Mon expérience mystique m'est arrivée... cette nuit

J'ai consommé deux graines d'une plante produisant des effets similaires au peyotl, ça s'appelle du hawaiian baby woodrose. J'ai acheté ça sur internet, sur un site que je connais et auquel je fais confiance. Sur d'autres sites, j'avais lu qu'il suffisait de prendre "3 à 4" graines pour avoir un trip. Je voulais juste essayer, et n'en étant pas à mon coup d'essai pour les trucs du genre, je prends une. Puis une autre.
Mon trip se divise en 5 stades.
Au départ, j'étais encore pas mal pinté, j'ai pour habitude de descendre pas mal de bières avec un pote en journée, je devais en être à ma sept-huitième de la journée (oui je sais

) et je ressens donc les effets de l'alcool, légère euphorie et plutôt zen. Puis, le temps passe et je commence à sentir mes mains qui s'engourdissent. Là, je comprends que les graines font effet. Pendant toute cette première étape, je ressens les effets "recherchés" pour ça, c'est à dire l'euphorie, la perception altérée... j'ai envie de dire alternative, du monde. Les graines, pour ça, étaient moins puissantes que ce que peut contenir du cactus, par exemple, c'était léger. Ensuite, un ami arrive et nous décidons de partir rejoindre des amis sur les bords de l'Erdre (un affluent de la Loire, à Nantes).
La deuxième partie commence approximativement lorsque nous rejoignons ces amis. Je suis content de les voir, mais les effets euphorisants diminuent et laissent place à une sensation de mal être physique qui, insidieusement, augmente de plus en plus. Je suis hypersensible au bruit, à la fumée de clope (je suis non fumeur et je déteste ça), ce qui ne fait qu'aggraver mon état. Au bout d'un moment je décide de rentrer. Je préviens mon coloc qui était venu avec moi que je rentre. Je pars sur le chemin et je vomis un peu plus loins. C'est dans ces moments là qu'on se dit "
mais putain, qu'est ce que je fous, merde, à quoi je ressemble, je ne suis pas ça !", et les trucs marrants du genre "
haha si mon père me voyait" (j'ai des rapports très conflictuels avec lui, je me suis démerdé pour trouver un boulot et me barrer de chez moi sans qu'il le sache parce que je n'en pouvais plus de vivre avec lui).
C'est "marrant", avec mon frère, ça nous arrive de temps en temps ça. Mon père nous a bien éduqué, c'est quelqu'un que je respecte énormément, nous sommes polis, socialement aptes, tout ça; mais le problème, c'est qu'il a tenté de maintenir la bride et de nous contrôler, pour qu'on "
file droit", tout ça. Et puis y'a un moment ou il ne peut plus contrôler, du coup c'est parti pour les excès. De mon côté, c'est ma soif de liberté qui m'a, en partie, poussée à trop picoler, essayer des drogues, etc. Et donc pour en revenir à ça, il nous arrive à mon frère et à moi, lorsque nous sommes plus trop net, de nous regarder en rigolant et faire "
haha si papa était là". On trouve ça très drôle. Imaginer notre père réalisant, en dépit de tout ce qu'il croyait, que ses fils ne sont parfois que des lopettes totalement défoncées a quelque chose de comique.
Bref, désolé pour la parenthèse, retournons en à notre histoire. Je suis sur le bord du chemin, l'estomac vide et le cul nul (en fait oui j'avais peur d'avoir à évacuer par en bas donc, logique oblige, je descend mon pantalon avant de passer à l'acte1 scène1). Mon coloc arrive en courant et, ayant peur qu'il ne me voie pas et me cherche, je le hèle. Etant d'un naturel plein d'humour, je me demande si de son point de vue, la scène est comique : je, les fesses à l'air, le nez dans mon vomi. Je n'ai que ce que je mérite de toute façon. J'étais ridicule.
Mon affaire terminée, je me relève et nous repartons en direction de notre colocation. Je me sens vraiment mieux à ce stade, j'ai l'impression que les effets sont finis et que je n'ai besoin que d'une chose, une bonne nuit de sommeil. Grosse erreur de ma part mais jamais j'aurais pu m'attendre à ce qui va suivre
Troisième partie, nous sommes revenus à la colocation, et je décide d'aller me coucher. D'autant plus que j'ai un rendez-vous chez le stomatologue le lendemain matin. J'essaye de dormir, mais mon esprit est encore agité et ça tournicotte dans tous les sens. Je pense à plein de trucs. Et un truc commence à me géner.
En fait, quand j'ai vomi, un grumeau est passé dans mes bronches et, même s'il ne me dérange pas, je le sens et il est à la source d'une sensation désagréable.
Donc le truc qui commence à me géner, c'est ça. Je commence à avoir des pensées pas très cool, du genre "
je risque de plus pouvoir respirer pendant la nuit". Et petit à petit, cette idée se fait de plus en plus opressante. Oui, c'est vraiment ça le mot, oppressante. A côté, y'a Laurent (le coloc qui m'a accompagné) et Simon (un de mes autres colocs) qui regardent un truc sur l'ordinateur de ce dernier.
Je bouge dans mon lit, je m'accroche à des pensées rassurantes. Je suis dans mon lit, mon lit confortable, l'endroit ou mille fois, je me suis endormi, mille fois réveillé. Je suis en lieu connu, avec des gens que je connais, non il n'y a pas de raison d'avoir peur, c'est illogique, regarde j'arrive à respirer, de quoi j'ai peur? Mais non. La peur fini toujours par revenir. Mes colocs ferment la porte qui séparent nos deux chambres et je vois dans le halo de lumière un crépuscule. Ca cogite ferme dans ma caboche, j'associe le crépuscule à la fin de ma vie. A ce moment, tout, dans la situation, me fait penser à une fin de vie. Alors je demande à mes colocataires de laisser la porte ouverte.
