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** Les mondes Extra-Terrestres par l'Ermite **


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57 réponses dans ce topic

#1 ZasTaLa

ZasTaLa

    Fils de Dieu et toi ?

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Posté 27 septembre 2006 à 01:48

** Bonjour à Tous(tes) **

Je vois beaucoup de questions sur comment remplacer les modes de vie destructrices actuelles de nos sociétés par des manières de vivre plus en Harmonie avec la Nature.

Dans les années 90, J'ai lu le livre "L'Ermite" écrit par Tuesday Lobsang RAMPA qui contient le récit de la vie harmonieuse des peuples de l'espace.

Les réponses à plusieurs de vos questions sur les sociétés ou communautés extra-terrestres y sont écrits, il suffit juste de le lire sans à priorie, ni préjugés.

Les livres de T.L.Rampa sont très instructifs pour les personnes curieuses, ouvertes d'esprit et de coeur.

Voici quelques extraits :


Image IPB

9 - L'ERMITE

         Par TUESDAY LOBSANG RAMPA
         Monaco :Éd. Rocher, 1987, 222 p. et 1991, 256 p.
         Paris : Éd. J'ai Lu, 1989, 250 P.
         Montréal, Éd. de l'Homme, c1971, 222 p.

{L'Ermite, par Rampa: (pages 73 à 93)(Extraits)}[27]Descriptions d'extra-terrestres présents dans la caverne.

    « ... Il y avait là de petits hommes et de petites femmes qui semblaient parfaits dans les moindres détails et dont la beauté était celle des dieux. Une aura de pureté et de sérénité émanait d'eux. Parmi les autres, il s'en trouvait qui, eux aussi, avaient une apparence humaine, mais avec une incroyable et curieuse tête d'oiseau, couverte de plumes ou d'écailles. Bien qu'ayant forme humaine, leurs mains comportaient d'abasourdissantes écailles ainsi que des griffes. Il y avait aussi des géants. D'immenses créatures qui apparaissaient indistinctement comme des statues et qui écrasaient de leur taille leurs moins imposants compagnons. Ces géants étaient sans contredit des humains, mais d'une taille dépassant tout entendement. Il y avait des hommes et des femmes ou des individus de sexe masculin et de sexe féminin. Il y en avait également d'autres qui auraient pu appartenir à l'un ou à l'autre des deux sexes humains, comme à aucun d'ailleurs. Ils étaient assis et me regardaient fixement jusqu'à ce que je ressentis un réel malaise à être ainsi fixé.

    « D'un côté, un être semblable à quelque dieu se tenait assis, hiératique, le visage austère. Enveloppé de couleurs chatoyantes, il avait le calme olympien d'un dieu trônant dans son Paradis. Il se mit à parler une fois de plus dans une langue qui m'était inconnue. Mon ravisseur se précipita vers moi et se pencha en me disant: Je vais mettre ces choses dans tes oreilles et ensuite tu seras capable de comprendre le moindre mot qui sera prononcé ici. N'aie pas peur. » Il empoigna le lobe supérieur de mon oreille droite, le tira vers le haut d'une main tandis que, de l'autre, il introduisait un petit appareil dans mon conduit auditif. Ouis, se penchant un peu plus, il fit de même avec mon oreille gauche. Il tourna un petit bouton attaché à une boîte près de mon cou et je pus entendre des sons. L'idée se fit en moi que je pouvais comprendre l'étrange langue qui, précédemment, m'était inintelligible. Je n'avais pas le temps de méditer sur cette merveille.

    « Des voix que maintenant je pouvais comprendre; une langue que maintenant je comprenais. Oui, c'était bien beau! mais la grandeur des concepts exprimés dépassait de beaucoup le plafond de mon imagination. Je n'étais qu'un pauvre prêtre venant de ce que l'on avait appelé « un pays de sauvages », et mes capacités d'entendement étaient insuffisantes pour me permettre de percevoir la signification de ce que maintenant j'entendais après avoir pensé être capable de tout comprendre. Mon ravisseur remarqua que j'éprouvais des difficultés et s'approcha de moi une fois de plus. « Qu'est-ce qu'il y a? » murmura-t-il.

*************

{L'Ermite, par Rampa: (pages 16 à  23 )(Extraits)}[2]Présentation des Jardiniers de l'Espace et de leur projet d'informations à propos de l'origine de la Vie sur Terre.

    « Je tâtai soigneusement la chose, poursuivit-il, et elle me sembla moelleuse et ferme à la fois. Elle était soutenue par quatre pattes et, à l'arrière, il y avait un obstacle qui me soutenait le dos. J'en conclus d'abord qu'ils m'avaient pensé trop faible pour demeurer assis par mes propres forces, mais je réalisai rapidement que l'on se retenait de rire et en déduisis alors que ces gens-là s'asseyaient de cette manière. Cette façon de s'asseoir me parut bizarre et fort dangereuse, et je dois humblement avouer que je me cramponnai avec acharnement à cette plate-forme rembourrée. »

    « Nous n'avons pas fini de t'étonner, me dit la Voix; tu te demandes qui nous pouvons bien être et pourquoi tu te sens si bien. Installe-toi plus confortablement, car nous avons beaucoup à t'apprendre et à te montrer. »

    « Ô Très Illustre, reprochai-je, je suis aveugle, on m'a arraché les yeux et pourtant vous dites que vous avez beaucoup de choses à me montrer? Mais comment cela est-il possible? » « Tranquillise-toi, me dit la voix, car avec du temps et de la patience, tout s'éclaircira. »

    « Nous sommes les Jardiniers de la Terre, me dit la Voix, Nous voyageons parmis les univers, plaçant personnes et animaux dans des mondes très différents. Vous, les Terriens, entretenez bien des légendes à notre endroit. Vous nous appelez les Dieux du Ciel et parlez de nos chars de feu. Maintenant, nous allons te donner des informations à propos de l'origine de la Vie sur Terre afain que tu puisses transmettre ces connaissances à quelqu'un qui viendra plus tard. Cette personne parcourra le monde et consignera ces faits, car il est grand temps que les gens connaissent la Vérité sur leurs Dieux avant que nous amorcions la deuxième phase. »

    « Mais il doit y avoir une erreur, dis-je rempli d'épouvante, je ne suis qu'un pauvre moine qui ne sait pas encore pourquoi il a entrepris une telle ascension. »

    « Nous t'avons fait venir grâce à notre science, murmura la Voix. Nous t'avons choisi à cause de ton exceptionnelle mémoire, que nous allons d'ailleurs améliorer. Nous savons tout de toi et c'est pour cela que tu es ici. »

    « J'avais peur, horriblement peur ... Que savais-je de ces Jardiniers de la Terre? Je n'étais pas jardinier moi-même, ne connaissais pas plus de choses sur les plantes que sur l'univers et n'étais pas désireux de savoir quoi que ce soit sur ce sujet. Alors que je pensais à tout cela, j'appuyai mes jambes sur le rebord de la plate-forme qui me servait de siège et me mis debout. Des mains très fermes quoique bienveillantes me repoussèrent de telle sorte que je me retrouvai une fois de plus assis de la manière ridicule dont j'ai déjà parlé, avec mes jambes pendouillant dans le vide et le dos appuyé contre quelque chose qui se trouvait derrière moi. « La plante ne commande pas au Jardinier, murmura une Voix. On t'a amené ici et c'est ici que tu devras apprendre. »

**************
  
Les clés du nirvâna"  Par TUESDAY LOBSANG RAMPA; -- Paris : Éditions J'ai Lu, 1831, 183 p. ; 17 cm.;©1973. En anglais ©1969 -> «  Beyond the tenth »{(pages 92 à 101)(Extrait 22)} Les Jardiniers de l'Espace et leur travail  {-> voir dans le livre}.   Question d'observations d'OVNIs -> pages 93 et 94.

    On entend souvent dire : « Si les soucoupes volantes existent, pourquoi les astronomes ne les voient-ils pas ? » La réponse est simple : les astronomes en ont vu, en ont photographié, mais enconre une fois la censure est là et même les gens les plus influents ont peur de raconter ce qu'ils ont observé, si c'est hors commun. Ils ont peur aussi de parler, ils craignent d'entrer en conflit avec les autorités qui ont intérêt à ce que l'on ne dise rien. Ils ont peur, parce qu'ils pensent que l'on doutera de leur intégrité professionnelle. De plus, les gens qui n'ont jamais vu d'OVNIS  éprouvent une espèce de haine violente pour ceux qui ont eu la chance d'en voir.

    Ainsi, les pilotes de ligne, les pilotes militaires ont   vu et continueront de voir des OVNIS, mais tant que les gouvernements imbéciles de ce monde n'auront pas radicalement changé d'attitude à ce sujet, nous n'en entendrons jamais parler. Le gouvernement argentin est sans doute le plus éclairé, entre toutes les nations, car il a officiellement reconnu l'existence des OVNIS.

    Si les autres pays refusent de laisser diffuser des informations exactes, ils ont pour cela diverses raisons.

    Il y a d'abord la foi chrétienne qui veut que l'homme ait été créé à l'image de Dieu, et comme rien ne saurait être plus grand que Dieu, il va de soi que rien ne peut être plus grand que l'homme créé à son image. Donc, si une espèce de créature capable de fabriquer un vaisseau spatial se promène dans l'espace et visite des mondes différents, il ne faut surtout pas en parler au cas où cette créature n'aurait pas forme humaine. Le raisonnement est spécieux, mais un avenir pas tellement lointain y mettra bon ordre.

    Et puis il y a la clique militaire, qui ne peut reconnaître l'existence des OVNIS parce qu'elle serait alors forcée d'admettre qu'il y a dans l'univers des êtres plus puissants qu'une clique militaire. Les dictateurs russes, par exemple, n'admettront jamais l'existence des soucoupes volantes, de crainte de démériter aux yeux de leur peuple......

******************

Si vous aimez les récits de T.L.Rampa, achetez ses livres et/ou allez voir sur ce site  
http://www.jacquesfortier.com/RAMPA/

Ce message a été modifié par ZasTaLa - 27 septembre 2006 à 02:19.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
« Les malentendus sont des problèmes qu'il vaut mieux résoudre » ZasTaLa « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie. » William Shakespeare

#2 NEMROD34

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Posté 27 septembre 2006 à 18:24

http://www.zetetique....org/rampa.html   :cogite:

#3 ZasTaLa

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Posté 27 septembre 2006 à 21:53

Nemrod je connaissais un peu le contenu du lien que tu présentes, mais je viens de tout lire et je sais maintenant de quoi çà parle.

J'ai aussi lu la quasi-totalité des livres de T.L.Rampa : s'était Super  :jump:  j'ai adoré  :sun:

Je peux donc donner mon point de vue en connaissance de cause :

- Il y a énormément de vérités dans ce qu'a écrit T.L.Rampa : le 3eme Oeil existe bel et bien, les extra-terrestres existe bel et bien, les auras existe bel et bien, l'appareil Kirlian existe bel et bien et fonctionne parfaitement, la télépathie existe bel et bien, les voyages astraux existe bel et bien, les animaux (chats, chiens,... ) communiquent bien par télépathie, etc... etc... etc...

- T.L.Rampa est pour moi, un Très Grand auteur qui a été et reste un des Précurseur de la Spiritualité en occident dans les années 50-60 : il a vraiment apporté beaucoup de connaissances dans ce domaine.

- Maintenant je le répète encore et toujours il ne faut pas tout gober, rester vigilant et faire son propre enquête ou au moins prendre connaissance du sujet dont on veut parler.

- Ce n'est pas en lisant les critiques sur un auteur que l'on connaît ses oeuvres, mais en voyant, en touchant, en lisant d'abord ses oeuvres.

- Ensuite chacun fera ensuite son propre opinion en connaissance de cause.

- Ce qui doit être clair pour tout le monde c'est que les livres de T.L.Rampa ne s'adressent pas aux personnes qui n'y croient pas et qui ne cherchent pas à le savoir.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
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#4 theK

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Posté 28 septembre 2006 à 05:27

donc en resumer cette ouvrage ne s'adresse qu'au convertie !!
:humhum:

#5 ZasTaLa

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Posté 28 septembre 2006 à 15:26

- Si c'est ce que tu as compris de mes messages Thek, c'est que tu as compris de travers.

- J'ai simplement dit que les livres de T.L.Rampa, ainsi que tout ce qui touche la spiritualité, les extra-terrestres, les phénomènes paranormaux,...  s'adressent aux véritables Chercheurs de vérités.

- A quoi çà sert que les personnes qui n'y croient pas et qui ne font aucun effort de recherche ni de lecture viennent batailler sur des sujets dont ils ne connaissent rien et s'en foutent royalement ?

- Passer du temps ou Troller peut être ?

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
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#6 theK

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Posté 28 septembre 2006 à 21:42

Citation

Ce qui doit être clair pour tout le monde c'est que les livres de T.L.Rampa ne s'adressent pas aux personnes qui n'y croient pas et qui ne cherchent pas à le savoir
Maintenant que penser au vu de ta reaction ????

Troller !!! une simple et unique question amene a se raisonement , si c'est sa etre ouvert et bien je dois dire que ma fermeture d'esprit ma l'air plus interresante !! :cogite:

Sa confirme bien ce qu'on peut lire sur la pseudo spiritualité , elle n'est d'actualité que quand sa arange , un peu comme la vérité !! :humhum:
     meme le culte satanisme est plus ouvert !! :ptdrasrpt2:

Ce message a été modifié par theK - 28 septembre 2006 à 21:43.


#7 ZasTaLa

ZasTaLa

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Posté 28 septembre 2006 à 22:38

- Juste une simple question Thek :

As-tu lu au moins 1 seul livre de T.L.Rampa avant de venir en parler ?

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
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#8 NEMROD34

NEMROD34

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Posté 29 septembre 2006 à 09:52

Citation

- Il y a énormément de vérités dans ce qu'a écrit T.L.Rampa : le 3eme Oeil existe bel et bien, les extra-terrestres existe bel et bien, les auras existe bel et bien, l'appareil Kirlian existe bel et bien et fonctionne parfaitement, la télépathie existe bel et bien, les voyages astraux existe bel et bien, les animaux (chats, chiens,... ) communiquent bien par télépathie, etc... etc...


L'appareil à effet Kirlian existe, oui, rien ne dit que ce soit l’aura comme tu l’entends qu’il photographie.

Le reste bien sur rien ne t’empêche d’en être persuadé, mais ça reste à prouver, tu ne peux donc pas l’affirmer.
Tu peux affirmer en être persuadé ça oui, mais pas l’affirmer en tant que vérité.




Citation

- Ce n'est pas en lisant les critiques sur un auteur que l'on connaît ses oeuvres, mais en voyant, en touchant, en lisant d'abord ses oeuvres.

J’ai lus aussi (Catanéda aussi), mais avec autant de mensonges vérifiables, comment croire quelque chose venant de lui ?
Juste une question de bon sens…
Je peut aussi t’écrire des bouquins sur la spiritualité si tu veut, c’est pas pour ça que j’aurais reçus un enseignement quelquonque.
Juste compiler ce qui se dit en ajoutant quelques idées personnelles, et en tournant bien le tout.


Citation

- J'ai simplement dit que les livres de T.L.Rampa, ainsi que tout ce qui touche la spiritualité, les extra-terrestres, les phénomènes paranormaux,... s'adressent aux véritables Chercheurs de vérités.


Ben si tu cherche la vérité il y en a une :
Ce mec est un menteur, et toutes les autorités spirituelles auxquelles il se réfère l’ont rejeter.
Et c’est vérifiable par toi-même.
La vérité est une, ce n'est pas l'incarnation nos désir, il ne faut pas confondre...



Citation

- A quoi çà sert que les personnes qui n'y croient pas et qui ne font aucun effort de recherche ni de lecture viennent batailler sur des sujets dont ils ne connaissent rien et s'en foutent royalement ?


1- Qui te dit que je n’y connais rien ?
2- Qui te dit que je n’ais pas lus ?
3- Je ne m’en fous pas la preuve …
4- Je ne bataille pas j’informe, une fois en possession de TOUTES les informations concernant ce personnage, chacun en tire les conclusions , soit qui s’imposent pour les plus honnêtes envers eux-mêmes, soit qu’il voudront pour ceux qui veulent se mentir.

C’ est marrant mais chaque personne qui me reproche un manque de spiritualité, à beaucoup de mal à accepter un avis différent du sien.
On apprend pas la tolérance et ouverture d’esprit, dans la spiritualité ?


PS: beaucoup emploient le mot troll un peu trop vite, un avis contraire au votre ne fait pas de la personne un troll.
Vous avez appris un mot c'est bien, comprenez le et utilisez le à bon escient.
C'est bien mieux.

Ce message a été modifié par NEMROD34 - 29 septembre 2006 à 09:54.


#9 ZasTaLa

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Posté 29 septembre 2006 à 15:09

Citation

NEMROD34 Ecrit le : Vendredi 29 Septembre 2006 à 09h45
..............................................
1- Qui te dit que je n’y connais rien ?
2- Qui te dit que je n’ais pas lus ?
3- Je ne m’en fous pas la preuve …
4- Je ne bataille pas j’informe, une fois en possession de TOUTES les informations concernant ce personnage, chacun en tire les conclusions , soit qui s’imposent pour les plus honnêtes envers eux-mêmes, soit qu’il voudront pour ceux qui veulent se mentir.

C’ est marrant mais chaque personne qui me reproche un manque de spiritualité, à beaucoup de mal à accepter un avis différent du sien.
On apprend pas la tolérance et ouverture d’esprit, dans la spiritualité ?


PS: beaucoup emploient le mot troll un peu trop vite, un avis contraire au votre ne fait pas de la personne un troll.
Vous avez appris un mot c'est bien, comprenez le et utilisez le à bon escient.
C'est bien mieux.



Oulalala beaucoup d'incompréhensions et de malentendus :

Inutile de prendre la mouche NEMROD34, je n'ai nommé personne, pourquoi te sens-tu visé ?

Si je peux affirmer çà :


Citation

ZasTaLa Ecrit le : Mercredi 27 Septembre 2006 à 21h46

Je peux donc donner mon point de vue en connaissance de cause :

- Il y a énormément de vérités dans ce qu'a écrit T.L.Rampa : le 3eme Oeil existe bel et bien, les extra-terrestres existe bel et bien, les auras existe bel et bien, l'appareil Kirlian existe bel et bien et fonctionne parfaitement, la télépathie existe bel et bien, les voyages astraux existe bel et bien, les animaux (chats, chiens,... ) communiquent bien par télépathie, etc... etc... etc...

C'est parce que j' ai personnellement vécu involontairement la plupart des choses dont j'affirme :vision des auras, télépathie, voyages astraux....

Pour l'appareil kirlian et les photos des auras

Image IPB Image IPB

Adressez-vous aux spécialistes qui sont à cet adresse par expl :

• A SHAMBHALLA, 3, rue de l'Harmonie, 69003 LYON.
Prendre rendez-vous auprès d'Auralyse, au 06 85 30 57 58

Possibilités également dans les villes de Vichy, Ambérieu-en-Bugey, Voiron... et ailleurs chaque fois qu'un groupe est intéressé ! Contactez-nous !

Comment nous joindre ?

Par téléphone : 06 85 30 57 58 . Par e-mail : info@auralyse.fr

Par courrier : 3348, route de Strasbourg, 69140 Rillieux La Pape

site : http://www.spiritsol...oto-kirlian.htm

Citation

NEMROD34 Ecrit le : Vendredi 29 Septembre 2006 à 09h45 

Ben si tu cherche la vérité il y en a une :
Ce mec est un menteur, et toutes les autorités spirituelles auxquelles il se réfère l’ont rejeter.
Et c’est vérifiable par toi-même.
La vérité est une, ce n'est pas l'incarnation nos désir, il ne faut pas confondre...

Je viens de te dire que j'ai personnellement vécu les voyages astraux, le 3eme oeil, etc...

Et toi qu'est ce que tu as comme preuve pour affirmer ce que tu viens de dire ? Si c'est juste ce lien que tu nous a donné http://www.zetetique....org/rampa.html : c'est bien maigre comme preuve.

Tu pourras toujours cité des sources extérieures à toi, mais tant que tu n'auras pas vécu personnellement les expériences dont tu parles tu ne sauras pas.

- Quels livres as-tu lu de T.L.Rampa NEMROD34 ?

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
« Les malentendus sont des problèmes qu'il vaut mieux résoudre » ZasTaLa « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie. » William Shakespeare

#10 theK

theK

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Posté 29 septembre 2006 à 19:21

j'arrive a faire pareil avec photoshop !!(attention se n'est pas une agression !!!)
non moi tous ces parole sur l'astral , sa me laisse de marbre , j'ai toujour vu sa comme une fuite a la mort!!
un moyen se rassurer que notre vie na pas été inutile !!
             mais bon sa ne reste que mon point de vue et sa n'engage que moi !!
mais nemrod a bien resumer se que je pensais de cette ecrivain ; menteur ou charlatent , apres tout peut etre qu'il croit vraiment en se qu'il ecrit , mais , j'en doute sinon tous ceci serait gratuit !

#11 LCDV

LCDV

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Posté 29 septembre 2006 à 19:43

Zastala :

Citation

« ... Il y avait là de petits hommes et de petites femmes qui semblaient parfaits dans les moindres détails et dont la beauté était celle des dieux. Une aura de pureté et de sérénité émanait d'eux. Parmi les autres, il s'en trouvait qui, eux aussi, avaient une apparence humaine, mais avec une incroyable et curieuse tête d'oiseau, couverte de plumes ou d'écailles. Bien qu'ayant forme humaine, leurs mains comportaient d'abasourdissantes écailles ainsi que des griffes. Il y avait aussi des géants. D'immenses créatures qui apparaissaient indistinctement comme des statues et qui écrasaient de leur taille leurs moins imposants compagnons. Ces géants étaient sans contredit des humains, mais d'une taille dépassant tout entendement. Il y avait des hommes et des femmes ou des individus de sexe masculin et de sexe féminin. Il y en avait également d'autres qui auraient pu appartenir à l'un ou à l'autre des deux sexes humains, comme à aucun d'ailleurs. Ils étaient assis et me regardaient fixement jusqu'à ce que je ressentis un réel malaise à être ainsi fixé.

Bonjour,

Est-ce que RAMPA développe quelque part sur la "race oiseau" dont il fait mention dans la citation ci-dessus ?


Merci.

#12 pop-corn

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Posté 29 septembre 2006 à 19:51

Citation

Est-ce que RAMPA développe quelque part sur la "race oiseau" dont il fait mention dans la citation ci-dessus ?
non il n'a jamais développé.

---------------
par contre pour complèter puisque j'y suis il parle aussi d'un androgyne  a peau bleuté de notre allure avec  plusieurs mamelons , gisant encore sous le pôle nord
La illaha illa Allah

#13 LCDV

LCDV

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Posté 29 septembre 2006 à 19:57

merci pop  :na: :salut:

Et est ce que cette "race oiseau" inspire une "recoupement" ou fait "penser à quelque chose" à quelqu'un ?

re-merci  :spin:

Ce message a été modifié par LCDV - 29 septembre 2006 à 19:58.


