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Et si on se tutoyait


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37 réponses dans ce topic

#1 napo

napo

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Posté 22 février 2007 à 11:42

Bonjour,
Etes-vous déjà allés au Québec et avez-vous remarqué que tout le monde se tutoye ?
Au début, étant de culture européenne, je trouvais cela très inconvenant et grossier, du genre "on n'a tout de même pas élevé les cochons ensemble, pour qui se prend-t-il celui là ?" :piout: , surtout quand ils s'agit d'un enfant (ah, l'orgueil des adultes !).
C'est un phénomène très déroutant, on peut tutoyer le banquier, le notaire, le patron, les profs et même les flics :D  et cela donne finalement un sentiment de convivialité et l'impression que tout le monde est vraiment à égalité.
Cette absence d'hiérarchie apparente (parce que je ne sais pas si elle est réelle) rend la vie plus légère et les contacts plus simples.
De retour en Europe, j'ai eu un mal fou à me ré-habituer à tous nos comportements de politesse rigide.
Pourriez-vous concevoir la suppression du vouvoyement en Europe et particulièrement en France, pour en finir peut-être avec ce concept de supériorité des uns sur les autres, probablement issu de la noblesse ?
La vérité est un pays sans chemin (krishnamurti)

#2 black31

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Posté 22 février 2007 à 12:10

le vouvoiement est une résultante de l'idéologie dominante, elle reproduit la hiérarchie sociale et les inégalités dans la langue.
En tout cas je peux citer que tutoyer tout le monde est une façon de mettre l'individu en face de toi à égalité. Dans les groupes d'extrême gauche par exemple le tutoiement est systématique, si un militant de base jeune se met à vouvoyer un militant agé il passera pour un extraterrestre  :biglol:

Pour ce qui est du quebec, je pense surtout que ce n'est pas une "volonté" de tutoyer mais une perte du vous en correspondance avec l'inexistence de ce vous en anglais. Le quebequois est quand même obligatoirement influencer par l'anglais, bien plus que nous, car eux n'ont que la langue anglaise autour d'eux.

#3 mosfet30weff

mosfet30weff

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Posté 22 février 2007 à 12:11

napo, le Jeudi 22 Février 2007 11h42, dit :

Bonjour,
Etes-vous déjà allés au Québec et avez-vous remarqué que tout le monde se tutoye ?
Au début, étant de culture européenne, je trouvais cela très inconvenant et grossier, du genre "on n'a tout de même pas élevé les cochons ensemble, pour qui se prend-t-il celui là ?" :piout: , surtout quand ils s'agit d'un enfant (ah, l'orgueil des adultes !).
C'est un phénomène très déroutant, on peut tutoyer le banquier, le notaire, le patron, les profs et même les flics :D  et cela donne finalement un sentiment de convivialité et l'impression que tout le monde est vraiment à égalité.
Cette absence d'hiérarchie apparente (parce que je ne sais pas si elle est réelle) rend la vie plus légère et les contacts plus simples.
De retour en Europe, j'ai eu un mal fou à me ré-habituer à tous nos comportements de politesse rigide.
Pourriez-vous concevoir la suppression du vouvoyement en Europe et particulièrement en France, pour en finir peut-être avec ce concept de supériorité des uns sur les autres, probablement issu de la noblesse ?
le vouvoiement c'est encore une tactique de la france pour séparer la classe noble de la classe moyenne, restée toujours en vogue, malgrés le modernisme, internet, et tout le reste et ca fait un bout de temps que l'on ait plus que sais-je ( ca fait bourge ) à l'ére d'avant 1789, mais en france si vous vouvoiyez une personne que vous ne connaissez pas, vous vous faites passer pour une grosse brute un sauvageon, alors qu'au québec et la gaspésie, le fait de vouvoiyer paraitrait un truc de là-bas encore de " maudits....." aîe les modos, mais que voulez-vous, c'est comme çà, le québecois est issu de trappeurs, de commerçants, de pêcheurs, avaient aussi marre de cette courtoisie à outrance, et voulaient peut-être d'une vie nouvelle, avec tout le reste..enfin je ne sais pas...

#4 Typhoon

Typhoon

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Posté 22 février 2007 à 12:24

Salut,

C'est sûr quand quand tu es retournée en Europe tu as dû commettre des erreurs :ptdrasrpt2:  :gueulecassee: Enfin bon ça a quand même évolué, on ne vouvoie plus avec sa famille! :bravo:  :na: Mais c'est vrai qu'il y a un grand écart quand l'un tutoie et l'autre vouvoie (comme la relation prof/élève ou patron/salarié dans certains cas). Enfin bon, c'est vrai qu'il y a l'habitude, même des adultes qui me disent "on peut se tutoyer", j'ai du mal à m'habituer alors que pourtant, je préfère.

