Content que tout ceci vous intéresse aussi Prema, gill et les autres lecteurs du sujet.
Bon extrait que tu as choisi gill!
La deuxième phase, oui je suis persuadé qu'on est en cours.
J'ai rencontré un contacté français (Trintawak sait de qui je parle, on l'a rencontré ensemble) et l'information qu'il a eu aussi est qu'il y a un plan en place appelé plan R, R pour Restructuration.
Beaucoup d'engins spatiaux sillonnent en mode non visible (mode éthéré) notre atmosphère pour effectuer des nettoyages énergétiques afin de passer à cette phase du plan qui arrive; selon ce qu'il a comme information.
On sait tous (tous ceux qui ont lu un peu en ésotérisme et contact ET) que la phase actuelle d'écroulement du système économique qui est sensé se produire comme seulement un début de la phase de changement des systèmes terrestres dans le cadre du changement qui accompagne le plan R.
On a aussi un autre contacté français dont j'ai parlé ici:
http://www.conspirov...p?showtopic=721
qui a eu des informations sur des interventions ET dans le cadre des transformations à venir; autrement.
Je continue le fil du livre sur l'Ermite.
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« Des heures interminables s'écoulèrent laborieusement.
Je me trouvai dans un état d'hébétude et de stupéfaction où
la réalité n'existait plus et où le passé, le présent et l'avenir
ne faisaient plus qu'un. Devant moi défilaient ma vie passée,
l'état d'impotence à cause duquel je ne pouvais ni voir
ni bouger, l'effrayante crainte que j 'entretenais à l'égard de
l'avenir une fois sorti « d'ici » - si toutefois j 'en sortais. De
temps en temps, les femmes venaient me voir et m'administraient
d'étonnants traitements. On me tordait et l'on me
faisait plier les membres, on me faisait tourner la tête; toutes
les parties de mon corps se faisaient presser, pincer, pétrir,
bourrer de coups de poing. De temps en temps, des groupes
d'hommes entraient et se tenaient près de moi en s'entretenant
de ma personne. Je ne pouvais les comprendre,
bien sûr, mais c'est ce que j 'en conclus. Et puis ils me piquaient
aussi des choses dans le corps, mais je ne leur donnais
pas la satisfaction de me voir sourciller lorsque je subissais
quelque piqûre. Je me laissais aller . . . laissais aller.
« Arriva un temps où je fus une fois de plus sur le quivive.
Avant cela, j 'avais somnolé un nombre inconnu
d'heures. Bien que je fusse conscient du glissement de la
porte, cela ne me dérangeait point. J 'étais retiré en moimême,
me sentant comme engoncé dans des épaisseurs de
laine et me souciant peu de ce qui pouvait bien arriver à
qui que ce soit, y compris à moi-même. Soudainement, je
ressentis une série de déchirements aigus tout autour de
mon crâne. On me tâtait, on me farfouillait, et quelqu'un
me dit dans ma propre langue: « Ah ! bien! réanimons-le! »
Je perçus un bourdonnement étouffé et je n'en fus conscient
que lorsqu'il s'arrêta avec un léger bruit de déclic. Instantanément,
je me sentis pleinement alerte, plein de vie et
tentai de m'asseoir. Une fois de plus je fus déçu. Mes
efforts les plus violents ne se traduisaient par aucun mouvement
de mes membres. « Ils nous est revenu », dit quelqu'un.
«Hé! Peux-tu nous entendre? » demanda quelqu'un
d'autre.
« Oui, je le puis, répliquai-je, mais comment se fait-il
que vous sachiez parler tibétain? Je pensais que seul
Monsieur le Docteur était capable de communiquer avec
moi. » Il y eut un rire discret, puis une réponse: « Tu te
sers de notre langue . . . Tu comprendras maintenant tout
ce que nous te dirons. »
« Une autre voix se mêla à la conversation, comme en
aparté : « Comment l'appelez-vous? » Une voix que je reconnus
être celle du docteur répondit : « Comment nous l'appelons?
Oh! nous ne lui avons point donné de nom, je me
contente de lui dire « tu » . »
« L'Amiral exige qu'il ait un nom, affirma quelqu'un
d'autre, c'est à vous de décider comment nous devons l'appeler.