#14 Salamandre

Salamandre
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Posté 29 septembre 2006 à 20:39

Citation

Et est ce que cette "race oiseau" inspire une "recoupement" ou fait "penser à quelque chose" à quelqu'un ?
Une espèce inconnue, d'humanoïdes extraterrestres.
Une ancienne forme de vie intelligente, ayant vécue sur terre, avant nous.
Ces êtres vivent dans la marge de notre Histoire
(et loin de notre médiocrité collective).

#15 himotep

himotep

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Posté 29 septembre 2006 à 20:57

bonsoir a tous .
il y a les hommes oiseaux de l'iles de paques.
http://membres.lycos...smsconnection4/

#16 Salamandre

Salamandre
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Posté 29 septembre 2006 à 21:54

LCDV

Citation

Merci Himotep... 
Je suis content pour Himotep
mais je vois que tu ne réagis pas à ma réponse à ta question:

Citation

Une espèce inconnue, d'humanoïdes extraterrestres.
Une ancienne forme de vie intelligente, ayant vécue sur terre, avant nous.
Ces êtres vivent dans la marge de notre Histoire
(et loin de notre médiocrité collective).
Cette réponse est-elle complètement nulle?
Ton silence est vexant.

#17 LCDV

LCDV

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Posté 29 septembre 2006 à 22:16

Bonsoir salamandre,

Loing de moi l'idée de te vexer par mégarde  :oops:

Citation

Une espèce inconnue, d'humanoïdes extraterrestres.
Une ancienne forme de vie intelligente, ayant vécue sur terre, avant nous.
Ces êtres vivent dans la marge de notre Histoire
(et loin de notre médiocrité collective).

Non ta réponse est tout à fait sensé... mais trop vague pour mériter un aussi beau merci qu'Himotep  :biglol:


Je te taquinne !!! te re-vexe pas stp  :chamaille:

Quand je demande quelque chose, après je sais si ca y répond et ce qui y répond....c'est comme ça !

"Pour moi" il y a   "concordance limpide" entre ce don parle Rampa, le lien d'himotep et autre chose (ce qui motive ma demande)... d'où le merci !


Vais-je avoir d'autres concordances .... ???

Promis je dirais merci....  :biglol:

Des petits merci (<= comme ça quand ca sera par mesure de prévention anti-vexatoire   :puni: :biglol: )

Et des MERCI (<= comme ça quand ca "percutera"  :biglol: )

Ce message a été modifié par LCDV - 29 septembre 2006 à 22:30.


#18 NEMROD34

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Posté 30 septembre 2006 à 14:50

Alors tu me dis:

Citation

Je viens de te dire que j'ai personnellement vécu les voyages astraux, le 3eme oeil, etc...


Et ensuite:

Citation

Si c'est juste ce lien que tu nous a donné http://www.zetetique....org/rampa.html : c'est bien maigre comme preuve.

La différence vois-tu c'est que dans l'article tu as des lieux et des dates, donc n'importe qui peut vérifier par lui-même en écrivant à qui de droit…
Et ce n'est vraiment pas le seul qui le prouve...
Que puis-je vérifier de ce que tu me raconte ?
Donne-moi une seule raison de te croire sur parole.


Je désolé mais que tu raconte avoir vécus des expériences, ne prouve strictement rien et donc il n'y as aucune vérité de quelque sorte que ce soit.
Encore une fois c'est ton avis, ce que toi tu crois, mais pas LA VERITE, saisi-tu la différence entre ce que tu crois être vrai et ce qui est vrai pour tous ?
Ce qui est vrai peut être démontré, reproduit, expliqué etc.

Comment simplement comptes-tu démontrer tes expériences ?
Si tu y arrive sache que tu peux gagner 150 000€ !


Citation

Tu pourras toujours cité des sources extérieures à toi, mais tant que tu n'auras pas vécu personnellement les expériences dont tu parles tu ne sauras pas.



Ce que je sais, c'est que rien de ce que raconte rampa n'existe, et c'est prouvé, si ça existe ça peut être prouvé et ça ne l'est pas.
Quand rampa dit qu'il à rencontrer tel maitre et que le dit maitre lui dit qu'il n'en à jamais entendus parler.
Ca veut dire qu'un maitre spirituel mente ?
Si je te crois c'est ça, les grands maitre spirituel dont parle rampa sont des menteurs …

Citation

- Quels livres as-tu lu de T.L.Rampa NEMROD34 ?

Tous mais ça fait 20 ans alors je t'en ferais pas un résumé. :biglol:

Citation

Pour l'appareil kirlian et les photos des auras

Où est la preuve que ce sont des auras svp ?
Qui dit ça , l'explique, le démontre scientifiquement ? :humhum:

#19 luimeme

luimeme
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Posté 30 septembre 2006 à 16:34

NEMROD34 Ecrit le Samedi 30 Septembre 2006 à 14h43

Citation

Où est la preuve que ce sont des auras svp ?
Qui dit ça , l'explique, le démontre scientifiquement ? 
preuve,preuve,preuve,preuve....
par une photo,c'est impossible,tout le monde le sait.
le plus honnête des hommes qui prend une photo ne sera jamais cru.
pareil pour une vidéo.
il n'y pas de preuves, il n'y a que de la croyance.

mais on ne peut pas non plus prouver que c'est faux !!!  :D
préparez l'aspirine.

seul les intéressés le savent,si c'est vrai ou pas.  :aureole7:
:guerrier:

#20 ZasTaLa

ZasTaLa

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Posté 30 septembre 2006 à 18:50

Bien répondu, je suis d'accord avec ton message luimeme.

Le texte suivant répond en partie au message de NEMROD34 pour ses demandes de preuves quand à l'existence des auras, du 3eme oeil, et autres phénomènes paranormaux :


A propos de la possibilité de devenir un X-Men.

Image IPB

Qu'est-ce que nous appelons « homme linéaire » ? Imaginez un homme dont l'ADN comporte deux spirales, dont le cerveau fonctionne à 10% de sa puissance fondamentale, et dont aucun centre psychique ou spirituel n'est activé. C'est cela un homme linéaire. C'est sans doute l'homme qui traverse la rue devant vous. C'est la femme qui habite dans l'appartement d'à côté. C'est aussi l'enfant qui court dans le parc. C'est peut-être même vous, si vous n'avez pas encore fait évoluer votre génétique, votre cerveau, votre psyché ou votre âme.

Oublions la psyché et l'âme, et intéressons-nous seulement au génétique et au cérébral. Faisons-le durant le temps de cet article, afin d'éclairer quelque peu un domaine qui pourrait être important et fructueux, mais que les hommes linéaires n'osent pas regarder en face de manière lucide et adulte. Au fait, quelle est la différence entre « regarder quelque chose de manière infantile » et « regarder quelque chose de manière adulte » ? C'est la même différence qui existe entre « dessiner des avions sur un papier » et « concevoir des avions en vrai ».

Avez-vous saisi la nuance ? Quand notre horizon est seulement de dessiner des avions sur un papier, notre propos n'est pas d'acquérir les connaissances et les compétences techniques pour construire un avion capable de voler dans les airs. Non, ce n'est pas cela notre propos. Notre propos est de savoir comment produire le dessin le plus beau, le plus fascinant, le plus élégant, le plus drôle peut-être… Nous allons apprendre, dans cet horizon, comment dessiner un fuselage, et comment tracer des ailes. Nous pourrons obtenir un beau dessin, et les autres pourront s'extasier devant notre dessin… Mais nous aurions seulement dessiné des ombres.

Il est infiniment plus facile de dessiner que de concevoir. Nous entendons évidemment par « concevoir », une élaboration technique rigoureuse susceptible de conduire à la fabrication ou à la concrétisation effectives. Faites de beaux dessins, et les gens viendront vous acclamer. Car les gens aiment avant tout les choses qui leur font plaisir. Certes, c'est bien les choses qui peuvent rendre service, qui peuvent étendre le champ des possibles et réduire le champ des contraintes. Mais, si l'utile n'est pas mis au service de l'agréable, alors il ne sert finalement à rien, nous dit l'homme ordinaire. Et c'est probablement vrai. Disons, en guise de digression dans la digression, que le plaisir et la joie sont la mesure de l'existence, et l'existence n'est justifiée que dans la mesure où l'on est capable d'en tirer un certain plaisir et une certaine joie. Mais le plaisir est facile à conquérir. La joie demande plus d'intelligence et de volonté, et c'est peut-être pour cela que nombreux parmi nous n'arrivent pas à embrasser une joie authentique et profonde durant le périple de leur vie.

Quand notre horizon est de concevoir en vrai un avion, notre propos est alors d'acquérir connaissances et compétences techniques. Et c'est là un travail qui nécessite de grands efforts et beaucoup de temps. Mais il semble que chez beaucoup, un grand effort soit très souvent synonyme d'une grande souffrance ou d'une grande douleur mentale. A une époque où les avions ne sillonnaient pas encore le ciel matin et soir, à une époque où le bateau à vapeur était encore de la technologie de pointe, comment croyez-vous qu'on considérait le concept d'avion ? Les ingénieurs et les chercheurs qui essayaient de concevoir des avions concrets, étaient souvent considérés comme des farfelus illusionnés, car la science de leur époque disait qu'il était impossible de faire voler « plus lourd que l'air ». Le farfelu, c'est d'emblée celui qui affirme quelque chose qui s'écarte du paradigme des possibles de son époque. Certains farfelus sont des génies ou des intuitifs qui confinent au prodige. D'autres sont des égarés dont la pensée souffre de quelque distorsion. C'est dans les romans et dans les contes qu'on traitait du concept d'engin volant. Le concept était maintenu dans la sphère du loisir. Toute personne qui voulait aborder ce concept dans la sphère du concret ou du concrétisable, était naturellement suspectée ou taxée d'être farfelue.

Mais de nombreux ingénieurs et chercheurs ont été suffisamment « forts » pour ne pas se laisser arrêter par le regard « dévalorisant » du peuple et des autorités de leur époque. C'est grâce à eux que nous avons des avions aujourd'hui. C'est grâce à eux que des gens aujourd'hui peuvent s'offrir le luxe de franchir un océan en quelques heures à bord d'une machine dont ils ne comprennent même pas les grandes lignes de fonctionnement. Le plus drôle c'est que ces gens auraient été parmi le peuple qui qualifiait les pionniers de l'aéronautique de tous les noms désobligeants qu'on puisse imaginer. Fermons cette parenthèse en forme de rappel du caractère intrinsèquement infondé de l'anathème social sur des recherches et des domaines qui sortent des frontières définies par les autorités intellectuelles d'une époque. Si vous lisez cet article, c'est probablement que vous avez dépassé cette réaction primaire de peur et d'ignorance.

Cette histoire d'avion est une métaphore. Voici ce qu'est l'homme linéaire : niveau génétique de 2 spirales, et puissance cérébrale active de 10%. Dit en passant, on vous dira, dans des milieux matérialistes, qu'il est faux de dire que le cerveau n'est activé qu'à 10%. On vous dira que tout notre cerveau fonctionne, qu'il n'y a pas de zones dormantes, même s'il est vrai que toutes les zones ne fonctionnent pas forcément en même temps ! Que répondre par rapport à cela ? C'est vrai que la quantité de neurones actifs dans le cerveau est voisine de 70% (n'en déplaise aux matérialistes, il y a encore des zones strictement endormies dans le cerveau)... Mais le cerveau, c'est en quelque sorte un ensemble de modules. Et chaque module fonctionne à un niveau de puissance bien inférieur à sa puissance potentielle intégrale. La moyenne de puissance active est d'environ 10%. Le chiffre est exact, à quelques pourcents près.

Avec un tel niveau (génétique 2 spirales et cerveau 10%), l'homme linéaire possède un certain niveau de puissance énergétique. Avec son niveau spécifique, l'homme linéaire est capable de certaines choses, et incapables de nombreuses autres. Parce que son niveau de puissance est assez faible, l'homme linéaire est dominé par tout un tas de paramètres matériels et énergétiques : paramètres physiques, énergétiques, biologiques, neuropsychologiques, psycho-énergétiques, etc… De ces paramètres découlent des facteurs secondaires : culturels, économiques, sociétaux, administratifs, institutionnels, politiques, etc… On peut dire que l'homme linéaire est un prisonnier. Et la prison, c'est l'ensemble des paramètres et des lois de la matière et de l'énergie. Les loisirs, les divertissements, c'est pour oublier qu'on vit dans une prison.

Il y a une certaine ironie dans le fait que certains supports de divertissement évoquent la possibilité de sortir de la prison, et de devenir libre. L'ironie n'est pas tellement dans cette évocation. L'ironie est dans la réaction du spectateur. Quand on montre au spectateur, sous couvert de divertissement et de loisir, des êtres dont le niveau génétique ou cérébral est suffisamment élevé pour que la puissance qui en résulte soit de taille à franchir certains murs de la prison… que fait le spectateur ? Il ressort de là en disant qu'il a vu un divertissement, et tout ce qu'il a vu, est du domaine de l'impossible, de l'irréalisable. C'était juste pour s'amuser. Pour amuser le public.

Image IPB

Avec un peu de courage, on verrait aisément que le seul moyen de devenir plus libre, est d'augmenter son niveau de puissance. Nous parlons de la puissance réelle. Pas de l'argent ou de la position sociale. Le milliardaire et le chef d'état ne sont pas plus libres, fondamentalement, que le démuni ou le balayeur de rue. Le pouvoir de la richesse financière ou du prestige social, est un pouvoir factice qui traduit beaucoup plus l'état d'hypnose et d'inertie collectives de la société, qu'une quelconque puissance réelle par rapport aux lois de la matière et de l'énergie qui conditionnent les existences et déterminent la véritable prison dont tout le reste découle.

Aujourd'hui, la possibilité de devenir un surhomme ou un mutant positif, au sens d'un accroissement du niveau génétique ou de la puissance cérébrale, est présentée seulement comme un argument de divertissement dans des films et des bandes dessinées. C'est comme si nous en étions encore au stade où le concept d'engin volant était encore confiné aux romans et contes populaires. Or, nous pouvons réellement augmenter notre niveau de puissance énergétique. Les bons supports de divertissement devraient être capables de stimuler chez les gens le désir et la volonté de liberté vraie. C'est-à-dire de liberté découlant d'un accroissement de la puissance énergétique personnelle. Mais acquérir les connaissances nécessaires pour cela, et faire le travail nécessaire pour réaliser une telle augmentation de puissance, ce n'est pas une activité qui peut s'assimiler à un divertissement ou à un loisir. Et il faut une grande volonté pour mener à bien cette étrange entreprise qui consiste à essayer de devenir un être plus puissant, et donc plus libre. Oui, la volonté de puissance est un signe de bonne santé mentale, car c'est la même chose que la volonté de liberté vraie. Des prisonniers qui veulent seulement oublier qu'ils sont dans une prison, c'est vraiment un triste spectacle. Mais des gens qui voient la vraie nature de leurs chaînes, et qui ont la volonté de s'en affranchir, voilà la vraie direction !


http://iwen.free.fr/index.htm
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
« Les malentendus sont des problèmes qu'il vaut mieux résoudre » ZasTaLa « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie. » William Shakespeare

#21 Lloreen

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Posté 12 novembre 2006 à 11:33

zastala, voilà un superbe texte. Reste à savoir où et comment on peut développer ses capacités sans risquer de rencontrer des charlatans, gourous ou sectes, car je dirais que je suis passionnée par le développement spirituel, mais je ne voudrais surtout pas tomber sur des personnes malhonnêtes ou mal intentionnées, car j'ai l'impression que c'est un peu la jungle...As-tu des adresses sérieuses dans l'est de la france ?

#22 Prema

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Posté 12 novembre 2006 à 12:13

Il existe un vrai maître vivant qui donne un enseignement dans une école en Alsace : Selim Aïssel
Il y a de nombreux ouvrages dans lesquels sont retranscrits ses enseignements

Ecole Européenne de Psychologie Spirituelle
22A rue du Pfoeller - F 67140 Barr
tel : 06 11 60 37 55
Si le climat était une banque il serait déjà sauvé.
Hugo Chavez

#23 ZasTaLa

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Posté 12 novembre 2006 à 16:43

:sun: Bonjour,  :sun:

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Lloreen Ecrit le : Dimanche 12 Novembre 2006 à 11h26 

zastala, voilà un superbe texte. Reste à savoir où et comment on peut développer ses capacités sans risquer de rencontrer des charlatans, gourous ou sectes, car je dirais que je suis passionnée par le développement spirituel, mais je ne voudrais surtout pas tomber sur des personnes malhonnêtes ou mal intentionnées, car j'ai l'impression que c'est un peu la jungle...As-tu des adresses sérieuses dans l'est de la france ?

Lloreen, je suis ravi que ce texte de Kessani et Chris Iwen te plaît aussi.  

De mon point de vue, il y a des charlatans et des personnes malhonnêtes dans tous les milieux qu'ils soient spirituels, économiques, éducatifs, financiers, religieux, politiques, ... mais heureusement il y a aussi des personnes honnêtes et au grand coeur : très difficile de te guider vers des adresses sérieuses.

Puisque c'est le texte de Kessani et Chris Iwen qui te touche, je te suggère de les contacter.

Je te suggère aussi d'essayer les techniques d'éveil donné par les Grands-Maîtres dans les livres suivantes :

Titres: Par l'Esprit du Soleil , Celui qui vient,  Wésak : L'heure de la réconciliation
Auteurs: Anne et Daniel MEUROIS-GIVAUDAN
Editions : SOIS, Le Perséa

Développer sa Puissance pour être plus libre c'est très très bien, mais tout le monde n'est pas encore prêt pour çà car il faut une grande maîtrise de soi-même, de ses émotions, ...

Plus de pouvoirs et de Puissances demandent plus de responsabilité et d'auto-maîtrise ...



Citation

Prema Ecrit le : Dimanche 12 Novembre 2006 à 12h06

Il existe un vrai maître vivant qui donne un enseignement dans une école en Alsace : Selim Aïssel
Il y a de nombreux ouvrages dans lesquels sont retranscrits ses enseignements

Ecole Européenne de Psychologie Spirituelle
22A rue du Pfoeller - F 67140 Barr
tel : 06 11 60 37 55

Merci Prema pour ce renseignement. Je ne connais pas Selim Aïssel, toutefois j'ai trouvé ce site où il s'exprime sur le karma et la liberté :  http://www.science-c...siers/d10a1.htm

******************************************************************

Bon pour toi Lloreen voici un bon moyen pour développer tes capacités ( Télépathie, médiumnité,etc) :

Citation

** Enseignement Gratuit du Maître Jésus-Sananda **

** Par l'Esprit du Soleil **

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Chapitre VI : " Le Peuple des Animaux "
Image IPB


L'ensemble du peuple animal ignorait tout de la violence et de la cruauté avant d'être mis en contact avec la conscience humaine. L'entente du lion et de la gazelle n'est pas une utopie de conte de fée mais le souvenir de ce qui fut avant que le taux vibratoire de la planète ne soit abaissé, conséquence inévitable des choix faits par l'humanité.
Image IPB

En se rebellant contre lui-même, contre sa nature de Lumière, l'homme a porté la dissonance aux confins de tous les horizons auxquels il a accès. N'attendez pas quelque argument de poids pour être convaincu de tout cela. Nul ne cherche à convaincre qui que ce soit mais tout stimule la mémoire. La sagesse est inscrite sur les portées musicales du temps... mon rôle et celui de cent autres est de vous aider à réaccorder le merveilleux instrument né de l'ensemble de vos corps. Cessez de placer la loi de la jungle tel un point d'orgue en fin de la partition musicale qu'interprète votre monde ! L'hérésie totale est de croire, d'une part, que cette partittion puisse avoir une fin, d'autre part que cette caractéristique dualiste soit la règle du jeu.



En cette aube d'ère nouvelle, il vous appartient de réaccorder votre être et de redécouvrir la mélodie sur laquelle vous avez été créés. Vous ne pouvez pas, je vous l'affirme, jouer éternellement contre elle, l'interpréter à contre-temps. C'est parce que vous l'avez trop fait que l'univers vous semble muet... en réalité c'est vous qui êtes devenus sourds. A force de manier la grosse caisse et le clairon, l'ultra-son paraît n'être plus qu'un mythe !



Vos frères animaux peuvent devenir vos instructeurs au même titre que vos frères de lumière. Laissez-les retrouver leur rôle médiateur entre la Nature de votre Terre et vous-mêmes.



Le Grand Tout en a fait des ponts entre l'homme et la plante, des souvenirs vivants de la spontanéité et de la sensiblité universelles.



Avez-vous jamais remarqué l'attitude de ce chien à qui vous ouvrez la porte chaque matin et qui ne fait qu'aventurer son museau à l'extérieur de votre demeure ? Vous prenez cette habitude pour de l'hésitation mais il n'en est rien... En quelques secondes par la quantité et la qualité du prâna qu'il absorbe, il a recueilli une foule énorme d'informations, non seulement sur son entourage immédiat, mais aussi sur le monde, la respiration de la Nature et celle des hommes. Son quotidien, à lui, n'est pas rempli d'informations mais il est tout entier formation, il l'inclut sans duperie dans la réalité universelle dont il reste ainsi une cellule à part entière.



Non, mes amis... ! Je ne vous propose pas de lever le nez devant l'entrebâillement de votre porte chaque matin mais je vous suggère un acte analogue plus adapté à l'antenne que vous êtes. je vous suggèe de vous asseoir à même le sol, à chaque réveil, où que vous soyez, de fermer vos paupières et d'étendre vos oreilles jusquà l'infini. L'infini n'est pas autour de vous ; les vibrations ronflantes du métro ou la cloche de l'église voisine ne s'y manifestent pas. Tout cela c'est votre "fini", ses prolongements s'étendent peut-être sur des milliers de kilomètres autour de votre planète mais guère plus. L'infini vers lequel je vous demande de tendre l'oreille à chaque réveil est intérieur, il va s'exprimer dans le silence que vous allez y révéler.



Faites de ce court instant un instant sacré, secret, où tout se créé, pendant lequel ce que vous croyez être votre vie, se met de lui-même entre parenthèses. Vous entendrez tout d'abord une espèce de bourdonnement ou de sifflement de plus en plus aigu. Ne vous y arrêtez pas, ce n'est pas vraiment vers son centre que votre attention doit se porter car il résulte seulement du courant d'énergie vitale qui circule à travers vous. Vous devez aller au-delà, jusqu'à l'essence qui se cache derrière lui. Ce sera alors comme si un point blanc se manifestait au creux de votre poitrine, un point de lumière immaculée, tout petit d'abord puis qui va ressembler à une porte... et cette porte, mes amis, vous l'ouvrirez... elle ne demandera d'ailleurs qu'à être poussée parce que derrière elle attend votre propre joyau, celui de votre Paix et des réponses à vos questions.



En vérité c'est face à vous-même que vous vous trouverez. Peut-être cette présence immaculée prendra-t-elle les traits de vos frères le Christ ou le Bouddha, mais quoi de plus logique... vous êtes en eux et ils sont en vous, ils sont vos interprètes, je vous l'affirme à nouveau ! Dès l'instant où vous aurez franchi votre porte, formulez une question, toute simple, précise, claire... la réponse vous en viendra paisiblement, peut-être pas par des mots, mais par une sensation spontanée, une image, une conviction inébranlable.