A plus,

#5 napo

napo

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Posté 22 février 2007 à 12:48

oui, la relation profs/élèves aussi, c'était marrant.
Le directeur de l'école primaire était toujours en tennis et en jeans et les élèves pour le saluer disaient "salut Jean François, ça va bien ". La première fois que j'ai entendu ça, ça m'a vraiment surpris :D
Alors, quand j'allais voir le directeur, je faisais pareil, ça détendait directement l'atmosphère, surtout qu'au début, on me demandait toujours d'un air inquiet : "vous êtes française ?". Je ne sais pas trop comment je devais comprendre la question :tss:
Après, il y a eu une nouvelle directrice à l'école qui voulait instaurer le vouvoiement. Et bien, ça avait provoqué une révolution dans le village, les gens ne parlaient que de ça.
Pourtant, le tutoyement n'empêche pas le respect des élèves envers les profs :cogite:
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#6 Prosodie

Prosodie

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Posté 22 février 2007 à 13:36

:D A vous tous..... Certes vous avez une espèce d'à priori pour le "Vous" (ssoyement ou voiement, ça c'est l'évolution de la langue, dont les académiciens s'occupent encore)... sourire .

Je voussoye donc, mais  ne perçois pas cela comme une différence de classes < je ne suis ni Aristo> rien contre eux d'ailleurs non plus mais davantage comme un respect du corps, de la pensée, de l'âge, de la philosophie de l'autre (qui est pluriel, convenez-en) .

J'ai "rencontré" durant cette vie déjà avancée des enfants, - certains assez violemment difficiles - diraient le sociologue, cependant je remarquais qu'avec eux tous (qui me tutoyaient au début avec arrogance... pensant na na nahhhhhhh !! je leur expliquais que pour ma simple part,
les respectant dans leur entité globale, je garderai cette expression, mais qu'eux pouvaient faire comme ils le sentaient...

Avec le temps, non seulement il m'ont comprise... et appréciée, car j'étais <d'après cette seule explication> la personne à laquelle ils pouvaient se confier et apprendre d'autres usages  pas + mauvais, peut-être meilleurs....

Je suis restée leur véritable amie, le temps que je vécu dans leur environnement géographique.

Le Respect - je crois - passe par une forme d'exemple et de douceur, liée elle, à cette application d'être "généreux" à comprendre.

Je crois qu'ici, ça ne va pas du tout être perçu, car à lire ce qui est écrit, dans tous les domaines, et aux questions posées à l'administration.... je me rends compte que je suis, enfin serais, par nature trop conciliante ceci tuant sans doute  l'effet  catharsique affichant la lutte constante, plutôt que de l'atténuer.. du site...

Comment participer, sans trouver le juste "balancier" de l'existence ? Je tente toujours cela...cet équilibre instable du funambule, certes, mais du symbole même de la Justice.

Ceci m'amène à penser mes visites ici, différemment ou ailleurs.. Comment (sans ne rien affirmer, mais plutôt suggérer) peut-on aider ses congénères.... Faut-il aider.... Faut-il aimer  sans être dans le dictat ? :humhum:   :humhum:  :humhum:
Toute âme est une mélodie qu'il convient de révéler . St. Mallarmé

#7 sextant67

sextant67

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Posté 22 février 2007 à 15:15

black31, le Jeudi 22 Février 2007 12h10, dit :

le vouvoiement est une résultante de l'idéologie dominante, elle reproduit la hiérarchie sociale et les inégalités dans la langue.
En tout cas je peux citer que tutoyer tout le monde est une façon de mettre l'individu en face de toi à égalité. Dans les groupes d'extrême gauche par exemple le tutoiement est systématique, si un militant de base jeune se met à vouvoyer un militant agé il passera pour un extraterrestre  :biglol:

Pour ce qui est du quebec, je pense surtout que ce n'est pas une "volonté" de tutoyer mais une perte du vous en correspondance avec l'inexistence de ce vous en anglais. Le quebequois est quand même obligatoirement influencer par l'anglais, bien plus que nous, car eux n'ont que la langue anglaise autour d'eux.
Bonjour
J'ai pu remarquer qu'en France, le tutoiement est réservé uniquement aux gens que on connait très bien, alors que en Italie ou en Grèce le tutoiement est moins tranché... Disons que par exemple un jeune adolescent a là bas se fera tutoyer, alors qu'en France il se fera vouvoyer.
En France le tutoiement, mis à part avec les gens qu'on connait très bien, est considéré comme une marque d'infantilisation alors qu'en Italie ou en Grèce, il est plutot une marque de bienveillance, d'une certaine familiarité qui n'exclut pas le respect.
Psychologiquement, je ne ressens pas le tutoiement comme une marque d'infantilisation, peut-etre parce que je suis habituée, de par mes voyages dans ces pays-là, à etre tutoyée.
Le vouvoiement, je le vie plutot comme une marque de distance, parfois de déférence mais parfois non. En effet, j'ai des amies  qui ont l'age de mes parents, et je les tutoie. La différence d'age n'a rien à faire là dedans. On s'est tutoyées parce que les relations se sont mis en place ainsi. Parce que le tutoiement nous mettaient à l'aise....
Ce qui m'amène à la question : qu'est-ce qui vous incite à tutyer ou pas quelqu'un ?
Le bonheur n'est réel que lorsqu'il est partagé

#8 Prosodie

Prosodie

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Posté 22 février 2007 à 15:26

:roll:  Je ne tutoie personne, sauf mon fils : la quarantaine....

