Discours du président américain George Bush au Congrès (11/09/1990)
11 septembre 1990
Cahier archivé le 1er janvier 2006
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Nous sommes réunis ce soir, témoins dans le golfe Persique d’évènements aussi significatifs qu’ils sont tragiques. Aux premières heures du 2 août, à la suite de négociations et après que le dictateur irakien Saddam Hussein eut promis de ne pas recourir à la force, une puissante armée irakienne envahit son voisin nullement méfiant et beaucoup plus faible, le Koweït. En l’espace de trois jours, cent vingt mille soldats irakiens et huit cent cinquante chars avaient déferlé sur le Koweït, et marchaient vers le sud pour menacer l’Arabie Saoudite. C’est à ce moment-là que je décidai de contrecarrer l’agression.
À l’heure actuelle, nos vaillants soldats, hommes et femmes, montent la garde dans ce désert distant et sur des mers lointaines, aux cotés de forces de plus de vingt autres nations.
Ces hommes, ces femmes, sont parmi les plus valeureux des Etats-Unis d’Amérique. Et ils font un travail réellement admirable.
Ces courageux Américains étaient prêts, sans aucun préavis, à quitter leurs conjoints, leurs enfants, pour servir au front, à l’autre extrémité de la terre. Ils nous rappellent qui fait la puissance de l’Amérique : ce sont eux.
En ces circonstances éprouvantes du Golfe, nos troupes gardent un moral excellent. Face au danger, elles sont braves, bien entraînées et dévouées.
Un certain soldat, Wade Merritt, de Knoxville, dans le Tennessee, aujourd’hui à son poste en Arabie Saoudite, faisait part dans une lettre adressée à ses parents, de ses inquiétudes, de son amour pour sa famille et de ses espoirs de paix. Il ajoutait : " Je suis fier de mon pays et de sa ferme opposition à une agression inhumaine. Je suis fier de mon armée et de ses hommes (...) Je suis fier de servir mon pays. " Permettez-moi de vous dire, Wade, que votre pays est fier de vous. Comme il est reconnaissant envers chaque soldat, chaque matelot, chaque " marine " et chaque aviateur qui sert la cause de la paix dans le golfe Persique. Je tiens également à remercier le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Powell, les chefs d’état-major, notre commandant dans le golfe Persique, le général Schwartzkopf, et les hommes et les femmes du ministre de la Défense : quel travail magnifique vous accomplissez.
J’aimerais pouvoir leur dire que leur travail est achevé. Mais nous savons tous qu’il ne l’est pas. S’il y a jamais eu un moment où il convient de placer le pays avant son propre intérêt et le patriotisme avant le parti, c’est bien le moment présent. Je tiens à remercier tous les Américains, particulièrement ceux présents dans cet hémicycle, pour le soutien qu’ils apportent à nos forces et à leur mission. Ce soutien sera encore plus important dans les jours à venir.
Ce soir, je veux vous parler de ce qui est en jeu, de ce que nous devons faire ensemble pour défendre partout les valeurs du monde civilisé et pour maintenir la force économique de notre pays.
Nos objectifs dans le golfe Persique sont clairs, précis et bien connus :
- L’Irak doit se retirer du Koweït complètement, immédiatement et sans condition ;
- le gouvernement légitime du Koweït doit être rétabli ;
- la sécurité et la stabilité dans le golfe Persique doivent être garanties ;
- les ressortissants américains à l’étranger doivent être protégés.
Ces objectifs ne sont pas seulement les nôtres. Ils ont été approuvés par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies à cinq reprises ces cinq dernières semaines. La plupart des pays partagent notre volonté de faire respecter les principes. Et un grand nombre d’entre eux ont intérêt à ce que la stabilité règne dans le golfe Persique. Ce n’est pas, comme Saddam Hussein le prétend, les Etats-Unis contre l’Irak. C’est l’Irak contre le monde. Comme vous le savez, je viens d’avoir un entretien très fructueux avec le président de l’URSS, M. Mikhaïl Gorbatchev. Je suis content que nous oeuvrions de concert en vue d’établir de nouvelles relations. À Helsinki, nous avons affirmé, dans notre communiqué commun (’), notre détermination à réagir devant la menace que l’Irak fait peser sur la paix. Nous avons déclaré, je cite : " Nous sommes unis pour estimer que l’agression par l’Irak ne doit pas être toléré. Aucun ordre international pacifique n’est possible si des états plus forts peuvent dévorer leurs voisins plus faibles. " Il est clair qu’aucun dictateur ne peut plus compter sur l’affrontement Est—Ouest pour bloquer l’action de l’ONU contre toute agression.
Un nouveau partenariat des nations a vu le jour.
Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare pour s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. Une ère où tous les pays du monde, qu’ils soient à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, peuvent prospérer et vivre en harmonie. Une centaine de générations ont cherché cette voie insaisissable qui mène à la paix, tandis qu’un millier de guerres ont fait rage à travers l’histoire de l’homme. Aujourd’hui, ce nouveau monde cherche à naître. Un monde tout à fait différent de celui que nous avons connu. Un monde où la primauté du droit remplace la loi de la jungle. Un monde où les états reconnaissent la responsabilité commune de garantir la liberté et la justice. Un monde où les forts respectent les droits des plus faibles.
(...) Les autres dirigeants d’Europe, ceux du Golfe et d’autres parties du monde comprennent que la façon dont nous résoudrons cette crise aujourd’hui pourrait façonner l’avenir des futures générations. L’épreuve à laquelle nous faisons face est importante, comme le sont les enjeux. Il s’agit du premier assaut contre le nouveau monde que nous recherchons, le premier test de notre détermination. Si nous n’avions pas réagi de manière décisive à cette première provocation, si nous n’avions pas continué de faire preuve de fermeté, ce serait un signal donné aux tyrans actuels et potentiels du monde entier.
Les Etats-Unis et le monde doivent défendre leurs intérêts communs vitaux. Et ils le feront.
Les Etats-Unis et le monde doivent soutenir la primauté du droit. Et ils le feront.
Les Etats-Unis et le monde doivent se dresser contre l’agression. Et ils le feront.
Et une dernière chose : dans la poursuite de ces objectifs, les Etats-Unis ne se laisseront pas intimider.
Des questions de principe d’une importance vitale sont en jeu. Saddam Hussein veut absolument effacer un pays de la face de la terre.
Nous n’exagérons pas.
Nous n’exagérons pas non plus lorsque nous disons que Saddam Hussein échouera.
Des intérêts économiques vitaux sont également menacés. L’Irak à lui seul possède environ 10 % des réserves pétrolières mondiales. L’Irak plus le Koweït en possèdent le double. Si on permettait à l’Irak d’absorber le Koweït, il aurait, en plus de l’arrogance, la puissance économique et militaire nécessaire pour intimider et forcer la main à ses voisins - des voisins qui ont la part du lion des réserves pétrolières du monde. Nous ne pouvons pas permettre qu’une ressource aussi essentielle soit dominées par un être aussi tyrannique. Et nous ne le permettrons pas. Les récents évènements ont certainement montré qu’il n’existe pas de substitut au leadership américain. Face à la tyrannie, que personne ne doute de la crédibilité et du sérieux des Etats-Unis. Que personne ne doute de notre détermination. Nous défendrons nos amis. D’une façon ou d’une autre, le dirigeant de l’Irak doit apprendre cette vérité fondamentale. Dès le début, en agissant en étroite coopération avec d’autres, nous avons cherché à modeler la réponse la plus large possible à l’agression irakienne. La coopération internationale et la condamnation de l’Irak ont atteint un degré sans précédent.
Les forces armées de pays de quatre continents ont répondu à l’appel du roi Fahd d’Arabie Saoudite en vue de dissuader l’agresseur et, si nécessaire, de défendre ce pays contre toute attaque. Musulmans et non-mulsulmans, arabes et non-arabes, les soldats de nombreux pays ont serré les rangs, résolus à déjouer les ambitions de Saddam Hussein. Nous pouvons citer cinq résolutions par lesquelles le Conseil de sécurité des Nations Unies condamne l’agression de l’Irak. Elles exigent le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces irakiennes, la restauration du gouvernement légitime du Koweït, et elles rejettent catégoriquement la tentative cynique et égoïste d’annexion du Koweït. Enfin, I’ONU a demandé la libération de tous les ressortissants étrangers détenus en otages contre leur gré et en violation du droit international. C’est se moquer de leur dignité humaine que d’appeler ces personnes "des invités". Ce sont des otages, et le monde entier le sait.
Le Premier ministre britannique, Mme Margaret Thatcher, I’a très bien dit : " Nous ne marchanderons pas sur le sort des otages. Nous ne nous abaisserons pas à prendre des êtres humains pour des instruments de marchandage. Jamais. " Bien entendu, nos pensées vont aux otages et à leurs familles, mais notre politique ne peut changer. Et elle ne changera pas. Les Etats-Unis et le monde ne se prêteront pas au chantage. Nous commençons à entrevoir une Organisation des Nations Unies qui fonctionne comme ses fondateurs l’avaient envisagé. (...) Le Conseil de sécurité a décrété des sanctions économiques obligatoires à l’encontre de l’Irak, qui sont destinées à obliger ce pays à renoncer au butin de sa conquête illégale. Le Conseil de sécurité a aussi pris la mesure décisive d’autoriser le recours à tous les moyens nécessaires pour garantir le respect de ces sanctions.
De concert avec nos amis et alliés, les bâtiments de la marine nationale des Etats-Unis patrouillent aujourd’hui dans les eaux du Moyen-Orient. Ils ont déjà intercepté plus de sept cents navires dans le cadre de l’application des sanctions. Trois dirigeants de la région avec lesquels j’ai parlé hier m’ont dit que ces sanctions donnaient des résultats. L’Irak commence à en sentir les effets.
Nous continuons d’espérer que les dirigeants irakiens réévalueront le coût de leur agression. Ils sont coupés du commerce mondial. Ils ne peuvent plus vendre de pétrole. Et seule une proportion très faible des marchandises leur parvient. Dans notre pays, le coût matériel de notre ligne d’action peut être élevé. C’est pourquoi le secrétaire d’état, M. James Baker, et le ministre de Finances, M. Nicholas Brady, se sont entretenus avec les dirigeants de nombreux pays pour souligner qu’il convenait de partager 1a charge de cet effort collectif. Nous sommes prêts à assumer notre part et même plus pour aider à supporter cette charge, mais nous insistons pour que les autres fassent de même. La réponse de la plupart de nos amis et alliés a été bonne. Pour aider à couvrir les frais, les dirigeants de l’Arabie Saoudite, du Koweït et des émirats arabes réunis se sont engagés à fournir à nos forces sur le terrain les vivres et le carburant dont elles ont besoin. Une aide généreuse sera également fournie aux vaillants pays de la ligne de front, tels que la Turquie et l’Egypte. Je suis aussi encouragé par le fait que cette réponse internationale concerne aussi les victimes les plus touchées par ce conflit, les réfugiés. Nous avons donné vingt-huit millions de dollars au titre des secours. Il ne s’agit que d’une partie de ce qui est nécessaire. Je félicite, en particulier, I’Arabie Saoudite, le Japon et plusieurs Etats européens qui se sont joints à nous dans cet effort humanitaire.
Cette crise a également un coût sur le plan énergétique. Les pays producteurs de pétrole sont déjà en train de compenser la production perdue de l’Irak et du Koweït. Plus de la moitié des pertes ont été compensées. Nous obtenons une coopération superbe. Si les producteurs, dont les Etats-Unis, continuent de prendre des mesures en vue d’accro1tre la production de pétrole et de gaz, nous pourrons stabiliser les prix et garantir qu’il n’y aura pas de difficultés. En outre, plusieurs de nos alliés et nous-mêmes avons toujours la possibilité de tirer sur nos réserves stratégiques de pétrole, si les circonstances l’exigent. Comme je l’ai déjà souligné, il est essentiel de s’efforcer de maintenir à un niveau aussi faible que possible nos besoins d’énergie. Nous devons ensuite tirer parti de toutes nos sources d’énergie : charbon, gaz naturel, énergie hydroélectrique et énergie nucléaire. Notre inaction sur ce plan nous a rendus plus dépendants que jamais du pétrole étranger. Enfin, que personne ne songe à profiter de cette crise.
