envoyé de la Lumière bienfaisante est comparable à l’orfèvre ; quant au [mot inconnu], il est comme le minerai d’or ; et quant au démon affamé, c’est le feu violent qui fond les cinq corps divisés [de la lumière primitive] et qui les fait devenir purs. Le grand Envoyé de la Lumière bienfaisante, dans les corps d’excellence [des élus], se sert du feu affamé pour produire un grand profit.

Les cinq forces lumineuses habitent dans [le corps formé par] les substances combinées [des deux forces lumineuse et obscure] ; c’est pourquoi l’homme excellent distingue et choisit entre les deux forces et les fait se séparer l’une de l’autre. » (536-539 ; 40-43)

D’un point de vue ésotérique, il est possible de distinguer trois formes distinctes et opposées d’alchimie, fondée sur la « Puissance du Serpent », sur l’éveil de la Kundalini, comme la nomme les Orientaux (ces différences expliquent selon nous le phénomène de la « guerre des Maîtres ») : l’alchimie « tantrique » ou « yoga de la Force ascendante », pratiquée par tous les « occultistes » au sens large, qu’ils soient chinois, indiens, tibétains, iraniens, ou européens ; l’alchimie « supramentale » ou « yoga de la Force descendante », enseignée à notre époque par Sri Aurobindo et ses continuateurs ; et l’alchimie « christique » ou « yoga intégral », professée, expliquée et vécue par les Gnostiques christianisants, les Théosophes allemands issus du protestantisme, et les Rosicruciens anciens et modernes. Les Manichéens, qui se définissaient comme « fils du Serpent », au même titre que les disciples d’Hermès, les kabbalistes juifs, les Alides musulmans (partisans d’Ali ou chiites ésotériques), les Ophites, les Naassènes, ou les Pérates, professaient et pratiquaient cette dernière méthode.

Dire en un court résumé tout ce qu’englobe cette méthode de transformation de la conscience est ici chose impossible, mais nous pouvons établir cependant qu’elle se rapporte à l’influence et à la reconstruction de tout le système nerveux et, par là même, de l’âme humaine. Nous désirons la nommer en référence et en opposition à Jung et sa « psychologie des profondeurs » : « individuation spirituelle » (et pas seulement psychologique), « auto-initiation », « alchimie spirituelle ».

Ce que nous entendons dévoiler ici, à la lumière de l’herméneutique spirituelle redécouverte par Henry Corbin et de la science de la transfiguration transmise par Jan van Rijckenborgh, c’est donc le sens « vrai » des « mystères manichéens », dont Mani disait qu’ils lui avaient été révélé par son Jumeau céleste, par son Double, qu’il affirmait contempler avec ses « yeux de lumière », avec « ses yeux de feu » : « La vérité et les secrets dont je parle […] ce n’est point des hommes ni de créatures charnelles que je les ai reçus, ni même d’études des Ecritures [que je les ai tirés]… [C’est lui, le Compagnon inséparable, qui m’a] divulgué comment j’étais avant la fondation du monde, et comment le fondement de toutes les oeuvres, à la fois bonnes et mauvaises, fut établi… »

Pour illustrer notre propos, prenons un exemple.

Une tradition arabe rapporte que « lorsqu’on brûla les livres de Mani et de ses disciples, du feu jaillirent des pierres précieuses et s’écoula de l’or liquide ». Les mots, comme les êtres, ont une histoire et recèlent souvent des trésors de significations qu’une analyse minutieuse peut révéler. Un nom est une « signature », une force.

Selon différents auteurs, l’origine du nom Mani remonterait au mot syriaque mana, « vase », « vêtement », ou au sanscrit mani, qui signifie « pierre, perle précieuse, gemme ». Pensons ici au mantram : Om mani padme Om, dont le sens est : « Salut à toi, ô joyau [caché] dans le lotus ».

Les deux figures du vase et de la perle, se rattachent directement au mystère du Graal dont la présence est attestée dans toutes les traditions religieuses, de la Chine à l’Europe, en passant par l’Inde, l’Egypte et le Moyen Orient.

Calice, pierre précieuse, gemme ou livre, sous quelque forme qu’on le décrive, le Graal n’a jamais cessé d’être le symbole de l’union de l’âme humaine avec l’Esprit, but ultime de ceux qui recherchent la Vérité.

Symbole universel, certes, mais aussi et surtout « fait spirituel », « réalité spirituelle », « vérité spirituelle », comme l’a expliqué Van Rijckenborgh dans son livre : La Gnose universelle.

D’après Van Rijckenborgh, le Graal est la représentation imagée de l’unité du système tête-coeur : le pied de la coupe repose dans l’orifice cardiaque et les poumons, la tige du calice est dressée dans le cou, et le haut de la coupe est formé par le globe de la tête.

Cette même image se retrouve à un autre niveau : le chakra-couronne ou chakra coronal au sommet de la tête, qui joue un grand rôle dans tous les processus spirituels en liaison avec la pinéale, a aussi la forme d’une coupe. C’est ce qu’illustre le signe de Mercure (Hermès) dans l’alchimie ou l’idéogramme représentant l’homme dans l’ancienne graphie chinoise.

« Grand symbole de l’Initiation » selon la formule de Van Rijckenborgh, le signe de Mercure réunit en lui trois figures fondamentales du Manichéisme : la lune, symbole de l’Âme ; le soleil, symbole de l’Esprit ; la croix, symbole de la matière1. L’idéogramme chinois représentant l’homme a ceci de particulier qu’il comporte trois niveaux : la croix, figurant l’homme, repose sur un carré ouvert vers le bas, signe de la Terre. Elle est surmontée d’un demi-cercle ouvert vers le haut, symbolisant le Ciel. La croix unit le Ciel et la Terre, et l’homme ainsi représenté a distinctement la forme d’une coupe.

Comme le rappelle la célèbre légende indienne de Brahma, le Graal ne doit donc pas être cherché à l’extérieur, mais en nous-mêmes.

Chez l’homme ordinaire, ce vase est « brisé » (pensons ici à la Kabbale juive et au livre du Zohar), cette unité n’existe plus et un conflit incessant sévit entre sa tête et son coeur, entre sa raison et son sentiment, et ses actes, le troisième aspect de la tri-unité humaine-divine, en portent clairement la marque. Le phénomène, qui est décrit comme « la chute » ou l’expulsion du Paradis dans la Bible et le Coran, n’a en vérité pas d’autre origine que cette rupture, qui se reflète par exemple dans la dualité homme-femme (lors des conflits conjugaux, l’homme dit de manière caractéristique : « Je ne te comprends pas », et la femme : « Tu ne m’aimes pas »), et s’inscrit jusque dans la structure de notre système nerveux (opposition entre le système sympathique « involontaire », de type féminin, et le système cérébrospinal « volontaire », de type masculin).

