Osho
#1
Posté 31 janvier 2007 à 16:06
#2
Posté 01 février 2007 à 14:25
J'ai beaucoup aimé.
Mais finalement, c'est difficile d'accès, quoi qu'on en pense.
J'avais relu un passage 5 ans après pour me dire que 5 ans avant j'avais rien compris. J'en ai déduis que de toute manière, je ne comprendrais pas.
Ca ne reste au final que des livres. Tu n'as aucun moyen de confronter a la réalité.
Donc d'une utilité très très réduite.
Ca peut donner envie, et aider a croire que certaines choses existent en matière d'expériences spirituelle. Ca peut aider a reprendre confiance en certains "concepts", a y voir un peu plus clair.
Au final, les lecture spirituelles, d'une manière générales, restent très limitées.
#3
Posté 01 février 2007 à 15:36
Ils restent limitées si on se contentent de les lirent comme des romans,sans appliquer les exercices proposés.Comme dirait lao tseu ce serait un repas pris en reve.
L'enseignement d'osho se rapproche beaucoup de celui de gurdjieff.Et tout cela ressemble aussi beaucoup a ce que l'on enseigne dans le zen et le soufisme par exemple.La pratique de l'attention,le rappel de soi....c'est une guerre d'usure ou il faut se hater lentement.Le rabottage d'égo nécéssite un constant travail sur soi.Il ne sagit pas de croire mais d'EXPERIMENTER.Nous préferons tous chercher la solution a nos problemes a l'exterieur de soi,nous préferons faire du bruit plutot que de s'installer une plage de silence mental.Personne ne travaillera a notre place.Nous avons le choix entre dormir ou s'éveiller.Ce ne sont pas les exercices qui manquent mais plutot le courage.Il est évident,que je ne fais pas exeption a la regle.
#4
Posté 01 février 2007 à 15:41
Il est vrai que la croissance spirituelle ne s'acquiert pas exclusivement en lisant des bouquins. N'empêche qu'il y a des lectures qui ont l'effet d'une salutaire sonnerie de réveil... Ca éveille, même si ça n'est pas l'éveil lui-même!
Les écrits d'Osho (qui n'en sont pas d'ailleurs, puisque ce ne sont que les transcriptions de ses discours) ont eu exactement cet effet sur moi: découvrir que j'étais complètement endormi à la réalité du monde. La suite ne dépendait que de moi...
Si je devais décrire Osho en quelques mots, je dirais que c'est un rebelle spirituellement incorrect. C'est pourquoi il dérangeait tant, et je ne serai pas étonné de découvrir que la CIA y soit pour quelque chose dans sa disparition.
Amitiés.
#5
Posté 01 février 2007 à 16:23
#6
Posté 01 février 2007 à 16:47
Une fois rentré en Inde, il a échappé à au moins un attentat à la bombe, et une tentative d'empoisonnement avérée dont a fait les frais un de ses collaborateurs à lui, etc...
Si tu te débrouilles un peu en anglais, tu pourras trouver quelques éléments ici:
http://www.sannyasne...BB.pl?board=LoO
Amitiés
#7
Posté 01 février 2007 à 19:19
#8
Posté 01 février 2007 à 20:55
Petit rectificatif: en fait, la tentative d'attentat ainsi que l'empoisonnement ont eu lieu aux US, peu de temps avant son retour en Inde.
Concernant l'empoisonnement, lui même en parle. On lui aurait fait ingurgiter -- alors qu'il était détenu dans une geôle en Oklahoma-- du thallium, un poison imparable (bien connu dans les services secrets) ayant la caractéristique de ne laisser aucune trace dans l'organisme quelques jours seulement après son absorption. La durée d'action pouvant être modulée selon la dose administrée, dans son cas cela devait prendre quelques mois: le gouvernement US ne voulait surtout pas se retrouver avec un martyr sur les bras!
#9
Posté 01 février 2007 à 21:05
Extrait de: From Ignorance to Innocence, chap 4, par Osho
Traduit de l'anglais par Xence
Bonne lecture.
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Question: Osho, pourquoi l'homme de la foule, des masses, est-il contre vous alors que ce que vous dites nous semble très vrai?
C'est précisément à cause de cela: cela semble très vrai.
La vérité est dangereuse. Elle est dangereuse pour tous ces gens qui ont vécu de fictions, de beaux mensonges, de jolis rêves, d'utopies.
La vérité est appréhendée comme ennemie par tous ces gens parce qu'elle va détruire tout ce en quoi ils croyaient et ce pourquoi ils ont vécu.
La vérité est simplement la mort de toute sorte de mensonges, aussi consolants eussent-ils pu être.
Pourquoi les gens communs étaient-ils contre Socrate? Pourquoi les masses étaient elles si opposées à Al-Hillaj Mansoor? Pourquoi les orthodoxes, les religieux, les notables étaient-ils contre Jésus? L'unique crime de ces derniers était qu'ils disaient quelque chose qui dérangeait grandement le sommeil de la foule. Personne n'aime être dérangé quand il fait un beau rêve.
Et les gens n'ont rien d'autre excepté des rêves.
Il y avait, de tous côtés, des marchands de rêves qui vendaient le rêve aux gens et les exploitaient -- et en retour, ils ne donnaient rien.
Toutes les religions, jusqu'à maintenant, ont été vendeuses de rêves, exploitant les faiblesses des gens.
Car il y a des faiblesses. Tout homme né va mourir. Vous ne pouvez pas cacher la vérité de la mort.
Vous pouvez toujours continuer d'enjoliver les cimetières; jardins, gazon, fleurs, tombes en marbre... mais vous ne pouvez pas cacher le fait de la mort.
Vous pouvez constater que dans toutes les contrées le cimetière est à l'écart, à l'extérieur de l'agglomération; alors qu'il devrait être exactement au milieu de la cité, de telle sorte que toute personne passant à côté se rappelle de la mort encore et encore -- car c'est la seule chose qui soit certaine.
Toute autre chose est simplement probable; ça peut arriver ou pas. Mais la mort n'est pas une probabilité.
La mort est la seule certitude dans votre vie.
Quoi qu'il arrive, la mort sera là. Vous ne pouvez pas y échapper. Vous n'avez nulle part où aller pour l'éviter.
La mort vous rencontrera partout où vous allez.
***
Cela me rappelle une ancienne parabole. Un très grand roi avait rêvé que la mort se tenait debout à côté de lui -- une sombre silhouette. Il a eu une peur panique même dans son rêve. Mais comme c'était un homme courageux, il a donc pris son courage à deux mains et demandé à l'étrange silhouette "Qui es-tu? Et que veux-tu?" La silhouette lui dit "Je suis ta mort, et je suis venue te prévenir: n'oublie pas le bon moment et le bon endroit pour me rencontrer demain." C'est tout ce qu'elle lui a dit: de ne pas oublier le bon moment et le bon endroit. Evidemment le choc d'une telle déclaration a fait que le roi s'est réveillé en catastrophe. Il faisait encore nuit et le roi s'est empressé de convoquer tous ses conseillers, ses astrologues, interprètes de rêves et autres oracles et leur raconta son rêve.
Aussitôt la discussion tourna à la querelle, chacun y allant de son interprétation. Parmi l'assistance, il y avait aussi le vieux serviteur du roi, celui qui était comme son père -- il l'a élevé dès sa prime enfance... La mère du roi étant décédée alors qu'il était très jeune, et son père s'embarquant constamment dans de lointains voyages d'invasion et de conquête afin d'élargir son empire, le jeune héritier du trône fut laissé à la garde de ce fidèle et honnête serviteur, lequel devint comme son père.
Donc ce vieux serviteur était là, assis à son côté. Il finit par chuchoter dans son oreille "Ne perds pas de temps! Ces gens là se sont chamaillé pendant des siècles et ils vont continuer des siècles encore. Tous ces philosophes, ces astrologues, ces prophètes -- ils n'ont jamais été d'accord sur quoi que ce soit. Et bientôt le jour va se lever; demain va commencer et il ne reste plus beaucoup de temps. A mon avis, tu devrais prendre ton cheval le plus rapide et quitter les lieux"
Le conseil semblait se tenir : "Et laisse tous ces gens argumenter. Ils ne vont arriver à aucune conclusion. Le soir va bientôt arriver -- ça leur prendra des siècles -- et ils n'y aura aucune conclusion. Si tu t'en remets à eux, tu vas le regretter; fuis tout simplement! Laisse ces gens là, laisse-les argumenter et je resterai là moi pour écouter leurs parlotes."
Le roi se retira, choisit le plus rapide de ses chevaux et partit comme une flèche, très loin du palais où le rêve a eu lieu. Le soir, après avoir parcouru quelques centaines de kilomètres, il était si content de s'être autant éloigné: "Maintenant, il sera difficile à la mort de me retrouver ici, à l'instant fixé".
Comme le soleil se couchait, il atteignait la banlieue de la ville de Damishk. Le temps de se reposer un peu... parce qu'il n'a rien mangé de la journée, même pas pris un verre d'eau. Le temps était si précieux! La soif ne va pas vous tuer pour une journée, pas plus que la faim. Il allait donc se reposer dans un jardin aux alentours de la ville. Il y entra et se mit à attacher le cheval à un arbre, remerciant le bon cheval -- qui était certainement le meilleur et le plus rapide cheval du monde: "Tu as vraiment prouvé que tu avais du caractère aujourd'hui. Même moi, je ne savais pas que tu pouvais aller aussi vite. Allez va, repose-toi maintenant, je vais m'occuper de te ramener de la nourriture et de quoi t'abreuver." A ce moment même, il sentit une main sur son épaule. Il se retourna. La même silhouette noire était là, debout, en train de rire. Le roi était secoué: "Pourquoi ris-tu?"
La mort répondit: "C'est le bon endroit et le bon moment. Je commençais à m'inquiéter si tu allais pouvoir réaliser ou non cette performance -- mais ton cheval est certainement le meilleur cheval au monde. Je le remercie aussi!"
***
Où allez-vous vous échapper? Partout où vous allez, cela peut être le bon endroit et le bon moment. En fait, tout endroit est le bon endroit pour la mort, et tout moment le bon moment.
Maintenant, des faits comme la mort... Les religions ont essayé de vous consoler, de vous donner des idées qui soient en mesure de créer un tampon entre vous et la peur de la mort -- des absorbeurs de chocs -- afin que vous ne soyez pas continuellement choqués; autrement la vie deviendrait impossible. Alors on a tissé toutes sortes de fictions sous forme de mythologies, de théologies. Toute personne disant la vérité se voit donc dans l'obligation de découper très large dans ces toiles, ces mythologies, ces fictions.
Et quand subitement vous voyez la vérité toute nue, vous allez vous révolter contre la personne qui vous a ramené un cadeau aussi choquant. Vous aimeriez croire que ce n'est pas vrai, mais vous savez que ça l'est. D'où la colère... autrement il n'y avait aucune raison de tuer Socrate.
Si vous avez raison, et savez que vous avez raison, alors laissez cet homme se leurrer lui-même avec sa propre vérité -- ça vous est égal. Les gens d'Athènes croyaient en l'au-delà, comme pratiquement tous les habitants de la Terre. Tout le monde, excepté les athées, croyaient en un au-delà ou quelque chose de semblable. La mythologie grecque était très riche, mais Socrate disait "Rien ne peut être dit à propos de la mort parce que personne n'en est jamais revenu. Donc ayons l'esprit ouvert. Nous ne pouvons pas accepter n'importe quelle fiction concernant la mort et la vie après la mort, parce qu'il n'y a pas eu un seul témoin. Et, à moins de mourir, je ne peux pas dire si l'on vit après la mort ou pas. Mais si je meurs, alors il n'y a plus de question, le problème ne se pose pas -- je ne suis plus là tout simplement. Quel était le problème avant que vous naissiez?"
Son argument était solide. Qu'est-ce qui pouvait vous préoccuper avant que vous soyez nés? Quelle anxiété, quelle angoisse, quelle souffrance? Vous savez qu'il n'y a aucune question de souffrance ni d'angoisse quand vous n'étiez pas né? Qui allait souffrir, et qui devait être angoissé ou souffrant? -- vous n'étiez pas là!
Socrate a donc simplement regardé la mort avec la même vision. Si vous êtes simplement fini, comme disent les athées, si vous disparaissez complètement, si rien de vous ne subsiste, alors il n'y a pas de problème puisque vous n'êtes plus là. Tous les problèmes, toutes les anxiétés disparaissent avec vous. Ceci est une possibilité.