Une telle démarche s'apprend. Bien sûr, il y faut un peu de persévérance, mais guère plus. Elle demande surtout à ce que vous laissiez tomber jusquà vos pieds toutes les raisons de votre volonté personnelle. Votre sur-être n'est pas intéressé par ses arguments, il ne répond qu'à l'intonation de votre coeur qui, elle, est de toute confiance.



Avant tout, ne cherchez pas à savoir... ne serait-ce que durant ces quelques minutes, abandonnez votre "je souffre", votre "je veux", oubliez votre front de bélier ou votre rugissement de lion pour n'être plus que vous-même qui va demander sans artifice et qui va recevoir simplement.



Je vous l'assure, amis de ce monde, vous ne pourrez manquer de recevoir... peut-être pas toujours comme vous l'imaginez... mais vous recevrez plus que de quoi étancher votre soif au creux de vos mains. Ainsi,  vous le voyez, ce n'est pas un calice qu'il vous faut présenter mais seulement vos mains prêtes à recueillir.



Le joyau, le réservoir de lumière et de connaissance qui palpite derrière cette porte que vous allez pousser est votre vraie et seule richesse. Pourquoi refuser d'y puiser ? Vous voudriez que l'on vous montre que cela est une réalité et non la chimère d'un esprit mystique ? Alors, ayez l'humilité de faire le premier pas vers vous-même. Vous ne servez pas la cause personnelle de quelque gourou, mais la vôtre dans ce qu'elle a de plus vaste, c'est-à-dire enfin la Vie ! Ce pas là, ayez le courage de l'accomplir vraiment, même s'il vous semble le poser dans le vide ou l'inconnu, car là où vous allez, le paraître s'éteint de lui-même. Il n'y a pas de mode d'emploi ni pour briser vos chaînes ni pour l'Illumination. Cela ne coûtera jamais tant de dollars en tant de semaines. Les mortifications n'accompliront pas non plus cette tâche. Vous n'êtes pas nés pour souffrir ; on n'élève pas réellement l'âme et l'esprit en brisant le corps. L'animal sait tout cela car il l'a laissé inscrit en lui. Sa détente est une vraie détente, son jeu est un vrai jeu, son amour un abandon sans réserve.



Je ne veux pas dire par tout cela que le peuple animal représente la perfection de la Vie, mais qu'il illustre un des aspects de sa perfection que vous avez oublié, que vous méprisez et qui doit vous être source d'inspiration. Il ne s'agit pas non plus de faire de l'anthropomorphisme à son égard. Toute âme est mue par une raison fondamentale qui la maintient dans son propre règne. Une plante ne pense pas en tant qu'individualité distincte des autres au même titre que l'homme. La foule des animaux n'a pas non plus bâti un intellect et une conscience de soi au point où l'humain l'a fait, mais tous sont en marche vers le même soleil que lui. L'enfant est-il inférieur à l'adulte ? Il est avant tout la promesse d'une vie qui sera en possession de plus de données que toutes les précédentes. Les hommes et les femmes se passent le relais de l'existence d'une génération à l'autre. Le relais de l'amour et de la connaissance, lui, peut voyager dans tous les sens. Ainsi, l'échange continuel de la Flamme doit-il se rétablir entre vous tous et les autres règnes. Le sens unique, mes amis, est une aberration mentale, même si quelques uns d'entre vous ont le pouvoir de l'imposer encore à des millions et même des milliards d'âmes. En étendant votre amour à tous les visages sous lesquels se cache l'énergie de l'Un, soyez une goutte d'eau de plus qui s'extrait du torrent déchaîné, une parcelle d'eau qui va attirer les autres vers les terres que son bond va lui permettre de découvrir.



Il y a deux millénaires, je vous parlais comme l'on parle à des brebis et de ces paroles que le Kristos mettait en moi naissait un groupe d'hommes qui "pêchait les âmes". Aujourd'hui, le temps est venu de vous exhorter à quitter "le troupeau aveugle de ces brebis" car le vrai pasteur a une houlette avec laquelle il marche sans cesse, il ne pose pas de barrières à ses pâturages, il sait ceux-ci partout. Quant au pêcheur d'âmes, il voit mieux désormais que les mailles de son filet s'adressent aux poissons qui veulent connaître des eaux plus pures...



Que la présence animale ne soit pas exclue de vos temples, mes frères, elle en comprend le sacré ; sinon que feriez-vous dans les autres demeures de la Maison de mon Père auxquelles vous aspirez ? Il n'y a pas de plus belle paix, de plus blanche lumière, que celle qu'on accepte de partager. Celle-là, je vous le dis, sera votre corne d'abondance parce que toute vie est née pour une infinie floraison..."
 

Ce message a été modifié par ZasTaLa - 12 novembre 2006 à 17:14.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » « La Terre a de quoi satisfaire les besoins de Tous mais pas l'avidité de chacun » Mahatma GANDHI
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#24 Lloreen

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Posté 12 novembre 2006 à 17:11

merci à prema et zastala.
Là aussi j'ai beaucoup aimé ce texte très profond. Je ne sais pas ce quen pensent les autres , mais moi je me sens revigorée!

#25 Pascuser

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Posté 14 novembre 2011 à 20:44

Ayant lu il y a quelques semaines le premier ouvrage de Lobsang Rampa "Le troisième oeil" dont je savais qu'il a été l'un des livres ayant sensibilisé nombre de personnes à l'ésotérisme dans les années 70, j'ai été vivement intéressé à en savoir plus.

La page wikipédia suivante, bien faite, présente bien l'auteur et le contenu de ses ouvrages (car il a a écrit une vingtaine en tout dont  "Le troisième oeil" était le premier):
http://fr.wikipedia....i/Lobsang_Rampa

Quelques recherches ces dernières semaines m'ont amené à trouve un lien de téléchargement de l'ensemble de ses ouvrages au format PDF:
http://www.fileserve.com/file/9axk7tr

Voici la liste des livres:
1. 1956 : Le Troisième Œil
2. 1959 : Lama médecin,
3. 1960 : Histoire de Rampa
4. 1963 : La Caverne des anciens
5. 1964 : Vivre avec le Lama
6. 1965 : Les Secrets de l aura
7. 1965 : Le Dictionnaire de Rampa
8. 1966 : La Robe de sagesse
9. 1967 : Les Univers secrets
10. 1969 : Les Clés du nirvâna
11. 1971 : Pour entretenir la flamme
12. 1971 : L’Ermite
13. 1972 : La Treizième Chandelle
14. 1973 : Les Lumières de l astral
15. 1975 : Crépuscule
16. 1976 : C était ainsi
17. 1976 : Je crois
18. 1977 : Les Trois Vies
19. 1980 : Le Sage du Tibet

Provenant de ce lien principal ici:
http://www.ebooks.te...erve-91473.html


La page wikipédia m'a permis de cibler des livres qui m'intéressaient plus spécifiquement grâce au résumé des contenus.

On a notamment le livre intitulé "L'ermite" qui raconte le récit de rampa envoyé écouter l'histoire d'un vieil ermite qui a un message à transmettre. Il a été amené par des extra-terrestres, alors qu'il venait de subir une cruauté qui l'a rendu informe à vie (yeux crevés par les chinois qui avaient envahis le Tibet) et là on le fait assister à quelque chose dont il doit rendre compte.

Voici le contenu intéressant du livre concernant le contact avec ces entités et l'Ermite en question.

Premier morceau de texte (la suite vient au fur et à mesure) dans le message suivant...

#26 Pascuser

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Posté 14 novembre 2011 à 20:44

Le jeune homme s'inclina respectueusement devant
l'anachorète émacié qui, hiératique, se tenait assis sur un
bloc de pierre usé par le temps. « 0 vénérable! je suis venu
à toi pour que tu m'instruises . . . » dit-il à voix basse.
« Assieds-toi », ordonna l'Ancien. Le jeune moine, vêtu
d'une robe rouge brique, s'inclina une fois de plus et s'assit
en tailleur sur la terre battue, à quelques pieds de son aîné.
Le vieil ermite demeura silencieux. On eût cru qu'à
travers ses orbites vides il contemplait une infinité de passés.
Il y a longtemps, bien des années auparavant, alors qu'il
n'était qu'un jeune lama, il avait été pris à partie par des
fonctionnaires chinois, à Lhassa, et on lui avait cruellement
crevé les yeux parce qu'il n'avait pas voulu révéler des
secrets d 'Etat qu'il ne possédait même pas. Torturé, aveugle,
couvert de plaies, il avait réussi à se traîner loin de la ville,
plein d'amertume et de désillusions. Ne se déplaçant que
de nuit, il continuait à marcher. Rendu presque dément par
la douleur et la commotion, il évitait tout contact humain.
Il pensait, ne faisait que penser.

Il entreprit une longue ascension, vivotant grâce aux
maigres herbes et aux rares plantes qu'il pouvait trouver,
s'abreuvant aux sources de montagne, qu'il découvrait grâce
à leur chant. C'est ainsi qu'il parvint à préserver l'étincelle
de vie qui l'habitait encore. Lentement, ses blessures les
plus graves se cicatrisèrent, ses orbites vides s'arrêtèrent de
suinter, mais toujours, il poursuivait son ascension et s'éloignait
de ceux qui torturaient leurs semblables sans raison et
avec démence. L'air se raréfia. Le vieillard ne trouvait plus
de branches d'arbres dont l'écorce pût le nourrir, plus d'herbes
qu'il pût arracher tout simplement en se penchant. Il
lui fallait maintenant ramper, tâtonner, s'étirer dans l'espoir
de trouver suffisamment de nourriture pour apaiser les cris
les plus aigus de ses entrailles.
L'air devint plus aigre, le vent plus coupant. Malgré
tout, l'ermite continuait son ascension. Plus haut. Toujours
plus haut, comme s'il était mû par une force intérieure.

La voix sèche, qui ne s'était pas fait entendre depuis
longtemps, reprit: « Lorsque j 'étais jeune, j 'ai subi de nombreuses
épreuves, des épreuves fort pénibles. Je dus quitter
notre grande Cité de Lhassa et, aveugle, j 'ai dû errer dans
l'inconnu. Affamé, malade, évanoui, je fus emporté en un
lieu inconnu et instruit en prévision de ce jour. Lorsque je
t'aurai transmis mes connaissances, j 'aurai accompli ma
tâche et mon destin, et pourrai me rendre en paix vers les
Champs Célestes. »

« Jeune homme, reprit le vieillard d'une voix cassée,
mon heure est proche. Je dois d 'abord te transmettre mon
savoir. Mon esprit sera libre ensuite de se rendre vers les
Champs Célestes. Tu auras la charge de transmettre cette
connaissance à d'autres. Alors, écoute bien; rappelle-toi
tout et, surtout, ne manque pas à ton devoir. »

« Mon heure approche,
mais je ne peux pas quitter ce monde avant de t'avoir
transmis tout mon savoir. J 'ai ici un remède spécial à base
d'herbes, d'ont la puissance est extraordinaire. Il m'a été
donné par ton Illustrissime Guide pour de tels cas d'urgence;
si jamais je devais m'effondrer et que tu craignes pour ma
vie, fais-moi avaler de force six gouttes de cet élixir et cela
devrait me ranimer. On m'a défendu de quitter mon enveloppe
charnelle avant que mon travail n'ait été mené à bien. »
Il fouilla dans les plis de sa robe et exhiba un flacon de
pierre que le jeune moine prit avec grand soin. « Maintenant,
nous allons continuer, déclara le vieillard. Tu pourras te
restaurer lorsque je serai fatigué et que j 'aurai à m'allonger
quelque peu. Maintenant, écoute, et tâche de te souvenir de
tout ce que je te dirai ; ne laisse pas errer ton attention, car
ceci est plus important que ma vie et même que la tienne.
Il s'agit d'un savoir qui doit être préservé puis transmis
lorsque le temps sera venu. »

Tu sais que j 'ai erré dans l'inconnu pour
qu'enfin il m 'arrive une chose merveilleuse. Un miracle
survint grâce à une force intérieure qui me conduisit jusqu'à
ce que je sombre dans l'inconscient aux portes mêmes du
Temple de la Sagesse. Laisse-moi te raconter cela. Je te
transmettrai ma connaissance comme elle me fut transmise,
car bien qu'aveugle je pus tout voir. »

« La première chose dont je me souviens est
que je me trouvais étendu confortablement sur un lit
moelleux. Bien sûr, j 'étais jeune alors, comme tu l'es
maintenant, et je pensais que l'on m'avait transporté dans
les Champs Célestes. Mais je ne voyais rien. Or, je savais
que, si je m'étais trouvé de l'autre côté de la Vie, j 'eusse
recouvré la vue. J 'étais donc allongé et j'attendais. Peu de
temps après, des bruits de pas très discrets se firent entendre,
se rapprochèrent et s'arrêtèrent près de moi. Je demeurai
immobile, sans savoir à quoi m'attendre. « Ah! dit une voix
qui me sembla quelque peu différente des nôtres. Ah! ainsi
tu as repris conscience. Te sens-tu bien? »

« Quelle question stupide, pensai-je, comment puis-je me
sentir bien alors que je suis à moitié mort de faim? De
faim? Mais je n'avais plus faim. En fait, je me sentais bien ;
très bien. Je fis bouger mes doigts précautionneusement,
tâtai mes bras qui n'avaient plus l'aspect décharné de
baguettes. Je m'étais rempli, avais repris mon apparence
habituelle, bien que je n'eusse toujours pas d'yeux. « Oui, oui,
je me sens vraiment bien. Merci de votre sollicitude »,
répondis-je. La Voix reprit : « Nous aurions aimé te rendre
la vue, mais tes yeux ont été entièrement enlevés et nous ne
pouvions pas le faire. Repose-toi un peu. Nous en reparlerons
plus tard. »

« Je me reposai; je n'avais pas le choix et, bientôt, je
sombrai dans le sommeil. Combien de temps avais-je dormi?
Je ne pourrais le dire, mais de doux carillons me réveillèrent;
des carillons plus doux et plus harmonieux que les
gongs les plus précieux, plus beaux que les plus anciennes
cloches d'argent, plus sonores que les trompettes des temples.
Je me dressai sur mon séant et écarquillai les yeux comme si
je pouvais forcer mes orbites creuses à voir quelque chose.
Un bras plein de douceur entoura mes épaules et une voix
me dit: « Lève-toi et viens avec moi. Je vais te guider.»

« On me conduisit dans ce qui était apparemment une
grande pièce, dans laquelle se trouvaient un certain nombre
de personnes. En effet, je pouvais discerner le murmure
de leurs voix ainsi que les froissements de leurs vêtements.
Mon guide me dit: « Assieds-toi ici », et l'on glissa sous mon
siège un curieux appareil. Alors que j'allais m'asseoir par
terre, comme le font tous les gens sensés, je faillis défoncer
l'étrange machine. »

Le vieil ermite s'arrêta un instant et eut un rire nerveux
en se rappelant cet incident lointain . « Je tâtai soigneusement
la chose, poursuivit-il, et elle me sembla moelleuse et ferme
à la fois. Elle était soutenue par quatre pattes et, à l'arrière,
il y avait un obstacle qui me soutenait le dos. J'en conclus
d'abord qu'ils m'avaient pensé trop faible pour demeurer
assis par mes propres forces, mais je réalisai rapidement
que l'on se retenait de rire et en déduisis alors que ces
gens-là s'asseyaient de cette manière. Cette façon de s'asseoir
me parut bizarre et fort dangereuse, et je dois humblement
avouer que je me cramponnai avec acharnement à cette
plate-forme rembourrée. »

« Nous n'avons pas fini de t'étonner, m e dit l a Voix;
tu te demandes qui nous pouvons bien être et pourquoi tu te
sens si bien. Installe-toi plus confortablement, car nous
avons beaucoup à t'apprendre et à te montrer. »
« 0 Très Illustre, reprochai-je, je suis aveugle, on m'a
arraché les yeux et pourtant vous dites que vous avez beaucoup
de choses à me montrer? Mais comment cela est-il
possible? » « Tranquillise-toi, me dit la Voix, car avec du
temps et de la patience, tout s'éclaircira. »

« Les parties postérieures de mes jambes ballottaient dans
le vide et commençaient à me faire mal. Je les ramenai vers
moi et tentai tant bien que mal de m'asseoir dans la position
du lotus sur cette petite plate-forme de bois soutenue par
quatre pattes, avec ce curieux obstacle dans le dos. Ainsi
installé, je me sentis un peu plus à l'aise. Toutefois, ne
voyant pas, je craignais grandement de tomber je ne sais où.

« Nous sommes les Jardiniers de la Terre, me dit la
Voix, Nous voyageons parmi les univers, plaçant personnes
et animaux dans des mondes très différents. Vous, les
Terriens, entretenez bien des légendes à notre endroit. Vous
nous appelez les Dieux du Ciel et parlez de nos chars de
feu. Maintenant, nous allons te donner des informations à
propos de l'origine de la Vie sur la Terre afin que tu puisses
transmettre ces connaissances à quelqu'un qui viendra plus
tard. Cette personne parcourra le monde et consignera ces
faits, car il est grand temps que les gens connaissent la
Vérité sur leurs Dieux avant que nous amorcions la deuxième
phase. »

« Mais il doit y avoir une erreur, dis-je rempli d'épouvante,
je ne suis qu'un pauvre moine qui ne sait pas encore
pourquoi il a entrepris une telle ascension . »
« Nous t'avons fait venir grâce à notre science, murmura
la Voix. Nous t'avons choisi à cause de ton exceptionnelle
mémoire, que nous allons d'ailleurs améliorer.
Nous savons tout de toi et c'est pour cela que tu es ici. »

« J 'avais peur, horriblement peur . . . Que savais-je de ces
Jardiniers de la Terre? Je n'étais pas jardinier moi-même,
ne connaissais pas plus de choses sur les plantes que sur
l'univers et n'étais pas désireux de savoir quoi que ce soit
sur ce sujet. Alors que je pensais à tout cela, j'appuyai mes
jambes sur le rebord de la plate-forme qui me servait de
siège et me mis debout. Des mains très fermes quoique
bienveillantes me repoussèrent de telle sorte que je me
retrouvai une fois de plus assis de la manière ridicule dont
j'ai déjà parlé, avec mes jambes pendouillant dans le vide
et le dos appuyé contre quelque chose qui se trouvait
derrière moi . « La plante ne commande pas au Jardinier,
murmura une Voix. On t'a amené ici et c'est ici que tu
devras apprendre. »

« Tandis que j 'étais assis, émerveillé mais plein de ressentiment,
une discussion fort animée s'amorça dans une
langue inconnue. Des Voix. Encore des Voix. Certaines
d'entre elles étaient hautes et aiguës comme si elles avaient
pris naissance dans la gorge de gnomes. D'autres étaient
graves, caverneuses, tonitruantes ou alors ressemblaient au
cri qu'émet le yack mâle à travers monts et vaux à l'époque
des amours. Peu importe qui étaient ces gens, cela augurait
très mal pour moi, qui n'avais guère l'intention de coopérer
et qui, de plus, me trouvais captif contre mon gré. Tandis
que l'incompréhensible discussion se poursuivait, je continuai
à écouter, non sans quelque crainte. J 'entendis des sons
aigres comme celui du chalumeau ou déchirants comme une
sonnerie de trompette dans un défilé rocheux. Quel genre
de personnes pouvaient bien être ces gens? me demandai-je.
Comme'!t des êtres humains pouvaient-ils bien émettre une
telle variété de tons, de demi-tons, d'harmoniques? Où
pouvais-je donc bien me trouver? Peut-être me trouvais-je
en plus mauvaise posture qu'aux mains des Chinois. Ah!
si seulement je pouvais voir . .. Si seulement je pouvais
avoir des yeux pour voir ce que je ne pouvais que deviner.
Le mystère s'éclaircirait-il si je ne me trouvais pas accablé
par la cécité? Non, car comme je devais le découvrir plus
tard, le mystère n'en serait que plus insondable! C'est ainsi
que je demeurai assis, hésitant, rempli de frayeur. Les
tortures que j'avais subies aux mains des Chinois m'avaient
relativement affaibli et me portaient à croire que je serais
incapable de supporter d'autres traitements de ce genre.
Absolument incapable. Mieux valait voir les Neuf Dragons
venir et me consumer immédiatement plutôt que d'être contraint
de supporter l'Inconnu. C'est ainsi que je demeurais
assis, car il n'y avait rien d'autre à faire.

« Des éclats de voix me firent craindre pour ma sécurité.
Eussé-je possédé la vue, j 'eusse tenté un effort désespéré
pour prendre la fuite, mais celui qui est sans yeux est véritablement
réduit à l'impuissance, se trouve intégralement à
la merci des autres, à la merci de TOUT, de la pierre qui fait
trébucher, de la porte fermée, de l'inconnu qui se dessine
constamment devant lui, indistinct, menaçant, oppressant,
toujours redoutable. Le bruit de foule s'intensifia en un
crescendo. Certaines voix se firent entendre dans les registres
les plus élevés, tandis que d'autres grondaient comme le
mugissement de taureaux qui se battent. Je craignais que
l'on commît quelque acte de violence à mon égard, que
l'on me portât des coups que je ne saurais prévenir parmi
mes ténèbres éternelles. J 'agrippais aussi fort que je le
pouvais les bords de mon siège, mais relâchais bien vite ma
prise après m'être dit que, si l'on me frappait, le coup
serait beaucoup moins douloureux que si je me cramponnais.
« Ne crains rien, me dit la Voix, qui commençait à
m'être familière. Ceci n 'est qu'une Assemblée du Conseil.
Aucun mal ne te sera fait. Nous ne faisons que discuter des
meilleurs moyens de t'endoctriner. »

« Oh Grand Personnage, dis-je confus, je suis assez surpris
de constater que des gens de si haut rang se chamaillent tout
comme les plus humbles des bouviers qui gardent les yacks
dans nos collines [ Des rires amusés accueillirent mes commentaires.
Il semble que l'auditoire ne me faisait pas grief
de ces paroles peut-être un peu trop franches. »
« Souviens-toi toujours de ceci, répliqua-t-il. Peu importe
le rang que l'on atteint, il y a toujours place pour la discussion
et les désaccords. Il y a toujours quelqu'un dont
l'opinion diffère de celle des autres. On doit discuter,
chercher le pour et le contre et tenir à ses opinions avec
fermeté, sous peine de ne devenir qu'un esclave, qu'un
automate toujours prêt à accepter sans broncher les conditions
des autres. Pour des témoins non avertis, la libre
discussion semble toujours le prélude à des actes de violence.
» Il me donna une tape sur l'épaule d'une manière
rassurante et me dit : « Nous n'avons pas seulement ici des
gens de races différentes, mais également des gens venant
de plusieurs mondes. Certains arrivent de votre propre
système solaire, tandis que d'autres viennent de galaxies
beaucoup plus éloignées. Certains t'apparaîtraient comme
de frêles nains, tandis que d'autres sont de véritables géants
pouvant avoir jusqu'à six fois la taille des plus petits. »
J 'entendis ses pas s 'éloigner tandis qu'il se dirigeait vers le
groupe principal.