Je ne puis prédire combien de temps il faudra pour convaincre l’Irak de retirer ses forces du Koweït. Les sanctions ne produiront leur plein effet qu’à la longue. Nous continuerons d’envisager toutes les options avec nos alliés, mais que ceci soit net et clair : nous ne laisserons pas passer cette agression. Notre intérêt, notre engagement dans le Golfe, n’est pas passager. Il est antérieur à l’agression de Saddam Hussein, et il y survivra. Longtemps après le rapatriement de toutes nos forces, les Etats-Unis auront un rôle durable à jouer afin d’aider les pays du Golfe Persique : il s’agit, de concert avec d’autres pays, de décourager toute future agression, et d’aider nos amis à assurer leur propre défense. Il consiste aussi à freiner la prolifération des armes chimiques, biologiques, des missiles balistiques et, surtout, des techniques nucléaires.
Permettez-moi de dire sans ambages que les Etats-Unis n’ont rien contre le peuple irakien. Nous nous en prenons au dictateur irakien, et à son agression. L’Irak ne sera pas autorisé à annexer le Koweït. Il ne s’agit ni d’une menace, ni d’une fanfaronnade : c’est simplement ainsi que les choses vont se passer. (...)
Une fois de plus, des Américains se sont engagés, ils ont fait leurs adieux émus à la famille, avant de s’embarquer vers une rive distante et inconnue. En ce moment-même, aux côtés d’Arabes, d’Européens, d’Asiatiques et d’Africains, ils défendent le principe et le rêve d’un nouvel ordre mondial. C’est pour cela qu’ils suent et qu’ils peinent dans le sable, sous la chaleur écrasante du soleil.
Si eux sont capables de s’unir en dépit de telles adversités, si d’anciens adversaires comme l’Union soviétique et les Etats-Unis peuvent travailler à une cause commune, assurément nous, qui avons la chance insigne de nous trouver dans cette grande salle - démocrates, républicains, libéraux, conservateurs - nous pouvons nous unir afin d’assumer nos responsabilités.
Merci, bonne nuit, et que Dieu bénisse l’Amérique.
textes fondateurs du NOM
Commencé par
louisemichel
, 21 mai 2007 à 15:35
2 réponses dans ce topic
#1
Posté 21 mai 2007 à 15:35
#2
Posté 21 mai 2007 à 15:37
Discours de fin de mandat de D. Eisenhower
Bonsoir, chers concitoyens Américains.
Tout d'abord, j'aimerais exprimer ma gratitude aux réseaux de radiodiffusion et de télévision pour m'avoir permis toutes ces années d'adresser messages et rapports à notre nation. Je les remercie tout spécialement de cette possibilité de m'adresser ce soir à vous.
Dans trois jours, après un demi siècle au service de notre pays, je quitterai mes responsabilités lorsque, lors de la cérémonie traditionnelle et solennelle, l'autorité de la Présidence investira mon successeur.
Ce soir je viens à vous avec un message de départ et d'adieu, et pour partager quelques pensées finales avec vous, mes chers compatriotes. Comme chaque citoyen, je souhaite que Dieu ait en sa garde le nouveau président, ainsi que tous ceux qui travailleront avec lui. Je prie pour que les années qui viennent soient celles de la paix et de la prospérité pour tous.
Notre peuple attend que le Président et le Congrès les accords fondamentaux en ce qui concerne les questions importantes, et que leurs sages résolutions qui amélioreront la construction du futur de la nation. Mes propres relations avec le Congrès, qui avaient débuté de façon distante et ténue, il y a bien longtemps, lorsqu'un un membre du Sénat me nomma à West Point, sont devenues plus étroites à l'époque de la guerre et l'après-guerre, pour aboutir à une interdépendance mutuelle pendant ces huit dernières années. Dans le cadre de cette dernière relation, le Congrès et l'Administration ont bien coopéré sur les questions essentielles afin de servir le bien de la nation, plutôt que seulement l'esprit partisan, et ainsi ont fait en sorte que les affaires de la nation puissent aller de l'avant. Aussi, mes rapports officiels avec le Congrès s'achèvent avec - pour ma part - un sentiment de gratitude pour tout ce que nous avons pu faire ensemble.
Nous vivons aujourd'hui dix ans après le milieu d'un siècle qui fut le témoin de quatre guerres majeures entre de grandes nations. Trois d'entre elles ont impliqué notre propre pays. En dépit de ces holocaustes l'Amérique est aujourd'hui, la nation la plus forte, la plus influente et la plus productive au monde. S'il est compréhensible que nous soyons fiers de cette prééminence, nous nous rendons pourtant compte que la première place et le prestige des USA ne dépendent pas simplement de notre progrès matériel inégalé, de notre richesse et de notre force militaire, mais aussi de la façon dont nous employons notre puissance dans l'intérêt de la paix dans le monde et de l'amélioration de la condition humaine.
Au travers de l'aventure d'un gouvernement dans la liberté pour l'Amérique, nos buts premiers ont été de préserver la paix, de stimuler les progrès de la réalisation humaine et d'e faire grandir la liberté, la dignité et l'intégrité parmi les peuples et les nations. Ne pas s'efforcer d'en faire autant serait indigne d'un peuple libre et religieux. Tout manquement dû à l'arrogance, au manque de compréhension ou de promptitude au sacrifice nous infligerait d'ailleurs un grave préjudice moral, ici comme à l'étranger.
La progression vers ces nobles buts est constamment menacée par le conflit qui s'empare actuellement du monde. Il commande notre attention entière et absorbe nos êtres mêmes. Nous faisons ici face à un idéologie globale hostile, athée dans son caractère, impitoyable dans ses buts et insidieuse dans ses méthodes. Malheureusement le danger qu'elle présente promet de durer longtemps. Pour y faire face avec succès, nous sont demandés, non pas tant les sacrifices passionnés et transitoires des temps de crise, que ceux qui nous rendront capables de porter sans faillir, sûrement et sans se plaindre le fardeau d'une longue et complexe lutte, dont le prix est la liberté. C'est seulement ainsi que nous resterons, en dépit des provocations, sur le chemin que nous nous sommes fixés vers une paix permanente et l'amélioration du genre humain.
Des crises, il continuera d'en survenir. En les affrontant, qu'elles soient intérieures ou à l'étranger, grandes ou petites, il y a une tentation répétée de penser que telle ou telle action spectaculaire et coûteuse pourrait devenir la solution miraculeuse à toutes les difficultés rencontrées. L'augmentation énorme des dernières nouveautés pour notre [programme de] défense ; le développement de programmes irréalistes pour traiter chaque maladie, dans l'agriculture ; l'expansion spectaculaire de la recherche fondamentale et appliquée – ces possibilités, et bien d'autres, chacune prometteuse en soi, pourrait être suggérée comme le seul chemin vers la voie que nous souhaitons suivre.
Or chaque proposition doit être pesée à la lumière d'une considération plus large : la nécessité de maintenir l'équilibre entre les [différents] programmes nationaux et à l'intérieur [de chacun d'entre eux], de maintenir l'équilibre entre économie publique et économie privée, l'équilibre entre le coût et le gain espéré, le clairement nécessaire et le confortablement souhaitable, l'équilibre entre nos exigences essentielles en tant que nation et les devoirs imposés par la nation à l'individu, l'équilibre les action du présent et le bien-être national du futur. Le bon jugement recherche équilibre et progrès ; son contraire amènera déséquilibre et anéantissement. Le souvenir de nombreuses décennies est là comme preuve que notre peuple et son Gouvernement ont, dans l'ensemble, compris ces vérités et y ont bien répondu, face à l'effort et à la menace.
Mais des menaces, nouvelles de par leur nature ou leur degré, surgissent constamment. Je n'en mentionnerai que deux ici.
Un élément essentiel pour conserver la paix est notre système militaire. Nos bras doivent être puissants, prêt pour une action instantanée, de sorte qu'aucun agresseur potentiel ne puisse être tenté de risquer sa propre destruction. Notre organisation militaire est aujourd'hui sans rapport avec ce que connurent mes prédécesseurs en temps de paix, ou même les combattants de la Deuxième Guerre Mondiale ou de la Guerre de Corée.
Jusqu'au plus récent conflit mondial, les États-Unis n'avaient pas d'industrie d'armement. Les fabricants américains de socs de charrues pouvaient, avec du temps et sur commande, forger des épées. Mais désormais, nous ne pouvons plus risquer l'improvisation dans l'urgence en ce qui concerne notre défense nationale. Nous avons été obligés de créer une industrie d'armement permanente de grande échelle. De plus, trois millions et demi d'hommes et de femmes sont directement impliqués dans la défense en tant qu'institution. Nous dépensons chaque année, rien que pour la sécurité militaire, une somme supérieure au revenu net de la totalité des sociétés US.
Cette conjonction d'une immense institution militaire et d'une grande industrie de l'armement est nouvelle dans l'expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d'Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement. Mais nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre labeur, nos ressources, nos gagne-pain… tous sont impliqués ; ainsi en va-t-il de la structure même de notre société.
Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l'énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.
De même la révolution technologique des décennies récentes fut en grande partie responsable des changements radicaux de notre position militaro-industrielle. Dans cette révolution, la recherche est devenue centrale, elle est également plus formalisée, plus complexe, et coûteuse. Une part toujours croissante en est conduite pour, par, ou sous la direction du Gouvernement fédéral.
Aujourd'hui, l'inventeur solitaire, bricolant au fond de sa boutique, a été dépassé par des troupes de choc formées de scientifiques dans les laboratoires et des centres d'essai. De la même manière, l'université libre, historiquement source d'idées et de découvertes scientifiques nées dans la liberté, a vécu une révolution dans la conduite de la recherche. En bonne partie à cause des coûts énormes impliqués, obtenir un contrat avec le gouvernement devient quasiment un substitut à la curiosité intellectuelle. Pour chaque vieux tableau noir il y a maintenant des centaines d'ordinateurs. La perspective d'une domination des spécialistes de notre nation par les emplois fédéraux, les budgets attribués aux projets et le pouvoir de l'argent, [cette perspective] est bien présente et doit être considérée avec gravité.
Cependant, tout en apportant à la recherche et scientifique le respect que nous leur devons, nous devons également être attentif à un danger à la fois aussi grave et opposé, à savoir que l'ordre public puisse devenir captif d'une élite scientifique et technologique. C'est la tâche de l'homme d'état que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, aux principes de notre système démocratique - en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.
Un autre facteur de maintien de l'équilibre implique l'élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous devons – vous et moi et notre gouvernement - éviter la tentation de vivre seulement pour le jour qui vient, pillant pour notre propre aisance, et à notre convenances les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les actifs de nos petits-enfants sans risquer de dilapider également leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour les générations qui viennent, non pour devenir le fantôme insolvable de demain.
Sur ce long chemin de l'histoire qu'il reste à écrire, l'Amérique sait que notre monde, toujours plus petit, doit éviter de devenir une redoutable communauté de crainte et de haine, et, au contraire, tendre à être une confédération fière dans la confiance et le respect mutuels. Une telle confédération doit être composée d'égaux. Le plus faible doit pouvoir venir à la table de conférence avec la même confiance que nous, protégés que nous sommes par notre force morale, économique, et militaire. Cette table, même si elle porte les cicatrices de nombreuses frustrations du passé, ne peut pas être abandonnée pour l'atroce douleur qu'on rencontre à coup sûr sur le champ de bataille.