L'autre possibilité est que peut-être les théistes ont raison, que vous allez survivre. Mais alors aussi, dit-il, "Je ne vois aucun problème. Vous survivez là, dans l'immédiat, et d'une manière ou d'une autre vous gérez votre misère, votre anxiété, vos problèmes; d'une manière ou d'une autre vous êtes en train de gérer. Et si vous êtes là-bas, vous avez avec vous toute l'expérience acquise ici, vous serez plus expérimenté; vous serez à même de mieux gérer"
Donc, dit-il, "Je ne vois aucun problème qui mérite qu'on s'en inquiète. Ou bien je meurs, et il n'y a plus de question; ou bien je serai là-bas, mieux expérimenté, plus sage. Et je peux me faire confiance: si j'ai pu acquérir de l'expérience dans la vie, j'en acquérrai dans la mort également. Et je ne peux pas vous promettre qu'une fois ayant expérimenté cela je serai en mesure de revenir et vous le dire, parce que personne jusqu'à maintenant n'en est revenu. Peut-être qu'il n'y a pas moyen de revenir. Peut être que le premier pont s'effondre une fois que vous êtes passé, toute communication devient impossible. Mais on ne peut rien en dire."
Il ne pouvait rien dire de définitif, et c'était là le problème qu'il créait dans l'esprit des gens. Il créait de l'anxiété. C'était là l'un des points retenus contre sa présence à Athènes: "Il devrait être expulsé ou condamné à mort, parce que cet homme est en train de semer l'anxiété et l'angoisse dans l'esprit des gens. Ces gens qui étaient heureux, vacquant à leurs occupations, dans le confort... Cet homme les rencontre, et une fois qu'il les a rencontrés ils ne sont plus du tout aussi heureux."
Et c'était une routine pour Socrate d'aller autour de la ville, d'attraper n'importe qui et lui poser n'importe quelle question. Et même si l'autre personne tentait de s'échapper, Socrate ne le lui permettait pas: "Vous devez répondre!" Et alors, une fois que vous avez répondu à une question, il va marteler votre réponse de tous les côtés possibles si bien que vous allez vous retrouver aussitôt sans réponse. Alors il vous disait "Vous pouvez venir à mon école" -- car il avait une école -- "si vous voulez apprendre, parce que votre réponse c'était du toc. Un parfait imbécile vous a vendu cette réponse et vous a escroqué. Vous avez vécu dans un mensonge."
Oui, les mensonges peuvent être confortables, très commodes. La vérité, au début, est très incommode, très inconfortable, mais à la fin c'est la bénédiction ultime.
Pour résumer: un mensonge est toujours doux au début, amer à la fin; la vérité est amère au début, douce à la fin.
Mais vous avez besoin de patience pour arriver à la fin. Si vous êtes impatient, alors vous allez vous faire fourguer quelque mensonge.
Les masses ne réfléchissent pas par elles-mêmes. Durant des siècles elles ont été conditionnées, hypnotisées; elles ont subi un continuel lavage de cerveau.
Donc, lorsqu'un homme comme moi dit quelque chose, il faut déjà avoir de solides tripes pour l'entendre. Ensuite, cela demande un énorme courage pour l'absorber, parce que c'est amer, ça va à l'encontre de tout votre conditionnement. Si bien que très peu de gens, qui sont réellement des chercheurs de vérité, seront prêts à traverser tout ce remue-ménage. Car tout sera sens dessus-dessous: leur Dieu, leur ciel, leur enfer, leur diable, leurs messies, leurs prophètes.
Il y a un mur épais entre vous et la vérité. Et tous ces gens-là se mettent entre vous et la vérité. Vous devriez leur dire: "Fichez le camp! Allez en Oregon!" (Bon ça c'est ma nouvelle manière de dire "Allez en enfer!" parce que ça devient un peu éculé. On devrait rafraîchir les proverbes de temps en temps)
Un Chrétien devrait pouvoir mettre le Christ de côté; c'est très difficile. Il était très difficile pour les Juifs de mettre Moïse de côté lorsque Jésus leur disait quelque chose de beaucoup plus vrai; c'était difficile de mettre Moïse de côté. Maintenant le même problème se pose pour le Chrétien; il est difficile pour lui de mettre Jésus de côté. Et Jésus va encore plus loin dans ses revendications que ne l'a fait Moïse. Moïse n'a jamais prétendu être l'unique fils engendré de Dieu.
Jésus proclame être le seul fils engendré de Dieu. Pouvez-vous le mettre de côté et dire à Jésus "Allez en Oregon"? Ca sera difficile. Plutôt que de le faire, vous préféreriez me voir moi quitter l'Oregon. C'est ce que vos politiciens essaient de faire; ils sont en train de me dire "Quitte l'Oregon". Cela parait plus simple, parce qu'avec moi ils n'ont aucun lien. Je ne leur ai vendu aucun rêve doux. Je ne leur ai fait aucune promesse, pas plus que je ne leur en fais maintenant.
Tout mon travail est de démolir, démolir tous les mensonges qui vous entourent et ne les remplacer par rien d'autre, mais vous laisser absolument nus dans votre solitude.
Pour moi, ce n'est que dans votre solitude que vous serez en mesure de connaître la vérité -- car vous êtes la vérité.
Vous n'avez à aller nulle part pour trouver la vérité. Ni Jésus ne peut vous la donner, ni Krishna, ni Bouddha ni moi-même ne peux vous la donner. Ce n'est pas une simple marchandise que quelqu'un peut vous donner.
Pensez un peu: si la vérité était un produit, quelque chose qui peut vous être donné, alors on peut vous le voler, on peut vous le reprendre, vous pouvez le perdre -- n'importe quoi peut lui arriver. Mais rien n'arrive à la vérité. Cela vous arrive à vous, mais pas à elle. Elle ne peut être ni volée, ni achetée.
***
Il y a une anecdote dans la vie de Mahavira... L'un des rois les plus célèbres, Bimbisara, a conquis toute l'Inde et les contrées avoisinantes. Il a bâti un vaste empire. C'était un homme qui, lorsqu'il voulait une chose, devait l'avoir. Il n'y a jamais eu quoi que ce soit qu'il ait désiré avoir et qu'il n'ait pas trouvé moyen de l'avoir.
Bien sûr, il avait entendu parler à plusieurs reprises de Mahavira qui, durant la saison pluvieuse, se reposait à l'extrémité de la ville, sa capitale. Il s'enquit auprès de son entourage: "Qu'a donc cet homme? -- parce que je vois des milliers de gens aller vers lui."
Quelqu'un dit: " Il possède la vérité."
Bimbisara dit: "Alors pas de problème. Même pas question de marchander, vous lui demandez simplement combien il en veut."
L'homme ne pouvait pas dire au roi "Ce que vous dites est pure folie." Il dit: "Il est préférable, votre majesté, que vous y alliez vous-même et que vous négociez. Je ne suis qu'un pauvre homme, ne me mettez pas dans une telle situation. Vous êtes un grand roi, et lui c'est un grand tirthankara, une de ces grandes âmes qui ne se produisent que très rarement. Seulement 24 personnes ont atteint cette élévation en un cycle d'existence."
Il était donc en train de lui expliquer que durant des millions et des millions d'années, seulement 24 personnes... et que Mahavira était le vingt quatrième, le dernier de ce cycle. Maintenant il ne va plus y avoir un autre homme ayant son calibre pour tout ce cycle d'existence. Quand toute existence sera totalement consumée -- quand toutes ces étoiles et ces galaxies et ces systèmes solaires seront partis, disparus, et qu'une nouvelle création débutera de la toute première origine -- ce n'est qu'alors que le premier tirthankara apparaîtra.
"Maintenant cet homme est très rare parce que durant des millions d'années encore il n'y aura plus d'homme qui lui sera comparable. Donc il vaut mieux que vous y alliez." Bimbisara partit avec cour et bagages et fut très respectueux envers Mahavira -- juste une formalité. En Inde, même quand un roi va voir un sage, il doit toucher les pieds du sage; c'est juste une formalité. Puis il dit: " Je viens pour une simple chose. Donne-moi ta vérité, et tout ce que tu veux -- même si tu me demandes tout mon empire -- il est à toi. Telle est la devise de ma vie: tout ce que je veux, je dois l'obtenir. Quoi qu'il m'en coûte." Mahavira se mit à rire puis dit: "Tu es venu d'aussi loin inutilement. Dans ta capitale même vit l'un de mes disciples. Il possède la vérité; c'est un type très pauvre -- peut-être qu'il est prêt à te la vendre. Je ne suis pas prêt à la vendre, moi. Et tu dois savoir que je suis moi aussi fils de roi. Je devais hériter du royaume de mon père; j'y ai renoncé afin d'acquérir la vérité. Comment puis-je maintenant la vendre pour un royaume? Même si tu me donnes tout ton empire, comment puis-je la vendre? J'ai déjà renoncé à tout un empire pour avoir cette vérité, et après une quarantaine d'années d'effort et de lutte, je l'ai trouvée. Je ne peux pas la vendre."
Visiblement, Mahavira devait avoir un sens de l'humour que les jaïnas ont totalement perdu. Il renvoya donc Bimbisara à ce pauvre type dans la capitale. Le roi n'était jamais allé dans ces quartiers de la capitale, parce que seulement les plus pauvres, très pauvres, en fait seulement les bannis vivaient là-bas. Son chariot en or était donc stationné là près de la hutte du pauvre type. Ce dernier arriva en courant, et Bimbisara lui dit: "Réjouis-toi! Je suis prêt à te donner tout ce que tu désires, donne-moi seulement ta vérité. C'est ton maître qui m'a envoyé; je viens de la part de Mahavira."
Le pauvre homme dit: "Mon maître voulait sûrement plaisanter un peu avec vous. Peut-être qu'il n'a pas voulu vous blesser devant tant de gens, parce qu'il y avait toute votre cour, vos conseillers, vos ministres, vos généraux. Il n'a pas voulu vous blesser ou vous dire non. Voilà pourquoi il vous envoyé à moi. Je peux donner ma vie si vous voulez. Je suis votre pauvre serviteur; je nettoie vos rues. Vous pouvez me demander ma vie et elle est là -- vous pouvez me couper la tête. Mais la vérité... ? Oui, je l'ai, mais la nature même de la vérité est telle qu'elle ne peut pas être donnée; pourtant je voudrais tellement.
"Si vous pouvez la prendre, prenez-là. Vous pouvez me tuer; et si vous la trouvez en moi, tant mieux -- je suis prêt. Je serai heureux d'avoir cette chance de vous servir aussi intimement. Mais je vous préviens, vous ne l'y trouverez pas parce que la vérité doit être authentiquement vôtre, ce n'est qu'alors qu'elle sera vraie. Si c'est celle d'un autre, alors elle n'est plus vraie. Ma vérité ne peut pas être la vôtre. A l'instant même où je dis quelque chose à propos de la vérité, vous entendrez seulement des mots -- la vérité est laissée derrière. La vérité ne peut jamais être exprimée dans des mots; en aucune façon."
***
(à suivre...)
#10
Posté 01 février 2007 à 21:13
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Des mots sont arrivés aux oreilles des gens communs, les gens du peuple, et ils ont cru que ces mots étaient la vérité -- l'un croyant aux mots de Jésus, l'autre aux mots de Bouddha, un autre en ceux de Mohammed -- mais ce n'est pas la vérité. Aucun livre ne contient la vérité, aucun mot ne peut jamais la contenir. Mais vous êtes satisfait, et toutes les fois que quelqu'un dérange votre état de satisfaction, vous êtes en colère. Et bien sûr vous avez la majorité des gens avec vous. Cela vous aide énormément -- autant de gens ne peuvent pas se tromper.
Et la vérité n'arrive jamais aux foules, elle arrive seulement aux individus. Toutes les fois que la vérité arrive, elle arrive dans l'impression intuitive d'un individu, de sorte que cet individu est toujours dressé contre la foule.
Autrement, toute la foule est avec vous parce qu'elle-même a été nourrie avec le même type de balivernes.