« D'autres galaxies? Qu'est-ce que cela pouvait bien
vouloir dire? Que pouvaient bien être ces « autres galaxies »?
Quant aux géants, eh bien ! comme la plupart des gens j 'en
avais entendu parler dans les contes de fées. Pour ce qui
était des nains, on pouvait en voir de temps en temps dans
des spectacles forains. Je secouai la tête; tout cela me
dépassait. Il avait bien dit qu'on ne me ferait pas de maL
qu'il s'agissait simplement d'une discussion, mais même les
commerçants indiens qui venaient à Lhassa ne se manifestaient
pas par de tels rugissements, de telles exclamations,
de telles huées. Je décidai donc de demeurer tranquillement
assis et d'attendre. Après tout, je n'avais guère le choix! »


La discussion se prolongeait.
A mon avis, elle était fort animée jusqu'à ce que, finalement,
toute conversation cesse. On pouvait entendre de
nombreux traînements de pieds, puis des pas, des pas très
légers comme le bruit que fait un oiseau qui gratte le sol
pour trouver des vers. On entendait également des pas très
lourds, manquant autant d'aisance que ceux d'un yack qui
se traîne sous un pesant fardeau. D'autres pas me troublaient
profondément, car certains d'entre eux semblaient ne rien
avoir de commun avec la démarche d'êtres humains tels que
je les connaissais. Toutefois, mes cogitations sur les différentes
espèces de pas furent brusquement interrompues
lorsque quelqu'un me prit le bras et me dit : « Viens avec
nous. » Une autre main empoigna mon autre bras, et l'on
me conduisit par une piste qui, si j'en juge par le contact
de mes pieds nus, semblait être de métal. Les aveugles
parviennent à se doter d'un sixième sens; je ressentais que
nous étions en train de traverser une sorte de tube de métal,
bien que j 'eusse tout le mal du monde à m'imaginer une
telle chose. »

Le vieil homme arrêta son récit comme s'il désirait
encore projeter une expérience aussi inoubliable sur les murs
de sa mémoire, puis il poursuivit: « Rapidement, nous atteignîmes
un endroit plus vaste, ce que je pus estimer grâce
à la différence entre les échos. Un glissement métallique se
fit entendre devant moi, et l'un de mes guides parla sur un
ton plein de respect à quelqu'un qui, apparemment, était de
loin son supérieur. Je ne possède aucun moyen de savoir
ce qui put bien se dire, car la conversation se déroula dans
un langage curieux, un langage fait de pépiements et de
gazouillements. Pour exécuter ce qui était vraisemblablement
un ordre, on me poussa en avant et la substance
métallique glissa derrière moi et se referma doucement avec
un bruit mat. Je me tenais debout et sentais le regard de
quelqu'un qui me dévisageait avec insistance. Il y eut un
froissement d'étoffe et le grincement de ce que j 'imaginais
être un siège similaire à celui que j'avais déjà utilisé.
Ensuite, une main fine et osseuse me prit la main droite et
me fit avancer. »

L'ermite fit une brève pause et eut un rire étouffé.
« Peux-tu t'imaginer ce que je ressentais? J 'étais en train de
vivre un événement qui tenait véritablement du miracle. Je
ne savais même pas à qui j 'avais affaire et il fallait que je
m'en remette entièrement à mes guides. Quelqu'un me parla
enfin dans ma propre langue. « Assieds-toi ici », me dit-on en
me poussant gentiment. Horrifié, j 'eus un sursaut d'effroi,
car j'eus l'impression de m'enfoncer dans un lit de plumes.
Ensuite, le siège, ou du moins ce qui en tenait lieu, m'enveloppa
et soutint certaines parties de mon corps peu familières
avec un tel traitement. Sur les côtés se trouvaient des
béquilles ou des bras probablement conçus dans le but de
retenir le corps de celui qui se serait laissé aller à s'endormir
dans cet étrange nid moelleux. La personne en face de moi
sembla des plus amusées par mes réactions, du moins si
j 'en juge par la manière dont elle réprima ses rires; il est
vrai que beaucoup de gens semblent trouver une source de
divertissement dans les malheurs de ceux qui sont privés
du sens de la vue.

« Tu te sens dépaysé et tu as peur », me dit la voix en
face. Il s'agissait évidemment d'une affirmation bien au-dessous
de la vérité! « Ne crains rien, poursuivit-elle, car tu ne
subiras aucun mal. Nos tests nous ont montré que tu possédais
une mémoire des plus prodigieuses. Nous allons donc
te fournir des informations que tu n'oublieras jamais et que,
plus tard, tu transmettras à quelqu'un qui croisera ton chemin.
» En dépit de ces belles paroles, tout cela semblait
mystérieux et fort inquiétant. Je ne disais rien, me contentant
de rester tranquillement assis en attendant la suite de
ces remarques, ce qui ne tarda pas à venir.

« En effet, mon interlocuteur poursuivit: « Tu vas voir
tout le passé, la genèse de ton monde, l'origine des dieux.
Tu verras aussi pourquoi des chariots de feu traversent le
firmament à ton grand effroi . » Honoré Seigneur! m'exclamai-
je, vous avez employé le mot voir, mais on m'a enlevé
les yeux, je suis aveugle, je me trouve dans la cécité la plus
complète! Il y eut un mouvement d'exaspération contenue.
puis la réplique se fit entendre, non sans âpreté: « Nous
savons tout ce qu'il y a à savoir à ton sujet, beaucoup plus
en fait que tu n"en pourrais savoir toi-même. On t'a enlevé
les yeux, mais le nerf optique est toujours là et, grâce à
notre science, nous sommes en mesure de nous brancher
sur ce nerf de façon à ce que tu puisses voir ce que nous
voulons que tu voies. »

« Est-ce que cela veut dire que je recouvrerai la vue
pour toujours? » demandai-je.
« Non, pas question, reprit la voix. Nous t'utilisons pour
une certaine fin. Si nous te rendions définitivement la vue,
cela voudrait dire qu'il faudrait te laisser évoluer dans ce
monde avec un appareil très en avance sur la science
actuelle, ce qui ne nous est pas permis. Assez de palabres,
je vais appeler mes adjoints. »
« Peu après, j 'entendis frapper respectueusement, puis
un glissement métallique. Il y eut une conversation et il
était évident que deux personnes étaient entrées dans la
pièce. Je sentis mon siège bouger et je tentai de me mettre
debout. Avec horreur je réalisai que tout mouvement
m'était impossible. Je ne pouvais bouger, ne fût-ce qu'un
seul doigt. Pleinement conscient, on me véhicula dans cet
étrange siège qui semblait glisser avec facilité dans n'importe
quelle direction. Nous nous déplaçâmes le long de couloirs
où les bruits se répercutaient de la façon la plus étrange.
Finalement, mon siège fit un virage aigu et des odeurs absolument
remarquables assaillirent mes narines dilatées. Un
ordre discret arrêta notre équipage, tandis que des mains me
saisissaient par les jambes et sous les bras. On me mit
debout sans effort, puis l'on me coucha. J'étais inquiet,
bien que terrifié soit un mot plus exact pour décrire cet état
d'âme. Mes craintes s'intensifièrent lorsqu'on banda étroitement
mon bras droit, légèrement au-dessus du coude. Ma
pression augmenta à un point tel que je sentis mon bras
enfler. Quelque chose me piqua à la cheville gauche, puis
je ressentis une sensation extraordinaire, comme si l'on
m'avait glissé quelque chose dans le corps. Un autre ordre
se fit entendre et je sentis le contact de deux disques glacés
sur mes tempes. J 'entendis un bourdonnement semblable à
celui d'une abeille dans le lointain, puis sentis que je perdais
progressivement conscience.

« Des éclairs enflammés semblaient passer devant mes
yeux; de grandes traînées vertes, rouges, violettes, de toutes
les couleurs. Puis je me mis à crier. Puisque j 'étais aveugle,
je devais donc me trouver dans le Pays des Démons et ces
derniers devaient s'apprêter à me tourmenter. Je ressentis
une douleur aiguë, une simple piqûre d'épingle en réalité,
et ma terreur disparut. En vérité, je m'en moquais royalement!
On s'adressa à moi dans ma langue: « N'aie pas peur,
nous n'allons pas te faire de mal; nous sommes seulement
en train de régler nos appareils de façon à ce que tu puisses
voir. Quelle couleur peux-tu voir maintenant? » J 'oubliai
quelque peu mes craintes pendant que je disais voir du
rouge, du vert ou toute autre couleur. Puis je poussai un cri
d'étonnement: je voyais, mais ce qui se présentait à ma vue
était si étrange que je pouvais difficilement comprendre de
quoi il s'agissait.

« Mais comment décrire ce qui est indescriptible? Comment
peut-on risquer d'expliquer à quelqu'un ce qui se
déroule lorsque, dans le vocabulaire de l'interlocuteur, il
n'existe pas de mots appropriés, il n'existe pas de concepts
pouvant s'adapter à la situation? Ici, dans notre Tibet, nous
possédons suffisamment de mots et de phrases consacrés
aux Dieux et aux Démons. Toutefois, lorsqu'il s'agit de
transiger avec les oeuvres des Dieux et des Démons, peu
importent lesquels, que peut-on faire? que peut-on dire?
que peut-on décrire? Tout ce que je puis dire, c'est que je
voyais, mais ma vue ne se trouvait pas dans mon corps
puisque j 'arrivais à me voir moi-même. Il s'agissait d'une
expérience des plus irritantes, d'une expérience par laquelle
je ne voudrais plus repasser. Mais laisse-moi commencer par
le commencement.

« L'une des Voix m'avait demandé de lui faire savoir à
quel moment je voyais du rouge, du vert, d'autres couleurs.
C'est peu après que je connus cette expérience extraordinaire,
que je vis ce formidable éclair blanc et que je découvris
que j 'étais en train de contempler fixement - c'est la seule
expression qui semble convenable - une scène absolument
étrangère à tout ce que j 'avais connu jusqu'alors. J 'étais
allongé, mi-étendu, mi-assis, comme surélevé sur ce qui
semblait être une plate-forme métallique. Cette dernière
paraissait soutenue par un pilier unique et, pendant un
instant, je fus saisi de crainte à l'idée de voir cet appareil
basculer . . . et moi avec lui . . . L'atmosphère générale des
lieux respirait un air de propreté telle que je n'en avais jamais
connu. Les murs, construits en matériaux luisants, d'une
netteté incroyable, avaient une nuance verdâtre fort plaisante
et fort calmante. En plusieurs endroits de cette étrange
pièce, qui était vraiment très grande à en juger par mes
propres mesures, il y avait de massifs appareils que je ne
puis vous décrire, car les mots me manquent pour en souligner
l'étrangeté.

« Il y avait évidemment des gens dans la pièce. Ah!
cela m'ébranla d'une manière incroyable ! Le choc dont je
fus l'objet provoqua quasiment chez moi du délire et des
cris incohérents, et je me dis que, peut-être, il ne s'agissait
après tout que d'une distorsion provoquée par l'un des
subterfuges de la nouvelle vision artificielle qu'ils m'avaient
donnée et non prêtée. Un homme se tenait debout à côté
de quelque machine. J 'estimai qu'il avait à peu près le
double de la taille de nos procureurs les plus imposants. Je
dirai qu'il était haut de trois mètres cinquante environ, et
qu'il avait la plus extraordinaire tête en pain de sucre que
je connaisse, une tête dont le crâne se terminait presque
comme le petit bout d'un oeuf. Il était complètement chauve,
véritablement immense. Il semblait être vêtu de quelque
robe verdâtre - je souligne en passant qu'ils étaient tous
couverts de toile verte - qui lui descendait du cou aux
chevilles. Un fait qui me parut extraordinaire est que cet
habit couvrait les bras jusqu'aux poignets. J 'étais effrayé
de regarder leurs mains et de découvrir qu'une peau spéciale
semblait les recouvrir. Tandis que je parcourais des yeux
un personnage après l'autre, je remarquai que tous avaient
cet étrange enduit sur les mains et me demandai quelle
pouvait bien être la signification religieuse de ce geste. Je
me dis aussi que ces êtres pensaient peut-être que j 'étais sale
et qu'ils avaient peur d'être contaminés par moi.
« Mon regard quitta le géant; si j 'en juge par leurs
silhouettes, deux de ces personnes avaient l'air d'appartenir
au sexe féminin. L'une d'elles avait les cheveux très foncés
et l'autre, les cheveux très clairs. L'une avait les cheveux
crépus, tandis que l'autre avait une sorte de chevelure blanche
et raide. Ma connaissance des femmes étant très limitée,
c'est un sujet que je ne discuterai pas, pas plus qu'il ne
devrait t'intéresser.

« Les deux femmes me regardaient, et l'une d'elles
avança la main vers un endroit qui n'avait pas encore
retenu mon attention. Là, je vis une chose absolument
extraordinaire: un nain, un gnome, un tout petit petit corps,
un être qui avait le corps d'un enfant de cinq ans. Mais
la tête . . . Ah! Cette tête était immense! une boîte crânienne
phénoménale, chauve également, pas un seul cheveu en vue.
Le menton était petit, vraiment très petit, et la bouche ne
ressemblait pas à la bouche que nous avons, mais plutôt à
un orifice de forme triangulaire. Le nez était peu accusé.
Il ne ressemblait pas tant à une protubérance qu'à une
crête. Il s'agissait apparemment de la personne le plus
haut placée de l'assistance, car les autres regardaient vers
elle avec respect et déférence.

« Mais cette femme bougea à nouveau sa main et la
voix d'une personne que je n'avais pas préalablement remarquée
s'adressa à moi dans ma propre langue et me dit:
« Regarde devant toi, peux-tu te voir? » Sur ces mots, celui
qui me parlait entra dans mon champ de vision; il
semblait être tout à fait normal; je dois dire qu'habillé
comme il était, il aurait pu passer pour un marchand, voire
un commerçant indien; tu peux donc te rendre compte à
quel point son apparence était normale. Il avança et me
montra du doigt une substance très brillante. Je la regardai,
ou du moins pensai-je l'avoir fait, car ma vue se
trouvait à l'extérieur de mon corps. Je n'avais pas d'yeux;
donc, où avait-il bien pu placer la chose qui voyait pour
moi? C'est ainsi que je vis, sur la petite tablette attachée à
l'étrange table de métal sur laquelle j 'étais allongé, une sorte
de boîte. J 'étais sur le point de me demander comment
j 'étais capable de voir cette chose alors que c'était grâce à
elle que je pouvais voir, lorsque je réalisai que la pièce de
métal, cette chose brillante, était une sorte de réflecteur.
L'homme qui me paraissait le plus normal déplaça légèrement
ce réflecteur, modifia son angle, et je me mis à crier,
consterné et horrifié parce que je me voyais allongé sur
cette plate-forme. Avant d'avoir eu les yeux crevés, je
m'étais déjà vu. Quelquefois, en allant au bord de l'eau
pour y boire, j 'avais bien aperçu mon image dans l'onde
tranquille et c'est ainsi que je pouvais me reconnaître. Mais
là, dans cette surface réfléchissante, je n'apercevais qu'une
forme émaciée, presque prête à rendre l'âme. Je portais un
bracelet autour d'un bras et un autre autour d'une cheville.
D'étranges tubes sortaient de ces branches et aboutissaient je
ne sais où. Toutefois, un tube ressortait de l'une de mes
narines et était raccordé à une sorte de bouteille transparente
attachée à une tige de métal qui se trouvait près
de moi.

« Mais la tête ! Quelle tête ! Je puis difficilement demeurer
calme en m'en souvenant. De la tête, juste au-dessus du
front, jaillissaient un certain nombre de morceaux de métal.
De ces protubérances sortaient ce qui me sembla être des
bouts de cordelette dont la majorité étaient raccordées à la
boîte que j'avais aperçue sur la petite plate-forme de métal
qui se trouvait près de moi. J 'imaginai que c'était l'extension
de mon nerf optique qui aboutissait à cette boîte. Cependant,
je regardai avec une horreur grandissante et m'apprêtai à
arracher de moi ces choses lorsque je réalisai que j'étais
toujours immobilisé. Je ne pouvais absolument pas bouger,
ne fût-ce qu'un doigt. Je ne pouvais que rester allongé
où je me trouvais et être témoin de la curieuse aventure qui
m'arrivait.

« L'être qui ressemblait à un homme normal allongea
la main en direction de la boîte noire. Si je n'avais pas été
immobilisé, j 'aurais violemment tressailli. J 'eus en effet
l'impression qu'il mettait ses doigts dans mes yeux, tant
l'illusion était parfaite. Il se contenta toutefois de déplacer
un peu la boîte, tandis que mon champ visuel se trouvait
modifié. Je pus voir en arrière de la plate-forme sur laquelle
j'étais allongé et remarquai la présence de deux autres
personnes. Elles semblaient relativement normales; l'une
d'elles était blanche, tandis que l'autre était jaune, aussi
jaune qu'un Mongol. Elles se contentaient de rester debout
en me regardant sans cligner des yeux, sans faire attention
à moi. En fait, elles semblaient plutôt ennuyées par toute
cette histoire, et je me souviens d'avoir alors pensé que,
si elles se fussent trouvées à ma place, elles n'eussent certainement
pas été aussi blasées. La voix se remit à parler.
« Bien. Ceci sera ta vue pour un court laps de temps. Tu
seras nourri grâce à ces tubes, tandis que d'autres tubes
assureront l'évacuation de tes déchets et rempliront certaines
fonctions. Dans l'immédiat, il ne te sera point permis de
bouger, car nous craignons, si nous te laissons remuer, que
tu ne te blesses dans un moment de délire. C'est donc pour
ta propre protection que tu te trouves immobilisé, mais ne
crains rien, il ne te sera fait aucun mal. Lorsque nous en
aurons terminé, nous te renverrons dans quelque autre
partie du Tibet. Ta santé sera meilleure, tu seras normal,
sauf que tu n'auras toujours pas d'yeux. Tu comprends
aisément qu'il t'est impossible de te déplacer en transportant
constamment cette boîte noire . . . » Il eut à mon égard un
sourire à peine esquissé, puis recula en dehors de mon
champ de vision.

« Des gens circulaient et s'affairaient à diverses tâches.
Il y avait un certain nombre de choses circulaires et bizarres
ressemblant à de petites fenêtres recouvertes de verre de
la plus haute qualité. Cependant, il semblait qu'il n'y eût
rien de bien important derrière le verre, sinon une petite
aiguille qui bougeait et pointait vers d'étranges signes. Tout
ça ne signifiait rien pour moi. J 'eus un regard circulaire,
mais je me trouvais tellement dépassé par les événements
que je décidai de tout laisser tomber et de classer ces choses
dans ce qui était au-delà de mes capacités de compréhension.
« Le temps s'écoula. Je demeurai allongé, ne me sentant
ni fatigué ni délassé, mais presque en état de transe, c'est-à-dire
quasiment insensible. Il était certain que je ne souffrais
plus maintenant et que mes inquiétudes s'étaient quelque
peu apaisées. Il me sembla ressentir certains changements
subtils dans les échanges chimiques qui se déroulaient dans
mon corps et, soudainement, à la limite du champ de vision
que me permettait la boîte noire, je vis qu'une personne
tournait différentes protubérances sortant d'une foule de
tubes de verre soutenus par une charpente de métal. Tandis
que la personne tournait ces protubérances, les petites choses
qui se trouvaient derrière les minuscules fenêtres de verre
se mirent à s'agiter de différentes façons. Le plus petit
homme, celui que j'avais classé comme étant un nain mais
qui semblait, en fait, être le chef, se mit à dire quelque
chose. Puis celui qui me parlait dans ma langue apparut
dans mon champ de vision. Il me déclara que maintenant
ils allaient m'endormir pendant un certain temps de façon à
ce que je puisse me délasser. Il ajouta que, lorsque j 'aurais
pris du repos et de la nourriture, ils allaient me montrer
ce qu'ils avaient à me montrer.

« A peine eut-il fini de parler que je perdis conscience
une fois de plus, comme si on avait soudainement suspendu
cette faculté. Plus tard, je découvris que tel était le cas, car
ils possédaient un dispositif grâce auquel ils pouvaient,
instantanément et sans douleur, vous plonger dans un état
d'inconscience sur un simple mouvement de doigt.

« Combien de temps avais-je dormi? Combien de temps
avais-je été inconscient? Je n'ai aucun moyen de le savoir.
Peut-être une heure; peut-être une journée. Je me réveillai
aussi subitement que je m'étais endormi; en un instant,
j 'étais inconscient et, l'instant d'après, j'étais pleinement
éveillé. Mes nouveaux « yeux » ne fonctionnaient pas, à
mon grand regret. J 'étais aussi aveugle qu'avant. D'étranges
bruits parvenaient à mes oreilles, un cliquetis de métal
s'entrechoquant, un tintement de verre puis des pas s'éloignant
rapidement. J 'entendis le glissement métallique et,
pendant quelques instants, tout fut tranquille. Toujours
allongé, je m'émerveillai en pensant aux étranges événements
qui avaient tant bouleversé ma vie. Je fus arraché
à mes songes à un moment où l'appréhension et l'anxiété
jaillissaient sourdement en moi.