Le désarmement, dans l'honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble nous devons apprendre à composer avec nos différences, non pas avec les armes, mais avec l'intelligence et l'honnêteté des intentions.
Puisque cette nécessité est si cruciale et si évidente, je confesse que j'abandonne mes responsabilités officielles dans ce domaine avec beaucoup de déception. Pour être de ceux qui ont assisté à l'horreur et à la tristesse prolongée de la guerre, de ceux qui savent qu'une autre guerre pourrait totalement détruire une civilisation qui s'est si lentement et douloureusement construite pendant des milliers d'années, j'aurais voulu pouvoir dire ce soir qu'une paix durable est en vue.
Heureusement, je peux dire que la guerre a été évitée. Un progrès régulier vers notre but ultime a été accompli. Mais il reste tellement à faire. En tant que citoyen privé, je ne cesserai jamais de tout faire, aussi minime que cela soit, pour aider le monde à avancer le long de cette route.
Ainsi, dans ce dernier "bonne nuit " que je vous adresse en tant que Président, je vous remercie des nombreuses chances que vous m'avez données de me consacrer au service public, dans la guerre comme dans la paix. J'espère que vous aurez trouvé quelques choses de valeur dans le service auquel je me suis consacré ; quant au reste, je sais que vous trouverez vous-même les moyens d'améliorer ces résultats dans le futur.
Vous et moi, mes chers concitoyens, avons besoin d'être forts dans notre croyance que toutes les nations, grâce à Dieu, atteignent ce but de paix avec justice. Puissions nous toujours rester fermes dans la dévotion à ces principes, confiants mais humbles dans le pouvoir, diligents dans la poursuite des grands buts de la nation.
À tous les peuples du monde, j'exprime une fois de plus le souhait et la prière de l'Amérique :
Nous prions pour que les peuples de toutes fois, de toutes races, de toutes nations, puissent voir leurs plus principaux besoins satisfaits. Pour que ceux qui actuellement n'ont pas cette occasion puissent l'apprécier un jour entièrement ; que tous ceux qui aspirent à la liberté puissent en éprouver ses bénédictions spirituelles ; que ceux qui possèdent la liberté comprennent les grandes responsabilités [qu'elle engendre] ; que tous ceux qui sont peu sensibles aux besoins des autres apprennent la charité ; que les fléaux de la pauvreté, de la maladie et de l'ignorance soient amenés à disparaître de la surface de la terre, et que, avec le temps, tous les peuples viennent à vivre ensemble dans une paix garantie par la force du respect et de l'amour mutuels qui les lient.
Bonsoir, chers concitoyens Américains.
Tout d'abord, j'aimerais exprimer ma gratitude aux réseaux de radiodiffusion et de télévision pour m'avoir permis toutes ces années d'adresser messages et rapports à notre nation. Je les remercie tout spécialement de cette possibilité de m'adresser ce soir à vous.
Dans trois jours, après un demi siècle au service de notre pays, je quitterai mes responsabilités lorsque, lors de la cérémonie traditionnelle et solennelle, l'autorité de la Présidence investira mon successeur.
Ce soir je viens à vous avec un message de départ et d'adieu, et pour partager quelques pensées finales avec vous, mes chers compatriotes. Comme chaque citoyen, je souhaite que Dieu ait en sa garde le nouveau président, ainsi que tous ceux qui travailleront avec lui. Je prie pour que les années qui viennent soient celles de la paix et de la prospérité pour tous.
Notre peuple attend que le Président et le Congrès les accords fondamentaux en ce qui concerne les questions importantes, et que leurs sages résolutions qui amélioreront la construction du futur de la nation. Mes propres relations avec le Congrès, qui avaient débuté de façon distante et ténue, il y a bien longtemps, lorsqu'un un membre du Sénat me nomma à West Point, sont devenues plus étroites à l'époque de la guerre et l'après-guerre, pour aboutir à une interdépendance mutuelle pendant ces huit dernières années. Dans le cadre de cette dernière relation, le Congrès et l'Administration ont bien coopéré sur les questions essentielles afin de servir le bien de la nation, plutôt que seulement l'esprit partisan, et ainsi ont fait en sorte que les affaires de la nation puissent aller de l'avant. Aussi, mes rapports officiels avec le Congrès s'achèvent avec - pour ma part - un sentiment de gratitude pour tout ce que nous avons pu faire ensemble.
Nous vivons aujourd'hui dix ans après le milieu d'un siècle qui fut le témoin de quatre guerres majeures entre de grandes nations. Trois d'entre elles ont impliqué notre propre pays. En dépit de ces holocaustes l'Amérique est aujourd'hui, la nation la plus forte, la plus influente et la plus productive au monde. S'il est compréhensible que nous soyons fiers de cette prééminence, nous nous rendons pourtant compte que la première place et le prestige des USA ne dépendent pas simplement de notre progrès matériel inégalé, de notre richesse et de notre force militaire, mais aussi de la façon dont nous employons notre puissance dans l'intérêt de la paix dans le monde et de l'amélioration de la condition humaine.
Au travers de l'aventure d'un gouvernement dans la liberté pour l'Amérique, nos buts premiers ont été de préserver la paix, de stimuler les progrès de la réalisation humaine et d'e faire grandir la liberté, la dignité et l'intégrité parmi les peuples et les nations. Ne pas s'efforcer d'en faire autant serait indigne d'un peuple libre et religieux. Tout manquement dû à l'arrogance, au manque de compréhension ou de promptitude au sacrifice nous infligerait d'ailleurs un grave préjudice moral, ici comme à l'étranger.
La progression vers ces nobles buts est constamment menacée par le conflit qui s'empare actuellement du monde. Il commande notre attention entière et absorbe nos êtres mêmes. Nous faisons ici face à un idéologie globale hostile, athée dans son caractère, impitoyable dans ses buts et insidieuse dans ses méthodes. Malheureusement le danger qu'elle présente promet de durer longtemps. Pour y faire face avec succès, nous sont demandés, non pas tant les sacrifices passionnés et transitoires des temps de crise, que ceux qui nous rendront capables de porter sans faillir, sûrement et sans se plaindre le fardeau d'une longue et complexe lutte, dont le prix est la liberté. C'est seulement ainsi que nous resterons, en dépit des provocations, sur le chemin que nous nous sommes fixés vers une paix permanente et l'amélioration du genre humain.
Des crises, il continuera d'en survenir. En les affrontant, qu'elles soient intérieures ou à l'étranger, grandes ou petites, il y a une tentation répétée de penser que telle ou telle action spectaculaire et coûteuse pourrait devenir la solution miraculeuse à toutes les difficultés rencontrées. L'augmentation énorme des dernières nouveautés pour notre [programme de] défense ; le développement de programmes irréalistes pour traiter chaque maladie, dans l'agriculture ; l'expansion spectaculaire de la recherche fondamentale et appliquée – ces possibilités, et bien d'autres, chacune prometteuse en soi, pourrait être suggérée comme le seul chemin vers la voie que nous souhaitons suivre.
Or chaque proposition doit être pesée à la lumière d'une considération plus large : la nécessité de maintenir l'équilibre entre les [différents] programmes nationaux et à l'intérieur [de chacun d'entre eux], de maintenir l'équilibre entre économie publique et économie privée, l'équilibre entre le coût et le gain espéré, le clairement nécessaire et le confortablement souhaitable, l'équilibre entre nos exigences essentielles en tant que nation et les devoirs imposés par la nation à l'individu, l'équilibre les action du présent et le bien-être national du futur. Le bon jugement recherche équilibre et progrès ; son contraire amènera déséquilibre et anéantissement. Le souvenir de nombreuses décennies est là comme preuve que notre peuple et son Gouvernement ont, dans l'ensemble, compris ces vérités et y ont bien répondu, face à l'effort et à la menace.
Mais des menaces, nouvelles de par leur nature ou leur degré, surgissent constamment. Je n'en mentionnerai que deux ici.
Un élément essentiel pour conserver la paix est notre système militaire. Nos bras doivent être puissants, prêt pour une action instantanée, de sorte qu'aucun agresseur potentiel ne puisse être tenté de risquer sa propre destruction. Notre organisation militaire est aujourd'hui sans rapport avec ce que connurent mes prédécesseurs en temps de paix, ou même les combattants de la Deuxième Guerre Mondiale ou de la Guerre de Corée.
Jusqu'au plus récent conflit mondial, les États-Unis n'avaient pas d'industrie d'armement. Les fabricants américains de socs de charrues pouvaient, avec du temps et sur commande, forger des épées. Mais désormais, nous ne pouvons plus risquer l'improvisation dans l'urgence en ce qui concerne notre défense nationale. Nous avons été obligés de créer une industrie d'armement permanente de grande échelle. De plus, trois millions et demi d'hommes et de femmes sont directement impliqués dans la défense en tant qu'institution. Nous dépensons chaque année, rien que pour la sécurité militaire, une somme supérieure au revenu net de la totalité des sociétés US.
Cette conjonction d'une immense institution militaire et d'une grande industrie de l'armement est nouvelle dans l'expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d'Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement. Mais nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre labeur, nos ressources, nos gagne-pain… tous sont impliqués ; ainsi en va-t-il de la structure même de notre société.
Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l'énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.
De même la révolution technologique des décennies récentes fut en grande partie responsable des changements radicaux de notre position militaro-industrielle. Dans cette révolution, la recherche est devenue centrale, elle est également plus formalisée, plus complexe, et coûteuse. Une part toujours croissante en est conduite pour, par, ou sous la direction du Gouvernement fédéral.
Aujourd'hui, l'inventeur solitaire, bricolant au fond de sa boutique, a été dépassé par des troupes de choc formées de scientifiques dans les laboratoires et des centres d'essai. De la même manière, l'université libre, historiquement source d'idées et de découvertes scientifiques nées dans la liberté, a vécu une révolution dans la conduite de la recherche. En bonne partie à cause des coûts énormes impliqués, obtenir un contrat avec le gouvernement devient quasiment un substitut à la curiosité intellectuelle. Pour chaque vieux tableau noir il y a maintenant des centaines d'ordinateurs. La perspective d'une domination des spécialistes de notre nation par les emplois fédéraux, les budgets attribués aux projets et le pouvoir de l'argent, [cette perspective] est bien présente et doit être considérée avec gravité.
Cependant, tout en apportant à la recherche et scientifique le respect que nous leur devons, nous devons également être attentif à un danger à la fois aussi grave et opposé, à savoir que l'ordre public puisse devenir captif d'une élite scientifique et technologique. C'est la tâche de l'homme d'état que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, aux principes de notre système démocratique - en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.
Un autre facteur de maintien de l'équilibre implique l'élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous devons – vous et moi et notre gouvernement - éviter la tentation de vivre seulement pour le jour qui vient, pillant pour notre propre aisance, et à notre convenances les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les actifs de nos petits-enfants sans risquer de dilapider également leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour les générations qui viennent, non pour devenir le fantôme insolvable de demain.
Sur ce long chemin de l'histoire qu'il reste à écrire, l'Amérique sait que notre monde, toujours plus petit, doit éviter de devenir une redoutable communauté de crainte et de haine, et, au contraire, tendre à être une confédération fière dans la confiance et le respect mutuels. Une telle confédération doit être composée d'égaux. Le plus faible doit pouvoir venir à la table de conférence avec la même confiance que nous, protégés que nous sommes par notre force morale, économique, et militaire. Cette table, même si elle porte les cicatrices de nombreuses frustrations du passé, ne peut pas être abandonnée pour l'atroce douleur qu'on rencontre à coup sûr sur le champ de bataille.
Le désarmement, dans l'honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble nous devons apprendre à composer avec nos différences, non pas avec les armes, mais avec l'intelligence et l'honnêteté des intentions.
