Voici les principales conclusions du 4e rapport scientifique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publie vendredi 2 février.
Activité humaine
- L'essentiel de l'accroissement constate de la temperature moyenne de la planete depuis le milieu du 20e siecle est "tres vraisemblablement" du a l'augmentation observee des gaz a effet de serre emis par l'homme (+de 90% de certitude contre 66% en 2001).
- Le rechauffement general observe de l'atmosphere et de l'ocean, ainsi que la diminution de la masse des glaces, etayent la conclusion qu'il est "extremement invraisemblable" que le changement climatique mondial des 50 dernieres annees puisse etre explique par les seules causes naturelles.
- Les emissions "passees et futures de CO2 continueront a contribuer au rechauffement et a l'elevation du niveau de la mer pendant plus d'un millenaire", du fait de la duree de vie des gaz a effet de serre dans l'atmosphere.
Temperatures
- Onze des 12 dernieres annees figurent au palmares des 12 annees les plus chaudes depuis que l'on dispose d'enregistrements (1850).
- Le rechauffement s'est accelere ces dernieres annees: 0,74 degres supplementaires sur les 100 dernieres annees (1906-2005), contre 0,6 degres retenus pour la periode 1901-2000 dans le precedent rapport publie en 2001.
- A la fin du siecle, les temperatures devraient augmenter de +1,8 a 4° par rapport a 1980-1999. Ces "meilleures estimations" sont des valeurs moyennes, au sein d'une fourchette plus large de 1,1 a 6,4 degres (1,4 a 5,8 degres dans le precedent rapport de 2001).
- le rechauffement tend a reduire la capacite d'absorption du dioxyde de carbone (CO2) par les terres et les oceans, accroissant d'autant la part des emissions humaines qui restent stationnees dans l'atmosphere.
Oceans
- Les observations depuis 1961 montrent que la temperature moyenne de l'ocean mondial a augmente jusqu'a une profondeur de 3.000 m et que l'ocean a absorbe plus de 80% de la chaleur ajoutee au systeme climatique.
- Le rechauffement de l'eau de mer provoque sa dilatation. Le niveau des oceans pourrait, selon les scenarios, s'elever de 0,18 m a 0,59 m a la fin du siecle (par rapport a 1980-1999).
- un rechauffement moyen de 1,9 a 4,6°C par rapport aux valeurs de l'ere pre-industrielle entrainerait la disparition complete de la glace au Groenland, avec pour consequence une elevation du niveau de la mer d'environ 7 metres.
Impacts
- Le rechauffement le plus important est attendu sur les terres emergees et aux latitudes elevees, et le moins important devrait apparaitre dans le sud de l'ocean indien et dans certaines parties de l'Atlantique nord.
- Les simulations produisent une diminution de la glace de mer dans l'Arctique comme dans l'Antarctique pour tous les scenarios climatiques. Pour certaines simulations, la glace disparait presque entierement en Arctique a la fin de l'ete dans la seconde partie du 21e siecle.
Phenomenes extremes
- Il est "tres probable" que les chaleurs extremes, les vagues de chaleur, et les evenements de fortes precipitations continueront a devenir plus frequents.
- "Il est "vraisemblable" que les cyclones tropicaux futurs (ainsi que les typhons et ouragans) deviennent plus intenses, avec des vents maximum plus forts et des precipitations plus fortes.
- Des augmentations des quantites de precipitations sont "tres vraisemblables" aux latitudes elevees alors que des diminutions sont vraisemblables dans la plupart des regions emergees subtropicales (jusqu'a environ 20% en 2100 pour le scenario A1B, le plus proche des projections faites par l'Agence internationale de l'energie).
- Il est "tres vraisemblable" que la circulation thermohaline de l'Atlantique nord (qui inclut le Gulf Stream) ralentira au cours du 21e siecle (- 25% en moyenne selon plusieurs modeles). La temperature continuera toutefois d'augmenter dans la region Atlantique, a cause de l'impact beaucoup plus important de l'effet de serre. Probable ou vraisemblable : plus de 66% de chances de se realiser tres probable ou tres vraisemblable : plus de 90% de chances de se realiser extremement invraisemblable : moins de 5% de chances
Climat. Les six scenarios du Giec, Le Nouvel Observateur, 02/02/07
Les experts du Giec se basent sur six scenarios plus ou moins polluants pour decrire le climat du futur, ce qui leur permet d'aboutir a leurs "meilleures estimations": un rechauffement global de 1,8 a 4 degres en 2100.
Voici le detail de ces scenarios, suivi de la fourchette d'augmentation de temperature prevue pour chacun d'entre eux a l'horizon 2100 par rapport a la periode 1980-1999.
Certains scenarios sont plus "vertueux" et recourent a des energies moins polluantes que le petrole, gaz et charbon, mais aucun ne prend en compte une action specifique de la communaute internationale pour combattre le rechauffement.
La fourchette de 1,8 a 4 degres s'inscrit enfin dans une fourchette plus large de 1,1 a 6,4 degres, qui tient compte des incertitudes sur la reaction de la machine climatique au rechauffement deja anticipe.
- Scenario B1: + 1,8 degres (1,1-2,9): le moins polluant, il decrit un monde "convergent" (sous l'effet de la mondialisation), ou la population culmine au milieu du siecle et decline ensuite, ou l'accent est mis sur des solutions mondiales orientees vers une viabilite economique et environnementale, y compris une meilleure equite, mais sans initiatives supplementaires pour gerer le climat.
- Scenario A1T : + 2,4 (1,4-3,
- Scenario B2 : + 2,4 (1,4-3,
- Scenario A1B : + 2,8 (1,7-4,4): la croissance tres rapide s'appuie sur des sources d'energie equilibrees entre fossiles et autres (nucleaire, renouvelables). De nouvelles technologies plus efficaces sont introduites rapidement. C'est le scenario qui "colle" le plus aux previsions actuelles de l'Agence internationale de l'energie (AIE) pour 2050.
- Scenario A2 : + 3,4 (2-5,4): il decrit un monde tres heterogene (autosuffisance, preservation des identites locales). La population continue de croitre, car les taux de fecondite se rapprochent plus lentement, le developpement economique a une orientation principalement regionale.
- Scenario A1F1 : + 4 (2,4-6,4): le plus polluant, il decrit un monde a croissance tres rapide qui recourt fortement aux energies fossiles (charbon, gaz, petrole).














