Malkuth, le Mercredi 02 Mai 2007 23h38, dit :
Sinon EPR 3° génération c'est l'énergie du soleil. On reproduit le mécanisme de production d'energie du soleil en somme.
EPR 4° génération c'est l'energie du vide. Pas de combustible à proprement parlé, pas d'energie fossile. Sur le papier, le truc ultime. Moi perso je crois que l'utilisation de l'energie du vide crée d'autres déséquilibres dont nous n'avons pas encore conscience.
EPR = réacteur de 3ème génération, certes, mais toujours à fission nucléaire. Ce qui permet de produire davantage, si je simplifie, c'est l'augmentation du nombre de générateurs de vapeur (4 groupes au lieu de 2 dans les centrales actuelles), avec de bonnes améliorations au niveau sécurité également (retour d'expérience de Three Miles Island et Tchernobyl).
La 4ème génération est encore à l'étude, et il s'agira toujours de fission nucléaire, mais avec la possibilité de refaire faire un "cycle" aux déchets actuels. Date probable de sortie de cette génération de réacteurs autour de 2020.
L'énérgie du soleil, à savoir la fusion nucléaire, n'est pour l'instant qu'un projet scientifique connu en France sous le nom d'ITER. Cela consiste à "assembler" des atomes d'hydrogènes pour produire une réaction thermo-nucléaire, donc plus besoin d'Uranium pour ces réacteurs. Mais ils ne verront probablement pas le jour avant 2050...
Alors, comment tenir d'ici 2050 avec la technologie à fission nucléaire avec les ressources prouvées d'aujourdhui ?
J'ai mis la main sur un
document de l'OCDE qui donne les chiffres suivants pour 2004 (désolé, je n'ai pas trouvé plus récent...) :
1 année de consommation = 67320 tonnes d'uranium
Ressources identifiées = entre 3 804 000 tonnes d'uranium et 4 743 000. Retenons même pourquoi pas 7 000 000 de tonnes, avec les ressources encore non-découvertes et potentiellement exploitable à un coût raisonnable.
Avec un calcul linéaire (7 000 000 / 67 320), il nous reste environ 100 ans d'uranium pour satisfaire nos besoins actuels.
Or savons qu'aujourd'hui, nos besoins en électricité augmentent. Le même document nous indique que les besoins mondiaux en uranium en 2025 devraient se situer entre 82 275 et 100 760 tonnes. Mis en pourcentage, cela veut dire entre 22 et 50% d'augmentation de notre consommation sur 20 ans, soit entre 1,1 et 2,5% par an.
Ce n'est pas beaucoup, mais dans ce cas, combien de temps mettrons nous à consommer nos "100 ans" de réserve ?
Dans le premier cas, optimiste, avec une augmentation de 1,1% par an, le calcul donne (désolé, je ne suis pas mathématicien, donc j'explique de façon simple ma méthode de calcul...)
Année 1 : 67320 * 1,1% = 68060 tonnes consommées dans l'année.
Année 2 : 68060 * 1,1% = 68809 tonnes consommées dans l'année + les 68060 tonnes de l'année précédante = 136869 tonnes consommées en 2 ans
Année 2 : 68809 * 1,1% = 69566 tonnes consommées dans l'année + les 136869 tonnes des deux années précédante = 206435 tonnes consommées en 3 ans
etc...
Bref, si on applique ce calcul, on arrive à un total de 7 119 781 tonnes d'uranium consommées en 70 ans, prévision optimiste.
Le même calcul avec une augmentation de consommation de 2,5% par an donne 7 206 983 tonnes d'uranium consommées en 52 ans, prévision "pessimiste".
Je met ce dernier pessimiste entre guillemets car actuellement les ressources prouvées sont, je le rappelle de moins de 5 millions de tonnes.
Alors, disons que nous aurons épuisé nos réserves prouvées dans 42 à 55 ans... suivant le rythme d'augmentation de la consommation estimé en 2004 et sans prendre en compte le cas de figure où le nucléaire remplacerai une autre énergie (ex : le gaz ou le pétrole).