Les Catholiques, ils sont combien? -- peut-être huit cent millions. Maintenant, n'importe quel Catholique a l'énorme consolation que huit cent millions de gens sont avec lui. Huit cent millions de gens ne peuvent pas se tromper. Et contre une seule personne... naturellement ils sentent que cette personne dérange. Le mieux serait d'achever cette personne et puis aller dormir, retourner dans leurs rêves. Ce n'est pas nouveau pour moi. Depuis ma tendre enfance, j'ai été dans la même situation. Mon père aimait bien m'amener avec lui à quelque cérémonie, ou mariage ou anniversaire où il allait. A la seule condition que je demeure absolument silencieux, "autrement s'il te plaît, tu restes à la maison."
Quand je réclamais "Pourquoi? Tout le monde est autorisé à parler, sauf moi!" Il disait "Tu le sais, je le sais et tout le monde sait pourquoi tu n'es pas autorisé à parler -- parce que tu déranges."
Je répondais "Mais n'oublie pas que dans toutes les choses qui me concernent, tu as promis de ne pas interférer dans mes affaires, et moi j'ai promis de rester silencieux." Mais à plusieurs reprises il n'a pu s'empêcher d'interférer dans mes affaires.
***
Par exemple, s'il y avait là une personne âgée -- un parent éloigné, mais en Inde cela n'a aucune importance -- mon père se devait de toucher ses pieds puis me disait "Touche ses pieds". Je répondais "Là tu interfères dans mes affaires, et notre contrat est terminé. Pourquoi devrais-je toucher les pieds de cette personne? Si tu veux les toucher toi, tu peux le faire deux ou trois fois si tu le veux; je ne m'en mêle pas, mais pourquoi devrais-je les toucher moi? Et puis pourquoi ses pieds et pas sa tête... ?" C'était suffisant pour créer le trouble. On essayait de m'expliquer que c'était une personne âgée. Je répondais "J'ai vu plein de personnes âgées. Juste en face de chez nous, il y a un vieil éléphant; je ne lui ai jamais touché les pieds. Celui qui appartient au prêtre; il est très âgé cet éléphant. Je ne lui ai jamais touché les pattes; pourtant il est très sage -- je pense plus sage encore que cette vieille personne. L'âge à lui seul ne lui confère aucune qualité. Un imbécile demeure un imbécile -- peut-être devient-il encore plus imbécile avec l'âge. Un idiot devient encore plus idiot en prenant de l'âge, ça grandit avec vous en prenant plus d'ampleur. Quand un idiot devient sénile, son idiotie est multipliée. Et c'est alors le moment où il devient respectable! Je ne vais donc pas toucher les pieds de cette personne avant qu'on m'explique pourquoi je devrais le faire."
***
Une fois nous étions partis à des funérailles; un de mes enseignants venait de décéder. C'était mon prof de Sanskrit -- un homme obèse, très drôle, habillé à la manière des anciens brahmins, avec un grand turban sur la tête. Il était la risée de toute l'école mais il était inoffensif. En hindi le mot pour inoffensif, naïf c'est "bhole", donc on l'avait surnommé Bhole. Dès qu'il entrait en classe tout le monde se mettait à crier "Jai Bhole!" -- longue vie à Bhole. Et bien sûr il ne pouvait pas punir tous les élèves; sinon comment allait-il pouvoir enseigner, qui allait-il enseigner? Donc ce monsieur a décédé. Et naturellement, sachant que c'était mon prof, je devais me comporter selon le contrat conclu avec mon père. Mais je n'ai pas pu parce qu'il s'est passé quelque chose d'inattendu que personne ne pouvait le prévoir. La dépouille était allongée là quand nous sommes arrivés. La femme du défunt était arrivée en courant, puis s'est jetée sur la dépouille en disant "Oh, mon Bhole!" Tout le monde est resté silencieux, mais moi je n'ai pas pu. J'ai essayé de me retenir, et plus je me retenais plus ça devenait fort. Alors j'ai éclaté de rire en disant: "Celle-là c'est la meilleure!"
Plus tard mon père me dit: "Je croyais qu'on avait fait un contrat parce que c'était ton prof et que tu devais te montrer respectueux." J'ai dit " Je n'ai pas été irrespectueux, mais surpris par la coïncidence. Bhole était son surnom à l'école et ça le fâchait. Et maintenant le pauvre type était mort et c'est sa femme qui l'appelait Bhole, mais il ne pouvait rien faire. J'éprouvais seulement de la compassion pour lui!"
***
Partout où nous avions l'habitude de partir, mon père m'a rappelé ce contrat entre nous. Mais il était toujours le premier à le rompre parce que telle ou telle chose se produisait, ce qui faisait qu'il disait toujours quelque chose. Et cela était suffisant, parce que la condition était qu'il n'interfère pas dans mes affaires.
Une fois il y avait des moines jaïnas dans la ville. Les moines jaïnas s'asseoient sur un haut piédestal, de sorte que même debout vous pouviez à peine toucher leurs pieds avec votre tête... au moins cinq six pieds de hauteur, le piédestal, et ils s'asseyaient dessus. Les moines jaïnas ont aussi l'habitude de se déplacer en groupe; ils ne sont pas autorisés à se déplacer seuls; cinq jaïnas se déplacent ensemble. C'est une stratégie pour que quatre d'entre eux gardent un oeil sur le cinquième, histoire de voir s'il ne va pas boire du coca-cola en cachette -- à moins qu'ils ne conspirent ensemble... Et il se trouve je les ai surpris et vus conspirant ensemble et prenant du coca-cola, voilà pourquoi je m'en souviens.
Ils ne sont même pas autorisés à boire quoi que ce soit la nuit et je les ai vus consommant du coca-cola la nuit. En fait, le jour c'étai risqué de consommer du coca-cola -- si quelqu'un les voyait! -- donc seulement la nuit... C'était moi qui leur avais fourni la boisson, donc pas de problème. Qui d'autre aurait pu la leur fournir? Aucun jaïna n'est prêt à le faire, mais ils me connaissaient, ils savaient que je ne répugnais pas à faire des trucs "outrageux". Donc il y avait là cinq piédestals, mais l'un des moines était malade. Et à chaque fois qu'on y allait avec mon père, je grimpais sur le cinquième piédestal et m'asseyait dessus. Je peux me rappeler encore le regard foudroyant de mon père... Il n'arrivait même pas à trouver les mots "Quoi te dire?" Et il ne pouvait pas s'en mêler à cause du contrat, parce que je n'ai rien fait de mal à personne. Juste assis sur un piédestal en bois, je n'offensais personne. Puis s'approchant de moi il me lançait: "Il semble que contrat ou pas contrat, tu t'entêtes à faire ce que bon te semble; donc dorénavant plus de contrat, ça devient absolument inutile."
Et ces quatre moines se sentaient tellement mal à l'aise qu'ils ne pouvaient rien dire -- Quoi dire? L'un d'eux finalement finit par lâcher: "Ce n'est pas juste. Personne ne peut s'asseoir à notre niveau s'il n'est pas moine." Puis ils ajoutèrent: "Faites-le descendre." Je dis alors: "Réfléchissez deux fois. Rappelez-vous la bouteille!" référence au coca-cola que je leur avais fourni. Ce à quoi ils répondirent: "Heu... c'est bon, tu peux rester autant que tu voudras."
Mon père me demanda: "Quelle bouteille?" Je lui dis: "Demande à ces gens-là. Moi j'ai un double contrat, un avec toi et un autre avec eux, et personne ne peut m'en empêcher. Et vous quatre, vous êtes d'accord que je m'asseoie ici, ou sinon je donne le nom de la bouteille."
Maintenant, il y avait encore du monde, et tous s'intéressaient à cette histoire... quelle bouteille? Une fois sortis du temple, les gens s'agglutinaient autour de moi, et chacun voulait savoir: "C'est quoi cette bouteille?" Je disais: "C'est un secret. Et c'est mon pouvoir sur ces quatre imbéciles que vous allez toucher. Si je le voulais, je pourrais faire en sorte qu'ils me touchent les pieds, autrement -- la bouteille..." Ces idiots!
En rentrant, mon père me demanda: "Tu peux me le dire maintenant. Je ne le dirai à personne: c'est quoi cette bouteille? Ils prenaient du vin?"
Je dis "Non. Les choses ne sont pas allées aussi loin, mais s'ils restent ici encore quelques jours, je peux arranger ça aussi. Je pourrais les obliger à consommer du vin... sinon je donne le nom de la bouteille."
Toute la ville discutait de cette bouteille, qu'est-ce que c'était, et pourquoi les moines avaient-ils si peur: "Nous avons toujours pensé que c'était des sages d'une grande spiritualité, et là ce gosse les effraie. Et ils sont tous d'accord pour qu'il s'asseye là, ce qui est contraire aux Saintes Ecritures." Tout le monde était après moi. Ils essayaient de me soudoyer: "Demande ce que tu veux -- dis-nous juste le secret de la bouteille."
Je leur disais: "C'est un très grand secret, et je ne vais rien vous en dire. Pourquoi ne pas aller demander aux moines ce qu'était cette bouteille? Je serai là-bas, donc ils ne pourront pas mentir -- et alors vous verrez quel type de gens vous êtes en train d'adorer. Tous ces gens qui conditionnent votre esprit."
***
A l'université, il y avait un professeur qui voulait démissionner à cause de moi. Il était très âgé, le doyen de ses pairs, avec toute sorte d'honneurs. Peut-être est-il encore vivant. Son nom était Docteur S.N.L. Shrivastava; il avait un doctorat en philosophie (Ph. D, D. Litt.). C'était un professeur réputé en philosophie -- et il menaçait de démissionner à cause de moi. Sa condition était que je sois expulsé de l'université sinon il déposait sa démission: un seul de nous deux devait rester à l'université, soit lui, soit moi. Et j'étais tout juste un jeune étudiant de 21 ans. Je venais à peine de m'inscrire, quittant mon petit village pour la grande ville. Il a suffi de trois mois pour que ça devienne une telle pagaille au point où il quittait la classe dès qu'il me voyait!
Je devais courir derrière lui et lui demander "Qu'est-ce qui se passe? Pourquoi partez-vous? Je m'acquitte de mes frais scolaires. Vous êtes censé enseigner, et tout ce que je fais c'est apprendre. Quand je pose une question c'est uniquement pour apprendre."
Il me disait "Mais vous posez des questions qui me mettent toujours en dilemme. Si je dis oui, je suis pris; si je dis non, je suis pris également. Chacune de vos questions est là seulement pour en provoquer d'autres, et il n'y a pas de fin à cela. Trois mois sont passés; et vous ne me permettez pas d'avancer dans le programme plus loin que le premier jour. Nous en sommes coincés là; et je sais qu'il ne va pas y avoir autre chose durant ces deux années de votre présence à mes cours. Vous n'allez pas permettre que ce premier jour finisse. Donc le mieux serait..."
Je répondais "Mais vous êtes tellement instruit, avec tant de diplômes, de titres honorables, et une trentaine d'années d'expérience dans l'enseignement, vous avez dû en voir des étudiants -- pourquoi êtes-vous si troublé? Si vous ne savez pas, dites simplement "Je ne sais pas". Votre seul problème c'est que vous ne savez pas dire "Je ne sais pas." Je ne suis pas la cause de vos soucis. Vous voulez avoir la prétention de tout connaître, et le fait est que personne ne sait tout, même pas vous."
Il nous enseignait la logique aristotélicienne; c'était le professeur de logique à l'université. Et en Inde, on doit apprendre la logique durant les deux premières années de fac, donc ces deux années sont consacrées à Aristote et sa logique. Alors je lui disais que même Aristote n'avait pas la science infuse; il était aussi ignorant que n'importe qui d'autre. Il a écrit dans un de ses bouquins que la femme avait une dent de moins que l'homme.
Maintenant voyez cet imbécile. Il avait deux femmes; il aurait pu appeler Mme Aristote 1 ou Mme Aristote 2 et lui dire simplement "Ouvre la bouche". Et en fait les femmes ont toujours la bouche ouverte; il n'y avait même pas besoin de le dire.
Donc, j'ai dit à Shrisvastava: "Cet homme, vous dites que c'est un logicien, le père de la logique? Voilà une chose tellement simple que n'importe quel homme médiocre aurait pu y penser: d'abord compter les dents. (Et de toute façon, que faisait-il avec deux femmes?) Ce n'est qu'alors qu'il aurait dû l'écrire. N'ayant pas compté les dents, il ne faisait que croire l'opinion publique. Et pendant des milliers d'années en Grèce, telle était l'opinion -- personne ne s'est jamais donné la peine de faire le compte. Mais c'est tout de même étrange qu'aucun homme ni même aucune femme ne se soient donné cette peine. A la rigueur, quelques femmes ont dû les compter, puis se dire que c'était totalement absurde et insensé."
