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Sur la situation politique au Liban...


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6 réponses dans ce topic

#1 isves

isves

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Posté 19 décembre 2006 à 09:30

Voilà trois articles intéressants sur la situation politique au Liban à la suite de l'invasion criminelle d'Israel et des tractations étatsuniennes.

1-Sur l'opposition contre le gouvernement libanais pro-US
http://fparler.blogs...-take-on-u.html

2-Sur la soi-disant implication de la Syrie dans l'assassinat de Gemayel
http://fparler.blogs...ans-raison.html
http://fparler.blogs...against-us.html

#2 le maure

le maure

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Posté 05 janvier 2007 à 09:19

un pas de plus dans la présence militaire américaine à toute la planète.les 130 nations qui hébergent déjà une base américaine ne leur suffisait pas pour garder leur hégémonie militaro-économique. :tresfache:

désormais,les état-unis profitent du flou politique du liban suite à l'intervention israelienne de l'été dernier pour installer une base militaire à jbeil en soutenant sinioura au pouvoir. :tresfache:

n'oublions pas la présence des "forces de maintien de la paix" de la FINUL au sud liban. :malice:

article

#3 Skankult

Skankult

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Posté 07 janvier 2007 à 16:01

Les syndicats appelent à protester contre le premier ministre libanais

Beyrouth, 06-01-07 (ANSA)-La Fédération Syndicale Libanaise a convoqué aujourd'hui pour le mardi un acte public pour protester contre le plan economique du premier ministre, Fouad Siniora, tandis que l' opposition guidée par le mouvement chiite du Hezbollah se prépare à intensifier ses actions pour causer la chute du gouvernement.
Ghassam Ghosn, président de la Fédération a déclaré aujourd'hui lors d'une conférence de presse qui veux débattre face au Ministre des Finances, à Beyrouth, pour " rejetter toute taxe directe ou indirecte" qu'impose les autorités.
Le gouvernement de Siniora, anti-syrien, appuyé par les Etats Unis et l' Union Europpéene, a annoncé quelques jours auparavant un plan economique qu'il présentera à la conférence internationale des pays donateurs à Paris le 25 janvier.
Les autorités libanaises espèrent obtenir des aides en quantité, du fait du désastre economique qu' a causé dans le pays l' offensive militaire qu' Israel a lancé avec l'argument de combattre le Hezbollah.
Le Liban a une dette publique de 40 milliards de dollars.

http://www.ansa.it/a...1357267538.html
Le skank ou skanking désigne le contre-temps (ou after-beat) propre au reggae, généralement marqué par un accord plaqué joué par la guitare rythmique ou le clavier. Ces accords sont qualifiés à tort d'appui sur le contre-temps, puisqu'ils tombent bel et bien sur les deuxièmes et quatrièmes temps (une mesure en reggae est de quatre temps) et non entre les temps, comme le laisserait penser cette appellation.

#4 le maure

le maure

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Posté 25 mai 2007 à 08:18

dernièrement,les combats ont repris entre l'armée officielle du liban et un groupuscule qui nous été jusqu'alors inconnu:le fatah al islam.

les médias ,qui nous relaient inlassablement les infos de nos amis libanais sembleraient encore vouloir nous induire en erreur.en effet,tout ceux qui sont autorisé à répondre sur ce sujet tel que bernard kouchner notre nouveau ministre au quai d'orsay nous insinue que le fatah al islam serait soutenu une fois de plus par le voisin syrien.

mais il semble que cela soit faux une fois de plus et que l'on cherche encore à influer  l'opinion publique pour d'éventuel action futur  contre la syrie .

article de seymour hersh sur CNN

L'Administration Bush a organisé le soutien aux militants attaquant le Liban

En mars dernier, Hersh rapportait que la politique américaine au Moyen Orient s'était orientée vers une opposition à tout prix contre l'Iran, la Syrie, et leurs alliés shi'ites, même si cela voulait dire soutenir des jihadistes sunnites extrémistes.

Un élément clé de ce tournant politique cela a été l'accord entre le vice président Dick Cheney, le conseiller à la Sécurité Nationale Eliot Abrams, et le prince Bandar bin Sultan, le conseiller saoudien à la sécurité nationale, comme quoi les saoudiens financeraient clandestinement le groupe sunnite Fatah al –Islam au Liban comme contre poids au groupe shi'ite du Hezbollah.

Hersh fait remarqué que l'actuelle situation ressemble à celle existant lors du conflit en Afghanistan dans les années 80 – qui a donné naissance à la création d'al Qaeda – avec les mêmes personnes impliquées à la fois aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite et le « même modèle » : les Etats-Unis utilisant des djihadistes que les saoudiens affirmaient contrôler.

Quand on lui a demandé pourquoi l'Administration n'agit plus rationnellement dans sa politique « nous sommes dans le bizness de soutenir les sunnites partout où nous le pouvons contre les shi'ites … « Nous sommes dans le bizness de créer …. Une violence sectaire. » Et il décrit le mode de financement de Fatah al-Islam comme étant « un programme clandestin que nous avons en commun avec les saoudiens comme faisant partie d'un programme plus grand et plus étendu de faire tout ce que nous pouvons pour stopper l'extension du monde shi'ite, et tout simplement… on est pris à revers. »

David Edwards et Mureil Kane 22/05/07 www.rawstory.com

Accès à l'article en anglais et à la vidéo de CNN

http://rawstory.com/...tants_0522.html

Traduction de la Transcription de la vidéo

Hala Gorani : bien, le journaliste d'investigation Seymour Hersh a rapporté en mars que pour battre le Hezbollah, le gouvernement libanais a soutenu un groupe militant sunnite, le même qu'ils combattent aujourd'hui. Seymour Hersh se joint à nous en direct de Washington. Merci d'être avec nous. Quelle est la source du financement, selon votre reportage sur ces groupes, tel que le Fatah al-Islam, dans ces camps de Nahr el Bared par exemple ? D'où obtiennent –ils l'argent et les armes ?

Seymour Hersh : l'acteur clé ce sont les saoudiens. Ce que j'ai écris portait sur le type d'accord privé qui a été passé entre la Maison Blanche , nous parlons de Richard - - Dick - - Cheney et Eliot Abrams, l'un des aides clés de la Maison Blanche, et Bandar. Et l'idée c'était de soutenir , soutien clandestin des saoudiens, de soutenir différents djihadistes extrémistes, des groupes sunnites, particulièrement au Liban, qui seraient vu lors d'une confrontation avec le Hezbollah - - le groupe shi'ite au sud Liban - - qui seraient perçus comme un atout, c'est aussi simple que cela.

Gorani : Le gouvernement Seniora, pour contrer l'influence du Hezbollah au Liban, financerait clandestinement, selon votre article, des groupes comme le Fatah al-Islam avec lesquels ils ont des problèmes actuellement ?

Hersh : une nouvelle fois, des conséquences inattendues.

Gorani : et si l'Arabie Saoudite et le gouvernement Seniora font cela, que ce soit voulu ou pas, est ce que les Etats-Unis ont quelque chose à dire là-dessus ou pas ?

