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INSOLITE
Une pluie de poissons
Des centaines de petits poissons sont tombés du ciel sur le village de Korona, dans les montagnes du nord de la Grèce, selon des images montrées hier par les télévisions grecques. Les villageois ont découvert cette pêche venue du ciel mardi, à quelque distance du lac Doirani, à la frontière gréco-macédonienne, alors que la région était la proie de violentes intempéries. Selon un météorologue de l'université de Salonique, les poissons ont dû être "siphonnés" soit du lac proche, soit d'un autre, plus au sud, par une mini-tornade, un phénomène rare mais déjà observé.
fin du communiqué
Fred ajoute le commentaire suivant :
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Cette affaire surprenante me fait tout de suite penser au livre de Charles Fort (1874 -1932), cet américain excentrique qui a rassemblé près de 25000 fiches sur des phénomènes analogues, livre intitulé "le livre des damnés" publié en France en 1967 par Eric Losfeld Editeur "le terrain Vague" 14 et 16, rue de Verneuil Paris VIIe et à New York en livre de poche par Ace Books .
Je vous ai spécialement scannerisé une partie du chapitre 7 de ce livre qui ne manquera pas je l'espère de vous intéresser. (les notes entre parenthèses correspondent aux références bibliographiques de Charles Fort) (...)
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LA GRANDE ÎLE DE GENESISTRINE
Des êtres vivants sont tombés sur la Terre.
Pour préserver le système, on souligne généralement que crapauds et grenouilles (par exemple) ne sont jamais tombés du ciel, mais "se trouvaient au sol en premier lieu ", ou bien "qu'un tourbillon les ayant soulevés quelque part, les a lâchés ailleurs". S'il se trouve en Europe un lieu où les batraciens abondent tout spécialement, l'explication scientifique s'arrangera pour que toutes les grenouilles, tombées du ciel sur le continent européen proviennent en droite ligne de ce grand centre grenouiller.
Au départ, j'aimerais souligner une étrange anomalie que je suis à ma connaissance, le tout premier à percevoir, soit parce que je suis encore un primitf, soit parce que je suis intelligent ou peut-être mal ajusté il n'y a jamais eu un seul rapport décrivant une chute de tétards.
Un observateur (Leisure Hours 3, 779) affirme que les crapauds ou grenouilles prétendûment tombés du ciel ont dû tomber des arbres. Mais un nombre effarant de petits crapauds âgés de un à deux mois ont été vus tombant d'un grand nuage épais en Août 1804, près de Toulouse (Lettre du professeur Pontus à M. Arago. Comptes rendus, 3-54. Notes and Queries, 8-6-104 et 8-6-190.)
« Se trouvaient-ils au sol en premier lieu ? » Et les petites grenouilles du plein coeur londonien, le 30 juillet 1838, après un orage violent ?(Notes and Queries, 8-7-437) . Et les crapauds découverts en plein désert après une longue averse ( Notes and Queries, 8-8-493 ) ?
Je ne nie pas positivement, notez-le bien, l'explication conventionnelle de la "montée et de la descente" . Je crois au contraire que de tels épisodes se sont produits. Il y a dans le London Times du 4 juillet 1883, le récit d'une averse de brindilles, de feuilles et de petits crapauds, au terme d'un orage sur les versants de l'Apennin. Semblables déchets me paraissent typiquement associés à une trombe. Tandis que les autres cas me paraissent associés, dirai-je à une migration ?
Encore et toujours dans ces annales des damnés surgit la donnée de la ségrégation. C'est qu'une trombe est généralement conçue comme un état de chaos ou de semi-chaos. "Un petit étang qui se trouvait sur le passage du nuage s'est trouvé vidé de son contenu par une succion puissante, l'eau transportée au-dessus des chanips avoisinants avec une grande quantité de vase moUe qui fut éparpillée au sol sur cent cinquante hectares." Telles sont les circonstances d'un véritable tourbillon. Mais l'imagination exclusionniste refuse de considérer la boue, les débris de fond d'étang ou les nénuphars, elle se concentre sur les tourbillons récolteurs de grenouilles.
Dans tous les cas de chutes de batraciens attribuées à des trombes, la trombe n'est jamais identifiée ou localisée. Pourtant, un étang qui s'envole peut être aussi intéressant que des grenouilles qui pleuvent. Où vont les trombes, de quoi sont-elles faites ? Il me semble que quiconque a perdu un étang devrait se manifester. Je sais qu'une chute de grenouille, pre's de Birmingham, le 30 juin 1892, a été attribûée à une trombe maléfique mais on ne menhonne pas qu'un étang y ait contribué. Un seul détail frappe mon attention : les grenouilles auraient été blanches.
J'ai bien peur qu'il faille livrer à notre civilisation des mondes nouveaux, où les grenouilles blanches auront le droit de vivre. En bien des occasions, des choses inconnues nous sont tombées de quelque part. Mais prenez-y garde : si des êtres vivants sont tombés sur terre (malgré tout ce que nous savons sur la vitesse d'accélération des corps en chute) et se sont propagés, alors l'exotique se fait indigène, et des lieux les plus bizarres, nous devons attendre le familier. Si des grêles de grenouilles sont venues ici d'ailleurs, tous les êtres vivants sur terre ont pu venir ancestralement d'ailleurs.