» Une discussion relativement animée s'engagea au
cours de laquelle on suggéra plusieurs noms. Certains d'entre
eux étaient très insultants et indiquaient qu'aux yeux de
ces hommes, j 'avais un statut inférieur à celui que nous reconnaissons
aux yacks ou aux vautours charognards. Finalement,
lorsque les commentaires devinrent un peu trop
licencieux, le docteur déclara: « Mettons un terme à tout
cela, cet homme est moine; par conséquent, nous pouvons
fort bien le nommer Moine en faisant ainsi allusion à sa
qualité. » Le silence se fit pendant un moment, puis je perçus
un bruit de mains spontané et j 'estimai - avec raison,
d'ailleurs - qu'il s'agissait d'applaudissements. « Très bien,
déclara une voix que je n'avais pas entendue auparavant,
adopté à l'unanimité! Dorénavant, il portera le surnom de
Moine; que ce soit enregistré ainsi. »
« Une conversation à bâtons rompus s'ensuivit, une conversation
sans intérêt pour moi, puisque je découvris que
ces hommes discutaient des vertus réelles ou douteuses des
femmes et évaluaient la facilité avec laquelle on pouvait les
posséder. Certaines des allusions ayant trait à des caractéristiques
d'ordre anatomique me dépassaient tellement que
je ne fis aucun effort pour suivre la discussion; néanmoins,
je me contentai d'imaginer l'apparence de ces personnes.
Certains des hommes étaient petits, d'autres gros. Il y avait
quelque chose de très étrange; une chose en particulier m'embarrassait
grandement, car, au meilleur de ma connaissance,
il n'existait pas sur terre de gens dont les caractéristiques
ou la taille ressemblaient à celles de ces hommes-là.
« Je fus ramené à la réalité par un soudain traînement
de pieds et ce qui m'apparut être un bruit de recul de ces
étranges sièges. Les hommes se mirent debout, puis un à
un quittèrent la pièce. Finalement, un seul d'entre eux demeura:
le docteur. « Plus tard, dit-il, nous te ramènerons
devant la Chambre du Conseil, celle qui se trouve dans la
montagne. Ne sois pas nerveux, Moine, il n'y a rien à craindre.
Cela pourra te paraître étrange, mais on ne te fera pas
de mal. » Ceci dit, il quitta également la pièce et me laissa
une fois de plus seul avec mes pensées. Pour quelque mystérieuse
raison, une scène douloureuse ressuscitait avec insistance
dans ma mémoire. J'étais attaché, bras et jambes
écartés, contre un mur. L'un des tortionnaires chinois s'approchait
de moi avec un sourire diabolique et me disait:
« C'est la dernière chance que nous te donnons de nous dire
ce que nous voulons savoir. Autrement, je vais t'arracher
les yeux. »
« Je répliquais : « Je ne suis qu'un pauvre et simple
moine et je n'ai rien à dire. » Sur ces mots, le tortionnaire
chinois m'enfonça très fort le pouce et l'un de ses autres
doigts dans les coins de mon oeil gauche, qui jaillit soudai-
nement de son orbite comme un noyau sort d'une prune, puis
se mit à pendouiller en se balançant sur ma joue. La douleur
que me causait la déformation de ma vision était atroce;
l'oeil droit, encore intact, regardait droit devant, tandis
que l'oeil gauche, qui se balançait sur ma joue, regardait
carrément vers le sol. Les impressions mentales provoquées
par cet état de choses étaient abominables. Enfin, d'une
brève secousse, le Chinois arracha complètement mon oeil
et me le jeta à la figure avant de faire subir le même sort à
l'oeil droit.
« Je me souvins comment, ivres de sang, ils me jetèrent
sur un tas d'ordures. Mais je n'étais pas mort comme ils
l'avaient espéré. La fraîcheur de la nuit m'avait ranimé. Je
m'étais mis debout tant bien que mal et étais parti à l'aveuglette,
en trébuchant, possédant encore en moi suffisamment
de sens de l'orientation pour m'éloigner des bâtiments
de la Mission Chinoise et éventuellement de la ville de
Lhassa.
« En proie à de telles pensées, je perdis complètement
la notion du temps, et ce fut comme une sorte de soulagement
lorsque des hommes vinrent enfin dans ma chambre.
Maintenant, je comprenais ce que l'on disait. Un dispositif
élévateur spécial, qui portait l'étrange nom d'Antigravité,
fut installé sur ma table, puis on tourna ce qu'ils
appelaient « le commutateur » . La table s'éleva en l'air et
des hommes la guidèrent dans la porte et le long du couloir
qui se trouvait au-delà de cette dernière. Il semblait maintenant
que, bien que la table fût apparemment dénuée de
poids, elle était toujours sensible à l'inertie et au mouvement;
il faut toutefois préciser que ces termes ne me disaient
pas grand-chose ! Le fait qu'il fallait prendre grand
soin de ma table était dans le fond tout ce qui m'importait!