Hersh : Bien, en fait les Etats-Unis sont été profondément impliqué. C'est une opération clandestine que Bandar a menée pour nous. N'oubliez pas, si vous vous souvenez, vous savez, nous sommes entrés en guerre en Afghanistan avec le soutien d'Osama ben Laden, le mujahadin à la fin des années 80, avec Bandar et des gens comme Eliot Abrams dans les parages, l'idée étant que les saoudiens nous avaient promis qu'ils pouvaient les contrôler - - ils pouvaient contrôler les djihadistes donc nous avons dépensé beaucoup d'argent et de temps, et à la fin des années 80 les Etats-Unis utilisaient et soutenaient les djihadistes pour aider à battre les russes en Afghanistan et ils se sont retournés contre nous. Et nous avons la même méthode, comme si les leçons n'avaient pas été tirées. C'est de nouveau la même méthode, utiliser les saoudiens pour soutenir les djihadistes, les saoudiens nous assurant qu'ils peuvent contrôler ces groupes divers, les groupes tel que celui qui est en contact juste maintenant à Tripoli avec le gouvernement

Gorani : Sûrement mais les moudjahiddines dans les années 80 c'était une autre époque. Pourquoi juste maintenant les Etats-Unis auraient tout intérêt indirectement, même si c'est indirectement, de donner les pleins pouvoirs à ces mouvements jihadistes qui sont des extrémistes qui se battent à mort dans ces camps palestiniens ? Est-ce que cela ne va pas actuellement contre les intérêts non seulement du gouvernement Seniora mais aussi de l'Amérique et du Liban ?

Hersh : L'ennemi de note ennemi est notre ami, de même que les groupes djihadistes étaient là aussi au Liban pour pourchasser le Hezbollah, si vous vous souvenez, l'année dernière la défaite d'Israël, que les israéliens le reconnaissent ou pas, donc vous avez le Hezbollah une menace majeure pour les américains - - regardez le rôle américain est simple. Condoleezza Rice, la secrétaire d'état s'est exprimée clairement là dessus. Nous sommes actuellement dans le bizness de soutenir les sunnites partout où nous pouvons contre les shi'ites, contre les shi'ites au Liban c'est-à-dire Nasrallah. Guerre civile. Nous sommes dans le bizness de créer dans d'autres endroits, le Liban en particulier, de la violence sectaire.

Gorani : L'Administration Bush bien sûr, les fonctionnaires ne seraient pas d'accord avec cela, donc est ce que le gouvernement Seniora, pointant ouvertement du doigt la Syrie, disant de Fatah al – Islam que c'est un rejeton d'un groupe syrien, d'où pourrait –il obtenir des armes si ce n'est de la Syrie ?

Hersh : Vous devez répondre à cette question. Si cela était vrai, la Syrie qui est proche - - et critiquée largement par l'Administration Bush pour être très proche - - du Hezbollah soutiendrait aussi des groupes, des groupes salafistes - - Ce n'est pas logique. Ce que c'est tout simplement c'est un programme clandestin que nous avons conjointement avec les saoudiens comme faisant partie d'un programme plus grand plus étendu de faire tout pour stopper l'extension du monde shi'ite, et on est pris à revers, comme cela est déjà arrivé auparavant.

Gorani : sûr, mais si cela n'a pas de sens pour les syriens de les soutenir, pourquoi cela en aurait il pour les US de soutenir indirectement selon votre article, en donnant des milliards de dollars d'aide, dont une partie en aide militaire - - et si cela est fait de manière que ni le gouvernement ni les US ne contrôlent les groupes extrémistes, donc indirectement, selon l‘article que vous avez écrit, les US les soutiendraient. Donc quel serait leur meilleur intérêt et que devraient ils faire selon les gens avec qui vous avez parlé ?

Hersh : Vous supposez que le gouvernement des Etats-Unis se serve de la logique. OK, nous oublions cela pour le moment. A la base c'est très simple. Ces groupes voient - - quand j'étais à Beyrouth pour des interviews, j'ai parlé à des fonctionnaires qui ont reconnu que la raison pour laquelle ils toléraient ces groupes de radicaux djihadistes c'était parce qu'ils étaient vu comme une protection contre le Hezbollah. La peur du Hezbollah à Washington, particulièrement à la Maison Blanche, est profonde. Ils croient tout simplement que Hassan Nasrallah a l'intention de mener une guerre contre l'Amérique. Que cela soit vrai ou pas, c'est une autre question. Il existe une peur suprême énorme du Hezbollah et nous ne voulons pas que le Hezbollah joue un rôle actif dans le gouvernement au Liban et cela a été notre politique, à la base, de soutenir le gouvernement de Seniora malgré sa faiblesse contre la coalition. Non seulement Nasrallah mais Mr Aoun, ancien dirigeant militaire du Liban. Ils sont dans une coalition que nous abhorrons absolument.

Gorani : tres bien, Seymour Hersh du magazine « The New Yorker », merci de nous avoir rejoint et nous espérons pouvoir parler un peu dans quelques mois quand ces développements auront pris forme au Liban et que nous en saurons plus. Merci beaucoup.



Hersh : content de vous avoir parlé.

Traduction bénévole Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

source

#5 Zorglub78

Zorglub78

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Posté 25 mai 2007 à 17:17

J'avais déjà entendu des versions différentes sur le sujet...

Source: ContreInfo

Citation

Franklin Lamb : les dessous de la crise libanaise
25 mai 2007

Counter Punch publie les révélations explosives d’un spécialiste du Liban qui affirme détenir les clés de lecture permettant de comprendre l’enchainement des évènements de ces derniers jours. Le cambriolage nocturne qui a déclenché la bataille de Tripoli ne serait pas un simple acte de banditisme mais une représaille contre les financiers de Fatah Al Islam qui venaient d’interrompre leurs versements à ses miliciens.
Qui se trouve derrière les combats du nord Liban ?

(Extrait)

Par Franklin Lamb, Counter Punch, 24 mai 2007

Franklin Lamb qui se trouve en ce moment au Liban, est un bon connaisseur du pays qui a publié plusieurs livres sur l’invasion israelienne de 1982 et l’occupation. L’article qu’il a écrit pour Counter Punch commence par le récit d’une visite à Nahr el Bared, effectée à la faveur d’un cessez-le-feu, et se poursuit par le récit des évènements récents, dont nous donnons la traduction ci-dessous.

Pour comprendre ce qui se passe à Narh el Bared avec le Fatah Al Islam, il est nécessaire de faire une présentation rapide de l’étonnant et mystérieux Welch Club du Liban.

Ce Club tient son nom de celui de son parrain, David Welch, un assistant à la Secretaire d’Etat Condoleeza Rice, qui joue le rôle d’éclaireur pour l’Administration Bush, en ayant pour guide Eliott Abrams. Parmi les membres clés de ce Club, se trouvent :

-  Walid Jumblatt, un Druze véteran de la guerre civile libanaise, féodal au caractère lunatique, qui dirige le Parti Progressiste Socialiste (PSP)

-  Samir Geagea, autre vétéran de la guerre civile, seigneur de la guerre, terroriste - il a effectué 11 ans de prison pour avoir commis des massacres de chrétiens, entre autres. Il est le dirigeant de la Phalange et de ses Forces Libanaises (FL), le groupe qui a perpétré les massacres de Sabra et Chatila ( Geagea n’a pas pris part à ces massacres, ce groupe était dirigé à l’époque par Elie Hobeika, son mentor).

-  Le Cheikh Saoudien milliardaire Saad Hariri, dirigeant le Mouvement du Futur (MF) sunnite, et président de ce Club.

Il y a un an de cela, le Mouvement du Futur d’Hariri, commença à organiser des cellules terroristes sunnites. Les PSP et les FL ont leurs propres milices depuis la guerre civile, et bien que les accords de Taief requeraient le désarmement des milices, elles ont depuis réarmé, sont impatientes d’agir et tentent de provoquer le Hezbollah.

Le MF a créé des cellules terroristes islamistes sunnites pour servir de couverture aux projets anti-Hezbollah du Welch Club. Le plan consistait à attribuer les actions de ces groupes, dont Fatah Al Islam fait partie, à Al Qaida ou à la Syrie, ou quiconque hormis le Club.

Pour le recrutement de ces nouvelles milices, le MF a fait le tour des camps palestiniens pour y enrôler les extrêmistes qui avaient été affaiblis, marginalisés, durant les 11 ans d’occupation syrienne. Chaque combattant recevait 700 dollars par mois, une belle somme au Liban.