Je ne ressens jamais de heurt lorsqu'on me tutoie... du tout.....

La Tolérance passe par laisser l'autre s'exprimer avec son vécu, son éducation, son milieu et surtout son RESSENTI. Ne jamais violer le rythme d'autrui, c'est sa respiration ! Rien de +.

Cependant, il demeure vrai que pour l'éducation à l'école, cela aiderait sans doute à ce que chacun retrouve sa véritable place.....

:humhum:  :humhum:  :humhum:
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#9 mosfet30weff

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Posté 22 février 2007 à 19:05

le tutoiement au québec est de rigueur dans la rue, mais pas forcémment sur un plateau de télé, ca existe aussi le "vous", il ya du savoir-vivre aussi et en général un québécois aura un complexe face à un français de france du fait de sa grande culture générale, et fera un effort pour éffacer un peu l'accent, les expressions et peut-être même le tutoiement, mais ca dépend des gens, et encore de l'éducation, il faut pas tout généraliser, c'est vrai ici en france lorsque l'on me tutoie sans que l'on me connaisse, me laisse perplexe parce-que c'est pas le genre du pays, mais en fait je trouves que c'est beaucoup plus sympa, les gens aime les distances, ce qu'il faut savoir et c'est commun aussi aux états-unis on peut sympathiser trés vite, laisser un adresse, un numéro de téléphone dans le "quart d'heure"mais il peut y avoir non suite bien souvent, c'est une marque de politesse....enfin je penses qu'il a moins de chichis en amérique du nord ou certains pays d'amérique du sud, africain etc, qu'en france

#10 Prosodie

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Posté 22 février 2007 à 19:16

:D Je suis allée au Québec et pour ma part j'adore tous les accents. J'avais écrit un petit truc la-dessus...car avoir le son de son "clocher" en soi, je trouve plutôt cela distinctif certes, mais bienveillant, joli... plutôt que de prendre pour une armée de sots, le Langage pointuuuuuu

Tout est bon, lorsque l'intérieur de l'homme <générique l'est>, cela dit je suis fortement emprise par mon "quant-à-moi". Sourires à tous.

:humhum:  :humhum:  :humhum:
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#11 Breizhfox

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Posté 22 février 2007 à 19:28

C'est marrant que tu abordes ce sujet aujourd'hui, car hier j'avais un échange de MP avec Prosodie sur ce sujet.

Citation

cela donne finalement un sentiment de convivialité et l'impression que tout le monde est vraiment à égalité.
Cette absence d'hiérarchie apparente (parce que je ne sais pas si elle est réelle) rend la vie plus légère et les contacts plus simples.
+1

La réforme du tutoiement était considérée comme un progrès démocratique et égalitaire en suède dans les années 60.. En France, Le décret sur le tutoiement obligatoire dans les administrations est publié le 8 novembre 1793 par la Convention. La pratique disparaît sous la Convention thermidorienne [edit wikipédique :la Convention thermidorienne a mis fin au gouvernement révolutionnaire et marqué le retour au pouvoir d'une république bourgeoise libérale et modérée.]

Chacun fait comme il veut, pour ma part, je vais tutoyer tout le monde sur ce forum. Ne prenez pas ça comme un manque de respect, mais comme une avancée sociale.

:bravooo:  :bravooo:

#12 napo

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Posté 22 février 2007 à 20:23

Oui, c'est ça, une avancée sociale ! Une petite élévation de conscience, plus d'hiérarchie, nous sommes tous "seulement" des humains. :D
Autant les québécois me semblaient rustres au début, s'ils me lisent ici, qu'ils ne s'en vexent pas :piout: autant je les trouve tellement plus, comment dire en fait ? Vraiment respectueux de l'autre.
Je me rappelle bien lors d'un concert à Québec, un super moment, il faisait chaud et cette foule calme qui ne bouscule personne ou alors qui dit pardon, qui sourit, un peu comme détachée...dans l'intention de ne pas nuire, vraiment, c'est très cool comme expérience. :bravooo:
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#13 NumberX

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Posté 22 février 2007 à 20:30