A l’inverse, chez « l’homme régénéré », comme le dit le théosophe Jacob Boehme, tête et coeur apparaissent comme indissolublement unis, et se reflètent parfaitement l’un dans l’autre. Ils sont à la fois opposés et complémentaires et forment un sphéroïde parfait, qui rend possible la maîtrise, le « chevauchement », des forces du désir, symbolisées dans la pensée manichéenne par l’image des « ténèbres » (celles-ci ont leurs centres principaux dans les organes génitaux et le plexus solaire).

Chez les Templiers, cette connaissance était symbolisée par les deux cavaliers assis sur la même monture, dont l’un regarde vers l’avant (la tête) et l’autre surveille leurs arrières (le coeur) ; dans le Taoïsme, Lao-Tseu, prototype du vrai Sage, chevauche le buffle ; l’amour et la sagesse, par la liaison tête-coeur, domine la nature indolente et fantasque.

Van Rijckenborgh attire encore notre attention sur le fait qu’entre la tête et le coeur se trouve le larynx, situé à la partie supérieure de la trachée artère, structure organique qui permet d’exprimer par le langage pensées et sentiments, comme de chanter, de prier ou d’enseigner.

Il s’agit ici d’actes hautement magiques, tant sur un plan naturel que sur un plan spirituel, qui manifestent par la parole l’unité ou la désunion du système tête-coeur (dans les traditions gnostiques et en particulier dans l’imaginaire du Graal, le pouvoir du verbe est souvent assimilé à une épée à double tranchant).

Ce fait était bien connu des Manichéens, comme le prouvent abondamment les textes et les miniatures retrouvés à Turfan, et l’importance qu’ils accordaient à la musique, au chant, à la poésie, à la confession par la parole, comme témoignages de leur vie intérieure et de l’esprit qui les animaient. La doctrine manichéenne des « trois Sceaux » (le sceau de la bouche, le sceau du coeur, le sceau de la main) en est un puissant et vivant symbole.

Le motif de la perle, qui correspond au second sens du nom « Mani », occupe une place centrale dans la littérature et la piété manichéenne. Dans les textes retrouvés au Fayoum, en Egypte, Mani est désigné comme « l’Apôtre de la lumière, la perle de lumière, venu des mers agitées ». Un psaume dit encore : « Luttez, mes bien aimés. Devenez de belles perles, et que les pêcheurs de perle vous emportent jusqu’au ciel, pour trouver la paix dans la vie éternelle ».

Dans le « Chant de la Perle » issu des Actes de Thomas, l’un des apocryphes chrétiens les plus populaires dans les milieux manichéens, le Prince d’Orient cherche la perle comme Perceval le Graal. Ce rapprochement n’est pas arbitraire : dans le récit de Wolfram von Eschenbach, il est dit que « tout ce dont se nourrissent les chevaliers leur vient d’une pierre précieuse, qui en son essence est toute pureté. […] Cette pierre porte aussi le nom de Graal ». On se souviendra encore que Mani est, pour ses disciples africains, « Celui qui offre la manne, le pain de vie ».

Le Chant de la Perle est considéré comme l’un des joyaux de la littérature syriaque (la langue maternelle de Mani était le syriaque). Il fut régulièrement lu et commenté dans les communautés manichéennes d’Orient et d’Occident, au même titre que le célèbre Evangile de Thomas. Ses auditeurs identifiaient clairement le jeune héros avec leur fondateur : les tribulations du jeune Prince iranien parti à la recherche de la Perle sacrée n’étaient autre que celles de Mani, l’Envoyé de la Lumière, descendant dans le monde des ténèbres pour instruire les hommes du « mystère de l’atome primordial », et retournant à son origine, accompagné par les âmes régénérées de tous ceux qui ont répondu positivement à son « appel ». Ce récit initiatique, qui illustre le mythe gnostique de la descente et de la remontée de l’âme, présente effectivement par endroits des parallèles frappants avec la vie légendaire de Mani. Certaines traditions attribuent même la paternité de ce texte à Mani lui-même.

Etant donné son importance pour une juste compréhension de notre propos (le Manichéisme comme ésotérisme), nous rappellerons rapidement les grandes lignes de ce récit.

L’argument est simple : le fils du Roi de l’Orient est envoyé en mission en Egypte à la recherche d’une perle précieuse qui repose au fond de la mer, près de l’antre d’un serpent. Au cours de sa quête, le jeune Prince sombre dans l’inconscience et le sommeil, victime de la perfidie de ses ennemis. Sa famille s’émeut de son sort et conçoit un plan pour l’arracher à sa condition : sous la forme d’un aigle, une lettre lui est envoyée afin de lui rappeler ses origines et le but de son voyage. Le « cri » de l’oiseau le réveille et les paroles gravées dans son coeur par ses parents avant son départ lui reviennent en mémoire : il se dirige vers l’antre du serpent, l’endort en prononçant sur lui « le Nom » de son Père, de son frère et de sa Mère, lui arrache la perle, et rentre dans sa patrie, victorieux.

A la frontière entre l’Orient et l’Occident, il se dépouille de son ancien vêtement, et reçoit le manteau royal, la robe de lumière, qui lui avait été promis dès le commencement.

Sous une forme un peu différente, le mythe manichéen raconte la même l’histoire, celle de l’âme divine emprisonnée dans la matière et le corps, et retrace sous forme imagée les différentes phases de ce long et douloureux combat, qui oppose dès l’origine la Lumière et les ténèbres, l’Esprit à la matière, le Bien et le mal. Cet immense drame cosmique, cet épopée du Salut, se déroule en trois « temps » : un moment antérieur ou passé, où existait une disjonction, une dualité parfaite des deux Substances ; un moment médian ou présent, où s’est produit et continue de se produire le mélange des deux Principes ; un moment futur ou final, où la division primordiale sera rétablie comme au commencement.