La première milice financée par le Welch Club et organisée par le MF est connue localement sous le nom de Jund Al Sham ( Sham en arabe désigne la réunion de la Syrie du Liban de la Palestine et de la Jordanie) et fut créée au camp de refugiés palestinien de Ain El Hilwa pres de Saida. Ce groupe est aussi appelé dans les camps palestiniens le jund el Sitt (Soldat de Sitt, ce qui dans la région de Saida, à Ain el Hiwa et alentour fait référence à Bahia Hariri, la soeur de Rafik Hariri, soeur de Saad, et membre du parlement) [1].

Le second de ces groupe est le Fatah Al Islam ( un nom qui rassemble habilement le Fatah des palestiniens et l’Islam d’Al Qaida). Le MF organisa ce groupe au camp de réfugiés de Nahr el Bared, au nord du Liban, pour des raisons d’équilibre géographique.

Fatah Al Islam rassemblait à peu près 400 combattants bien payés, jusquà ces trois derniers jours. Aujourd’hui, ils peuvent être plus ou moins nombreux, et avoir reçu des volontaires. Les dirigeants se sont vu fournir des appartements luxueux, avec vue sur la mer à Tripoli, où ils ont entreposé des armes et se mettaient au fais quand ils n’étaient pas à Nahr el Bared. Devinez qui possède ces logements ?

Selon les membres de Fatah Al Islam et de Jund Al Sham, ces groupes agissaient sur les directives du président du Club, Saad Hariri.

Alors, qu’est ce qui a mal tourné ? Qu’est ce qui a amené à l’attaque de banque [2] et au massacre de Nahr el Bared ?

Selon des membres de Fatah Al Islam, l’administration Bush s’est inquiété lorsque des gens comme Seymour Hersh ont commencé à s’interesser à cette histoire, à un moment où le respect de la discipline [du secret] à la Maison Blanche était en chute libre. De plus, les services de renseignement du Hezbollah étaient au courant des activités du Club et étaient en situation de retourner les deux groupes supposés déclencher une guerre civile entre chiites et sunnites, que le Hezbollah voulait éviter.

La situation a commencé à se détériorer rapidement pour le Club la semaine dernière. Le MF a mis fin aux versements sur le compte du Fatah Al Islam, compte lié à la famille Hariri [3] .

Le Fatah Al Islam a alors tenté des négocier au moins le paiement d’indemnités de dédomamagement, sans succès, et s’est senti trahi. Souvenons nous que de nombreux combattants sont des jeunes gens qui ont le sang chaud et dont la paye fait vivre leur famille. Les miliciens ont alors cambriolé la banque qui leur délivrait des chèques sans plus de valeur. Ils ont été doublement irrités lorsqu’ils ont appris en suite que le MF déclarait aux médias avoir subi des pertes bien plus importantes que la valeur dérobée, et que le Club pourrait abuser les assurances et finalement réaliser un profit énorme.

Les Forces de Sécurité Intérieures du Liban - nouvellement recrutées pour exécuter les ordres du Club et du Mouvement du Futur - ont donné l’assaut à l’appartement du Fatah Al Islam à Tripoli. Sans grand succès, et elles ont du faire appel à l’Armée Libanaise.

Dans les heures qui suivirent, le Fatah Al Islam lançait des représailles contre les positions de l’Armée Libanaise, ainsi que sur des militaires hors service, désarmés, et commettait des crimes horribles, dont quatre décapitations.

Jusqu’à maintenant, le Fatah Al Islam n’a pas effectué de représailles contre les Forces de Sécurité Intérieures à Tripoli, parce qu’elles sont pro-Hariri, parmi elles se trouvent de leurs amis, et le Fatha Al Islam espère toujours être payé par Hariri. Ils s’en sont donc pris à l’armée.

Le cabinet Siniora s’est réuni, et a démandé à l’armée d’entrer dans le camp de réfugiés pour réduire au silence Fatah Al Islam - plutôt deux fois qu’une. Dans la mesure où son entrée dans les camps est interdite par un accord signé avec la Ligue Arabe en 1969, l’armée a refusé, comprenant l’étendue de la conspiration du Welch Club. L’armée est consciente du fait que l’entrée dans un camp de réfugié déclencherait un conflit dans les douze camps que compte le Liban, et la conduirait à l’éclatement à partir de ses divisions confessionnelles.

L’armée s’est sentie piégée par les Forces de Sécurité Intérieures du Welch Club, qui ne se sont pas coordonnées avec elle, comme le requiert la loi libanaise, et ne l’a même pas avertie des "règlements de compte familiaux" que les FSI ont mené contre les repaires du Fatah Al Islam à Tripoli.

Aujourd’hui, les tensions sont grandes entre l’armée et le Welch Club, et l’on entend certains utiliser les termes de "coup d’état militaire".

Le Club veut conduire le Parlement, et est prêt à tout pour ne pas perdre le liban. Il conserve 70 sièges à la chambre, alors que l’opposition dirigée par le Hezbollah n’en compte que 58. Il a également un Premier Ministre dévoué en la personne de Fouad Siniora.

Le Club a tenté de prendre le contrôle de la Présidence, et devant son échec, l’a marginalisée. L’année dernière il a tenté de prendre le contrôle du Commité Constitutionnel Parlementaire, qui valide les décisions du gouvernement et les lois. Le Club ayant échoué, il a tout simplement dissous le Commité Constitutionnel. Cette instance majeure n’existe plus désormais dans les institutions libanaises.

L’erreur majeure commise par le Welch Club a été sa tentative d’influer sur l’armée libanaise pour qu’elle désarme la Résistance dirigée par le Hezbolla. Quand l’armée a prudemment refusé, le Club en coordination avec l’Administration Bush a poussé Israel à intensifier ses représailles contre la capture de deux soldats par le Hezbollah, en rupture avec les ripostes circonscrites ayant eu lieu par le passé, et à tenter de détruire le Hezbollah pendant la guerre de juillet 2006.

Le Welch Club considère désormais l’armée comme un sérieux problème. L’administration Bush essaye désormais de l’affaiblir et de la marginaliser afin d’éliminer l’un des deux derniers obstacles à la politique israelienne pour le Liban.

Si l’armée est affaiblie, elle ne pourra protéger les 70% des chrétiens libanais qui soutiennent le Rassemblement pour le Liban du général Aoun. Le RPL rassemble des membres de la classe moyenne éduquée, qui sont sans armes. Leur seule protection réside dans l’armée libanaise, qui les conforte dans le maintien de leur présence sur la scène politique. Les autres chrétiens du Liban forment la minorité de 15% associée aux Forces Libanaises de Geagea, qui sont uniquement une milice. Si le Club peut affaiblir l’armée plus qu’elle ne l’est, alors cette minorité de la Phalange deviendra la seule force relativement importante parmi les chrétiens, et elle deviendra l’armée du Club.

Une autre raison pour laquelle le Club veut affaiblir l’armée libanaise, c’est qu’elle est nationaliste, qu’elle joue le rôle d’une soupape de sécurité permettant au Liban de rassurer les palestiniens quant à leur droit au retour, et entretient le sentiment national et la culture de résistance défendue par le Hezbollah, avec lequel elle a d’excellente relation.

De leur coté, les membres du Club veulent conserver au Liban quelques palestiniens qui acceptent de travailler pour pas cher, expédier le reste vers d’autres pays acceptant de les accueillir ( et recevoir des subsides américains pour ce faire ) et autoriser quelques milliers d’entre eux a exercer le droit au retour, tout en signant au même moment un accord du type de celui du 17 mai 1983 [4] qui enrichirait les membres du Club, en concédant à Israel l’eau du Liban et une bonne part de sa souveraineté.