« La table et tout l'appareillage qui s'y rattachait furent
tirés et poussés dans le couloir de métal où l'écho se trouvait
déformé. Nous sortîmes enfin du vaisseau spatial et
entrâmes une fois de plus dans la grande salle taillée dans
le roc. Les bruits de foule qu'on pouvait y entendre me
rappelèrent ceux auxquels je prêtais l'oreille lors de jours
meilleurs dans l'avant-cour de la Cathédrale de Lhassa. On
déplaça ma table, on la fit quelque peu tourner, puis on la
fit descendre de quelques centimètres pour toucher enfin le
sol. Une personne s'approcha de moi et me murmura:
« Le Chirurgien Général va venir vous voir dans quelques
instants. »
« Je répondis : « N'allez-vous pas me rendre la vue? »,
mais la personne était partie et l'on passa outre à cette demande.
Je tentai, là, sur ma couche, de recréer mentalement
tout ce qui arrivait. Je ne possédais pour cela que
le souvenir fugace de ce que j 'avais précédemment aperçu
en ces lieux, mais je désirais ardemment que l'on me redonne
ma vue artificielle.
« Un bruit de pas familier se répercuta sur le plancher
rocheux. « Ah! Ils t'ont amené ici sain et sauf. Te sens-tu
en forme? » demanda le docteur, celui qu'on appelait le
Chirurgien Général.
« Monsieur le Docteur, répondis-je, je me sentirais en
bien meilleure forme si vous me permettiez de voir. »
« Mais tu es aveugle et tu dois t'habituer à demeurer
ainsi. Il te faudra vivre une très longue vie avec cette infirmité.
»
« Cependant, Monsieur le Docteur, dis-je exaspéré au plus
haut point, comment serais-je capable d'apprendre et de
me rappeler toutes les merveilles que vous m'avez promis de
me montrer si vous ne me prêtez pas cette vue artificielle? »
« ça, c'est notre affaire, répondit-il. Nous posons les
questions et donnons les ordres. Tu n'as rien qu'à faire
exactement ce qu'on te dit. »
« Je remarquai une certaine accalmie dans la foule qui
m'entourait. Ce n'était pas véritablement le silence, car il
ne peut y avoir de réel silence là où des gens sont réunis.
Au cours de cette accalmie, je pus distinguer des bruits de
pas très secs qui cessèrent soudainement. « Restez assis ! »
ordonna une voix sèche, toute militaire. Il y eut un bruissement
détendu, un froufroutement d'étoffe, des craquements
de cuir, le traînement de nombreux pieds, puis une
sorte de frottement comme si l'on avait repoussé l'un de
ces étranges sièges, le bruit d'un homme qui se met debout.
Une accalmie lourde, une atmosphère tendue dominèrent ces
lieux l'espace d'une seconde peut-être; puis la Voix se mit
à parler.
« Mesdames, Messieurs, dit-elle d'un ton profond et assuré
où transparaissait une diction soignée, notre Chirurgien
Général considère que cet indigène a suffisamment recouvré
la santé et qu'il a suffisamment été endoctriné pour qu'on
puisse, sans prendre de risques exagérés, le préparer à aborder
la Connaissance du Passé. Il existe un risque, évidemment,
mais nous devons y faire face. Si la créature meurt,
nous devrons, une fois de plus, entreprendre de fastidieuses
recherches afin d'en retrouver une autre. Cet indigène se
trouve en piètre condition physique; nous n'avons plus qu'à
espérer que sa volonté soit bien ancrée et que les raisons
qui le retiennent à la vie soient suffisamment fortes. » Ma
chair se révolta face à l'insensibilité que l'on manifestait
avec autant de désinvolture à mon endroit, mais la Voix reprit
:
« Certains d'entre nous estiment que nous ne devrions
nous servir que des Documents écrits révélés à quelque Messie
ou à quelque Saint que nous avons placé en ce monde à
cette fin. Je dois toutefois m'empresser d'ajouter que, dans
le passé, ces Documents devinrent l'objet d'une vénération
pleine de superstition qui annula les avantages qu'on pouvait
en tirer parce qu'ils furent trop souvent interprétés de travers
et pris à rebours. Les indigènes n'ont pas essayé de comprendre
la signification que contiennent ces écrits; ils se
sont contentés de prendre ces derniers à la lettre et, souvent,
d'interpréter faussement cette version par trop littérale.