On peut aussi considérer le tutoiement comme une chute vers la grossièreté à l'image de la mentalité moderne qui l'a engendré. Qui dit moderne dit épais, brutal, vulgaire, etc. à l'image du monde et des relations qui nous entourent. American Big Brother nous montre le chemin.  Le tutoiement comme facteur de progrès social, je demande : où çà ? Les québécois ont bien raison de défendre le français contre les ravages de cette langue de primates qu'est l'anglais. Comparé à ce dernier, le français est une langue bien plus riche en complexité, nuances et subtilités.   Le langage est autant en chute libre que les consciences. Quand on voit des bananes qui se font une fierté de causer franglais, on devrait les envoyer passer des stages dans les banlieues pour causer plus branché encore et finir par ne plus s'exprimer que par l'infâme. Le langage est le reflet de l'âme. La différence entre le tu et le vous est preuve de respect avant d'être marque de mépris. You speak english ? Non, je vous emmerde, Sire, je cause français !

#14 napo

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Posté 22 février 2007 à 21:47

Number X :puni:  :puni:
Une chute vers la grossiereté, non, je n'ai pas ressenti cela, là-bas.

L'anglais, une langue de primate !!!!!!!!!! :peur: non, mais ça va pas !!! une langue mélodieuse, raffinée, plein de sens divers et de subtilités !!!
Allez, je ne t'en veux pas, t'es un mec sympa  :piout:

Les québécois sont rigolos dans leur défense du français :
It would be long = ce sera pas long
a couple of days = une coup' de jours
you're welcome = bienvenue
toute les kit = tout le basard, tout l'équipement
toute la gang = toute la famille, toute la bande
pantoute = pas du tout
enfin, voilà pour l'exemple :ptdrasrpt2 drôle à mourrir, à partir du moment où tu commences à comprendre :D
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#15 mosfet30weff

mosfet30weff

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Posté 22 février 2007 à 22:12

couple of days, ce qui se dit aussi dans les environs parce-que il n'y a pas que les québecois qui parlent français dans le canada ( nouveau-brunswick, nouvelle-écosse,) un couple de jours....

#16 Le Miroir

Le Miroir

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Posté 22 février 2007 à 22:23

http://jeanraspail.f...fr/divers15.htm

#17 napo

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Posté 22 février 2007 à 22:28

Citation

le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.
Piqué dans ton lien, trop marrant !! :ptdrasrpt2:
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#18 Charlysa

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Posté 22 mars 2007 à 00:49

Chère Napo, si tu veux d'autres exemples de notre langage à nous les québécois...te gêne pas :piout:

Bisou

#19 Malou

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Posté 19 avril 2011 à 05:39

Je trouve ce topic fort interessant et pas si anodin que cela !
Pour ma part, je trouve qu'utiliser le vouvoiement est un plus, une subtilité.
Il ne sert pas simplement à hiérarchiser ou reconnaitre verbalement un respect envers celui ou celle à qui il est destiné, il peut aussi être utilisé par et pour celui qui le dit.
Exemple :
vous n'appréciez pas une personne et vous voulez garder une distance.
En vouvoyant volontairement cette personne, vous créez une barrière.

En réalité, la langue Française est bien plus riche que la langue Anglaise.
Pourquoi se priver de certaines subtilités ?
Et pourquoi le vouvoiement au quotidien envers nos ainés ou une hiérarchie serait un mal ?

Je tutoie assez facilement dans la vie quotidienne et j'accepte facilement que l'on me tutoie aussi.
Mais dire "vous" à une personne agée, à mon banquier, à mon chef, à un ou une inconnu(e) dans la rue ne me pose aucun problème car je ne prend pas ça pour une contrainte ou une faiblesse.

On ne peut avoir honte ou être géné par une marque de respect.

#20 G .

G .

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Posté 19 avril 2011 à 07:11

Merci Le Miroir, pour ce texte de Jean Raspail.


Voir le messageLe Miroir, le 22 février 2007 à 22:23, dit :


Jean Raspail

DE LA TENUE

Un grand merci à Christophe Vannier, qui nous a communiqué ce texte



S'il existe en français, pour s’adresser à autrui, deux pronoms personnels de la deuxième personne, l’un au singulier, TU, l’autre où pluriel, VOUS, appelé pluriel de politesse, c’est que notre langue se plaît à certaines nuances qui sont les bases de la civilité. Il ne s’agit pas là de code, de formalisme de classe, de snobisme, de règles mondaines, mais simplement d’usages naturels, qui se perdent et qui faisaient, entre autres, le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.

Ce plaisir-là s’émousse. On me dira que d’autres motifs plus graves et plus irritants y concourent, d’autres lésions de civilisation, et que c’est considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, mais dans ce seul domaine de la civilité, de petites causes peuvent entraîner de grands effets dévastateurs.

La Révolution française, jusqu’à l’avènement du Directoire, savait ce qu’elle faisait en imposant le tutoiement général et en interdisant l’emploi des vocables Monsieur et Madame qui marquaient au moins une déférence réciproque : elle égalisait au plus bas niveau, celui du plus grand dénominateur commun de la familiarité.

Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son coeur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer.

D’une façon significative, et qui ne doit rien au hasard, cela commence dès l’école, où plus un instituteur ne prend la peine de vouvoyer (ou voussoyer) un enfant. Au premier jour de classe, l’ex-maître devenu enseignant par banalisation de la fonction et refus de cette sorte de sacerdoce qu’elle représentait autrefois, ne demande plus à l’enfant dont il fait connaissance: « Comment vous appelez-vous ? », ce qui serait au moins du bon français, mais : « C’est quoi, ton nom ? »

Sans que l’enfant en ait conscience, le voilà déjà rabaissé, marqué comme un élément de troupeau. On lui eût dit « vous » d’emblée, ainsi qu’à ses camarades, qu’ils en auraient retiré, tous ensemble, l’impression d’être considérés et appelés à de grands destins, ce qui est faux, naturellement, pour la plus grande partie d’entre eux, mais représente quand même un meilleur départ dans la vie que d’être ravalés dès l’enfance au matricule du tutoiement.

Le jeune élève va être vite conditionné. Dès qu’il saura lire et écrire, ses premiers livres « d’éveil » lui poseront leurs premières questions sous la forme autoritaire du tutoiement : « Dessine ici un arbre, une vache.... » ou encore : « Ecris les noms des fleurs que tu connais… » Ce n’est pas bien méchant, mais c’est ainsi que le pli se prend.

Au catéchisme, devenu catéchèse, l’accueil en TU n’es pas différent, mais ses effets en sont plus marquants, car il s’agit de choses plus graves : c’est l’âme qui se fait tutoyer d’entrée. L’ouvrage  « Pierres vivantes » qui fit couler tant d’encre à cause de certaines énormités qu’il contient, distille son enseignement par le biais d’une complicité, et non d’un magistère, que le tutoiement impose à l’enfant.

Tout cela semble si bien admis, que c’est un aspect des choses que personne, à ma connaissance n’a jusqu’à présent souligné. On pose pour principe que l’enfant s’y trouve plus à l’aise. C’est sans doute vrai eu premier degré. Cette pente-là est facile et semble toute naturelle C’est justement pourquoi l’on devrait s’en méfier...

Car dans cet immense combat de société qui divise le pays depuis déjà longtemps, et qui est loin d’être terminé, quelles que soient ses péripéties politiques, nos enfants sont un enjeu formidable : ils représentent l’avenir. Tout se tient et c'est au nom de l'égalitarisme et de l'uniformité larvée qu'on prive ainsi l'enfant de la déférence élémentaire et du respect qu'on lui doit.

Le tutoiement qui sort de la bouche d'un instituteur, fût-il de l'enseignement privé, et de la plupart de ceux qui font profession de s'occuper des enfants, est d'abord un acte politique, même s'il est inconscient. Cela fait partie du dressage, et cela donne des résultats. Déjà, une bonne partie de la France adulte, et toute la France juvénile, se tutoient, dans un grand dégoulinement de familiarité, qu'on appelle aujourd'hui la CONVIVIALITÉ, mot de cuistre, alibi de cuistre, camouflage de cuistre. De la convivialité à la vulgarité, le pas est vite franchi.

Dans de nombreux milieux du travail, le tutoiement devient un passeport obligatoire, dont on ne saurait se passer sous peine de déviationnisme bourgeois, alors que, chez les compagnons d'autrefois, c'était le vouvoiement qui marquait l'esprit de caste. De CASTE, pas de classe.

Au sein du parti communiste, comme du parti socialiste, dans la "République des camarades", le tutoiement est de rigueur. Seul François Mitterrand y faisait exception lorsqu'il était premier secrétaire de son parti. Il détestait qu'on le tutoie, et allait jusqu'à l'interdire, ce qui montre assez bien, à mon sens, que son socialisme était seulement d'ambition et non de conviction...

Mais, pour le commun des Français, aujourd'hui, il importe de ne pas être FIER, car ce mot-là, justement, par ce qu'il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l'un des nouveaux parias de notre vocabulaire.

Cela peut paraître sympathique, amical, empreint de simplicité. En réalité, ce n'est qu'un piège. Quand les convenances du langage tombent, l'individu perd ses défenses naturelles, rabaissé au plus bas niveau de la civilité. N'a pas d'autre but non plus la destruction de la langue française préparée dans les laboratoires subversifs de l'Education nationale, et dont on mesure déjà les effets...

Pour ma part, j'ai été dressé autrement. Je me souviens de la voix du maître qui tombait de l'estrade : «Raspail! Vous me copierez cent fois...» ou : «Raspail! Sortez!»