L’histoire de l’humanité commence avec la chute de l’Homme primordial dans la sphère matérielle : pour défendre son Royaume contre l’attaque du Prince féroce, Dieu, le Père de la Grandeur, envoie son fils combattre l’Ennemi à la frontière entre les deux mondes. Mais celui-ci est vaincu : son corps de lumière est livré aux démons ténébreux et son âme assujettie aux forces et lois de la nature. Voyant cela, le Père envoya son second fils, afin qu’il vienne en aide à son frère. Par sept fois, au moyen de son « cri », celui-ci tente de réveiller chez son frère le souvenir de sa royauté perdue et de lui rappeler sa mission première. Par sept fois, ce cri descendra comme une « corde de lumière » à l’intérieur des Ténèbres ; et par sept fois, il devra remontera vers sa source, accompagné par la réponse de l’Homme primordial, avant que ce dernier puisse regagner en vainqueur sa patrie céleste et recouvrir sa dignité royale, symbolisé par le nouveau manteau de lumière.

Ces différents récits attirent notre attention sur le motif du vêtement, troisième sens du nom « Mani ».

D’anciennes traditions gnostiques rapportent qu’à l’origine Adam était revêtu d’une lumière qu’il perdit lorsqu’il fut chassé de l’Orient et qu’il retrouvera en réintégrant son état premier.

Dans l’Evangile de la Pistis Sophia, Jésus apparaît à ses disciples, comme lors de l’épisode de la Transfiguration, sous la forme d’un homme de lumière, enveloppé d’une nuée incandescente.

Dans l’Apocalypse de Jean, ce dévoilement est présenté comme la confrontation du candidat initié aux Mystères de la lumière avec « celui qui est le premier et le dernier », l’homme nouveau véritable. « Il était, dit le texte, vêtu d’un longue robe et portait une ceinture sur la poitrine ».

Dans les Actes de Jean, Jésus se tient au milieu de la grotte au moment du Golgotha, entouré d’une puissante lumière, et révèle à son plus proche disciple la croix de lumière et son mystère.

Dans les Kephalaïa, Mani est appelé comme Jésus « l’homme de lumière », et les différents chapitres qui se succèdent représentent son enseignement direct.

Dans le Chant de la perle, évoqué plus haut, le jeune prince iranien abandonne son manteau royal à la frontière entre l’Orient et l’Occident, comme Jésus dans l’Evangile de la Pistis Sophia, et part à la recherche de la perle, cachée en Egypte. Après avoir vaincu le « serpent terrible et sifflant » (c’est ainsi que la Kundalini est décrite dans la doctrine du yoga), le Dragon des Mystères, il rentre dans sa patrie et reçoit en cadeau un nouveau « vêtement de lumière » dont il se revêt. Comme l’auteur des Odes de Salomon (21, 3), il dit : « J’ai dépouillé l’obscurité et revêtu la lumière ». « Rejetons de notre vie, dira également Paul, ce qui est ténèbres, revêtons l’armure de la lumière ». Dans ce vêtement, il reconnaît son véritable moi et s’unit à lui : « Soudain, lorsque je lui fis face, tel mon miroir, il me ressembla. Je le vis tout entier, et aussi moi, je reçus tout en lui. Car deux nous avions été, dans la division, et, à nouveau, nous étions un, en une forme unique. » Le Codex manichéen de Cologne offre un étonnant parallèle à ces paroles : « Du moment où mon corps parvint à sa perfection, aussitôt ce très gracieux et grand miroir de moi-même [il s’agit ici du double de Mani] vola d’en haut et apparut devant moi ». Et plus loin : « Je le reconnus, et je compris que j’étais celui-là, dont j’étais séparé ».

On ne saurait trouver un meilleur exemple du symbolisme du vêtement dans sa formulation gnostique la plus élaborée : le vêtement comme symbole de l’être même de l’homme.

Pour finir, nous voudrions encore citer un exemple, susceptible d’éclairer notre sujet et de renforcer notre propos. Plus haut, nous avons affirmé que l’alchimie spirituelle n’a pas seulement pour objet la description de processus psychiques comme le croyait Jung, mais qu’elle se rapporte à l’influence et à la reconstruction de tout le système nerveux et, par là même, de l’âme humaine.

De tous temps et dans toutes les traditions religieuses, le double système nerveux de l’homme a été représenté symboliquement par la figure de l’arbre. La Bible et les textes bouddhiques, par exemple, le figurent par un figuier ; le Coran parle à ce sujet de « l’arbre vert », le vert étant la couleur du système nerveux.

Vert, était, dit-on, le manteau dans lequel l’Envoyé de Dieu, Mahomet, s’enveloppait pour recevoir la révélation des sourates, indication qui permet d’établir immédiatement une corrélation entre le phénomène de la révélation et la transformation du système nerveux ; c’est aussi sous ce manteau que les descendants directs du Prophète – Fatima, sa fille, Ali, son gendre, et leurs deux enfants Hassan et Hussein – venaient se réfugier à l’heure du danger, ce pour quoi on les appelle dans le Chiisme « les quatre sous le manteau », formule qui n’est pas sans rappeler les « Cinq fils » ou « cinq membres de l’Ame » du Manichéisme. Le personnage le plus important et le plus mystérieux de l’ésotérisme musulman est Khidr, l’Homme Vert ; c’est l’Initiateur par excellence, le Compagnon parfait, celui qui connaît le chemin menant à la Source de vie. Dans les traditions chiites, il est encore fait allusion à la mystérieuse « Ile Verte en Mer Blanche », nommément identifié comme le cerveau par les Ismaéliens d’Asie centrale, où réside l’Imam caché et ses compagnons.

Ce symbole de l’arbre, en référence au système nerveux, est logique ; en effet, si nous comparons la colonne de feu spirituel spinale montant du plexus sacré au tronc, le sanctuaire de la tête devient la cime, la couronne ; et les douze paires de nerfs de la tête qui, de ce sanctuaire, descendent dans tout le corps, sont les branches pendantes. Lorsqu’il est question de l’Arbre de vie dans les textes manichéens, c’est à l’activité originelle, idéale et pure, du double système nerveux de l’homme qu’il est fait référence. Quand on parle à l’opposé de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, c’est à l’activité perturbée et désorganisée de ce même système qu’il est fait mention.

Ces quelques indications, relatives au symbolisme du corps humain, nous permettent de comprendre que chaque image, chaque mot, employés dans l’enseignement de Mani, doivent être pris avant tout comme témoignage de la vie de l’âme, et interprétés de manière intériorisée. Ils ne font, selon notre hypothèse, que décrire des réalités, des phénomènes et des processus, à la fois matériels et spirituels, qui se développent à l’intérieur du « microcosme » humain. Leur véritable signification, leur « sens vrai », doit être cherché, non à l’extérieur de nous, mais en nous.