Pour résumer ce long récit d’un mot, le Fatah Al Islam doit être réduit au silence à tout prix. Leur histoire si elle est connue, est un poison pour le Club et ses sponsors. Nous assisterons vraisemblablement aux efforts pour les detruire dans les jours prochains.

Franklin Lamb est un diplômé de la Boston University et de la London School of Economics. Il a été Assistant à l’ « International Law and Assistant Counsel » à la comission parlementaire de la justice du Congrès américain. Il a publié plusieurs ouvrages sur le Liban, dont « The Price We Pay : A Quarter Century of Israel’s use of American Weapon’s against Lebanon (1978-2006) » et prépare un livre sur le Hezbollah.

Publication originale Counter Punch, traduction Contre Info.

[1] Les partisans d’Hariri ont reconnu que Bahiya Hariri avait bien transmis des fonds à Jund Al-Sham, mais ont expliqués que ces sommes étaient destinées à dédommager les miliciens qui acceptaient de quitter la région pour aller à Narh el Bared. Sur ce sujet, lire Loubnan Ya Loubnan.

[2] Les affrontements ont débutés lorsqu’une patrouille de police a pris en chasse le suspect d’un cambriolage qui les à conduit aux appartements ou les miliciens se sont retranchés

[3] lié à la famille Hariri : l’article original mentionne Hariri family owned back

[4] 17 mai 1983 : Accord de paix signé entre Israel et le Liban, qui n’avait à l’époque pas été enterriné par l’OLP, et qui sera annulé par le gouvernement libanais le 5 mars 1984.


#6 Cosmoschtroumpf

Cosmoschtroumpf

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Posté 26 mai 2007 à 19:16

Complément d'information bien évidemment occulté par les mass medias (faut-il s'en etonner ??).

Citation

Les Hariri financent « al-Qaeda », mais c’est pour la bonne cause

samedi 26 mai 2007

Encore pour le docteur Kouchner. Qu’il apprenne qui finance les "terroristes" notamment dans la famille Hariri et qu’il voit aussi que les Libanais ont démantelé un réseau terroriste agissant pour le compte du Mossad, l’an dernier. Qu’il planche bien ses dossiers et après, peut-être qu’il pourra s’occuper des Affaires Etrangères. Dans l’immédiat, il suit la ligne de ses amis mais pas celle du Peuple Juste de France qui réclame la Vérité et veut que Justice soient faites. Les individus qui gouvernent notre monde sont pitoyables.

Une video pour le doctor Kouchner. Qu’il la regarde. Il va voir que le groupe Fateh El Islam dont soit-disant Siniora veut se débarrasser maintenant, il l’a appuyé voilà quelques mois et ce sont les Etats-Unis qui les ont entraînés pour lutter contre le Hezbollah. Alors quand on entend Sfeir, Siniora et toute la clique accuser la Syrie, on sait à quoi s’en tenir.

La vidéo n’est pas en Français mais vous verrez l’interview de Seymour Hersh et les images de l’entraînement sur CNN. N’oublions pas qu’à la base, c’est la CIA qui a financé Al Qaïda et qu’actuellement encore en Irak, ils forment des terroristes qu’ils vont chercher dans les prisons.

On vous fera aussi remarquer que pas un média français n’en parle alors que l’interview de Seymour est sur tous les sites anglo-saxons... c’est dire comme on est bien informé. Quand au fameux tribunal international dont el doctor se fait le parangon, il nous semble qu’il ferait mieux de rechercher les assassins d’Hariri dans ses alliances atlantistes...

Voir la video : Fateh al-Islam a été entraîné par les USA et soutenu par Siniora :

http://rawstory.com/...tants_0522.html

ML

Révélation étonnante, aujourd’hui, dans l’éditorial de Michael Young dans le Daily Star. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s’agit d’un des nombreux propagandistes du clan Hariri : ses éditoriaux sont proprement illisibles. Lire un éditorial de Michael Young, c’est en gros lire un communiqué officieux de la maison Hariri ; c’est le seul intérêt.
 
l’article de Seymour Hersh dans le New Yorker du 5 mars dernier, intitulé « The Redirection » est désormais le texte le plus commenté au Liban et sur l’internet libanais. Avant même que le Fatah al-Islam ne fasse la Une des médias (pour les attentats près de Bikfaya, puis pour les affrontements actuels avec l’armée libanaise), Seymour Hersh indiquait nommément ce groupe comme un exemple de groupe sunnite islamiste financé et armé par le clan Hariri pour contrer le Hezbollah.

Aujourd’hui, Michael Young, porte-flingue du clan, réplique. Il commence par débiner l’article de Hersh, sur l’unique paragraphe qui concerne le financement du Fatah al-Islam, au motif qu’il n’est pas suffisamment sourcé. Et finalement, affirmant que Hersh ment en accusant le clan Hariri d’avoir financé ce groupe, il élabore une théorie encore moins fondée et sourcée pour affirmer qu’il s’agit en réalité d’une action syrienne.

Cependant, au milieu de cette « démonstration », Michael Young affirme ceci :

Le mensonge selon lequel le gouvernement a financé le Fatah al-Islam a été légitimé par une gaffe spectaculaire du camp Hariri, en particulier de Bahiya Hariri [NdT : la sœur de feu Rafik Hariri]. Il y a quelques mois, elle a aidé à résoudre une crise qui résultait de la présence d’islamistes dans le district de Taamir de Sidon, adjacent au camp palestinien d’Ein al-Hilweh, en payant un dédommagement aux militants du Jund as-Sham pour qu’ils quittent la région. Du point de vue étroit de Sidon, que Bahiya Hariri représente au parlement, c’est logique. Taamir était une entrave aux relations entre l’État et les habitants de la région d’un côté et les Islamistes et les résidents du camp de l’autre. Cependant, au lieu de se disperser, un certain nombre de militants se sont rendus à Nahr al-Bared, selon des sources palestiniennes. Là, ils ont rejoint le Fatah al-Islam. Maintenant les Hariri semblent avoir financé des islamistes, alors qu’ils se sont contenté de faire ce qu’ils font habituellement face à un problème : essayer de le résoudre en l’achetant.

Ainsi, le clan Hariri admet, par son porte-parole officieux Michael Young, avoir au moins une fois donné de l’argent à un groupe islamiste, le Jund as-Sham, dont les membres ont ensuite rejoint le Fatah al-Islam. C’était une « gaffe », justifiée par la volonté de bien faire dans le cadre de la défense d’une petite circonscription locale (Sidon, ville côtière au Sud de Beyrouth, nommée Saïda en arabe, fief historique des Hariri).

Ah oui mais non... Parce que si on commence à fréquenter le Jund as-Sham et le camp de Ein al-Hilweh, alors on va commencer à fréquenter du bizarre, du louche, du pas correct... Le genre avec lequel on ne fait pas de « gaffe ».

Avant de commencer, je tiens à introduire ici un énorme AVERTISSEMENT AU LECTEUR. Nous entrons dans le domaine de l’occulte, de la barbouserie et de la manipulation. Chaque fait ou relation, dès lors, n’est plus étayé que par une seule source, dont la fiabilité n’est jamais assurée, et dont la déclaration a toujours un but plus ou moins caché. L’internet permet avec une facilité déconcertante de se livrer à ce genre de jeu de piste, et dans ces moments on se laisse facilement emporter par un enthousiasme dangereux. Le piège classique consistant à valider une conclusion décidée en amont en établissant une collection de liens.

Le but de ce qui suit n’est donc pas de démontrer autre chose que ceci : la révélation de Young (une membre très importante du clan Hariri a donné de l’argent à un groupe islamiste, et ce groupe islamiste a rejoint l’actuel Fatah al-Islam) est en réalité une ouverture sur un monde bizarre, nauséabond et malsain de faux-semblants et de manipulations.

Cette précaution prise, commençons...

Le lecteur anglophone est invité à lire le billet de l’indispensable blog de Joshua Landis (une autre bête noire de l’éditorialiste Michael Young), Syria Comment : « Ahmed Abu Adas, Jund al-Sham and Mossad ? ». Ce billet de juin 2006 a visiblement inspiré un célèbre texte de Jürgen Cain Külbel mais, à l’inverse de ce dernier, le billet sur Syria Comment se garde bien de tirer des conclusions explicites. Pour les sources, voir ce billet.

Du Fatah al-Islam, l’éditorial de Young permet de remonter au Jund as-Sham, « L’armée du Levant », dont le nom est une référence à la grande région qui a donné son nom à Damas (Sham en arabe) ; malgré son nom, ce groupe n’est pas pro-syrien. Plusieurs articles de presse le mentionnent d’ailleurs comme étant « Al-Qaeda au Liban ». Quelques informations sur ce groupe sont disponibles sur Wikipedia (la traduction que l’on y trouve, « Armée de la Grande Syrie », prête à confusion ; les tenants de la Grande Syrie au Liban - PSNS -, n’utilisent pas à ma connaissance le terme « Sham », mais « Sourya », sont laïcs, et n’ont rien à voir avec ce groupe islamiste.). Il serait ainsi l’auteur de l’attaque de septembre 2006 contre l’ambassade américaine à Damas, que les services syriens ont empêché suite à des combats très violents. La répression syrienne contre ce groupe, en 2005, était si violente qu’Amnesty International s’en est ému. Il serait responsable d’un attentant en 2004 à Beyrouth qui a tué un responsable du Hezbollah. Bref, ce groupe semble difficilement à placer du côté des « pro-syriens »...

Accessoirement, le Jund as-Sham est sur la liste des organisations terroristes émise par la Russie. Il n’est pas sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’État étatsunien d’octobre 2005. (Inversement, le Hezbollah est sur la liste étatsunienne, mais n’est pas sur la liste russe.)

Selon le billet de Syria Comment, le Jund as-Sham aurait accueilli, à Ain al-Hilweh, les membres survivants du groupe de Dinniyeh, dont le dirigeant Bassam Ahmad al-Kanj, avait été tué.

Bassam Ahmad al-Kanj aurait été le professeur religieux du Sheikh Abu Obeida, sous-chef des groupes Asbat al-Ansar et Jund as-Sham.

Par ailleurs, parmi les membres du groupe de Dinniyeh, on trouve Ahmed Salim Mikati et Ismail al-Khatib. Ces hommes étaient les employeurs, dans un magasin d’ordinateur, du Palestinien Abu Adas. Par ailleurs, le Sheikh Abu Obeida (haut responsable du Jund as-Sham) est cité dans le premier rapport Mehlis comme ayant été en relation avec Abu Adas (le rapport écarte cependant cette relation, jugeant ses sources peu fiables).

Abu Adas a revendiqué, dans une cassette diffusée sur al-Jazeera, l’assassinat de Rafik Hariri. Thèse écartée par la commission d’enquête, le billet de Syria Comment étant cependant circonspect sur ce point.

Le Jund as-Sham aurait revendiqué en mars 2005 trois des quatorze attentats sur lesquels enquête la commission. En octobre 2005, il a menacé de mort le juge Mehlis.

Toutes ces informations décrivent une « mouvance », un réseau de relations autour du Jund as-Sham, en rapport connu avec l’assassinat sur la mort de Rafik Hariri et la commission d’enquête. C’est donc à ce groupe, qui a ainsi publiquement menacé de mort le juge Mehlis en 2005 (information révélée par al-Mustaqbal, le quotidien du clan Hariri), que la femme de Rafik Hariri a donné de l’argent « il y a quelques mois »...

Le billet de Syria Comment devient encore plus inquiétant lorsqu’il évoque le Sheikh Jamal Khattab, décrit comme travaillant avec le Sheikh Abu Obeida (haut responsable du Jund as-Sham). Selon le Times de juin 2006, Sheikh Jamal Khattab est un imam suspecté d’avoir recruté des combattants arabes pour al-Qaeda en Irak. Il était par ailleurs imam à Ain al-Hilweh et leader islamiste.

Ce représentant de notre désormais élargie « mouvance » al-Qaeda à Ain al-Hilweh a un frère : Hussein Khattab.

Accrochez-vous. Hussein Khattab a été arrêté en juin 2006 : il dirigeait un réseau d’espionnage du Mossad israélien au Liban. Il aurait ainsi été suspecté du meurtre de Jihad Ahmad Gibril en 2002 et libéré sur pressions de son frère le Sheikh Jamal Khattab.

Comme je l’écrivais en juillet 2006 : « Un autre événement aura échappé à nos médias occidentaux. Le 13 juin 2006 (oui, il y a à peine un mois), les Libanais ont démantelé un réseau terroriste agissant pour le compte du Mossad :»

« Les services de renseignements de l’armée libanaise ont arrêté Mahmoud Rafeh, à l’origine de l’assassinat des frères Majzoub membres du Djihad Islamique le 26 mai dernier, à Saïda. Cet ancien FSI recruté par le Mossad a reconnu être impliqué dans d’autres attentats à la voiture piégée qui ont eu lieu au cours des dernières années. L’armée qui a saisi de nombreuses preuves à conviction au domicile de Rafeh a afirmé que d’autres membres de ce réseau terroriste avaient été arrêtés. Ces derniers avaient effectué des stages de formation en Israël, une fois opérationnels, ils recevaient le matériel de communication et d’espionnage sophistiqué pour exécuter les ordres du Mossad. Ainsi, l’attentat contre les frères Majzoub à Saïda et l’assassinat de deux responsables du Hezbollah et de Jihad Ahmad Gibril, fils d’Ahmad Gibril (chef prosyrien du FPLP-CG) sont à mettre au compte de ce réseau, d’après les aveux de Rafeh. »

Malgré ces relations extrêmement inquiétantes et bizarres, la sœur de Rafik Hariri a donné de l’argent au Jund as-Sham « il y a quelques mois », lequel aurait pris l’argent et a rejoint le Fatah al-Islam près de Tripoli.

Encore une fois, il faut un cynisme absolu et assumer un beau déni de réalité pour pouvoir prétendre qu’il s’agit d’une « gaffe », qui serait logique « du point de vue étroit de Sidon ».

Source : http://tokborni.blogspot.com

Article trouvé sur le site des ogres mais l'original est dans la citation

:tresfache:

#7 Zorglub78

Zorglub78

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Posté 28 mai 2007 à 08:19

Source: LesOgres
J'avais déjà lu 2 articles similaires il y a 2 ou 3 jours sur ISM ou alors sur l'Orient-Le Jour.
On peut vraisemblablement considérer cette information comme relativement fiable.

Citation

Par Franklin Lamb > fplamb@gmail.com

Le dernier ouvrage de Franklin Lamb : The Price We Pay : A Quarter Century of Israel’s use of American Weapons against Lebanon (1978 - 2006) [Le prix que nous payons : Un quart de siècle d’utilisation d’armes américaines par Israël contre le Liban] est disponible sur Amazon.com.uk. Son ouvrage Hezbollah : A Brief Guide for Beginners [Le Hezbollah : Guide abrégé à l’usage des débutants] doit sortir au début de l’été. Le Dr. Lamb peut être contacté à l’adresse mél suivante : fplamb@gmail.com

Les cellules ‘terroristes’ islamistes sunnites créées par le Mouvement du Futur devaient servir de couverture aux projets anti-Hezbollah du Club Welch. Le plan était que des actions de ces cellules, dont le Fatah al-Islam fait partie, pourraient être imputées à Al-Qa’ida, à la Syrie, ou à qui vous voudrez, mis à part au dit Club !