J'avais neuf ans. C'était juste avant la guerre, dans une école laïque de village. Plus tard, au lycée (et ce n’est pas pour rien qu’on a cassé certaines façons, là aussi), les professeurs nous donnaient naturellement du MONSIEUR sans la moindre dérision : « Monsieur Raspail, au tableau ! » On se vouvoyait entre condisciples, réservant le tutoiement à un nombre restreint de camarades choisis.

Choisir, tout est là ! Ne rien se laisser imposer sur plan des usages, ni le tutoiement d’un égal, ni à plus forte raison celui d’un supérieur.

Il y avait une exception, de ce temps-là : le scoutisme. Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l’intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne.

En revanche, on vouvoyait Dieu. Cela nous semblait l’évidence même. La prière scoute chantée commençait ainsi: « Seigneur Jésus, apprenez-moi à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez... » C’est la plus belle prière que je connaisse. Il m’arrive encore de m’en servir. Voit-on comme la musique des mots eût été différente à la seconde personne du singulier, et comme elle parlerait autrement à l’âme: « ... A Te servir comme Tu le mérites. » ? C’est sec, cela n’a pas de grandeur, cela ne marque aucune distance, on dirait une formalité. Et cependant, aujourd’hui, c’est ainsi que l’on s’adresse à la Divinité, on lui applique le tutoiement le plus commun en français. Et le reste a capoté en série: la liturgie, le vocabulaire religieux, la musique sacrée, le comportement de la hiérarchie, la laïcisation du clergé, la banalisation du mystère, si l’on s’en tient aux seules lésions apparentes. Dieu est devenu membre du parti socialiste. L’usage est de le tutoyer.

Au chapitre des habitudes, ou plutôt des attitudes, j’ai conservé celle de vouvoyer aussi les enfants qui ne me sont pas familiers, et d’appeler Monsieur ou Mademoiselle les jeunes gens que je rencontre pour la première fois. La surprise passé, ils me considèrent avec beaucoup plus de sympathie, et j’ai même l’impression qu’ils m’en sont reconnaissants. Nous tenons des conversations de bien meilleure venue, et les voilà qui se mettent à surveiller leur langage, c’est-à-dire à s’exprimer correctement en français, comme si d’avoir été traités avec déférence leur donnait des obligations nouvelles et salutaires. Les négations et les liaisons réapparaissent miraculeusement dans la phrase (je n’ai pas, au lieu de j’ai pas, c’est-t-un an lieu de c’est-h-un, etc.), la prononciation se redresse (je suis pour chuis, je ne sais pas pour chais pas, etc.), le goût de l’élégance verbale ressuscite. Faites vous-même l’essai, vous verrez. La dignité du langage et la dignité de la personne se confondent le plus souvent. Voilà pourquoi l’on parle si mal en ce moment…

Oserai-je avouer ici que mes enfants me vouvoient, et vouvoient également leur mère ? Cela depuis leur plus jeune âge, et sans aucun traumatisme. Sans vouloir convertir personne à ce qui peut paraître une ostentation, là aussi il faut constater que le langage courant au sein de la famille s’en trouve naturellement affiné. Et même dans les affrontements, qui ne manquent pas, un jour ou l’autre, vers la fin de l’adolescence, d’opposer les enfants à leurs parents, le vouvoiement tempère l’insolence et préserve de bien des blessures. Il en va de même entre époux, encore que ce vouvoiement-là soi devenu aujourd’hui une sorte de curiosité ethnographique, et Dieu sait pourtant les services de toutes sortes qu’il rend. Je le pratique depuis trente-cinq ans que je suis marié. C’est un jeu divertissant, dont on ne se lasse jamais. Même dans le langage le plus routinier, l’oreille est toujours agréablement surprise. Les scènes dites de ménage, fussent-elles conduites avec vigueur, s’en trouvent haussées à du joli théâtre. On a envie de s’applaudir et de souper ensemble au champagne après le spectacle. Toutes les femmes qui ont compté dans ma vie, je les ai toujours voussoyées, et réciproquement, pour l’honneur de l’amour en quelque sorte. Puis-je espérer, sans trop, y croire, que, tombant sur cette chronique, un jeune couple s’en trouvera convaincu, au moins curieux de tenter l’expérience ? En public, ils étonneront les autres, ce qui est déjà une satisfaction en ces temps d’uniformité où se nivellent médiocrement les convenances sociales. En privé, ils s’amuseront beaucoup aux mille et une subtilités, du vous, et je prends le pari qu’ils ne rebrousseront pas chemin de sitôt.

