Avant de répondre ci-dessous, je tiens à dire que je ne suis pas membre de l'association ATTAC, mais comme j'apprécie dans ses grandes lignes la noblesse de son combat, je trouve dommage qu'on puisse chercher la petite BÊTE (sans jeu de mot apocalyptique !) sur des considérations économiques qui ne font même pas l'unanimité au sein des membres d'ATTAC.
Padré a trouvé sur Internet un document d'ATTAC Québec qui reprend les idées de Tobin sur la monnaie unique. Est-ce que seulement ce concept est repris par l'ensemble des sections d'ATTAC ?
J'ai effectué moi aussi quelques recherches sur Internet et j'ai trouvé d'autres sons de cloche, notamment par le biais d'ATTAC Belgique :
Citation
Les 25 pays membres du réseau ATTAC expriment leur refus de la monnaie unique par le biais d'une revue de presse et d'une bibliographie sur leur site internet.
( Source :
http://www.lemoneyma...807-FIC,00.html )
Ensuite, même en approuvant cette idée de monnaie unique, est-ce que monnaie unique et pensée unique signifient la même chose ? Je ne suis pas un spécialiste de l'économie mais en quoi exactement le fait d'instaurer une monnaie unique aurait-elle des conséquences négatives ?
Voici un extrait d'un article écrit par DOMINIQUE PLIHON ( Professeur à l'université Paris-Nord, président du conseil scientifique d'Attac. Auteur du Nouveau Capitalisme, Flammarion, Paris, 2001. ) et diffusé par ces "
salauds de gôôôôchistes" du Monde Diplomatique :
Citation
Les arguments avancés pour démontrer les « bienfaits » de l'euro sont connus. La monnaie unique contribue à l'homogénéité du système des prix dans les douze pays qui l'ont adoptée, avantage important pour les particuliers et surtout pour les entreprises dont les décisions sont facilitées par les comparaisons qu'elles peuvent faire. Par ailleurs, l'euro réduit les coûts de transaction, notamment en supprimant les frais de conversion entre devises. Enfin, il élimine la spéculation et les risques d'instabilité entre elles. En somme, il améliore le fonctionnement des marchés des biens, des services et des capitaux, et il permet de parachever l'édification du marché unique européen.
Mais les « coûts » de l'union monétaire européenne sont tout aussi importants et liés, en grande partie, aux déficiences de la régulation macro-économique. C'est moins la monnaie unique qui pose problème que la philosophie libéralo-monétariste qui la sous-tend, avec une politique monétaire devenue inefficace et inadaptée, décidée dans le secret par des autorités soumises aux pressions des marchés, et ce au détriment des instruments fiscaux et budgétaires notamment. Une réforme profonde s'impose donc avec force. Elle passe par la résorption des déséquilibres entre institutions monétaires et institutions politiques, de manière à doter l'Union des attributs démocratiques qui lui font défaut. N'est-ce pas d'ailleurs cette carence de démocratie qui nourrit l'indifférence, voire la défiance des citoyens européens à l'égard de l'euro ?
Sources :http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/PLIHON/15962
Sur cette question donc de la monnaie unique, je ne tiens pas à prendre position car je n'y connais pas grand chose. Mais je tenais à montrer la présence d'opinions divergentes au sein même d'ATTAC. De plus, je persiste à penser que ce point n'est pas la préoccupation centrale des militants de base d'ATTAC.
Par ailleurs, quand certains affirment qu'ATTAC est antimondialiste, ce n'est pas tout-à-fait vrai, et cela avait déjà été expliqué par C-cube, Diamant et moi-même dans l'autre topic "Internet : filet à papillons ?".
Arnaud Zacharie , d'Attac Belgique , l'explique d'ailleurs très bien dans ce document
Citation
(...)
Le terme d'antimondialisation employé par les médias pour définir notre mouvement n'est pas approprié. Il s'agit au contraire d'un mouvement pour une autre mondialisation. (...)
Quelle mondialisation ?
Alors que les progrès fulgurants en matière d'informatique et de transport réduisent la planète terre à un village global, peu de personnes ont en réalité accès à ces opportunités: sur les six milliards d'êtres humains, 80% vivent dans le besoin et la moitié avec moins de 2 dollars par jour. Parallèlement, une personne sur cinq n'a pas accès à l'eau potable, une personne sur six est analphabète et une personne sur sept souffre de malnutrition.
Cette situation prend sa cause dans le fonctionnement des marchés financiers globalisés, qui réduisent la mondialisation à un aspirateur des richesses vers une minorité de la population mondiale, ceci par plusieurs canaux: spéculation financière, remboursement de dettes illégitimes, licenciements boursiers, paradis fiscaux, etc. Ainsi, si la richesse globale ne cesse d'augmenter depuis trois décennies, les inégalités aussi: les 200 plus riches du monde ont accumulé une fortune équivalent aux revenus cumulés de près de la moitié de la population mondiale!
On retrouve cette tendance partout, y compris au Nord: en Belgique, les 10% les plus riches possèdent 50% des richesses nationales, alors que les 50% les plus pauvres se contentent de 13%. En Europe, les richesses qui se répartissaient il y a vingt ans selon la fourchette “30% pour les profits, 70% pour les salaires” évoluent inlassablement vers une fourchette “40-60”.
Aussi, le terme “mondialisation” semble bien mal choisi pour définir la situation actuelle. Elle n’est une réalité que pour les investisseurs internationaux puisque les échanges Nord-Sud sont moindres aujourd’hui qu’au début du 20e siècle. La véritable mondialisation - celle du plein emploi, de l’éducation et de la santé, celle de la justice sociale et de la démocratie, celle du commerce équitable, des droits humains, sociaux, économiques et environnementaux - reste à construire. (...)
( Souces :
http://attac.org/cec/doc/ )
Pour répondre maintenant à l'Ignorant sur l'ambiance conflictuelle qu'il a vécue au sein de sa section locale d'ATTAC, je lui dirais qu'il ne faut peut-être pas généraliser cette expérience malheureuse à l'ensemble des sections. Si ce n'est que pour assister à d'incessants conflits égotiques, pour le pouvoir si j'ai bien compris, alors là oui, c'est profondément regrettable. S'il y a débat d'idées, même s'il est exacerbé notamment entre les néo et les anti-capitalistes, je trouve personnellement que c'est préférable à ce qu'on peut rencontrer dans d'autres groupements dit gaudillots où il n'y a même pas de véritables échanges avec la base.
Pour conclure, je rappelle ces trois points évoqués dans l'autre topic :
1 - Les cibles essentielles sont le néo-colonialisme et les abus de certains intérêts privés détenteurs d'une phénoménale puissance financière ( les transnationales cf Diamant ).
2 - Des organisations comme ATTAC, à défaut d'apporter la panacée, sont utiles et constructives car elles produisent de l'information, permettent les rencontres nationales et internationales pour jeter les bases d'une économie plus solidaire et équitable en interpellant tous les acteurs du monde politique et économique. En d'autres termes, elle dispose d'un pouvoir intéressant dans le sens qu'elle se fait connaître d'un nombre toujours croissant de personnes. Elle attire l'attention de manière pacifique et positive et rien que pour ça, elle mérite notre soutien !
3 - Une action concertée est toujours préférable à une action isolée. Comme disent les Belges, l'Union fait la force.