Mais il dit: "Ca suffit comme ça, je ne veux plus en entendre davantage. Je vais voir le vice-recteur et présenter ma démission: ou on vous renvoie ou je démissionne."
Il n'est pas venu pendant trois jours, alors le vice-recteur m'a convoqué. Je lui ai demandé: "Quelle faute ai-je commise? Vous m'expulsez -- pas de problème -- mais s'il vous plaît dites-moi quelle est ma faute? Ai-je seulement posé une seule question qui n'était pas en rapport avec la logique? Je suis venu apprendre la logique, je suis censé poser des questions afin de dissiper mes doutes. Sinon le monsieur aurait pu dire qu'il ne savait pas, et j'aurais compris. Une fois qu'il dit "Je ne sais pas", je ne poserai plus cette question. Mais il n'a même pas assez de courage pour dire "Je ne sais pas", et maintenant il menace de démissionner."
"Il sait que c'est un professeur précieux. S'il démissionne au beau milieu de l'année, où allez-vous trouver un homme de son calibre? Il sait que contre un étudiant qui n'est dans la fac que depuis trois mois, il sera décidé en sa faveur. Mais" dis-je "cela ne va pas être facile. Dans ce cas, mon combat qui était avec Mr S.N.L Shrivastava, va se reporter sur vous. Je serai là dans votre bureau tous les jours. Vous devez me fournir par écrit les raisons pour lesquelles j'ai été renvoyé."
C'était un type charmant et intelligent. Il me dit: "Je ne vois pas qu'il y ait de raison que vous soyez mis à la porte, et je serai le dernier à vouloir vous renvoyer. Mais, s'il vous plaît, comprenez ma situation: nous ne pouvons pas perdre un tel professeur. Donc faites-moi plaisir... et vous ne serez pas radié; je ferai le nécessaire pour que vous soyez transféré à une autre faculté. Vous n'avez rien d'autre à faire, sauf me rendre ce service: je m'occuperai de tout concernant votre transfert. L'université de Jabalpur a plusieurs facultés, vous pouvez choisir celle qui vous plaît."
Je lui dis: "La question n'est pas de choisir une faculté. Téléphonez simplement aux doyens de ces facultés pour voir s'il y en a un qui soit prêt à m'accepter, parce que maintenant tout le monde est au courant de cette histoire avec S.N.L. Shrivastava: à savoir que le meilleur professeur de philosophie de toute l'université est sur le point de démissionner. Qui va alors me prendre chez lui? Essayez, je suis prêt." Sur les vingt facultés que comptait l'université seul un doyen était prêt à m'accepter -- à la condition que je n'aille jamais en classe. Il était prêt à me donner la moyenne requise, mais je ne devais pas aller à l'amphi.
J'ai dit "C'est un arrangement parfait. Moi-même je n'aime pas m'ennuyer inutilement et y aller pour trouver de parfaits imbéciles qui ne savent pas ce qu'ils font ni ce qu'ils enseignent. Donc c'est un très bon arrangement; vous pouvez y aller. Mais rappelez-vous, je ne vais plus payer de frais. Je vous rends un service, donc arrangez aussi pour les frais de deux années. Je n'irai jamais à cette faculté; vous vous occupez des frais et de tout le reste. Dans deux ans je reviendrai vous voir. Si quelque chose ne va pas, vous en serez responsable."
Il a dit "Je prendrai mes responsabilités" -- et il a pris toutes ses responsabilités.
Après deux années, je suis allé le voir et lui dire: "Donnez-moi ma carte d'autorisation pour participer à l'examen; je ne vais pas à cette fac, je n'y ai même jamais mis les pieds."
***
Telle est la voie des masses -- même les gens instruits appartiennent à la masse -- ils n'ont pas l'intégrité, l'intelligence, ni même le courage de dire "Je ne sais pas". Maintenant cette condition posée par la fac, je le sais, est venue du professeur de la matière. Le doyen a demandé au professeur "Pouvons-nous admettre cet étudiant? Voilà le problème..."
Et le professeur a dit "Je ne veux aucun problème dans ma classe. Vous pouvez l'admettre à condition qu'il n'assiste pas à mes cours."
Et là, juste avant de quitter l'Inde, j'ai lu un article par le même professeur, Soleri de son nom, déclarant fièrement que j'ai été son étudiant. Je n'ai jamais vu sa figure, et il n'a jamais vu la mienne. Je n'ai jamais été à ses cours, ni dans sa faculté, ni même pas dans son campus ou alentour. Et maintenant il est fier de me compter parmi ses étudiants, et "a toujours su que j'allais être quelqu'un de spécial". Ces imbéciles! Qu'est ce qu'il est facile pour eux de mentir. Mais toutes leur vie est pleine de mensonges.
Les gens communs sont, dans un sens, innocents. Mais les pédagogues, les prêtres, les politiciens -- voici les gens qui continuent d'empoisonner les masses et les maintenir au niveau de la foule.
Ce que nous appelons démocratie n'en est pas encore arrivé au stade de la démocratie. Ce n'est encore, partout, qu'une foulocratie, parce que la masse qui élit les gens est une foule; elle n'est pas encore consciente et alerte.
***
Il y a quelques jours seulement il y a eu des élections présidentielles ici [N.d.t. : Il s'agit de la réélection du président américain Reagan en novembre 1984] Ce que j'ai entendu c'était qu'avant l'élection du 6 novembre, le 5 au soir, toutes les congrégations chrétiennes se sont réunies devant le Wasco Country Court. Tous les prêtres -- ennemis d'hier, en querelle continue sur qui a raison et qui a tort, qui est le plus proche du Christ et de Dieu et qui ne l'est pas, qui est le plus orthodoxe et qui est égaré -- tous se sont réunis là ensemble. Tous les prêtres, toutes les congrégations, devant le County Courthouse... pour quelle raison? Pour prier contre l'Antéchrist, pour sauver Wasco County.
Maintenant qui est l'Antéchrist à Wasco County? Et Wasco County a besoin d'être sauvée de l'Antéchrist? J'ai vraiment pris plaisir à cela, savoir qu'ils étaient en train de prier pour moi --parce que je ne crois pas qu'il y a quelqu'un d'autre qui puisse être désigné comme Antéchrist. Mais je suis un peu dingue. Ils disent que je suis anti-Christ, anti-Buddha, anti-Mahavira, anti-Krishna, anti-sémite... N'importe quoi -- vous mettez "anti" devant et c'est pour moi. Alors qu'en réalité je suis seulement pour moi et non contre qui que ce soit. Je ne m'occupe pas du Christ, pourquoi devrais-je être anti-Christ? Je ne m'occupe de personne! Personne ne s'est soucié de moi, pourquoi devrais-je me soucier d'eux?
Et ces gens continuent... Les journalistes leur demandent "Qui est l'Antéchrist?" mais ils n'ont même pas le courage de prononcer mon nom. Ils étaient seulement là, en train de tourner en rond encore et encore répétant " Nous prions juste pour que le pays soit sauvé des forces du mal."
Mais pourquoi seulement Wasco County? Est-ce que toutes les forces du mal se sont réunies à Wasco County? Ils devraient plutôt aller à la Maison Blanche à Washington et prier là-bas. Parce que si toutes les forces du mal devaient se réunir, il y a deux endroits: le Kremlin et la Maison Blanche.
***
Mais la chose la plus étrange concernant les prêtres est celle-là: durant la seconde guerre mondiale, ils priaient Dieu en Angleterre, le Dieu chrétien, pour la victoire de l'Angleterre et la sécurité de Winston Churchill; et les Chrétiens à Rome, là où il y a le pape, au Vatican, priaient pour la sécurité de Mussolini et sa victoire -- ils priaient le même Dieu chrétien. Et ce n'est pas fini, Adolf Hitler était béni lui par les évêques chrétiens, qui priaient pour sa victoire -- le même Dieu chrétien.
Maintenant qu'est-il arrivé à ce Dieu chrétien? Il a dû se suicider! Comment décider? -- tous ces gens étaient les siens, et ses agents étaient en prière. En faveur de qui va-t-il trancher?
Et les Chrétiens ne saisissent pas l'essentiel, à savoir que lorsque Adolf Hitler est au pouvoir, le prêtre chrétien prie pour Adolf Hitler. Ce n'est qu'un lâche. Il aurait pu dire "Je ne prie pas pour vous et votre idéologie. Je vais prier pour votre défaite." Mais non, les gens courageux ne deviennent pas prêtres; ils ont d'autres choses à faire, beaucoup mieux à faire. Ceux-là sont des lâches. Et ces lâches continuent d'empoisonner l'esprit d'autres gens, les rendant lâches aussi. Ils ont détruit l'ensemble de l'humanité et l'ont transformée en asile d'aliénés.
***
Donc, si les masses sont contre moi, c'était prévisible. Il ne pouvait pas en être autrement, c'est naturel.
Ce qui était imprévisible c'est qu'il y ait quelques rares gens de par le monde qui soient en mesure de se tenir à mes côtés, qui soient assez courageux pour mettre leurs préjugés de côté et m'écouter, qui soient suffisamment intelligents pour reconnaître la vérité quand ils en viennent à la rencontrer -- quel qu'en soit le prix et qu'elle qu'en soit la conséquence.
En fait, personne n'a eu avant moi autant de gens intelligents de par le monde, autant de gens d'un tel calibre, d'une telle réceptivité, d'un tel désir de traverser l'épreuve du feu.
Car c'est bien marcher sur le feu que d'aller vers la vérité. Cela va vous brûler complètement. Et ce qui demeure non brûlé, vivant, est votre réalité. Tout le reste, tout ce qui a été consumé, c'était du fumier déversé sur vous par les autres. Personne ne peut brûler la vérité, mais pour atteindre la vérité vous devez laisser tomber tant de choses, tant de charges.
Mais j'ai de la chance qu'au moins un pour cent de l'humanité est prêt à faire le saut et créer la première religion du monde: la religion de la vérité, de la conscience -- sans mensonges à propos de Dieu, du diable, du ciel, de l'enfer -- rien que la pure vérité 24 carats.
Même un pour cent autour de la Terre est une énorme force. Vous ne devriez pas penser que ce n'est qu'un pour cent contre quatre-vingt dix-neuf pour cent. Ces quatre-vingt dix-neuf pour cent ne sont rien parce qu'ils n'ont aucun feu au-dedans d'eux. Ils sont morts avant de mourir. Ce ne sont que des corps ambulants.
Ce un pour cent est extrêmement puissant car vivant. Le feu qui l'habite va transformer le monde.
Et ces quatre-vingt dix-neuf pour cent ne comptent pas du tout. Par conséquent je ne suis pas concerné par ce que les masses pensent de moi. Je suis seulement concerné par le un pour cent de gens intelligents dans le monde.
***
From Ignorance to Innocence
#12
Posté 02 février 2007 à 00:15
Et en ce qui concerne osho,a t'il eu des maitres qui lui ont enseigner ou était il autodidacte?
#13
Posté 02 février 2007 à 16:44
Il y a un très bon article dans l'encyclopédie Wikipédia sur Osho que je recommande particulièrement à toute personne qui désire avoir un survol éclairé sur sa vie:
http://fr.wikipedia...._Shree_Rajneesh
Quant à son héritage spirituel, en plus des milliers de disciples un peu partout dans le monde, des centaines de discours enregistrés et/ou retranscrits, il a laissé une espèce de super ashram, ou plutôt une "commune" à Poona en Inde, très visitée.
Un coup d'oeil ici:
http://www.almasta.ch/aAvAbeil.html
Ce message a été modifié par Xence - 02 février 2007 à 17:15.
#14
Posté 02 février 2007 à 16:59
Extrait de: From Ignorance to Innocence, chap 7, par Osho
Traduit de l'anglais par Xence
Bonne lecture.
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Question: Osho, pourquoi toutes les religions ont usé de répression comme stratégie de base?
La religion a traversé plusieurs phases. La première phase était liée à la magie; elle n'a pas encore disparu. Les Indiens peaux-rouges en Amérique vivent toujours cette première phase de la religion. En Afrique du sud, ou parmi les aborigènes d'Inde, la religion consiste en un rituel magique de sacrifice à Dieu.