C’est pourquoi nous croyons pouvoir affirmer que « le Manichéisme est un ésotérisme » et que les approches classiques, savantes, qu’elles soient philologiques, historiques, philosophiques ou psychologiques, sont insuffisantes pour en saisir l’essence et l’intention véritable. Dans le cas du Manichéisme (mais ceci vaut pour toutes les ésotérismes), science et gnose doivent se compléter et non se nier. Pour être efficaces et pertinents, « l’oeil de chair » et « l’oeil de raison » doivent s’adjoindre les services de « l’oeil de contemplation ». Ensemble, ils constituent « les trois yeux de la connaissance », nécessaires à l’élaboration d’une science nouvelle et respectueuse de ses objets de recherche. Ici, le penseur doit se rendre « voyant », et le voyant se faire « penseur ».

« Un vent du Nord, qui souffle sur nous, tel est Mani, dit un psaume. Levons l’ancre avec lui et entreprenons ensemble le voyage vers le pays de la Lumière. »

C’est à ce voyage vers l’Orient que nous désirons maintenant vous convier, un voyage à travers l’espace et le temps qui nous conduira en Haute Asie, cette terre d’élection des neiges éternelles et des sables mouvants, soumise à un rude climat qui oscille de + 40 à - 40 degrés centigrades, où le sublime et le merveilleux côtoient journellement depuis des siècles l’horreur et le désespoir.

Jamais, aux temps historiques tout au moins, elle n’a donné naissance à une grande civilisation (selon nos critères d’Occidentaux), et rien, semble-t-il, en ces temps troublés et chaotiques, ne lui présage un avenir meilleur (comme le reconnaissent volontiers les géopoliticiens, toute puissance qui contrôlera ce vaste espace au potentiel exceptionnel, où les trois quarts des ressources énergétiques connues sont concentrées, dominera le monde). A quoi tient donc l’attrait qui, depuis maintenant un siècle et demi, a poussé vers elle tant de voyageurs, de savants et de chercheurs spirituels ? La Haute Asie n’est-elle qu’une terre de mirages et d’illusions, comme sembleraient l’attester le témoignage des ésotéristes et des occultistes à la recherche des secrets du Gobi, de la Fraternité de Shamballa, du mystérieux Prêtre Jean ou de l’énigmatique Roi du Monde ? Peut-être y a-t-il autre chose, plus complexe et plus essentiel, et qui apparaîtra mieux après une étude rapide de l’impact civilisateur durable qu’exerça le Manichéisme dans ces territoires si vastes et encore si mal connu...

Le miracle manichéen 1, Renova, Bilthoven, Hollande © François Favre, mai 2005

Ce message a été modifié par ambre - 10 septembre 2006 à 14:45.


#2 ambre

ambre

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Posté 10 septembre 2006 à 14:44

Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident

Prix: 38.00 €
Pages: 670

« Celui qui se connaît lui-même et les autres reconnaîtra aussi ceci : l'Orient et l'Occident ne peuvent plus être séparés. » Goethe

Lorsqu'on parle aujourd'hui de manichéisme, on songe rarement à cet homme exceptionnel, à ce Messager de la Lumière que fut Mani (216-276). Sept siècles après le Bouddha, deux siècles après le Christ, quatre siècles avant Mahomet, le sage iranien se présentait déjà comme le réunificateur de l'Orient et de l'Occident, le " Paraclet de la Vérité ", ou le " Sceau des Prophètes ". Peintre visionnaire et philosophe, poète, musicien et médecin, Mani transmit une vision du monde et de la vie si puissante qu'elle se répandit, de manière totalement pacifique, de l'Afrique à la Chine, des Balkans à la péninsule arabique. Bien éloignée des jugements excessifs que l'on porte à tort sur elle, sa doctrine tolérante et humaniste visait à concilier les grandes religions de son temps (les chinois le nommeront " Bouddha de lumière " et les égyptiens " l'apôtre de Jésus ") et à diriger les chercheurs de vérité vers la découverte de la Lumière intérieure. Mani enseignait aux chrétiens l'aspect profond, ésotérique, du christianisme universel, dévoilait aux mages d'Iran le véritable sens du message de Zoroastre, expliquait aux bouddhistes le chemin de la libération. L'" Église de Justice ", qu'il avait fondée pour transmettre les mystères de l'Homme Parfait, illumina des millions d'âmes pendant plus de mille ans.


Une telle clarté et une telle puissance évidemment suscitèrent l'adversité, la jalousie, la haine, et ce furent les religieux et les hommes de pouvoir qui, ne comprenant pas ses paroles d'éveil, tentèrent de détruire la pensée lumineuse de Mani. " De sa religion de beauté, de sa subtile religion du clair-obscur, nous n'avons gardé, écrira le romancier Amin Maalouf, que ces mots " manichéen, manichéisme ", devenus dans nos bouches des insultes. " (N'oublions pas que mille après, l'accusation de " manichéisme " conduira les cathares au bûcher.) Par quelle étrange ruse de l'Histoire ce nom sublime est-il devenu le symbole de la divagation intellectuelle et morale ?

Une tradition arabe rapporte que " lorsqu'on brûla les livres de Mani et de ses disciples, du feu jaillirent des pierres précieuses et s'écoula de l'or liquide ". Car les mots, comme les êtres, ont aussi une histoire, et recèlent des trésors de significations, qu'une analyse minutieuse peut révéler. Un nom est une " signature ". Celui de Mani renferme indéniablement les plus grands secrets, ceux qui ont trait aux mystères de l'Esprit et de l'homme intérieur.



Cette appellation sacrée désigne en premier, comme l'attestent les disciples du sage iranien, " Celui qui offre la manne, le pain de vie ". Selon d'autres auteurs, l'origine de son nom remonterait au mot syriaque mana, " vase " ou " vêtement ", ou au sanscrit mani, qui signifie " pierre, perle précieuse, gemme " (pensons ici au mantram Om mani padme Om, dont le sens est : " Salut à toi, ô joyau [caché] dans le lotus "). Ces trois figures, le vase, la perle et le vêtement, se rattachent directement au mystère du Graal, dont la présence est attestée dans toutes les traditions religieuses, de la Chine à l'Europe, en passant par l'Inde, l'Egypte et le Moyen Orient. Calice, pierre, gemme ou livre, sous quelque forme qu'on le décrive, le Graal n'a jamais cessé d'être le symbole de l'union de l'âme humaine avec l'Esprit, but ultime de ceux qui recherchent la Vérité. Symbole, certes, mais dont la vraie signification se rattache étrangement à la physiologie même de l'homme intérieur, de l'Homme de lumière. Car le Vase sacré qui donne accès au Royaume, au Nirvana, à la Terre Originelle, c'est en nous-même, qu'il se trouve : le pied de la coupe repose dans l'orifice cardiaque et les poumons, la tige du calice est dressée dans le cou (trachée artère et larynx), et le haut de la coupe est formé par le globe de la tête. Il s'agit ici d'un fait spirituel irréfutable, relatif à la régénération du système tête-coeur, base de la réalisation de l'Homme nouveau. Mentionnons que le chakra-couronne (ou chakra coronal), relié à la glande pinéale, qui joue un grand rôle dans tous les processus spirituels, a aussi la forme d'une coupe du Graal.

