Magnus, le Lundi 13 Novembre 2006 à 21h42, dit :
Je vais citer Cyrulnik, psychologue dans son dernier livre "de chair et d'ame" :
"« On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d’aller de l’avant tout en gardant la mémoire de sa blessure. Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité. Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu’à éviter de trop s’en protéger. Chaque âge possède sa force et sa faiblesse et les moments non blessés de l’existence s’expliquent par notre capacité à maîtriser, voire à surmonter, ce qui, en nous, relève, dans un constant remaniement, du biologique, de l’affectif et de l’environnement social et culturel. Le bonheur n’est jamais pur. Pourquoi faut-il que, si souvent, une bouffée de bonheur provoque l’angoisse de le perdre ? Sans souffrance, pourrait-on aimer ? Sans angoisse et sans perte affective, aurait-on besoin de sécurité ? Le monde serait fade et nous n’aurions peut-être pas le goût d’y vivre. »

Clair, limpide, tout à fait ce que je pense. Pour moi la souffrance est un mal nécessaire, c'est ce qui fait vivre le monde, hélas. dans un monde heureux, plus de livres (vous n'avez jamais remarqué, dans les livres, les evenements heureux prennent 2 lignes à la fin d'un livre), plus de films, plus d'imagination, plus d'envie, plus de reve, plus de peintures, plus rien. Le monde végéterait dans une totale inertie, fade, sans saveur, et un monde entierement heureux deviendrait finalement le plus malheureux des mondes. Ou est la joie d'avoir tout ce qu'on veut, d'etre riche et pourri gaté ? Ca lasse, car plus d'enjeux, plus de risque, plus d'allant, d'envie. Ou est la joie d'etre immortel, de ne jamais souffrir, si c'était possible ? Ca ne peut aussi que lasser.
La vie d'un ange ? Un malheur constant et eternel, sans espoir d'evolution, de changement. Vive notre condition d'humain, car meme si nous pouvons souffrir, nous au moins, on peut evoluer.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Cyrulnik...
Bien sûr que l'on peut aimer SANS SOUFFRANCE...
Boris Cyrulnik comprend la vie à travers son prisme personnel, et sa compréhension des résilients, mais il occulte beaucoup de personnes qui ne le sont pas, résilients...
La SOUFFRANCE n'est pas un système dévolu "pour créer une non fadeur"... Et tu peux créer, sans souffrance, aussi !
Et tu peux vivre, heureux, sans souffrance, oui....
Mais, surtout, SURTOUT, le fait d'AIMER détruit la FADEUR....car l'amour est beau et riche comme les plus beaux des fruits...
D'abord, certains comportements toxicomaniaques s'opposent à ce que dis Cyrulnik (ainsi que tes propos): Ils prennent de la drogue pour éviter les SOUFFRANCES et la vie LEUR SEMBLE MOINS FADE...
D'abord, demande à certaines personnes qui ont beaucoup souffert ce qu'elles en pensent, tu verras que beaucoup trouveront les propos de Cyrulnik...déplacés !
La SOUFFRANCE est la résultante d'un système de protection que nous avons violé....
C'est un système très simple qui nous dit "Attention à ton corps physique" ou "Attention à ton corps psychique" ou "Attention à la sensibilité de l'autre" ou "Attention à ta sensibilité"
D'abord, pour les quelques rares cas de personnes souffrant d'un système de noniception défectueux, ils leur arrivent un tas d'accident, car ils n'ont rien pour les protéger !
Donc Souffrance: Système de protection pour faire attention à SOI (SOI=Moi + Je + Autres)
Cyrille
Les élues avançaient dans la Lumière de leur destin. Le temps des prêtresses dorées d'Athéna était arrivé.