C'est une forme de corruption afin qu'Il vous aide, vous protège; c'est à dire que tout ce qui vous semble avoir quelque valeur en nourriture, en vêtements, en ornements etc, vous allez l'offrir à Dieu.
Bien sûr il n'y a aucun Dieu pour le recevoir; c'est le prêtre qui le reçoit -- c'est lui le médiateur, c'est lui qui en profite. Et le plus étrange, c'est que cette religion magique, ritualiste, a maintenu l'esprit de l'homme sous son emprise pendant au moins dix mille années.
Il y a eu tellement d'échecs, 99% d'échecs. Par exemple, la pluie ne tombe pas au moment prévu. Alors la religion magique va organiser un rituel sacrificiel et croire que le bon dieu est maintenant satisfait: il va donc pleuvoir. Il arrive que de temps à autre ça pleuve -- mais il pleuvra aussi sur d'autres gens qui n'ont ni prié Dieu ni fait le rituel. Il va même pleuvoir sur les ennemis du peuple qui a organisé le rituel, mais ça restera néanmoins une preuve que leur rituel a réussi!!
99% des fois, le rituel échoue; il ne peut pas ne pas échouer parce qu'il n'a rien à faire avec le temps. Il n'y a aucune relation de cause à effet scientifique entre le rituel, votre cérémonie du feu, vos mantras, et puis les nuages et la pluie. Le prêtre est certainement plus rusé que les gens qu'il exploite: il sait parfaitement ce qui se passe réellement.
Les prêtres n'ont jamais cru en Dieu, souvenez-vous en -- ils ne le peuvent pas, mais ils prétendent être plus croyants que toute autre personne. Ils y sont obligés, c'est leur profession. Plus forte est leur foi, plus ils attirent de foules, mais ce n'est que de la simulation. Je n'ai jamais rencontré un seul prêtre qui croit réellement qu'il y a un Dieu. Comment peut-il croire? Il voit quotidiennement que ses rituels ne réussissent que rarement, par pure coïncidence. Et que 99% échouent. Mais il a des explications pour les pauvres gens -- que votre rituel n'a pas été bien fait, que pendant que vous le faisiez vous n'étiez pas rempli de "pensées pures". Maintenant, qui est rempli de pensées pures? Et qu'est-ce qu'une pensée pure?
C'est très naturel... Par exemple, dans un rituel jaïna les gens doivent jeûner. Et pendant qu'ils font le rituel, ils pensent à la nourriture: c'est une pensée impure. Maintenant, une personne qui a faim et pense à la nourriture -- je ne vois pas comment cela peut être impur. C'est même la pensée convenable. En fait, cette personne a tout faux en faisant ce rituel; elle devrait plutôt courir au restaurant!
Mais le prêtre a une explication très simple sur la raison de l'échec de votre rituel: "Dieu n'échoue jamais, Il est toujours prêt à vous protéger. Il est le pourvoyeur, le créateur, le soutien; Il ne vous laissera jamais tomber. Mais vous faites échouer le rituel ou la prière en étant rempli de ces pensées impures." Et les gens savent que le prêtre a raison, parce qu'ils ont certainement dû penser à la nourriture... ou à une belle femme qui passait par là, et le désir de la posséder... Ils ont bien sûr rejeté ces pensées, mais c'était trop tard; le mal est fait.
Donc tout le monde sait qu'il a des pensées impures. Maintenant, je ne vois pas qu'il puisse y avoir quoi que ce soit d'impur. Si une belle femme passe près d'un miroir, celui-ci va aussi réfléchir une belle femme. Le miroir est-il impur? Votre mental est un miroir, il réfléchit tout simplement. Et votre mental est conscient de tout ce qui se passe autour de vous. Il commente, il est tout le temps en train de faire des commentaires. Si vous l'observez, vous serez surpris -- il n'y a pas meilleur commentateur.
Le mental dit que la femme est belle -- et si vous éprouvez un désir pour la beauté, je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça. Si vous éprouvez un désir pour la laideur, alors il y a quelque chose qui ne va pas, vous devez être malade. La beauté est faite pour être appréciée. Quand vous voyez une belle toile, vous aimeriez l'avoir chez vous. Quoi que vous voyez de beau, juste à côté vous vient en arrière-plan cette idée "Si seulement il pouvait être mien..." Maintenant, ces pensées sont toutes des pensées naturelles. Mais le prêtre dira: "Il n'a pas plu à cause de vos pensées impures." -- et vous êtes absolument indéfendable. Vous le savez, vous avez honte de vous. Dieu a toujours raison. Mais quand il pleut... ces pensées aussi vous ont traversé l'esprit!! vous étiez exactement la même personne... quand vous aviez faim, vous pensiez à la nourriture... si vous aviez soif, vous pensiez à l'eau!!
Ces idées vous étaient aussi venues quand il a plu... mais alors, plus personne ne se souciait des mauvaises pensées! Le prêtre a dû vous faire des éloges, pour votre grande austérité, votre profonde prière: "Dieu vous a entendus." Et votre ego est tellement content que vous n'allez pas demander: "Mais quid des pensées impures?" Qui veut maintenant faire allusion aux pensées impures alors que vous avez réussi et que Dieu a entendu? Seulement il se trouve que, dans 99% des cas personne n'entend, le ciel demeure vide, aucune réponse ne vient... Et la religion magique continue néanmoins.
***
La religion magique est la plus primitive de toutes, mais il en reste des fragments dans la seconde phase; il n'y a pas de démarcation claire et tranchée. La seconde phase est celle des pseudo-religions: Hindouisme, Christianisme, Islamisme, Judaïsme, Jaïnisme, Bouddhisme, Sikhisme -- et il y a trois cent "ismes" en tout. Telles sont les pseudo-religions. Elles sont venues un peu plus tard que la religion magique.
La religion magique est simplement ritualiste. C'est un effort pour persuader Dieu de vous aider. L'ennemi va envahir le pays, la pluie n'arrive pas, ou à l'inverse il a tellement plu qu'il y a inondations, les rivières débordent et les récoltes sont détruites... Donc à chaque fois que vous avez ce genre de difficultés, vous demandez l'aide de Dieu. Mais la religion magique ne vous impose pas de discipline. D'où le fait que les religions magiques ne sont pas répressives: elles ne s'intéressent pas encore à vous transformer, à vous changer.
Les pseudo-religions ont déplacé l'attention: de Dieu vers vous.
Dieu demeure au centre, mais il s'évanouit au loin... Pour le religieux magique Dieu est très proche; il peut Lui parler, il peut Le persuader.
Les pseudo-religions traînent encore avec elles l'idée de Dieu, mais maintenant Dieu est très très loin, de plus en plus loin. Maintenant, la seule manière de L'atteindre n'est pas à travers les rituels mais à travers un changement significatif dans votre style de vie. Elles commencent par vous façonner et vous changer.
Les religions magiques laissent les gens tels qu'ils sont, de sorte que les gens qui y croient sont plus naturels, moins factices, mais plus primitifs, moins sophistiqués, moins cultivés. Pour eux, la religion n'est pas qu'un simple rituel, c'est la philosophie de toute leur vie.
Votre question vient là, à la seconde phase de la religion. Vous demandez pourquoi les religions ont utilisé la répression comme stratégie de base, pour quelle raison? Le phénomène de la répression est éminemment significatif à comprendre, parce que toutes les religions diffèrent les unes des autres sur toute autre considération, sont les unes contre les autres sur tous les autres aspects. Il n'y a pas deux religions qui soient d'accord sur quoi que ce soit -- excepté la répression.
Donc la répression semble être le plus important outil entre leurs mains. Que font-elles avec?
La répression est le mécanisme permettant de réduire l'homme à l'esclavage, de mettre l'humanité en état d'esclavage psychologique et spirituel.
Cela fait longtemps, Freud a découvert le phénomène de la répression; mais les religions l'ont utilisé depuis cinq mille ans, et avec succès.
La méthode est simple -- cela consiste à vous retourner contre vous-même -- mais elle fait des miracles. Une fois retourné contre vous-même, beaucoup de choses vont se produire.
D'abord: vous serez affaibli. Vous ne serez plus la même personne forte que vous étiez auparavant. Avant, vous étiez un; maintenant vous êtes non seulement deux, mais plusieurs. Avant , vous étiez une entité singulière entière, maintenant vous êtes une foule. La voix de votre père parle en vous à partir d'un fragment, la voix de votre mère parle à partir d'un autre fragment; et au fond de vous, ils sont toujours en train de se chamailler -- bien qu'ils ne soient peut-être plus de ce monde. Tous vos enseignants, ils ont leurs fragments en vous; et tous les prêtres que vous avez eu à connaître, tous les moines, les bienfaisants, les moralistes -- ils ont tous élu place en vous, trouvé refuge en vous. Quiconque par qui vous avez été impressionné est devenu un fragment en vous. Maintenant vous êtes plusieurs gens: vivants, décédés, fictifs... des livres que vous avez lus, des livres saints -- lesquels ne sont que de la fiction religieuse, comme de la science-fiction. Si vous regardez au fond de vous, vous allez vous perdre dans une gigantesque foule. Vous ne pourrez pas reconnaître qui vous êtes parmi toute cette foule, quelle est votre figure d'origine. Ils prétendent tous être vous, ils ont tous la même figure que vous, ils parlent tous la même langue que vous, et ils sont tous grincheux et querelleurs les uns avec les autres. Vous devenez un champ de bataille.
La force de l'individu singulier est perdue. Votre maison est divisée contre elle-même, vous ne pouvez rien faire de votre intégralité: certaines parties de vous seront contre, d'autres seront pour, et d'autres parties demeureront absolument indifférentes. Si vous le faites, les parties qui étaient contre vont continuer à vous dire que vous avez mal agi; elles vont vous culpabiliser. Les parties demeurées indifférentes prétendront être saintes, vous disant que vous ne valez pas grand chose à écouter tous ces gens qui ne comprennent pas.
Donc quoi que vous fassiez ou ne fassiez pas vous êtes condamné. Vous êtes toujours dans un dilemme. Là où vous penchez vous êtes vaincu, et la majeure partie des fragments en vous sera toujours contre vous. Vous ferez toujours les choses avec le soutien d'une minorité. Ce qui veut dire assurément que la majorité va prendre sa revanche -- et elle prendra sa revanche. Elle vous dira "Si tu n'avais pas fait ci tu aurais eu ça, si tu n'avais pas choisi ceci tu aurais choisi cela. Mais tu n'es qu'un idiot. Maintenant souffre! Maintenant regrette!" Mais le problème c'est que vous ne pouvez rien faire de votre intégralité, si bien qu'il n'y a personne après pour vous condamner, vous dire que vous êtes stupide.
***
Donc la première chose: les pseudo-religions ont détruit l'intégrité, la totalité, la force de l'homme.
Cela est très nécessaire si vous voulez asservir les gens -- les gens forts ne peuvent pas être asservis. Et ceci est un esclavage très subtil, psychologique et spirituel. Vous n'avez pas besoin de menottes, de chaînes ou de cellules de prison, non; les pseudo-religions ont créé des arrangements plus perfectionnés. Et qui commencent à fonctionner dès votre naissance; ils ne ratent pas un seul instant.
En Hindouisme, le brahmin récupère l'enfant dès sa naissance, et la première chose à faire est de lui confectionner une carte de naissance qui le suivra durant toute sa vie. A chaque occasion importante, elle est là pour le guider: pour son mariage c'est elle qui décidera, pour sa mort c'est elle qui décidera. Et après sa mort, elle sera le premier invité de la famille... parce qu'en Hindouisme, après la mort de quelqu'un, on organise une fête le troisième jour. Donc tous les brahmins, tous les proches et amis viennent à la fête juste pour soulager l'âme du défunt.
Le prêtre a votre cou entre ses mains, et ne vous lâchera pas même quand vous êtes mort.
[...]
Les pseudo-religions ont créé un chaos en vous, cela leur est très nécessaire.
J'ai entendu dire qu'une fois, un politicien, un avocat et un prêtre -- tous trois de vieux amis -- ayant dépassé le cap des 70 ans, avaient l'habitude d'aller se promener le matin dans le parc, puis se reposer un peu sur un banc, bavarder de choses qu'ils ont connues dans le bon vieux temps. Et ça discutait d'un peu de tout. Un matin ils se sont demandé laquelle des trois professions est venue la première.