Photo : les membres du Club Welch (Samir Geagea, Saad Hariri & Walid Jumblat) autour de Fouad Siniora

Le fait de porter un teeshirt élimé et pilé du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU [UNCHR], qui me restait de Bint Jbeil et de la guerre entre Israël et le Hizbollah (de juillet dernier) m’a probablement aidé.

C’est sans doute aussi le cas, j’imagine, de mon pull de la Croix Rouge et de mon keffiyéh à carreaux noirs et blancs, ainsi que du drapeau palestinien que je m’étais collé sur la poitrine, tandis qu’ayant rejoint un groupe d’humanitaires palestiniens, je me glissais dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, en m’efforçant de ne pas trop me faire remarquer...

Nous avions pour mission de faciliter la livraison de nourriture, de couvertures et de matelas, mais j’étais également curieux de connaître la situation politique.

Qui était derrière ces événements, survenus si rapidement et si violemment, à la suite du soi-disant "casse" d’une banque ?

Un fric-frac qui, selon à qui vous vous adressiez, aurait permis aux bandits masqués de rafler 150 000 dollars, 1 500 dollars, ou... 150 dollars !??

Il semble que chaque média beyrouthin ait une source particulière d’"information venue de l’intérieur", selon la confession de son détenteur, et qu’il "connaisse" les véritables coupables, ceux qui tirent les ficelles...

Mais il faut dire que même nous, qui sommes particulièrement bouchés, nous avons compris, comme le conseillait souvent le regretté Rafiq Hariri, qu’"au Liban, il ne faut rien croire de ce qu’on vous dit, et ne croire qu’à moitié ce que vous voyez de vos propres yeux !"

Mes amis m’ont fait jurer et cracher que je me ferais passer pour un Canadien, et non pour l’Américain que je suis, au cas où des types d’Al-Qa’ida nous arrêteraient à l’intérieur du camp.

Mon impression, c’était qu’ils étaient moins préoccupés par ma sécurité que par la leur, au cas où ils seraient arrêtés avec moi ; mais ça n’allait pas être la première fois où je m’en remettrais à mes voisins nordiques pour m’extirper d’un traquenard potentiel causé par la nationalité américaine au Moyen-Orient, aussi décidai-je de me débarrasser de mon identité américaine.

Tandis que nous nous rapprochions de la redoute tenue par le Fatah al-Islam, nous avons été avertis que nous étions à la fois dans le collimateur des snipers de l’armée libanaise entourant le camp de Nahr al-Bared et dans celui des tireurs du Fatah al-Islam retranchés à l’intérieur, et que tout mouvement ou que tout manque de bol pourrait s’avérer fatal.

Après trois jours de bombardements et plus de cent morts, sans électricité et sans eau, Nahr al-Bared est empuanti par les cadavres brûlés et en décomposition, par les maisons calcinées dont l’intérieur continue à se consumer, par les égouts éventrés et par la fumée acre des obus de mortier et des obus de chars explosés.

Les chiffres donnés par la presse à propos de la population du camp, allant de 30 000 à 32 000 résidents, sont inexactes : 45 000 personnes y vivent ! Contrairement à certaines informations, il est toujours impossible d’y introduire de l’eau potable et du ravitaillement.

Certaines parties du camp sont détruites, à des degrés divers, allant de 15 à 70 %. Tirs d’armes légères, ce matin, et cet après-midi. Tirs de l’artillerie lourde, au rythme de dix à dix-huit obus par minute, de 4 h 30 à 10 heures du matin, mardi dernier.

L’armée libanaise n’autorise pas le Croissant Rouge [palestinien] à évacuer des civils parce qu’elle n’a pas confiance en ses infirmiers : seule la Croix Rouge libanaise est autorisée à le faire. Il est possible d’entrer dans le camp de Bared par derrière (par le côté est).

L’armée confisque les appareils photo des journalistes qu’elle arrive à choper.

Le gouvernement libanais contrôle l’information et ne veut pas que l’étendue des dégâts soit connu - pas encore... Il y a encore des corps sous les décombres.

40 % de la population du camp ont été évacués. Les autres ne veulent pas partir, de peur de se faire descendre, ou de perdre leur maison pour la cinquième fois - voire plus, pour certains d’entre eux.

Il n’y a plus de jus, et les batteries des portables sont en train de flancher. Des parents qui ont réussi à fuir exhortent leurs familles à rester sur place, car il n’y a pas assez de matelas au camp de Beddawi. Les évacués de Bared s’entassent jusqu’à vingt-cinq par classe dans les écoles de Beddawi... il y en a près de trois mille, dans une seule de ces écoles.

L’aide de l’ONU commence à arriver à Badawi, mais les employés n’arrivent toujours pas à l’acheminer dans le camp de Bared, en raison de l’attaque d’un de leurs convois, mardi dernier.

J’ai rencontré Abul Rahman Hallab, le patron d’une célèbre confiserie industrielle de Tripoli. Je l’ai aidé à décharger 5 000 paniers repas pour des évacués de Bared réfugiés dans le camp de Beddawi. C’est un Libanais ; il n’est pas Palestinien.

Les habitants du camp disent tous que le Fatah al-Islam est venu en septembre - octobre 2006, et que ses membres n’ont aucun parent dans le camp. Ils sont originaires d’Arabie saoudite, du Pakistan, d’Algérie, d’Irak, de Tunisie, et d’autres pays encore. Il n’y a pratiquement pas de Palestiniens chez eux, mis à part quelques glandouilleurs. La plupart des gens disent qu’ils sont payés par la bande à Hariri.

Des rumeurs selon lesquelles le Fatah al-Islam aiderait les gens, dans le camp de Bared, sont immédiatement démenties. "Ils ne font rien d’autre que prier", m’a dit une femme "et le reste du temps, ils sont à l’entraînement militaire... Ils sont encore plus dévots que les chiites : il faut le faire !", a-t-elle conclu.

La population du camp de Beddawi était de 15 000 personnes ; ce matin, il y en a 28 000. Quatre corps sont arrivés, ce matin, à l’hôpital Safad, l’unique hôpital à être tenu par le Croissant Rouge palestinien au Nord Liban.

On m’a dit que l’armée sera obligée de détruire toutes les maisons du camp de Bared, si elle veut éliminer le Fatah al-Islam.

Je vais sans doute rester dans le camp de Bard, cette nuit, avec des humanitaires. Certains disent que les types du FAI vont tous se sacrifier, mais d’autres disent qu’une reddition pourrait être négociée.

Je vais essayer de voir ce que je peux faire avec une ONG norvégienne. Je ne suis pas certain qu’il y a vraiment quelqu’un d’intéressé, dans le gouvernement libanais.

Il y a tout juste une minute, un membre du FAI est rentré dans le bureau médical que j’utilise, dans l’Hôpital Safad ; il m’a dit qu’ils voulaient un cessez-le-feu permanent et qu’ils ne voulaient pas que de nouvelles victimes soient tuées ou blessées.

Ils prétendent n’avoir aucun problème avec l’armée libanaise.

Bon. Maintenant, parlons un peu du contexte de Nahr al-Bard.

Comme les autres camps palestiniens au Liban, il est habité par des Palestiniens qui ont été chassés de chez eux, de leurs terres et de leurs propriétés personnelles dans les années 1947-1948, afin de dégager la piste pour des juifs venus d’Europe et d’ailleurs, avant le 15 mai 1948, date de la création de l’Etat d’Israël.

Des 16 camps de réfugiés mis sur pied pour accueillir plus de 100 000 réfugiés ayant traversé la frontière libanaise, depuis la Palestine, durant la Nakba, il en reste 12, officiellement.

Le camp de Tall Az-Za’tar a été épuré ethniquement par les forces de la Phalange chrétienne, au début de la guerre civile libanaise de 1975 - 1990.

Les camps de Nabatiéh, Diwâniyéh et Jisr al-Basha, détruits par les attaques israéliennes ou par celles des milices libanaises, n’ont jamais été reconstruits.

