Robert Nesta Marley, le Lundi 02 Avril 2007 10h06, dit :
J'ai bien aimé le texte et les discussions qui ont suivis.
Mais, plus que partiel, le texte est faux.
Dans la quête d'absolu c'est le chemin qui compte avant le but, et ton Toto, ne t'en déplaise est sur son chemin , et aussi paresseux intellectuellement qu'il soit il a quand même parcouru un grand nombre de chemins, donc à mon avis, sa quête est fructueuse, même s'il déconseille ce chemin à son petit neveu.
En deux, je dirais que certaines subtances te font découvrir, sans recourir aux rites (et la subtance est donc un rite de plus) une façon de s'éveiller sans effort, et quand tu as vu ce qu'il y a de l'autre coté tu y retourne plus facilement (oserais je dire sans effort et donc sans subtance ?)
Bref ton histoire est par trop manichéenne pour ressembler à la réalité de quelqu'un.
Mais marrante quand même.
C'est un portrait robot qui dépeint un certain profil psychologique, et il va de soi que le Toto décrit dans le texte n'est pas un individu social réel, c'est une fiction. Mais ce n'est pas parce que ce personnage ne renvoit pas ligne à ligne au vécu d'un individu social réel qu'il est faux. Ce qu'il faut souligner, ce sont les attitudes, les mécanismes psychologiques, les lignes de comportement, et il existe bel et bien des gens qui répondent en grande partie aux traits décrits.
Dans la quête de l'absolu c'est le chemin qui compte ? Soit, de toutes les manières l'absolu est une notion si vague et floue qu'on peut très bien en venir à dire que quoi qu'on fasse, suffit de dire que c'est une quête de l'absolu et c'est OK.
Par exemple, s'il faut appliquer ce raisonnement (chacun est sur son chemin), rien ne nous empêche de dire que le tueur en série, qui tue avec régularité et qui orchestre ses crimes avec une froideur mêlée à un sombre goût pour le sang et l'agonie de ses victimes, et qui tire de ses actes une noire satisfaction et un certain apaisement par rapport à sa pulsion maccabre.... rien ne nous empêche de dire que ce tueur est "sur son chemin", et cela est d'autant plus vrai si, à travers ses crimes, il recherche l'absolu, ou quelque chose de l'ordre d'une transcendance à travers cette sorte de "silence intérieur" ou d'état de "non-pensée" qui l'habite lorsqu'il trucide ses victimes.
Je prends un exemple un peu "saignant" pour souligner que l'assertion "chacun son chemin" est tellement susceptible de justifier n'importe quoi, qu'on peut se demander quelle en est la valeur...
Le chemin qui conduit au développement de la conscience, au passage d'un niveau de conscience à une conscience supérieure, n'est pas n'importe quel chemin, et je ne crois pas qu'il s'agisse de dire que "chacun fait comme il veut". Si on dit cela, alors n'importe quoi est bon pour le chemin : tuer, insulter, violer, voler, tromper, escroquer, se droguer, etc... La conscience ne se développe pas en faisant n'importe quoi. Il convient d'éviter certaines choses, et de mettre en pratique certaines autres choses. Il s'agit de cultiver certaines qualités, et d'essayer de faire en sorte de réduire certains défauts. Il s'agit de respecter certains principes.
Alors, une personne qui prétend être sur le chemin de l'élévation de son niveau de conscience, ne peut pas faire n'importe quoi et en même temps croire qu'elle avance. Certes, chacun a sa manière propre de cheminer, mais il y a des façons de faire qui font stagner au lieu de faire avancer. Par exemple le refus d'incarner l'amour dans ses actes (refus qui peut émaner d'une mauvaise compréhension de l'amour, ou d'une paresse stérilisante), et la prétention à confiner l'amour seulement à une sorte d'activité de l'imagination, cela peut être un handicap.
Ce message a été modifié par Juan-Matus - 02 avril 2007 à 11:22.