« J'entendis un double bruit de pas, secs et saccadés,
accompagnés d'un murmure lointain. Le bruit s'amplifia et
pénétra dans ma chambre. Le glissement métallique se fit
entendre une fois de plus et les deux personnes de sexe
féminin - c'est du moins ce que je déduisis - se dirigèrent
vers moi en poursuivant leur conversation sur un ton aigu
et saccadé. Elles parlaient toutes les deux en même temps;
enfin, c'est ce que je crus entendre. Elles s'arrêtèrent, l'une
à ma droite, l'autre à ma gauche et, comble de l'horreur!
enlevèrent l'unique couverture qui me recouvrait. Je
ne pouvais absolument rien faire. Immobilisé, impuissant,
je demeurai là, à la merci de ces femelles. J 'étais nu, nu
comme le jour où je suis né et, ce qu'il y a de pire, sous les
yeux de ces femmes inconnues. Moi, un moine, qui ne
connaissais rien aux femmes et qui (je l'avoue de bonne
grâce) étais terrifié pal ces créatures ! »

Le vieil ermite s'arrêta. Le jeune moine le regarda,
horrifié par l'abominable indignité qu'un tel événement
pouvait bien représenter. Alors que l'ermite revivait cette
horrible page de sa vie, on pouvait voir, sur la peau tendue
de son front, une sueur froide perler insidieusement. De
ses mains tremblantes, il saisit son écuelle qui contenait de
l'eau. Après avoir absorbé quelques petites gorgées du
liquide, il replaça soigneusement l'écuelle derrière lui.
« Mais le pire était encore à venir, ajouta-t-il d'une voix
tremblante et pleine d'hésitation. Les jeunes femmes me
placèrent sur le côté et enfoncèrent un tube dans une certaine
partie de mon corps que la décence me force à taire.
Je sentis un liquide entrer en moi et j'eus l'impression que
j 'allais éclater. Ensuite, sans plus de cérémonies, on me
souleva et l'on plaça un récipient très froid sous mes parties
inférieures. En toute modestie, je dois m'abstenir de décrire
ce qui arriva ensuite devant ces deux créatures . Mais tout
cela n'était qu'un début . . . Elles lavèrent entièrement mon
corps nu et firent preuve d'une familiarité effrontée à
l'égard des attributs qui caractérisent les mâles. Je me
sentis envahi par une bouffée de chaleur ainsi que par un
sentiment de confusion des plus intenses. Des tiges de
métal me pénétraient, tandis que l'on enlevait les tubes de
mes narines pour les remplacer brutalement par d'autres.
Ensuite, on posa sur moi un tissu qui me recouvrit du cou
jusqu'aux pieds et même au-delà. Malgré tout, les femmes
n'avaient pas encore terminé. Je ressentis une douleur au
cuir chevelu, comme un arrachement; plusieurs choses inexplicables
survinrent avant que l'on ne me plaquât sur la
tête une substance irritante et très collante. Pendant tout
ce temps, les jeunes péronnelles babillaient et gloussaient
comme si tous les diables leur avaient ravi la cervelle !
« Après un laps de temps appréciable, le glissement
métallique se fit entendre une fois de plus, un bruit de pas
plus lourd se rapprocha; sur quoi le caquetage des femmes
cessa. La Voix qui avait coutume de s'adresser à moi dans
ma langue me salua par un « Comment te sens-tu maintenant?
»

« Aussi mal que possible, répondis-je avec conviction.
Vos bonnes femmes m'ont entièrement déshabillé et ont
abusé de mon corps d'une manière trop outrageante pour
en parler! » Il sembla s'amuser follement en entendant ces
remarques. De fait, en toute candeur je puis affirmer qu'il
se mit à mugir de rire, ce qui ne contribuait guère à
m'apaiser.

« Il fallait bien que nous te lavions, dit-il, il fallait que
nous débarrassions ton corps de ses déchets et que nous te
nourrissions de la même manière. Ensuite, il a bien fallu
remplacer les différents tubes et les électrodes par des pièces
stériles. Nous avons dû inspecter les incisions sur ton
crâne et en refaire les pansements. Tu ne porteras que de
légères cicatrices lorsque tu nous quitteras. »
Le vieil ermite se pencha dans la direction du jeune
moine. « Regarde, dit-il, ici sur ma tête, il y a cinq cicatrices.
» Le jeune moine se leva et inspecta avec grand intérêt
le crâne de l'Ancien. Oui, les marques étaient bien là.
Chacune d'elles avait environ deux pouces de long et se
présentait sous la forme d'une légère dépression nacrée. Le
jeune homme pensa combien cela avait dû être horrible que
de subir un pareil traitement des mains des femmes. Il
frissonna involontairement et se rassit soudainement, comme
s'il craignait que quelqu'un ne l'attaque dans le dos.
L'ermite poursuivit : « Je ne fus pas rasséréné par toutes
ces belles paroles et demandai plutôt à mon interlocuteur
pourquoi des femmes avaient ainsi abusé de ma candeur et
pourquoi, si tant est que les traitements qu'elles m'avaient
fait subir s'étaient révélés nécessaires, ils ne m'avaient pas
été administrés par des hommes.

« Mon ravisseur - puisque c'est ainsi que je le considérais
- se mit à rire à nouveau et répondit: « Mon cher
ami, ne sois pas aussi stupidement prude. La nudité de ton
corps, en soi, ne signifiait absolument rien pour elles. Ici,
lorsque nous ne sommes pas de service, nous nous promenons
tout nus la plupart du temps. Le corps est le Temple
du Sur-moi et, par le fait même, est pur. Ceux qui sont
prudes ont des pensées lascives. Quant aux femmes qui
s'occupaient de toi, elles ne faisaient que leur devoir; ce
sont des infirmières qui ont été formées pour accomplir ce
genre de tâches. »

« Mais pourquoi ne puis-je pas bouger? demandai-je, et
pourquoi n'ai-je pas le droit de voir? C'est de la torture! »
« Tu ne peux pas bouger, me répondit-il, parce que tu
serais capable d'arracher les électrodes et de te blesser ou
encore d'endommager nos appareils. Nous ne te permettons
pas de trop t'accoutumer à ta nouvelle vision parce que,
lorsque tu quitteras ces lieux, tu redeviendras aveugle et
que plus tu te serviras de ta vue ici, plus tu oublieras les
facultés tactiles que tous ceux qui sont atteints de cécité
parviennent à développer. Si l'on te laissait la vue jusqu'à
ton départ, cela constituerait véritablement une forme de
torture, puisque ensuite tu serais réduit à l'impuissance. Tu
n'es pas ici pour ton plaisir, mais pour écouter, voir et
devenir le dépositaire d'un savoir que quelqu'un d'autre,
qui un jour croisera ton chemin, devra à son tour absorber.
Normalement, ce savoir devrait être consigné dans des
livres, mais nous craignons de relancer l'une de ces modes
qui consistent à s'emparer frénétiquement de tout ce qui
touche les Livres et les Ecrits sacrés. Un jour, le savoir que
tu vas emmagasiner et retransmettre sera enregistré. Pour
l'instant, souviens-toi que tu es ici pour mener à bien
nos projets et non les tiens. »

#27 Pascuser

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Posté 16 novembre 2011 à 09:53

« Il y a si longtemps, en cet Endroit éloigné, je reposai
sur cette étrange plate-forme métallique. L'homme, mon
ravisseur, me faisait clairement entendre que je n'étais pas
là pour mon bon plaisir, mais pour le leur, afin d'être un
Dépositaire du Savoir, dit le vieillard. Je répondis: « Comment
pourrais-je m'intéresser à tout cela de façon intelligente
si je n'ai simplement que le statut de captif, un captif
qui ne tient aucunement à coopérer et qui n'a pas la plus
vague idée de l'endroit où il se trouve et de la raison pour
laquelle il s'y trouve? Comment puis-je m'intéresser à quoi
que ce soit alors que vous me considérez comme moins que
de la poussière? On m'a traité plus mal que nous traitons
un cadavre destiné aux vautours. Nous, nous faisons preuve
de respect envers les morts comme envers les vivants, mais
vous, vous me traitez avec aussi peu de civilité que l'on
traite quelque excrément que l'on se propose de jeter dans
un champ. Malgré tout, vous vous prétendez civilisés, si
toutefois ce mot signifie quelque chose pour vous ! »

« L'homme fut visiblement ébranlé et même pas mal
impressionné par mes éclats de voix. Je l'entendis faire les
cent pas dans la pièce. En avant; un raclement de pieds
tandis qu'il faisait demi-tour; en arrière; puis encore en
avant. Soudainement, il s'arrêta près de moi et me dit: « Je
vais consulter mon supérieur. » Il s'en alla rapidement et,
de toute évidence, ramassa quelque objet dur. J 'entendis
quelque chose comme un vrrr . . . vrrr . . . vrrr . . . et ensuite
un rrr . . . rrr . . . rrr . . . Un cliquetis métallique aigu et un
son saccadé sortaient dudit objet. J'estimai qu'il s'agissait
de paroles. L'homme à qui je m'étais précédemment adressé
parlait abondamment en émettant les mêmes bruits bizarres.
Il était clair qu'une discussion était en cours, et elle dura
quelques minutes. »
« Tout d'abord, je vais te montrer cette pièce, me dit
mon interlocuteur. Je vais te parler de nous, te dire qui nous
sommes, ce que nous faisons, et je vais essayer d'obtenir ta
coopération en me montrant compréhensif. Premièrement,
voici ta vue. »

« J 'aperçus la lumière, puis la vue me revint. Une bien
drôle de vue, en vérité; je me trouvais à regarder la pointe
du menton de l'homme ainsi que le dessous de ses narines.
Pour une raison que j'ignore, à la vue des poils dans ses
narines, je me mis à rire. Il se pencha et l'un de ses yeux
occupa entièrement mon champ de vision. « Oh ! s'exclama-
t-il, quelqu'un a renversé la boîte. » Le monde se mit
à tourner autour de moi, mon estomac se souleva, je me
sentis nauséeux et j 'eus le vertige. « Oh ! je suis désolé, me
dit l'homme, j 'aurais dû le fermer avant de tourner la boîte.
Ne fais rien, tu te sentiras mieux dans un petit moment. Ce
sont des choses qui arrivent! »

« Maintenant, je pouvais me voir. Ce fut une expérience
horrifiante que d'apercevoir mon corps aussi exsangue
et avec autant de tubes et de sondes qui en sortaient. Je
fus également stupéfait de me voir ainsi et de réaliser que mes
paupières étaient fermées. J 'étais allongé sur ce qui semblait
être une mince plaque de métal supportée par un unique
pilier. Au pied du pilier j 'apercevais un certain nombre de
pédales tandis que, près de moi, il y avait une tige suppor-
tant des bouteilles de verre remplies de liquides multicolores.
L'homme me dit: « Tu te trouves sur une table d'opération.
Avec ces pédales - il les toucha -, nous pouvons
te placer dans n'importe quelle position. » Il pesa sur l'une
d'elles et la table tourna. Il en toucha une autre et la table
s'inclina jusqu'à ce que je manque de tomber. Une autre,
et la table s'éleva de telle façon que je pus voir dessous.
Bref, ce fut une expérience d'une étrangeté inquiétante qui
me causa des sensations extrêmement bizarres dans l'estomac.
« Visiblement, les murs étaient faits d'un métal d'une
couleur verte des plus plaisantes. Jamais auparavant je
n'avais vu une matière d'une telle qualité, une surface aussi
lisse, aussi exempte d'imperfections. Il était clair que l'on
avait dû employer un système de jointures spéciales, car on
n"en voyait nulle part, pas même là où les murs, le plancher
ou le plafond commençaient ou finissaient. On pouvait dire
que les murs « coulaient » littéralement dans le plancher ou
dans le plafond. Nul coin à angle aigu. nulle arête. Puis,
une section du mur glissa sur le côté avec ce bruit de roulement
métallique que j 'avais appris à si bien reconnaître. Une
étrange tête se montra dans l'embrasure, jeta rapidement un
regard circulaire puis rentra aussi brusquement; le mur se
referma.

Sur le mur devant moi, il y avait tout un assortiment
de petites fenêtres dont certaines avaient la taille d'une
large paume d'homme. Derrière ces fenêtres, on apercevait
des aiguilles, arrêtées sur diverses marques rouges ou
noires. Certaines fenêtres rectangulaires, de plus grande
taille, attirèrent particulièrement mon attention; une lueur
bleuâtre presque mystique en émanait. D 'étranges taches de
lumière sautillaient et dansaient selon un tracé incompréhensible,
tandis que dans une autre fenêtre une ligne d'un brun
rougeâtre ondulait de haut en bas selon d'insolites formes
rythmiques rappelant - c'est du moins ce que je pensai -
la danse du serpent. L'homme - celui que j'appellerai mon
ravisseur - sourit en voyant que je prenais intérêt à ces
choses. « Tous ces instruments donnent des indications
ayant rapport à Toi, me dit-il; ici, on trouve des données se
rapportant à neuf ondes céphaliques. Neuf ondes sinusoÏdales
séparées avec, en surimposition, la production électrique
de ton cerveau. Elles montrent que tu possèdes une
capacité mentale supérieure. Elles montrent que tu possèdes
une remarquable facilité de mémorisation, ce qui prouve
ton aptitude à t'acquitter de ta tâche. »

#28 Pascuser

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Posté 16 novembre 2011 à 13:01

« Tournant très doucement la boîte à voir, il me montra
une étrange verrerie qui se trouvait auparavant en dehors
de mon champ de vision. « Ces appareils, expliqua-t-il, te
nourrissent continuellement par tes veines et extraient tous
les déchets qui se trouvent dans ton sang. Ces autres choses
drainent d'autres déchets de ton corps. Nous sommes maintenant
prêts à améliorer ton état de santé de façon à ce que
tu sois capable de supporter le choc qui ne manquera pas
de se produire lorsque nous t'aurons fait voir tout ce que
nous avons à te montrer. Oui, il se produira un choc, car
peu importe que tu te considères comme un prêtre éduqué:
comparé à nous, tu n'es que le plus bas et le plus ignorant
des sauvages ; ce qui, pour nous, appartient au domaine du
quotidien, constituerait pour toi une suite de miracles
incroyables; c'est pourquoi une première prise de contact
avec notre science est susceptible de provoquer chez toi un
sérieux choc psychique. Nous devons toutefois prendre ce
risque, car il existe un risque, malgré le fait que nous mettions
tout en oeuvre pour le minimiser. »

« Il se mit à rire et me dit : « Au cours des services qui
se déroulent dans vos temples, vous faites grand cas des
sons émis par le corps. (Oh! oui . . . je suis bien informé sur
vos services.) Mais as-tu déjà réellement entendu les bruits
émis par le corps? Ecoute! » Se retournant, il se dirigea
vers le mur, où il pressa un bouton d'un blanc étincelant.
Immédiatement, d'une multitude de petits trous sortirent
des bruits que je reconnus pour des sons émis par le corps
humain. Il sourit, tourna un autre bouton; les bruits s'intensifièrent
et remplirent la pièce entière. Boum! Boum !
faisaient les battements de mon coeur. Ils atteignirent une
telle amplitude que la verrerie qui se trouvait derrière moi
se mit à tintinnabuler de coneert avec eux. Il toucha une
fois de plus le bouton; les bruits cardiaques disparurent et
furent remplacés par un gargouillement de liquides corporels,
un gargouillement aussi bruyant qu'un ruisseau de montagne
se précipitant dans son lit pierreux, pressé d'atteindre la
mer, loin, loin de là. Ensuite, on put entendre un sifflement
de gaz dont le bruit rappelait une tempête courbant les
branches des fiers géants de la forêt; puis ce furent des
bruits de chute, d'éclaboussements, comme si l'on précil'itait
de gros rochers dans quelque lac insondable. « Ton corps,
dit-il, ce sont les bruits de ton corps. Nous savons tout
sur lui. »

« Mais, Ravisseur Dédaigné, dis-je, ceci n'a rien de
miraculeux, ceci n 'a rien de merveilleux . Nous, pauvres et
ignorants sauvages, pouvons faire aussi bien que cela, ici
même, au Tibet. Nous aussi sommes capables d'amplifier
les sons - pas aussi fort que cela, je le concède - mais
nous pouvons tout de même le faire. Nous pouvons également
détacher l'âme du corps . . . et la ramener. »
« Vous le pouvez? » Il me regarda d'un air railleur et
me dit: « Tu ne te laisses pas facilement impressionner,
hein? Tu nous considères toujours comme des ennemis, des
ravisseurs, hein? »

« Monsieur! répliquai-je, vous n'avez pas encore fait
preuve d'amitié à mon égard; vous ne m'avez donné aucune
raison de vous faire confiance ou de coopérer avec vous.
Vous faites de moi un captif paralysé comme les guêpes
paralysent leur proie. De plus, certains d'entre vous m'apparaissent
comme des diables; nous possédons des images de
ces derniers et nous les maudissons comme des créatures de
cauchemar sorties de quelque monde infernal. Et pourtant,
ici , ils semblent faire partie de vos fréquentations . . . »
« Les apparences peuvent être trompeuses, répondit-il.
Certaines de ces personnes peuvent être les plus gentilles
qui soient. D 'autres, avec leur air angélique, sont capables
de se rabaisser à commettre toutes les turpitudes que leur
esprit pervers peut leur inspirer. Et pourtant, toi, oui toi,
comme tous les sauvages, tu te laisses influencer par les
apparences extérieures d'une personne. »

« Monsieur! répondis-je, je dois encore décider de quel
côté vos intérêts se situent : du côté du bien ou du côté du
mal. S'ils se trouvent du côté du bien et que vous parveniez
à m'en persuader, alors - seulement alors - coopérerai-je
avec vous. Dans la négative, j 'utiliserai tous les moyens à
ma disposition pour aller à l'encontre des buts que vous
cherchez à atteindre, peu importent les risques que je pourrai
courir. »
« Bien entendu, me répondit-il quelque peu vertement.
Tu seras d'accord avec moi pour admettre que nous t'avons
sauvé la vie alors que tu étais malade et près de mourir
de faim? »

« Je pris mon expression la plus sinistre tandis que je
répliquais: « Sauvé la vie . . . mais pour quoi faire? J 'étais
en route pour les Champs Célestes et vous m'avez ramené
de force. Rien de ce que vous pourriez faire maintenant ne
serait plus cruel. Qu'est-ce que la vie pour un aveugle?
Comment un aveugle peut-il étudier? Et la nourriture? Comment
vais-je me procurer ma nourriture maintenant? Non !
vous n'avez pas fait preuve de bonté à mon égard en prolongeant
ma vie; d'ailleurs vous m'avez déjà dit que je n'étais
pas là pour mon plaisir, mais pour accomplir vos desseins.
Où est la bonté dans tout cela? Vous m'avez ligoté sur ce
perchoir et je suis le jouet de vos femmes. Le bien? Et de
quel bien parlez-vous ? »

« Il continuait à me regarder, les mains sur les hanches.
« Oui, dit-il enfin, dans ton optique, nous n'avons pas fait
preuve de bonté à ton égard, n'est-ce pas? Peut-être parviendrai-
je à te convaincre après tout et peut-être te rendras-tu
utile . . . » Il se retourna et se dirigea vers le mur. Cette
fois, je vis ce qu'il faisait. Il se tenait face à un carré
rempli de petits trous et poussa ensuite un bouton noir.
Une lumière s'alluma au-dessus du carré criblé de trous et
s'amplifia jusqu'à devenir un brouillard lumineux. A ma
stupéfaction, un visage puis une tête se dessinèrent en
couleurs éclatantes. Mon ravisseur parla longuement dans
cette langue étrange et baroque, puis s'arrêta. Je fus littéralement
pétrifié lorsque je vis la tête se retourner dans ma
direction et ses épais sourcils se soulever. Puis, un petit
sourire inquiétant se dessina aux commissures des lèvres de
l'apparition. Il y eut une phrase concise, comme un aboiement,
puis la lumière s'évanouit. Le brouillard tourbillonna
et sembla littéralement aspiré dans le mur. Mon ravisseur
se tourna vers moi : il portait inscrits sur sa figure tous les
signes d'une intense satisfaction. « Bien, mon ami, dit-il, tu
as prouvé que tu avais une âme bien trempée, que tu étais
un homme dur en affaires. Maintenant, j'ai la permission
de te montrer ce qu'aucune autre personne de ton monde n'a
jamais vu. »

« Il fit une fois de plus face au mur et heurta du doigt
le bouton noir. Le brouillard se forma à nouveau, et, cette
fois, on pouvait discerner la tête d'une jeune femme. Mon
ravisseur lui parla et, de toute évidence, lui donna des ordres.
Elle opina du chef, regarda curieusement dans ma direction,
puis son image s'estompa.
« Maintenant, il va nous falloir attendre quelques instants,
me dit mon ravisseur. J 'ai demandé que l'on m'amène
un appareil spécial et je vais te montrer certains endroits de
ton monde. Certaines villes. Y aurait-il quelque endroit en
particulier que tu désirerais voir? »
« Je n'ai aucune connaissance de ce monde, répliquai-je.
Je n'ai jamais voyagé. »

« D'accord, mais tu as sûrement entendu parler de
quelque ville ! » me dit-il d'un air de remontrance.
« Enfin, oui, répondis-je, j 'ai entendu parler de Kalimpong.
»
« Kalimpong, hein? Une maigre agglomération frontalière
de l'Inde? Ne peux-tu pas penser à quelque chose de plus
reluisant? Berlin, Londres, Paris, Le Caire? Tu veux certainement
voir quelque chose de mieux que Kalimpong? »
« Mais, Monsieur, répliquai-je, les villes que vous avez
énumerees ne m'intéressent nullement. Ces noms ne me
disent rien, sauf que j 'ai entendu des marchands parler de ces
endroits. Non, cela ne me dit rien. D'ailleurs, dussé-je voir
des images de ces villes, je serais incapable de dire si elles
sont authentiques ou non . Si ce dispositif extraordinaire
dont vous me parlez peut faire tout ce que vous prétendez
qu'il peut faire, alors montrez-moi Lhassa. Montrez-moi la
Porte de l'Occident, la Cathédrale, le Potala. Ces endroits,
je les connais, et cela me permettra de dire si votre dispositif
fonctionne vraiment ou s'il s'agit d'un habile tour d'illusionniste.
»

« Il me regarda avec une expression des plus curieuses,
me parut plongé dans un abîme de stupéfaction. Rassemblant
ses esprits et se secouant de manière ostensible, il s'exclama:
« Un sauvage illettré qui veut m'apprendre à vivre, hein?
Mais ce bonhomme a raison . . . Après tout, cette ruse
paysanne a quelque chose de bon. Evidemment! il a besoin
de points de repère auxquels il puisse se référer et, s'il en est
autrement, il ne peut pas être impressionné . . . Bien ! Bien! »

« Le panneau coulissant fut brutalement poussé et quatre
hommes apparurent. Ils manoeuvraient une très grande boîte
qui semblait flotter en l'air comme si elle était dénuée de
poids, bien qu'il fallût déployer de durs efforts pour entreprendre
de la déplacer, pour changer sa direction ou pour
l'arrêter. Lentement, la boîte fut poussée dans la chambre où
je me trouvais. Pendant quelques instants, tandis qu'ils poussaient
et qu'ils tiraient, j 'eus peur qu'ils renversent ma table.
L'un des hommes bouscula ma boîte à voir. Les girations
qui s'ensuivirent me rendirent malade et provoquèrent chez
moi de la nausée pendant un certain laps de temps. Enfin,
après de multiples palabres, on plaça la boîte contre un mur,
directement dans mon champ de vision. Trois des hommes
disparurent et refermèrent le panneau en sortant.
« Le quatrième homme et mon ravisseur engagèrent
alors une discussion animée ponctuée de nombreux gestes.
Finalement, mon ravisseur se retourna vers moi et me déclara:
« Il dit que nous ne pouvons pas te faire voir Lhassa
parce que cette ville est trop proche; nous devrions nous
trouver plus loin si nous désirions effectuer une mise au
point. »
« Je ne fis aucun commentaire et ne prêtai aucune attention
à ces paroles. Après un court silence, mon ravisseur me
dit : « Aimerais-tu voir Berlin? Bombay? Calcutta? »
« Ma réponse fut: « Non, je n'y tiens pas; ces villes se
trouvent bien trop loin pour moi ! »

« Il se retourna vers l'autre homme et une discussion
pleine d'acrimonie s'ensuivit. L'autre homme semblait être
prêt à éclater en sanglots; il exprima sa frustration en
gesticulant puis, désespéré, tomba à genoux devant la boîte.
Le devant de cette dernière glissa et je vis ce qui m'apparut
comme étant tout simplement une grande fenêtre - et rien
d'autre. L'homme retira quelques pièces métalliques de ses
vêtements et se glissa derrière l'étrange boîte. De curieuses
lumières brillèrent dans la fenêtre, des tourbillons de couleurs
informes apparurent. L'image devint sinueuse, coulante,
tourbillonnante. Pendant un instant, des ombres se
rassemblèrent en une image qui aurait pu être interprétée
comme celle du Potala, mais, une fois de plus, il aurait
également pu s'agir de fumée.