L'avocat dit: "Il n'y a aucun doute pour moi: mon métier a été le premier dans le monde, parce que les gens se battaient souvent et on avait forcément besoin de quelqu'un pour faire le médiateur, quelqu'un qui sache négocier, rendre justice, qui soit juste et loyal aux deux parties. Donc c'est bien mon métier le premier."
Le prêtre dit: "Mais savez-vous qui a commencé la bagarre? Sans le prêtre, pourquoi se battraient-ils? C'est le prêtre qui a fourni les idées de base et créé l'antagonisme dans l'esprit des gens. Et une fois qu'ils se sont entichés d'une idée, qu'ils s'y sont attachés, alors ils sont prêts à se battre; sinon pourquoi devraient-ils se battre?"
Le politicien, ricanant, dit: "Tous les deux vous avez raison dans un sens, mais vous ne semblez pas conscients de la situation réelle. Pourquoi, en premier lieu, les gens ont-ils accepté vos idées, vos philosophies, vos théologies? -- à cause de nous. Nous avons créé le désir du pouvoir. Bien sûr la bonne idée va réussir, mais nous avons créé toute l'idée du succès, du pouvoir, d'arriver quelque part, d'atteindre quelque chose, d'être victorieux."
***
Ce n'est que lorsqu'il y a un désir de pouvoir que vous commencez à vous intéresser au "bon" type de philosophie, ou au "bon" type de théologie, ou au "bon" type de religion, de sorte que vous puissiez atteindre l'objectif. Et il y en a toujours d'autres qui disent "Nous sommes les bons -- où allez-vous?" Toutes les religions disent: "A part nous, tout le reste est faux."
Les pseudo-religions ont dérangé l'homme dans son intégrité intime. Elles ont dérangé la société en créant tant d'idéologies fictives.
Vous serez surpris de regarder dans leur idéologies et leurs théologies. Vous en rirez: comment est-il possible que de grands penseurs se sont occupés de telles choses? Au Moyen Age, des gens comme Thomas d'Aquin, un grand théologien -- peut-être le plus important parmi les théologiens chrétiens -- étaient très préoccupés par le problème de savoir combien d'anges peuvent se tenir sur la pointe d'une épingle. Les anges n'ont ni poids ni corps physique, mais il doit y avoir malgré tout une limite -- combien peuvent tenir sur la pointe?
Thomas d'Aquin a gaspillé des pages et des pages discutant de combien d'anges peuvent parvenir à se mettre là -- et il n'était pas le seul. Tout le Moyen Age s'intéressait à la question. C'était un grand problème religieux -- de toute première priorité. Je ne sais pas quelle urgence il y avait là. Peut-être qu'ils pensaient qu'après leur mort, ils seraient devenus anges et devraient se tenir sur la tête d'une épingle ou l'aiguille d'un pin. Quel était le problème? Mais telle est la situation dans toutes les théologies.
Mahavira croyait en sept cieux et sept enfers. Il était déjà vieux quand Gautam Bouddha commença a activer, enseignant et impressionnant les gens. Ils ont tous entendu Mahavira et maintenant ils aimeraient demander à Bouddha "Voilà ce que dit Mahavira, et vous que dites-vous?" Quelqu'un posa donc la question: "Mahavira dit qu'il y a sept cieux et sept enfers. Que dites-vous?" Et le Bouddha de répondre: "Il ne sait rien. Il y a soixante-dix-sept cieux et soixante-dix-sept enfers"
Maintenant, il n'y a rien qui puisse le confirmer ou l'infirmer. Libre à vous de croire qui vous voulez.
La même question était posée à Ajit Keshkambal, qui était encore plus jeune que Bouddha et venait tout juste d'entrer dans le champ des controverses. Il dit: "Ces gens-là ont parfaitement raison. Jusqu'à sept Mahavira a raison; jusqu'à soixante-dix-sept Bouddha a raison, mais en fait il y a réellement sept cent soixante-dix-sept cieux et sept cent soixante-dix-sept enfers -- car j'ai tout exploré. Donc ces gens n'ont pas tort à propos de ce qu'ils ont exploré, mais s'ils insistent à dire que c'est l'extrême limite où on peut aller, alors ils ont tout faux. S'ils disent voilà jusqu'où nous sommes arrivés, dans ce cas pas de problème."
Maintenant Ajit Keshkambal était réellement quelqu'un qui avait un énorme sens de l'humour; il plaisantait, bien sûr. Mais que faisait Bouddha? Il était très sérieux; mais pour moi cela aussi semble être une blague. Et que faisait Mahavira? Il était encore plus sérieux. Mais être sérieux avec de telles choses... Vous ne pouvez donner aucune preuve, mais vous pouvez créer du conflit chez les gens. Maintenant quelques uns sont devenus jaïnistes, quelques uns bouddhistes et d'autres ont suivi Keshkambal, mais comme c'était quelqu'un qui avait un grand sens de l'humour, sa religion a disparu; les gens ont besoin de choses sérieuses et aussitôt ils ont découvert que ce gars n'était pas sérieux.
Comment pouvez-vous croire quelqu'un qui n'est pas sérieux. Et en fait, ma propre compréhension est que Keshkambal était plus sincère que les deux autres. Il en faisait de la matière à rigoler de leur business théologique. Il disait: "Débarrassez-vous de tout ce non-sens! Pourquoi tant vous en préoccuper?"
***
Donc les pseudo-religions ont créé du chaos dans les individus, elles ont créé du chaos dans les sociétés, et elles les ont exploités tous les deux.
Tant qu'il y a des Musulmans, les Hidouistes restent unis, les Chrétiens restent unis. C'est exactement comme l'Union Soviétique et l'Amérique: aucun des deux ne peut s'arrêter de fabriquer des armes nucléaires, bien que tous les deux continuent de négocier à propos de la paix. Aucun ne veut d'une troisième guerre mondiale parce que chacun comprend qu'elle va les exterminer tous les deux. Ce sera vraiement une guerre absolument idiote, si elle venait à se déclencher, parce qu'une guerre n'a de sens que s'il y a un vainqueur et un vaincu. Mais dans cette troisième guerre mondiale personne ne va être vainqueur ou vaincu -- tous vont être tués. Il n'y aura personne pour clamer: "Nous avons vaincu."
Mais malgré cela, tous les deux continuent de verser toutes leurs ressources dans cette course à l'armement nucléaire à cause de cette peur que l'autre est en train de faire la même chose aussi, donc il faut faire autant.
L'autre est juste comme vous aussi, un humain -- ce que vous faites, alors il doit le faire aussi. Maintenant, où cela va-t-il s'arrêter?
La même chose est arrivée avec les religions. Elles se sont toutes aidé les unes les autres, sans le savoir. Les Hindous sont devenus unis contre les Musulmans, les Chrétiens se sont unis contre les Juifs, les Juifs contre les Chrétiens. Et le monde entier est devenu un champ de bataille.
L'homme est devenu un champ de bataille inérieurement, et le monde un champ de bataille au dehors.
Et la stratégie utilisée était la répression.
Comment la répression peut-elle faire tant de choses, et beaucoup plus? La répression veut dire simplement: souviens-toi que ta nature est ton ennemi -- tu dois lutter contre elle, tu dois la tuer, tu dois la détruire, tu dois aller au-delà; ce n'est qu'alors que tu es saint.
Or, ceci est impossible.
Personne n'a jamais été capable d'aller au-delà de sa nature. Partout où vous êtes, vous êtes dans la nature. Oui, vous pouvez vous estropier, vous couper les membres pour les ramener à la taille prescrite par vos saintes écritures, vous pouvez souffrir, vous pouvez vous torturer tant que vous le voudrez -- mais vous ne pouvez pas aller outre la nature.
La nature est tout ce qu'il y a -- il n'y a pas d'au-delà. L'au-delà est au dedans de la nature, pas en dehors.
Donc ceux qui sont en train de lutter contre leur nature n'iront jamais au-delà. Et leur échec continu les rend misérables, mentalement déséquilibrés et psychologiquement dérangés. Et tout cela est bon pour le prêtre: il vous exploite.
Tout son métier est de vous aider -- mais avant de vous aider, vous devez être mis dans une position de demande d'aide.
***
(à suivre... )
#15
Posté 02 février 2007 à 17:08
***
En Inde j'ai eu à connaître plusieurs psychologues et psychiatres qui ont été formés en Occident, et qui appartenaient à l'école freudienne, à l'école jungienne, à l'école adlérienne ou celle d'Assagioli. Ils avaient une chose en commun: ils étaient tous contre moi. Et je leur disais: "Est-ce que vous saisissez la chose? Vous êtes tous les uns contre les autres, mais vous êtes d'accord sur un seul point: que vous soyez contre moi. Pourquoi? -- parce que je peux tout simplement détruire votre profession." Et si la profession est détruite, le freudien souffrira autant que le jungien, autant que l'adlérien.
Je peux rendre l'homme entier de nouveau.
Je peux le restaurer dans son intégrité, sa consistance, son centre.
Je ne suis pas un psychologue, je ne traite pas de problèmes psychologiques, parce que pour moi ces problèmes sont des problèmes créés, provoqués. Ils créent eux-même le problème puis viennent avec la solution. Et c'est tellement facile de créér un problème -- vous serez surpris de savoir combien c'est facile...
Un de mes professeurs -- j'étais étudiant en psychologie, et lui un célèbre psychologue... Un jour, je lui ai simplement dit: "Tous les problèmes traités par les psychologues sont créés par eux."
Il me dit: "Vous devez le prouver."
J'ai répondu: "J'accepte le défi."
Et le jour d'après je l'ai prouvé. Je suis allé à sa femme, qui était une femme charmante et gentille avec moi -- lui aussi était très gentil avec moi -- et je lui dis: "Je vais vous demander de faire une chose pour moi, juste un petit service, pour une fois."
Elle dit: "Qu'est-ce que c'est? Dites-moi simplement, et si je peux le faire je le ferai."
Je dis: "Faites une seule chose: lorsque votre mari se réveille le matin, dites-lui simplement 'Qu'est-ce qui se passe? Tu sembles si pâle. Tu n'as pas dormi de la nuit? Tes yeux sont rouges.' puis posez votre main sur sa tête et demandez-lui 'As-tu de la fièvre ou quelque chose comme ça?' Alors, il dira sûrement quelque chose. Et quoi qu'il dise, je vous prie de le noter sur un bout de papier -- exactement ses propres termes -- parce que je passerai plus tard récupérer le papier."
Elle me dit: "Mais c'est quoi toute cette histoire?"
Je répondis: "Je vous le dirai le soir, mais là rappelez-vous seulement ce que je vous ai dit, et faites-le demain matin."
Elle dit: "Je le ferai. C'est comme fait, tu peux me croire."
Juste de l'autre côté habitait le postier de l'université. C'était un vieux monsieur, très affable. J'ai été le voir, on a discuté un peu du jardin. Il s'intéressait énormément aux fleurs et personne ne venait lui faire d'éloges sur son jardin, j'étais le seul; il était donc très heureux que je sois là. Alors, je lui ai dit: "Aujourd'hui vous allez faire quelque chose pour moi."
Il me dit: "Quoi? Tout ce que vous voulez!"
Je dis: "Lorsque le professeur Mehta ira demain à l'université, quand il sortira de chez lui, restez-là près de la clôture et dites 'Qu'est-ce qu'il y a? On dirait un fantôme! Vos jambes tremblent...' "
Il me dit: "A-t-il quelque chose qui ne va pas?"
Je répondis: "Non, rien de grave. Mais vous devez répéter ce que je vous ai dit en ayant l'air sérieux. Il dira sûrement quelque chose; notez-le exactement sur un papier, je passerai plus tard le récupérer."
Le professeur Mehta avait l'habitude de venir à pied au département -- deux kilomètres environ... une belle allée. Des deux côtés il y avait les jardins et les maisons des professeurs: la colonie des professeurs. Donc j'ai mis au courant quelques personnes, particulièrement quelques épouses de professeurs, des petits enfants -- toute personne que je savais fiable. Et tous étaient très contents, tous ont dit "On le fera".
Et, en dernier, le professeur Mehta en entrant dans le département, devait croiser le pion qui était assis là face au bureau. Je lui dis: "Dhyananda, je ne t'ai jamais rien demandé..."
Il dit: "Oui, c'est bien vrai! Tout le monde me torture 'Dhyananda par-ci, Dhyananda par-là' Les professeurs me torturent, les étudiants me torturent. C'est bien vrai que tu es le seul à n'avoir jamais rien demandé, même pas un verre d'eau. Et d'ailleurs je me demandais... c'est si rare. Donc tout ce que tu désires sera fait."