Le mot sanscrit manas évoque encore le mental, la pensée, l'esprit et dans la mythologie indienne, Manu veut dire " premier homme " ou homme originel. En syriaque, on parle encore de Mani Hayya, " Mani le Vivant ". Cette formule, utilisée dans le passé pour Orphée, et attribuée à Jésus dans l'Evangile de Thomas, signifie : " celui qui vit vraiment, qui est ressuscité ".

Ces quelques indications à peine voilées nous permettent de comprendre que, dans l'enseignement et la vie du prophète iranien, chaque image, chaque mot employé, doivent être pris avant tout comme témoignage de la vie de l'âme, et interprétés de manière intériorisée. Ainsi, dans un psaume manichéen, Mani est-il décrit comme " le vent du Nord " qui indique le chemin à ceux qui cherchent : " Un vent du Nord, qui souffle sur nous, tel est Mani. Levons l'ancre avec lui et entreprenons ensemble le voyage vers le pays de la Lumière. " Ainsi, le manichéen, conduit par le souffle de l'Esprit, peut-il partir en voyage pour chercher la perle précieuse de l'âme. Il lui est alors possible de renaître et de recouvrer le vrai pouvoir de penser, qui rétablit le lien entre l'Homme céleste (la monade, le microcosme) et l'homme terrestre (la personnalité, le corps).

Mani n'est pas donc seulement un personnage historique, dont les historiens modernes tentent difficilement de reconstituer la biographie, mais c'est aussi le symbole de l'Esprit éternel, consolateur et guérisseur, qui conduit les âmes vers le chemin de la libération ; il est une incarnation du Christ Universel, descendu dans le monde sous la forme des Envoyés de la Lumière, et qui se manifeste en nous, comme Esprit vivant. Il est de tous les temps, il est l'Alpha et l'Oméga, " le premier et le dernier ".

Formulons l'espoir que l'évocation de l'enseignement qui prit forme en cet être exceptionnel que fut Mani, dont le seul nom évoque les plus hauts mystères, ceux de la Connaissance sacrée, incite de nombreux chercheurs de vérité à partir en quête de la Pierre des Sages, du vase sacré, dont " la vraie demeure est la terra incognita de l'âme ", dans le cœur de l'homme. Notre livre leur est dédié. Il veut mettre en lumière les différents aspects spirituels, philosophiques, ésotériques, alchimiques et civilisateurs de l'œuvre de Mani le Vivant, tout au moins ce que, après tant de siècles d'oubli on peut encore en deviner…

Texte paru dans la revue l'Essentiel Nº21 Novembre - Décembre 2002
Auteur
François Favre


Spécialisé depuis 20 ans dans l'étude de la pensée gnostique et sa mise en pratique, François Favre s'est personnellement impliqué dans ce puissant cheminement de la conscience que la tradition platonicienne et hermétique nomme « philo-théosophie ».

S'inspirant des recherches historiques d'Henri Corbin (1903-1978) sur l'ésotérisme iranien d'une part, et de l'œuvre spirituelle originale du gnostique Jan van Rijckenborgh (1896-1968) d'autre part, l'auteur décrit ici à la lumière de sa propre expérience la méthode d'initiation christique telle qu'elle fut réalisée à différentes époques par des hommes exceptionnels comme Paul de Tarse, Marcion, Valentin, Mani, Paracelse, Jacob Boehme, ou encore vécue dans des communautés remarquables comme celle des manichéens et des cathares, et il met en relief les implications pratiques de ce processus de transformation radical de la conscience pour l'homme d'aujourd'hui.

Premier volet d'un cycle intitulé : « 2000 ans de Gnose en Occident », ce Mani, Christ d'Orient et Bouddha d'Occident sera suivi de trois ouvrages par lesquels l'auteur envisage une présentation approfondie de la riche pensée gnostique et du processus initiatique qui est à sa base :
* I. Paul de Tarse, « apôtre des hérétiques » : aux sources de l'ésotérisme chrétien.
* II. Le catharisme : hérésie ou pur christianisme ?
* III. La Rose-Croix vivante - De Jan Valentin Andreae à Jan van Rijckenborgh.

Merci à Exos de m avoir partagé ce livre...dont voici un extrait:
02.09.2006
Les trois kundalinis

Depuis un siècle et demi environ, des chercheurs venus de tous les horizons s'intéressent au phénomène de la Kundalini et à son rôle dans l'évolution humaine. Son étude, tant sur le plan ésotérique que scientifique, a suscité nombre d'opinions contradictoires et le plus souvent divergentes: Mme Blavatsky, qui a introduit le concept en Occident vers 1875, la nomme « puissance électrique » et la décrit comme la véritable source des états de conscience supérieurs; Jung voit dans cette force primordiale et universelle, associée traditionnellement à la sexualité, le fondement d'une «énergétique de l'âme» conduisant à la réalisation du Soi, au moyen de l'individuation; S. Grof, influencé par les enseignements de Swami Muktananda, considère son activation comme un puissant catalyseur d'éveil spirituel et de développement psychique; K. Ring comme Gopi Krishna ou A. Bailey, attribuent à cette énergie à la fois vitale et destructrice le pouvoir d'accélérer l'évolution non seulement de la conscience personnelle d'un individu, mais celle de toute la race humaine; Gurdjieff, à l'inverse des théosophes, nie son caractère «libérateur» (tout comme J. Krishnamurti, Vimala Thakar ou Ramana Maharshi) et affirme de manière provocatrice que «Kundalini est une force qui a été introduite dans les hommes pour les maintenir dans leur état actuel», situation qu'il compare à celle induite par le sommeil hypnotique ou l'ensorcellement.Pour expliquer ces oppositions concernant le rôle de la Kundalini dans le développement humain, nous proposerons l'hypothèse suivante il existe dans le corps trois centres dans lesquels cette Force divine, dont le déploiement a produit tous les grands sages et tous les génies de l'Histoire, peut agir afin d'éveiller l'homme à sa véritable vocation de «Fils divin»: le bassin, le coeur, et la tête; à chaque source correspond une méthode d'éveil particulière ou «énergétique» (ou alchimie); l'existence d'au moins trois énergétiques différentes explique le phénomène de la «guerre des Maîtres» (Ramana Maharshi, Sri Aurobindo et Osho Rajneesh, par exemple, ne transmettent pas la même réalisation et appartiennent à des «familles énergétiques» distinctes). Nous allons maintenant étudier successivement ces trois méthodes d'Eveil singulières, qui visent chacune à la formation d'un «homme nouveau» et auxquelles nous donnerons le nom d' «initiation tantrique» (kundalini du bassin), d' «initiation supramentale» (kundalini de la tête), et d' «initiation christique» (kundalini du coeur). Nous nous attacherons plus particulièrement à la description de cette dernière, qui demeure largement inconnue des chercheurs occidentaux, et nous tenterons de mettre en évidence le fait que l'Occident possède son propre ésotérisme, un ésotérisme christique, ainsi qu'une méthode d'initiation spécifique (le transfigurisme), parfaitement adaptée à la structure physiologique et mentale de l'homme occidental, et totalement indépendante des chemins et des systèmes anciens enseignés dans les religions orientales...


