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Débats : techniques de base


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#1 Padré

Padré
  • Invités

Posté 13 janvier 2003 à 16:53

Techniques applicables surtout devant un prof trop zélé, un employeur trop autoritaire,  un parent trop sûr de lui ou une fille trop timide. . .

Beaucoup, l'immense majorité même, procèdent par intuition lorsqu'ils se lancent dans une conversation ou un débat.
Cela vous expose à un risque.  L'orateur entraîné. Un interlocuteur sachant utiliser parfaitement certaines techniques de base (je ne parle pas ici de la "langue de bois" des politiques).  Une fois l'entretien terminé, il vous restera un goût de cendres dans la bouche et vous vous direz : "Je me suis fais rouler dans la farine !" ou "Je n'ai même pas pu exposer mes idées", alors qu'elles valaient largement les siennes.
Quelques techniques de bases pour diriger un débat : la manipulation des "questions ouvertes", questions fermées" ou "Questions alternatives".
Imaginez :  vous êtes lycéen et vous flashez, super grave, sur une de vos consœurs. (J'ai passé l'âge)
Vous rêvez de l'emmener au cinéma, étape 1.
Vous pouvez l'aborder en lui disant : "Tu veux sortir avec moi au cinéma ? "
Question fermée. Les seules réponses sont "oui" ou "non".  Une chance sur deux de se ramasser une veste.
Vous avez appris qu'elle aime le cinéma d'action, vous l'abordez en disant :
"On passe Matrix en ce moment, tu préfères que je t'emmènes samedi ou dimanche ?  " C'est une "Question alternative". Son  choix est limité parce que vous l'avez orienté !
Autant c'était facile pour elle de vous répondre "non" dans votre question fermée précédente, autant il lui devient difficile, maintenant, de justifier un refus. Car elle est OBLIGEE de se justifier (si elle refuse, bien entendu).
Vos chances passent à 75%. A vous d'assurer ensuite.
Une "question ouverte" est une question qui permet à votre interlocuteur de s'exprimer (et surtout de mieux le connaître) :
La même fille, deux jours auparavant, il fallait lui poser la question : "Quel est ton genre de film préféré ?  ". Là, obligée de s'exprimer.
Si vous lui aviez dit : "Moi, j'aime les films d'action et toi ?" : oui ou non. Question fermée.
Une "Questions alternative" est souvent le moyen de conforter une conclusion :
"Bon, on est d'accord pour Matrix samedi.
Tu préfères à 20h directement au cinéma ou Au Balto, à 19h30 pour se boire une petite mousse ?
"
Le but ultime était d'emmener la fille : on n'en discute plus; on débat des modalités. Gagné. Vous êtes à 100% (non 98).
Si vous assimilez bien les règles, c'est vous qui serez le chef d'orchestre d'un débat ou d'une discussion.
N'hésitez surtout pas à employer des images, l'inconscient de votre interlocuteur les imprime de suite et le conscient l'analyse dans la foulée.
Dans une discussion, l'image peut déclencher le rire, ce qui vous met l'interlocuteur de votre côté,  PLUS 1 à 2 secondes de répit, à votre avantage.
Exemple 1: au début de ce post, j'ai utilisé : "un goût de cendres dans la bouche" pour marquer la déception ou "rouler dans la farine" pour noter que je me suis fais berner.
Exemple 2 :  vous bavardez avec un frimeur qui vous demande : "et que pensez-vous des fluctuations du Nikeï sur les valeurs des métaux semi-conducteurs, la semaine dernière ?  "
N'hésitez  jamais à afficher votre ignorance et vous pouvez évoquer, là aussi une image : "Oh la la, c'est aussi brumeux pour moi qu'une étude traitant de l'influence des pets de sardines sur les courants marins". (ici, 2 images utilisées). Le climat devient positif et rire probable.
Si vous enchaînez par : "Si vous voulez bien m'éclairer un peu".  (vous n'avez pas à en rougir).
Le gars va vous faire un exposé et vous pouvez conclure : "Alors, là, d'accord. Je comprends mieux".
Si, je passe 3 minutes plus tard et demande au gugus : "Tiens, je vois que tu parlais avec X, qu'est-ce que tu en penses ?  " A 95 %, il répondra : "C'est un gars avec un de sens de l'humour et ouvert" .
Alors que vous n'avez presque RIEN dit. Vous l'avez simplement laissé parler pour se mettre en valeur avec juste une photo-flash.  

Sachez que les gens adorent parler d'eux.

Exemple 3 : image à employer, valable quelle que soit l'importance de l'interlocuteur : il y a une quinzaine d'années, je passe un feu, orange mûr. Un gendarme, (avec bottes, vous savez les plus coriaces) me siffle et avec son air autosuffisant, sûr de lui et dominateur : "Monsieur, vous venez de griller le feu rouge".
La réaction normale serait: "Ah, non, il était orange".
Dans ce cas, vous touchez à son autorité conférée (par rapport à autorité acquise, mais c'est un autre débat). Et vous ne pouvez vous en sortir vainqueur.
Je lui ai simplement répondu : "Vous avez raison, mais j'ai eu peur du camion derrière. . . pour mon gamin, là sur le siège".
Image imposée : inconscient + analyse du conscient : l'accident possible, la vie du gamin en jeu, la mort, lui aussi un père, çà peut lui arriver. . .
"Bon, çà va pour cette fois, mais faites attention"
Gagné.

Alors, pourquoi ne pas utiliser ces quelques notions pour valoriser vos posts ?  Ou encore les mettre en place pour ceux qui hésitent encore à prendre part aux débats, alors qu'ils ont beaucoup de choses intéressantes à nous apporter.
Imaginez poster ou répondre à UN seul interlocuteur. Imaginez que vous répondez à votre meilleur ami. . .


:D  :D  :D

Padré