« L'homme se retira de derrière la boîte, grommela quelque
chose et s'empressa de quitter la pièce. Mon ravisseur,
qui semblait fort contrarié, me dit: « Nous sommes trop près
de Lhassa, et il nous est impossible de faire une mise au
point. C'est comme si l'on tentait de regarder dans un
télescope quelque chose se trouvant en deçà de la limite de
mise au point de cet instrument. De loin, cela fonctionne
bien, mais aucun télescope ne peut capter nettement l'image
d'un objet situé trop près de lui . Nous nous trouvons ici
dans la même situation. Est-ce que tu me suis? »

« Monsieur, répondis-je, vous parlez de choses que je
n'entends point. Quel est ce télescope dont vous me parlez?
Je n'en ai jamais vu. Vous me dites que Lhassa est trop
proche; moi, je dis qu'il faut marcher très longtemps poUr y
arriver. Comment pouvons-nous dire que cette ville est trop
proche? »

« Une expression d'angoisse put se lire sur le visage de
mon ravisseur; il saisit ses cheveux à pleines mains et,
pendant un instant, je pensai qu'il allait se mettre à danser
sur le plancher. Il parvint à se calmer au prix d'un grand
effort et déclara : « Lorsque tu voyais, nias-tu jamais porté
un objet à tes yeux si près que tu ne parvenais pas à le
distinguer avec précision ? Si près que tes yeux ne parvenaient
pas à le voir clairement? C'est ce que je veux dire :
nous ne pouvons effectuer de mise au point à si courte
distance! ! ! »

« Je me mis à le regarder, ou c'est du moins l'impression
que j'eus, car l'expérience la plus difficile par laquelle un
homme puisse passer est d'avoir la tête à un endroit et la
vue à plusieurs pieds de là. Bref, je le regardai et pensai :
de quelle merveille s1agit-il donc? L'homme me dit qu'il peut
me montrer des villes situées à l'autre bout du monde et
pourtant il est incapable de me montrer mon propre pays.
Je lui dis : « Monsieur, vous est-il possible de placer quelque
chose devant la boîte à vision afin que je puisse juger par
moi-même de ce phénomène de mise au point? »
« Instantanément, il eut un signe de tête affirmatif et
jeta un regard circulaire, comme s'il cherchait quoi faire.
Enfin, il prit sous ma table une sorte de feuille translucide
sur laquelle se trouvaient d'étranges marques, des marques
que je n 'avais jamais vues auparavant et qui, de toute
évidence, constituaient une écriture. Il retourna ce qui me
sembla être des feuilles de papier et revint ensuite avec
quelque chose qui, apparemment, lui procurait une très
grande satisfaction, car il m'adressa un sourire épanoui. Il
cacha cet objet derrière son dos et s'approcha de ma boîte
à voir.

« Bien, mon ami ! s'exclama-t-il. Voyons ce que nous
pouvons faire pour te convaincre. » Il glissa quelque chose
devant ma boîte à vision très près de celle-ci . A mon grand
étonnement, tout ce que je pouvais voir était confus, embrouillé.
Il y avait toutefois une différence. Une partie de
l'image m'apparaissait comme une tache blanche et l'autre
comme une tache noire, mais cela ne signifiait rien pour moi.
Rien du tout. Il sourit en voyant mon ébahissement. Je ne
pouvais pas le voir sourire, mais je 1 '« entendais ». En effet,
les aveugles ont un sixième sens, et je pouvais entendre
craquer ses muscles faciaux. Comme il avait souvent souri
avant ce moment, je savais ce que ces craquements signiM
fiaient.

« Ah! ditMil, j 'arrive enfin à me faire comprendre, n'estMce
pas? Maintenant, regarde bien. Dis-moi quand tu seras
capable de distinguer ce que je te montre. » Très lentement,
il éloigna la feuille qui obscurcissait ma vision et, graduellement,
je réalisai avec une surprise indescriptible qu'il s'agissait
d'un portrait de moi. Je ne prétends pas savoir comment
on avait réussi à faire ce portrait, mais je m'y voyais gisant
sur la table et regardant les hommes qui transportaient la
boîte noire. Je fus si surpris que ma mâchoire faillit se
décrocher. Je dus avoir l'air d'un parfait cul-terreux; c'est
du moins ce que je ressentis, car je fus envahi par une
bouffée de chaleur et mes pommettes brûlèrent de honte.
Oui, c'était moi, avec toutes ces choses qui me sortaient du
corps; j 'étais là, en train de regarder les quatre hommes
manoeuvrer cette boîte; l'air d'étonnement qui se lisait sur
ma figure dans ce portrait en disait vraiment long. »
« Très bien , dit mon ravisseur, apparemment tu as compris.
Afin de bien nous en assurer, recommençons le processus.
Lentement, il manipula le portrait afin que je le visse
puis il l'approcha lentement de la boîte à voir. Lentement,
l 'image se brouilla jusqu'à ce que je ne voie plus qu'une
tache mi-blanchâtre, mi-noirâtre, rien de plus. Il l'enleva
prestement de mon champ de vision et je pus voir une fois
de plus le reste de la pièce. L'homme recula de quelques
pas et dit : « Bien entendu, tu ne peux pas lire ceci, mais
regarde . Ce sont des mots imprimés. PeuxMtu les voir
clairement? »
« Je puis les voir clairement, Monsieur, lui dis-je, je puis
les voir vraiment très clairement. »

« Ensuite, il approcha la chose un peu plus près de ma
boîte à voir et, une fois de plus, mon champ de vision se
troubla. « Maintenant, dit-il, tu seras en mesure de comprendre
à quel genre de problème nous devons faire face. Nous
avons une machine ou un appareil - appelle ça comme tu
voudras - qui est, en beaucoup plus grand, la même chose
que la boîte à voir que nous avons branchée sur toi; néanmoins,
son principe de fonctionnement te dépasserait
complètement. Cet appareil est conçu de telle manière que
nous pouvons voir tout autour du monde, mais que nous
sommes incapables de discerner ce qui peut se trouver à
quatre-vingts kilomètres d'ici. Quatre-vingts kilomètres est
une distance beaucoup trop petite. C'est ainsi que, lorsque
j'ai approché ceci de ta boîte à voir, tu étais incapable de le
discerner. Je vais te montrer Kalimpong. » Sur ces paroles,
il se tourna de côté et manipula certains boutons qui se
trouvaient sur le mur.

« Les lumières baissèrent dans la pièce. Elles n'étaient
pas entièrement éteintes, mais atténuées, et cette lueur
ressemblait à s'y méprendre à celle que l'on peut voir immédiatement
après que le soleil s'est couché derrière l'Himalaya,
Cette faible lumière froide qui précède le lever de la lune,
alors que le soleil n'a pas encore complètement effacé ses
derniers rayons. L'homme se rendit derrière la grosse boîte et
ses mains remuèrent SUl' quelque chose que je ne pouvais voir.
Immédiatement, des lumières scintillèrent dans la boîte. Très
lentement, on put discerner un paysage. Les hautes cimes de
l'Himalaya et, sur une piste, une caravane de marchands.
Ceux-ci traversaient un petit pont de bois sous lequel rugissait
un torrent impétueux prêt à les engloutir en cas de faux
pas. Les caravaniers atteignirent l'autre rive et se mirent à
suivre une piste qui serpentait dans des pâturages à l'herbe
rude.

« Nous les observâmes pendant quelques minutes . La
vue que nous avions était celle qu'un oiseau pouvait avoir.
C 'était comme si les Dieux du Ciel tenaient ma boîte à voir
et la faisaient doucement flotter au-dessus de ce nuage
d'une monotone aridité. Mon ravisseur remua les mains une
fois de plus; il y eut un brouillage indescriptible de tout ce
qui bougeait. On put voir quelque chose qui disparut. Mon
ravisseur remua les mains dans la direction opposée et
l'image se stabilisa. Mais ce n'était pas une image. C'était
la chose telle qu'elle était et on pouvait la voir à travers une
trouée opérée dans le ciel.

« En dessous, je vis les maisons de Kalimpong, je vis les
rues bondées de marchands, je vis des lamaseries avec des
lamas en robe jaune et des moines en robe rouge qui déam??
bulaient aux abords des bâtiments. Tout cela était bien
étrange. J 'éprouvais quelques difficultés à me repérer, car je
n'avais été qu'une seule fois à Kalimpong, et encore n'étais-je
alors qu'un garçonnet. De plus, j 'avais vu la ville en mar??
chant, de toute ma hauteur de petit garçon; maintenant, je
la voyais - enfin c'est du moins ainsi que je le supposais
- du haut des airs, tout comme les oiseaux pouvaient
l'apercevoir.

« Mon ravisseur me surveillait avec grande attention. Il
fit bouger certaines choses et l'image du paysage - peu
importe comment je pourrais appeler cette chose merveilleuse
- se brouilla, donna une impression de vitesse, puis se
stabilisa une fois de plus. « Ici, me dit l'homme, tu vois
le Gange qui, comme tu le sais, est le Fleuve Sacré de
l'Inde. »

« Je connaissais beaucoup de choses à propos du Gange.
Quelquefois, des marchands venus de l'Inde apportaient des
magazines qui contenaient des images. Nous étions incapables
de lire le moindre mot de ces magazines, mais les
images, c'était une autre affaire! Ici, devant moi, sans erreur
possible se trouvait vraiment le Gange. Soudainement, à
mon étonnement le plus profond, je réalisai que non seulement
je voyais, mais que j 'entendais aussi . Je pouvais
entendre les Hindous chanter et constater ensuite pourquoi.
Ils avaient étendu un corps sur une terrasse située au bord
de l'eau et aspergeaient le cadavre avec de l'Eau Sainte du
Gange avant de l'accompagner jusqu'au bûcher.

« Il y avait foule dans ce fleuve. Il paraissait incroyable
que tant de personnes puissent se trouver en ce monde, à
plus forte raison dans un fleuve. Sur les rives, les femmes
retiraient leur robe sans la moindre gêne, mais, d'un autre
côté, les hommes agissaient de la même façon. A la vue
d'un tel spectacle, je me sentis entièrement envahi par une
bouffée de chaleur, mais je me mis à penser à leurs Temples,
à ces Temples en espaliers, aux Grottes, aux colonnades, et
plus je regardais, plus j 'étais ébloui. Oui, il s'agissait vraiment
de la réalité et je commençais à être brouillé.
« Mon ravisseur - je dois dire que je le considérai toujours
comme tel -, mon ravisseur, dis-je, remua quelque
chose et le mouvement de l'image se brouilla. Il scruta intensément
ce genre de fenêtre et le brouillage s'arrêta en une
espèce de secousse. « Berlin » , dit-il. Evidemment, je savais
que Berlin était une ville située quelque part en Occident,
mais tout ceci était si étrange qu'en vérité cela n'éveillait
en moi aucun écho. Je baissai les yeux et pensai que
c'était peut-être la nouveauté de la chose qui déformait tout.
Ici s'élevaient de grands édifices dont l'architecture et la
taille étaient remarquablement uniformes. Je n'avais jamais
tant vu de verre de ma vie. Partout il y avait des fenêtres
de verre. Et puis, sur ce qui semblait être un chemin
très dur, il y avait deux tiges de métal serties dans la route
elle-même. Elles étaient luisantes, la distance qui les séparait
était constamment uniforme, et je ne pouvais pas comprendre
pourquoi.

« Au détour d'un coin de rue et en plein dans mon champ
de vision, je vis deux chevaux marcher l'un derrière l'autre
et, tu ne me croiras peut-être pas, mais ils tiraient ce qui
semblait être une boîte métallique posée sur des roues. Les
chevaux marchaient entre les barres de métal et les roues
de la boîte métallique roulaient effectivement le long de ces
barres. La boîte avait des fenêtres, des fenêtres tout autour
et, en scrutant bien, je pus voir des gens, des gens qui se
trouvaient à l'intérieur de la boîte, des gens qui se faisaient
tirer. En plein en face de ma vue (j'allais quasiment dire
« en plein devant mes yeux », tant je m'étais bien habitué
à mon appareil à voir) , ce dispositif s'arrêta. Des gens
sortirent de la boîte et d'autres y pénétrèrent. Un homme
alla devant le cheval de tête et plongea une autre tige de
métal dans le sol. Puis il rentra dans la boîte, qui se remit en
mouvement. La boîte tourna à gauche, quitta les tiges de
métal principales pour rouler sur d'autres tiges.
« J 'étais si émerveillé que je ne pouvais regarder rien
d'autre que cette étrange boîte de métal sur roues qui transportait
des gens. Mais ensuite, je me mis à regarder les bords
de la route où il y avait du monde. On pouvait y voir des
hommes habillés de façon extrêmement ajustée. Sur leurs
jambes, ils portaient un vêtement qui semblait très étroit
et sous lequel on devinait le contour exact de leurs membres.
Sur la tête de chaque homme, il y avait une chose des plus
extraordinaires en forme de bol, mais à l'envers et ornée
d'un bord très étroit. Cela m'amusa quelque peu à cause de
l'aspect insolite de la chose, mais c'est alors que je me mis à
regarder les femmes.

« Je n'avais jamais rien vu de pareil. Certaines de ces
personnes avaient le haut du corps presque à découvert, tandis
que la partie inférieure de celui-ci était littéralement
enveloppée dans ce qui semblait être une tente noire. Elles
semblaient n'avoir pas de jambes et l'on ne voyait même pas
leurs pieds. D'une main, elles serraient fortement cette curieuse
chose noire, apparemment pour empêcher le bas de
ce singulier vêtement de traîner dans la poussière.
« Je continuai à regarder. Mon regard se posa sur les
bâtiments. Certains d'entre eux étaient véritablement de
nobles édifices. Dans la rue - une rue très large - un
rassemblement d'hommes s'avançait. Le premier groupe faisait
de la musique. Cela brillait énormément et je me demandai
si leurs instruments étaient d'or et d'argent. Toutefois,
tandis qu'ils s'approchaient, je remarquai que les instruments
en question étaient d'airain et que certains autres
étaient en simple métal. Tous ces hommes étaient corpu-
lents, leur figure était rougeaude et ils portaient tous des
uniformes martiaux. J 'éclatai de rire en voyant la manière
affectée dont ils marchaient. Ils avançaient les genoux raides
et la jambe qui était relevée se tenait pratiquement à
l'horizontale.
« Mon ravisseur me sourit et me dit: « C'est une bien
étrange démarche en vérité, mais il s'agit du pas de l'oie, que
l'armée all??mande utilise lorsqu'elle défile. » Mon ravisseur
remua les mains et, une fois de plus, l'image se brouilla;
une fois de plus, les choses derrière la fenêtre de la boîte
se mélangèrent jusqu'à former une espèce de brume, se
fixèrent puis se solidifièrent. « La Russie, me dit mon ravisseur,
la Terre des Tsars. Moscou. »
« Je regardai, et vis que la neige recouvrait la terre. Là
aussi, on utilisait d'étranges véhicules, des véhicules comme
jamais je n'aurais pu en imaginer. Il y avait un cheval
harnaché à ce qui ressemblait à une grande plate-forme sur
laquelle se trouvaient des sièges. Cette grande plate-forme
était surélevée de plusieurs doigts par rapport au sol par
des choses qui semblaient être de longues bandes plates en
métal. Le cheval traînait cet étrange invention et, tandis
que cette machine avançait, on remarquait des traces dans
la neige.

« Tous les gens portaient des fourrures et leur haleine
sortait comme de la vapeur humide de leur bouche et de leurs
narines. Ils semblaient bleuis par le froid. Puis je contemplai
certains des bâtiments en pensant combien ils pouvaient
être différents de ceux que j 'avais vus auparavant. Ils étaient
étranges. De grands murs montant à l'assaut du ciel et,
au-delà de ces murs, des toits bulbeux, presque comme des
oignons qu'on aurait placés à l'envers, leurs racines se projetant
dans le ciel. « Le Palais du Tsar », me dit mon ravisseur.
« Le reflet de l'eau attira mon attention et je me mis à
penser à notre chère Rivière Heureuse que je n'avais pas
vue depuis si longtemps. « C'est la Moskova, me dit mon
ravisseur, une rivière vraiment très importante. » Sur ce
cours d'eau naviguaient d'étranges vaisseaux de bois avec
de grandes voiles accrochées à des perches. Comme il n'y
avait pas beaucoup de vent, les voiles pendaient mollement;
les bateliers possédaient d'autres perches au bout plat qu'ils
trempaient dans la rivière pour faire avancer l'embarcation.
« Mais tout cela . . . Oui, enfin, je n'en voyais pas l'utilité
et c'est ainsi que je déclarai à l'homme: « Monsieur, sans
aucun doute, je viens d'être témoin de merveilles qui, toujours
sans l'ombre d'un doute, intéresseraient de nombreuses
personnes. Mais quelle est l'utilité de tout cela et que tentezvous
de me prouver? »
« Une idée se fit soudainement jour dans mon esprit.
Depuis plusieurs heures, une arrière-pensée m'agaçait et,
maintenant, apparaissait à ma conscience avec une clarté
lancinante. « Monsieur mon ravisseur! m'exclamai-je, qui
êtes-vous? Seriez-vous Dieu? »

« Il me regarda d'un air plutôt pensif, comme s'il avait
été désemparé par ce qui, de toute évidence, constituait une
question inattendue. Il se prit le menton dans la main, se
passa la main dans les cheveux et haussa légèrement les
épaules. « Tu ne pourrais pas comprendre, répondit-il. Il y
a certaines choses que l'on ne peut pas comprendre à moins
d 'avoir atteint un certain stade. Je vais te répondre par une
autre question. Si tu te trouvais dans une lamaserie et que
l 'une de tes fonctions consistât à t'occuper d'un troupeau
de yacks, que répondrais-tu à l'un de ces animaux s'il te
demandait qui tu es? »

« Je méditai quelque peu et lui répondis : « Eh bien!
Monsieur, en vérité je ne m'attendrais pas à ce qu'un yack
me pose pareille question. Toutefois, si d'aventure il me la
posait, je l'estimerais intelligent et je prendrais la peine de
tenter de lui expliquer qui je suis. Monsieur, vous me demandez
ce que je ferais si un yack me posait une pareille
question et je vous déclare que j 'essaierais de répondre à ce
yack le mieux que je pourrais. Dans les conditions que vous
évoquez, je lui dirais que je suis un moine qui a été chargé de
surveiller les yacks, que je fais tout ce que je peux pour bien
soigner lesdits animaux que je considère comme mes frères
et mes soeurs malgré le fait que leur forme soit différente.
J 'expliquerais à ce yack que nous, moines, croyons à la
réincarnation. J 'expliquerais que chacun de nous a été en??
voyé sur cette Terre pour remplir la tâche qui nous a été
assignée de façon qu'une fois dans les Champs Célestes nous
puissions nous préparer à entreprendre des voyages vers des
sphères encore plus élevées. »

« Bien parlé, moine, bien parlé . . . dit mon ravisseur.
Toutefois, je regrette infiniment qu'il faille que ce soit quelqu'un
qui appartient aux ordres inférieurs qui m'ouvre ainsi
une telle perspective. Oui, tu as raison. Moine, tu m'as
grandement surpris par l'intelligence dont tu as fait preuve
et par ton intransigeance aussi. Je dois avouer que tu as été
également plus résolu que je ne le serais moi-même, dussé-je
être assez infortuné pour me trouver dans de semblables circonstances
. »

« Comme je commençais maintenant à m'enhardir, je lui
dis : « Vous me considérez comme appartenant aux ordres
inférieurs. Avant cela, vous m'avez qualifié de sauvage, de
barbare, d'esprit inculte et de minus habens. Vous avez ri
de moi lorsque j 'ai admis en toute vérité ne rien connaître
des grandes villes du monde. Mais, Monsieur, je vous ai dit
la vérité, je vous ai dit la vérité. Après avoir admis mon
ignorance, j 'ai manifesté le désir de m'instruire et vous ne
m'aidez point. Je vous le demande à nouveau, Monsieur;
vous m'avez gardé en captivité entièrement contre mon gré;
vous avez pris de grandes libertés avec mon corps, Temple
de mon Ame; vous m'avez fait vivre des événements absolument
remarquables, apparemment dans le seul but de
m'impressionner. Monsieur, je serais bien plus impressionné
si vous répondiez à ma question, parce que je sais déjà
ce que je désire savoir. Je vous le demande encore une fois :
qui êtes-vous? »

« Pendant quelques instants, il se tint immobile et parut
embarrassé, puis il me déclara: « Selon votre terminologie,
il n'existe pas de mots, pas de concepts qui me permettraient
de t'expliquer ma position. Avant de discuter d'un sujet
quelconque, la première condition requise est que les deux
parties, que les protagonistes qui se trouvent des deux côtés
puissent comprendre les mêmes termes, soient capables de
s'entendre sur certains préceptes. Pour le moment, tout ce
que je puis te dire, c'est que je suis quelqu'un dont les fonctions
seraient sensiblement les mêmes que celles des lamas
médecins de ton Chakpori. On m'a confié la responsabilité
de ton corps physique afin de te préparer à enregistrer une
somme de connaissances lorsque je t'estimerai prêt à acquérir
ce savoir. Tant que tu ne seras pas littéralement rempli
de ces connaissances, toute discussion portant sur ce que je
suis ou sur qui je suis se révélerait inutile. Pour l'instant,
sache toutefois que ce que nous faisons a pour but le bien
d'autrui. Sans doute es-tu très courroucé du fait que nous
prenons ce que tu estimes être des libertés à ton égard.
Mais lorsque tu connaîtras nos desseins, lorsque tu sauras qui
nous sommes - et tu sais qui tu es et qui est ton peuple -,
tu changeras d'opinion. » Sur ces mots, il coupa ma vue et
je l'entendis quitter la pièce. Une fois de plus, je me retrouvais
dans la noire nuit de ma cécité; une fois de plus, je me
retrouvais seul avec mes pensées.

« La nuit profonde dans laquelle un aveugle se trouve
plongé est une nuit des plus noires. Lorsqu'on m'aveugla,
lorsqu'on me fit sauter les yeux, que les doigts crasseux des
Chinois les arrachèrent de leurs orbites, je connus le martyre.
Même avec mes yeux absents je voyais - ou il me
semblait voir - de brillants éclairs, des tourbillons lumineux
de forme imprécise. Ces impressions persistèrent les jours
suivants. Maintenant que l'on m'avait dit qu'un appareil
avait été branché sur mon nerf optique, j 'étais en mesure de
le croire et j 'avais toutes les raisons de le croire. Mon ravisseur
avait coupé ma vue, mais les souvenirs de ce sens re-
trouvé persistaient dans ma mémoire. Une fois de plus, dans
la tête, je ressentis cette sensation particulière et contradictoire
de chatouillement et d'engourdissement. Il peut paraître
absurde de parler d'une sensation conjointe de chatouillement
et d'engourdissement, mais c'est ainsi que je la
ressentis. On m'avait abandonné à mon engourdissementchatouillement
et à toutes ces lumières tourbillonnantes.