Fréquemment, ceci a fait du tort à leur développement et
a créé un système artificiel de castes sous lequel certains des
indigènes prennent pour acquis qu'ils ont été choisis par des
Puissances Supérieures afin d'enseigner et prêcher ce qui ne
fut jamais écrit.
« Ils n'ont aucune idée véritable de ce que nous - de
l'espace intersidéral - pouvons être. Nos vaisseaux patrouilleurs
- lorsqu'on les aperçoit - passent pour des
objets célestes de différentes natures, voire de simples hallucinations
de la part de ceux qui les ont vus; on se moque
de ces derniers et l'on met souvent en doute leur équilibre
mental. Ils croient que l'Homme est fait à l'image de Dieu
et sont convaincus qu'il ne peut exister de forme de vie
supérieure à celle de l'Homme. Ils ont la conviction profonde
que ce tout petit monde constitue la seule source de
vie, sans savoir que les mondes habités existent en plus
grand nombre que les grains de sable sur la totalité de la
Terre et que leur monde est en définitive l'un des plus petits
et des plus insignifiants.
« Ils croient qu'ils sont les Maîtres de la Création et
qu'ils sont libres de sacrifier tous les animaux du globe.
Cependant, leur propre vie n'embrasse que le temps d'un
clin d'oeil. Comparés à nous, ils ne sont que des insectes
qui ne vivent qu'une journée et qui, en l'espace de quelques
heures, doivent naître, atteindre l'âge adulte, se reproduire,
se reproduire encore, puis disparaître. Notre espérance
moyenne de vie est de cinq mille ans. La leur est de quelques
décennies, et tout ceci, Mesdames et Messieurs, fut engendré
par leurs croyances bizarres et par une suite de tragiques
malentendus. C'est pour cette raison que nous
n'avons pas tenu compte d'eux dans le passé; toutefois, à
l'heure actuelle, nos Sages disent que d'ici à un demi-siècle
ces aborigènes découvriront certains secrets de l'atome. Par
conséquent, ils pourront fort bien faire sauter leur petit
monde. De dangereuses radiations peuvent se répandre dans
l'espace et constituer une menace de pollution.
« Comme vous le savez, les Sages ont décrété qu'il
fallait capturer un indigène convenable - nous avons attra-
pé celui-ci - et qu'il fallait traiter son cerveau de manière
à ce qu'il puisse se souvenir de tout ce que nous nous proposons
de lui enseigner. Nous devrons le conditionner de
telle façon qu'il ne puisse révéler ce qu'il a appris qu'à une
personne seulement, que nous placerons en ce monde en
temps opportun et qui aura pour tâche d'exposer à tous ceux
qui voudront bien l'écouter les faits réels - et non les fantaisies
des autres - ayant trait aux formes de vie existant
au-delà de cet univers corpusculaire. Cet indigène, de sexe
masculin, a soigneusement été préparé et sera le récepteur
et le gardien du message qui devra plus tard être retransmis
à une autre personne. La tension qu'il devra subir sera
très forte; il se peut bien qu'il ne survive pas à cette épreuve.
Nous n'avons donc qu'à souhaiter qu'il tienne le coup,
car, si sa vie prend fin sur cette table, nous devrons une
fois de plus nous mettre à la recherche d'un autre individu.
Comme nous avons pu le constater, il s'agit d'une corvée
ennuyante ..
« L'un des membres de l'équipage a protesté en nous recommandant
de prendre un indigène dans un pays plus développé,
une personne hautement respectée de ses concitoyens
; nous croyons toutefois qu'il s'agirait là d'un faux
pas. En effet, si nous endoctrinions un tel indigène et si
nous le laissions aller parmi ses congénères, ces derniers
s'empresseraient de le discréditer, ce qui retarderait sérieusement
notre programme. Vous tous, qui êtes ici, aurez l'autorisation
d'assister à cette évocation du Passé. Il s'agit d'un
événement rare. Vous jouirez donc d'une faveur insigne. »
« A peine ce Grand Personnage eut-il cessé de parler
qu'un croassement et qu'un bruissement étranges se firent
entendre. Puis ce fut une voix, mais quelle voix! Elle paraissait
inhumaine et il était difficile de dire si elle était masculine
ou féminine. Dès que je l'entendis, je sentis mes
cheveux se dresser sur ma tête et j 'eus la chair de poule.