Dans un tout autre domaine, j’assistais récemment aux obsèques d’un ami cher, Christian, de son prénom, mais il avait aussi un nom, fort joli nom d’ailleurs. Eh bien, le prêtre, qui l’avait jamais vu vivant, qui ne l’avait même jamais vu du tout, le trairait à tu et à toi, selon les piètres dispositions du nouvel office des morts : « Christian, toi qui.. Christian, toi que... Christian, Dieu te... et ta famille... » Exactement comme pour les enfants sans défense ! En vertu de quoi, au nom de quoi, la familiarité doit-elle répandre ses flots visqueux jusque sur les cercueils ? Bossuet tutoyait-il les princes en prononçant leurs oraisons funèbres ? Or chaque défunt est un roi, enfin couronné, et sacré à jamais. Quant au nom patronymique de Christian, celui sans lequel le prénom de baptême n’est rien, il ne fut pas une seule fois prononcé ! Et pourquoi pas la fosse commune obligatoire, dans la même foulée...

Car me frappe tout autant, l’emploi généralisé du prénom seul, en lieu et place du patronyme précédé on non du prénom, et cela dans toutes les circonstances de la vie où il n’est pas nécessaire de présenter une carte d’identité : « C’est quoi, ton nom? Serge. Moi, c’est Jocelyne... » Serge qui ? Jocelyne qui ? Les intéressés eux-mêmes semblent ne plus, s’en soucier. Il y a des dizaines de milliers de Serge, des dizaines de milliers de Jocelyne, alors qu’il n’existe qu’un seul Serge X., qu’une seule Jocelyne Z. Mais on se complaît dans l’anonymat. On y nage à l’aise, on s’y coule avec délices, on n’y fait pas de vague, semblable aux milliers de milliers, on n’éprouve pas le besoin de faire claquer son nom comme un drapeau et de brandir ce drapeau au dessus de la mêlée.

Qu’on se rassure, toutefois. Il nous restera au moins à chacun, le numéro matricule de la Sécurité sociale. Celui-là, on y tient.

J’en connais même qui se battront pour ça...

Jean Raspail

#21 Malou

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Posté 19 avril 2011 à 07:55

Beau témoignage que celui-là !
Je rejoins le principe et l'utilité du "vous" dans ce discours avec toutefois quelques nuances.
Le "tu" n'est pas forcément un handicap à l'élévation spirituelle.
Le respect est aussi affaire de gestuel, de comportement et d'état d'esprit.
Avec une telle panoplie, le "tu" peut avoir valeur du "vous".
Encore faut-il choisir ses mots......

#22 Prosodie

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Posté 19 avril 2011 à 08:48

C'est amusant, d'en revenir à ce vieux topic.
Pour ma simple part je continue de constater que des enfants < fort jeunes> qui viennent chez moi pou certaines études, que je voussoye toujours, se sentent non pas blessés, mais élevés. Ils ressentent une considération quant à leurs dires, fussent-ils mal formulés. Ils me tutoient, je ne leur demande pas de changer leurs habitudes, mais le résultat fait  qu'ils tentent de modifier imperceptiblement assez souvent leurs expressions, elles deviennent plus 'jolies', moins "primaires"..Ils se vivent considérés et non pas l'inverse.
Le tutoiement obligatoire ou systématique engendre une espèce de nivellement où alors il est permis de se lâcher en tout. FAUSSE FRATERNITE, il suffit de voir le poignard que certains tiennent après accolades et tutoiements.
Toute âme est une mélodie qu'il convient de révéler . St. Mallarmé

#23 Malou

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Posté 19 avril 2011 à 09:59

Ce que tu dis est vrais Prosodie !
Le "vous" ne sert pas qu'à marquer le respect, il véhicule aussi une valeur à la personne.
Ensuite, chacun le perçoit individuellement selon son intériorité.
Certains l'exigeront car ils se sentiront plus grands et donc supérieurs.
D'autres l'apprécieront pour ce qu'il est réellement : la reconnaissance de soi.

Même si j'utilise plus volontiers le tutoiement en certaines occasions (comme un forum par exemple), je sais utiliser le vouvoiement quand il le faut.

J'ai en tête l'exemple de ma chef....
Avant qu'elle n'obtienne une promotion, elle utilisait le tutoiement avec beaucoup de personnes. Ensuite, elle s'est mise au vouvoiement mais uniquement pour l'exiger en retour pour elle-même.
Dans cette histoire, on peut démontrer plusieurs choses :
- elle veut appuyer sa position hiérarchique,
- elle n'est pas si fiable que cela puisqu'elle n'a pas su garder une certaine convivialité,
- le tutoiement n'est pas forcément synonyme de fraternité puisqu'il peut n'être qu'une obligation pour faire comme tout le monde.

#24 napo

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Posté 19 avril 2011 à 10:13

Citation

Le "vous" ne sert pas qu'à marquer le respect, il véhicule aussi une valeur à la personne.
Ensuite, chacun le perçoit individuellement selon son intériorité.
Certains l'exigeront car ils se sentiront plus grands et donc supérieurs.
D'autres l'apprécieront pour ce qu'il est réellement : la reconnaissance de soi.


