Finalement, je m’étais décidé à escalader la montagne malgré un temps incertain. Un brouillard recouvrait le paysage.
J’avais choisi de remonter le ruisseau « S », en suivant une vague trace laissée sans doute par quelques chèvres errantes. Aucune présence humaine, la nature ici avait préservé ses droits.
Au fur et à mesure que je gravissais, le décor s’embuait et prenait des teintes mystérieuses. Parfois, la végétation disparaissait et seul l’eau jouait allègrement sur les cailloux et me guidait sur mon itinéraire..
Je marchais depuis un temps que je jugeais déjà long, mais sans éprouver la moindre fatigue. Pourtant, j’avais négligé la plus élémentaire précaution avant le départ, l’alimentation. Je mâchais de temps en temps des fleurs de « Rosu-marinu » pour calmer la faim.
Un peu plus tard, ma vue commença à décliner et mon allure à ralentir. Néanmoins, je ne ressentais pas encore une grande lassitude. C’est alors, que je perdis une partie de l’ouie. Le paysage devint tout à coup étrange, le ruisseau ne roulait plus que dans le lointain. Etait-ce l’entrée dans un autre monde ?
Une part de mon esprit n’était plus là et j’avais l’impression, pour ne pas dire la certitude que quelqu’un d’autre animait mon corps et mon esprit. Un guide semblait guider mes pas, je n’était plus qu’un simple témoin.
Brusquement, le chemin sembla s’arrêter, à cause d’une végétation luxuriante. Mon esprit reprit le dessus. Je devais absolument prendre une décision. Deux éventualités se présentaient. La première consistait à obliquer sur la droite et emprunter un éboulis assez raide, la seconde à traverser le ruisseau à ma gauche. C’est à ce moment précis que quelqu’un chantonna ; l’aboiement bref d’un chien fut simultané. Je n’étais donc pas seul dans ces lieux que j’avais jugé délaissés ?
Je sautais de pierre en rocher et passait le torrent devant une triple cascade. Une immense roche se dressa devant moi comme sortie du néant. J’hésitais, mais avais-je le choix ? « ON » m’avait laissé le libre arbitre sur la voie à suivre et maintenant le pilote inconnu reprenait les commandes de son véhicule d’emprunt. Il se dirigeait vers ce qui évoquait pour moi une forteresse. Mais qui donc pouvait fréquenter ces lieux ?
Je réalisais que le sol était mouillé et glissant et que j’étais trempé à cause de la pluie incessante, mais cela ne me gênait nullement.
J’arrivais devant les murs et je savais que je ne pourrais aller plus loin. Ma conscience allait m’abandonner très vite. Un abris opportun se présenta sous la forme d’une voûte. Je m’écroulai à terre et sombrai dans l’oubli…
C’est alors qu’un immense chien avec une énorme gueule arriva sur moi. Jamais, je n’avais vu un tel animal. Il me flaira des pieds à la tête. Je m’efforçais de ne pas émettre de sentiments hostiles à son égard et de ne pas lui transmettre ma peur. Le molosse commence une nouvelle inspection, quand celle qui devait être sa maîtresse arriva. Deux autres femmes l’accompagnaient, que j’entrevis et dont les voix restèrent indistinctes.
La femme était grande avec une chevelure très longue. Son visage était tel que l’avait décrit mon ami Mario Mercier le chaman, c’est à dire sans nez. Ce fut un choc, mais je me ressaisis vite. Elle me regarda fixement et dit à l’animal : « laisse, tu vois bien qu’il a le signe ! ».
Je sortis à ce moment là de ma torpeur, j’avais froid…Je redescendis le ruisseau pour ne le traverser que dans les derniers mètres du point d’accès.
Je me ruais vers les vivres dans mon véhicule. Je dévorais avec un appétit d’ogre.
Assis devant le volant je méditais sur ma rencontre avec les
« nazimozze » "les nez-camus", avec cette femme sans nez mais aussi sans bouche, à ce qu’il m’avait paru. Qui était-elle ?
Ces créatures de la montagne dans un décor dantesque et anthropomorphique sont-elles les gardiennes d’un mystère ? Ne dit-on pas qu’Ascu est le seul endroit de Corse qui recèlerait de l’or en abondance ?
Quel était le signe dont la femme parlait ? Je m’interrogeais sur cette question quand mon attention se déplaça vers le rétroviseur. Mon visage m’apparut avec une marque très distincte, une plaie au milieu du front. Je me remémorais alors un incident, avant de passer le ruisseau, une branche venant de nulle part m’avait cinglé le haut du visage et fait saigner.
Etait-ce le fameux signe ?
Les textes ésotériques parlent du signe au front qui protégerait du mal…
Il me faudra revenir en ce lieu énigmatique pour en savoir plus.
Mardi 19 mai 1992
Les gardiennes d'Ascu en Corse
Commencé par
sivapevka
, 18 déc 2006 à 12:59
1 réponse à ce topic
#1
Posté 18 décembre 2006 à 12:59
#2
Posté 18 décembre 2006 à 14:27
Ce signe est aussi celui qui est appelé dans la bible, le sceau de l'agneau, il est le signe qui est gravé dans le coeur de ceux qui sont chargés de préparer la nouvelle humanité.
Ils ne se connaissent pas entre eux, ont chacun un parcours initiatique personnalisé, mais seront tous là de façon synchrone le jour venu.
Leur action symboliquement et pour donner une image qui soit connue, se rapprochera de la scène finale du "5ème élément" (à 1%, mais c'est déjà mieux que rien)
A+
jean-luc
Ils ne se connaissent pas entre eux, ont chacun un parcours initiatique personnalisé, mais seront tous là de façon synchrone le jour venu.
Leur action symboliquement et pour donner une image qui soit connue, se rapprochera de la scène finale du "5ème élément" (à 1%, mais c'est déjà mieux que rien)
A+