Puisque cette nécessité est si cruciale et si évidente, je confesse que j'abandonne mes responsabilités officielles dans ce domaine avec beaucoup de déception. Pour être de ceux qui ont assisté à l'horreur et à la tristesse prolongée de la guerre, de ceux qui savent qu'une autre guerre pourrait totalement détruire une civilisation qui s'est si lentement et douloureusement construite pendant des milliers d'années, j'aurais voulu pouvoir dire ce soir qu'une paix durable est en vue.
Heureusement, je peux dire que la guerre a été évitée. Un progrès régulier vers notre but ultime a été accompli. Mais il reste tellement à faire. En tant que citoyen privé, je ne cesserai jamais de tout faire, aussi minime que cela soit, pour aider le monde à avancer le long de cette route.
Ainsi, dans ce dernier "bonne nuit " que je vous adresse en tant que Président, je vous remercie des nombreuses chances que vous m'avez données de me consacrer au service public, dans la guerre comme dans la paix. J'espère que vous aurez trouvé quelques choses de valeur dans le service auquel je me suis consacré ; quant au reste, je sais que vous trouverez vous-même les moyens d'améliorer ces résultats dans le futur.
Vous et moi, mes chers concitoyens, avons besoin d'être forts dans notre croyance que toutes les nations, grâce à Dieu, atteignent ce but de paix avec justice. Puissions nous toujours rester fermes dans la dévotion à ces principes, confiants mais humbles dans le pouvoir, diligents dans la poursuite des grands buts de la nation.
À tous les peuples du monde, j'exprime une fois de plus le souhait et la prière de l'Amérique :
Nous prions pour que les peuples de toutes fois, de toutes races, de toutes nations, puissent voir leurs plus principaux besoins satisfaits. Pour que ceux qui actuellement n'ont pas cette occasion puissent l'apprécier un jour entièrement ; que tous ceux qui aspirent à la liberté puissent en éprouver ses bénédictions spirituelles ; que ceux qui possèdent la liberté comprennent les grandes responsabilités [qu'elle engendre] ; que tous ceux qui sont peu sensibles aux besoins des autres apprennent la charité ; que les fléaux de la pauvreté, de la maladie et de l'ignorance soient amenés à disparaître de la surface de la terre, et que, avec le temps, tous les peuples viennent à vivre ensemble dans une paix garantie par la force du respect et de l'amour mutuels qui les lient.
#3
Posté 21 mai 2007 à 16:20
Discours de George W. Bush sur l'état de l'Union, 29 janvier 2002
Alors que nous sommes réunis ici ce soir, notre pays est en guerre, notre économie est en récession, et le monde civilisé doit faire face à des dangers sans précédent. Et pourtant, notre Union n'a jamais été aussi solide.
Lors de notre dernière réunion, nous étions sous le choc et en proie à la souffrance. En quatre mois à peine, notre pays a réconforté les victimes, commencé à reconstruire New York et le Pentagone, formé une grande coalition, capturé, arrêté et mis hors d'état de nuire des milliers de terroristes, détruit des camps d'entraînement de terroristes en Afghanistan, sauvé un peuple de la famine et libéré un pays d'une oppression brutale.
Le drapeau américain flotte de nouveau au-dessus de notre ambassade à Kaboul. Les terroristes qui occupaient l'Afghanistan occupent maintenant des cellules à Guantanamo, et les chefs des terroristes qui incitaient leurs adeptes à sacrifier leur vie s'enfuient pour sauver la leur.
Les Etats-Unis et l'Afghanistan sont maintenant alliés contre le terrorisme - nous allons coopérer pour reconstruire ce pays - et ce soir nous souhaitons la bienvenue au président par intérim de l'Afghanistan libéré : M. Hamid Karzaï.
La dernière fois que nous étions réunis dans cet hémicycle, les mères et les filles de l'Afghanistan étaient captives chez elles ; il leur était interdit de travailler ou de faire des études. Aujourd'hui, les femmes sont libres et elles font partie du nouveau gouvernement de l'Afghanistan. Nous souhaitons aussi la bienvenue à la nouvelle ministre des affaires féminines, Mme Sima Samar.
C'est grâce à l'esprit du peuple afghan, à la détermination de notre coalition et à la puissance de l'armée des Etats-Unis que nous avons réalisé ces progrès. Lorsque j'ai mobilisé nos troupes, je l'ai fait avec une confiance totale en leur courage et en leur compétence, et c'est grâce à elles que nous gagnons la guerre contre le terrorisme. Les hommes et les femmes de nos forces armées ont transmis un message qui est maintenant clair à tous les ennemis des Etats-Unis : même à dix mille kilomètres de nos rives, par-delà les océans et les continents, au sommet des montagnes et au fond des grottes, ils n'échapperont pas à la justice de notre pays.
Ces trois derniers mois ont été pour de nombreux Américains synonymes d'une tristesse et d'une douleur qui ne s'effaceront sans doute jamais complètement. Il y a ce sapeur-pompier retraité qui vient tous les jours à " Ground Zero ", afin de se rapprocher des deux fils qu'il y a perdus. Il y a ce petit garçon qui, dans un mémorial de New York, a déposé son ballon de football avec un petit mot adressé à son père disparu : " Cher papa, s'il te plaît, emmène cela au paradis. Je ne jouerai pas au football tant que je ne pourrai pas jouer avec toi. " Et il y a Shannon Spann qui, le mois dernier, a prononcé ces mots d'adieu sur la tombe de son mari, Michael, un Marine et agent de la CIA mort à Mazar-e-Charif : " Semper fi, mon amour. " Shannon est avec nous ce soir.
Shannon, je puis vous assurer, ainsi qu'à tous ceux qui ont perdu des proches, que notre cause est juste et que notre pays n'oubliera jamais la dette qu'il a contractée envers Michael et envers tous ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.
Notre cause est juste, et elle se poursuit. Nos découvertes en Afghanistan ont confirmé nos pires craintes et elles nous montrent la véritable ampleur de la tâche qui nous attend. Nous avons observé la haine profonde de nos ennemis en regardant les films vidéo dans lesquels ils rient de la mort d'êtres innocents. L'intensité de leur haine n'a d'égale que la folie de la destruction qu'ils envisagent. Nous avons trouvé des schémas de centrales nucléaires et d'installations d'alimentation en eau américaines, des instructions détaillées pour la fabrication d'armes chimiques, des cartes de reconnaissance de villes américaines et la description précise de sites particuliers aux Etats-Unis et dans le reste du monde.
Ce que nous avons trouvé en Afghanistan confirme que, loin de se terminer dans ce pays, notre guerre contre le terrorisme ne fait que commencer. La plupart des dix-neuf hommes qui ont détourné les avions utilisés lors des attentats du 11 septembre s'étaient entraînés dans des camps en Afghanistan, comme l'ont fait aussi des dizaines de milliers d'autres individus. Des milliers de tueurs dangereux, rompus aux méthodes de l'assassinat, souvent soutenus par des régimes hors-la-loi, sont aujourd'hui disséminés un peu partout dans le monde, véritables bombes à retardement prêtes à exploser sans avertissement.
Grâce à l'action de nos agents chargés de l'application des lois et de nos partenaires avec lesquels nous avons formé une coalition, des centaines de terroristes ont été arrêtés - pour autant, il reste des dizaines de milliers de terroristes bien entraînés. Ces ennemis assimilent le monde entier à un champ de bataille, et nous devons les pourchasser, où qu'ils se trouvent. Tant qu'il restera des camps d'entraînement, tant que des Etats donneront asile aux terroristes, la liberté sera compromise ; cela, les Etats-Unis et leurs alliés ne doivent pas le tolérer, et ils ne le toléreront pas.
Les Etats-Unis poursuivront deux grands objectifs sans relâche et patiemment. Premièrement, nous devons fermer les camps d'entraînement, déjouer les plans des terroristes et faire comparaître ces derniers devant la justice. Deuxièmement, nous devons empêcher les terroristes et les gouvernements qui cherchent à se doter d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires de menacer les Etats-Unis et le monde.
Notre armée a mis les camps d'entraînement des terroristes en Afghanistan hors d'état de nuire, mais d'autres persistent dans une douzaine de pays au moins. Un monde terroriste clandestin, composé de groupes tels le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique et la Jaish-i-Mohammed, opère dans des jungles et des déserts isolés et se tapit en plein coeur des grandes villes.
Si c'est en Afghanistan que sa présence est la plus visible, l'armée des Etats-Unis agit aussi ailleurs. Aux Philippines, nous avons déployé des effectifs chargés d'aider les forces armées de ce pays à pourchasser les cellules terroristes qui ont exécuté un Américain et qui détiennent encore des otages. Nos soldats, en liaison avec le gouvernement bosniaque, ont capturé des terroristes qui complotaient de perpétrer un attentat à la bombe contre notre ambassade. Notre marine patrouille le long de la côte de l'Afrique en vue de bloquer les livraisons d'armes et l'établissement de camps terroristes en Somalie.
Je forme l'espoir que tous les pays écouteront notre appel et qu'ils élimineront les parasites terroristes qui nous menacent tous, eux comme nous. De nombreux pays mettent en oeuvre des moyens énergiques. Le Pakistan réprime maintenant le terrorisme et j'admire les grandes qualités de dirigeant réunies en la personne du président Moucharraf. Par contre, d'autres pays se montreront pusillanimes face au terrorisme. Ne vous y trompez pas : s'ils n'agissent pas, les Etats-Unis, eux, passeront à l'action.
Notre second objectif consiste à empêcher les gouvernements qui parrainent le terrorisme de menacer les Etats-Unis et leurs amis au moyen d'armes de destruction massive.
Certains de ces gouvernements se tiennent tranquilles depuis le 11 septembre. Mais nous connaissons leur véritable caractère. La Corée du Nord a un gouvernement qui s'équipe de missiles et d'armes de destruction massive tout en affamant sa population.
L'Iran s'emploie activement à fabriquer de telles armes et exporte le terrorisme tandis qu'une minorité non élue étouffe l'espoir de liberté du peuple iranien.
L'Irak continue à afficher son hostilité envers les Etats-Unis et à soutenir le terrorisme. Le gouvernement irakien complote depuis plus de dix ans pour mettre au point le bacille du charbon, des gaz neurotoxiques et des armes nucléaires. C'est un gouvernement qui a déjà utilisé les gaz asphyxiants pour tuer des milliers de ses propres citoyens, laissant les cadavres des mères blottis sur ceux de leurs enfants. C'est un gouvernement qui, après avoir accepté des inspections internationales, a chassé les inspecteurs. C'est un gouvernement qui a des choses à cacher au monde civilisé.
De tels Etats constituent, avec leurs alliés terroristes, un axe maléfique et s'arment pour menacer la paix mondiale. En cherchant à acquérir des armes de destruction massive, ils posent un danger dont la gravité ne fait que croître. Ils pourraient fournir ces armes aux terroristes, leur donnant ainsi des moyens à la hauteur de leur haine. Ils pourraient attaquer nos alliés ou tenter de faire du chantage auprès des Etats-Unis. Dans l'un quelconque de ces cas, le coût de l'indifférence serait catastrophique.
Nous coopérerons étroitement avec les membres de notre coalition pour refuser aux terroristes et aux Etats qui les parrainent le matériel, la technologie et le savoir-faire qui leur permettraient de fabriquer et de lancer des armes de destruction massive. Nous mettrons au point et déploierons une défense antimissile pour protéger les Etats-Unis et leurs alliés d'une attaque surprise. Et tous les pays devraient savoir que les Etats-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de notre nation.
Nous agirons sans hésitation mais le temps n'est pas notre allié. Nous n'attendrons pas que des incidents surviennent alors que le danger s'accroît. Nous ne resterons pas inactifs face à un danger qui se rapproche de plus en plus. Les Etats-Unis d'Amérique ne permettront pas aux gouvernements les plus dangereux du monde de nous menacer avec les armes les plus destructives du monde.