Le "vous" sert à marquer le respect...apparant... :aureole7: Je ne tutoie pas mon banquier mais sincèrement, je n'ai pas plus de respect pour lui que pour mon voisin de pallier (que d'ailleurs je respecte bien que je le tutoie). Mon banquier ne me tutoie pas non plus, cela veut-il dire qu'il m'accorde une certaine valeur ? J'en doute...
La vérité est un pays sans chemin (krishnamurti)

#25 Malou

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Posté 19 avril 2011 à 10:38

Exact Napo !

Le "tu" comme le "vous" est à double tranchant.

Il peut être sincère comme il peut être hypocrite.

#26 Prosodie

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Posté 19 avril 2011 à 11:39

Le fameux "TU" est obligatoire dans bien des FRATERNITES...  et l'on peut y vivre ce qu'il y a de pire ; "Tous frères, tous unis" et sortis on trucide à 'tout va' <VAT> !
** Essayez, tentez, sans vous sentir gêné (es) de voussoyer le plus jeune, le plus petit ; Vous allez voir tout soudain, comment, vis-à-vis de lui, IL prend des centimètres, sorte de gallons de considération. Essayez, je vous assure, tentez de le faire.... Bien souvent, il n'a entendu que réprimandes, voire négation de sa personnalité ou expression... Je vous assurre, parlez-lui doucement, dites-lui Vous, <le tu n'a pas du tout le même effet, car il n'est que le cousinage d'une  masse qui le rejette et se moque, "globalement"  parfois à le pietine : Etranger, gros, maigre, mal vêtu, ensomeillé, distant , into.. Le TU n'est que l'expression TRES SOUVENT des malfaisants, considérant l'autre moins qu'un chien... <Relire le si beau livre du jazzman Charly MINGUS, en ce domaine >:. après ON voit les subtilités de ce qui peut faire lever la pâte, sans artifice.... Je vais peut-être être 'bannie", si INCOMPRISE....
Bien belle journée à vous, à toi, mais à VOUS TOUS..... Je voussoye, car je Vous considère.
Un essai, les baiseurs compulsives -- tentez de dire Vous à ces personnes de passage, à ces humains dont Vous faites cas ou non : Essayez simplement, et alors vous toucherez peut-être ce que le VOUS signifie.
Le TU a tué l'École de la République et tant d'autre choses. :neutre: :neutre: :neutre:
Toute âme est une mélodie qu'il convient de révéler . St. Mallarmé

#27 Scepticus

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Posté 19 avril 2011 à 11:48

Voir le messageblack31, le 22 février 2007 à 12:10, dit :

En tout cas je peux citer que tutoyer tout le monde est une façon de mettre l'individu en face de toi à égalité.

De la même manière que qu'il ne me semblerai pas normal de me voir mit à la même hauteur qu'une personne disons que "je n'apprécie pas" pour rester politiquement correct; je ne me verrai pas non plus me hisser à la hauteur de quelqu'un pour qui j'ai le plus profond respect.
De mon point de vue et pour être plus explicite, un ado qui parle à son prof comme à son pote a autant tord que ce même prof parlant à disons, un académicien.

Le vouvoiement est une forme de hiérarchisation certes, mais une hiérarchisation qui peut parfois s’avérer légitime.
«Le nihilisme n’est pas en soi une mauvaise chose. Expérience du tragique et du vide de la vie humaine, il peut être un fondateur au sens de l’expérience de l’absurde chez Albert Camus. Découvrir qu’il n’y a rien et que le monde est vide et sans sens, que nous sommes responsables de nos buts et de leur atteinte, que le sens ne nous est pas donné, mais que ce qui nous a été donné c’est la capacité à donner du sens à notre vie, est une expérience du tragique. »

Claude Rochet, Le nihilisme aujourd'hui, extrait de Gouverner par le bien commun.

#28 Aura

Aura
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Posté 19 avril 2011 à 13:21

Personnellement, j'utilise le VOUS quand je ne connais pas quelqu'un.
Je n'aime pas qu'on me tutoie quand on ne me connait pas.

Pour moi, le VOUS met une distance et je trouve ça très bien comme ça et je n'ai pas envie que ça change.

La seule exception, c'est les forums et internet.

#29 napo

napo

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Posté 19 avril 2011 à 14:16

Donc il s'agit d'un problème d'Ego... :cpasmafaute:
La vérité est un pays sans chemin (krishnamurti)

#30 Aura

Aura
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Posté 19 avril 2011 à 14:21

Voir le messagenapo, le 19 avril 2011 à 14:16, dit :

Donc il s'agit d'un problème d'Ego... :cpasmafaute:

C'est toi qui dit qu'il y a un problème lol
Si j'estimais que c'était un problème je l'aurais changé, franchement il y a plus prioritaire chez moi comme "problème" d'ego qu'un vouvoiement lié à la langue et la culture d'un pays comme tu le dis sur ton premier post.