Les camps restants sont les suivants (ils abritent plus de la moitié des 433 276 réfugiés palestiniens au Liban) : Beddawi, Burj Al-Barajna, Jal El-Bahr, Sabra et Chatilla, Ain Al-Helwéh, Nahr Al-Bared, Rashidiyyéh, Burj Al-Shamali, El-Buss, Wawel, Miyéh Miyéh et Mar Elias.

Nahr al-Bard est situé à 50 kilomètres au Nord de Tripoli, près de la magnifique côte méditerranéenne ; il abrite plus de 32 000 réfugiés, dont beaucoup ont été chassés de la région du Lac de Hulé, en Palestine, notamment de la ville de Safad.

Comme tous les camps de réfugiés palestiniens officiels au Liban, et comme plusieurs autres camps "non-officiels", Nahr al-Bared est affecté par de graves problèmes, dont l’inadaptation de l’infrastructure, la surpopulation, la pauvreté et le chômage.

Avec plus de 25 %, Nahr al-Bared connaît le plus fort taux de réfugiés palestiniens, dans l’absolu, vivant dans des conditions de pauvreté extrême et officiellement enregistrés par l’Onu comme des cas de "détresse particulière".

Les habitants de ce camp, come tous les Palestiniens au Liban, font l’objet d’une discrimination abjecte, et ils ne sont même pas officiellement recensés. On leur dénie la citoyenneté et ils sont interdits des 70 professions et commerces les plus rémunérateurs (cela inclut les McDonald et KFC, dans le centre de Beyrouth), et ils ne peuvent avoir de biens immobiliers.

Les Palestiniens, au Liban, n’ont pratiquement pas de droits sociaux ou civiques, et ils n’ont qu’un accès limité à l’enseignement public. Ils ne sont pas éligibles aux services sociaux de l’Etat.

En conséquence, beaucoup d’entre eux dépendent entièrement de l’UNRWA, qui est l’unique pourvoyeur des besoins vitaux de leurs familles.

Rien d’étonnant à ce que des sympathies, sinon des affiliations formelles, existent dans les douze camps officiellement reconnus, ainsi que dans les sept camps dérogatoires.

Des formations portant des noms tels Fatah al-Islam, Jund as-Sham (Soldats de Damas), ‘Abnâ’ al-Shuhadâ’ (Les Fils des Martyrs), ‘Içbat al-Ançâr, qui s’est transformée en ‘Içbat al-Nûr (La Communauté des Lumières), et bien d’autres encore.

Etant donné les débâcles de l’administration Bush en Iran et en Afghanistan, et étant donné les encouragements qu’elle a prodigués à Israël dans sa destruction du Liban, l’été dernier, la situation libanaise rappelle, par certains côtés, le début des années 1980, où des groupes se formèrent pour résister à l’invasion et à l’occupation israéliennes qui avaient reçu le feu vert de Washington.

Mais au lieu d’être chiites et pro-Hezbollah, les groupes d’aujourd’hui sont très majoritairement sunnites et anti-Hezbollah.

De ce fait même, ils sont habilités à recevoir des aides américaines, acheminées par des financeurs saoudiens ligués à une administration Bush déterminée à financer des groupes islamistes sunnites afin d’affaiblir le Hezbollah.

Ce projet est devenu une obsession, pour la Maison Blanche, à la suite de la défaite israélienne de juillet 2006.

Pour comprendre ce qui est en train de se passer, avec le Fatah al-Islam, dans le camp de Nahr al-Bared, une présentation de l’étonnante, mais néanmoins discrète "Fondation Welch" est nécessaire

Ce Club porte le nom de son parrain, David Welch, un conseiller de la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice : c’est l’homme ad hoc de l’administration Bush ; il est supervisé par Elliott Abrams.

Les membres clés du Club Welch (alias : "le Club"), sont notamment :

• Le vétéran de la guerre civile libanaise, le chef de guerre et féodal Walid Jumblatt, du parti druze (Parti Social Progressiste [sans doute par antiphrase, comme l’Océan Pacifique, le plus dangereux de tous... ndt], ou PSP) ;

• Un autre vétéran de la guerre civile, le chef de guerre terroriste (qui a fait onze ans de tôle pour des massacres perpétrés entre autres contre ses coreligionnaires chrétiens) Samir Geagea. Chef du parti extrémiste de la Phalange et de ses Forces Libanaises (les FL), groupe qui dirigea le massacre organisé par Israël dans les camps de Sabra et Chatilla (bien que ces massacres eussent été perpétrés sous le commandement d’Elie Hobeika, jadis mentor de Geagea, Geagea n’a pas participé à ce massacre de quelque 1 700 civils, palestiniens et libanais, perpétré en septembre 1982) ;

• Le shaïkh saoudien milliardaire et président du Club, Saad Hariri, chef du Mouvement (sunnite) du Futur (Future Movement - FM).

Cela fait aujourd’hui plus d’un an que le Mouvement du Futur (de Hariri) met sur pied des cellules terroristes islamistes sunnites (le PSP et la LF avaient déjà leur propre milice, depuis la guerre civile, et en dépit des Accords de Taëf, exigeant de ces milices qu’elles rendent leurs armes, elles sont aujourd’hui réarmées jusqu’aux dents et impatientes d’en découdre ; c’est la raison pour laquelle elles font tout pour provoquer le Hezbollah...)

QUI EST VRAIMENT L’ENNEMI ? - 18 ko
QUI EST VRAIMENT L’ENNEMI ?

Les cellules ‘terroristes’ islamistes sunnites créées par le Mouvement du Futur devaient servir de couverture aux projets anti-Hezbollah du Club Welch. Le plan était que des actions de ces cellules, dont le Fatah al-Islam fait partie, pourraient être imputées à Al-Qa’ida, à la Syrie, ou à qui vous voudrez, mis à part ledit Club !

Pour alimenter en hommes ces nouvelles milices, le Mouvement du Futur a racolé des rescapés d’anciennes formations extrémistes dans les camps de réfugiés palestiniens, qui avaient été écrasés, marginalisés et réduits durant l’occupation syrienne du Liban.

Chaque combattant s’est vu allouer une solde mensuelle de 700 dollars, ce qui n’est pas mal du tout, aujourd’hui, pour le Liban...

La première milice du Club Welch à avoir été fondée et organisée par le Mouvement du Futur, est connue, localement, sous le nom de Jund al-Sham (Soldats de Sham, "Sham" », en arabe, désignant la grande région englobant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) : elle a été créée dans le camp de réfugiés palestiniens de Ain al-Helwéh, près de Sidon (Saïda), les quartiers alentours appartenant à Bahia Hariri, la sœur de feu Rafiq Hariri et la tata de Saad, laquelle est, par ailleurs, députée au Parlement libanais).

La seconde fut Fatah al-Islam (ce nom a été intelligemment choisi : il allie Fatah, qui fait penser au mouvement palestinien, et Islam, qui renvoie plutôt à Al-Qa’ida). Le Mouvement du Futur a mis sur pied cette cellule du Club Welch dans le camp de Nahr al-Bared, situé au nord de Tripoli, pour d’évidentes raisons d’équilibrage géographique.

Jusqu’à il y a seulement trois jours de cela, le Fatah al-Islam avait environ 400 combattants bien payés. Aujourd’hui, ils peuvent en avoir plus, ou moins, et des volontaires ont pu se joindre à eux.

Les chefs se sont vu allouer de luxurieux appartements avec vue sur la mer, à Tripoli, dans lesquels ils ont stocké des armes et des vivres quand ils n’étaient pas à Nahr al-Bared. Devinez à qui appartiennent ces appartements ?

D’après des membres tant du Fatah al-Islam que du Jund al-Sham, leurs formations agissaient sur les directives du président du ‘Club’, un certain Saad Hariri.