Notre guerre contre le terrorisme est déjà bien engagée, mais elle ne fait que commencer. Cette campagne ne sera peut-être pas terminée avant la fin de notre mandat, mais nous devons la mener durant ce mandat-ci et nous la mènerons.
Nous ne pouvons pas nous arrêter à mi-chemin. Si nous nous arrêtions maintenant, que nous laissions intacts les camps de terroristes et libres les Etats qui sèment le terrorisme, notre sentiment de sécurité serait illusoire et éphémère. L'histoire a lancé aux Etats-Unis et à leurs alliés un appel à l'action, et c'est tout autant notre responsabilité que notre privilège que de mener ce combat pour la liberté.
Notre première priorité doit toujours être la sécurité de notre nation, et ce fait se trouve reflété dans le budget que j'envoie au Congrès. Mon budget appuie trois objectifs très importants pour l'Amérique : Nous remporterons cette guerre, nous protégerons notre territoire et nous relancerons notre économie.
Le 11 septembre a fait ressortir le meilleur de l'Amérique et de ce Congrès. Je me joins au peuple américain afin d'applaudir à votre unité et à votre détermination. Maintenant, les Américains méritent que nous fassions preuve de la même unité afin de régler nos problèmes intérieurs. Je suis fier d'appartenir à mon parti. Cependant, au fur et à mesure que nous agissons en vue de gagner la guerre, de protéger notre peuple et de créer des emplois, nous devons avant tout nous comporter comme des Américains, et non comme des républicains ou comme des démocrates.
Cette guerre est fort coûteuse. Nous avons dépensé plus de un milliard de dollars par mois - plus de trente millions de dollars par jour - et nous devons être prêts pour les opérations qui seront menées à l'avenir. La campagne afghane a montré que les coûteuses armes de précision écrasent l'ennemi tout en épargnant la vie aux innocents, et il nous en faut davantage. Nous devons remplacer nos avions vieillissants et rendre nos armées plus agiles, de façon à pouvoir déplacer rapidement et en toute sécurité nos soldats partout dans le monde. Nos hommes et femmes en uniforme méritent les meilleures armes qui soient, le meilleur équipement possible et la meilleure formation qu'on puisse leur donner. Ils méritent aussi une nouvelle augmentation de leur solde. Mon budget prévoit la plus grosse augmentation en vingt ans en matière de défense, car si le prix de la liberté et de la sécurité est élevé, il ne l'est jamais trop. S'agissant de la défense de notre pays, nous en paierons le coût, quel qu'il soit.
La priorité suivante, dans mon budget, consiste à faire tout ce qui est possible pour protéger nos compatriotes et renforcer notre nation contre la menace toujours présente d'une nouvelle attaque. Le temps qui passe et qui nous éloigne des événements du 11 septembre n'améliorera pas notre sens de sécurité à moins que nous ne tirions les leçons de ces attentats. L'Amérique n'est désormais plus protégée par de vastes océans. Seuls une action vigoureuse à l'étranger et un renforcement de la vigilance chez nous nous protégeront d'une attaque.
Mon budget double pratiquement les fonds qui appuieront une stratégie soutenue en matière de sécurité du territoire, stratégie qui se concentre sur quatre domaines clés : le bioterrorisme, la réaction aux situations d'urgence, la sécurité dans les aéroports et aux frontières et l'amélioration des services de renseignement. Nous mettrons au point des vaccins pour combattre la maladie du charbon et d'autres maladies mortelles. Nous augmenterons les crédits afin d'aider les Etats et les collectivités à former et à équiper nos héroïques policiers et sapeurs-pompiers. Nous améliorerons la collecte et l'échange de renseignements, multiplierons les patrouilles à nos frontières, renforcerons la sécurité dans nos transports aériens, et utiliserons la technologie afin de suivre les arrivées et les départs des visiteurs aux Etats-Unis.
La sûreté du territoire aura pour effet non seulement de renforcer l'Amérique, mais aussi, de maintes façons, de l'améliorer. Les connaissances que nous tirerons de la recherche sur le bioterrorisme amélioreront la santé publique, une police et un corps de sapeurs-pompiers renforcés créeront des quartiers plus sûrs, et une surveillance accrue des frontières facilitera la lutte contre le trafic des stupéfiants.
Le gouvernement assurera la sécurité de notre territoire, mais cela n'empêchera pas l'Amérique de continuer à compter sur la sagacité de ses citoyens. Quelques jours avant Noël, une hôtesse de l'air a surpris un passager en train d'essayer de craquer une allumette. L'équipage et les passagers ont rapidement maîtrisé l'homme, qui avait été formé par Al-Qaïda et avait des explosifs. Les gens à bord de cet appareil étaient sur le qui-vive et, de ce fait, ils ont sans doute sauvé près de 200 personnes. Ce soir, nous accueillons et remercions les hôtesses Hermis Moutardier et Christina Jones. Après le financement de notre sécurité nationale et de la sûreté de notre territoire, ma dernière grande priorité budgétaire sera la sécurité économique de tous les Américains. Afin d'atteindre ces grands objectifs nationaux - à savoir gagner la guerre, protéger notre territoire et relancer notre économie -, nous enregistrerons un déficit budgétaire qui sera de faible importance et de courte durée, à condition que le Congrès limite les dépenses et agisse de façon responsable sur le plan financier. Nous avons des priorités claires, et nous devons agir chez nous avec la même détermination dont nous avons fait preuve à l'étranger : nous gagnerons la guerre, et nous vaincrons cette récession
Les Américains qui ont perdu leur emploi ont besoin de notre aide. Je suis favorable à l'extension de l'allocation chômage et à l'octroi d'une aide directe pour la couverture médicale. Cependant, les travailleurs américains préfèrent un bulletin de paie régulier aux chèques des allocations. Quand l'Amérique travaille, l'Amérique prospère. En conséquence, mon plan de sécurité économique peut se résumer en un mot : l'emploi.
De bons emplois commencent par de bonnes écoles, et là, nous avons pris un bon départ. Les républicains et les démocrates se sont entendus pour élaborer une réforme historique de l'éducation qui fera qu'aucun enfant ne sera laissé pour compte. Je suis fier d'avoir travaillé avec des membres des deux partis - le président John Boehner, le député George Miller, le sénateur Judd Gregg - j'étais si fier de nos travaux que j'ai même dit des choses aimables au sujet de mon ami Ted Kennedy. Les clients du café de Crawford n'en croyaient pas leurs oreilles. Mais notre travail sur cette loi montre ce qui peut être accompli lorsqu'on oublie la roublardise pour se concentrer sur les résultats.
Il faut faire davantage. Nous devons préparer nos enfants à l'apprentissage de la lecture et à la réussite à l'école en améliorant les programmes " Head Start " et autres programmes visant le développement des jeunes enfants. Nous devons renforcer nos écoles normales, améliorer la formation des enseignants, et lancer une importante campagne de recrutement d'enseignants qui aurait un objectif important pour l'Amérique : un enseignant compétent dans chaque salle de classe.
Pour avoir de bons emplois, il faut avoir des sources d'énergie fiables à un prix abordable. Il faut que ce Congrès agisse afin d'encourager l'économie d'énergie, promouvoir la technologie, bâtir l'infrastructure ; il doit aussi prendre des mesures pour accroître la production d'énergie ici-même aux Etats-Unis de façon que notre pays dépende moins du pétrole étranger.
Pour avoir de bons emplois, il faut développer le commerce. Le fait de vendre ses produits à de nouveaux marchés crée de nouveaux emplois, et j'ai demandé au Congrès de finalement approuver le texte de loi sur l'autorité en matière de promotion du commerce. S'agissant de ces deux points importants, le commerce et l'énergie, la Chambre des représentants a pris des mesures pour créer des emplois, et j'exhorte le Sénat à adopter ces textes.
Pour avoir de bons emplois, il faut avoir une politique fiscale saine. L'année dernière, certains, dans cette salle, pensaient que mon plan d'allégement fiscal n'était pas assez ambitieux, d'autres trop. Mais, lorsque les chèques sont arrivés par le courrier, la plupart des Américains ont pensé que le montant de la réduction d'impôts était à peu près juste ce qu'il fallait. Le Congrès a écouté ce que disaient les gens et a répondu en réduisant les taux d'imposition, en doublant le crédit d'impôt pour les enfants, en mettant fin à l'impôt sur les successions. Dans l'intérêt de la croissance à long terme et afin d'aider les Américains à faire des plans d'avenir, faisons en sorte que ces réductions d'impôt soient permanentes.
Pour pouvoir sortir de cette récession, pour pouvoir créer des emplois, il faut faire croître l'économie en encourageant les investissements dans les usines et l'équipement, et en accélérant l'allégement de l'impôt pour que les gens aient davantage d'argent à dépenser. Par égard pour les travailleurs américains, adoptons des mesures visant à stimuler l'économie.
L'obtention de bons emplois doit être l'objectif de la réforme en matière d'assistance sociale. Alors que nous reconduisons ces importantes réformes, nous ne devons pas perdre de vue que l'objectif est de réduire la dépendance à l'égard des subsides de l'Etat et offrir à chaque Américain la dignité d'un emploi.
Les Américains savent que sans la sécurité en matière de santé, la sécurité économique peut disparaître en un instant. Je demande aux membres du Congrès de se rallier derrière moi cette année et de promulguer une " déclaration des droits du patient ", afin de donner aux travailleurs sans assurance les moyens qui les aideront à acheter une assurance médicale, d'approuver une augmentation sans précédent des dépenses liées à la santé des anciens combattants, et de donner aux personnes du troisième âge un mécanisme de protection médicale moderne et fiable qui comprendra le remboursement des médicaments.
Avoir un bon emploi devrait conduire à la sécurité au moment de la retraite. Je demande au Congrès d'adopter de nouvelles mesures de sauvegarde des plans de pensions et des plans d'épargne-retraite (401 K), car les gens qui ont travaillé dur et économisé toute leur vie ne devraient pas risquer de tout perdre si leur société faisait faillite. Grâce à des normes de comptabilité plus strictes et à des critères de transparence plus rigoureux, il faut obliger le monde des affaires, aux Etats-Unis, à rendre de meilleurs comptes à ses employés et à ses actionnaires et à respecter les normes les plus élevées de conduite.
Pour avoir la sécurité au moment de la retraite, il faut que les engagements pris par la Sécurité sociale soient respectés, et nous le ferons. Nous devons faire en sorte que la Sécurité sociale soit financièrement stable, et permettre aux jeunes travailleurs qui le souhaiteraient d'ouvrir des comptes personnels de placements en vue de leur retraite.
Mesdames et Messieurs membres du Congrès, nous allons travailler de concert dans les mois à venir à d'autres dossiers importants : à une politique agricole positive, à un environnement plus salubre, à faciliter l'accession à la propriété - notamment pour les membres des minorités - et à des moyens d'encourager l'excellent travail que font les organisations caritatives et les groupes relevant d'une religion. Pour ce qui est de ces importantes questions intérieures, je vous demande de vous joindre à moi et de faire preuve de cet esprit de collaboration qui marque la guerre que nous menons contre le terrorisme.
Au cours de ces derniers mois, je me suis senti humble et privilégié en constatant le véritable caractère de ce pays dans des moments difficiles. Nos ennemis croyaient que l'Amérique était faible et matérialiste, que la peur et l'égoïsme nous feraient craquer. Leur erreur est à la mesure de leur diabolisme.
Le peuple américain a réagi de façon magnifique, avec courage et compassion, avec vigueur et détermination. Et quand j'ai rencontré les héros, étreint les familles et regardé les visages aux traits tirés des secouristes, j'ai ressenti une énorme admiration pour ce peuple américain.