François FAVRE

#3 ambre

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Posté 08 juin 2007 à 11:46

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Le Mystère des  kundalinis
par François Favre


Image IPB


La kundalini


Dans le processus du renouvellement de la vie, trois éléments sont fondamentaux. Trois temples doivent être édifiés dans le microcosme. Ces trois temples correspondent au coeur, à la tête et aux mains, celles-ci pour l'activité. Quand le premier temple, le coeur, s'ouvre à la force de rayonnement de la nature originelle, et que le deuxième temple, la tête, est prêt à le recevoir, une force renouvelante pénètre dans le système. Elle se fraie un chemin vers le bas, jusque dans le plexus sacré, la partie inférieure du feu du serpent. La puissante force qui réalise ce renouvellement est la kundalini du coeur. Cette force est assimilée dans le sang et se répand dans le système. Il y a dans le plexus sacré une deuxième source de force de kundalini. Mais cette force ne peut agir vraiment et totalement qu'après que se soit manifestée la kundalini du coeur. En effet, l'attouchement du coeur par la Lumière est déterminant pour le processus. A l'aide d'exercices occultes certains essaient d'ouvrir directement cette deuxième source de kundalini, mais ce n'est pas sans danger. Et les occultistes mettent leurs élèves en garde, car cette pratique peut entraîner des résultats fortement négatifs.

Quand un être humain réussit, par son nouvel état d'être et sur la base du coeur, à rendre active la deuxième force de kundalini, alors celle-ci monte par le canal de la moelle épinière, ouvre le troisième temple et le rend actif. Les trois temples sont alors érigés: coeur, tête et mains sont unis. L'homme est maintenant apte à accomplir l'acte libérateur. Il tisse l'habit de l'âme nouvelle.

NB: AU SUJET DE LA PSYCHOSE ET DE LA KUNDALINI :


LE POINT DE VUE DU PSYCHIATRE LEE SANNELLA

Dans le livre, « Spiritual Emergency, when personal transformation becomes a crisis » Stanislav Grof et son épouse Christina ont rassemblé une série d'articles d'une valeur particulière.
Des psychiatres, des psychologues, des maîtres spirituels ont exprimé leur avis sur les problèmes psychiques qui peuvent survenir comme conséquence d'un développement et d'une croissance spirituelle.
Lee Sannella, également psychiatre, ayant une connaissance étendue dans le domaine de la médecine holistique, a attiré pour la première fois l'attention du monde médical sur le phénomène de la Kundalini.
Dans son livre "The Kundalini Experience : Psychosis or Transcendence"(*) il mentionne différents symptômes spirituels et physiques qui pourraient être une forme d'expression de l'éveil de La Kundalini, présente chez tout le monde à la base de la colonne vertébrale, à l'état de sommeil.
Le réveil et l'ascension de cette énergie, le long de la colonne jusqu'au sommet de la tête, enclenchent un processus spirituel qui, dans certains cas, peut provoquer divers symptômes graves.
Dans "Spiritual Emergency" Lee Sannella écrit un article qui éclaire son point de vue.

L'énergie de la Kundalini a pour fonction d’éliminer le stress en levant les blocages de notre système nerveux. Le processus complet de l'éveil de la Kundalini est essentiellement une méthode de purification ou un processus de rééquilibrage. Dans la vision classique, l'énergie voyage du bas de la colonne vertébrale, de notre coccyx, le long de la colonne à travers les différents chakras ou centres nerveux, jusqu'au sommet de la tête. Pourtant, il peut aussi se produire que l'énergie descende du front, via la poitrine vers le ventre. Sannella suppose que cette énergie devrait être mesurable par des tests psychologiques ou physiologiques. En tant que psychiatre, il s'est surtout intéressé aux différences des symptômes entre le processus de la Kundalini et la psychose.
Dans des études antérieures, il est arrivé à la conclusion qu'une psychose peut apparaître par suite d'une expérience relative à la Kundalini, où la réaction a été négative, ou bien à cause d’une pression sociale, ou bien à la suite d'un conditionnement personnel antérieur. Or, les études qui ont été réalisées permettraient de faire la distinction entre une simple psychose et une psychose résultant d'un éveil spirituel.
Ceux qui ont vécu l'expérience de l'éveil spirituel se reconnaissent mutuellement. Ils sont souvent plus objectifs au sujet de leurs expériences que les gens qui n'ont subi qu'une simple psychose.
De plus, il existe des expériences qui ne sont propres qu'à ceux qui ont vécu l’éveil de la Kundalini : sensations de chaleur dans le corps, vibrations, sensations de fourmillements ou de démangeaisons sur le corps entier, éblouissements, douleurs, surtout à la tête, mode de respiration étranges, mouvements corporels spontanés et audition de sifflements et de murmures. L'expérience de l'éveil de la Kundalini peut finalement conduire à une meilleure réaction au stress, à la sérénité, à des relations plus saines et même à l'éveil de pouvoirs particulier, soit de dons paranormaux, soit de dons de guérison. Mais, à l'origine, l'expérience peut être écrasante et complètement déséquilibrante.
Plus on oppose de résistance au processus qui se développe, plus de douleurs et de problèmes surgiront. Le lâcher prise lors du processus est donc indispensable et la compréhension de l'entourage permettra d'accepter ce qui arrive. Les gens sensibles devront supporter plus d'effets dérangeants. Ces gens-là arrêtent alors leurs techniques de yoga ou de méditation, connues pour accélérer le processus. Les plus grands problèmes que rencontre ceux qui vivent un éveil de la Kundalini sont l'incompréhension et l'ignorance du phénomène par l'Occident. Lorsque la position à l'encontre de la transe, de l'expérience mystique et de l'éveil de la Kundalini, changera en Occident, non seulement les gens qui ont connu de telles expériences pourront en profiter pleinement, mais tout le monde y trouvera un bénéfice. Pour l'instant, le fait, de subir pareilles expériences, conduit à l'isolement, au retrait de la société, par crainte d'être considéré comme fou, d'aboutir dans un hôpital psychiatrique et de faire l'objet d'un diagnostic stigmatisant. Le fait est qu'alors le processus de renaissance, de développement personnel et spirituel est complètement ignoré. Le processus d'éveil de la Kundalini est finalement une sorte de thérapie de l'intérieur, plus puissante que toute autre forme de thérapie. Un bon accompagnement de la part de ceux qui (re) connaissent le processus et lui rendent sa valeur positive est indispensable.


