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Le racisme aux Etats-Unis est un monstre tapi


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1 réponse à ce topic

#1 Proudhon

Proudhon

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Posté 10 septembre 2006 à 17:38

Un bon article du Monde:


Le racisme aux Etats-Unis est un monstre tapi"

Difficile, devant ce corps délicat et cette voix douce, de croire que l'Américain Stanley Greene (agence Vu) a 57 ans et une longue carrière de photographe de guerre. Il s'est fait connaître par ses visions hantées de la Tchétchénie, où il est allé plus de vingt fois. Au festival Visa pour l'image, il présente une exposition consacrée à l'Irak et un travail collectif sur l'ouragan Katrina. Deux sujets autour de l'Amérique, qu'il a quittée il y a vingt ans.

Ce travail sur Katrina est-il un retour aux sources ?

Ça m'a donné l'opportunité de consacrer un sujet à mon pays. Et c'est un retour aux sources aussi parce que ce travail se rapproche beaucoup de celui des photographes de la FSA avec Walker Evans, dans les années 1930.

Ce sujet collectif met l'accent sur le racisme. Pourquoi ?
Katrina a servi de révélateur au racisme généralisé des Etats-Unis. Je l'ai vécu moi-même ! Nous occupions une maison louée par le magazine Time. J'étais le seul Noir parmi les journalistes. La police nous a harcelés. Un policier blanc a demandé à tout le monde ses papiers. Sauf à moi : il m'a plaqué contre le mur, presque nu, devant mes collègues embarrassés. Si je lui avais ouvert la porte, il m'aurait mis une balle dans la tête. Il disait : "Ce type n'est pas journaliste, je le sais."

Ce sujet vous tient à cœur ?

Mon père appartenait au mouvement Harlem Renaissance et a défendu bien d'autres causes, il a été mis sur liste noire à cause de ses sympathies communistes. Moi, j'ai milité pour les droits civiques. Le racisme aux Etats-Unis est un monstre tapi qui se réveille à la moindre occasion. Le Ku Klux Klan sévissait dans le Sud il n'y a pas si longtemps. Comme par hasard, dans les quartiers blancs, les supermarchés ont été ouverts aux gens, par solidarité. Dans les quartiers noirs, on a mis des gardes pour les empêcher de rentrer !

Pourquoi faire un travail collectif avec Thomas Dworzak, Paolo Pellegrin et Kadir van Lohuizen ?

On a chacun notre personnalité, on se connaît depuis longtemps. Ce travail est une jam-session, sauf qu'il s'agit de musique visuelle. Ça donne une image plus variée, complète de la réalité. Le tout est construit comme un film de cinéma : l'ordre, la présentation, les légendes sont très contrôlés. C'est important pour raconter une histoire. Nous avons choisi une accumulation d'images, sans légendes.

Pourquoi y être revenu ?

Pour mettre à jour le cynisme. On retrouve les mêmes personnes dans la même merde. Le but n'est pas de faire revenir les gens, mais de faire de La Nouvelle-Orléans une ville blanche et lucrative. Cette ville a été créée par des esclaves, contrairement à Baton Rouge (Louisiane), fondée par les Confédérés. Beaucoup d'Américains voient La Nouvelle-Orléans comme un lieu de péché. Pour eux, les inondations sont un moyen de se débarrasser de la prostitution, du crime et de la drogue, et de favoriser les investissements. D'où ces images de pancartes avec des annonces immobilières. Des investisseurs recherchent partout les propriétaires des maisons détruites. Qu'ils rachètent pour 10 000 dollars. Katrina est la plus grande opération de spoliation de tous les temps.

Comment avez-vous travaillé ?
La ville était pleine de barrages, du FBI, de la police. Sans compter les services de sécurité privés, comme Black Water, qui nous empêchaient d'entrer dans le Renaissance Village, un des quartiers les plus pauvres, les plus sinistrés, les plus visés par la spéculation immobilière. Ces gens tirent sans sommation ! Ironiquement, la même compagnie opère en Irak pour le compte d'Haliburton, la société de Rumsfeld. Ce sont les cadavres de deux employés de Black Water que j'ai photographiés à Falloujah.

Que vous attendiez-vous à trouver en Irak en 2004 ?
Un an après l'opération "Tempête du désert", la coalition était censée mettre en place la démocratie. Mais, à Falloujah, on n'a vu que cette haine en train de bouillir. Tuer quelqu'un avec un fusil, c'est une chose. Mais l'empêcher de sortir de sa voiture après un attentat pour qu'il crame, puis pendre son cadavre à un pont... Il y a quelque chose qui s'est brisé chez moi.

Là aussi, vous êtes revenu plus tard.
Il me fallait suivre aussi le côté américain pour montrer que le fanatisme est des deux côtés. Allah Akhbar, God bless you : il n'y a pas tant de différence. La religion est une bonne chose quand elle sert de code moral, pas quand elle est utilisée pour commettre des crimes.

Vous avez un discours et des photos très engagés. Que faites-vous de l'objectivité du photojournaliste ?
Je ne suis pas objectif. Je montre ce qui se passe, de façon humaine, avec mon point de vue. J'essaie de transmettre ma colère, mes questions. Mais je ne fais pas de la propagande, je ne fais pas mentir les images. Je montre les deux vérités, et je donne à voir les victimes.

Katrina, une catastrophe pas du tout naturelle, à l'ancienne université. "Voyage au pays de la haine", à l'église des dominicains. Festival Visa pour l'image, Perpignan. Tél. : 04-68-62-38-00. Jusqu'au 17 septembre. De 10 heures à 20 heures. Entrée libre.
Propos recueillis par Claire Guillot
Article paru dans l'édition du 10.09.06

Ce message a été modifié par Proudhon - 10 septembre 2006 à 17:40.


#2 Daman

Daman

    Démiurge désinvolte

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Posté 10 septembre 2006 à 19:09

Citation

Il me fallait suivre aussi le côté américain pour montrer que le fanatisme est des deux côtés. Allah Akhbar, God bless you : il n'y a pas tant de différence. La religion est une bonne chose quand elle sert de code moral, pas quand elle est utilisée pour commettre des crimes.

Oui mais les musulmans ne lorgnent pas sur l'Amérique. Résister par les armes chez soi n'est pas un crime, au contraire, sinon il faut refaire le procès de Nuremberg pour y traduire en justice les insurgés du ghetto de Varsovie. Les musulmans  veulent juste vivre selon leurs propres codes de valeurs sans tenter de les imposer aux autres mais sans influencve occidentale. Quoi de plus normal ? Transformer les américains en chrétiens , puis les accuser de crimes pour ensuite pouvoir accuser les musulmans des mêmes crimes afin de renvoyer dos à dos les deux parties revient à tenter de faire l'impasse sur le caractère 100% impérialiste des guerres US pour en faire de simples effets secondaires des délires religieux.

Vous croyez que c'est dans les églises que se sont tracés les plans d'invasion du moyen-orient ? Non, c'est simplement que les auteurs et commanditaires réels de ces opérations n'avaient rien à f... des religions ( à l'exception curieusement du judaïsme)  mais désiraient qu'elles soient accusées à leur place.
Laissez-moi rire...  :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.