« Pendant quelques instants, je restai là gisant et récapitulai
tout ce qui m'était arrivé. La pensée me vint que peut-être
j 'étais mort, ou fou, et que toutes ces choses n'étaient que
les inventions d'un esprit sombrant dans l'inconscience.
C'est alors que ma formation de prêtre vint à ma rescousse.
J 'utilisai une discipline vieille comme la Terre pour réorienter
mes pensées. Je mis un frein à ma raison, ce qui permit
à mon Sur-moi de se substituer à cette dernière. Ceci n'était
pas affaire d'imagination, c'était la pleine réalité; des Puissances
Supérieures se serviraient de moi pour des Desseins
Suprêmes. Ma peur et ma panique s'estompèrent. Je repris
mon sang-froid et, pendant un moment, mon esprit fonctionna
au même rythme que les pulsations de mon coeur. Aurais-
je pu agir différemment? me demandais-je. A vais-je pris
toutes les précautions nécessaires en abordant ces nouveaux
concepts? Le Grand Treizième aurait-il agi autrement s'il
s'était trouvé dans une situation similaire? Ma conscience
était nette. Mon devoir nettement défini. Tout irait pour le
mieux si je continuais à agir comme agirait tout bon Prêtre
Tibétain. La paix m'inonda et un sentiment de bien-être
m'enveloppa comme une chaude couverture en laine de yack
vous protège du froid. Après quelque temps, je ne sais comment,
je sombrai dans un profond sommeil exempt de rêves.
« Le monde se retournait. Tout semblait s'élever et retomber.
Une forte sensation de mouvement puis un son
métallique me tirèrent brusquement de ma léthargie. Je
bougeais. Ma table bougeait. J 'entendis ensuite le tintement
musical et le drelin de la verrerie, que l'on déplaçait
également. Je me souvins alors que toutes ces choses avaient
été attachées à la table. Maintenant, tout bougeait. Des
voix se faisaient entendre autour de moi. Des voix aiguës,
des voix basses qui, je le crains, parlaient de moi. Que de
voix étranges, si différentes de toutes celles que j 'avais pu
connaître. Ma table se déplaça, mais en silence. Pas de
glissement, pas de grattement, seulement l'impression de
flotter. Je me mis à m'imaginer ce qu'une plume pouvait
bien ressentir lorsqu'elle était emportée par le vent. Puis le
mouvement de la table changea de direction. De toute évidence,
on me faisait suivre un couloir. Rapidement, nous
entrâmes dans ce qui semblait être une grande salle. L'écho
résonnait à une distance appréciable, voire considérable.
Finalement, je ressentis un dernier balancement latéral qui
me souleva le coeur, puis ma table se stabilisa sur ce que
mon expérience m'apprit être un plancher rocheux. Comment
cela était-il possible? Comment pouvais-je me trouver
soudainement dans ce que mes sens me disaient être une
caverne? Ma curiosité fut rapidement satisfaite, à moins
qu'elle ne se trouvât encore plus aiguisée? Je n'ai jamais
été certain de cela.

« On entendait un continuel babillage. Le tout se
déroulait dans une langue qui m'était totalement inconnue.
En même temps que ma table métallique se posait sur
le plancher rocheux, une main me toucha l'épaule et j'entendis
la voix de mon ravisseur: « Maintenant nous allons
te rendre la vue; tu devrais être suffisamment reposé. » Il y
eut un grattement, puis un cliquetis. Des couleurs tournoyèrent
autour de moi, des lumières firent des éclairs, baissèrent
quelque peu d'intensité et se stabilisèrent en une
sorte de dessin. Ledit dessin n'avait pour moi aucune signification
et ne me disait rien qui vaille. Je demeurai allongé,
me demandant ce que tout ceci pouvait bien signifier.
Il y eut un lourd silence. Je pouvais sentir des gens me
regarder. Puis une question fusa, courte, claire, comme
aboyée. J 'entendis les pas de mon ravisseur se diriger rapidement
vers moi. « Peux-tu voir? » me demanda-t-il.
« Je vois un dessin bizarre, répondis-je; ce dessin ne me
dit rien. Il s'agit d 'un motif de lignes sinueuses, de couleurs
mouvantes et de lumières aveuglantes comme l'éclair. C'est
tout ce que je vois. » Il marmonna quelque chose et s'éloigna
rapidement. On entendait des conversations étouffées et
le bruit d'objets métalliques s'entrechoquant. Les lumières
clignotèrent et les couleurs fusèrent. Le tout tourbillonna
dans une orgie de motifs des plus bizarres et se stabilisa. Je
pus voir.
« Nous nous trouvions dans une vaste caverne de quelque
soixante-dix mètres de haut. Sa longueur et sa largeur
dépassaient mes pouvoirs d'évaluation, car elles se fondaient
dans une obscurité située bien au-delà de mon champ
de vision. L'endroit était gigantesque et contenait ce que je
pourrais seulement comparer à un amphithéâtre dont les
sièges étaient occupés par - comment les appellerais-je? -
des créatures qui ne pouvaient que sortir d'un répertoire des
dieux et des démons. Aussi étranges que fussent ces choses,
un objet plus étrange encore se balançait au centre de l'arène:
un globe, dans lequel je reconnus le monde, était suspendu
devant moi et tournait lentement tandis qu'au loin une lumière
l'illuminait comme la lumière du Soleil illumine notre
Terre.

« Le silence se fit. Les étranges créatures me regardèrent
et je les regardai à mon tour, bien que je me sentisse
petit et absolument insignifiant devant cette puissante assemblée.
Il y avait là de petits hommes et de petites femmes qui
semblaient parfaits dans les moindres détails et dont la
beauté était celle des dieux. Une aura de pureté et de sérénité
émanait d'eux. Parmi les autres, il s'en trouvait qui,
eux aussi, avaient une apparence humaine, mais avec une
incroyable et curieuse tête d'oiseau, couverte de plumes ou
d'écailles (impossible pour moi de distinguer la différence) .
Bien qu'ayant forme humaine, leurs mains comportaient
d'abasourdissantes écailles ainsi que des griffes. Il y avait
aussi des géants. D 'immenses créatures qui apparaissaient
indistinctement comme des statues et qui écrasaient de leur
taille leurs moins imposants compagnons. Ces géants étaient
sans contredit des humains, mais d'une taille dépassant
tout entendement. Il y avait des hommes et des femmes
ou des individus de sexe masculin et de sexe féminin. Il y
en avait également d'autres qui auraient pu appartenir à l'un
ou à l'autre des deux sexes humains, comme à aucun d'ailleurs.
Ils étaient assis et me regardaient fixement jusqu'à ce
que je ressente un réel malaise à être ainsi fixé.
« D'un côté, un être semblable à quelque dieu se
tenait assis, hiératique, le visage austère. Enveloppé de
couleurs chatoyantes, il avait le calme olympien d'un dieu
trônant dans son Paradis. Il se mit à parler une fois de
plus dans une langue qui m'était inconnue. Mon ravisseur
se précipita vers moi et se pencha en me disant: « Je vais
mettre ces choses dans tes oreilles et ensuite tu seras capable
de comprendre le moindre mot qui sera prononcé ici. N'aie
pas peur. » Il empoigna le lobe supérieur de mon oreille
droite, le tira vers le haut d'une main tandis que, de l'autre,
il introduisait un petit appareil dans mon conduit auditif.
Puis, se penchant un peu plus, il fit de même avec mon
oreille gauche. Il tourna un petit bouton attaché à une boîte
près de mon cou et je pus entendre des sons . L'idée se fit
en moi que je pouvais comprendre l'étrange langue qui, précédemment,
m'était inintelligible. Je n'avais pas le temps
de méditer sur cette merveille: par la force des choses il
me fallait écouter les voix autour de moi , des voix que,
maintenant, j 'arrivais à comprendre.

#29 Pascuser

Pascuser

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Posté 16 novembre 2011 à 14:35

J'ai mis un passage en rouge et en gras, ça ne vient pas d'une mise en exergue du livre

--------------------------------

« Des voix que maintenant je pouvais comprendre ; une
langue que maintenant je comprenais. Oui, c'était bien
beau! mais la grandeur des concepts exprimés dépassait de
beaucoup le plafond de mon imagination. Je n'étais qu'un
pauvre prêtre venant de ce que l'on avait appelé « un pays
de sauvages », et mes capacités d'entendement étaient insuffisantes
pour me permettre de percevoir la signification de
ce que maintenant j 'entendais après avoir pensé être capable
de tout comprendre. Mon ravisseur remarqua que
j 'éprouvais des difficultés et s'approcha de moi une fois de
plus. « Qu'est-ce qu'il y a? » murmura-t-il.
« Je lui répondis en chuchotant: « Mon instruction comporte
trop de carences pour que je puisse comprendre ce
que l'on dit, exception faite des mots les plus simples. Les
choses que j 'ai entendues n'ont pour moi aucune signification;
je ne peux pas comprendre des pensées aussi élevées !
Affichant une expression soucieuse, il se dirigea en hésitant
vers un personnage important drapé dans de splendides
tissus qui se tenait près du trône du Très Grand. Une conversation
à voix basse s'ensuivit, puis les deux personnages
s'avancèrent lentement vers moi.
« Je tentai de suivre cette conversation dont j'étais l'objet,
mais en vain. Mon ravisseur se pencha sur moi et chuchota:
« Explique au Major les difficultés que tu éprouves. »
« Au Major? lui dis-je, je ne sais même pas ce que ce mot
veut dire ! » Je ne m'étais jamais senti aussi insuffisant,
aussi ignorant, aussi profondément frustré. Jamais je ne
m'étais senti aussi étranger à mon domaine. La personne
Major laissa tomber un sourire et me dit : « Comprends-tu
ce que je te dis? »

« Je comprends bien, Monseigneur, répondis-je, mais je
suis complètement ignorant de tout ce dont parle le Très
Grand. Je ne puis comprendre le sujet; les concepts qui y
sont exprimés me dépassent. » Il opina du chef et répondit:
« De toute évidence, c'est notre traducteur automatique qui
est à blâmer. Il n'est pas adapté à ton métabolisme, pas
plus qu'à tes ondes cérébrales. Peu importe, le Chirurgien
Général - celui que tu appelles ton ravisseur, si nous ne
nous abusons pas - va arranger tout cela et te préparera
pour la prochaine séance. Il s'agit d'un retard insignifiant
que j 'expliquerai à l'Amiral. »

« Il me fit un signe de tête amical et se rendit près du
Très Grand. Amiral? Je me mis à me demander ce que pouvait
bien être un Amiral. Et qu'était donc un Major? Ces
termes n'avaient pour moi aucune signification. Je pris une
contenance et attendis la suite des événements . Celui que
l'on appelait le Major s'approcha du Très Grand et lui parla
doucement . Tout semblait se dérouler très tranquillement,
très posément. Le Très Grand acquiesça d'un signe de tête
et le Major fit signe à celui que l'on appelait le Chirurgien
Général, c'est-à-dire mon ravisseur. Ce dernier s'avança et
une discussion animée s'ensuivit. A la fin, mon ravisseur
porta sa main droite à la tête dans un geste étrange que
j 'avais déjà remarqué, se retourna et se dirigea rapidement
vers moi tout en faisant des gestes à l'intention de quelqu'un
qui, apparemment, se trouvait en dehors de mon champ de
vision.

« La conversation se poursuivit sans interruption. Un
homme corpulent se tenait debout et j 'eus l'impression qu'il
discutait de quelque chose ayant trait aux approvisionnements
en nourriture. Une étrange femme se leva brusquement
et donna une sorte de réponse, qui semblait être une
violente protestation contre quelque chose que l'homme avait
dit. Son visage devint rouge (de colère?) et elle s'assit
soudainement. L'homme poursuivit, imperturbable. Mon
ravisseur vint vers moi et marmonna: « Tu m'as déshonoré
et rai dit que tu étais un sauvage ignorant. » Fâché, il tira
brusquement les tubes à entendre de mes oreilles et, d'un
geste rapide, fit quelque chose qui, instantanément, m'enleva
la vue une fois de plus. J 'eus la sensation de m'élever et
je sentis ma table s'éloigner de l'énorme caverne. Sans aucun
ménagement, on poussa ma table et son équipement le
long d'un couloir. J 'entendis des grincements et des cliquetis
métalliques, ressentis un changement soudain de direction
et eus l'impression désagréable de faire une chute. Ma table
heurta le plancher avec assez grand bruit et je devinai que
j'étais revenu dans la salle de métal d'où j 'étais parti. J 'entendis
des voix sèches, un froissement de tissu et des traÎnements
de pieds. La porte métallique glissa et on me laissa
une fois de plus en proie à mes pensées. Qu'est-ce que tout
cela pouvait bien signifier? Qui était l'Amiral? Qu'est-ce
qu'était le Major et pourquoi appelait-on mon ravisseur Chirurgien
Général? De plus, qu 'était ce lieu? Toute cette
affaire me dépassait, me dépassait terriblement. Je gisais
là, les pommettes brûlantes, le corps en feu. Je me trouvais
mortifié à l 'extrême d'avoir compris si peu de chose. Sans
nul doute, j 'avais agi comme un sauvage ignorant. Ils ont
dû penser exactement ce que j 'aurais pensé si, d'aventure,
j 'avais considéré un yack comme une personne sensée et que
je me fusse aperçu, après m'être adressé à lui, qu'il était
incapable de me répondre. Je fus inondé de sueur à l 'idée
d'avoir jeté la honte sur ma caste, la caste des prêtres, simplement
à cause de l'incapacité dans laquelle je me trouvais
de comprendre quoi que ce soit ; je me sentis terriblement
mal dans ma peau.

« Je gisais là, enlisé dans ma misère, en proie aux
pensées les plus noires comme les plus ignobles, soupçonnant
fortement que, pour ces gens inconnus, nous n'étions
tous que des sauvages. Je gisais là, et transpirais.
« La porte s'ouvrit dans un grincement. Des rires étouffés
et des bavardages meublèrent la pièce. Il s'agissait une
fois de plus de ces innommables femelles. Pleines d'enthousiasme
au travail, elles enlevèrent une fois de plus le simple
drap qui me recouvrait, me laissant aussi nu qu'un nouveauné.
On me roula sur le côté. On glissa sous toute la longueur
de mon corps un drap très, très froid enduit d'une
substance collante et, d'un geste violent, on me roula de
l'autre côté. J 'entendis un bruit sec comme un claquement
d'oriflamme tandis que l'on tirait un peu plus loin la bordure
du drap sous moi. Pendant un moment, j 'eus crainte
que l'on ne me précipite en bas de la table. Des mains de
femme se saisirent de ma personne et me décapèrent vigoureusement
à l'aide de solutions irritantes. On m'essuya rudement
avec quelque chose qui me fit penser à du vieux sac
de jute. Les parties les plus intimes de mon corps furent
explorées puis sondées et l'on y introduisit d'étranges instruments.

« Le temps passait; ma patience était chauffée à blanc,
au-delà de l'endurance humaine, mais il n'y avait pas grandchose
à faire. J 'avais été soigneusement immobilisé afin de
faire face à une telle éventualité. C'est alors que commença
à mon égard un véritable acte de violence qui me fit craindre
en tout premier lieu qu'on me torture. Les femmes
m'attrapèrent les bras et les jambes, les tordirent et les
plièrent dans tous les angles possibles. De dures mains
s'incrustèrent dans les muscles de mon corps et me pétrirent
comme si j 'avais été de la pâte. Les jointures et les
phalanges pénétrèrent dans mes chairs au point de me
couper le souffle. On m'écarta largement les jambes tandis
que les femmes, qui ne cessaient de jacasser inutilement, me
faisaient entrer les pieds dans de longues manches de laine;
elles enfilèrent ces dernières jusqu'à mes jambes, près de
mes cuisses. On me souleva en arrière du cou si bien que je
me trouvais penché vers l'avant, la taille pliée. On jeta une
espèce de vêtement sur la partie supérieure de mon corps
et on me l'attacha sur la poitrine et sur l'abdomen.
« Une mousse étrange, méphitique, s'étala sur mon cuir
chevelu et, immédiatement, j 'entendis un bourdonnement infernal.

Ce bourdonnement me pénétrait tant et si bien qu'il
me faisait claquer des dents - les rares dents qui me restaient
encore après être passé aux mains des Chinois qui me
les avaient pratiquement toutes cassées. J 'eus l'impression
d'être tondu, et cela me fit penser aux yacks dont on tondait
la laine. Un tube dont la surface était si rude que je sentis
quasiment la peau s'écorcher à son contact fut posé sur ma
tête sans défense en même temps qu'une autre sorte de
brouillasse. La porte glissa une fois de plus, puis j 'entendis
des voix d'hommes. Je reconnus l'une d'elles : c'était celle
de mon ravisseur. Il vint à moi et, me parlant dans ma propre
langue, me dit : « Nous allons exposer ton cerveau et
tu n'as rien à craindre. Nous allons t'installer des électrodes
en plein dans ton . . . » Les mots ne signifiaient rien pour
moi, sauf que j 'allais encore connaître bien des tourments
sans rien pouvoir faire.

« D 'étranges odeurs flottèrent dans l'air. Les femmes cessèrent
leur jacasserie. Toute conversation cessa. Il y eut
des entrechoquements de métal, un gargouillement de liquides,
et je sentis soudainement une forte piqûre dans mon
biceps gauche. On me saisit violemment le nez et l'on
m'introduisit par l'une des narines un étrange appareil tubulaire
que l'on me fit descendre jusque dans la gorge . Je
sentis une succession de fortes piqûres tout autour de ma
boîte crânienne, qui, instantanément, devint insensible. J 'entendis
un sifflement aigu et une machine des plus horribles
toucha mon crâne et se mit à ramper autour de lui. Elle me
sciait l'extrémité de la tête. Cette pulsation crissante, terrible,
pénétrait chaque atome de mon être; j 'avais l'impression
que tous les os de mon corps protestaient en vibrant à l'unisson.
Finalement, comme je me sentais mieux, toute la partie
supérieure de ma tête se trouva sectionnée à l'exception
d'une petite languette de chair formant charnière et rattachant
encore ma calotte crânienne au reste. Maintenant, je
me trouvais dans un état de terreur, une forme de terreur
des plus étranges parce que, bien que je fusse terrifié, j 'étais
décidé à ce que la mort elle-même ne me fasse pas broncher.
« Maintenant, d'indescriptibles sensations m'assaillaient.
Sans aucune raison valable, je me mis soudainement à pousser
un long cri viscéral, une sorte de « aahhhaahhhaahhhh » ,
puis mes doigts commencèrent à être pris de violents tics
nerveux. Un chatouillement, qui se manifesta dans l'une de
mes narines, me força à éternuer brusquement - bien que
j 'en fusse incapable. Mais le pire allait suivre. Soudainement,
devant moi, se tenait mon grand-père maternel. Il était
vêtu de l'habit des fonctionnaires gouvernementaux. Il me
parlait et un doux sourire illuminait son visage. Je le regardai,
mais, d'un seul coup, ce fut comme un choc pour
moi: je ne pouvais pas le regarder puisque je n'avais pas
d'yeux! Quel genre de magie était-ce donc? J'eus un cri
de surprise durant lequel l'apparition de mon grand-père
s'estompa, et mon ravisseur vint se placer à mes côtés.

« Qu'est-ce qui se passe? » demanda-t-il. Je me mis en devoir
de le lui expliquer. « Oh ! ce n'est rien! s'exc1ama-t-il.
Nous sommes simplement en train de stimuler certains centres
de ton cerveau afin que tu puisses mieux comprendre.
Nous voyons que tu as les capacités, mais on t'a plongé
dans l'avachissement et l'abrutissement de la superstition,
ce qui ne t'a guère ouvert l'esprit. Nous le faisons pour
toi . »

« Une femme me vissa littéralement les petits appareils
à entendre dans les conduits auditifs et, à en juger par la
brutalité avec laquelle elle s'exécuta, elle aurait aussi bien
pu planter des piquets de tente dans un sol desséché. Il y
eut un déclic et je pus comprendre l'étrange langue, mais
comprendre au plein sens du terme. Des mots comme cortex,
moelle allongée, psychosomatique, bref bien des termes médicaux
m'étaient parfaitement intelligibles quant à leur signification
et aux implications s'y rapportant. On était en
train d'améliorer mon quotient intellectuel de base - et je
savais ce que tout cela signifiait, mais il s'agissait d'une
rude épreuve, d'une épreuve épuisante. Le temps paraissait
s'être immobilisé. Des gens semblaient tourner sans arrêt
autour de moi et ils n'arrêtaient pas de parler. Toute cette
histoire devint ennuyante au possible. Je ne désirai que
quitter cette pièce, cet endroit aux odeurs étranges, cet endroit
où l'on avait sectionné le sommet de ma tête comme on
enlève le chapeau à un oeuf dur. Ce n'est pas que j'eusse
déjà vu un oeuf dur - ils étaient destinés aux marchands
et à ceux qui avaient de l'argent, non aux pauvres moines
qui se contentaient de tsampa.

« De temps en temps, des gens faisaient des remarques
ou me posaient des questions. Comment allais-je? Est-ce
que ça me faisait mal? Pensais-je avoir vu quelque chose?
Quelle couleur avais-je pensé voir? Mon ravisseur se tint
près de moi pendant quelque temps et me raconta que l'on
était en train de stimuler plusieurs de mes centres et que
je devrais, pendant tout le traitement, ressentir des sensa-
tions qui m'épouvanteraient. « M'épouvanter? Tout le
temps, j 'avais eu peur », lui expliquai-je. Il se mit à rire et
me fit remarquer de façon fortuite qu'à la suite du traitement
que j 'étais en train de subir, j 'allais être condamné à
vivre en ermite tout au long d'une longue vie à cause de
l'affûtement de mes perceptions qui allait devenir mon lot.
Personne ne vivrait jamais avec moi, à ce qu'il m'expliqua,
et ce, jusque vers la fin de ma vie, lorsqu'un jeune homme
viendrait pour emmagasiner toutes les connaissances que je
possédais, pour les garder et éventuellement les dévoiler à
un monde incrédule.

