Avant de semer les graines ne nos idéaux les plus élevés, il convient tout d'abord de labourer le décor dans lequel elles pourront s'épanouir. Le travail consiste donc à enlever les mauvaises herbes et leurs racines. Surtout leurs racines. L'alchimie n'est pas une oeuvre de surface, mais bel et bien de profondeur. Aussi, si les racines restent en place, nous devrons continuellement perdre du temps à arracher les nouvelles pousses, ce qui, du reste, ne fera que retarder davantage la qualité des graines semées de par le fait même que l'énergie des unes sera annihilée par l'énergie des autres, retardant ainsi les résultats escomptés. Les mauvaises herbes, comme les orties par exemple, possèdent d'impressionnantes racines et s'adaptent facilement aux différentes variations du temps. Dans un premier temps, donc, nous devrons donc nous débarrasser des indésirables. Le terrain rendu propre et net par notre laborieuse énergie, nous tracerons les sillons, bien droits et allignés afin que l'humide s'infiltre correctement sans s'éparpiller dans n'importe quelle direction. Une mauvaise irrigation, en effet, peu faire arriver l'eau trop vite par endroits, et de fait, arracher la plante, ou bien laisser un vide au point de laisser sécher les pousses. L'humide doit être canalisé afin de respecter un certain équilibre, tout comme il conviendra de veiller à ce que les pousses nouvelles n'aient ni trop de chaleur ni trop de froid. Ce n'est qu'au bout de plusieurs années, alors que les graines seront devenues des arbres, que nous pourrons faire fi des mauvaises herbes poussant ça et là, à leur pied. C'est à ce niveau que nous serons récompensés, ou non, de notre labeur, en fonction de la qualité des fruits que nous récolterons.
Une attentive vigilance s'impose en notre oeuvre, notamment sur deux risques majeurs: l’assèchement du sensible par la raison, ou l'inondation de la raison par le sensible.
La sècheresse, issue d'un mental plus enclin au spéculatif qu'à l'opératif, ne nous donnera, s'ils arrivent encore à maturité, que des arbres sans fruits. Le mental se transforme ici en un vent difficile à maitriser. Tantôt violent, tantôt doux, il souffle sans discontinuer, asséchant, si nous n'y prenons garde, la moindre parcelle d'humidité. L’être devient ainsi un livre ambulant, froid et sec comme un bois mort, spéculant sans cesse sur un futur qu’il ne commencera jamais à construire.
Inondée, par une trop grande émotivité, la terre va se transformer en boue, puis en marécage, dans lequel vont croupir les eaux de nos larmes et de nos désespoirs. Les pousses, devenues peut être arbustes, vont pourrir sur place, et se transformer en une sorte de conglomérat nauséabond. Le mental se transforme ici en un torrent sans fin, qu’il serait si simple de canaliser vers telle ou telle direction. Mais l’être, s’illusionnant à vouloir stopper le courant au lieu d’en utiliser l’énergie, s’enferme ainsi dans la tour d’ivoire de son passé, qu’il regrette toujours sans jamais chercher à en utiliser l’expérience.
Pour grandir, les idéaux ont besoin d'un équilibre harmonieux entre le vicéral: l'émotion- le cardiaque: l'aspiration- le mental: l'intellect.
écris en 2005...........d'une plume vagabonde
Ce message a été modifié par plume.vagabonde - 14 avril 2007 à 09:05.