« En qualité de Biologiste Doyen et n'ayant pas à rendre
compte de mes actes à la Marine, pas plus qu'à l'Armée
d'ailleurs, j 'aimerais que l'on consigne ma désapprobation
quant à toute cette affaire, déclara d'un ton âpre cette
voix vraiment déplaisante. D'ailleurs, un rapport complet
sera soumis au Quartier Général en temps et lieu. J'exige
que l'on m 'écoute céans. » On put percevoir dans l'assistance
une sorte de soupir résigné. Il y eut beaucoup d'agitation
pendant quelque temps, puis celui qui avait pris la
parole le premier se leva et déclara sèchement : « En qualité
d'Amiral de cette flotte, je suis responsable de cette mission
de surveillance, et ce, en dépit des arguments spécieux pouvant
émaner de notre maussade Biologiste Doyen. Néanmoins,
écoutons une fois de plus les arguments de la partie
adverse. Vous pouvez continuer, Biologiste! »
« Sans le moindre mot de remerciement et sans la moindre
formule de politesse, la voix rauque et traînante poursuivit:
« Je conteste cette perte de temps. Je conteste le
fait que nous devions déployer d'autres efforts pour ces créatures
défectueuses. Dans le passé, lorsqu'une certaine race
de ces créatures ne donnait pas satisfaction, nous nous contentions
de les exterminer, puis nous réensemencions la planète.
Epargnons temps et travail et exterminons-les tout de
suite, avant qu'ils ne polluent l'espace. »
« L'Amiral coupa: « Dites-nous, Biologiste, possédezvous
quelque argument de poids pouvant nous expliquer
en quoi ces créatures sont défectueuses? »
« Oui, j 'en possède, répondit hargneusement le Biologiste.
Les femelles des différentes espèces sont défectueuses.
Leur mécanisme de fertilité est fautif, leurs auras ne se
conforment pas à ce qui avait été prévu à l'origine. Nous en
avons récemment attrapé une qui provenait de ce que l'on
appelle l'une des meilleures parties de ce monde. Elle poussa
des cris perçants lorsque nous enlevâmes les vêtements dans
lesquels elle était drapée. Puis, lorsque nous insérâmes une
sonde dans son corps afin d'analyser ses sécrétions, elle fit
d'abord une crise d'hystérie et perdit connaissance. Plus
tard, étant revenue à elle et ayant aperçu certains de mes
assistants, elle perdit l'esprit ou ce qui lui en tenait lieu.
Nous dûmes la détruire et perdîmes ainsi de nombreux jours
de travail. »
Le vieil ermite interrompit son récit et prit une gorgée
d'eau. Le jeune moine était littéralement horrifié en apprenant
les choses étranges qui étaient arrivées à son supérieur.
Ce qui était curieux, c'est que certaines descriptions lui
étaient familières. Il ne pouvait pas dire comment, mais certaines
des remarques de l'ermite évoquaient chez lui d'étranges
réminiscences, des réminiscences troublantes comme si
l'on ravivait en lui des souvenirs depuis longtemps enfouis
dans le passé. C'était un peu comme si les remarques de
l'ermite eussent constitué une sorte de catalyseur. Avec
grand soin, sans laisser tomber la moindre goutte, l'Ancien
déposa son écuelle d'eau près de lui, joignit les mains et
reprit son récit . . .
« J 'étais sur cette table; j 'entendais et je comprenais tout
ce qui se disait. Toute crainte, toute hésitation m'abandonnèrent.
J 'allais montrer à ces gens comment un prêtre tibétain
savait vivre . . . et mourir, le cas échéant. Ma témérité
naturelle me poussa à déclarer à haute voix: « Voyez-vous,
Seigneur Amiral, votre Biologiste est moins civilisé que moi,
car nous, au moins, ne supprimons pas ceux que nous pourrions
qualifier d'animaux inférieurs. C'est nous qui sommes
civilisés ! » Pendant un instant, le Temps parut s'arrêter.
Puis, à mon profond étonnement - à ma grande surprise,
devrais-je dire -, il y eut des applaudissements spontanés
et fort peu de rires. Les gens se frappèrent dans les
mains, ce que je traduisis comme un geste d'approbation.