J'espère que vous vous joindrez à moi pour exprimer nos remerciements à une Américaine, mon épouse, Laura Bush, pour la force, le calme, le réconfort qu'elle apporte à notre pays en temps de crise.
Aucun d'entre nous ne souhaiterait jamais à quiconque le mal qui a été fait le 11 septembre, mais après que l'Amérique fut attaquée, ce fut comme si notre peuple tout entier se regardait dans une glace et y voyait le meilleur en lui. Il nous fut rappelé que nous étions des Américains qui avions des obligations les uns envers les autres, envers notre pays et envers l'histoire. Nous avons alors commencé à penser moins aux belles choses que nous pouvions accumuler qu'aux belles choses que nous pouvions accomplir.
Pendant trop longtemps, notre culture a consisté à dire : " Fais ce que voudras. " Maintenant elle adopte une nouvelle éthique et un nouveau credo : " En avant ! " Dans les sacrifices de nos soldats, dans la grande fraternité de nos pompiers et dans le courage et la générosité des simples particuliers, nous avons eu un aperçu de cette nouvelle culture de la responsabilité. Nous voulons être un pays qui réalise des objectifs plus vastes que ceux de chaque individu. Nous avons une occasion exceptionnelle, et il ne nous faut pas la laisser passer.
Je demande ce soir à tous les Américains de consacrer au moins deux ans de leur vie, soit quatre mille heures, au service de leurs voisins et de leur pays. Un grand nombre d'entre vous le font déjà, et je vous en remercie. Si vous ne savez pas exactement comment vous pouvez aider, je vous propose un bon endroit pour commencer. Je vous invite à faire partie du nouveau Corps de la liberté (" USA Freedom Corps "). Le Corps de la liberté concentrera son action dans trois domaines où les besoins sont grands. Il servira à faire face à une crise dans notre pays, à reconstruire nos collectivités et à manifester notre compassion dans le monde entier.
L'un des objectifs du Corps de la liberté sera la sécurité intérieure. Les Etats-Unis ont besoin des médecins et des infirmières qui sont à la retraite et qui sont susceptibles d'être mobilisés en cas de grande crise ; ils ont aussi besoin de bénévoles pour aider les policiers et les pompiers, des ouvriers des transports et des autres services publics qui ont la formation nécessaire pour déceler un danger quelconque.
Notre pays a également besoin de citoyens qui participent à la reconstruction de nos collectivités. Nous avons besoin de mentors qui s'occupent avec amour d'enfants, en particulier des enfants dont les parents sont en prison. Nous avons aussi besoin d'un plus grand nombre d'enseignants compétents dans les écoles en proie à des difficultés. Le Corps de la liberté renforcera les efforts de l'" Americorps " et du " Senior Corps " en faisant appel à plus de deux cent mille bénévoles supplémentaires.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont besoin de citoyens désireux de manifester la compassion de notre pays aux quatre coins du monde. Nous réaffirmerons les engagements du Corps de la paix, doublerons le nombre de ses volontaires au cours des cinq prochaines années et demanderons à ce corps de participer à un nouvel effort visant à encourager le développement, l'enseignement et les possibilités économiques dans les pays musulmans.
Cette période d'adversité nous offre une occasion exceptionnelle, une occasion que nous devons saisir pour changer notre culture. Grâce à l'élan suscité par des millions de bonnes actions, je sais que nous pouvons vaincre le mal par le bien. En ces temps de guerre, nous avons une occasion extraordinaire de mener le monde sur la voie de la paix durable.
Dans toutes les sociétés, les parents veulent que leurs enfants soient éduqués et vivent à l'abri de la pauvreté et de la violence. Aucun être humain ne souhaite vivre opprimé, ni n'aspire à la servitude, ni n'attend avec impatience que la police secrète frappe à sa porte à minuit.
Que ceux qui en doutent observent l'Afghanistan, où la population a accueilli la chute de la tyrannie avec des chants et des cris de joie. Que les sceptiques étudient la riche histoire de l'islam, avec ses siècles d'étude, de tolérance et de progrès.
L'Amérique sera le champion de la défense de la liberté et de la justice, parce que ces principes sont justes, vrais et inaliénables pour tous les peuples du monde. Aucune nation n'a l'exclusivité de ces valeurs, et aucune nation ne peut y échapper. Nous n'avons pas l'intention d'imposer notre culture, mais les Etats-Unis défendront toujours fermement les principes non négociables de la dignité humaine : la primauté du droit, la limitation de la puissance de l'Etat, le respect des femmes, la propriété privée, la liberté d'expression, la justice pour tous, et la tolérance religieuse.
L'Amérique prendra la défense des hommes et femmes courageux qui protègent ces valeurs dans le monde, y compris dans les pays islamiques, parce que nous visons plus que l'élimination des menaces et l'endiguement du ressentiment. Au-delà de la guerre contre le terrorisme, nous cherchons l'avènement d'un monde juste et pacifique.
En ces moments uniques, une menace commune efface les anciennes rivalités. Les Etats-Unis coopèrent avec la Russie, la Chine et l'Inde, comme ils ne l'ont encore jamais fait, en faveur de la paix et de la prospérité. Dans chaque région, les marchés libres, le libre-échange, et les sociétés libres prouvent leur capacité d'amélioration des conditions de vie. De concert avec nos amis et alliés d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, nous montrerons que les forces de la terreur ne peuvent pas arrêter l'élan de la liberté.
La dernière fois que j'ai pris la parole ici, j'ai exprimé l'espoir que la vie redeviendrait normale. A certains égards, elle l'est redevenue. A d'autres, elle ne le redeviendra jamais. Ceux d'entre nous qui ont été touchés par ces dures épreuves en sont sortis changés. Nous avons appris des vérités dont nous ne douterons jamais, à savoir que le mal existe et qu'il faut s'y opposer. Par-delà les différences de race ou de religion, nous sommes un seul pays, qui pleure ses morts ensemble et qui fait face au danger ensemble. L'honneur est au plus profond du caractère américain, et il est plus fort que le cynisme. Et un grand nombre d'entre nous ont de nouveau découvert que même lors d'une tragédie - et tout particulièrement lors d'une tragédie - Dieu est proche.
En un instant, nous nous sommes rendu compte que cette décennie serait décisive dans l'histoire de la liberté et que nous étions appelés à jouer un rôle exceptionnel dans le cours des événements de l'humanité. Rarement le monde a eu à faire face à un choix aussi clair et dont les effets sont aussi importants.
Nos ennemis envoient les enfants d'autres personnes accomplir une mission qui s'achève par leur suicide et par l'assassinat. Ils embrassent la tyrannie et la mort en tant que cause et religion. Nous défendons un choix différent qui a été fait il y a longtemps, le jour de la fondation de notre République. Nous le réaffirmons aujourd'hui. Nous choisissons la liberté et la dignité de tout être humain.
Déterminés à atteindre notre but, nous poursuivons maintenant notre tâche. Nous avons vu le prix de la liberté. Nous avons montré le pouvoir de la liberté. Et dans ce grand conflit, mes chers compatriotes, nous verrons la victoire de la liberté.
Je vous remercie tous. Que Dieu vous bénisse.
Alors que nous sommes réunis ici ce soir, notre pays est en guerre, notre économie est en récession, et le monde civilisé doit faire face à des dangers sans précédent. Et pourtant, notre Union n'a jamais été aussi solide.
Lors de notre dernière réunion, nous étions sous le choc et en proie à la souffrance. En quatre mois à peine, notre pays a réconforté les victimes, commencé à reconstruire New York et le Pentagone, formé une grande coalition, capturé, arrêté et mis hors d'état de nuire des milliers de terroristes, détruit des camps d'entraînement de terroristes en Afghanistan, sauvé un peuple de la famine et libéré un pays d'une oppression brutale.
Le drapeau américain flotte de nouveau au-dessus de notre ambassade à Kaboul. Les terroristes qui occupaient l'Afghanistan occupent maintenant des cellules à Guantanamo, et les chefs des terroristes qui incitaient leurs adeptes à sacrifier leur vie s'enfuient pour sauver la leur.
Les Etats-Unis et l'Afghanistan sont maintenant alliés contre le terrorisme - nous allons coopérer pour reconstruire ce pays - et ce soir nous souhaitons la bienvenue au président par intérim de l'Afghanistan libéré : M. Hamid Karzaï.
La dernière fois que nous étions réunis dans cet hémicycle, les mères et les filles de l'Afghanistan étaient captives chez elles ; il leur était interdit de travailler ou de faire des études. Aujourd'hui, les femmes sont libres et elles font partie du nouveau gouvernement de l'Afghanistan. Nous souhaitons aussi la bienvenue à la nouvelle ministre des affaires féminines, Mme Sima Samar.
C'est grâce à l'esprit du peuple afghan, à la détermination de notre coalition et à la puissance de l'armée des Etats-Unis que nous avons réalisé ces progrès. Lorsque j'ai mobilisé nos troupes, je l'ai fait avec une confiance totale en leur courage et en leur compétence, et c'est grâce à elles que nous gagnons la guerre contre le terrorisme. Les hommes et les femmes de nos forces armées ont transmis un message qui est maintenant clair à tous les ennemis des Etats-Unis : même à dix mille kilomètres de nos rives, par-delà les océans et les continents, au sommet des montagnes et au fond des grottes, ils n'échapperont pas à la justice de notre pays.
Ces trois derniers mois ont été pour de nombreux Américains synonymes d'une tristesse et d'une douleur qui ne s'effaceront sans doute jamais complètement. Il y a ce sapeur-pompier retraité qui vient tous les jours à " Ground Zero ", afin de se rapprocher des deux fils qu'il y a perdus. Il y a ce petit garçon qui, dans un mémorial de New York, a déposé son ballon de football avec un petit mot adressé à son père disparu : " Cher papa, s'il te plaît, emmène cela au paradis. Je ne jouerai pas au football tant que je ne pourrai pas jouer avec toi. " Et il y a Shannon Spann qui, le mois dernier, a prononcé ces mots d'adieu sur la tombe de son mari, Michael, un Marine et agent de la CIA mort à Mazar-e-Charif : " Semper fi, mon amour. " Shannon est avec nous ce soir.
Shannon, je puis vous assurer, ainsi qu'à tous ceux qui ont perdu des proches, que notre cause est juste et que notre pays n'oubliera jamais la dette qu'il a contractée envers Michael et envers tous ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.
Notre cause est juste, et elle se poursuit. Nos découvertes en Afghanistan ont confirmé nos pires craintes et elles nous montrent la véritable ampleur de la tâche qui nous attend. Nous avons observé la haine profonde de nos ennemis en regardant les films vidéo dans lesquels ils rient de la mort d'êtres innocents. L'intensité de leur haine n'a d'égale que la folie de la destruction qu'ils envisagent. Nous avons trouvé des schémas de centrales nucléaires et d'installations d'alimentation en eau américaines, des instructions détaillées pour la fabrication d'armes chimiques, des cartes de reconnaissance de villes américaines et la description précise de sites particuliers aux Etats-Unis et dans le reste du monde.
Ce que nous avons trouvé en Afghanistan confirme que, loin de se terminer dans ce pays, notre guerre contre le terrorisme ne fait que commencer. La plupart des dix-neuf hommes qui ont détourné les avions utilisés lors des attentats du 11 septembre s'étaient entraînés dans des camps en Afghanistan, comme l'ont fait aussi des dizaines de milliers d'autres individus. Des milliers de tueurs dangereux, rompus aux méthodes de l'assassinat, souvent soutenus par des régimes hors-la-loi, sont aujourd'hui disséminés un peu partout dans le monde, véritables bombes à retardement prêtes à exploser sans avertissement.