Spiritual Emergency, When Personal Transformation Becomes a Crisis
Ed. : Stanislav Grof and Christina Grof
1989
Jeremy P.Tarcher/Putman
Penguin Putnam Inc.
New York
voir d autres tres bons sujets
http://www.melancole...lumination.html

Revue Pentagramme (1989/2)


Le Mystère des deux kundalinis


« L'atome de votre coeur a un lien de nature éthérique-astrale avec votre microcosme. C'est une force de feu, un pouvoir rayonnant qui s'introduit dans votre sang et votre fluide nerveux. Dans le sanctuaire du coeur, dans l'atome du coeur et autour de lui nous trouvons la source de la kundalini purificatrice et réalisatrice de l'âme. Dans notre philosophie, nous appelons cette kundalini la force électro-magnétique du salut, la force de l'éternité, force à l'aide de laquelle l'élève peut traverser la sphère astrale. La force de la kundalini qui monte du plexus sacré, est appelée la force de feu qui transfigure le système de la personnalité. » (Catharose de Petri, La Parole vivante, p. 175)





« Il existe une puissante analogie entre l'éclair et le serpent. Dans la Doctrine Universelle, les entités de l'âme-esprit, les forces et les essences qui vivent éternellement dans l'ordre de Dieu, sont désignées comme des serpents flamboyants. Le coeur est appelé à être un miroir de la flamme monadique immanente, la lumière immanente de la lumière divine, la puissante kundalini divine. Kundalini signifie d'ailleurs « flamboyant serpent ». C'est l'aspect d'éclair impérissable de la lumière originelle. C'est pourquoi nous disons également que la grande prise de conscience de l'existence de l'éternité, peut nous frapper tel un éclair. Tel un éclair de savoir véritable, de savoir intérieur ! Quand nous tournons notre conscience raisonnable vers la Source de ce savoir intérieur, quand nous y répondons sans réticence, sans condition et sans réserve, quand, comme le dit Jacob Boëhme, nous faisons taire le penser et le vouloir en ce où il n'est pas de créature, c'est-à-dire en la conscience la plus profonde de notre coeur, et quand nous persévérons en cette auto-humiliation pour Lui qui était avant nous et sera après nous, la Kundalini du coeur se libère progressivement et sa force de feu se dégage dans notre conscience qui vit son endoura quotidienne. Le flux de conscience de l'homme terrestre qui culmine dans la conscience du cerveau est désigné comme le feu du serpent qui s'étend du plexus sacré au sommet de la tête. Or, dans une entité véritable, s'accomplit un processus d'unification merveilleux : la kundalini du coeur, le feu du serpent divin, se relie au feu du serpent de l'homme de la personnalité. Dans cette liaison, le feu du serpent de l'homme mortel subit une totale transformation. L'essence de l'homme terrestre, la créature de la phase terrestre, se fond dans le rayonnement fondamental du microcosme qui l'obombre. La grande tâche du voyage gigantesque à travers la matière entre dans sa première phase de réalisation : la prophétie s'accomplit. Le Plan n'est plus une vision du futur, Il devient réalité, dans la vie qui se révèle. Par l'union des deux feux, le terrestre et le céleste, où le feu du serpent terrestre se fond totalement en auto-reddition dans le céleste, naît une nouvelle vivification, une nouvelle stature de l'âme. Celle-ci remplacera progressivement l'ancienne stature de l'âme, elle conquerra ainsi également la tête, y préparant la place pour l'illumination de la conscience de l'âme-esprit. Et la décapitation de l'ancien homme est alors un fait irrévocable. Il est dit de celui qui donne sa vie pour le Christ qu'il est le plus grand sur terre, mais que le plus petit dans le ciel est plus grand que lui. En vérité il est le plus grand sur terre, car il a percé jusqu'à l'accomplissement de la tâche qui est condition de son devenir en tant que créature de la phase terrestre. Il est entré dans la phase du grand accomplissement. Ce qui vient ensuite échappe au terrestre et ne concerne que la vie des mondes intérieurs de l'état de l'âme-esprit ; un monde qui est désigné dans l'Ecriture Sainte comme le nouveau ciel-terre. Bien qu'étant le plus petit au ciel, nouvel arrivé qu'il est dans le ciel-terre, il est plus grand que le plus grand sur terre qu'il a laissé derrière lui. »





Extrait de la revue Pentagramme, 1980/8, p. 18-20.





François FAVRE

les tois Kundalinis...voir post plus haut...

Lire la suite de l'article

Pour en savoir plus:  http://mani.blogspir...kundalinis.html

Réveil! (Rozekruis-pers, Haarlem, Hollande; distribution Septénaire)
La gnose des temps présents (Rozekruis-pers, Haarlem, Hollande; distribution Septénaire)
Kundalini, par Gopi Krishna, J'ai lu, Collection rouge
Sri Aurobindo, par Satprem



http://mani.blogspir...7/03/index.html

http://mani.blogspir...om/06._lexique/

http://manicheism.fr...log/chakras.pdf

http://manicheism.fr...u kundalini.pdf

L'aube de la Kundalini se lève sur l'Occident.
par Marc-Alain DESCAMPS (extrait)


Le Yoga et le Tantrisme viennent de révéler aux Occidentaux l'étrange secret de l'éveil de la Kundalini, cette énergie lumineuse ascendante qui remonte soudain le long de la colonne vertébrale. Elle transforme complètement l'être, le branche sur une autre réalité, lui donne une nouvelle vision du monde et souvent des pouvoirs prodigieux.


