Nico111, le 16 novembre 2010 à 15:51, dit :
On pourrait faire des études sur la pop française mais globalement on s'en fout pour ce vaccin, trop chère pour une apparente évidence de protection.
Ben oui. Ca revient à vouloir ré-inventer la roue avec des moyens disproportionnés. Parce que la difficulté est réelle. Il va falloir suivre des concentrations vraiment très très basse de 2 composés: les IgG spécifiques et la toxine.Pour les suivre, il faut les marquer, et on risque fort de se trouver aux limites de détection, peut être même en dessous. Et si tu veux suivre une toxine marquée dans un organisme à un niveau fin, il te faut "juste" innoculer un patient en toxine marquée et faire des ponctions partout et régulièrement pour suivre ce qui se passe avec des coupes de tissus (le patient risque de pas être d'accord). Et si tu veux que le cobaye vive (c'est plus sympa pour l'éthique), il te faudrait d'abord créer une anatoxine marquée, mais qui conserve les mêmes propriétés d'endocytose dans les axones sans ses effets toxiques: tu imagines le chantier ? Pour, répétons le, ré inventer la roue.....
Dans ces conditions, l'utilisation massive des stats me choque vraiment pas, faute de mieux.
Nico111, le 16 novembre 2010 à 15:51, dit :
Dèjà qu'ils sont incapables de définit un vrai taux protecteur !
Je serais tenté de dire que c'est assez logique.
La fourchette quantitative de charge en toxine dans l'organisme peut varier dans des proportions très fortes, donc la concentration d'IgG nécessaire sera forcément différente. Prenons 2 cas diamétralement opposés:
cas 1. Blessure hautement tétanigène et plaie assez importante, donc hospitalisation (pour la plaie en elle même, pas forcément par crainte du tétanos). La plaie sera nettoyée, les tissus nécrosées éliminés. Assez probablement, clostridium n'aura même pas le temps de quitter son état sporulé, et donc il n'aura même pas d'émission de toxine dans l'organisme. Ou alors, l'emission de toxique sera ultra faible.
cas 2. Blessure, tu restes chez toi. Blessure plus ou moins large, plus ou moins de tissus nécrosés toujours en place. Période d'incubation, maladie et tu vas à l'hosto dans un état plus ou moins grave et déjà plus ou moins avancé. Si la plaie était vraiment souillée, il y a des chances que le nombre d'UFC de clostridium non sporulé soit vertigineux: tu vas te retrouver avec un max de toxine en circulation. Et là, tu aurai un besoin potentiel de beaucoup d'UI d'IgG, peut être plus que ce que ton organisme ne possède.
Nico111, le 16 novembre 2010 à 15:51, dit :
PS: j'aimerais aussi trouver un document montrant que les anticorps peuvent neutraliser le passage de la toxine dans les nerfs au niveau de la blessure car vu le peu qu'il faut pour se faire tuer par la toxine, même neutraliser 50, 60 ou pourquoi pas 80% des toxines ne semblerait pas suffire. Bref que d'inconnus restantes pour affirmer l'efficacité du vaccin.
Plusieurs choses.
1) J'espère que tu ne remet pas en cause le fait qu'une association IgG / toxine va neutraliser cette dernière.
2) Ensuite, tu rejoins les arguments (frelaté) du sieur Méric, donc je reprend le gros de ses propos. Pour lui, la vaccination est inefficace car la toxine pénètre rapidement dans le nerf le plus proche - donc distance ultra courte - (sans passer par le sang), et les Ig ne sont que dans le sang, donc sans effet (supposition pure, puisqu'il n'a fournit strictement aucun travail publiable pour étayer celà de manière un peu sérieuse)
Ce que j'en dis, qui me rend pour le moins perplexe:
Le bacille va quitter sa forme sporulée uniquement dans un milieu anaérobie. Dans ces conditions, l'axone qui serait dans la zone est aussi dézingué, donc la toxine ne pourra pas y rentrer puisque ça demande un mécanisme d'adsorption passif. Pour gagner un nerf, il va bien falloir faire un petit bout de chemin dans le milieu interstitiel. Hors, dans ce milieu, il y a des IgG, qui bien entendu ne sont pas cantonnées au sang. déjà, la toxine a des chances de se faire attraper par la patrouille.
Ensuite, la présence d'IgG anti toxine ne signifie pas que seule la réponse humorale entre jeux, faudrait pas oublier la réponse tissulaire non plus.
L'affirmation que la toxine ne circule pas ne tient pas non plus: un des symptômes fréquent du tétanos est un trismus. Alors à moins qu'on se blesse au fondement , je vois pas comment ça va arriver à la face (puisque chacun sait que le nerf optique est très long: quand on se tire un poil du ?ùl, ça fait venir une larme à l'oeil

) De même pour la contraction du dos, même si tu te blesses au pied. Et là, ça fait un quart de poil de millimètre à parcourir, et des anticorps sur le trajet il va y en avoir pas mal.
Pour le reste, vu les faibles concentrations toxiques, ça me semble expliquer qu'un vacciné puisse être malade si il a beaucoup de toxine en circulation. Rappelons quand même que ça arrive, certes, mais ce sont des cas très minoritaires.
Bref. Je veux bien admettre qu'on puisse avoir des doutes sur un procédé, mais il est convenable d'étayer ses propos. Or, le scepticisme ici présent sur le tétanos reprend l'argumentaire de Méric ou de ses prédécesseurs. Ce qui revient (tout à la fois):
- à faire des stats contre les stats,
- à piétiner les bases de l'immunologie,
- à oublier la physiologie,
- à ne faire preuve d'aucun bon sens.
Ca fait un peu beaucoup à mon goût.....