
Isabelle, mon amie
(A Isabelle Lionnet )
Isabelle, Isabelle mon amie !
Préservée des souillures de la vie
De l’absolu désespoir qui propulse
Vers le néant, quand la vie se révulse.
Isabelle, Isabelle mon amie !
Par la maladie trop vite anéantie
Tu n'as su que furtivement l'amputation
De l'enthousiasme des passions.
Tu as su la souffrance, la désespérance
Mais si brièvement, et ton adolescence
A peine terminée s'est évanouie,
Pour dans l'azur y renaître éblouie.
Alors je voudrais te demander Isabelle
Ce que tu penses de ceux que l'on appelle
Les suicidés; dont la souffrance a pulvérisé
L’espoir, dans une vie où ils se sont brisés.
En allant tout droit se faire pendre ailleurs
Espérant trouver un monde meilleur.
Ou simplement ne pouvant plus que fuir
Un univers qu’ils ne pouvaient que maudire.
Quel est la part de désespoir ou de courage
Pour sur la vie commettre un tel outrage ?
Et n'est-ce pas aussi notre indifférence
Qui leur a fait tirer leur révérence ?
Jamais je n'ai pu jeter l'anathème
Sur ceux qui connurent trop de matins blêmes.
Et vraiment Isabelle, vraiment si Dieu existe
Alors pour moi aucun doute ne subsiste
Sur son pardon, son amour, sa clémence
Et pour cela excuse ma trop grande véhémence
Envers les moralistes, supérieurs et suffisants
Qui jugent ceux qui ont osé prendre les devants !
Toi qui nous lance des messages d’amour,
Comment expliquer que leur poids fut si lourd
Pour que leurs croix ne puissent leur être ôtée
Qu'au prix de la mort où ils vinrent se hâter ?
Pour ceux-là j'élève une humble prière
Vers celui que l'on nomme Notre Père,
Et que l'amour qu'on ne leur a pas donné
Dans les Cieux, là haut, leur soit multiplié. Aude 1999
C'était pas "terrible" comme poème, mais je l'avais écrit pour Isabelle, il y a quelques années.

Elle m'a souvent remontée le moraL. Plus d'une fois.
Je suis un paradoxe ambulant.