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Fertilité, malformations sexuelles et polluants: des indices inquiétants
Baisse de concentration du sperme, fréquence accrue des cancers du testicule et de malformations génitales masculines, poissons féminisés, alligators au pénis plus court... Les indices s'accumulent pour accuser pesticides ou autres polluants, selon des travaux présentés mercredi lors d'un colloque à Paris.
Les facteurs environnementaux étant multiples et complexes, de longues études sur l'homme restent nécessaires pour fournir des preuves et mesurer les effets sur plusieurs générations, ont expliqué des experts lors des 4es rencontres parlementaires santé-environnement.
Chez l'animal, l'action des perturbateurs endocriniens est largement documentée, comme le résume l'éco-toxicologue Jean-Marc Porcher (Ineris): féminisation d'oiseaux marins liée au DDT, perturbation de la sexualité de poissons par des résidus d'usine à papier, diminution de la taille du pénis chez des alligators du lac Apopka en Floride, féminisation de poissons...
Mais, reconnaît-il, lors d'expositions multiples, "il est difficile de remonter à la substance responsable".
Chez l'homme, une étude danoise avait alerté dès 1992 sur la baisse de la concentration du sperme en spermatozoïdes. "Elle s'est réduite de près de la moitié en cinquante ans", a résumé Pierre Jouannet, responsable du laboratoire de biologie de la reproduction à l'hôpital Cochin à Paris.
On constate aussi, selon le Pr Jouannet et d'autres experts, une augmentation "très nette" de la proportion d'hommes qui ont des cancers du testicules, ainsi que de malformations (hypospadias) du pénis liées à une absence de fermeture de l'urètre.
Autre anomalie plus fréquente chez les bébés, la cryptorchidie (testicules non descendus dans les bourses) qui accroîtrait aussi le risque de cancer des testicules.
Un long suivi en Scandinavie, où l'examen médical des conscrits porte aussi sur la qualité de leur sperme, a permis de comparer l'évolution au Danemark et en Finlande.
La concentration du sperme est meilleure et la fertilité plus élevée en Finlande, même si l'écart tend à se réduire, selon le Pr Niels Skakkebaek (Hôpital universitaire de Copenhague) qui juge difficile d'accuser un polluant précis, compte tenu des expositions multiples.
"Il y a davantage de femmes danoises qui fument ou boivent durant la grossesse", et "plus de produits chimiques retrouvés dans le lait maternel au Danemark qu'en Finlande", dont des pesticides, phtalates, retardateurs de flamme, relève-t-il.
Plus récemment, a été constatée une croissance plus lente du volume des testicules chez les bébés danois que chez les bambins finlandais.
La gamétogenèse, ou production des cellules reproductrices, commence durant la vie utérine puis reprend à la puberté, des phases où toute modification subtile liée à l'environnement peut avoir des effets à long terme.
Des facteurs influant sur les sécrétions hormonales peuvent "perturber la maturation des testicules pendant le développement foetal et néonatal", souligne le Pr Jouannet.
"Ce que nous voyons aujourd'hui peut s'être passé il y a vingt ou trente ans, on verra plus tard l'impact de ce qui se passe aujourd'hui, ce qui est en jeu, c'est peut-être la fertilité de nos petits-enfants", met-il en garde.
Alors que s'accumulent les signes d'altérations des fonctions génitales de l'homme, les "facteurs environnementaux ou liés aux conditions de vie" ressortent comme l'explication "la plus probable".
AFP
Baisse de concentration du sperme, fréquence accrue des cancers du testicule et de malformations génitales masculines, poissons féminisés, alligators au pénis plus court... Les indices s'accumulent pour accuser pesticides ou autres polluants, selon des travaux présentés mercredi lors d'un colloque à Paris.
Les facteurs environnementaux étant multiples et complexes, de longues études sur l'homme restent nécessaires pour fournir des preuves et mesurer les effets sur plusieurs générations, ont expliqué des experts lors des 4es rencontres parlementaires santé-environnement.
Chez l'animal, l'action des perturbateurs endocriniens est largement documentée, comme le résume l'éco-toxicologue Jean-Marc Porcher (Ineris): féminisation d'oiseaux marins liée au DDT, perturbation de la sexualité de poissons par des résidus d'usine à papier, diminution de la taille du pénis chez des alligators du lac Apopka en Floride, féminisation de poissons...
Mais, reconnaît-il, lors d'expositions multiples, "il est difficile de remonter à la substance responsable".
Chez l'homme, une étude danoise avait alerté dès 1992 sur la baisse de la concentration du sperme en spermatozoïdes. "Elle s'est réduite de près de la moitié en cinquante ans", a résumé Pierre Jouannet, responsable du laboratoire de biologie de la reproduction à l'hôpital Cochin à Paris.
On constate aussi, selon le Pr Jouannet et d'autres experts, une augmentation "très nette" de la proportion d'hommes qui ont des cancers du testicules, ainsi que de malformations (hypospadias) du pénis liées à une absence de fermeture de l'urètre.
Autre anomalie plus fréquente chez les bébés, la cryptorchidie (testicules non descendus dans les bourses) qui accroîtrait aussi le risque de cancer des testicules.
Un long suivi en Scandinavie, où l'examen médical des conscrits porte aussi sur la qualité de leur sperme, a permis de comparer l'évolution au Danemark et en Finlande.
La concentration du sperme est meilleure et la fertilité plus élevée en Finlande, même si l'écart tend à se réduire, selon le Pr Niels Skakkebaek (Hôpital universitaire de Copenhague) qui juge difficile d'accuser un polluant précis, compte tenu des expositions multiples.
"Il y a davantage de femmes danoises qui fument ou boivent durant la grossesse", et "plus de produits chimiques retrouvés dans le lait maternel au Danemark qu'en Finlande", dont des pesticides, phtalates, retardateurs de flamme, relève-t-il.
Plus récemment, a été constatée une croissance plus lente du volume des testicules chez les bébés danois que chez les bambins finlandais.
La gamétogenèse, ou production des cellules reproductrices, commence durant la vie utérine puis reprend à la puberté, des phases où toute modification subtile liée à l'environnement peut avoir des effets à long terme.
Des facteurs influant sur les sécrétions hormonales peuvent "perturber la maturation des testicules pendant le développement foetal et néonatal", souligne le Pr Jouannet.
"Ce que nous voyons aujourd'hui peut s'être passé il y a vingt ou trente ans, on verra plus tard l'impact de ce qui se passe aujourd'hui, ce qui est en jeu, c'est peut-être la fertilité de nos petits-enfants", met-il en garde.
Alors que s'accumulent les signes d'altérations des fonctions génitales de l'homme, les "facteurs environnementaux ou liés aux conditions de vie" ressortent comme l'explication "la plus probable".
AFP