Je lui dis: "Voilà ce que tu as à faire: Lorsque Professeur Mehta viendra demain matin, tu te lèves et tu le tiens simplement puis tu lui dis 'Mais vous allez tomber! Vous êtes tout tremblant! Que se passe-t-il?"
Il me dit: "Et c'est vrai?"
Je dis: "Non, ce n'est pas vrai, mais tu dois faire semblant que c'est vrai."
Il me dit: "Okay. Tu n'as jamais rien demandé -- je ferai de mon mieux."
Le lendemain j'ai récupéré tous les bouts de papier, parce que j'étais tout juste derrière lui. Je le suivais sans qu'il me voyait puis je récupérais les papiers. Et puis Dhyananda a fait un sacré boulot! Il lui a réellement donné un de ces chocs qu'il est tombé effectivement! J'ai dû le soutenir, et tous deux nous l'avons fait entrer à l'intérieur. Il dit alors: "Je ne suis même pas en mesure de m'asseoir." Nous l'avons alors allongé sur le banc. J'ai couru ramener un oreiller et une couverture parce qu'il était réellement en train de grelotter et transpirer.
J'ai dit: "Que s'est-il passé?"
Il a répondu: "Il semble que j'ai une étrange fièvre. Hier soir en allant dormir tout allait bien. Mais là j'ai une de ces migraines et je sens tout mon corps trembler. Appelez un médecin s'il vous plaît. S'il n'y avait pas Dhyananda, je serais tombé... je me serai cassé la jambe."
Et en réalité c'était à cause de Dhyanada qu'il allait tomber -- parce que Dhyananda était un type un peu rustre: il l'a fait pour de vrai!
Il a été très sérieux; il l'a examiné ceci, cela puis il a dit: "Mr Mehta, vous avez besoin de trois mois de repos total."
Pr Mehta dit: "Trois mois de repos total? Mais qu'y a-t-il?"
Le médecin dit: "Je ne peux pas vous le dire. Je vais en parler à votre femme."
Et le professeur Mehta dit: "Alors rendez-moi service s'il vous plaît, prenez-moi avec vous dans votre voiture. Je ne peux plus marcher... deux kilomètres! "
Il faisait ce trajet à pied tous les jours, aller et retour, parce qu'il aimait marcher. Et là il dit: "Je ne peux plus marcher" Puis s'adressant à moi il dit: "Allez voir le vice-recteur et dites-lui que je suis dans un tel état... le docteur dit trois mois... je ne sais pas ce qui va se passer, donc dites-lui que si je ne viens pas dans quelques jours, il devrait trouver un remplaçant."
Je l'ai amené à la voiture avec le médecin, puis nous l'avons aidé à rentrer chez lui. Sa femme tentait de se retenir pour ne pas éclater de rire. Et c'est vrai que son mari était complètement changé! Le médecin le tenait par un bras, je le tenais par l'autre, il pouvait à peine marcher. Nous l'avons mis sur le lit, et il dit au médecin: "Vous pouvez dire à ma femme."
Le médecin dit: "Je reviendrai tout à l'heure. Laissez-moi d'abord aller vous préparer quelques médicaments. C'est urgent."
Donc il est parti. Pr Mehta me demanda: "Est-ce que le docteur vous a dit quelque chose?"
Je lui dis: "D'abord, regardez ces papiers."
Il dit: "Quels papiers? C'est lui qui vous les a donnés?"
J'ai dit: "Non, lisez-les simplement. Ceci est votre première déclaration à votre femme ce matin en vous levant 'Je vais très bien, qu'est-ce que tu me racontes là?' C'était à six heures ce matin. Et à sept heures et demi vous avez dit au postier 'Oui, la nuit a été un peu tourmentée'. Puis vous avez dit au professeur Nand Dulare Vajpeyel 'J'ai passé un nuit terrible'. Ce sont vos déclarations. Rien ne vous est arrivé -- vous pouvez vous lever. Vous n'avez pas besoin de trois mois de repos, même pas trois minutes: vous êtes en super forme."
"Mais" dit-il "Je transpirais et j'allais preque tomber"
J'ai dit: "Il n'y a rien de tout cela. C'était juste Dhyananda qui vous a sauté dessus et a failli vous renverser, et vous avez cru tomber. Il l'a tellement bien fait; je ne lui en ai pas demandé tant et j'étais loin d'imaginer qu'il allait le faire aussi parfaitement!
Il s'est immédiatement relevé en s'exclamant: "C'est vrai! J'étais en super forme hier soir, et ce matin aussi j'étais bien. Quand ma femme m'a fait la remarque je lui ai dit 'Je vais très bien, qu'est-ce qui te prend?' Mais à partir du moment où tout le monde s'est mis à me dire la même chose... étrangement j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Un jeune gosse m'a dit: 'Tonton, vous avez les jambes toutes flageolantes!' et j'ai senti que certainement mes jambes flageolaient, sinon le gosse... ?"
J'ai dit: "Voici ce qu'a noté ce gosse. Tous étaient mes agents: les hommes, les femmes, les enfants, Dhyananda, le docteur... J'ai arrangé tout ça parce j'ai accepté votre défi. J'ai créé la maladie. J'aurais pu arranger ça pour trois mois, vous auriez même pu en mourir."
Il dit:; "Je ne peux pas le nier. Voyant ce qui m'est arrivé, il est fort possible que si j'étais resté trois mois dans le lit, et que vous aviez continué votre machination, vous auriez pu me tuer."
J'ai dit: "Voilà comment toute votre religion a fonctionné: créer des problèmes dans l'esprit des gens et alors où devaient-ils aller? Ils devaient aller voir le prêtre. Et le prêtre donnait la solution -- et se faisait payer. Ce que les psy sont en train de faire actuellement est la même chose. Sur une centaine de cas, 90 cas sont créés par vous autres."
***
Je ne dis pas que le psy le fait intentionnellement -- pas plus que le prêtre ne le fait intentionnellement -- ils le font en toute sincérité; ils croient le faire ainsi. Ils croient en ce qu'ils font, et leur croyance est contagieuse, de sorte que d'autres personnes se mettent à le croire aussi. Et alors leurs solutions sont là, leurs prescriptions sont là.
Si vous allez voir un freudien, puis un jungien, puis un adlérien, puis Assagioli, vous comprendrez ce que je veux dire: tous les quatre feront un diagnostic différent de votre mal, parce que leurs "saintes écritures" sont différentes. Ils vous diront tous voilà le vrai problème chez vous, et aucun ne sera d'accord avec l'autre. Et comme le problème est différent, naturellement la solution sera différente. Le problème devait être différent. Autrement, quel besoin y avait-il d'avoir un Jung ici-bas? -- Freud a fait tout le boulot. Telle était la raison pour laquelle Jung s'est séparé de Freud. Il a compris qu'avec Freud il aurait été au mieux un grand freudien, mais alors il n'aurait jamais été reconnu en tant qu'individu distinct. D'autant que tout ce que Freud faisait, il pouvait le faire. Et Jung s'est mis à le faire, et il a parfaitement réussi. Adler aussi s'est esquivé de la même manière. Si Freud réduisait tout au sexe, Adler réduisait tout à l'égo.
Naturellement, leurs solutions sont différentes parce qu'ils ont posé le problème différemment. Et si, par chance, en suivant leur solutions vous réussissiez, c'est évidemment leur thérapie qui a réussi, pas vous. Mais si vous échouiez, c'est vous qui avez échoué; vous n'avez pas correctement suivi les règles. Et suivre correctement les règles de la psychanalyse ou toute autre école est une affaire tellement longue. Vous avez besoin d'une psychothérapie de trois années, et une fois terminée la psychothérapie, vous en sortez encore plus déconcerté, plus abîmé que vous ne l'étiez avant. Maintenant vous avez besoin de l'aide de quelqu'un. Maintenant vous aurez besoin d'aide toute votre vie. Il y a des gens qui ont été psychanalysés toute leur vie, allant d'un psy à un autre psy.
***
La même chose était vraie avec la religion.
Ils créent le problème par la répression.
En fait, la psychologie a utilisé ce que les religions -- les pseudo-religions -- ont semé: les psy ont récolté la moisson. Le psy est en réalité le prêtre moderne et il exploite le même terreau, avec la même stratégie. Durant des milliers d'années, le prêtre a préparé le terrain, mais les gens en avaient marre du prêtre, alors ils étaient très contents qu'une nouvelle science apparaisse. Ce n'est pas une science du tout -- juste un jargon scientifique.
Donc les gens qui avaient l'habitude d'aller voir le prêtre -- s'ils étaient instruits, cultivés, sophistiqués -- vont maintenant voir le psy... les mêmes gens. S'ils ne sont pas instruits, ils vont toujours chez le prêtre. Le prêtre est moins cher, et moins nocif parce qu'il n'est pas très intelligent avec les mots: conscient, super-conscient, sub-conscient, inconscient, inconscient collectif, inconscient cosmique, conscience cosmique... Le pauvre prêtre ne peut pas se permettre tout ça.
Vous pouvez être hypnotisé par le psy et son jargon. Il a des arguments pour le soutenir, et ce qu'il dit est dans un sens vrai: vous êtes réprimé -- mais ce travail a été fait par la religion.
La religion a condamné le sexe, condamné votre désir de la nourriture -- condamné tout ce qui pouvait vous faire plaisir -- condamné la musique, les arts, la chanson, la danse.
Si vous regardez de par le monde, et rassemblez tout ce que les religions ont condamné, vous verrez: elles ont condamné la totalité de l'homme. Elles n'ont pas laissé le moindre pouce intact. Oui, chacune en a condamné un bout -- parce que si vous condamnez l'humain dans son intégralité, vous allez complètement le déboussoler. Vous devez le faire proportionnellement, de manière à ce qu'il se sente coupable, qu'il éprouve le besoin de se libérer de sa culpabilité et soit prêt à saisir votre aide.
Vous ne devriez pas trop le condamner, au point où il risque simplement de vous échapper ou sauter dans l'océan et en finir. Ca ne sera pas une bonne affaire. Ce qu'il faudrait c'est faire exactement comme pour les esclaves dans les temps anciens. On leur donnait à manger -- pas assez pour qu'ils deviennent forts et se révoltent, et pas trop peu sinon ils allaient mourir; sinon vous êtes perdant dans l'affaire. Vous leur donnez juste un certain pourcentage, de sorte qu'ils s'accrochent au beau milieu, entre la vie et la mort, et continuent à bosser pour vous. Seule cette quantité de nourriture est donnée, pas plus que ça; autrement, il restera de l'énergie après le boulot, et leur énergie deviendra révolution. Ils peuvent se mettre à se révolter, ils peuvent commencer à se rassembler, parce qu'ils commenceront à voir ce qui leur est fait.
La même chose a été faite par les religions. Chaque religion a pris un segment de l'homme et l'a condamné, et à travers lui l'a fait se sentir coupable. Une fois la culpabilité créée en vous, vous êtes dans la soutane du prêtre.
Vous ne pouvez pas y échapper maintenant parce qu'il est le seul à pouvoir nettoyer ces parties honteuses en vous, le seul à pouvoir vous rendre capable de vous tenir devant Dieu sans avoir honte.
Il a créé la fiction de Dieu.
Il a créé la fiction de la culpabilité.
Il a créé la fiction qu'un jour vous aurez à vous tenir devant Dieu: donc soyez propre et pur, et soyez dans tel état de manière à pouvoir être en face de Lui sans peur, et sans honte.
Toute l'histoire est fictive. Mais que l'on se souvienne de cela: il s'agit des pseudo-religions. Et chaque fois que je dis religions, j'entends ces pseudo-religions; le pluriel indique les pseudo.
***
Quand la religion deviendra scientifique, elle n'aura plus à être plurielle: ce sera une religion simplement, et sa fonction sera exactement le contraire de celle des pseudo-religions.
Sa fonction sera de vous libérer de Dieu...
Vous libérer du ciel et de l'enfer...
Vous libérer du concept du péché originel...
Vous libérer de l'idée même que vous et votre nature êtes séparés...
Vous libérer de toute sorte de répressions.
Avec toute cette liberté vous serez en mesure d'apprendre à exprimer votre être naturel quel qu'il soit.
***
Il n'y a nul besoin d'avoir honte. L'univers vous veut comme ça, c'est pourquoi vous êtes commes ça.