Grâce à l'action de nos agents chargés de l'application des lois et de nos partenaires avec lesquels nous avons formé une coalition, des centaines de terroristes ont été arrêtés - pour autant, il reste des dizaines de milliers de terroristes bien entraînés. Ces ennemis assimilent le monde entier à un champ de bataille, et nous devons les pourchasser, où qu'ils se trouvent. Tant qu'il restera des camps d'entraînement, tant que des Etats donneront asile aux terroristes, la liberté sera compromise ; cela, les Etats-Unis et leurs alliés ne doivent pas le tolérer, et ils ne le toléreront pas.
Les Etats-Unis poursuivront deux grands objectifs sans relâche et patiemment. Premièrement, nous devons fermer les camps d'entraînement, déjouer les plans des terroristes et faire comparaître ces derniers devant la justice. Deuxièmement, nous devons empêcher les terroristes et les gouvernements qui cherchent à se doter d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires de menacer les Etats-Unis et le monde.
Notre armée a mis les camps d'entraînement des terroristes en Afghanistan hors d'état de nuire, mais d'autres persistent dans une douzaine de pays au moins. Un monde terroriste clandestin, composé de groupes tels le Hamas, le Hezbollah, le Djihad islamique et la Jaish-i-Mohammed, opère dans des jungles et des déserts isolés et se tapit en plein coeur des grandes villes.
Si c'est en Afghanistan que sa présence est la plus visible, l'armée des Etats-Unis agit aussi ailleurs. Aux Philippines, nous avons déployé des effectifs chargés d'aider les forces armées de ce pays à pourchasser les cellules terroristes qui ont exécuté un Américain et qui détiennent encore des otages. Nos soldats, en liaison avec le gouvernement bosniaque, ont capturé des terroristes qui complotaient de perpétrer un attentat à la bombe contre notre ambassade. Notre marine patrouille le long de la côte de l'Afrique en vue de bloquer les livraisons d'armes et l'établissement de camps terroristes en Somalie.
Je forme l'espoir que tous les pays écouteront notre appel et qu'ils élimineront les parasites terroristes qui nous menacent tous, eux comme nous. De nombreux pays mettent en oeuvre des moyens énergiques. Le Pakistan réprime maintenant le terrorisme et j'admire les grandes qualités de dirigeant réunies en la personne du président Moucharraf. Par contre, d'autres pays se montreront pusillanimes face au terrorisme. Ne vous y trompez pas : s'ils n'agissent pas, les Etats-Unis, eux, passeront à l'action.
Notre second objectif consiste à empêcher les gouvernements qui parrainent le terrorisme de menacer les Etats-Unis et leurs amis au moyen d'armes de destruction massive.
Certains de ces gouvernements se tiennent tranquilles depuis le 11 septembre. Mais nous connaissons leur véritable caractère. La Corée du Nord a un gouvernement qui s'équipe de missiles et d'armes de destruction massive tout en affamant sa population.
L'Iran s'emploie activement à fabriquer de telles armes et exporte le terrorisme tandis qu'une minorité non élue étouffe l'espoir de liberté du peuple iranien.
L'Irak continue à afficher son hostilité envers les Etats-Unis et à soutenir le terrorisme. Le gouvernement irakien complote depuis plus de dix ans pour mettre au point le bacille du charbon, des gaz neurotoxiques et des armes nucléaires. C'est un gouvernement qui a déjà utilisé les gaz asphyxiants pour tuer des milliers de ses propres citoyens, laissant les cadavres des mères blottis sur ceux de leurs enfants. C'est un gouvernement qui, après avoir accepté des inspections internationales, a chassé les inspecteurs. C'est un gouvernement qui a des choses à cacher au monde civilisé.
De tels Etats constituent, avec leurs alliés terroristes, un axe maléfique et s'arment pour menacer la paix mondiale. En cherchant à acquérir des armes de destruction massive, ils posent un danger dont la gravité ne fait que croître. Ils pourraient fournir ces armes aux terroristes, leur donnant ainsi des moyens à la hauteur de leur haine. Ils pourraient attaquer nos alliés ou tenter de faire du chantage auprès des Etats-Unis. Dans l'un quelconque de ces cas, le coût de l'indifférence serait catastrophique.
Nous coopérerons étroitement avec les membres de notre coalition pour refuser aux terroristes et aux Etats qui les parrainent le matériel, la technologie et le savoir-faire qui leur permettraient de fabriquer et de lancer des armes de destruction massive. Nous mettrons au point et déploierons une défense antimissile pour protéger les Etats-Unis et leurs alliés d'une attaque surprise. Et tous les pays devraient savoir que les Etats-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de notre nation.
Nous agirons sans hésitation mais le temps n'est pas notre allié. Nous n'attendrons pas que des incidents surviennent alors que le danger s'accroît. Nous ne resterons pas inactifs face à un danger qui se rapproche de plus en plus. Les Etats-Unis d'Amérique ne permettront pas aux gouvernements les plus dangereux du monde de nous menacer avec les armes les plus destructives du monde.
Notre guerre contre le terrorisme est déjà bien engagée, mais elle ne fait que commencer. Cette campagne ne sera peut-être pas terminée avant la fin de notre mandat, mais nous devons la mener durant ce mandat-ci et nous la mènerons.
Nous ne pouvons pas nous arrêter à mi-chemin. Si nous nous arrêtions maintenant, que nous laissions intacts les camps de terroristes et libres les Etats qui sèment le terrorisme, notre sentiment de sécurité serait illusoire et éphémère. L'histoire a lancé aux Etats-Unis et à leurs alliés un appel à l'action, et c'est tout autant notre responsabilité que notre privilège que de mener ce combat pour la liberté.
Notre première priorité doit toujours être la sécurité de notre nation, et ce fait se trouve reflété dans le budget que j'envoie au Congrès. Mon budget appuie trois objectifs très importants pour l'Amérique : Nous remporterons cette guerre, nous protégerons notre territoire et nous relancerons notre économie.
Le 11 septembre a fait ressortir le meilleur de l'Amérique et de ce Congrès. Je me joins au peuple américain afin d'applaudir à votre unité et à votre détermination. Maintenant, les Américains méritent que nous fassions preuve de la même unité afin de régler nos problèmes intérieurs. Je suis fier d'appartenir à mon parti. Cependant, au fur et à mesure que nous agissons en vue de gagner la guerre, de protéger notre peuple et de créer des emplois, nous devons avant tout nous comporter comme des Américains, et non comme des républicains ou comme des démocrates.
Cette guerre est fort coûteuse. Nous avons dépensé plus de un milliard de dollars par mois - plus de trente millions de dollars par jour - et nous devons être prêts pour les opérations qui seront menées à l'avenir. La campagne afghane a montré que les coûteuses armes de précision écrasent l'ennemi tout en épargnant la vie aux innocents, et il nous en faut davantage. Nous devons remplacer nos avions vieillissants et rendre nos armées plus agiles, de façon à pouvoir déplacer rapidement et en toute sécurité nos soldats partout dans le monde. Nos hommes et femmes en uniforme méritent les meilleures armes qui soient, le meilleur équipement possible et la meilleure formation qu'on puisse leur donner. Ils méritent aussi une nouvelle augmentation de leur solde. Mon budget prévoit la plus grosse augmentation en vingt ans en matière de défense, car si le prix de la liberté et de la sécurité est élevé, il ne l'est jamais trop. S'agissant de la défense de notre pays, nous en paierons le coût, quel qu'il soit.
La priorité suivante, dans mon budget, consiste à faire tout ce qui est possible pour protéger nos compatriotes et renforcer notre nation contre la menace toujours présente d'une nouvelle attaque. Le temps qui passe et qui nous éloigne des événements du 11 septembre n'améliorera pas notre sens de sécurité à moins que nous ne tirions les leçons de ces attentats. L'Amérique n'est désormais plus protégée par de vastes océans. Seuls une action vigoureuse à l'étranger et un renforcement de la vigilance chez nous nous protégeront d'une attaque.
Mon budget double pratiquement les fonds qui appuieront une stratégie soutenue en matière de sécurité du territoire, stratégie qui se concentre sur quatre domaines clés : le bioterrorisme, la réaction aux situations d'urgence, la sécurité dans les aéroports et aux frontières et l'amélioration des services de renseignement. Nous mettrons au point des vaccins pour combattre la maladie du charbon et d'autres maladies mortelles. Nous augmenterons les crédits afin d'aider les Etats et les collectivités à former et à équiper nos héroïques policiers et sapeurs-pompiers. Nous améliorerons la collecte et l'échange de renseignements, multiplierons les patrouilles à nos frontières, renforcerons la sécurité dans nos transports aériens, et utiliserons la technologie afin de suivre les arrivées et les départs des visiteurs aux Etats-Unis.
La sûreté du territoire aura pour effet non seulement de renforcer l'Amérique, mais aussi, de maintes façons, de l'améliorer. Les connaissances que nous tirerons de la recherche sur le bioterrorisme amélioreront la santé publique, une police et un corps de sapeurs-pompiers renforcés créeront des quartiers plus sûrs, et une surveillance accrue des frontières facilitera la lutte contre le trafic des stupéfiants.
Le gouvernement assurera la sécurité de notre territoire, mais cela n'empêchera pas l'Amérique de continuer à compter sur la sagacité de ses citoyens. Quelques jours avant Noël, une hôtesse de l'air a surpris un passager en train d'essayer de craquer une allumette. L'équipage et les passagers ont rapidement maîtrisé l'homme, qui avait été formé par Al-Qaïda et avait des explosifs. Les gens à bord de cet appareil étaient sur le qui-vive et, de ce fait, ils ont sans doute sauvé près de 200 personnes. Ce soir, nous accueillons et remercions les hôtesses Hermis Moutardier et Christina Jones. Après le financement de notre sécurité nationale et de la sûreté de notre territoire, ma dernière grande priorité budgétaire sera la sécurité économique de tous les Américains. Afin d'atteindre ces grands objectifs nationaux - à savoir gagner la guerre, protéger notre territoire et relancer notre économie -, nous enregistrerons un déficit budgétaire qui sera de faible importance et de courte durée, à condition que le Congrès limite les dépenses et agisse de façon responsable sur le plan financier. Nous avons des priorités claires, et nous devons agir chez nous avec la même détermination dont nous avons fait preuve à l'étranger : nous gagnerons la guerre, et nous vaincrons cette récession
Les Américains qui ont perdu leur emploi ont besoin de notre aide. Je suis favorable à l'extension de l'allocation chômage et à l'octroi d'une aide directe pour la couverture médicale. Cependant, les travailleurs américains préfèrent un bulletin de paie régulier aux chèques des allocations. Quand l'Amérique travaille, l'Amérique prospère. En conséquence, mon plan de sécurité économique peut se résumer en un mot : l'emploi.
De bons emplois commencent par de bonnes écoles, et là, nous avons pris un bon départ. Les républicains et les démocrates se sont entendus pour élaborer une réforme historique de l'éducation qui fera qu'aucun enfant ne sera laissé pour compte. Je suis fier d'avoir travaillé avec des membres des deux partis - le président John Boehner, le député George Miller, le sénateur Judd Gregg - j'étais si fier de nos travaux que j'ai même dit des choses aimables au sujet de mon ami Ted Kennedy. Les clients du café de Crawford n'en croyaient pas leurs oreilles. Mais notre travail sur cette loi montre ce qui peut être accompli lorsqu'on oublie la roublardise pour se concentrer sur les résultats.
Il faut faire davantage. Nous devons préparer nos enfants à l'apprentissage de la lecture et à la réussite à l'école en améliorant les programmes " Head Start " et autres programmes visant le développement des jeunes enfants. Nous devons renforcer nos écoles normales, améliorer la formation des enseignants, et lancer une importante campagne de recrutement d'enseignants qui aurait un objectif important pour l'Amérique : un enseignant compétent dans chaque salle de classe.