Alors, qu’est-ce qui a cloché ? Pourquoi ce casse d’une banque, et pourquoi ce massacre dans le camp de Nahr al-Bared ?

D’après des activistes du Fatah al-Islam, l’administration Bush a pris peur, avec des gens comme Seymour Hersh rôdant dans le coin, tandis que la discipline était en chute libre, à la Maison Blanche en proie à la guerre irakienne.

De plus, les services de renseignements du Hezbollah savaient tout des activités du Club, et le Hezbollah était en mesure de dénoncer les deux groupes supposés désireux de déclencher une guerre civile entre sunnites et chiites, que le Hezbollah s’est juré de rendre impossible.

Les choses ont commencé à très mal tourner, pour le Club, la semaine passée.

Le Mouvement du Futur a "bloqué" la solde des combattants du Fatah al-Islam en gelant le compte bancaire, géré par une banque appartenant à la famille Hariri.

Le Fatah al-Islam a essayé de négocier au moins une "indemnité de licenciement", sans succès, et ses hommes se sont sentis trahis (il faut garder à l’esprit que beaucoup de ces combattants sont des adolescents aisément frustrés et aussi le fait que leur solde leur permet de faire vivre tous les membres de leur famille).

Des membres de cette milice ont donc détruit la banque éditrice de leurs chéquiers désormais dépourvus de la moindre utilité.

Manifestement, ils furent doublement ulcéré en apprenant que le Mouvement du Futur réclame, dans les médias, des dédommagements bien plus importants que la somme qu’ils ont effectivement raflée et que le Club va pressurer sa compagnie d’assurance, et réaliser, en réalité, un profit énorme.

Les Forces de la Sécurité Intérieure libanaise (recrutées récemment pour assurer le service d’ordre du Club et du Mouvement du Futur) ont pris d’assaut les appartements du Fatah al-Islam dans la ville de Tripoli. Leurs hommes n’avaient pas beaucoup de chances de s’imposer, et elles durent faire appel à l’armée libanaise.

Dans l’heure qui suivit, le Fatah al-Islam se vengeait en attaquant des positions de l’armée libanaise, des checkpoints et des soldats libanais sans armes car hors service, en civil, et en perpétrant des tueries outrageantes, coupant notamment la tête à quatre personnes.

Si, jusqu’ici, le Fatah al-Islam n’a pas exercé de représailles contre les Forces de la Sécurité Intérieure à Tripoli, c’est parce que ces FSI sont pro-Hariri et aussi parce que certains de leurs hommes sont des amis, et puis il y a aussi le fait que le Fatah al-Islam espérait toujours être payé par Hariri.

C’est pourquoi, en lieu et place, le Fatah al-Islam s’en est pris à l’armée libanaise.

Le cabinet Siniora se réunit et demande à l’armée libanaise de pénétrer dans les camps de réfugiés et de réduire au silence (de plus d’une manière) le Fatah al-Islam.

Etant donné que l’entrée des camps est interdite à l’armée libanaise par un accord conclu avec la Ligue Arabe en 1969, l’armée refuse, après avoir réalisé l’ampleur du complot ourdi à son encontre par le Club Welch.

L’armée libanaise sait qu’il suffirait qu’elle pénètre dans un seul camp de réfugiés palestinien par la force pour que cela ouvre un front contre elle dans les douze camps de réfugiés palestiniens du Liban à la fois, et que la déchirerait, suivant des lignes de failles confessionnelles.

L’armée est ulcérée par les Forces de Sécurité Intérieure du Club, qui ne sont pas coordonnées avec elle, comme l’exigeait pourtant la loi libanaise, et qui ne l’ont même pas informée de l’ « opération de lavage du linge sale en famille » menée par les Forces de la Sécurité Intérieure contre les coffres-forts du Fatah al-Islam, à Tripoli.

Aujourd’hui, il y a du tirage entre l’armée libanaise et le Club Welch. Certains n’hésitent pas à parler de "putsch militaire".

Le Club veut diriger le Parlement, et il est prêt à tout faire afin de ne pas ‘perdre’ le Liban. Il conserve 70 sièges au Parlement, alors que l’opposition, dirigé par le Hezbollah, n’en détient que 58. Il a un Premier ministre à sa botte, en la personne de Fouad Siniora.

Il a tenté de prendre le contrôle de la présidence de la République. Ayant échoué, il l’a donc marginalisée.

L’an dernier, il a essayé de contrôler la Commission Constitutionnelle du Parlement, une commission qui audite la politique du gouvernement, les lois, et qui surveille ses actions.

Le Club ayant échoué à le contrôler, il a tout simplement aboli la Commission constitutionnelle. Cette commission clé n’existe par conséquent plus, au sein du gouvernement libanais.

Le Club Welch a commis une erreur fatale quand il a tenté d’influencer l’armée libanaise pour l’amener à désarmer la résistance libanaise sous la houlette du Hezbollah.

L’armée ayant refusé, de manière particulièrement avisée, le Club s’est consulté avec l’administration Bush afin de pousser Israël à intensifier considérablement ses représailles à l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah et de « briser les règlements » concernant les réponses historiquement plus limitées et de tenter de détruire le Hezbollah, durant la guerre de juillet 2006.

Aujourd’hui, le Club Welch voit dans l’armée libanaise un sérieux problème. L’administration Bush est en train d’essayer de la saper et de la marginaliser afin d’éliminer un des deux derniers obstacles sur la voie de la mise en œuvre de l’agenda israélien au Liban.

Si elle est affaiblie, l’armée ne pourra plus protéger les plus de 70 % de chrétiens libanais qui soutiennent le Mouvement Patriotique Libre [MPL] du Général Aoun.

Ce MPL est constitué principalement de civils libanais bien formés, non armés et appartenant aux classes moyennes La seule protection dont ils bénéficient est celle de l’armée libanaise, qui contribue au maintien de leur présence sur la scène politique.

L’autre type de chrétiens vivant au Liban, c’est la minorité d’environ 15 % des chrétiens, qui sont associés aux Forces Libanaises de Geagea, qui ne sont rien d’autre qu’une milice.

Si le Club parvient à affaiblir encore plus l’armée qu’actuellement, cette minorité phalangiste deviendra la seule force relativement puissante sur la scène chrétienne, et elle deviendra, de fait, l’"armée" dudit Club.

Une autre raison, pour le Club, de vouloir affaiblir l’armée libanaise, est le fait que l’armée libanaise est nationaliste et qu’elle constitue une soupape de sécurité permettant au Liban de garantir le droit aux retour des Palestiniens en Palestine, la nation libanaise et la culture de la résistance sous la direction du Hezbollah, avec lequel elle entretient d’excellentes relations.

Pour sa part, le Club Welch veut garder quelques Palestiniens au Liban pour avoir de la main-d’œuvre à bas prix, et expédier la majorité des autres vers les pays qui voudront d’eux (et qui seront payés confortablement, pour ce faire, par les contribuables américains) et permettre au maximum à quelques milliers d’entre eux de retourner en Palestine afin de clore la question du "droit au retour", tout en signant un traité avec Israël du type de celui paraphé le 17 mai 1983, grâce auquel Israël financera les membres du Club et se verra attribuer la plus grande partie des richesses hydriques du Liban ainsi qu’une part léonine de la souveraineté libanaise.

Bref : il faut réduire au silence le Fatah al-Islam, quel qu’en soit le prix. Ce qu’il a à dire, au cas où il parviendrait à l’articuler, est un poison mortel pour le Club et ses sponsors. Nous assisterons donc à la destruction vraisemblable du Fatah al-Islam durant les jours à venir.

Le Hezbollah observe tout ça, et il soutient l’armée libanaise.

Source : http://www.counterpunch.org/ Traduction : Marcel Charbonnier