Les montées sauvages de kundalini se multiplient à notre époque et provoquent des malaises divers, qu'encore trop de médecins et psychiatres ne savent pas bien reconnaître. Pourquoi donc ?
Cette multiplication actuelle semble arriver à point pour aider à la mutation indispensable de l'humanité et la faire entrer dans une nouvelle ère, comme l'expliquent tous les textes traditionnels.


Le plus stupéfiant est que la science confirme complètement cette découverte avec la notion expérimentale de physio-kundalini.
Par là est enfin fournie la clé du Caducée, avec ses deux serpents entrecroisés, symbole universel des médecins et des profession de santé depuis les Grecs. Ce signe de vie s'est perpétué depuis l'Arbre de Vie du Paradis jusqu'à la double hélice de l'ADN.


L’Inde vient de transmettre à l’Occident l’étrange secret d’une énergie ascendante le long de la colonne vertébrale qui provoque une transmutation de l’être humain. La puissance du serpent enroulé (kundalini) autour de l’Arbre de Vie au centre du Jardin d’Eden était le secret préservé de la non-mort éternelle. Il a été perdu et restait défendu par l’Archange à l’épée de feu. Puis Dionysos, le deux fois né, a retrouvé le secret aux Indes, a reçu l’initiation et en a ramené la transmission en Grèce. Et ceux qui avaient éveillé leur kundalini avaient, pour le montrer le droit de porter sa représentation : le serpent dressé entre les deux serpents enlacés. Ce Caducée passe d’Hermès Trismégiste aux Hérauts, ambassadeurs invulnérables, puis aux prêtres d’Asklépios et par là à tout corps médical, garant, en principe, de la vraie vie.


Cet antique secret, si bien caché, est maintenant divulgué, car les temps sont venus où ce qui était réservé à une toute petite élite d’initiés, doit être offert à tous. Cela constitue en effet la phase ultime de l’évolution de l’espèce humaine. Elle passe du physique au spirituel par une mutation. Dans les malheurs et les difficultés du Kali-Yuga, l’âge de fer, la seule chance pour l’humanité de survivre est de passer à un autre plan de conscience et d’accéder au monde des dieux par l’éveil de la kundalini.


Les premiers témoignages sérieux de la possibilité d’une telle transformation ont été publiés dans les années 1970. Et depuis ils n’ont pas cessé de se multiplier sous forme d’expériences sauvages. Il est temps maintenant de confronter ces témoignages avec les textes sacrés pour en permettre une meilleure connaissance.

C’est ce que demandait déjà Tara Michael en 1978 : « Ce serait le digne objet d’une recherche, qu’elle soit « scientifique » comme le propose Gopi Krishna ou non, que de comparer les différents témoignages d’authentiques éveils de kundalini, ainsi que des descriptions des textes traditionnels afin de dégager ces constantes et d’entrevoir aussi les variétés, les différences et les modalités diverses dont ces expériences sont riches ». Et c’est ce que redit Jacques Vigne en 1996 : « Certainement une étude concrète et théorique du Yoga de la Kundalini sera un élément important de la spiritualité du XXIème siècle ».
Pour cela l’essentiel est de commencer à déterminer avec précision ce dont il est question et de définir notre objet de recherche.
La Koundalini, c’est quoi ?


La kundalini est l’Energie des Profondeurs dans le monde et dans l’homme. C’est l’axe dressé au centre de l’univers et de la personne. C’est une énergie divine d’une force inouïe à manipuler avec précaution après une longue préparation et une exacte purification du corps humain.
Comme elle est à la source de la vie et à la porte du sacré, on comprend qu’elle soit restée secrète.


C’est une énergie sous la forme d’une Déesse serpentine, une union entre la femme et le serpent. Elle est l’énergie cosmique de CITI la conscience divine. Elle est de nature féminine, apparentée à la Shakti (la Déesse) et à Maya (l’Illusion), sous l’apparence d’un serpent (naga), le Cobra femelle blanc. Elle remonte donc au culte des serpents aux Indes, originaire de la première civilisation tribale des Mundas. Le monde entier repose sur un serpent, Ananda l’infini ou Adi shesa, le serpent primordial. Ce serpent des profondeurs, le Non-Né à un seul pied, au poison redoutable a été absorbé par le masculin, le Dieu Shiva, l’ascète. Pour sauver la terre de la destruction, il a bu le poison, n’en est pas mort mais en a gardé pour toujours la gorge bleue (Nilakanta). Ainsi sommes-nous avertis que l’abord de cette énergie serpentine féminine n’est pas sans risque pour le masculin.


D’ailleurs le souvenir du pouvoir conféré par la Femme-Serpent n’est pas ignoré dans nos régions. Il y a d’abord la Vouivre qui est un serpent qui porte une pierre précieuse enchassée au troisième œil, une escarboucle. La richesse et le pouvoir sont promis à l’homme qui arrivera à la lui ôter, mais à ses risques et périls. Il existe aussi en Vendée une Fée sous forme d’une femme-serpent : Mélusine. Elle est la protectrice de la famille des Lusignan (Mère Luse), qui fournira le dernier roi de Jérusalem.La kundalini : du biologique ou du spirituel ?


Le critère est simple et définitif et il a été donné par Swami Muktananda : « Une expérience de kundalini véritable est celle qui laisse un effet permanent, un changement positif dans la vie ».


Le problème essentiel est que d’une Déesse, forme individuelle de la Conscience Universelle CITI, on fait une simple énergie biologique. Par là les médecins et les scientifiques pourraient percer le secret de la vie et forcer le ciel.


Mais il existe une ironie du destin. Ceux qui veulent une montée de kundalini et qui font pour cela du yoga pendant de nombreuses années n’y arrivent jamais ou très rarement. Par contre des personnes qui ne l’ont jamais cherché et qui n’y ont jamais pensé sont victimes de montées sauvages de kundalini et bien d’autres ont des troubles divers qu’ils décorent du nom de kundalini.


Il nous reste à comprendre pourquoi ?
La transmission doit se faire dans une initiation personnelle avec l’ouverture des chakras selon les degrés de la sensibilisation et des transmissions d’énergie.




On trouvera dans ce livre l'étude scientifique de la kundalini, ainsi qu'un manuel pratique pour accéder à cette expérience selon la méthode qui convient à chacun :

"L'Eveil de la Kundalini"
Marc-Alain Descamps
Editions Alphée, 2005, 250p.[center]

http://antahkarana.f...n.com/index.htm

Ce message a été modifié par ambre - 08 juin 2007 à 11:57.