Pour avoir de bons emplois, il faut avoir des sources d'énergie fiables à un prix abordable. Il faut que ce Congrès agisse afin d'encourager l'économie d'énergie, promouvoir la technologie, bâtir l'infrastructure ; il doit aussi prendre des mesures pour accroître la production d'énergie ici-même aux Etats-Unis de façon que notre pays dépende moins du pétrole étranger.
Pour avoir de bons emplois, il faut développer le commerce. Le fait de vendre ses produits à de nouveaux marchés crée de nouveaux emplois, et j'ai demandé au Congrès de finalement approuver le texte de loi sur l'autorité en matière de promotion du commerce. S'agissant de ces deux points importants, le commerce et l'énergie, la Chambre des représentants a pris des mesures pour créer des emplois, et j'exhorte le Sénat à adopter ces textes.
Pour avoir de bons emplois, il faut avoir une politique fiscale saine. L'année dernière, certains, dans cette salle, pensaient que mon plan d'allégement fiscal n'était pas assez ambitieux, d'autres trop. Mais, lorsque les chèques sont arrivés par le courrier, la plupart des Américains ont pensé que le montant de la réduction d'impôts était à peu près juste ce qu'il fallait. Le Congrès a écouté ce que disaient les gens et a répondu en réduisant les taux d'imposition, en doublant le crédit d'impôt pour les enfants, en mettant fin à l'impôt sur les successions. Dans l'intérêt de la croissance à long terme et afin d'aider les Américains à faire des plans d'avenir, faisons en sorte que ces réductions d'impôt soient permanentes.
Pour pouvoir sortir de cette récession, pour pouvoir créer des emplois, il faut faire croître l'économie en encourageant les investissements dans les usines et l'équipement, et en accélérant l'allégement de l'impôt pour que les gens aient davantage d'argent à dépenser. Par égard pour les travailleurs américains, adoptons des mesures visant à stimuler l'économie.
L'obtention de bons emplois doit être l'objectif de la réforme en matière d'assistance sociale. Alors que nous reconduisons ces importantes réformes, nous ne devons pas perdre de vue que l'objectif est de réduire la dépendance à l'égard des subsides de l'Etat et offrir à chaque Américain la dignité d'un emploi.
Les Américains savent que sans la sécurité en matière de santé, la sécurité économique peut disparaître en un instant. Je demande aux membres du Congrès de se rallier derrière moi cette année et de promulguer une " déclaration des droits du patient ", afin de donner aux travailleurs sans assurance les moyens qui les aideront à acheter une assurance médicale, d'approuver une augmentation sans précédent des dépenses liées à la santé des anciens combattants, et de donner aux personnes du troisième âge un mécanisme de protection médicale moderne et fiable qui comprendra le remboursement des médicaments.
Avoir un bon emploi devrait conduire à la sécurité au moment de la retraite. Je demande au Congrès d'adopter de nouvelles mesures de sauvegarde des plans de pensions et des plans d'épargne-retraite (401 K), car les gens qui ont travaillé dur et économisé toute leur vie ne devraient pas risquer de tout perdre si leur société faisait faillite. Grâce à des normes de comptabilité plus strictes et à des critères de transparence plus rigoureux, il faut obliger le monde des affaires, aux Etats-Unis, à rendre de meilleurs comptes à ses employés et à ses actionnaires et à respecter les normes les plus élevées de conduite.
Pour avoir la sécurité au moment de la retraite, il faut que les engagements pris par la Sécurité sociale soient respectés, et nous le ferons. Nous devons faire en sorte que la Sécurité sociale soit financièrement stable, et permettre aux jeunes travailleurs qui le souhaiteraient d'ouvrir des comptes personnels de placements en vue de leur retraite.
Mesdames et Messieurs membres du Congrès, nous allons travailler de concert dans les mois à venir à d'autres dossiers importants : à une politique agricole positive, à un environnement plus salubre, à faciliter l'accession à la propriété - notamment pour les membres des minorités - et à des moyens d'encourager l'excellent travail que font les organisations caritatives et les groupes relevant d'une religion. Pour ce qui est de ces importantes questions intérieures, je vous demande de vous joindre à moi et de faire preuve de cet esprit de collaboration qui marque la guerre que nous menons contre le terrorisme.
Au cours de ces derniers mois, je me suis senti humble et privilégié en constatant le véritable caractère de ce pays dans des moments difficiles. Nos ennemis croyaient que l'Amérique était faible et matérialiste, que la peur et l'égoïsme nous feraient craquer. Leur erreur est à la mesure de leur diabolisme.
Le peuple américain a réagi de façon magnifique, avec courage et compassion, avec vigueur et détermination. Et quand j'ai rencontré les héros, étreint les familles et regardé les visages aux traits tirés des secouristes, j'ai ressenti une énorme admiration pour ce peuple américain.
J'espère que vous vous joindrez à moi pour exprimer nos remerciements à une Américaine, mon épouse, Laura Bush, pour la force, le calme, le réconfort qu'elle apporte à notre pays en temps de crise.
Aucun d'entre nous ne souhaiterait jamais à quiconque le mal qui a été fait le 11 septembre, mais après que l'Amérique fut attaquée, ce fut comme si notre peuple tout entier se regardait dans une glace et y voyait le meilleur en lui. Il nous fut rappelé que nous étions des Américains qui avions des obligations les uns envers les autres, envers notre pays et envers l'histoire. Nous avons alors commencé à penser moins aux belles choses que nous pouvions accumuler qu'aux belles choses que nous pouvions accomplir.
Pendant trop longtemps, notre culture a consisté à dire : " Fais ce que voudras. " Maintenant elle adopte une nouvelle éthique et un nouveau credo : " En avant ! " Dans les sacrifices de nos soldats, dans la grande fraternité de nos pompiers et dans le courage et la générosité des simples particuliers, nous avons eu un aperçu de cette nouvelle culture de la responsabilité. Nous voulons être un pays qui réalise des objectifs plus vastes que ceux de chaque individu. Nous avons une occasion exceptionnelle, et il ne nous faut pas la laisser passer.
Je demande ce soir à tous les Américains de consacrer au moins deux ans de leur vie, soit quatre mille heures, au service de leurs voisins et de leur pays. Un grand nombre d'entre vous le font déjà, et je vous en remercie. Si vous ne savez pas exactement comment vous pouvez aider, je vous propose un bon endroit pour commencer. Je vous invite à faire partie du nouveau Corps de la liberté (" USA Freedom Corps "). Le Corps de la liberté concentrera son action dans trois domaines où les besoins sont grands. Il servira à faire face à une crise dans notre pays, à reconstruire nos collectivités et à manifester notre compassion dans le monde entier.
L'un des objectifs du Corps de la liberté sera la sécurité intérieure. Les Etats-Unis ont besoin des médecins et des infirmières qui sont à la retraite et qui sont susceptibles d'être mobilisés en cas de grande crise ; ils ont aussi besoin de bénévoles pour aider les policiers et les pompiers, des ouvriers des transports et des autres services publics qui ont la formation nécessaire pour déceler un danger quelconque.
Notre pays a également besoin de citoyens qui participent à la reconstruction de nos collectivités. Nous avons besoin de mentors qui s'occupent avec amour d'enfants, en particulier des enfants dont les parents sont en prison. Nous avons aussi besoin d'un plus grand nombre d'enseignants compétents dans les écoles en proie à des difficultés. Le Corps de la liberté renforcera les efforts de l'" Americorps " et du " Senior Corps " en faisant appel à plus de deux cent mille bénévoles supplémentaires.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont besoin de citoyens désireux de manifester la compassion de notre pays aux quatre coins du monde. Nous réaffirmerons les engagements du Corps de la paix, doublerons le nombre de ses volontaires au cours des cinq prochaines années et demanderons à ce corps de participer à un nouvel effort visant à encourager le développement, l'enseignement et les possibilités économiques dans les pays musulmans.
Cette période d'adversité nous offre une occasion exceptionnelle, une occasion que nous devons saisir pour changer notre culture. Grâce à l'élan suscité par des millions de bonnes actions, je sais que nous pouvons vaincre le mal par le bien. En ces temps de guerre, nous avons une occasion extraordinaire de mener le monde sur la voie de la paix durable.
Dans toutes les sociétés, les parents veulent que leurs enfants soient éduqués et vivent à l'abri de la pauvreté et de la violence. Aucun être humain ne souhaite vivre opprimé, ni n'aspire à la servitude, ni n'attend avec impatience que la police secrète frappe à sa porte à minuit.
Que ceux qui en doutent observent l'Afghanistan, où la population a accueilli la chute de la tyrannie avec des chants et des cris de joie. Que les sceptiques étudient la riche histoire de l'islam, avec ses siècles d'étude, de tolérance et de progrès.
L'Amérique sera le champion de la défense de la liberté et de la justice, parce que ces principes sont justes, vrais et inaliénables pour tous les peuples du monde. Aucune nation n'a l'exclusivité de ces valeurs, et aucune nation ne peut y échapper. Nous n'avons pas l'intention d'imposer notre culture, mais les Etats-Unis défendront toujours fermement les principes non négociables de la dignité humaine : la primauté du droit, la limitation de la puissance de l'Etat, le respect des femmes, la propriété privée, la liberté d'expression, la justice pour tous, et la tolérance religieuse.
L'Amérique prendra la défense des hommes et femmes courageux qui protègent ces valeurs dans le monde, y compris dans les pays islamiques, parce que nous visons plus que l'élimination des menaces et l'endiguement du ressentiment. Au-delà de la guerre contre le terrorisme, nous cherchons l'avènement d'un monde juste et pacifique.
En ces moments uniques, une menace commune efface les anciennes rivalités. Les Etats-Unis coopèrent avec la Russie, la Chine et l'Inde, comme ils ne l'ont encore jamais fait, en faveur de la paix et de la prospérité. Dans chaque région, les marchés libres, le libre-échange, et les sociétés libres prouvent leur capacité d'amélioration des conditions de vie. De concert avec nos amis et alliés d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, nous montrerons que les forces de la terreur ne peuvent pas arrêter l'élan de la liberté.
La dernière fois que j'ai pris la parole ici, j'ai exprimé l'espoir que la vie redeviendrait normale. A certains égards, elle l'est redevenue. A d'autres, elle ne le redeviendra jamais. Ceux d'entre nous qui ont été touchés par ces dures épreuves en sont sortis changés. Nous avons appris des vérités dont nous ne douterons jamais, à savoir que le mal existe et qu'il faut s'y opposer. Par-delà les différences de race ou de religion, nous sommes un seul pays, qui pleure ses morts ensemble et qui fait face au danger ensemble. L'honneur est au plus profond du caractère américain, et il est plus fort que le cynisme. Et un grand nombre d'entre nous ont de nouveau découvert que même lors d'une tragédie - et tout particulièrement lors d'une tragédie - Dieu est proche.
En un instant, nous nous sommes rendu compte que cette décennie serait décisive dans l'histoire de la liberté et que nous étions appelés à jouer un rôle exceptionnel dans le cours des événements de l'humanité. Rarement le monde a eu à faire face à un choix aussi clair et dont les effets sont aussi importants.
Nos ennemis envoient les enfants d'autres personnes accomplir une mission qui s'achève par leur suicide et par l'assassinat. Ils embrassent la tyrannie et la mort en tant que cause et religion. Nous défendons un choix différent qui a été fait il y a longtemps, le jour de la fondation de notre République. Nous le réaffirmons aujourd'hui. Nous choisissons la liberté et la dignité de tout être humain.
Déterminés à atteindre notre but, nous poursuivons maintenant notre tâche. Nous avons vu le prix de la liberté. Nous avons montré le pouvoir de la liberté. Et dans ce grand conflit, mes chers compatriotes, nous verrons la victoire de la liberté.
Je vous remercie tous. Que Dieu vous bénisse.










