http://www.islamlaic...article339.html ..2 extraits de
L’autre christianisme : le Jésus de la gnose et les femmes.
par Françoise Gange
Intervention de Françoise Gange au Colloque UNESCO, 18 et 19 septembre 2006
"...Jusqu’à la découverte en 1945, des manuscrits ensevelis de Nag Hammadi, on ne pouvait connaître les gnostiques qu’au travers des écrits déformés des évêques judaïsants, qui fustigeaient ce qu’ils appelaient le « manque de sérieux » de leurs adversaires. L’œuvre d’Irénée (évêque de Lyon au 2e siècle) en particulier, intitulée Contre les Hérésies, montre bien à quel point les deux branches différaient.
Les gnostiques —qui se considéraient comme libres et égaux, menant ensemble une quête de connaissance et de vérité conforme au message de Jésus tel qu’il apparaît dans les textes retrouvés à Nag Hammadi— pratiquaient le partage des tâches et la rotation des rôles et des responsabilités, ce dont Irénée ou Tertullien, partisans d’une stricte hiérarchie, se gaussaient, ironisant à propos du déroulement de leurs assemblées. On ne sait, se plaignent-ils, qui chez eux est évêque, qui diacre ou qui prendra la parole en prophétisant, car ils tirent leurs rôles au sort, permutant selon les jours et ne permettant aucune identité précise des individus. De plus ajoutent-ils, ils comptent dans leurs rangs un certain nombre de « sottes femmes » qui déambulent aux côtés des hommes, prenant part comme ces derniers aux assemblées et prétendant même enseigner comme eux, « Quelles prostituées font-elles ! ».
Dans les textes retrouvés à Nag Hammadi, Marie de Magdala (Marie-Madeleine) apparaît comme la compagne de Jésus et sa disciple de prédilection. Ce qu’on voit dans l’Évangile selon Marie, dans le texte intitulé Pistis Sophia (la Sagesse et la foi), ou encore dans l’Evangile selon Philippe qui précise que Jésus embrassait souvent Marie sur la bouche et que certains disciples s’en montraient jaloux.
Jésus apparaît, non plus comme cet être asexué qu’on a présenté dans les évangiles canoniques, mais comme un sage qui souhaite rétablir l’Unité, masculin et féminin unis, afin de parvenir à la Totalité : l’Homme parfait, pourvu des deux moitiés inséparables qui le constituent.
Dans la société judaïque de l’époque, la femme n’était pas l’égale de l’homme : les biens par exemple, appartenaient à l’époux, et la femme était l’un des biens de l’époux, qui pouvait la prendre puis la répudier comme bon lui semblait.
Dans l’Evangile selon Thomas, Jésus dit : « Si deux (l’homme et la femme) sont l’un avec l’autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : Déplace-toi, et elle se déplacera. » log 53, livre cité. Il insiste constamment pour dire que l’amour profond dans un couple (amour conçu comme Alliance à la fois sensible et spirituelle) décuple les forces des deux individus qui le composent.
Message révolutionnaire car à l’époque, il n’y avait pas d’Alliance d’amour entre l’homme et la femme, mais un mariage patriarcal dominant-dominé. Seul le plaisir de l’époux était pris en compte. Pour la femme, le plaisir était interdit ou en tout cas jamais mentionné : l’église lui parlait de « devoir conjugal ».
Le couple formé par Jésus et par Marie apparaît donc détonant : il rappelle le monde « païen » antérieur, et plus particulièrement la longue culture de la Déesse qui avait précédé l’apparition des Dieux dans le panthéon. Culture qui pratiquait la hiérogamie ou union sacrée entre le principe masculin et le principe féminin, âprement combattue par l’Eglise.
Entre Jésus et Marie, il y a une relation totale, car les textes de Nag Hammadi et notamment l’Evangile selon Philippe, ou encore la Pistis Sophia, montrent que non seulement ils s’aiment d’amour, mais qu’ils partagent le plus grand : la spiritualité, domaine à la fois de l’intelligence et de la sensibilité."...
..."La conception de la femme et du féminin, de sa place et de son rôle dans la société et dans la spiritualité, totalement différente dans les textes gnostiques et dans les textes canoniques, se révèle ainsi véritablement comme le pivot de la disparité entre les deux conceptions.
Nous remarquerons en guise de conclusion, qu’avec l’inversion des polarités du divin —du féminin divin, époque de la Déesse considérée comme la Mère créatrice et protectrice de l’univers, aux Dieux Pères, tous guerriers s’inscrivant dans une visée de conquêtes— s’est inversé le rôle de la femme et du féminin. Désacralisée, réduite à son corps (épouse et mère ou prostituée), elle est censée dans l’ordre patriarcal, n’avoir plus ni esprit ni âme, elle qui était, 4000 ans auparavant, l’Ame du monde, l’Esprit de justice et de droiture, de bonté et de générosité comme on le voit dans les premiers mythes de Sumer…
Il faut rappeler que c’est la haine de la femme et du féminin qui allumera les bûchers d’une Inquisition avide de purger le monde des « sorcières », l’église ayant organisé, pendant plus de deux siècles, un véritable « sexocide » ainsi que l’a très justement écrit Françoise d’Eaubonne, dans son livre Le sexocide des sorcières.