Certains d'entre eux crièrent de joie et quelque technicien
qui se trouvait près de moi se pencha sur ma couche et me
déclara discrètement : « Bien, Moine . . . Bien . . . Mais n'en
dis pas plus long . . . Ne force pas ta chance! »
« L'Amiral prit la parole et dit: « L'indigène du nom de
Moine a parlé. Il a prouvé à ma satisfaction qu'il était une
créature sensible et pleinement capable de s 'acquitter de la
tâche qui lui sera confiée. Et . . . euh . . . j 'appuie pleinement
ses observations que je compte consigner dans les rapports
personnels que je dois faire parvenir aux Sages. » Le
Biologiste répondit d'un ton sec comme un coup de fouet :
« Je me retire de cette expérience. » Sur ces mots, la créature
- lui, elle ou les deux - se retira bruyamment de la
salle taillée dans le roc. On put entendre un soupir de soulagement
général; il était évident que le Doyen des Biologistes
n'était pas une personne très aimée. En réponse à
quelque ordre donné par signes, le brouhaha cessa lentement.
Il y eut de légers traînements de pieds puis un froissement
de papier. Le silence aurait pour ainsi dire pu se
couper au couteau.
« Mesdames et Messieurs, reprit l'Amiral, maintenant
que nous nous sommes débarrassés des objections et des
interruptions, je propose de dire quelques mots au profit de
ceux d'entre vous qui sont des nouveaux venus dans cette
Station de Surveillance. Certains ont peut-être entendu des
rumeurs, mais, comme vous le savez, on ne peut jamais se
fier aux rumeurs. Je vais vous dire ce qui va arriver, je vais
vous expliquer ce à quoi tout ceci rime, afin que vous
puissiez mieux apprécier les événements auxquels vous allez
bientôt participer.
« Les gens de ce monde sont en train de mettre au point
une technologie qui, à moins que nous nous immiscions dans
son développement, risque fort de les détruire. Au cas où
une telle éventualité se produirait, ceci contaminerait l'espace
à un point tel que tout monde en émergence dans ce
groupe risquerait fort d'en subir les conséquences . . . Il ne
tient qu'à nous d'empêcher cela. Comme vous le savez pertinemment,
ce monde ainsi que d'autres mondes dans ce
groupe constituent nos terrains d'essais pour différents types
de créatures. Tout comme dans le monde végétal ce qui
n'est pas cultivé devient herbe folle, dans le monde animal
on peut avoir des pur-sang comme des avortons. Dans le
monde qui nous intéresse, les humains sont en train de de-
venir des individus de cette dernière catégorie. Nous, qui
avons ensemencé ce monde avec de la souche humanoïde,
devons maintenant nous assurer que les autres souches pouvant
exister dans les autres mondes ne risquent rien.
« Nous sommes en face d'un indigène de ce monde. Il
provient d 'une subdivision d'un pays que l'on appelle le
Tibet. Ce pays est une théocratie, ce qui veut dire qu'il est
dirigé par un chef qui accorde plus d'importance à la religion
qu'il n'en accorde à la politique. Dans ce pays, l'agression
n'existe pas. Personne ne se bat pour accaparer la terre
d'autrui. On n'y prend pas la vie des animaux; seuls, les
êtres des classes inférieures le font et, d'ailleurs, presque
sans exception, ce sont des ressortissants d'autres pays. Bien
que leur religion puisse nous paraître fantastique, ils vivent
intégralement selon ses préceptes en ne faisant point de mal
à leur prochain ou en ne le forçant point à croire à ce qu'ils
croient. Ce sont des gens très pacifiques qui, avant de commettre
des actes de violence, doivent subir maintes provocations.
C'est pourquoi nous avons pensé pouvoir trouver
dans ce pays un indigène possédant une mémoire phénoménale
qu'il nous serait possible d'améliorer, un indigène
dans l'esprit duquel nous pourrions implanter des connaissances
destinées à être transmises à quelqu'un d'autre que
nous placerons plus tard en ce monde.
« Certains d'entre vous se demanderont peut-être pourquoi
nous ne pourrions pas enseigner ces choses directement
à notre représentant. Nous ne réussissons pas à le faire
de manière satisfaisante, car ceci donne lieu à des aberrations
ainsi qu'à des omissions. Cette façon de procéder fut
mise à l 'épreuve à plusieurs occasions, mais cela ne s'est
jamais passé comme nous l 'aurions voulu. Comme vous le
verrez plus tard, nous avons obtenu des résultats relativement
satisfaisants avec un homme que les Terriens appelèrent
Moïse, mais, avec lui, l'opération fut incomplète, des
erreurs et des malentendus dominèrent nettement la situation.