L'univers vous veut comme ça, sinon il aurait créé quelqu'un d'autre, pas vous.
Donc ne pas être vous-même est la seule chose irreligieuse, selon moi.
Soyez vous-même, sans conditions ni chaînes attachées -- soyez simplement vous-même et vous êtes religieux, parce que vous êtes sain, vous êtes entier.
Vous n'avez pas besoin de prêtre, vous n'avez pas besoin de psy, vous n'avez besoin de l'aide de personne parce que vous n'êtes pas malade, vous n'êtes pas détérioré, paralysé. Toute cette détérioration et cette paralysie sont emportées une fois que vous avez trouvé la liberté.
La religion peut être ramassée en une seule phrase: totale liberté d'être soi-même.
Exprimez-vous en autant de manières que possible sans peur; il n'y a aucune raison d'avoir peur, il n'y a personne pour vous punir ou vous récompenser. Si vous exprimez votre être dans sa forme la plus authentique, dans son flux naturel, vous serez immédiatement récompensé -- pas demain, mais aujourd'hui, ici et maintenant.
Vous êtes puni uniquement lorsque vous êtes contre votre nature. Mais cette punition est une aide, c'est simplement une indication que vous vous êtes éloigné de votre nature, que vous vous êtes un petit peu égaré, loin de la route -- revenez.
La punition n'est pas une revanche, non. La punition est simplement un effort pour vous réveiller: qu'est-ce que tu es en train de faire?
Quelque chose ne va pas, quelque chose va à l'encontre de toi-même. C'est pourquoi il y a la peine, l'anxiété, l'angoisse.
Et quand vous êtes naturel, vous exprimant juste comme les arbres et les oiseaux -- lesquels sont plus chanceux, car aucun oiseau n'a essayé de devenir prêtre, et aucun arbre n'a encore eu l'idée d'être un psy -- juste comme les arbres, et les oiseaux, et les nuages, vous vous sentirez chez vous dans l'existence.
Et d'être chez soi, c'est cela toute la religion.
#16
Posté 04 février 2007 à 10:33
Extrait de The Zen Manifesto: Freedom from Oneself, Chapitre 9, par Osho
Les gens ont peur, très peur de ceux qui se connaissent intérieurement. Ces êtres ont une certaine autorité, une certaine aura et un certain magnétisme... un charisme qui est capable de libérer de jeunes personnes de l’emprisonnement traditionnel.
L’homme réalisé ne peut pas être asservi - là est la difficulté - et il ne peut pas être emprisonné…. Chaque génie qui a découvert quelque chose de son intériorité sera difficile à absorber ; il sera une force perturbatrice. Les masses ne veulent pas être dérangées, même si elles peuvent être dans la souffrance. Elles sont dans la souffrance, mais elles y sont accoutumées et celui qui n’est pas dans la souffrance apparaît comme insolite, étranger.
L’homme réalisé est le parfait étranger dans ce monde, il ne semble appartenir à personne. Aucune organisation ne le limite, aucune communauté, aucune société, aucune nation.
#17
Posté 06 février 2007 à 14:30
Extrait de Take it Easy, Volume 1 Chapter 13, par Osho
Il y a un instant c’était là, à présent ce n’est plus là. Un moment nous sommes ici, l’instant d’après nous sommes ailleurs. Et pour ce simple instant, combien d'agitation brassons-nous ! Combien de violence, d’ambition, de lutte, de conflit, de colère, de haine, uniquement pour ce simple instant !
Nous nous trouvons dans la salle d’attente d’une gare, attendant le passage d’un train et… que de tumulte, d’agitation nous créons : bagarre, agression mutuelle, tentative de domination, de prise de pouvoir sur l’autre - toute une politique. Puis le train arrive et vous disparaissez pour toujours.
#18
Posté 07 février 2007 à 14:23
scorpion bleu, le Vendredi 02 Février 2007 00h15, dit :
Cela dit, le passage où il raconte son illumination à l'âge de 21 ans en vaut certainement le détour. Je le traduirai peut-être un de ces quatre...
#19
Posté 07 février 2007 à 14:31
Extrait de A Sudden Clash of Thunder Chapter 6, par Osho
Ce n'est que lorsque votre méditation vous a apporté une lumière qui brille dans toutes les nuits, que la mort ne sera pas une mort pour vous mais une porte d'accès au divin. Avec la lumière dans votre cœur, la mort elle-même est transformée en porte et vous entrez dans l'esprit universel, vous devenez un avec l'océan.
Et à moins que vous ne connaissiez l'expérience océanique, vous aurez vécu en vain. "Maintenant" est toujours le bon moment, et le fruit est toujours mûr. Vous avez simplement besoin de recueillir le courage d'entrer dans votre forêt intérieure. Le fruit est toujours mûr et le moment est toujours le bon moment. Le mauvais moment n'existe pas.
#20
Posté 08 février 2007 à 12:47
Extrait de I Celebrate Myself, Chapitre 4, par Osho
La vie est un moment à célébrer, à apprécier. Faites-en un jeu, une célébration et vous entrerez alors dans le temple. Le temple n'est pas pour les rabat-joie, il n'a jamais été pour eux.
Regardez la vie... voyez-vous de la tristesse quelque part ? Avez-vous jamais vu un arbre déprimé ? Avez-vous vu un oiseau pétri d’inquiétude ? Avez-vous vu un animal névrosé ? Non, la vie n'est pas comme cela, pas du tout. Seul l'homme a quelque part mal tourné et il a quelque part mal tourné parce qu'il se pense être très sage, très savant. Votre savoir est votre maladie.
Ne soyez pas trop savant. Rappelez-vous toujours de vous arrêter ; n'allez pas jusqu’aux limites. Un peu de sottise et un peu de sagesse est bon et le bon dosage fait de vous un bouddha…
#21
Posté 09 février 2007 à 05:39
#22
Posté 09 février 2007 à 11:22
Yfsee.......................................
#23
Posté 09 février 2007 à 11:43
Citation
Mais en VERITE, L'HOMME est bien plus qu'il ne peut penser qu'il est.........et ou qu'il pourrait DEVENIR.........
OSHO a donner une VOIE
MANTAK CHIA une autre...
et de nombreux autres ont aussi MONTRE....une VOIE FACILE de
Citation
Citation
mais ce n'est pas IMPOSSIBLE, mais alors vraiment pas.......sauf que cela demande, tous les efforts de son Corps, de son Coeur et de son Âme pour ce faire.......EFFORTS qui doivent se faire sans jamais forcer rien, ni personne.......et c'est en quelque sorte '''' le TRAVAIL '''' le plus dur que puisse jamais rencontrer un homme......tous les autres travaux à coté, on des duretés relatives à coté de ce TRAVAIL là.............
A+ IcUnot
#24
Posté 09 février 2007 à 12:08
scorpion bleu, le Vendredi 09 Février 2007 05h39, dit :
Quelques remarques qui me viennent comme ça, à priori:
1. Osho n'a jamais dit qu'il était adepte de la 4e voie, même s'il ne cache pas son admiration pour l'enseignement de Gurdjieff.
2. Rien ne dit que Krishnamurti n'a pas eu de maître. On sait qu'il a été récupéré par les Théosophes alors qu'il n'avait que neuf ans, et -- paraît-il -- aurait subi toutes sortes de manipulations occultes...
3. La nécessité d'un maître pour quelqu'un qui n'est pas éveillé à la spiritualité est évidente. Toutefois, le maître peut ne pas agir forcément à partir d'un plan visible.
4. Il est peut-être bon de rappeler que le rôle du maître extérieur n'est en fin de compte que de réveiller le maître intérieur, lequel est le vrai maître.
5. Osho n'a pas eu de maître "extérieur", "visible" durant cette vie.
Amitiés.
#25
Posté 09 février 2007 à 12:11
Extrait de Dang Dang Doko Dang Chapitre 2, par Osho
Regardez autour de vous, regardez dans les yeux d'un enfant ou dans les yeux de votre bien aimé(e), de votre mère, de votre ami(e) - ou touchez simplement un arbre.
Avez-vous jamais étreint un arbre ? Étreignez un arbre et un jour vous vous rendrez compte que non seulement vous avez étreint l'arbre mais l'arbre a également répondu, l'arbre vous étreint également.
Alors pour la première fois vous pourrez reconnaître que l'arbre n'est pas simplement une forme, qu'il n'est pas simplement une certaine espèce dont les botanistes parlent, c’est un Dieu inconnu – si vert dans votre coeur, si plein des fleurs dans votre cour, si près de vous, vous faisant signe, vous appelant encore et encore.
#26
Posté 10 février 2007 à 15:19
Extrait de Bodhidharma, The Greatest Zen Master Chapitre 15, par Osho
Bodhidharma... dépasse de loin les moralistes, les puritains, les prétendues bonnes gens, ceux qui vous veulent du bien. Il a touché le fond même du problème.
À moins que la conscience ne se développe en vous, toute votre moralité est fausse, toute votre culture n’est simplement qu’une mince pellicule qui peut être détruite par quiconque. Mais lorsque votre moralité est issue de votre conscience et non le fruit d’une certaine discipline, alors c’est une chose tout à fait différente. Alors dans chaque situation vous répondrez à partir de votre conscience et quoi que vous fassiez sera juste.
La conscience ne peut pas générer le mal. C'est l’ultime beauté, ce qui émane d'elle est simplement beau, simplement juste et cela sans aucun effort, sans aucune pratique. Aussi, plutôt que d’élaguer l’arbre, coupez ses racines! Et pour couper les racines, il n’y a pas d’autre méthode que celle-ci : être vigilant, être méditatif, être conscient.
#27
Posté 10 février 2007 à 19:26
Xence, le Vendredi 09 Février 2007 12h08, dit :
scorpion bleu, le Vendredi 09 Février 2007 05h39, dit :
Quelques remarques qui me viennent comme ça, à priori:
1. Osho n'a jamais dit qu'il était adepte de la 4e voie, même s'il ne cache pas son admiration pour l'enseignement de Gurdjieff.
2. Rien ne dit que Krishnamurti n'a pas eu de maître. On sait qu'il a été récupéré par les Théosophes alors qu'il n'avait que neuf ans, et -- paraît-il -- aurait subi toutes sortes de manipulations occultes...
3. La nécessité d'un maître pour quelqu'un qui n'est pas éveillé à la spiritualité est évidente. Toutefois, le maître peut ne pas agir forcément à partir d'un plan visible.
4. Il est peut-être bon de rappeler que le rôle du maître extérieur n'est en fin de compte que de réveiller le maître intérieur, lequel est le vrai maître.
5. Osho n'a pas eu de maître "extérieur", "visible" durant cette vie.
Amitiés.
#28
Posté 11 février 2007 à 16:59
Extrait de God is Dead: Now Zen is the Only Living Truth Chapitre 3, par Osho
Ainsi vous avez le sentiment d'être vous-même un étranger... C'est bon. C'est la période transitoire. Maintenant vous devez être vigilant à ne pas vous remplir de douleur ni de misère. Maintenant que Dieu n'est plus là, qui va vous consoler ? Vous n'avez besoin d'aucune consolation. L'humanité est venue à maturité. Soyez un homme, soyez une femme et tenez-vous sur vos propres pieds...
La seule façon d'être relié à l'existence est de se tourner vers l'intérieur parce que là, au centre, vous êtes encore relié. Vous avez été physiquement déconnecté de votre mère. Cette séparation était absolument nécessaire pour faire de vous un individu à part entière. Mais vous n'êtes pas séparé de l'univers. Votre connexion avec l'univers est de l'ordre de la conscience. Vous ne pouvez pas la voir, aussi vous devez plonger en vous-même avec beaucoup de lucidité, de clarté d'observation et vous trouverez la connexion!
#29
Posté 11 février 2007 à 19:26
Citation
#30
Posté 11 février 2007 à 23:19
"Frédéric nietzshe a déclaré que dieu était mort.Le jour ou il a déclaré que dieu était mort,il a commencé a devenir fou_a cause d'une déclaration.....Dieu ne peut pas etre mort juste parceque vous le déclarez.Votre déclaration ne fait aucunne difference.Mais lorsque Nietzhe a commencé a croire que dieu était mort,il se mit a dépérir ,a perdre sa santé mentale.Un monde sans dieu sera forcément un monde fou._car un monde sans dieu n'aura aucun contexe dans lequel prendre un sens."