Le dialogue intérieur ressemble un peu à ça: une partie de moi ne veut pas mourir et l'affirme en fuyant le moment que ce soit en pensant à différents trucs ou en me faisant me tourner dans mon lit, focaliser mon attention sur des éléments superficiels de façon à y puiser un peu de réconfort. Et une autre partie de moi commence à dire "Tu veux pas mourir? Très bien, lâche toi. Tu ne mourras pas." A ce moment là s'entame un duel entre ce que j'ai appellé
Ego et
Moi. Ego se débattant à qui mieux mieux pour garder le contrôle de la vie de Marc. Et Moi lui disant patiemment "
Arrête ça, tout ce que tu vas faire, c'est le tuer. Si tu lâches, Marc vivra. Si tu contrôles, Marc meurt, et toi avec. Es-tu égoïste au point de l'emmener avec toi?". Et le simple fait de dire ça, ça a lancé un déclic. J'ai vraiment ressenti ça comme un dialogue intérieur, par comme de simples cogitations comme on peut en avoir quand on ressasse un problème. Ego ne voulant pas écouter, je me lève et vais aux toilettes. Je m'asseoit sur le trône et regarde le sol. Au lieu de la mosaïque sur le sol, je vois des serpents. Et Moi qui continue à me parler. Et Ego qui continue à refuser d'écouter. Et un des deux me dit que c'est l'autre qui est en train de sortir de mon corps. Je pense, à tort que le trip est fini car celui qui me dérangeait est parti. Je retourne dans la chambre et m'allonge. Et là la peur de mourir revient, plus insidieuse que jamais, plus opressante et étouffante que jamais. J'en viens même à me dire, en dépit de tout ce que je crois, qu'il faudra probablement appeller le Samu. A ce moment, je hèle mes colocataires et je leur avoue cette chose qui me semblait inconcevable à dire "
J'ai peur de mourir". Et là, je commence à comprendre ce qu'il faut que je fasse.
C'est la dernière partie de mon trip. J'ai commencé à réaliser que je devais simplement m'ouvrir au monde. Aller au delà de mes apparences et offrir ce que je suis au monde sans superficialité. Et pour y arriver, un moyen m'est apparu : il fallait que je parle. Tout simplement. Que je raconte ce que je suis à quelqu'un. Et j'ai su que ce quelqu'un, c'était Laurent. Là, j'étais dans mon lit. Je voulais attendre qu'il revienne. Je me suis dit que ça ne servait rien d'attendre je pouvait très bien y aller maintenant si j'étais prêt. Alors je suis venu le chercher et je lui ai parlé. Pendant je ne sais pas combien de temps je lui ai parlé. Je lui ai dit ce que j'avais peur de lui dire, lui ai avoué des choses sur moi que j'avais peur de m'avouer. J'ai littéralement débloqué un énorme sac de noeud. Les choses que je n'assumais pas. Les structures mentales superficielles, complexes mais inutiles que je tenais sur les choses, sur le monde, j'en ai fait voler en éclat plus d'une. Je ne dis pas que je suis parfait et que j'ai tout résolu, mais les blocages les plus pressants, je les ai réduit à néant. Je lui ai dit à plusieurs reprises "
je crois que c'est une dissolution de l'Ego". Car c'était vraiment l'impression que j'avais. De m'ouvrir, de parler pour la première fois de ma vie. Ces choses que je pensais être strictement personnelles, et dont j'avais honte pour diverses raisons, et bien je les assume complètement aujourd'hui, du moins celles qui existent encore.
J'ai véritablement vécu une expérience mystique hier. Aujourd'hui, je crois que je peux affirmer que j'ai FOI, car sans une "intervention", jamais, ô grand jamais je ne me serais ouvert à quelqu'un avant un autre moment. J'avais les foies, maintenant j'ai la foi. J'ai foi en Dieu.
Je crois que j'aurais mille chose à dire sur cette expérience, mais je pense que ce sont des interpretations personnelles et je n'ai pas envie de parasiter ce témoignage par des analyses de ce qui m'est arrivé. C'est juste arrivé. Et c'est comme ça que je l'ai vécu.
Et aujourd'hui, je crois que je suis changé.
Pour finir, je voudrais parler d'une anecdote. Il y a un ou deux mois, je suis allé chez une dentosophe, càd une dentiste formée à une vision... reflexologique de la machoire et de l'occlusion dentaire. J'ai fait ça car j'ai une dent qui depuis ma naissance est mal foutue, c'est la canine gauche (ma gauche) qui était située au niveau du sinus. Maintenant, 15 ans plus tard, elle est en passe de reprendre sa position normale. J'ai du me faire opérer déjà une fois et selon mon stomatologue, elle s'était arrêtée de descendre. Ce que la dentosophe m'a dit c'est que cette dent correspond à... mon harmonie intérieure, c'est à dire que sa situation impliquait (ou était impliquée) qu'il y avait une énorme différence entre ce que je suis VRAIMENT et ce que je montre au monde, ce que je donne.
Et aujourd'hui, je veux DONNER au monde. Je suis pret.
Merci de m'avoir lu.
Marc
PS: si vous avez des questions, n'hésitez pas je me ferais un plaisir de répondre !
« Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ;
Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. »
Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî