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Les prélèvements d'ADN visant à confirmer l'existence du bébé clone devaient avoir lieu ce mardi, après le retour du bébé au domicile de ses parents, dans un pays non précisé, avait indiqué lundi Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, une société de clonage humain fondée par la secte des raéliens.
Vendredi, lors d'une conférence de presse, elle avait annoncé la naissance le 26 décembre d'une petite fille surnommée "Eve", conçue par clonage à partir d'une cellule de la peau de sa mère, une Américaine de 31 ans. "Eve" serait donc sa copie génétique, sa "jumelle" à 31 ans d'intervalle.
Elle a autorisé un journaliste américain, Michael Guillen, accompagné d'une équipe d'experts à venir vérifier qu'il s'agit bien d'un clone, en faisant des tests d'ADN.
De tels tests sont réalisés communément lors de poursuites en paternité ou pour identifier des suspects dans les enquêtes policières à partir d'échantillons récupérés sur les lieux du crime.
Dans le cas de "Eve", la procédure est simple: il suffit d'effectuer un prélèvement biologique sur la mère et l'enfant (prise de prise de sang, frottis de la muqueuse buccale) et de réaliser une "empreinte génétique" de chacune.
Pour pouvoir affirmer avec une certitude quasi-absolue qu'"Eve" est le clone de sa mère, il faut que "l'ADN du noyau de la cellule du donneur (ici, la mère) et l'ADN du bébé soient identiques", explique William Muir, professeur de génétique à la Purdue University (Illinois).
Découvert en 1953, l'ADN (acide désoxyribonucléique) est une molécule géante contenue dans les chromosomes du noyau de chaque cellule. Il contient l'information génétique propre à chaque individu.
Cet ADN est composée de deux longs rubans enroulés sur eux-même en forme de double escalier en colimaçon. Ces deux rubans sont reliés entre eux par une multitude de petits liens (bases nucléotidiques) composés de quatre acides aminés et représentés par des lettres: l'adénine (A), la thymine (T), la cytosine © et la guanine (G).
Ces bases nucléotidiques sont toujours arrangées par paires: un A s'assemble toujours à un T et un C à un G. L'ADN comporte trois milliards de paires de ces bases.
Ce code génétique est pratiquement identique pour chaque individu. Toutefois, environ 0,1% de ces trois milliards de paires de bases, appelées séquences non-codantes, sont arrangées au hasard et donc propres à chaque individu.
L'analyse d'identification de ces séquences peut se faire ensuite selon diverses technologies. Les deux plus courantes sont le test RFLP, surtout utilisé dans l'identification des liens de parenté et le test PCR, utilisé principalement dans les dossiers criminels.
Le test RFLP (Restriction Fragment Length Polymorphism) est utilisé de façon internationale depuis 1985. Il requiert un échantillon d'ADN de grande taille mais sa précision est très grande, d'au moins 99,8%.
La technologie la plus utilisée est le test PCR (Polymerase Chain Reaction). Il est surtout avantageux dans le domaine criminel car il requiert une plus petite quantité d'ADN, même en mauvais état. Un prélèvement de 1 à 5 ml de sang est suffisant et par conséquent il n'y a pas d'âge minimum pour passer le test. Ces tests sont réalisables avant même la naissance d'un enfant en prélevant du liquide amniotique à la place du sang.
Un test d'ADN coûte environ 1.000 dollars, un prix qui peut varier selon les laboratoires et le protocole suivi.
Le journaliste américain Michael Guillen, qui n'était pas joignable mardi, n'a pas dévoilé l'identité des experts qui effectueront les prélèvements d'ADN et les analyses, pas plus qu'il n'a précisé quelle sera la méthode employée.










