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Publié le 28/02/2007
Londres, le mercredi 28 février 2007 – Les relations privilégiées qui se nouent entre un enfant et sa mère s’illustrent souvent prioritairement dans le rapport à la nourriture : les pédiatres et les psychanalystes n’ont eu de cesse d’observer combien l’alimentation est au-delà des premiers mois d’allaitement, la source de toutes les amours, mais aussi de tous les conflits. La famille McCreaddie, qui vit à Wallsend, dans le nord du Royaume Uni, offre un dramatique exemple de cette extrême confusion qui peut parfois naître entre la nourriture et le sentiment maternel. Connor McCreaddie, petit garçon de huit ans, qui vit avec sa mère et sa sœur pesait avant Noël 2006 le terrible poids de 100 kilos. Cette obésité morbide est sans doute le résultat d’une impossible maîtrise par sa mère de l’alimentation de son fils. Elle confie elle-même : « Il me supplie constamment de lui permettre de manger. C’est extrêmement difficile de faire face à cette situation ». Comprenant son impuissance, Nicola McKeown a lancé un nouvel appel à l’aide en novembre dernier, face à un enfant dont elle découvre chaque jour qu’il vole la nourriture et l’avale en cachette. Les premiers efforts réalisés par Connor, désormais suivis par une équipe de professionnels, et soumis à un régime où les fruits et légumes ont remplacé les frites et les hot-dogs, et où l’activité physique quotidienne est essentielle, n’auront pas été vains. Les premières semaines de cette nouvelle hygiène de vie ont en effet permis au petit garçon de perdre dix kilos. Sa vie quotidienne reste cependant une épreuve douloureuse, et lorsque ses problèmes de santé ne le contraignent pas à manquer l’école, Connor est l’objet des plus cruelles moqueries. Témoignant lundi dans un reportage diffusé par la chaîne ITV, l’enfant expliquait ainsi : « Les gens se moquent de nous à cause de mon poids. Ils nous traitent de gros. Cela me rend malade ces cinglés qui me crient toujours dessus ».
Connor ne sera pas retiré à sa famille
Face à cette situation particulièrement inquiétante, les services de protection de l’enfance du North Tyneside ont été récemment alertés. Se réclamant du Children Act qui permet de diligenter une enquête s’il existe des « raisons acceptables de soupçonner qu’un enfant subit des souffrances ou risque d’en subir », les services sociaux ont entamé une procédure pouvant aboutir au placement de Connor dans une autre famille ou dans une structure d’accueil. L’avis rendu hier par les services de protection de l’enfance n’ont pas atteint une telle extrémité : conscients des efforts réalisés par Connor et sa mère, les experts ont estimé qu’il serait inutile, voire dangereux, que l’enfant soit privé de sa famille. Un nouvel avertissement a néanmoins été lancé à la mère du petit garçon afin qu’elle maintienne sa vigilance et que les efforts de Connor se poursuivent.
La nécessité d’aider les familles sur le chemin d’une alimentation saine
Si l’issue de cette affaire semble heureuse, elle ne manquera pas cependant de nous interroger sur le lien entre obésité de l’enfant et maltraitance, que semblait impliquer la procédure des services sociaux de North Tyneside. Interrogé par TF1, le pédiatre Michael Markiewicz a estimé pour sa part qu’une telle situation pouvait être assimilée à de la maltraitance. « Bien qu’elle ne soit pas intentionnelle, le résultat est le même : la souffrance de l’enfant », avait affirmé le spécialiste. Pour l’heure, les mesures destinées à prévenir l’augmentation de l’obésité infantile en Grande-Bretagne (qui est l’un des pays d’Europe le plus menacé par la progression du surpoids chez l’enfant) ne concernent que l’école et ne proposent jamais de s’intéresser au soutien dont devrait bénéficier les familles dans l’apprentissage d’une alimentation plus saine.
A.H.










