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Le cas ESSO


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#1 Anjayl

Anjayl

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Posté 13 décembre 2002 à 04:33

Alors que le reste du monde tente d'enrayer le réchauffement climatique et de protéger la planète pour les générations futures, non seulement ESSO poursuit ses explorations pétrolières pour produire toujours plus de pétrole, mais la multinationale fait également de son mieux pour déjouer les tentatives des autres pays pour préserver la planète du réchauffement.



Les cinq raisons qui font d'ESSO la pire des compagnies pétrolières


Image IPBDéclarations d'ESSO : Vrai - Faux ?


. ESSO déclare reconnaître le lien entre les combustibles fossiles et les changements climatiques.

FAUX : depuis dix ans, ESSO nie la corrélation entre l'utilisation des combustibles fossiles et le réchauffement climatique. Le groupe a tenté de cacher au public européen cette prise de position particulièrement impopulaire. La politique de la maison mère sur le sujet est sans équivoque, telle qu'elle fut exprimée en mai 2000 : "la science n'est pas en mesure de prouver que l'utilisation des combustibles fossiles a provoqué un quelconque réchauffement climatique". Les actes de la compagnie confirment cette politique. En septembre 2001, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) de l'ONU qui rassemble les plus grands experts en climat, se réunissait à Londres afin d'approuver leur dernier rapport sur les changements climatiques. L'ébauche du rapport final du GIEC reprenait l'extrait suivant : "Le système climatique de la Terre a manifestement changé, à la fois au niveau global et régional, depuis l'ère pré-industrielle, certains de ces changements sont imputables aux activités humaines". ESSO a fait pression afin de faire amender le texte en supprimant "certains de ces changements sont imputables aux activités humaines" . Le GIEC rejeta l'amendement. Non seulement le GIEC a considérablement affermi son opinion selon laquelle le réchauffement est principalement dû aux activités humaines, mais il connecte, de plus, expressément cet accroissement des températures à l'utilisation des énergies fossiles.


. ESSO prétend n'avoir aucune influence sur le Président américain et que sa contribution financière à la campagne électorale du candidat républicain n'a été que minime.

FAUX : les faits parlent d'eux-mêmes. Les dons d'ESSO au Parti Républicain au cours du cycle électoral totalisent plus d'un million de dollars, plus que toute autre compagnie pétrolière. Ceci s'ajoute à des années de financement de campagnes publicitaires anti-Kyoto ayant coûté des millions de dollars. En 1999, le budget lobbying d'ESSO (11,7 millions de dollars) était le cinquième plus important aux Etats-Unis, et notamment la première parmi les compagnies pétrolières. ESSO est seulement devancée par des géants pharmaceutiques et des producteurs de cigarettes.

ESSO a également été à la tête de groupes de premier plan, telle que la Global Climate Coalition (GCC), créés dans le seul but de saboter les négociations de l'ONU sur le climat, au nom de l'industrie des combustibles fossiles. Pour preuve, la GCC a été désactivé au lendemain de la publication du plan climat de l'administration Bush, en février 2002, présenté comme l'alternative américaine à Kyoto.

Les discours tenus par ESSO sont quasiment repris à la virgule près par George Bush. Après avoir exercé une pression sans relâche sur le Président des Etats-unis afin qu'il rejette le Protocole de Kyoto - ce qu'il fit en mars 2001 - ESSO a mené une campagne publicitaire en décrivant le Protocole comme "fondamentalement défectueux" et "fatalement politisé". Deux mois plus tard, Bush décrivait le Protocole en les termes "fatalement défectueux dans ses fondements".

Si ESSO ne souhaitait pas avoir d'influence sur Bush et les décideurs politiques, pourquoi a -t -elle offert des contributions en millions dollars aux partis politiques ces dix dernières années ?



. ESSO prétend que son lobbying anti-Kyoto a toujours été "ouvert et honnête"

FAUX : "arrogant et mensonger" est une meilleure description de l'approche soi-disant "transparente" d'ESSO. Depuis mai 2001, en réponse au boycott en Grande-Bretagne, ESSO a écrit à des milliers de personnes pour leur affirmer "nous ne nions pas le lien entre les énergies fossiles et les changements climatiques". Pourtant, en septembre 2001, ESSO demandait au GIEC de supprimer la phrase de son rapport qui établissait ce lien (voir 1).

Le rapport de Greenpeace intitulé "Dix ans de coups fourrés" répertorie trente et un coup-fourrés utilisés par ESSO, durant ces dix dernières années, pour ruiner les négociations internationales du Protocole de Kyoto. L'un des plus révélateurs est la publicité réalisée par ESSO mettant en valeur une pétition extrêmement contestée de 17 000 "scientifiques" en vue de rompre le consensus existant sur la réalité des changements climatiques. Les instigateurs de cette pétition tentèrent de tromper les signataires en leur faisant croire qu'elle était soutenue par la très respectable Académie Nationale des Sciences, ce qui était totalement faux. Certains des "scientifiques" signataires de cette pétition n'étaient autres que des personnages fictifs de séries (comme MASH) et même l'une des Spice Girls ! ! !

ESSO a également financé et mis en avant des pseudo-scientifiques afin qu'ils fassent la promotion de leur scepticisme sur le réchauffement planétaire. Cette manœuvre avait pour but de semer le trouble sur le consensus scientifique.



. ESSO prétend que le Protocole de Kyoto implique des coûts économiques significatifs et exclut les pays en voie de développement.

FAUX : le Protocole de Kyoto est crucial et constitue une première étape significative dans l'action internationale contre les changements climatiques. Le Protocole prend en compte les pays en voie de développement et n'imposera pas de coûts importants à nos sociétés. ESSO souhaite l'échec de cet accord car il fait peser une menace importante sur ses profits basés sur l'exploitation des combustibles fossiles.

Le Protocole de Kyoto autorise les pays en développement à augmenter quelque peu leurs émissions à court terme et prévoit un délai prolongé pour leur permettre de les contrôler. Dans les négociations ayant débouchées sur le Protocole, tous les pays, Etats-Unis inclus, ont accepté que les pays industrialisés, responsables de la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre au cours des deux derniers siècles, soient les premiers à réduire leurs émissions. Les Etats-Unis, dont la population représente à peine 4% de la population mondiale, mais dont les émissions représentent 25% des émissions globales de CO2, sont l'exemple criant de la nécessité que les pays industrialisés s'attaquent les premiers, aux changements climatiques.

Le Protocole de Kyoto ne sera pas non plus un fardeau économique : le GIEC a montré que les émissions de gaz à effet de serre peuvent être ramenées à des niveaux inférieurs à ceux de l'année 2000 en dix à vingt ans, à "un coût net nul", en employant les technologies existantes. Ainsi, Il est montré que depuis 1997, la Chine a réduit ses émissions de CO2 de 17% alors que durant la même période, les émissions américaines faisaient un bond de 14%. Dans le même temps, la croissance économique chinoise a été quatre fois plus rapide que celle des Etats-Unis.

Par ailleurs, afin de mesurer correctement les impacts monétaires, il est fondamental de rappeler que si les tendances de réchauffement climatique persistent, les compagnies d'assurance prévoient des pertes annuelles causées par les catastrophes naturelles approchant les 150 milliards de dollars d'ici 2010