Et maintenant, n'en déplaise à notre respecté Biolo-
giste Doyen, nous allons essayer le système qu'ont mis au
point les Sages.
« De même qu'il y a des millions d'années terriennes,
grâce à leurs merveilleuses connaissances scientifiques, ils
parvinrent à mettre au point la propulsion plus rapide que
la lumière, ainsi ont-ils aussi mis au point une méthode
grâce à laquelle on peut directement se brancher sur la
source de documents Akashiques. Selon cette méthode, la
personne qui se trouve à l 'intérieur d'un appareil spécial
pourra voir tout ce qui est arrivé dans le passé. Pourvu
que ses sens ne la trahissent pas, elle vivra véritablement
toutes ces expériences; elle verra et entendra exactement
comme si elle vivait en ces temps révolus. En ce qui la concerne,
elle se trouvera véritablement là! Un branchement
direct sur son cerveau permettra à chacun de nous de participer
à l'expérience par personne interposée. Cette personne
et vous tous - je devrais plutôt dire nous tous - devrez
à toutes fins utiles cesser d 'exister dans le temps actuel; il
ne tient qu'à nous de reporter nos sentiments, notre vue,
notre ouïe, nos émotions jusqu'à ces époques lointaines dont
la vie et les événements qui s'y -déroulent doivent, pour nous,
être aussi réels que ceux qui se déroulent ici, lorsque nous
vivons à bord de nos navires, à bord de nos petits vaisseaux
patrouilleurs ou lorsque nous travaillons loin sous la surface,
dans nos laboratoires souterrains .
« Je ne prétends pas comprendre entièrement les principes
en cause. Certains parmi vous en connaissent beaucoup
plus que moi sur ce sujet, et c'est pour cela qu'ils sont
ici. Par contre, d'autres, dont les tâches sont différentes,
sont moins renseignés que moi, et c'est à eux que ces remarques
s'adressent. Souvenons-nous que nous aussi manifestons
du respect envers le caractère sacré de la vie. Certains
d'entre vous peuvent fort bien considérer ce natif de la
Terre comme quelque simple animal de laboratoire. Toutefois,
comme il nous l 'a prouvé, il possède également des sentiments
. Il possède l'intelligence, et - souvenez-vous bien
de ce que je vais vous dire - pour nous, à l'heure actuelle,
il est la créature la plus précieuse de ce monde. Certains
ont émis des doutes en nous demandant comment l'absorption
d'un maximum de connaissances par cette créature
pourrait bien contribuer à sauver le monde . . . La réponse
est simple : rien n'est garanti. »
« L'Amiral fit une pause. Je ne pouvais pas le voir, évidemment,
mais je pris pour acquis que les autres ressentaient
la tension qui m'envahissait. Il poursuivit : « Ce monde.
Nous savons qu'il est malade, mais nous ignorons pourquoi
et tentons de découvrir les raisons de cet état de
choses . Notre première tâche consiste à reconnaître l'existence
d'un état de malaise. Deuxièmement, nous devons
convaincre les humains qu'ils sont malades. Troisièmement,
nous devons provoquer chez eux le désir d'être guéris.
Quatrièmement, nous devons découvrir avec précision quelle
est la nature de leur maladie. Cinquièmement, nous devons
élaborer une méthode curative et, sixièmement, nous devons
persuader les humains de faire le nécessaire pour que
cette cure soit efficace. La maladie a quelque chose à voir
avec l'aura; nous n'avons pas découvert pourquoi, cependant.
Un autre viendra, mais il ne doit pas être de ce monde.
En effet, comment un aveugle pourrait-il voir les infirmités
de ses congénères alors qu'il est infirme lui-même? »
« Cette remarque provoqua chez moi une secousse assez
forte; en effet, elle me sembla contradictoire . J 'étais aveugle,
soit, mais l'on m'avait choisi pour accomplir cette tâche.
Mais non, non, en vérité cela ne devait pas se passer comme
cela. Je ne devais être que le réservoir d'un certain savoir,
d'un savoir qui permettrait à un autre de fonctionner suivant
un plan préétabli . Mais l'Amiral continuait:
« Lorsque nous l'aurons conditionné, lorsque nous en
aurons fini avec lui, nous amènerons notre indigène en un
endroit où il pourra vivre tranquillement jusqu'à un âge
(pour lui) très avancé. Il ne pourra pas mourir tant qu'il
n'aura pas transmis ses connaissances. Pour compenser tou-
tes ces années de cécité et de solitude, il possédera la paix
intérieure et la conviction profonde de faire beaucoup pour
ceux de son monde. Maintenant, nous allons entreprendre
une ultime vérification quant à l'état général de l'indigène,
puis nous commencerons . »
« Il y eut alors un remue-ménage considérable, mais
exempt de charivari . Je sentis que des gens allaient à droite
et à gauche. On empoigna ma table, on la souleva, on la
fit avancer. Je perçus le tintement du verre contre le métal,
qui m'était maintenant si familier. Le Chirurgien Général
s 'avança vers moi et chuchota : « Comment te sens-tu, maintenant?