« Enfin, après ce qui me sembla être une éternité, ma
calotte crânienne fut replacée. On m'inséra d'étranges attaches
métalliques pour rassembler les deux parties de crâne.
On enroula une bande de tissu tout autour de ma tête et tous
quittèrent la pièce, à l'exception d'une femme qui s'assit à
mon chevet. D'après le bruit de papier que je percevais, il
était évident qu'elle lisait au lieu de se concentrer sur son
travail. J 'entendis le doux floc du livre tombant par terre
et les ronflements de la femme. C'est alors que je décidai
que, moi aussi, j 'allais dormir! »

« Ne sortez-
vous donc jamais, ô Vénérable? » demanda-t-il.
« Non, jamais, répliqua l'ermite. Ici, je connais chaque
pierre. I ci , le fait d'avoir perdu la vue ne me dérange pas
outre mesure, mais m'aventurer dehors avec tous ces rochers
et ces précipices, ça, c'est une autre affaire! Je serais même
capable de choir dans le lac; je pourrais, après être sorti de
cette caverne, ne plus retrouver mon chemin . . . »

« 0 Vénérable, dit le jeune moine d'un ton hésitant,
comment êtes-vous parvenu à trouver cette caverne isolée
et inaccessible? L'avez-vous découverte par hasard? »
« Non, pas par hasard, répondit le vieillard. Lorsque les
Hommes d'un Autre Monde en eurent terminé avec moi,
ils m'amenèrent ici. Ils firent cette caverne spécialement
pour moi! » Il se détendit quelque peu et eut un sourire de
satisfaction, sachant pertinemment quel effet cette phrase
aurait sur son interlocuteur. Le jeune moine fut si surpris
qu'après s'être balancé, il faillit tomber à la renverse. « La
firent pour vous? dit-il en bégayant. Mais comment ont-ils
pu creuser un trou de cette dimension dans la montagne? »
Le vieillard eut un rire étouffé et malicieux. « Deux
hommes m'amenèrent ici, dit-il. Ils m'amenèrent sur une
plate-forme qui volait dans l'air tout comme les oiseaux.
Mais cela ne faisait pas de bruit, moins de bruit que les
oiseaux, car ils grincent; je suis capable d'entendre leurs
ailes grincer lorsqu'elles battent l'air; je suis capable d'entendre
le vent glisser dans leurs plumes. Cette chose dans
laquelle je fus amené ici était aussi silencieuse que ton ombre.
Elle s'élevait sans effort, il n'y avait pas de déplacement
d'air ou de sensation de vitesse. Les deux hommes
décidèrent de poser pied à terre ici. »

« Mais pourquoi ici, ô Vénérable? » demanda le jeune
moine.
« Pourquoi? répondit le vieillard. Pourquoi? Eh bien!
pense aux avantages. Nous nous trouvons à seulement quelques
centaines de mètres de la route qu'empruntent les caravanes.
Les marchands viennent me demander des conseils
ou se faire bénir et ils me paient en me donnant de l'orge.
Nous nous trouvons près des pistes qui mènent à deux petites
lamaseries et à sept ermitages. Je ne meurs pas de faim
ici. On me rapporte des nouvelles. Les lamas font appel à
moi, car ils connaissent ma mission - la tienne aussi ! »
Le jeune moine insista : « Mais, Maître, les passants ont
dû être terriblement surpris lorsqu'ils se sont aperçus qu'il
y avait ici une profonde caverne à un endroit où l'on n'en
avait jamais vu auparavant ! »
L'ermite se mit à glousser de joie. « Jeune homme, dit-il,
t'es-tu bien promené aux alentours? As-tu remarqué combien
il y avait de cavernes entre ici et le Bord de l'Eau? Non?
Il n'y en a pas moins de neuf. Tu ne t'intéressais pas aux
cavernes, voilà tout; donc tu ne les a pas remarquées! »
Le jeune homme, ahuri, demanda : « Comment deux
hommes ont-ils pu creuser cette caverne? Cela a dû prendre
des mois! »
« Grâce à une magie qu'ils appelaient la science atomique,
répondit le vieil ermite d'un air plein de patience. L'un
des hommes s'assit sur la plate-forme et fit le guet afin de
s'assurer qu'il n'y avait pas de curieux. L'autre tenait à la
main un petit appareil. Il y eut un rugissement semblable à
celui des diables affamés, et - c'est du moins ce que l'on
me raconta - la roche se vaporisa et il n'y eut plus qu'une
caverne contenant deux chambres. Dans ma chambre intérieure
s'écoule un filet d'eau très mince qui me remplit mon
écuelle deux fois par jour. Cela suffit amplement à mes besoins.
C'est ainsi que ce fut arrangé, afin que je n'aie pas
à me rendre au lac puiser de l'eau. Si je n'ai pas d'orge,
comme cela m'est quelquefois arrivé, je mange le lichen qui

pousse dans la chambre intérieure. Ce n'est pas très bon,
mais cela me permet de me maintenir en vie jusqu'à ce que
je puisse avoir de l'orge. »
Le jeune moine se mit debout et s'approcha du mur de
la caverne qui se trouvait le plus près de la lumière du
jour. Oui, le roc semblait vraiment bizarre et paraissait semblable
aux tunnels des volcans éteints qu'il avait pu voir
dans les hautes terres du Tchang Tang. Le roc semblait
avoir fondu, puis coulé; il semblait s'être refroidi en une
surface dure comme du verre, sans aucune aspérité ni saillie.
Cette surface paraissait transparente et, à travers cette couche
translucide, on apercevait les stries du roc naturel avec,
ici et là, une veine brillante contenant de l'or. A l'un des
endroits il remarqua que l'or avait fondu et qu'il avait commencé
à couler le long du mur comme un épais sirop; puis il
s'était refroidi et avait été recouvert par le verre qui s'était
formé lorsque la couche de bioxyde de silicium avait refusé
de se cristalliser pendant le refroidissement. C'est ainsi que
la caverne avait des murs en verre naturel!

Puis, après s'être longtemps éclairci la voix et avoir expectoré,
il reprit son récit.
« La femme s'endormit, puis ce fut mon tour, mais je
ne dormis pas longtemps. Elle ronflait abominablement et
la tête m'élançait. J 'avais l'impression que mon cerveau enflait
et qu'il tentait de faire sauter ma calotte crânienne.
Puis je ressentis comme une douleur lancinante dans les
vaisseaux sanguins du cou et je crus que j'allais m'affaisser.
J 'entendis un changement dans le rythme des ronflements,
un traînement de pieds. Brusquement, en poussant
une exclamation de surprise, la femme se mit debout et
accourut à mon chevet. Je perçus les tintements et les
entrechoquements familiers et remarquai une modification
du cycle que suivaient les liquides qui entraient ou sortaient
de mon corps. Au bout d'un moment, les pulsations cessèrent
dans mon cerveau, la pression que je ressentais dans le
cou s'allégea et la cicatrice circulaire de mon crâne Cessa de
me faire souffrir.

« La femme se mit au travail, entrechoqua les pièces de
verrerie et les instruments métalliques. Je l'entendis craquer
lorsqu'elle se baissa pour ramasser le livre qu'elle avait laissé
tomber. L'un des meubles grinça tandis qu'on le poussait
sur le plancher pour le déplacer. Puis elle s'approcha du
mur et j 'entendis le glissement et le déclic que fit la porte
lorsqu'elle se referma derrière elle. Je perçus les bruits
décroissants de ses pas le long du couloir. J 'étais là, étendu,
et je pensais à tout ce qui m'était arrivé. Il fallait bien que
je sois étendu, pour la bonne raison que je ne pouvais
bouger! On avait vraiment fait quelque chose à mon cerveau.
J 'étais plus alerte; je pouvais penser de façon plus
claire. Avant cela, j 'avais été l'objet de pensées fumeuses
que je m'étais empressé de repousser quelque part dans le
tréfonds de mon esprit parce que je n'avais pas été capable
de les définir avec exactitude. A présent, tout était clair
comme de l'eau de roche.

« Je me souvenais de ma naissance, du premier regard
sur ce monde dans lequel j 'étais venu prématurément. Le
visage de ma mère. La figure ratatinée de la vieille sagefemme.
Un peu plus tard, mon père qui portait le nouveauné
que j 'étais et qui semblait avoir peur de moi, car j 'étais
le premier nouveau-né qu'il eût jamais vu. Je me souvins de
son expression anxieuse et du souci qu'il se faisait en voyant
une figure aussi rouge et aussi plissée. Puis ce furent des
scènes de ma tendre enfance qui me revinrent à la mémoire.
Le plus cher désir de mes parents avait toujours été d'avoir
un fils prêtre afin que cet honneur puisse rejaillir sur la famille.
Je me souvins de l'école et de toute une horde d'enfants
assis sur le plancher et s'exerçant à écrire sur des
ardoises. Je me souvins du moine enseignant allant de l'un
à l'autre, distribuant compliments ou réprimandes et me
disant qu'étant donné que je travaillais bien, je devais rester
plus tard de façon à apprendre plus de choses que mes
compagnons.

« Ma mémoire était infaillible. Je pus me rappeler facilement
des images publiées dans des magazines apportés par
les marchands indiens, des images que je ne me rappelais
même pas avoir vues. Mais la mémoire est un instrument à
double tranchant; je me souvins dans tous les détails des
tortures que j 'avais subies aux mains des Chinois. Parce que
l'on m'avait vu transporter des papiers en provenance du
Potala, les Chinois avaient déduit qu'il s 'agissait de secrets
d'Etat, m'avaient kidnappé et torturé pour me faire dire
quels étaient ces prétendus secrets. Moi, un humble petit
prêtre dont le secret le plus profond que je pouvais avoir à
garder était de savoir combien de nourriture les lamas absorbaient.
« La porte s'ouvrit avec un siffiement métallique. Plongé
dans mes pensées, je n'avais pas remarqué les pas qui se
rapprochaient dans le couloir. Une voix me demanda :
« Comment vas-tu maintenant?» et je sentis que mon ravisseur
se tenait près de moi. Tandis qu'il parlait, il s'occupait
de l'étrange appareil auquel j 'étais raccordé . « Comment
vas-tu maintenant? » me demanda-t-il une seconde fois.
« Bien, lui répondis-je, mais mécontent à cause des étranges
choses qui me sont arrivées. Je me sens comme un yack
malade sur une place de marché ! » Il se mit à rire et se
rendit dans l'un des coins de la pièce. Je pus entendre un
froissement de papier, le bruit précis que font les pages
d'un livre lorsqu'on les tourne.

« Monsieur! lui dis-je, qu'est-ce qu'un Amiral? Je suis
vraiment perplexe . . . Et qu'est-ce qu'un Major? »
« Il posa un gros volume ou, du moins, ce qui, d'après
le bruit, me sembla être un livre et s'approcha de moi . « Oui,
répliqua-t-il, non sans une nuance de pitié dans la voix, je
suppose que, selon toi, on fa traité plutôt mal . . . » Il
se déplaça et je l'entendis tirer l'un de ces étranges sièges
métalliques. Lorsqu'il s 'assit dessus, le siège émit d'inquiétants
craquements. « Un Amiral, reprit-il d'un ton espiègle,
eh bien ! c'est relativement compliqué à te dire; on t'expliquera
ça plus tard . . . Toutefois, je vais satisfaire immédiatement
ta curiosité. Tu te trouves sur un vaisseau qui voyage
à travers l'espace - ou du moins ce que nous appelons la
Mer spatiale, parce qu'à la vitesse à laquelle nous voyageons,
la matière clairsemée qui se trouve dans l'espace
tombe si rapidement sous nos sens qu'elle semble n'être
qu'une mer composée d'eau. Me suis-tu? »

« Je me mis à réfléchir et - oui - je suivais son raisonnement
en pensant à notre Rivière Heureuse et aux esquifs
recouverts de peaux qui la traversaient. « Oui, je vous suis »,
lui répondis-je. « Bien, alors, poursuivit-il. Notre vaisseau
fait partie d'un groupe. Il est le plus important de ce groupe.
Chaque vaisseau - y compris celui-ci - possède un
capitaine; quant à un Amiral, c'est, disons . . . le capitaine
de tous les capitaines. Le nom que nous employons est Amiral.
Maintenant, en plus de nos marins de l'espace, nous
avons à bord des soldats, et il est courant qu'on ait un doyen
des officiers supérieurs qui remplit les fonctions d'adjoint de
l'Amiral. Nous appelons un tel adjoint Major. Pour m'exprimer
en vos propres termes, un supérieur de monastère a
un vicaire à sa disposition, qui s'acquitte des tâches d'ordre
général tout en laissant les grandes décisions à son aîné. »
« Tout cela était suffisamment clair et je songeai à la
chose lorsque mon ravisseur se pencha un peu plus vers moi
et chuchota: « . . . Et, s'il te plaît, ne me nomme pas ton
ravisseur. Je suis le premier chirurgien de ce navire. Une
fois de plus, pour employer tes propres termes et tes propres
références, je remplis le même rôle que le doyen des
lamas médecins du Chakpori. Tu dois donc m'appeler Docteur
et non Ravisseur ! » Je m'amusai à l'idée que de tels
grands hommes puissent avoir aussi leurs faiblesses . . . Un
homme comme lui, affiigé parce qu'un sauvage ignorant (c'est
ainsi qu'il m'avait qualifié) l'avait appelé « Ravisseur » !
J e décidai de me moquer un peu d e lui e t répondis humblement:
« Oui, Docteur », ce qui me valut de sa part un
sourire de reconnaissance accompagné d'un signe de tête fort
approbateur.

« Pendant quelques instants, il s'occupa de certains instruments
qui semblaient rattachés à ma tête. On effectua
de nombreux ajustements; on varia le débit d'écoulement des
liquides; d'étranges choses me laissèrent une impression de
chatouillement dans le cuir chevelu. Après un moment il
me dit: « Tu te reposeras pendant trois jours. D'ici là, les
os se seront ressoudés et la cicatrisation accélérée aura déjà
bien commencé. Puis, à condition que tu sois en aussi bonne
forme que nous l'espérons, nous te ramènerons devant la
Chambre du Conseil et nous te montrerons beaucoup de
choses. Je ne sais si l'Amiral désirera t'adresser la parole;
s'il le fait, ne crains rien. Contente-toi de lui parler comme
tu me parlerais. » Il eut une arrière-pensée et ajouta d'un
air lugubre: « . . . Mais sur un ton plus poli ! » Il me tapota
l'épaule et quitta la pièce.

« Je gisais là, immobile, pensant à mon avenir. Avenir?
Quel avenir y avait-il pour un aveugle? Qu'allais-je faire si
d'aventure je quittais cet endroit en vie? Désirais-je seulement
le quitter vivant? Aurais-je à mendier ma pitance
comme les gueux qui pullulaient à la Porte de l'Occident?
La plupart d'entre eux étaient d'ailleurs de faux mendiants.
Je me demandai comment j 'allais pouvoir vivre et où j 'allais
obtenir quelque chose à manger. Le climat de notre pays est
un climat dur; notre pays n'est pas l'endroit rêvé pour celui
qui n'a pas de toit sous lequel se reposer. Tous ces événements
et ces soucis m'avaient inquiété et épuisé si bien que
je sombrai dans un sommeil agité. De temps à autre,
je sentais que la porte coulissante s'ouvrait et je décelais la
présence de gens qui venaient peut-être voir si je vivais
encore. Les cliquetis et le tintement du verre me tirèrent à
peine de ma torpeur. Je n'avais aucun moyen de mesurer
l'écoulement du temps. Dans des conditions normales, nous
nous servions des battements de notre coeur pour compter
les minutes, mais ici il s'agissait d'heures, dont quelquesunes
au cours desquelles j 'étais inconscient.

« Après un laps de temps qui me parut assez long -
laps de temps au cours duquel j 'eus l'impression de flotter
entre le monde matériel et le monde spirituel - je fus brutalement
ramené à l'état de pleine conscience. Ces redoutables
bonnes femmes s'abattaient une fois de plus sur moi
comme des vautours sur un cadavre . J 'étais offensé par leur
caquetage et leurs gloussements ; j 'étais encore bien plus
offensé par les libertés libidineuses qu'elles se permettaient
à l'endroit de mon corps sans défense. Et pourtant, je n'étais
pas capable de parler leur langue; je n'étais même pas capable
de bouger. J'étais perplexe devant le fait que des femmes
telles que celles-là, appartenant au sexe prétendument
faible, puissent avoir des mains si dures et un coeur plus dur
encore. J 'étais émacié, frêle et dans un état de santé tout
ce qu'il y a de médiocre. Pourtant, ces créatures tournaient
autour de moi comme si j 'avais été un bloc de pierre. On
me barbouillait avec des lotions, on faisait pénétrer des onguents
à l'odeur fétide dans ma peau ratatinée, on arrachait
littéralement les tubes qui se trouvaient dans mes narines
ainsi qu'en d'autres endroits de mon anatomie pour les
remplacer aussi brutalement par des tubes propres. Je frissonnai
jusqu'au fond de l'âme et me demandai une fois de
plus par quelle diabolique ironie du destin j 'avais bien pu
être condamné à subir une telle humiliation.
« Une fois ces repoussantes femelles disparues, la paix
descendit en moi pendant un court moment. Puis la porte
glissa encore et mon ravisseur, non, je dois me rappeler
qu'il faut dire « le docteur », entra et referma la porte derrière
lui. « Bonjour, je vois que tu es réveillé », me dit-il
d'un air aimable.

« Oui, Monsieur le Docteur, lui répondis-je sur un ton
quelque peu grincheux, il est absolument impossible de dormir
lorsque ces femmes jacassent et me tombent dessus comme
des pestes ! » Cette remarque sembla grandement l'amuser.
On eût dit qu'après tout ce qui s'était passé, il commençait
à me connaître un peu mieux, qu'il me traitait un
peu plus comme un être humain, enfin . . . un être humain
pas très brillant. « Nous avons besoin de ces infirmières,
me dit-il, afin qu'elles s'occupent de toi, qu'elles te tiennent
propre et que tu sentes bon. On t'a poudré, parfumé et préparé
pour une autre journée de repos. »

« Du repos! Du repos! Je ne voulais pas de repos. Je
voulais sortir. Mais où pouvais-je bien aller? Tandis que
le docteur examinait les cicatrices opératoires de mon crâne,
je me mis à penser une fois de plus à tout ce qu'il m'avait
dit. Quand était-ce, au fait? Hier? Avant-hier? Je ne pouvais
le dire. Tout ce que je savais, c'est qu'il y avait quelque
chose qui me tracassait énormément. « Monsieur le Docteur,
lui dis-je, vous m'avez dit que je me trouvais dans un
vaisseau spatial. Vous ai-je bien compris? »
« Bien sûr, répondit-il, tu te trouves à bord du navire
amiral de cette flotte de surveillance. Nous nous trouvons
actuellement sur un plateau montagneux sis dans les Hautes
Terres du Tibet. Pourquoi ? »

« Monsieur! répondis-je, lorsque je me trouvais dans
cette pièce, en face de tous ces gens étonnants, j 'ai remarqué
que nous nous trouvions dans une immense chambre
taillée dans la pierre; comment une chambre en pierre
peut-elle se trouver à bord de ce vaisseau?»
« Il se mit à rire comme si je lui avais raconté la blague
la plus drôle qui soit. Se reprenant, il me dit entre deux
gloussements : « Tu es vigilant, très vigilant, et tu as raison.
Le plateau rocheux sur lequel ce vaisseau repose fut jadis
un volcan. Il existe au sein de ce plateau d'immenses salles
et de profonds couloirs à travers lesquels, en des temps
immémoriaux, la lave en fusion coulait et se frayait un chemin.
Nous nous servons de ces passages et avons agrandi ces
salles pour qu'elles puissent répondre à nos besoins. Nous
utilisons beaucoup cet endroit et différents types de vaisseaux
spatiaux l'utilisent de temps à autre. Nous t'avons
fait passer du navire à la chambre taillée dans le roc. »
« Passer du navire à une chambre taillée dans le roc!
Ceci expliquait l'étrange impression que j 'avais ressentie,
l'impression de quitter un couloir en métal pour une salle
creusée dans de la pierre. « Monsieur le Docteur, m'exclamai-
je, je suis au courant des tunnels et des salles souterraines;
il existe une vaste salle secrète dans la Montagne du
Potala; on y trouve même un lac. »

« Oui, remarqua-t-il, nos photographies géophysiques
nous ont montré cela. Nous ne pensions cependant pas que
vous autres, Tibétains, l'aviez découverte ! » Il continua à
jouer avec ses appareils. J 'étais pleinement conscient qu'il
opérait des modifications dans la circulation des liquides
qui parcouraient les tubes et pénétraient dans mon corps.
Un changement se manifesta dans ma température et, sans
que ma volonté puisse avoir à intervenir, ma respiration
devint plus lente et plus profonde; on me manipulait comme
une marionnette sur la place du marché.
« Monsieur le Docteur! fis-je remarquer d'un air passionné,
nous connaissons vos navires spatiaux et nous les appe-
Ions les Chariots des Dieux. Pourquoi ne vous mettez-vous
pas en rapport avec nos dirigeants? Pourquoi ne manifestez-
vous pas ouvertement votre présence? Pourquoi devezvous
donc effectuer des enlèvements de manière furtive,
comme dans mon cas? »

« Il aspira une grande bouffée d'air et fit une pause
avant de me répondre finalement. « Euh . . . Eh bien !
c'est-à-dire que . . . bégaya-t-il, si je te donne la raison de
notre comportement, cela ne provoquera de ta part que des
remarques fort caustiques qui ne pourraient que se révéler
néfastes pour nous deux. »
« Non, Monsieur le Docteur, répondis-je, je suis votre
prisonnier tout comme j 'étais le prisonnier des Chinois et
je ne puis me permettre de vous provoquer. J 'essaie simplement,
à ma manière barbare, de comprendre les choses
- ce qui, à ce que je sache, correspond également à vos
désirs. »

« Il tourna en rond en traînant les pieds. Il était clair
qu'il était en train de décider de la meilleure conduite à
suivre envers moi. En venant à une décision, il me dit :
« Nous sommes les Jardiniers de la Terre et, bien sûr, d'autres
mondes habités. Un jardinier ne discute pas de son
identité ou de ses intentions avec ses fleurs. Ou encore,
pour parler de choses plus élevées, si un gardien de yacks
tombe sur un yack qui semble être un peu plus brillant que
la moyenne, ledit gardien ne va pas dire à cet animal:
« Conduis-moi à ton Chef », pas plus qu'il ne discute avec
ce yack intelligent de choses qui se trouvent nettement hors
de sa portée. Il n'est pas dans nos habitudes de fraterniser
avec les indigènes des mondes que nous surveillons. Nous
l'avons fait en des temps immémoriaux. Cela se révéla désastreux
pour tous et donna naissance à de fantastiques légendes
dans votre propre monde. »


« Je me mis à renâcler de colère et de dépit. « Vous me
dites d'abord que je suis un sauvage et un barbare et maintenant
vous me traitez comme un yack - ou plutôt me
comparez à un yack, lui dis-je d'un air réprobateur. Dans
ces conditions, si je suis un être si inférieur, pourquoi me
gardez-vous prisonnier ici? » Sa réponse fut sèche: « Parce
que nous nous servons de toi. Parce que tu possèdes une
mémoire extraordinaire que nous sommes en train d'affûter.
Parce que nous voulons tout simplement faire de toi un
puits de savoir pour celui qui viendra te visiter presque à
la fin de tes jours. Maintenant, dors ! » J 'entendis ou plutôt
j 'eus l'impression qu'on touchait un bouton, puis je fus
envahi par une vague noire qui roula lentement sur moi et
je sombrai dans l'inconscience.

#30 Prema

Prema

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Posté 16 novembre 2011 à 17:31

Dur pour l'ego humain d'entendre de tels propos! :-)
Merci Pascuser pour ce partage.
Si le climat était une banque il serait déjà sauvé.
Hugo Chavez