Après l'un des pires ouragans dans toute l'histoire de l'Irlande, on a trouvé des poissons à "plus de quinze mètres du bord d'un lac" (Annals and Mag.of Nat. His., 1-3-185.) La plus célèbre chute de poissons survint à Mountain Ash, dans la vallée d'Abedare, Glamorganshire, le 11 février 1859 (Zoologist 2-677-1859-6493.) Elle se localisait dans la propriété d'un Mr Nixon. Le docteur Gray, du British Museuin, se hérissant d'exclusionnisme, conclut à une farce. "L'un des employés de Mr Nixon a dû jeter un seau sur un de ses camarades, sans se douter qu'il contenait quelques poissons". Mais un correspondant relevant cette version, déclarait avoir obtenu la même espèce de poisson à des distances considérables de ce "seau espiègle" . En fait, les poissons eux-mêmes, si l'on en juge par d'autres témoignages, étaient tombés par seaux (Annual Register,1859,14). Certains d'entre eux, encore vivants furent envoyés au jardin zoologique de Regent's Park, où on les identifia à des vairons et à des épinoches.
Quoi qu'il en soit, l'hypothèse d'une trombe est mise en échec sérieux par deux détails. Le premier est que la chute, loin de présenter la dispersion voulue, eut lieu sur une bande étroite de quatre-vingt mètres de long sur douze de large. La seconde, incrôyable, mais sur laquelle les témoignages affluent est que dix minutes après la première chute, une seconde se produisit au même endroit ! Même si une trombe pouvait rester axialement sur place, elle se déverserait toujours tangentiellement.
Un autre témoin précise que les poissons avaient jusqu'à huit centimètres de long (Lettre de Mr Aaron Roberts, curé de St.-Peters, Carmathon. Cf. London Times, 2 mars 1859.). Certaines personnes, croyant avoir affaire à des poissons de mer, les placèrent dans l'eau salée, où ils trouvèrent une mort instantanée. D'autres poissons, placés dans de l'eau fraîche, s'y comportèrent à merveille. Autre version : Les toits de certaines maisons en étaient recouverts (Lettre du vicaire Griffith. London Times, 10 mars 1859.). L'évidence d'une chute de poissons est concluante. Il s'agissait de "gastérosteus leirus " (Rapport de 1'Association Britannique, 1859, 158). Gasterosteus est le beau nom de l'épinoche.
D'où le sens de totale perdition communiqué par cette explication : quelqu'un a arrosé l'un de ses amis avec un seau d'eau douce dans lequel nageaient des milliers de poissons de huit centimètres de long, dont certains recouvrirent le toit des maisons et d'autres restèrent en l'air dix minutes durant. Je préfère encore ma version, plus contrastée le fond d'un étang supergéographique a brusquement cédé.
Ce qui est extraordinaire, c'est que ces animaux vivants tombent sans se blesser. On a parlé d'herbe tendre, mais Sir James Emerson Tennant, dans son Histoire de Ceylan parle de poissons tombés intacts sur du gravier. Dans cette région d'inertie que nous pouvons concevoir, dans cette zone qui est à la gravitation terrestre ce que la zone neutre d'un animal est à l'attraction magnétique, j'accepte volontiers qu'il y ait des pièces d'eau, des espaces creux, des fonds d'étangs, non entourés de terre, de vastes gouttes d'eau qui flottent dans l'espace, des déluges d'eau et des chutes de poissons. Mais aussi des zones où les poissons sèchent et pourrissent, avant de retomber par l'effet d'une dislocation atmosphérique.
A Rajkote, aux Indes, le 25 juillet 1850, " le sol était recouvert de poissons ", dont certains furent retrouvés sur le sommet de meules de foin (All the year roud 8-255 ) . une autre chute à Calcutta le 20 septembre 1839, un témoin déclare "Le fait le plus extravagant fut que les poissons ne tombèrent pas pêle-mêle, mais en droite ligne, sur moins d'une coudée de largeur" (Living age 52-186). Toujours aux Indes, à Feridpoor, le 19 février 1830, " certains poissons étaient tout frais, d'autres mutilés et en pleine putréfaction " ( American Journal of Science). Rappelons que, dans les montagnes de l'Inde, le climat est très loin d'être torride et ne constitue pas une explication valable. Rappelons aussi, pour les tenants de la ségrégation en trombe, que les objets lourds sont toujours séparés, dans un tourbillon, des objets légers : certains de ces poissons pesaient deux fois moins que les autres...
Dans mon article, sur le site Artivision, consacré à la mystérieuse créature du Devonshire, j'avais déjà évoqué ces phénomènes typiquement fortéens et à l'époque, j'avais repris l'hypothèse de Laura Knight-Jadczyk ( les Cassiopéens ) reposant sur l'ouverture accidentelle de fenêtres dimensionnelles pour expliquer les apparitions de mystérieuses créatures apparemment non-terrestres. Mais j'avoue que ça n'explique pas tout comme les chutes ou apparitions de poissons et autres batraciens. Et surtout le fait qu'ils apparaissent par catégorie d'animaux et de manière aussi sélectionnée. Il y a encore quelque chose qui nous échappe.