»
« Je ne pouvais que difficilement dire comment je me
sentais ou bien à quel endroit je me trouvais. Par conséquent,
je répondis simplement : « Ce que je viens d'entendre
n'a rien qui puisse me remonter le moral. Mais dois-je continuer
à ne rien voir? Comment puis-je être témoin de
toutes ces merveilles si vous ne me rendez pas une fois
encore la vue? »
« Contente-toi de te détendre, me chuchota-t-il d'un air
apaisant, tout ira très bien . Tu pourras voir de la meilleure
manière possible lorsque le temps sera venu. »
« Il fit une pause, pendant laquelle quelqu'un laissa
tomber une remarque, puis reprit : « Je vais t'expliquer ce
qui va se passer. Nous allons ajuster à ta tête ce qui te
semblera un bonnet de fils métalliques. Cela te paraîtra
froid jusqu'à ce que tu t'y habitues. Ensuite, nous te passerons
aux pieds des choses semblables à des sandales, faites
de la même matière. Nous avons déjà des fils qui se rendent
jusqu'à tes bras . Tout d'abord, tu ressentiras un étrange
chatouillement, qui te causera fort probablement une sensation
d'inconfort; cela passera rapidement toutefois, et après
tu n'éprouveras plus de malaises physiques. Nous pouvons
t'assurer que nous prendrons à ton égard tous les soins nécessaires.
Cette expérience représente beaucoup de choses
pour nous tous, et nous tenons à ce qu'elle soit une réussite
totale; trop de facteurs sont en cause pour qu'elle se solde
par un échec. »
« Ouais . . . , dis-je en grommelant, mais c'est tout de
même moi qui risque le plus dans cette affaire. Je risque
tout bonnement ma vie ! »
« Le Chirurgien Général se leva et s 'éloigna de moi .
« Monsieur! dit-il d'un ton tout ce qu'il y a de plus officiel,
l'indigène a été examiné. Il est prêt maintenant. Nous demandons
la permission de commencer. »
« Permission accordée, répondit la voix grave de l'Amiral.
Commencez! » Il y eut comme un déclic et une exclamation
étouffée . Des mains se glissèrent sous mon cou et
me soulevèrent la tête. D'autres mains m'enfilèrent sur la
tête une sorte de sac tissé de fil métallique très souple, puis
le firent descendre sur mon visage. On chercha quelque
chose sous mon menton. J 'entendis comme trois étranges petits
claquements et le sac de métal fut étroitement ajusté à
ma tête et attaché autour de mon cou. Les mains se retirèrent,
mais, entretemps, d'autres mains s'affairaient à mes
pieds. On me les frotta avec une lotion graisseuse et nauséabonde,
puis on les glissa dans deux petits sacs métalliques.
Je n'avais pas l'habitude d'avoir ainsi les pieds emprisonnés
, et cela me gênait considérablement. Et pourtant je ne
pouvais rien y faire. Nous étions dans l'expectative et la
tension grandissait. »
[...]
Le vieillard eut un rire étouffé : « D'accord, mais, pour
l'instant, il faut dormir. » Le jeune homme l'aida à se mettre
debout et lui plaça une main sur la paroi. L'infirme se
dirigea en titubant vers l'arrière-chambre.
Le jeune moine s'allongea, creusa le sable afin d'y ménager
une dépression pour y glisser sa hanche. Pendant quelques
instants, il se mit à réfléchir à propos de tout ce qu'il
avait entendu. Etait-il vrai que les humains n'étaient que
des plantes? Qu'ils n'étaient que des sortes de cobayes?
Non, pensa-t-il, certains d'entre nous font de leur mieux
dans des circonstances très difficiles et les misères que nous
supportons n'ont d'autre but que de nous pousser à faire
encore mieux et à nous dépasser, car il y a toujours de la
place tout en haut de l'échelle! Sur cette bonne pensée, il
sombra dans un profond sommeil.