Les sorcières n’étant souvent que des femmes jeunes, des « miresses » c’est à dire médecins, des herboristes, des accoucheuses, qui continuaient à transmettre la très ancienne connaissance des Plantes guérisseuses.. toutes refusant leur exclusion du monde patriarcal."
Françoise Gange est auteur de :
Jésus et les Femmes, essai, ré-édité par les Editions Alphée, janvier 2006
Les Dieux menteurs, essai, ré-édité par les Editions Alphée, juin 2006
Europe et Zeus : un mythe pour aujourd’hui, essai, à paraître aux Editions Alphée, en janvier 2007
L’autre christianisme
Commencé par
ambre
, 20 sep 2006 à 14:57
4 réponses dans ce topic
#1
Posté 20 septembre 2006 à 14:57
#2
Posté 21 septembre 2006 à 14:08
Bonjour Ambre
Il est intéressant ton texte et mérite réflexion.
Ca fait déjà quelques temps que je m'intéresse à la gnose, que je crois être le véritable enseignement de Jésus.
Depuis déjà 2000 ans, l'Église a tenté par tout les moyens de détruire, d'étouffer ce coté divin de la femme, notamment avec la chasse aux sorcières, et ce dans le but de se l'approprier. L'union parfaite entre un homme et une femme est, je crois, la voie de la perfection, de l'élévation spirituelle. L'homme et la femme sont selon moi, des compléments parfaits et de valeurs égales.
Une étude plus complête de ces écrits est de mise a toute quête spirituelle.
Il est intéressant ton texte et mérite réflexion.
Ca fait déjà quelques temps que je m'intéresse à la gnose, que je crois être le véritable enseignement de Jésus.
Depuis déjà 2000 ans, l'Église a tenté par tout les moyens de détruire, d'étouffer ce coté divin de la femme, notamment avec la chasse aux sorcières, et ce dans le but de se l'approprier. L'union parfaite entre un homme et une femme est, je crois, la voie de la perfection, de l'élévation spirituelle. L'homme et la femme sont selon moi, des compléments parfaits et de valeurs égales.
Une étude plus complête de ces écrits est de mise a toute quête spirituelle.
#3
Posté 21 septembre 2006 à 14:42
ambre, le Mercredi 20 Septembre 2006 à 14h50, dit :
L’autre christianisme : le Jésus de la gnose et les femmes.
par Françoise Gange
Intervention de Françoise Gange au Colloque UNESCO, 18 et 19 septembre 2006
par Françoise Gange
Intervention de Françoise Gange au Colloque UNESCO, 18 et 19 septembre 2006
Annick de Souzenelle, Madeleine Davy par exemple
#4
Posté 21 septembre 2006 à 17:00
..oui Pipoca..j ai mis plusieurs sujets sur ce fourum qui en parlent ... http://www.onnouscac...topic=13334&hl=
...et pour toi Moumou...je découvre la gnose christique...c est une continuité apres bien des détours dans les chemins parfois tres ténébreux de ce que l on nomme "new age"...
http://www.onnouscac...topic=13810&hl=[B]
...et pour toi Moumou...je découvre la gnose christique...c est une continuité apres bien des détours dans les chemins parfois tres ténébreux de ce que l on nomme "new age"...
http://www.onnouscac...topic=13810&hl=[B]
Ce message a été modifié par ambre - 21 septembre 2006 à 17:00.
#5
Posté 14 août 2011 à 14:48
mou-mou, le 21 septembre 2006 à 14:08, dit :
Bonjour Ambre
Il est intéressant ton texte et mérite réflexion.
Ca fait déjà quelques temps que je m'intéresse à la gnose, que je crois être le véritable enseignement de Jésus.
Depuis déjà 2000 ans, l'Église a tenté par tout les moyens de détruire, d'étouffer ce coté divin de la femme, notamment avec la chasse aux sorcières, et ce dans le but de se l'approprier. L'union parfaite entre un homme et une femme est, je crois, la voie de la perfection, de l'élévation spirituelle. L'homme et la femme sont selon moi, des compléments parfaits et de valeurs égales.
Une étude plus complête de ces écrits est de mise a toute quête spirituelle.
Il est intéressant ton texte et mérite réflexion.
Ca fait déjà quelques temps que je m'intéresse à la gnose, que je crois être le véritable enseignement de Jésus.
Depuis déjà 2000 ans, l'Église a tenté par tout les moyens de détruire, d'étouffer ce coté divin de la femme, notamment avec la chasse aux sorcières, et ce dans le but de se l'approprier. L'union parfaite entre un homme et une femme est, je crois, la voie de la perfection, de l'élévation spirituelle. L'homme et la femme sont selon moi, des compléments parfaits et de valeurs égales.
Une étude plus complête de ces écrits est de mise a toute quête spirituelle.
Erétik
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